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19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 09:43

Lors du Conseil Municipal du mercredi 16 décembre 2020, la délibération portant sur la mise en place d’un Comité d’éthique et d’évaluation du dispositif de vidéosurveillance a été présentée au vote. Le groupe Les Lilas Écologie s'est abstenu et s'en expliqué. Par Les Lilas Écologie le 10 décembre 2020. Lire aussi « Nous nous sommes déjà habitués à vivre sans la liberté », Déni total des violences policières par le gouvernement français, la loi « sécurité globale » précarise nos libertés, De Google à Pokémon Go, un capitalisme de surveillance., Société numérique: vers une surveillance généralisée ? et Vidéo Surveillance: l’opposition des Verts et d'Europe Ecologie.

De la vidéosurveillance

Bonjour à toute et tous,

En 2012, lors du 1er vote en conseil municipal sur la vidéo surveillance, les élus écologistes présents dans la majorité avaient voté contre la délibération validant sa mise en œuvre.

Nous étions et sommes toujours convaincus que ce dispositif n'est pas adapté aux enjeux de sécurité publique qui sont les nôtres. Il s'agit d'une réponse sécuritaire et reptilienne à des questions complexes qui ne peuvent trouver des réponses que dans un juste équilibre entre éducation, prévention, et médiation.

Nous rappellerons par ailleurs, que l'efficacité de ces dispositifs n'a, encore aujourd’hui, pas été démontrée. Leur coût, en revanche, est bien réel.

Lors de la campagne municipale, nous avions rappelé combien cette question nous apparaissait délicate , dans la mesure où ces dispositifs avaient été votés et étaient en cours de déploiement, et que, dans un tel contexte, un contrôle strict et une évaluation objective de ce dispositif semblaient nécessaires afin de nous assurer notamment du respect des libertés publiques.

Dans ces conditions, après avoir rappelé notre opposition profonde aux dérives sécuritaires, nationales  comme locales, à la vidéosurveillance comme aux lois liberticides ineptes et inefficaces; après avoir rappelé notre attachement à d’autres modalités de réponses sur des enjeux aussi importants que ceux-là, le groupe Les Lilas Ecologie décide de s’abstenir lors de ce vote/ tout en saluant la mise en place de ce comité d’éthique et d’évaluation, que nous espérons producteurs de réflexions et peut-être même de réexamens.

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18 décembre 2020 5 18 /12 /décembre /2020 17:42

Au Conseil Municipal du Jeudi 12 novembre 2020, le groupe Les Lilas Écologie a présenté ce Vœu relatif à un moratoire sur le déploiement de la 5G dans l’attente des études sanitaires et environnementales, prévues au premier trimestre 2021, qui a été adopté.  Le déploiement de la 5G pourrait perturber les prévisions météorologiques, alerte l’Organisation météorologique mondiale (OMM) depuis plusieurs mois. Il risque  aussi d’augmenter « significativement » les émissions de gaz à effet de serre du numérique et la consommation d’électricité en France, a confirmé le rapport publié par le Haut Conseil pour le Climat le 19 décembre 2020. Par Les Lilas Écologie le 12 novembre 2020 et d'après AFP, Reporterre, Emilie Torgemen pour Le Parisien et Stéphane Mandard pour Le Monde le 19 décembre. Lire aussi Peut-on s’opposer à l’informatisation du monde ? et Un moment d’accélération de la virtualisation du monde, Interdire les téléphones portables pour enfants,et Ondes magnétiques, une pollution invisible.

Pour un moratoire sur le déploiement de la 5G

Conseil Municipal du Jeudi 12 novembre 2020

Vœu relatif à un moratoire sur le déploiement de la 5G dans l’attente des études sanitaires et environnementales, prévues au premier trimestre 2021.

Présenté par le groupe Les Lilas Écologie.

Considérant que : 

  • Les résultats de l’étude sur l’évaluation des risques sanitaires liés à l’exposition des populations aux ondes, menée par l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du travail (ANSES) sont rendus au premier trimestre 2021 et que de fait, les premiers services commerciaux 5G devraient être lancés au début de l’année 2021;
  • Avec les nouveaux usages, selon l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), l'empreinte carbone du secteur du numérique pourrait doubler d'ici 2025, avec une émission de gaz à effet de serre massive liée à un accroissement de la consommation énergétique et à la consommation de ressources et terres rares utilisées à la fabrication et l'usage des équipements 5G (nouveaux terminaux téléphonique, objets connectés, serveurs et usages induits par la démultiplication du trafic dit “effet rebond”);
  • Les scientifiques du GIEC alertent sur le fait que le nombre de satellites nécessaires au déploiement de la 5G déréglera les outils de suivi de l'évolution climatique
  • La convention citoyenne pour le climat s'est prononcée en faveur d'un moratoire sur le déploiement de la 5G.;
  • L'attribution des licences 5G n'a donné lieu à aucun débat démocratique que ce soit lors des élections présidentielles et législatives ou au Parlement alors que la 5G pose de réelles questions écologiques, sanitaires et de société;
  • La priorité n'est pas au suréquipement des grandes villes mais à la recherche de l'équilibre territorial. Le déploiement de la 5G sera source d'iniquité sur le territoire français alors même que le déploiement de la fibre ne touche que 46 % des bâtiments dont 62 % en ville et seulement 25 % à la campagne;
  • Les évolutions de produits ou usages promis actuellement par les acteurs de la 5G relèvent, soit du divertissement (vidéo en haute définition, Gaming) soit d'un usage lointain (la télémédecine via la fibre et voitures autonomes via la 4G sont déjà possibles);

