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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 12:15

Après Incinérateur d’Ivry : un grand projet inutile et polluant aux portes de Paris - rassemblement vendredi 9 décembre, on y était hier matin, alors que commençait le Conseil du SYCTOM, afin de mettre un maximum de pression sur les élus tentés de faire un beau cadeau (durable pour le coup) à Veolia, de quelques milliards, une mobilisation des citoyens (dont beaucoup d'adhérents d'EELV) engagés dans le Plan B'OM http://www.planbom.org/ pour les ordures ménagères.

Faute d'avoir pu rester devant l'entrée de la rue Lobeau, à l'arrière de l'Hôtel de ville de Paris, sous la pression policière, nous nous sommes repliés sur le parvis de l'Hôtel de ville, bien encadrés par une petite compagnie de CRS, qui auraient pu être bien plus utile en allant coller des PV aux automobilistes ne respectant pas les consignes de circulation alternée ! Quelques images...
Mobilisation contre l'incinération - Ivry avant Romainville le 13 décembre 19h
Mobilisation contre l'incinération - Ivry avant Romainville le 13 décembre 19h
Mobilisation contre l'incinération - Ivry avant Romainville le 13 décembre 19h
Ma pomme, Pierre Stoeber et Dominique Busson - le futur candidat aux élections législatives pour EELV en mai 2017 sur la circonscription 93-9 du Pré Saint-Gervais à Bondy en passant par Les Lilas, Romainville et Noisy-le-Sec (en père Noël).
 
En attendant de nous mobiliser contre le projet d'incinérateur à Romainville... on vous attend mardi 13 décembre à 19h à l'Hôtel du territoire Est Ensemble, 100 avenue Gaston Roussel, à Romainville !
Didier Delpeyrou
Mobilisation contre l'incinération - Ivry avant Romainville le 13 décembre 19h
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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 09:08

Le nouveau président des États-Unis veut relancer la houille. Un défi qui laisse les analystes très sceptiques, alors que le coût des énergies renouvelables baisse rapidement partout dans le monde. Par Patrick Piro le 7 décembre 2016 pour Politis à lire sur www.politis.fr.

Un centre de traitement du charbon à Price dans l'Utah

Un centre de traitement du charbon à Price dans l'Utah

Notez qu'en 2015, pour la première fois depuis près de deux décennies, la demande mondiale en charbon a diminué, relève l’Agence internationale de l’énergie (AIE), confirmant le coup d’arrêt de l’année précédente.

En 2015, la somme des capacités de production d'électricité installées dans les renouvelables (éolien, solaire, biomasse, géothermie, petit hydraulique) a dépassé le total de toutes les autres filières.

En 2015, la somme des capacités de production d'électricité installées dans les renouvelables (éolien, solaire, biomasse, géothermie, petit hydraulique) a dépassé le total de toutes les autres filières.

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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 09:52

Réunis à Cancun, au Mexique, jusqu'au 17 décembre, 196 pays vont tenter de stopper l’érosion de la vie sauvage, terrestre et maritime, lors d’une COP de la diversité biologique. Par Pierre Le Hir pour Le Monde le 7 décembre 2016.

Une vue aérienne au Brésil. UESLEI MARCELINO / REUTERS

Une vue aérienne au Brésil. UESLEI MARCELINO / REUTERS

Nul n’ignore plus que le climat a sa conférence annuelle, la COP, dont la 21e édition s’est conclue, en décembre 2015, par l’accord de Paris, et dont la 22e session vient de se tenir à Marrakech, au Maroc. Plus rares sont ceux qui savent que la biodiversité a elle aussi sa COP : la Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB). Cette faible visibilité est en elle-même symptomatique. Elle montre que le monde vivant reste pour les gouvernements une préoccupation subsidiaire, alors même que son appauvrissement est aussi alarmant que le dérèglement climatique.

La CDB fait pourtant partie des trois conventions des Nations unies adoptées lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro (Brésil) en 1992, aux côtés de celle sur le changement climatique et de celle – tout aussi méconnue – sur la lutte contre la désertification. À ce jour, 196 États en font partie, soit la quasi-totalité des pays, à l’exception notable des États-Unis, qui n’y ont qu’un statut d’observateur. Tous sont représentés à Cancun (Mexique), du 4 au 17 décembre, pour une « COP biodiversité » qui, de rythme bisannuel, en est à sa treizième session. Avec la volonté affichée d’enrayer le dramatique déclin de la biodiversité terrestre et marine.

Pression de plus en plus forte

Pour la faune et la flore sauvages, tous les voyants sont en effet au rouge. Le dernier rapport « Planète vivante » du Fonds mondial pour la nature (WWF) a pointé que plus de la moitié des vertébrés ont disparu en quarante ans et que, si rien n’est fait, ce sont près des deux tiers qui n’existeront plus d’ici à 2020. « La pression sur les milieux naturels est de plus en plus forte et la situation s’aggrave, observe Maïté Delmas, directrice des relations internationales au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, présente à Cancun. Une course contre la montre est engagée. »

Qu’attendre, face à ce sombre tableau, de la COP mexicaine ? Elle n’a pas vocation à prendre de grande décision comparable à l’accord de Paris sur le climat. Il s’agit surtout de dresser, à mi-parcours, un bilan de l’avancement des « objectifs d’Aichi », adoptés lors de la conférence tenue en 2010 dans la préfecture japonaise du même nom. Ces vingt objectifs, rassemblés dans un « Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020 », s’inscrivent dans une vision à long terme, selon laquelle « la diversité biologique est valorisée, conservée, restaurée et utilisée avec sagesse, en assurant le maintien des services fournis par les écosystèmes, en maintenant la planète en bonne santé et en procurant des avantages essentiels à tous les peuples ».

Cette feuille de route énonce quelques principes vertueux, postulant par exemple que, « d’ici à 2020 au plus tard, les individus soient conscients de la valeur de la diversité biologique ». Mais elle fixe aussi des trajectoires précises, comme la protection d’« au moins 17 % des zones terrestres et d’eaux intérieures, et 10 % des zones marines et côtières », ou encore la réduction « de moitié au moins du rythme d’appauvrissement de tous les habitats naturels, y compris les forêts ». Or, à mi-chemin, le retard s’accumule, quand l’état de santé des écosystèmes ne se détériore pas.

Progrès insuffisants

« Des progrès importants ont été accomplis dans la réalisation de certains éléments (…). Cependant, dans la plupart des cas, ces progrès ne suffiront pas pour réaliser les objectifs établis pour 2020 », constate le secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, dans son dernier bilan.

Sur les vingt objectifs d’Aichi, seuls quatre sont réalisés ou en passe de l’être, au moins en partie : conservation de 17 % des zones terrestres et d’eaux intérieures, entrée en vigueur (depuis octobre 2014) du protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques, amélioration des connaissances scientifiques sur la biodiversité, élaboration par les Etats de plans d’action pour la biodiversité.

Pour la plupart des autres, il n’y a « aucun progrès significatif » ou la progression se fait « à un rythme insuffisant ». Pire, pour cinq objectifs, « la situation se dégrade au lieu de s’améliorer ». Il en va ainsi pour la fragmentation des milieux naturels, la pollution par les engrais, la mise à mal des récifs coralliens, la protection des espèces les plus menacées, ou la sauvegarde des services écosystémiques (rendus par la nature, comme une eau de qualité ou la pollinisation des plantes) indispensables aux communautés locales les plus pauvres.

Cet affligeant constat est étayé par une étude que publient, mercredi 7 décembre, cinq ONG de protection de l’environnement. En compilant les engagements pris par 101 Etats membres de la Convention sur la diversité biologique, elles ont établi que seuls 10 % d’entre eux ont des objectifs nationaux à la hauteur des ambitions de la feuille de route d’Aichi, et que 5 % seulement sont en bonne voie de les atteindre.

L’Europe en retard

Globalement, les pays les moins développés se révèlent les mieux-disants, alors que les pays avancés sont à la traîne. En particulier, l’Union européenne dans son ensemble apparaît très en retard. « Pour les nations dont l’économie, l’agriculture, les transports ou l’urbanisme sont très développés, il est plus difficile de changer de braquet. Un pays en développement peut, s’il y est aidé, démarrer sur de meilleures bases pour ce qui est de la protection de la biodiversité », explique Isabelle Laudon, responsable des politiques publiques au WWF France.

Cette ONG s’est penchée sur le cas de la France, qui affiche selon elle « un bilan mitigé », en dépit de l’adoption, en juillet, d’une loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages. La France fait figure de « bonne élève de la classe mondiale » grâce, notamment, à la création d’aires marines protégées représentant « plus de 20 % » du domaine maritime national, ou encore à l’interdiction, à compter de 2018 (avec dérogation possible jusqu’en 2020), des insecticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles. Mais « le compte n’y est pas sur d’autres points cruciaux », ajoute le WWF France, qui cite la libéralisation des tirs de loups ou le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Déclaration de Cancun

La cause de la vie sauvage est-elle alors perdue ? Samedi 3 décembre, en prélude à la COP proprement dite, les représentants des gouvernements, dont la secrétaire d’Etat française à la biodiversité, Barbara Pompili, ont adopté une « déclaration de Cancun » visant à intégrer la protection de la biodiversité dans les secteurs de l’agriculture, de la foresterie, de la pêche et du tourisme. « Si cette déclaration est mise en œuvre concrètement, ce sera parfait, réagit Isabelle Laudon. D’ici là, il faut agir, il y a urgence. On ne peut pas attendre le plan 2020-2030 pour que la question de la biodiversité soit prise en compte dans toutes les politiques publiques sectorielles, nationales comme régionales, avec les financements nécessaires. »

Pour garder espoir, on retiendra quelques signaux positifs envoyés depuis le Mexique. D’abord, la création, à l’initiative des Pays-Bas, d’une « coalition » pour la protection des pollinisateurs. Elle ne fédère pour l’instant que douze pays européens, dont la France, mais pourrait s’élargir dans les prochains jours. Ensuite, l’annonce, par le Brésil, d’un vaste plan de restauration de 22 millions d’hectares de sols déboisés ou dégradés. Il est vrai que, selon les relevés de l’Institut national pour la recherche spatiale, près de 8 000 km2 de forêts ont été détruits dans l’Amazonie brésilienne entre août 2015 et juillet 2016, soit 29 % de plus que l’année précédente. Jamais, depuis 2008, les coupes n’avaient été aussi massives au sein de ce réservoir de biodiversité unique au monde.

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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 15:46
Incinérateur d’Ivry : un grand projet inutile et polluant aux portes de Paris - rassemblement vendredi 9 décembre

Pourquoi mettre en œuvre une véritable politique de réduction de nos déchets lorsque l’on peut simplement donner deux milliards d’euros à Vinci et Suez pour reconstruire un incinérateur géant aux portes de Paris ? Par Olivier Petitjean le 8 décembre 2016 pour l’Observatoire des multinationales. Une bonne question alors même qu’à Romainville, un projet d’incinérateur refait surface – nous vous tiendrons au courant dès que nous aurons suffisamment d’informations. Rassemblement ce vendredi 9 décembre à 8h30 devant l’Hôtel de Ville de Paris à 8h30 pour souhaiter un joyeux Noël à Suez et Vinci.

Triste symbole, à un moment où la région parisienne connaît un nouvel épisode de grave pollution atmosphérique : les élus de 84 communes franciliennes, dont la ville de Paris, sont appelés à donner leur feu vert, vendredi 9 décembre, au chantier de la reconstruction de l’incinérateur d’Ivry Paris 13. Il s’agit de remplacer, en réduisant légèrement sa capacité, l’incinérateur existant, dont les deux tours se détachent depuis 1969 sur l’horizon de l’Est parisien, au bord de la Seine. 544 000 tonnes de déchets devraient y être traitées par an à partir de 2023. Une opération très coûteuse – deux milliards d’euros pour l’investissement et l’opération, soit quatre fois le budget de Notre-Dame-des-Landes - qui fera les beaux jours des grands groupes privés auxquels elle a été confiée : principalement Vinci, chargée du chantier, et Suez, qui gérera l’incinérateur pour le compte du Syctom, syndicat intercommunal de gestion des déchets de l’agglomération parisienne. Mais la capitale et sa banlieue ont-elles vraiment besoin d’un tel équipement, et est-ce la meilleure manière d’utiliser les deniers publics dédiés au secteur des déchets ?

Pour beaucoup, la réponse est clairement non à ces deux questions. Et il n’y a même pas besoin d’envisager des politiques ambitieuses de réduction et de tri de nos déchets, du type des politiques « zéro déchets » mises en œuvre à San Francisco et dans de nombreuses villes européennes. Comme le souligne Flore Berlingen, directrice de Zero Waste France, il suffirait que l’agglomération parisienne parvienne au même niveau de tri des déchets que des villes comme Lyon ou Nantes – dont la performance dans ce domaine n’a rien d’exceptionnel, précise-t-elle – pour rendre l’incinérateur d’Ivry Paris XIII inutile. Car la capitale, à l’heure actuelle, fait clairement figure de mauvaise élève. Près de la moitié des déchets qui se retrouvent dans les poubelles communes de Paris et de sa banlieue sont recyclables et ne devraient donc pas s’y trouver. 30% du contenu des poubelles jaunes (destinées aux recyclables) est refusé et redirigé vers les incinérateurs ou les décharges. « Pour ce qui est du geste de tri et du recyclage, Paris et sa région tirent la moyenne nationale vers le bas, et la politique du Syctom, focalisée sur les capacités d’incinération, en est en partie responsable », dénonce Annelaure Wittmann, co-présidente du Collectif 3R. La Chambre régionale des comptes elle-même a récemment dénoncé l’incapacité du syndicat à envisager une alternative à l’incinération. 80% des déchets que le syndicat traite sont aujourd’hui incinérés.

Priorité à l’incinération

Les hypothèses de collecte qui justifient la reconstruction de l’incinérateur d’Ivry sont également en contradiction avec les objectifs inscrits dans la loi de transition énergétique – 10% de déchets ménagers en moins d’ici 2020, 65% de recyclage d’ici 2025 et la généralisation du tri à la source des déchets organiques, qui suffirait à elle seule à alléger la poubelle des parisiens de 30%. Le Syctom, plus important syndicat de traitement des déchets ménagers d’Europe, a apparemment choisi de faire comme si rien n’allait changer, ou le moins possible, en adoptant des scénarios de réduction des déchets très conservateurs, plus lents même que la tendance observée ces dernières années.

Pour ses opposants, l’incinérateur Ivry Paris 13 crée donc un précédent dangereux dont les enjeux dépassent largement le seul cadre francilien. Tout d’abord, le dimensionnement même du projet semble prendre pour acquis que les objectifs inscrits dans la loi de transition énergétique en matière de déchets ne seront pas atteints. Ensuite, il ancre pour plusieurs décennies le primat de l’incinération en Île-de-France, avec un effet dissuasif pour la mise en place de politiques préventives, puisque l’incinérateur aura besoin d’un approvisionnement continu pour fonctionner. À l’image d’autres incinérateurs surdimensionnés en Europe, celui d’Ivry Paris 13 pourrait ainsi être amené à importer des déchets du reste de la France ou de l’étranger.

Enfin, il entérine la stratégie des géants français du secteur, Suez et Veolia, consistant à repeindre en vert l’incinération (désignée désormais, dans la novlangue des multinationales, sous le nom de « valorisation énergétique ») en la présentant comme source d’énergie alternative au charbon ou au gaz. Une source d’énergie qu’elles n’hésitent d’ailleurs pas à qualifier de « renouvelable » au motif que les déchets ne cessent d’arriver et qu’ils contiennent des biodéchets (ce qui leur permet aussi, au passage, de bénéficier d’avantages fiscaux appréciables) ! « C’est devenu la justification numéro un de l’incinération en France », témoigne Flore Berlingen. « Et depuis un ou deux ans, l’engouement ne fait que se confirmer avec le développement de la filière des combustibles solides de récupération. » En l’occurrence, le futur incinérateur d’Ivry alimentera les réseaux de chaleur de l’agglomération et produira accessoirement de l’électricité. Mais brûler du plastique et des matières organiques reste une source de gaz à effet de serre, ainsi que d’autres polluants. En outre, les matières organiques qui composent une grande partie des déchets incinérés brûlent très mal, de sorte que le bilan énergétique de ces installations n’est pas très favorable. Au final, les bénéfices climatiques de l’incinération sont donc plutôt douteux. Ceux du compostage et des politiques de réduction et de réutilisation des déchets paraissent bien plus évidents.

Politique du fait accompli

Tout ceci ressemble donc fort à un nouveau « grand projet inutile », aux portes de la capitale, qui illustre l’enfermement de nos structures politiques dans des logiques d’un autre temps, alors que des solutions alternatives plus efficaces et moins coûteuses sont à portée de main. Les opposants, avec le soutien du collectif 3R et de Zero Waste France, ont d’ailleurs élaboré leur propre projet, le plan B’OM (pour Baisse des ordures ménagères), qui propose un ensemble de mesures concrètes de prévention des déchets, d’extension de la collecte des biodéchets, d’amélioration du tri et de promotion de la réutilisation, qui permettraient de se passer totalement de l’incinérateur d’Ivry. Selon ses promoteurs, le plan B’OM ne nécessiterait qu’un investissement de 200 millions d’euros et créerait nettement plus d’emplois que la reconstruction de l’incinérateur.