Le conseil municipal de la ville des Lilas : 

  • Se positionne en faveur d'un moratoire sur le déploiement de la 5G dans l'attente des études sanitaires et environnementales.
  • Demande l’organisation d’un débat public concernant le déploiement ou non de la 5G. 

La 5G pourrait perturber les prévisions          météorologiques

Ne plus réussir à prévoir les ouragans ou à étudier le changement climatique. C’est la crainte de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), qui alerte depuis plusieurs mois sur le risque de perturbation de ses instruments à cause du déploiement de la 5G.

En effet, pour prévoir le temps, les météorologues s’appuient sur environ 800 satellites qui surveillent la vapeur d’eau, qui émet des fréquences 23,8 GHz. Or, la 5G va émettre sur des fréquences similaires : autour de 26 GHz. Les météorologues redoutent ainsi une perte de fiabilité de l’ordre de 30 % de leurs prédictions comme l’explique Éric Allaix, responsable des fréquences à l’organisation météorologique internationale. « Imaginez un voisin qui écoute sa musique beaucoup trop fort, il vous gêne pour entendre ce qu'il se dit chez vous », compare Eric Allaix. Or les émissions de la vapeur d'eau produisent « un bruit infime », décrit l'expert de la science des cieux. L'arrivée massive de la 5G avec son « gros son » aurait ainsi des conséquences terribles pour la science météo. Nous retournerions des années en arrière dans la détection des intempéries ; les prévisions de pluie seraient moins précises, sans parler de l'évolution des cyclones. « Le satellite ne saurait pas s'il détecte effectivement les signaux d'un ouragan ou s'il s'agit des émissions parasites dues à la 5G », alerte Eric Allaix.

En novembre 2019, à Charm el-Cheikh en Egypte, la guerre des bandes entre opérateurs et météorologues a atteint un point critique. C'est là que se réunissaient les 3500 participants de la Conférence mondiale des radiocommunications (CMR). Ce grand raout, qui a lieu tous les trois à quatre ans, doit définir les règles mondiales pour l'usage des radiofréquences à l'échelle de la planète. « Le bras de fer a duré deux semaines, il n'a été tranché qu'à la toute dernière minute », rappelle Gilles Brégant, le directeur général de l'Agence nationale des fréquences (ANFR), qui gère l'ensemble des fréquences radioélectriques en France.

La fronde a visé la réglementation américaine, qui autorisait déjà les opérateurs à « squatter » des bandes proches de la bande météo, « une décision de cow-boy », selon les mots du très feutré directeur de l'ANFR. Les maîtres du temps sont montés au créneau, les Américains, premiers concernés en tête : ainsi Neil Jacobs, l'un des responsables de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), l'agence qui supervise la météo nationale outre-Atlantique, expliquant que la 5G pourrait réduire la fiabilité des prévisions météorologiques « de l'ordre de 30 % ».

« On s'attendait à ce que l'administration américaine prenne des dispositions. Mais elle a vraisemblablement été court-circuitée par une décision politique pour que les USA soient les premiers à lancer leur 5G », décrypte Gille Brégant. Résultat, les premières villes américaines se sont hérissées d'antennes, sans contraintes pour les isoler des fréquences voisines.

Les prévisionnistes américains n'ont pas été seuls à s'inquiéter. « En météorologie, nous partageons tout, rappelle Eric Allaix. Les données captées aux USA sont capitales pour d'autres régions. » Et particulièrement pour l'Europe, où dominent les vents d'ouest. Par conséquent, les situations observées au-dessus des plaines du Kansas de l'Iowa en disent long sur les tenues que l'on pourra porter les jours suivants à Rouen ou à Nice.

Les prévisions météorologiques ont pourtant une importance cruciale pour sauver des vies, comme le rappelait déjà en 2019 l’Organisation météorologique mondiale. « Au cours des dernières décennies, la diffusion opportune d’alertes météorologiques a permis de réduire considérablement les pertes en vies humaines. Or, cette évolution positive découle directement de l’utilisation des radiofréquences pour la télédétection, les données obtenues venant alimenter les systèmes de prévision numérique du temps. Les prévisions sont donc de plus en plus précises et portent sur des échéances plus longues. »

De son coté, l’Agence nationale des fréquences (ANFR) s’est voulue rassurante. « En Europe, les conditions techniques qui s’imposeront aux opérateurs garantiront la protection des satellites d’observation de la Terre. En effet, la limite de rayonnement dans la bande passive où les satellites effectuent leur observation a fait l’objet d’études complexes, notamment de l’ANFR et de l’ESA, qui ont abouti en juillet 2018 à un compromis que la communauté de la météorologie reconnaît comme satisfaisant pour garantir la pérennité de leurs observations. Aux États-Unis, la situation est un peu différente car des décisions de mise aux enchères de la partie basse de la bande 26 GHz (proche de la bande passive) ont été prises sans que l’administration étasunienne n’étudie le brouillage des satellites d’observation de la Terre. »

Pour protéger la bande de fréquence dite « météo », les pays se sont engagés à équiper les émetteurs de filtres d’ici 2024 en Europe. Mais cela pourrait être insuffisant, comme le craint l’Union internationale des télécoms.
Au-delà des météorologues, les climatologues pourraient également s’inquiéter, beaucoup de leurs analyses étant fondées sur les observations météo et la collecte de données satellites.

Dans tous les cas en France, la bande de fréquence de 26 GHz n’a pas encore été attribuée aux opérateurs, qui déploient ce nouveau réseau sur des bandes entre 3,4 et 3,8 GHz.

La 5G augmentera nos émissions de CO² et notre consommation électrique, alerte le Haut Conseil pour le Climat

C’est le cadeau high-tech à glisser sous le sapin de Noël version 2020 : un smartphone 5G (et le forfait qui va avec). Les promesses des opérateurs sont alléchantes : un « débit ultrarapide », une « fluidité incroyable », et tout cela avec une consommation d’énergie « plus responsable ». Un cadeau empoisonné pour la planète, si l’on en croit le Haut Conseil pour le climat (HCC). Dans un rapport publié samedi 19 décembre, le HCC sonne l’alarme. L’autorité indépendante estime que le déploiement de la 5G en France, qui a débuté cet automne, risque non seulement d’augmenter la consommation d’électricité, mais aussi d’accentuer significativement l’empreinte carbone du numérique. Et que, faute de mesures correctives, la 5G est donc susceptible de faire dérailler un peu plus la France de sa trajectoire de réduction des gaz à effet de serre (GES) pour atteindre l’objectif de la neutralité en 2050. Des conclusions qui pourraient fournir de nouveaux arguments aux organisations environnementales et aux maires (de Lyon, Lille ou Grenoble) qui réclament un moratoire.

Contrairement à ce que répètent les opérateurs, le HCC estime que l’impact carbone du déploiement de la 5G ne sera pas neutre. Selon ses calculs, il pourrait ajouter entre 2,7 millions de tonnes (Mt) et 6,7 Mt d’équivalent CO2 en 2030. « Une augmentation significative » par rapport à l’empreinte carbone actuelle du numérique, que le HCC évalue à environ 15 Mt d’équivalent CO2 en 2020, soit 2 % de l’empreinte carbone totale de la France (749 Mt éq CO2), ce qui correspond aux GES émis par le secteur aérien.

Trois scénarios (bas, moyen, haut) ont été envisagés pour parvenir à cette première évaluation. Ils prennent en compte les nombreuses « incertitudes » qui pèsent encore sur le déploiement de la 5G : niveau de couverture du territoire, renouvellement des terminaux, nouveaux usages et services.

Renouvellement accéléré des smartphones

Les trois quarts des émissions de GES supplémentaires induites par la 5G sont liées à la fabrication des équipements de réseau (davantage d’antennes), de centres de données (multiplication des data centers) et, bien sûr, des terminaux. Smartphones mais aussi casques de réalité virtuelle, objets connectés… leur renouvellement ou leur adoption pourraient se voir « accélérés », note le rapport. Ces équipements étant généralement fabriqués à l’étranger, ces émissions pourraient donc faire augmenter les émissions importées par la France de 1,8 Mt éq CO2 à 4,6 Mt éq CO2 en 2030.

Le quart restant est lié à aux usages qui seront faits de la 5G. L’expérience du déploiement des technologies numériques montre que les usages finaux sont « rarement ceux anticipés », mais que les possibilités techniques offertes sont « toujours utilisées », relève le HCC. Aussi, il note que la 5G « risque également d’augmenter les émissions liées à la production d’électricité en France » : de l’ordre de 0,8 Mt éq CO2 à 2,1 Mt éq CO2 en 2030. Une augmentation non négligeable sur un budget carbone pour la production d’énergie de 30 Mt éq CO2 la même année.