Lors des débats publics, le Syctom a mis en avant divers projets complémentaires visant à donner une image plus verte au nouvel incinérateur. Il a ainsi longtemps été question d’y installer une unité de tri mécano-biologique (TMB), un procédé très contesté pour la mauvaise qualité du compost qu’il produit, d’ailleurs remis en cause par la loi de transition énergétique. La délibération proposée ce 9 décembre au conseil d’administration du Syctom, dont nous avons pu prendre connaissance, indique qu’une réflexion a été engagée avec Suez pour voir comment le projet pourrait s’accorder avec les objectifs énoncés par cette loi. Aujourd’hui, le Syctom évoque un système « plus simple », avec une « unité de valorisation organique », qui devrait en réalité surtout servir à produire des « combustibles solides de récupération », c’est-à-dire des déchets optimisés pour ... l’incinération ! La méthanisation, quant à elle, serait externalisée. Le tout sans aucun objectif ni tonnage précis. « La seule chose qui n’a pas varié d’un iota au cours du temps, c’est le principe d’un incinérateur d’une capacité de 350 000 tonnes. Pour le reste, c’est le flou total », constate Annelaure Wittmann. Ce qui n’empêche pas le Syctom de demander aux élus de valider immédiatement le lancement des procédures (permis de construire, de démolir et d’exploitation) en vue de la reconstruction de l’incinérateur proprement dit, avant qu’il n’arrive en fin de vie. Ce qui ressemble beaucoup à une tentative de créer un fait accompli.

Le poids des syndicats intercommunaux

Pourquoi la ville de Paris – dont le poids au sein du Syctom est important, quoique minoritaire - soutient-elle ce projet ? « On les sent un peu schizophréniques sur ce dossier », constate Anne-Laure Wittmann. La municipalité emmenée par Anne Hidalgo a annoncé, au début de l’année, des objectifs relativement ambitieux en matière de tri et de prévention des déchets, destinés à rattraper le retard parisien dans ce domaine. La ville va notamment généraliser la collecte des déchets organiques (avec une expérience pilote dans les 2e et 12e arrondissements), multiplier les recycleries-ressourceries de quartier, et a commencé à installer de nouveaux bacs de tri « Trilib’ » dans l’espace public. Comment cela est-il compatible avec la reconstruction de l’incinérateur ? En privé, de nombreux élus parisiens se déclarent opposés au projet, mais la ville a choisi de le soutenir, apparemment en raison d’arrangements politiques au niveau de l’agglomération parisienne. Le président du Syctom n’est autre qu’Hervé Marseille, sénateur-maire de Meudon. La ville est également liée par contrat commercial avec le Syctom via la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU), dont elle est co-actionnaire à 33% avec Engie, qui utilise la chaleur de l’incinération pour alimenter une partie de ses réseaux.

L’affaire illustre donc aussi à sa manière le rôle peu démocratique des grands syndicats intercommunaux chargés d’assurer certains services publics au niveau de l’agglomération parisienne, où élus de tous bords se partagent les places depuis des décennies. En pratique, ces syndicats apparaissent surtout comme les champions de la délégation de ces services aux multinationales (on lira à ce sujet l’article de Marc Laimé, « Les âmes mortes du Grand Paris ».) On connaît le Sedif, le réseau d’eau de la banlieue parisienne présidé par André Santini et vendu corps et bien à Veolia (proche d’André Santini, Hervé Marseille est également vice-président du Sedif). Le SIAAP, chargé de l’assainissement, présidé par un conseiller général et adjoint au maire communiste de Montreuil, vient de passer discrètement un nouvel accord avec Suez entérinant la soumission de ce service au secteur privé. Le Syctom fait partie de ces structures techniques sinon technocratiques – qui collaborent d’ailleurs de plus en plus entre elles - où techniciens et secteur privé ont davantage de poids que les politiques, et d’où la société civile est totalement écartée. « Les trois quarts des élus ne savant pas pour quoi ils votent », soupire un observateur.

Mais certains peuvent parfois aussi se réveiller. Le conseil municipal d’Ivry, contre toute attente, a refusé le 20 octobre dernier de donner son feu vert au projet de reconstruction de l’incinérateur. Dans la foulée, le maire de la ville a demandé à ce que toutes les communes impactées puissent se prononcer sur le projet en conseil municipal. Le Syctom semble avoir choisi de passer outre. Vous avez dit démocratie ?

Olivier Petitjean

 Le collectif 3R et Zero Waste France appellent à un rassemblement ce vendredi 9 décembre à 8h30 devant l’Hôtel de Ville de Paris à 8h30 pour souhaiter un joyeux Noël à Suez et Vinci.

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8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 15:35

L’opportunité et l’efficacité de la circulation alternée déclenchée à Paris et à Lyon fait polémique. Les mesures de fond, elles, se font toujours attendre. Par Richard Schittly (correspondant à Lyon), Laetitia Van Eeckhout et Sophie Landrin pour Le Monde le 8 décembre 2016.

À Paris, ici le 6 décembre, le niveau de concentration en particules fines reste très élevé, malgré les mesures mises en place. Christophe Ena / AP

À Paris, ici le 6 décembre, le niveau de concentration en particules fines reste très élevé, malgré les mesures mises en place. Christophe Ena / AP

Une partie de la France est plongée dans un brouillard de particules fines et la situation va perdurer. Il s’agit du plus long et du plus intense pic de pollution hivernal depuis dix ans, qui met en lumière l’inertie des pouvoirs publics. Le phénomène, qui frappe essentiellement les zones urbaines, est peu lié à des transferts de pollution entre régions ou depuis l’étranger, mais à des conditions anticycloniques installées sur l’Hexagone et sur une large partie de l’Europe de l’Ouest. Elles entraînent la stabilité des masses d’air et favorisent l’accumulation des polluants locaux près du sol.

À Paris, la faiblesse du vent, de 5 à 6 km/heure tout au plus, provoque, en soirée et tôt le matin, une concentration des particules fines émises par le trafic routier, certaines installations industrielles mais aussi le chauffage, en particulier au bois. S’y ajoute un phénomène d’inversion des températures – l’air à proximité du sol est plus froid que celui de l’atmosphère – qui piège les polluants au sol (particules fines, dioxyde d’azote) comme sous un couvercle.

Pour le troisième jour consécutif, la Préfecture de police de Paris a reconduit, jeudi 8 décembre dans la capitale et dans vingt-deux communes de la petite couronne, le principe de la circulation alternée et de la gratuité des transports en commun. Airparif, l’observatoire de qualité de l’air en Ile-de-France, prévoit en effet un nouveau dépassement du seuil d’alerte (80 microgrammes par mètre cube d’air) des concentrations en particules fines.

Difficultés dans les transports en commun

La capitale n’est pas la seule touchée. Marseille, Avignon, Rouen, Grenoble ou la vallée de l’Arve sont aussi affectées. À Lyon et à Villeurbanne, où le seuil critique de 80 µg/m3 risque d’être dépassé dans les prochains jours, le préfet de région, Michel Delpuech, s’est également résolu à appliquer la circulation alternée. La mesure entrera en vigueur vendredi 9 décembre. Des dispositifs préfectoraux, comme la réduction de vitesse ou la limitation de certaines activités industrielles, avaient été pris dans le passé. Mais c’est bien la première fois que l’autorité préfectorale décide de restreindre la circulation automobile.

La mesure fait polémique. À Paris comme à Lyon, elle vient s’ajouter à des difficultés dans les transports en commun. À Lyon, ils sont affectés par une grève, alors que la ville s’apprête à célébrer la fête des Lumières, prévue du 8 au 10 décembre, une manifestation qui draine traditionnellement plusieurs millions de visiteurs. Le débat est vif sur la nécessité d’imposer la gratuité des transports. Le préfet y est favorable, la métropole dirigée par Gérard Collomb (PS) s’y oppose.

Dans la capitale, de fortes perturbations sur le réseau SNCF ont mis en doute l’utilité des restrictions du trafic automobile. Les usagers ont dû faire face mercredi à une nouvelle série noire, avec un arrachage de caténaire qui a interrompu tout le trafic au départ de la gare du Nord, après un incident similaire sur le RER B la veille. Au point que la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a demandé, mercredi, la suspension de la circulation alternée « tant que la situation ne sera pas revenue à la normale » sur le réseau SNCF.

L’épisode de pollution a relancé l’opposition entre la municipalité parisienne et la région, qui s’affrontent depuis plusieurs mois sur la question de la circulation automobile et sur le dossier de la fermeture des voies sur berge.

Sur les transports en commun, « il y a eu de gros problèmes », a rétorqué la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, « c’est à la région de s’en occuper. Je demande à la présidente de la région de se consacrer à sa tâche plutôt que d’être toujours en train de polémiquer sur d’autres sujets ». « Les perturbations sur le réseau SNCF ne justifient pas que la mesure soit suspendue, appuie Christophe Najdovski, adjoint (Europe Ecologie-Les Verts) à la maire de Paris chargé des transports. La santé publique reste la priorité. Abandonner à la moindre difficulté la lutte contre la pollution de l’air serait un aveu d’impuissance. »

Sanctions peu dissuasives

Une chose est sûre, dans l’agglomération parisienne, le dispositif de circulation alternée qui inclut de nombreuses dérogations a été peu respecté. L’agence de la qualité de l’air n’a enregistré, mardi, qu’une baisse de 5 % à 10 % du trafic par rapport à une journée habituelle. Le niveau de concentration en particules fines est resté très élevé, atteignant plus de 100 µg/m3 en moyenne, quatre à cinq fois plus qu’à l’ordinaire.

En mars 2014, le dispositif avait été mieux suivi et avait permis de réduire le trafic routier de 18 % à Paris et de 13 % dans la petite couronne. Résultat : la concentration de particules fines PM10 (d’un diamètre inférieur à 10 microns) avait diminué en moyenne de 6 % et celle de dioxyde d’azote de 10 %. Aux heures de pointe, ces baisses étaient plus importantes, jusqu’à – 20 %.

« La circulation alternée ne résout pas tout, mais peut avoir une certaine efficacité face à un pic pourvu qu’elle soit respectée », défend M. Najdovski, qui réclame une intensification de la surveillance. Mardi, 10 249 véhicules ont été contrôlés et 4 064 ont fait l’objet d’une verbalisation, des chiffres en baisse mercredi. Mais les sanctions sont relativement peu dissuasives. Les automobilistes en infraction sont passibles d’une amende de deuxième classe de 35 euros, ramenée à 22 euros si elle est payée immédiatement.

Évidentes limites

La circulation alternée présente d’évidentes limites car elle ne vise pas les véhicules les plus polluants. La municipalité parisienne a décidé de les éliminer progressivement d’ici à 2020 et de mettre en place une zone de circulation restreinte. À compter du 16 janvier 2017, pour circuler dans Paris, les voitures devront arborer sur leur pare-brise une vignette de couleur témoignant de son niveau de pollution, la Crit’air. Avec ces pastilles, les pouvoirs publics pourront agir plus efficacement lors des pics de pollution en ne laissant rouler que les véhicules électriques et de normes Euro récentes.

D’autres décisions urgentes s’imposent concernant les émissions liées au chauffage au bois, aux activités industrielles et agricoles, au développement des transports en commun et à la conversion du parc automobile pour supprimer les véhicules les plus polluants, notamment les diesel. À l’étranger, des capitales comme Londres, Stockholm, Oslo ou Dublin ont notamment instauré un péage urbain pour décongestionner leur centre-ville.

La France n’a pas pris la mesure des enjeux sanitaires de la pollution de l’air qui provoque chaque année 48 000 décès et coûte à la société 101 milliards d’euros par an. Les gouvernements successifs ont durant des années subventionné la motorisation la plus polluante, faisant de l’Hexagone le champion du diesel. Le silence de Ségolène Royal, la ministre de l’environnement, depuis le début de l’épisode de pollution actuel, est l’illustration s’il le fallait de l’immobilisme du gouvernement.

Météo France prévoit durant le week-end une petite perturbation et un léger renforcement du vent sur le nord de la France qui permettra de faire retomber temporairement les niveaux de pollution. Mais un temps sec et peu venteux devrait se réinstaller ensuite pour une quinzaine de jours.

La gare Montparnasse à Paris le 7 décembre. FRANCOIS MORI/ AP

La gare Montparnasse à Paris le 7 décembre. FRANCOIS MORI/ AP

« Davantage que les pics, la pollution chronique a le plus fort impact sur la santé »

À Paris, entre 2007 et 2010, les pics ont été responsables de 7 % de la mortalité et des hospitalisations cardiaques liées à la pollution de l’air, les 93 % restantes étant provoquées par la pollution quotidienne. Sylvia Medina, médecin épidémiologiste, responsable du programme de surveillance air et santé à Santé publique France, étudie depuis des années l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique. Entretien par Audrey Garric pour Le Monde le 8 décembre 2016.

Quels sont les effets pour la santé de la pollution de l’air ?

À court terme, la pollution va entraîner des symptômes plutôt bénins, comme des toux, des gênes respiratoires légères, des irritations des yeux et de la gorge. Les personnes qui ont des problèmes de santé, qui sont âgées, ou qui sont plus exposées à la pollution que d’autres, peuvent nécessiter un recours aux soins pour des affections respiratoires ou cardio-vasculaires et, dans les cas les plus graves, des décès peuvent survenir.

À long terme, c’est-à-dire au-delà de quelques mois, la pollution peut induire des maladies chroniques, respiratoires ou cardio-vasculaires, telles que des cancers du poumon ou des coronaropathies (famille des infarctus du myocarde). Elle a aussi des effets chez les femmes enceintes, comme des naissances prématurées car les particules fines peuvent traverser la barrière placentaire. Elle peut avoir également des conséquences sur la fonction cognitive de l’enfant, et des maladies neurologiques chez les personnes âgées. Dans les cas les plus graves, la pollution peut conduire à une réduction de l’espérance de vie et à des décès.

Quel est l’impact sur la mortalité ?

En France, la pollution due aux particules fines entraîne 48 000 décès par an, soit 9 % de la mortalité, selon l’étude que nous avons publiée en juin. Cela équivaut, dans les villes les plus polluées, jusqu’à deux ans de perte d’espérance de vie. C’est autant que les décès dus à l’alcool et deux tiers de ceux liés au tabac (78 000 morts par an).

De quelle manière les polluants affectent-ils l’organisme ?

Les particules fines, qui sont les polluants les plus étudiés, vont aller jusqu’au fond des poumons, dans les alvéoles, puis dans la circulation sanguine. À partir de là, tous les organes sont susceptibles d’être affectés. Les PM10 (d’un diamètre inférieur à 10 micromètres) et les PM2,5 (2,5 microns) entraînent des inflammations répétées, conduisant à une irritation chronique qui peut aller jusqu’à la mutation cellulaire. C’est pourquoi les particules fines sont classées comme cancérogènes certains pour l’homme par l’Organisation mondiale de la santé.

Les pics de pollution sont-ils les plus dangereux pour la santé ?

Ces pics affectent bien sûr la santé mais seulement quelques jours par an. C’est la pollution chronique, tout le reste de l’année, qui a l’impact le plus important pour notre organisme. Le seuil d’alerte, déclenché à partir de 80 microgrammes de PM10 par mètre cube d’air, a ainsi été dépassé un jour à Bordeaux et à Toulouse, 7 à Marseille, 10 à Paris, 23 à Lyon et 28 à Lille entre 2007 et 2010. Sur cette période, à Paris, ces pics ont été responsables de 7 % de la mortalité et des hospitalisations cardiaques liées à la pollution de l’air, les 93 % restantes étant provoquées par la pollution quotidienne, lors de laquelle le seuil d’alerte n’est pas déclenché mais où les polluants atmosphériques sont bel et bien présents. À Bordeaux, l’incidence liée aux pics de pollution est de 1 % et à Nancy 15 % – le maximum de notre étude.

Peut-on connaître l’impact de l’épisode actuel de pollution ?

Il est impossible de fournir en temps réel une analyse robuste de l’impact de la pollution sur la santé. Les conséquences apparaîtront peut-être dans nos indicateurs dans une ou deux semaines ; et même si, dans notre dispositif de surveillance, nous détectons, par exemple, une augmentation des consultations pour causes respiratoires, cela peut être lié au froid et aux viroses respiratoires, normales à cette période de l’année.

On fait donc des analyses rétrospectives sur plusieurs années, sur les dernières données de santé disponibles. Nous faisons alors tourner des modèles dans lesquels on contrôle les facteurs de confusion potentiels que sont, entre autres, la température, les pollens au printemps ou les virus l’hiver, pour être sûrs de pouvoir isoler l’impact de la pollution sur la mortalité.

Quelles actions peut-on mettre en place pour réduire la pollution ?

En termes de prévention, il faut agir sur toutes les sources de pollution – le chauffage, la circulation routière, les pollutions agricole et industrielle – et à toutes les échelles, réglementaire, collective et individuelle.

Comment se protéger ?

Les personnes les plus vulnérables doivent davantage se protéger, à savoir les femmes enceintes, les enfants de moins de cinq ans, les personnes âgées ou celles qui souffrent de maladies chroniques. Il s’agit d’éviter les sorties aux heures de pointe du trafic routier, ainsi que tout effort physique qui ne serait pas indispensable. Il ne faut pour autant pas se calfeutrer chez soi mais continuer à ventiler son logement et à marcher, si possible aux endroits les moins exposés.

Les sportifs ou les personnes qui travaillent en extérieur doivent également faire plus attention, en limitant leur effort physique et en s’éloignant des sources de pollution. Reste que faire du vélo s’avère plus bénéfique qu’être dans une voiture ou ne pas bouger.

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 09:14

Réparties sur 245 000 km2, ces régions privées d’oxygène augmentent sur les côtes et en pleine mer en raison de l’utilisation de pesticides et du réchauffement climatique par Clémentine Thiberge pour Le Monde le 5 décembre 2016.

Les zones hypoxiques sont des régions où le taux d’oxygène est au plus bas, provoquant l’asphyxie de la faune marine (photo d’illustration). GREGORY BOISSY / AFP

Les zones hypoxiques sont des régions où le taux d’oxygène est au plus bas, provoquant l’asphyxie de la faune marine (photo d’illustration). GREGORY BOISSY / AFP

Au large de l’Inde, dans la baie du Bengale, la vie marine est en train de disparaître. Cette région de 60 000 km2, soit deux fois la superficie de la Belgique, est aujourd’hui une « zone morte ». Une étude pilotée par l’Université du Danemark du Sud et publiée dans la revue Nature Geoscience le 5 décembre alerte sur l’instabilité de cette zone. « Aujourd’hui, la baie du Bengale est à un stade critique. La concentration d’oxygène est si faible qu’il suffirait d’un petit changement de conditions pour étouffer le système océanique », explique Laura Bristow, co-auteure de l’étude et biogéochimiste à l’Institut Max-Planck de Munich.

Les zones mortes, ou zones hypoxiques, sont des régions océaniques où le taux d’oxygène est au plus bas, provoquant ainsi l’asphyxie de la faune marine. « Tous les organismes qui ont besoin de dioxygène pour respirer fuient ces zones, explique Paul Treguer, biogéochimiste et professeur émérite à l’université de Brest, les espèces immobiles comme les crustacés meurent et des bactéries méthanogènes se développent. »

Les engrais agricoles responsables

Ce phénomène de désoxygénation, provoqué naturellement par des phénomènes météorologiques extrêmes ou des courants océaniques particuliers, a toujours existé dans l’histoire de l’océan moderne. Cependant, la situation s’empire depuis les années 1980. En 2003, un rapport de l’ONU estimait à 150 le nombre de zones mortes dans les océans, cinq ans plus tard, une étude publiée par l’Institut de sciences marines de Virginie en dénombrait plus de 400. Réparties sur 245 000 km2, celles-ci se trouvent principalement dans le Pacifique du sud, la mer Baltique, les côtes de Namibie ou encore dans le golfe de Mexico.

Graphique représentant le pourcentage d'oxygénation des océans à 100 m de profondeur. NATIONAL OCEANIC AND ATMOSPHERIC ADMINISTRATION (NOAA)

Graphique représentant le pourcentage d'oxygénation des océans à 100 m de profondeur. NATIONAL OCEANIC AND ATMOSPHERIC ADMINISTRATION (NOAA)

« Le nombre de zones mortes est en train d’augmenter, aussi bien sur les côtes qu’en plein océan, explique Laura Bristow. Les zones hypoxiques côtières s’agrandissent principalement à cause de l’accumulation des nutriments issus de l’agriculture, comme les fertilisants. » En effet, la pollution industrielle et le déversement des phosphates et des nitrates issus des engrais dans les eaux de ruissellements provoquent une accumulation de matières organiques. Les algues prolifèrent alors et se décomposent ensuite en microbes qui consument l’oxygène. « Dans les régions où les populations explosent, comme l’Inde, on peut s’attendre à une augmentation de l’utilisation des fertilisants, et donc une diminution continue de l’oxygène dans les océans environnants », continue la chercheuse.

Un trop lent renouvellement des eaux

« La raison pour laquelle les zones mortes en plein océan augmentent est plus complexe, explique la biogéochimiste. Mais elle est en partie liée au réchauffement global de la planète. » La question de la place du changement climatique dans la désoxygénation des océans est encore débattue, mais les preuves apportées par les scientifiques abondent dans ce sens. « Lorsque la température augmente, l’eau change de densité et les échanges entre les eaux de surface et de profondeur se font moins facilement, continue Laura Bristow. La couche de surface n’est alors plus alimentée en oxygène. »

« La clé de ce phénomène de zone morte est la vitesse de renouvellement des eaux », confirme Paul Treguer. Périodiquement, l’eau oxygénée des profondeurs se mélange avec l’eau de surface. Ce phénomène se produit par exemple lorsque l’eau de surface, froide et salée, devient suffisamment dense pour s’enfoncer en profondeur. « Dans les eaux côtières, qui reçoivent d’intenses apports organiques, si le temps de renouvellement des eaux est lent, on observera un accroissement des zones mortes. » Certaines mers dites « fermées » telles que la mer Baltique peuvent mettre jusqu’à 75 ans avant de voir leurs eaux renouvelées. L’apport en oxygène y est alors d’autant plus limité.

Les cycles des nutriments perturbés

« Ce qu’il faut comprendre, c’est que les processus physico-chimiques de l’océan sont tous liés », poursuit le chercheur français. Tel un effet boule de neige, les changements de concentration d’oxygène bouleversent le cycle de l’azote. La perte de cet élément, qui est un nutriment essentiel, affecte directement la production primaire et la chaîne alimentaire marine. « Supprimer les dernières traces d’oxygène dans la baie du Bengale pourrait avoir un impact majeur dans le cycle de l’azote de l’océan Indien et donc sur la faune marine », confirme Wajih Naqvi, co-auteur de l’étude à l’Institut national d’océanographie à Goa.

« Nous avons démontré qu’il reste encore des traces d’oxygène dans la baie du Bengale, ce qui permet pour l’instant de limiter les pertes d’azote, poursuit Laura Bristow. Mais si ces traces d’oxygène venaient à disparaître, ce qui est très probable au vu des scénarios de changement climatique, alors la perte d’azote s’accélérerait. » La faune marine ainsi affectée, l’industrie de la pêche serait la première à souffrir des conséquences de ce phénomène.

« Nous arrivons aujourd’hui à un seuil critique, prévient Laura Bristow. Il faut trouver des modèles pour prévoir quels impacts les activités humaines vont avoir sur les cycles de nutriments des océans. » Pour les scientifiques, mieux réguler l’utilisation des produits chimiques dans l’agriculture est désormais impératif.

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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 12:43

Une bien trop discrète COP 13 vient de commencer ses travaux à Cancún, la ville balnéaire du Mexique aux 150 hôtels, d’où la plupart des espèces d’animaux et de plantes ont disparu depuis des années. Cette conférence intergouvernementale qui réunit 196 pays s’intéresse, comme les douze précédentes, à un sujet qui ne mobilise ni les foules ni les politiques : l’évolution de la biodiversité. Par Claude-Marie Vadrot pour Politis le 5 décembre 2016, à lire sur www.politis.fr. .

Jusqu’au 17 décembre les participants devront étudier les raisons « justifiant » que depuis 2010 les objectifs des gouvernements alors fixés, ne soient réalisés qu’à 5 %. Peu de chances pour que le plan adopté il y a six ans qui fixait comme horizon 2 020 pour arrêter la perte de biodiversité soit atteint à temps. D’autant plus que la Convention sur la diversité biologique de 30 pages, adoptée dans l’enthousiasme à la Conférence de Rio… en 1992, n’a pas encore bénéficié du moindre début de mise en œuvre. Comme le rappelait il y a quelques semaines le rapport Planète vivante 2016 publié par le WWF (Fonds mondial pour la nature), le temps presse puisque d’ici à 2020...

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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 21:00

Quatre pays ont décidé de bannir les carburants à haute teneur en soufre pour lutter contre la pollution de l'air par Serge Michel pour Le Monde le 3 décembre 2016. Cf. aussi Des carburants toxiques dans les stations africaines précédemment sur ce blog.

L'Afrique de l'Ouest vient de franchir une étape décisive dans sa lutte contre la pollution de l'air liée au trafic routier, en particulier dans les centres urbains. Le Bénin, la Côte d'Ivoire, le Nigeria et le Togo ont décidé de proscrire les carburants à haute teneur en soufre, importés massivement dans la région. Cet engagement a été pris par les ministres de l'environnement des quatre pays à l'issue d'une réunion, le 1er décembre à Abuja, la capitale nigériane, sous le patronage du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

Le Nigeria a pris l'option radicale de diviser par 60, dès le 1er  juillet 2017, la teneur en soufre autorisée dans le diesel, qui passera de 3 000 à 50 parties par million (ppm) – des standards proches des normes européennes, fixées à 10 ppm depuis 2009.Dans la mesure où ce pays, recensant plus de 180  millions d'habitants, constitue de loin le plus grand marché africain, ce tournant est susceptible d'influencer toute la sous-région.

Emotion

D'autant que le Ghana l'avait -précédé en octobre, s'alignant lui aussi sur les recommandations du PNUE. À partir de mars  2017, le pays n'importera que des -carburants à faible teneur en soufre. S'agissant du diesel produit localement, les autorités ghanéennes ont octroyé à la raffinerie nationale un délai jusqu'en  2020 pour se conformer au nouveau standard. La Côte d'Ivoire et le Nigeria ont pris des mesures similaires, tout comme, en  2015, cinq pays d'Afrique de l'Est.

Ces mesures font suite à l'émotion suscitée par la publication, en septembre, d'un rapport de l'organisation non gouvernementale suisse Public Eye, qui dénonçait la vente massive en Afrique de carburants toxiques par des tradeurs de pétrole installés notamment à Genève. " Les carburants à faible teneur en soufre sont produits en quantité largement suffisante dans le monde pour absorber la demande des pays émergents qui se dotent de normes strictes ", estime Jane Akumu, responsable de l'Afrique au PNUE.

De nombreuses villes d'Afrique de l'Ouest accusent des niveaux de pollution de l'air qui dépassent, parfois largement, les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Des métropoles comme Lagos et Dakar affichent des taux de particules fines supérieurs à  ceux de Pékin, pourtant connu pour son " smog ". De fait, la Chine s'alignera en  2017 sur les normes européennes de teneur en soufre des carburants.

L'Afrique, elle, est régie par les standards les plus faibles de la planète, avec des carburants 200 fois plus nocifs qu'en Europe. Onitsha, dans le sud du Nigeria, la ville la plus polluée du monde, connaît des niveaux dépassant les 500 microgrammes de particules fines par mètre cube d'air (µg/m3) – alors que l'OMS recommande de ne pas dépasser 10  µg/m3 en moyenne annuelle pour les PM2,5 (dont le diamètre est inférieur à 2,5 microns).

Le problème est mortel. Une étude de l'Organisation de coopération et de développement économique, publiée en septembre, montre qu'en  2013, la pollution de l'air a  causé 246 000  décès prématurés en Afrique, un nombre appelé à croître avec l'urbanisation galopante du continent. A cela s'ajoute la hausse massive des maladies respiratoires et cardiovasculaires.

Ces développements constituent un succès pour le PNUE qui, après être parvenu à faire de l'essence sans plomb un standard quasi universel, s'est attelé au soufre. Au contraire du plomb, qui est un additif, le soufre est naturellement contenu dans le pétrole brut. Mais celui-ci peut être raffiné de façon à atténuer ses effets nocifs sur la santé et l'environnement.

Le problème des carburants à haute teneur en soufre est double. D'une part, ils sont intrinsèquement polluants en tant qu'émetteurs de dioxyde de soufre. D'autre part, la propriété corrosive du soufre détruit les technologies modernes de contrôle des émissions, comme les filtres à particules diesel, accroissant les émissions de particules fines de même que celles d'autres polluants, comme l'oxyde d'azote ou le monoxyde de carbone. Ainsi, tout effort de réduction de la pollution liée au trafic routier passe par une limitation préalable du niveau de soufre admis.

Réguler le " blending "

Aujourd'hui, plus de 50  % du -diesel importé en Afrique de l'Ouest provient d'Europe. A eux seuls, les ports de la zone " ARA " – Amsterdam, Rotterdam, Anvers – dotés d'importantes capacités de stockage et de raffinage, fournissent l'essentiel des volumes importés entre la Mauritanie et l'Angola. Bien que les carburants soient fortement réglementés au sein de l'Union européenne, rien n'interdit l'exportation de diesel hautement soufré. Dans certains cas, les tradeurs de pétrole suisses organisent le mélange en mer de carburants de qualité acceptable avec d'autres, ultrapolluants.

La donne pourrait changer. L'enquête publiée par Public Eye a déclenché de vives réactions au sein du conseil municipal de la ville d'Amsterdam, propriétaire du port. Les élus néerlandais ont adopté, mercredi 30  novembre, une motion exigeant du maire qu'il engage un dialogue avec le secteur pétrolier pour interdire la production et l'exportation de carburants ne répondant pas aux normes européennes. Il s'agit de réguler la pratique du " blending " (mélange). Ces méthodes, souvent légales, comportent leur part d'ombre, lorsqu'elles altèrent la qualité d'un carburant pour augmenter les bénéfices en profitant de la faiblesse des standards, comme en Afrique de l'Ouest.

A en croire Public Eye, des négociants en pétrole genevois comme Trafigura et Vitol ont fait de cette activité leur modèle d'affaires. Derrière ces noms peu connus du grand public se cachent des mastodontes du commerce mondial possédant raffineries et cuves de stockages. En Afrique, ces firmes disposent de filiales spécialisées dans l'aval pétrolier, c'est-à-dire les activités d'importation et de distribution, opérant respectivement sous la marque Shell et Puma. A elles seules, ces deux enseignes contrôlent plus de 2 000 stations-service sur le continent, même si le français Total reste le premier détaillant.

  • Les Chiffres

    200

    fois la norme européenne

    En moyenne, la teneur en soufre autorisée dans les carburants vendus en Afrique est de 2 000 parties par million (ppm), soit 200 fois la norme européenne. En réalité, selon les prélèvements effectués à la pompe dans huit pays africains par l'ONG Public Eye, la teneur en soufre du diesel atteint jusqu'à 378 fois le niveau autorisé en Europe.

    50 %

    C'est la proportion du diesel importé en Afrique de l'Ouest qui provient d'Europe

    Les ports d'Amsterdam, de Rotterdam et d'Anvers fournissent l'essentiel des volumes importés entre la Mauritanie et l'Angola.

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 18:26

Près de cent scientifiques demandent à l'Europe et à la communauté internationale d'agir contre les perturbateurs endocriniens. Ils dénoncent la fabrication du doute par les industriels, déjà à l'œuvre dans la lutte contre le changement climatique dans Le Monde du 30 novembre 2016.

Olivier Bonhomme

Olivier Bonhomme

Depuis des décennies, la science est la cible d'attaques dès lors que ses découvertes touchent de puissants intérêts commerciaux. Des individus dans le déni de la science ou financés par des intérêts industriels déforment délibérément des preuves scientifiques afin de créer une fausse impression de controverse. Cette manufacture du doute a retardé des actions préventives et eu de graves conséquences pour la santé des populations et l'environnement.

Les " marchands de doute " sont à l'œuvre dans plusieurs domaines, comme les industries du tabac et de la pétrochimie ou le secteur agrochimique. À elle seule, l'industrie pétrochimique est la source de milliers de produits toxiques et contribue à l'augmentation massive des niveaux de dioxyde de carbone atmosphérique, à l'origine du changement climatique.

La lutte pour la protection du climat est entrée dans une nouvelle ère avec l'accord de Paris de 2015, malgré la farouche opposition de climatosceptiques sourds au consensus établi par les scientifiques engagés pour travailler dans l'intérêt général. Une lutte comparable fait rage autour de la nécessaire réduction de l'exposition aux perturbateurs endocriniens. La Commission européenne s'apprête à mettre en place la première réglementation au monde sur le sujet. Bien que de nombreux pays aient également manifesté leur inquiétude à l'égard de ces produits chimiques, aucun n'a instauré de réglementation qui les encadrerait globalement.

Jamais l'humanité n'a été confrontée à un fardeau aussi important de maladies en lien avec le système hormonal : cancers du sein, du testicule, de l'ovaire ou de la prostate, troubles du développement du cerveau, diabète, obésité, non-descente des testicules à la naissance, malformations du pénis et détérioration de la qualité spermatique. La très grande majorité des scientifiques activement engagés dans la recherche des causes de ces évolutions préoccupantes s'accordent pour dire que plusieurs facteurs y contribuent, dont les produits chimiques capables d'interférer avec le système hormonal.

Des sociétés savantes signalent que ces produits chimiques, appelés les perturbateurs endocriniens, constituent une menace mondiale pour la santé. Parmi ceux-ci : les retardateurs de flamme présents dans les meubles et l'électronique, les agents plastifiants dans les matières plastiques et les produits d'hygiène, ou encore les résidus de pesticides dans notre alimentation. Ils peuvent interférer avec les hormones naturelles lors de périodes critiques du développement, pendant la grossesse ou la puberté, lorsque notre organisme est particulièrement vulnérable.

Une réglementation nécessaire

On ne peut faire face à ce fardeau croissant de maladies à l'aide de meilleurs traitements médicaux : non seulement ces traitements n'existent pas toujours, mais les effets des perturbateurs endocriniens sur la santé sont bien souvent irréversibles. Les possibilités de réduire notre exposition à un niveau individuel en évitant certains produits de consommation sont, elles aussi, limitées. La plupart de ces substances atteignent notre organisme par le biais de notre alimentation.

Seule solution pour enrayer la hausse des maladies liées au système hormonal : prévenir l'exposition aux produits chimiques à l'aide d'une réglementation plus efficace. Or le projet d'établir une réglementation de ce type dans l'Union européenne est activement combattu par des scientifiques fortement liés à des intérêts industriels, produisant l'impression d'une absence de consensus, là où il n'y a pourtant pas de controverse scientifique. Cette même stratégie a été utilisée par l'industrie du tabac, contaminant le débat, semant le doute dans la population et minant les initiatives des dirigeants politiques et des décideurs pour développer et adopter des réglementations plus efficaces.

Les discussions sur le changement climatique et sur les perturbateurs endocriniens ont toutes deux souffert de cette déformation des preuves scientifiques par des acteurs financés par l'industrie. La plupart des scientifiques pensent qu'exprimer publiquement leur point de vue sur des questions politiques et participer aux débats de société pourrait compromettre leur objectivité et leur neutralité. Ce serait effectivement inquiétant si nos opinions politiques obscurcissaient notre jugement scientifique. Mais ce sont ceux qui nient la science qui laissent leurs opinions politiques obscurcir leur jugement. Avec, pour conséquence, des dommages irréparables. La manipulation de la science concernant les effets de la fumée du tabac a coûté des millions de vies.

Nous considérons qu'il n'est plus acceptable de nous taire. En tant que scientifiques, nous avons en fait l'obligation de participer au débat et d'informer le public. Nous avons la responsabilité de rendre visibles les implications de nos travaux pour la société et les générations futures, et d'attirer l'attention sur les graves dangers qui nous menacent. Les enjeux sont importants, et l'action politique pour endiguer l'exposition aux perturbateurs endocriniens et les conséquences des émissions de gaz à effet de serre est devenue une urgence.

Scientifiques spécialistes des perturbateurs endocriniens ou du changement climatique, nous avons uni nos forces, car un grand nombre d'actions essentielles à la limitation des effets des perturbateurs endocriniens contribueront également à lutter contre le changement climatique. La plupart des substances chimiques synthétisées par l'homme sont des dérivés de combustibles fossiles produits par l'industrie pétrochimique. Une réduction de la quantité de pétrole raffiné permettra aussi de réduire la quantité de sous-produits utilisés dans les plastiques et celle de plastifiants : ces produits chimiques compromettent la santé reproductive masculine et contribuent au risque de certains cancers.

Une réduction de la dépendance aux combustibles fossiles et un encouragement au développement des énergies alternatives entraîneront non seulement une baisse des émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de celles de mercure. Le mercure, un contaminant issu du charbon, émis dans l'air et accumulé dans le poisson, finit par atteindre nos organismes et compromet le développement du cerveau.

Créer l'équivalent du GIEC

Bien que de nombreux Etats aient exprimé la volonté politique de traiter le problème des gaz à effet de serre, la traduction des connaissances scientifiques sur le changement climatique en action politique effective a été bloquée, notamment à cause de la désinformation du public et des dirigeants. Les gouvernements sont déjà en retard. Il est important de ne pas répéter ces erreurs avec les perturbateurs endocriniens, et d'apprendre de l'expérience des scientifiques du climat et de la recherche en santé publique.

La Commission européenne a l'occasion de choisir des instruments de réglementation qui pourront fixer de nouveaux standards pour le monde entier afin de nous protéger des effets nocifs des perturbateurs endocriniens. Nous sommes cependant préoccupés par les options réglementaires que propose aujourd'hui la Commission, très éloignées des mesures nécessaires pour protéger notre santé et celle des générations futures. Les options proposées pour identifier les perturbateurs endocriniens requièrent un niveau de preuve bien plus élevé que pour d'autres substances dangereuses, comme celles cancérigènes. Dans la pratique, il sera très difficile de reconnaître une substance dangereuse comme perturbateur endocrinien dans l'Union européenne.

Des actions urgentes sont nécessaires sur les deux thèmes. Pour cette raison, nous appelons à la mise en œuvre de mesures qui s'attaqueraient aux perturbateurs endocriniens et au changement climatique de façon coordonnée. Un moyen efficace pourrait être la création, sous les auspices de l'Organisation des Nations unies, d'un groupe ayant le même statut international et les mêmes prérogatives que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Ce groupe serait chargé d'évaluer les connaissances scientifiques destinées aux responsables politiques dans l'intérêt général et mettrait la science à l'abri de l'influence des intérêts privés. Nous le devons aux générations qui vivront demain.

Les premiers signataires de ce texte sont : Andreas Kortenkamp, université Brunel (Royaume-Uni) ; Barbara Demeneix, CNRS/ Muséum national d’histoire naturelle ; Rémy Slama, Inserm, université Grenoble-Alpes ; Edouard Bard, Collège de France ; Ake Bergman, université de Stockholm (Suède) ; Paul R. Ehrlich, université Stanford (États-Unis) ; Philippe Grandjean, Harvard Chan School of Public Health (États-Unis) ; Michael E. Mann, université Penn State (États-Unis) ; John P. Myers, université Carnegie Mellon (États-Unis) ; Naomi Oreskes, université Harvard (États-Unis) ; Eric  Rignot, université de Californie (États-Unis) ; Thomas Stocker,  université de Berne (Suisse) ;  Kevin Trenberth, National Centre for Atmospheric Research (États-Unis) ; Carl Wunsch,  Massachusetts Institute of Technology (États-Unis) ;  R. Thomas Zoeller, université du Massachusetts à Amherst (États-Unis).

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 12:17

Jamais la question animale n'a été aussi présente dans les débats de société et le champ politique. Au risque, craignent certains, d'en oublier les libertés et les droits de l'homme par Catherine Vincent pour Le Monde le 25 novembre 2016

Photographie tirée de la série « Amelia and the Animals », représentant la fille de la photographe · Robin Schwartz

Photographie tirée de la série « Amelia and the Animals », représentant la fille de la photographe · Robin Schwartz

 

Ce n'est plus une tendance, c'est une lame de fond. Un Parti animaliste vient d'être créé, un collectif d'intellectuels appelle à la création d'un secrétariat d'État à la condition animale, les colloques se succèdent autour du statut juridique et éthique des bêtes, un collectif nommé Animal politique publie cette semaine un manifeste visant à " inscrire la condition animale dans le débat politique des prochaines échéances électorales "

Dans la société française comme dans l'arène politique, jamais cette question n'a été si présente. Au point que certains s'en inquiètent. C'est le cas du philosophe Francis Wolff, qui dénonce la perspective de " droits des animaux " comme " une caricature grotesque des droits de l'homme ". Ou encore du sénateur Jean-Louis Carrère, qui invite à " établir des garde-fous afin que la préoccupation pour le bien-être animal ne puisse prendre le pas sur les libertés et les droits de l'homme ". La prise en compte du point de vue animal éprouverait-elle notre humanité ? Le fait d'accorder un statut juridique particulier aux animaux relève-t-il, comme l'affirment certains, d'un " anti-humanisme " ? Ou bien s'agit-il, au contraire, d'un " humanisme augmenté " ?

Émergence de l'" antispécisme "

Au regard des avancées de la science, la cause est entendue : les animaux sont des êtres sensibles – donc capables de souffrir –, doués d'intelligence, d'émotions et parfois de culture. Or, les vidéos tournées en caméra cachée dans les élevages industriels ou les abattoirs en témoignent : jamais l'humanité ne les a maltraités, exploités et consommés de manière aussi massive qu'à notre époque. Ce paradoxe criant a favorisé l'émergence, ces dernières décennies, d'un courant de pensée " anti-spéciste " selon lequel les espèces animales méritent le même respect que l'espèce humaine et sont des " sujets de vie ".

C'est sur ce fondement éthique que des associations ont obtenu en France, en février  2015, la redéfinition de l'animal dans le code civil : il est désormais considéré comme un " être vivant doué de sensibilité ". Mais cette prise en compte du point de vue animal ne va pas sans heurts. Car admettre que ce qui nous sépare des bêtes est moins une différence de nature que de degré, cela revient à bouleverser en profondeur la position, très surplombante, que l'homme s'est donnée par rapport à la nature. Une position héritée de la Grèce antique, qui culmina en Europe à partir du XVIe  siècle sous le nom d'humanisme.

Au départ, Platon comme Aristote avaient pourtant imaginé un modèle continuiste : selon cette représentation biologique, il n'existait pas de séparation tranchée entre les espèces inférieures, les hommes et les dieux. Mais cette théorie, pour les Anciens, présentait un défaut de taille : elle ne reflétait pas le statut particulier de l'homme, même si celui-ci détenait des facultés paraissant lui être propres. " Il fallait donc construire un modèle théorique capable de rendre compte d'une “nature humaine”, irréductiblement distincte du reste de la nature ", précise Patrice Rouget, enseignant en philosophie et auteur de La Violence de l'humanisme (Calmann-Lévy, 2014).

Pour s'en sortir, Platon et Aristote ébauchèrent alors une seconde représentation, " selon laquelle le genre des animés se divise en trois catégories essentiellement distinctes : l'animal, l'homme et le dieu ". C'est dans cette conception métaphysique de l'homme " que se noue, dès le début de la philosophie, le destin des animaux tel qu'il ne fera que s'aggraver jusqu'à aujourd'hui ", résume Patrice Rouget. Une philosophie renforcée dans un premier temps par le christianisme, pour lequel, rappelle l'historien Eric Baratay, professeur à l'université Lyon III, " l'image de la bête est forgée en opposition à celle de l'homme ". Puis confirmée par Descartes et son " animal-machine ", qui donne à notre supériorité humaine une caution scientifique déterminante dans l'Europe du XVIIe  siècle : c'est à cette époque que s'épanouit l'humanisme, un courant culturel et moral très préoccupé par les droits fondamentaux de l'être humain – mais fort peu par le reste du vivant.

Il faut attendre le néodarwinisme du XXe  siècle pour voir apparaître en Occident une autre forme d'humanisme, dite évolutionniste. Encouragé par la pensée écologique dans les années 1970, ce mouvement philosophique s'interroge sur la place et le destin de l'humanité dans son environnement. La question, cependant, reste très anthropocentrée : s'il s'agit de savoir comment optimiser les relations de l'homme et de son biotope, c'est avant tout dans notre propre intérêt.

Il en va autrement, en théorie du moins, dans les cultures orientales. Le bouddhisme, contrairement aux religions monothéistes, rejette l'idée que l'homme occupe le sommet de la création : il estime que tous les êtres ont le droit fondamental d'exister et de ne pas souffrir. De même l'hindouisme prône largement le végétarisme et considère l'alimentation carnée au regard de la souffrance infligée aux bêtes. D'où l'assertion de Gandhi, hindouiste convaincu : " On peut juger de la grandeur d'une nation par la façon dont les animaux y sont traités. "

L'homme d'un côté, les animaux de l'autre : en Occident, telle est la règle. Pour combien de temps  encore ? Seule certitude : le socle de cette tradition philosophique se fragilise à mesure que s'accumulent les connaissances des éthologues, ces spécialistes du comportement animal qui rognent année après année notre " propre de l'homme ". Et les conditions faites aux bêtes, médiatisées sous la pression croissante des associations, sont venues déranger les consciences. Mais cette évolution suscite un fort clivage, comme en témoignent deux événements récents survenus dans l'arène politico-médiatique française.

Le premier s'est joué le 4  octobre, sous les ors du Sénat, où se tenait un colloque au titre explicite : " L'Homme et les animaux : vers un conflit de civilisations ? " Pour ses organisateurs – parmi lesquels l'Observatoire national des cultures taurines, fervent défenseur de la corrida –, il y a un " danger de rupture entre des populations attachées aux valeurs de l'humanisme et celles qui prétendent lui substituer l'idéologie animaliste ". L'anthropologue Jean-Pierre Digard (CNRS), par ailleurs membre de l'Académie d'agriculture, s'y est notamment inquiété de la modification apportée en  2015 au statut des animaux dans le code civil, considérant qu'elle mettait en cause, entre autres, " l'humanisme hérité des Lumières dans lequel l'animalisme n'a de cesse d'enfoncer de nouveaux coins ". Cette préoccupation a pris une tournure plus politique lorsque le sénateur (PS) des Landes, Jean-Louis Carrère, a annoncé, lors du même colloque, son intention de demander la création d'une commission d'enquête parlementaire sur le mouvement animaliste. " Il y a dans l'animalisme, dont les ramifications s'étendent dans le monde entier, des origines financières qui me préoccupent ", a précisé l'élu, interrogé par téléphone. Il n'en dira pas plus.

La seconde joute récente concernant l'importance qu'il convient d'accorder aux animaux s'est jouée dans nos colonnes. Le 18  octobre y était publié un manifeste, signé par une vingtaine de personnalités scientifiques et juridiques – parmi lesquelles le psychiatre et éthologue Boris Cyrulnik, le moine bouddhiste Matthieu Ricard et la philosophe Élisabeth de Fontenay. Elles demandaient la création d'un secrétariat d'État à la condition animale. " Prendre en compte les intérêts des animaux, avec qui nous partageons ce monde, est devenu une question sociétale, politique et démocratique et ne peut que favoriser la construction d'une société plus humaine dans l'intérêt des hommes, des animaux, de la planète ", concluaient-elles.

Le 27  octobre, le philosophe Francis Wolff, professeur émérite à l'ENS, publiait en réponse une tribune cinglante, affirmant que nous n'avons nul besoin d'un secrétariat d'État pour améliorer la protection des animaux. " Les grands moments de sensibilité “animalitaire” sont rarement corrélés à des mouvements de compassion “humanitaire” ", estimait-il. Et d'ajouter qu'au regard des " quelques milliers de réfugiés " que nous peinons à accueillir sur notre sol " on est parfois mieux défendu “chez nous” lorsqu'on est un animal d'une autre espèce que lorsqu'on est un être humain d'une autre culture ". Animalisme contre humanisme, nous y revoilà.

" Pourquoi le fait d'être juste avec les animaux entraînerait-il obligatoirement le fait d'être injuste avec les humains ? ", rétorque Vinciane Despret. Si cette philosophe, professeure à l'université de Liège (Belgique), salue le procédé auquel Francis Wolff a recours – " utiliser le pouvoir mobilisateur du scandale fait aux animaux pour demander plus de justice pour les réfugiés, c'est faire son métier de philosophe humaniste " , elle ne partage pas sa vision exclusive selon laquelle ou bien on s'occupe des humains, ou bien on s'occupe des animaux. " En politique, l'idée première est de concilier le plus d'intérêts possible, en les hiérarchisant selon les priorités. C'est à cela qu'il est intéressant de réfléchir, plutôt que perdre son temps autour d'un conflit entre animalisme et humanisme ", estime-t-elle. Mais le conflit existe bel et bien. Si frontal parfois qu'il faut en interroger les raisons.

" Tyrannie du bien "

La première pourrait être la légitime défense. " Certains défenseurs de l'humanisme “classique” répondent de manière outrancière à des attaques qui l'ont été aussi, souligne la philosophe Corine Pelluchon, auteure d'un Manifeste animaliste à paraître en janvier  2017 chez Alma. Les mouvements de libération animale ne sont pas toujours bienveillants envers l'humanité et exercent parfois une “tyrannie du bien” contre laquelle d'autres réagissent. " Mais il y a sans doute autre chose. Un choc culturel ? Une résistance à reconsidérer la place de l'homme dans la nature, la peur d'y perdre nos privilèges ? Pour Vinciane Despret, les travaux d'anthropologues tels que Philippe Descola ou le Brésilien Eduardo Viveiros de Castro, en montrant qu'il existait d'autres conceptions que la nôtre sur le rapport de l'homme à la nature, ont en tout cas produit " un effet de déstabilisation sur notre métaphysique anthropocentrée, une intelligence collective qui fait que beaucoup d'entre nous comprennent qu'on ne peut plus penser comme on pensait auparavant ".

À ce point de bascule entre deux conceptions philosophiques, les tenants de l'humanisme classique mèneraient-ils un combat d'arrière-garde ? Cela expliquerait pourquoi leurs arguments peinent à convaincre. Tel celui, brandi de façon récurrente, de la grande loi de protection des animaux promulguée par l'Allemagne nazie en  1933, qui laisserait penser que la sensibilité à la souffrance animale est sourde à la souffrance humaine. " On sait maintenant que ce projet de loi avait été déposé au Parlement en  1928 par le SPD, le Parti social-démocrate d'Allemagne… On est donc loin de l'affrontement politique auquel certains veulent faire croire ! ", corrige Eric Baratay.

Anthropocentrisme

Ce spécialiste de l'histoire des relations hommes-animaux rappelle par ailleurs que l'opposition entre animalisme et humanisme n'existait pas au XIXe  siècle, lorsque la protection animale s'est développée en France. " Que ce soit pour Hugo, Zola, Michelet ou Maupassant, la défense des animaux allait de pair avec celle des femmes, des enfants, des pauvres. En  1850, lorsqu'on adopte en France la loi de protection des animaux, elle est soutenue par Victor Schœlcher, qui fait abolir l'esclavage ", détaille l'historien, pour qui la défense des animaux, loin de s'y opposer, procède d'un " humanisme élargi ".  Il en va de même pour l'écrivain Vincent Message, qui souligne que " si nous restons enfermés dans l'étroitesse de notre anthropocentrisme, le seul héritage que laissera notre espèce sera d'avoir provoqué la sixième extinction massive de l'histoire de la planète ".

" Opposer les intérêts des hommes et ceux des animaux relève d'une pensée disjonctive, qui nous laisse croire que nous devrions choisir entre ces causes, alors que tout -indique au contraire qu'elles se recoupent, qu'il faut penser la convergence des luttes ", ajoute l'auteur de Défaite des maîtres et possesseurs (Seuil, 304  p., 18  euros) – roman remarqué dans lequel les hommes ne sont plus l'espèce dominante de notre planète. " Prendre en compte les intérêts des animaux, c'est élargir notre sphère de considération morale, développer des valeurs d'empathie et d'altruisme qui permettent de lutter plus largement contre toutes les formes de violence et de discrimination. " On retrouve cette conception ouverte dans un passionnant ouvrage de Sue Donaldson et Will Kymlicka, Zoopolis (Alma, 408 pages, 25,90  euros), dans lequel ces deux philosophes canadiens ébauchent une politique des droits des animaux fondée sur l'idée de communauté citoyenne.

Enrichir nos sphères culturelles et morales en accueillant la communauté des bêtes : tel est aussi le message du Parti animaliste, présenté le 14  novembre, qui rejoint la quinzaine de partis se consacrant à cette cause dans le monde. Annonçant vouloir se concentrer sur la question animale, " afin que celle-ci ne soit plus diluée parmi d'autres thématiques ", cette formation entend " prouver que les avancées dans ce domaine seront salutaires pour les animaux, mais aussi pour les humains ".

Une initiative que Corine Pelluchon salue avec confiance, estimant que " ses fondateurs, modestes et engagés, sont allés voir ce qui se fait en Europe depuis dix ans dans ce domaine et ont bénéficié des conseils de ces autres partis ". Le rôle de cette nouvelle structure ? À ses yeux, il s'agit de contribuer à former l'opinion publique, et, plus encore, celle de nos représentants. " A droite comme à gauche, ces derniers n'ont pas encore compris combien cette question devenait importante socialement et culturellement, affirme la philosophe. Ils n'ont pas compris que la cause animale, loin d'être une obsession d'extrémistes, est la cause de l'humanité. Car elle souligne tous les dysfonctionnements, aux effets délétères pour nos sociétés humaines, de notre modèle actuel fondé sur l'exploitation sans limites des vivants et de la nature. "

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