Le système d’échange de quotas d’émission (SEQE) européen garantit en théorie que le déploiement de la 5G s’insérera dans les quotas négociés mais « il ne garantit pas l’atteinte des objectifs de la France, et encore moins des budgets carbone sectoriels », alerte le HCC. Enfin, pointe le rapport, la 5G risque d’avoir « un effet important sur la consommation d’électricité en France ». Il estime, toujours selon les trois scénarios, entre 16 TWh et 40 TWh en 2030, soit entre 5 % et 13 % de la consommation nationale d’électricité du résidentiel et du tertiaire en 2019. De quoi, là aussi, remettre en cause la « cohérence » de la Programmation pluriannuelle de l’énergie.

Une proposition de loi sénatoriale

Très critique, le HCC regrette que l’attribution des nouvelles fréquences aux opérateurs par le gouvernement n’ait « pas fait l’objet d’une évaluation environnementale préalable » et que « seules les logiques de valorisation économique des fréquences pour l’Etat » ou de « compétitivité potentielle des entreprises françaises » aient été prises en compte. C’est pour combler en partie ce manque que le Sénat avait saisi en mars le Haut Conseil pour le climat, afin d’évaluer l’impact carbone du déploiement de la 5G.

Dans un communiqué, le président du Sénat, Gérard Larcher, souligne que les orientations du rapport « confortent la proposition de loi sénatoriale visant à réduire l’impact environnemental du numérique » à travers notamment la limitation du renouvellement des terminaux par la lutte contre l’obsolescence programmée, la fixation d’objectifs de réduction des impacts des réseaux ou l’inscription d’engagements environnementaux minimaux dans les cahiers des charges des fréquences qui restent à attribuer (autour de 27 GHz). Le Sénat doit examiner le projet le 12 janvier 2021.

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15 décembre 2020 2 15 /12 /décembre /2020 17:57

Dans leur dernier rapport, les scientifiques de l’IPBES en appellent à transformer radicalement nos modèles économiques, agricoles et financiers, en réduisant notamment drastiquement l’élevage, et donc notre consommation de viande. Ce qui vient donner du grain à moudre aux mouvements véganes et végétariens en plein essor. Le point avec Jean-Marc Gancile, auteur de "Carnage". Entretien par Benjamin Joyeux pour sur le Green European Journal le 11 décembre 2020. Lire aussi Pour assurer la sécurité alimentaire mondiale malgré le réchauffement climatique, il faut changer notre alimentation selon le nouveau rapport du GIEC sur l’usage des terresEn 2050, nous serons 9,7 milliards d’humains… l’agroécologie peut parfaitement nous nourrir ! et Le « régime de santé planétaire » ? Des protéines végétales et un steak par semaine !

Antispécisme, écologie, comment en finir avec ce Carnage ?

Alors qu’en cet automne 2020, nous subissons la deuxième vague de Covid 19, une enquête de l’IPBES publiée fin octobre vient démontrer que prévenir les pandémies coûterait nettement moins cher que de tenter de limiter leurs ravages en attendant un vaccin. Pour cela, les scientifiques de l’IPBES en appellent à transformer radicalement nos modèles économiques, agricoles et financiers, en réduisant notamment drastiquement l’élevage, et donc notre consommation de viande. Ce qui vient donner du grain à moudre aux mouvements véganes et végétariens en plein essor, pourtant encore souvent caricaturés soit comme de doux dingues, soit comme de dangereux activistes radicalisés et voulant imposer leur mode de vie.  

C’est dans ce contexte que nous avons voulu interroger l’auteur et activiste de la cause animale Jean-Marc Gancille, dont le dernier ouvrage, Carnage, qui vient d’être publié en septembre 2020, jette un regard factuel sans aucune concession sur l’état du massacre du vivant à l’échelle du globe et en appelle à la fin de l’exploitation animale par des solutions concrètes radicales.  

Benjamin Joyeux: Votre livre Carnage s’inscrit logiquement dans votre parcours professionnel et personnel. Mais pourquoi ce livre maintenant, alors que de nombreux ouvrages traitent d’ores et déjà de la question ? Il manquait des informations scientifiques qui justifiaient d’un livre supplémentaire ? 

Jean-Marc Gancille: Il y a énormément d’arguments susceptibles de convaincre la majorité que nous sommes dans une société d’oppression et d’asservissement des animaux à tous les niveaux, mais ces niveaux ne sont pas perçus dans leur globalité. Chacun les voit séparément et les considère sous l’angle du divertissement, du monde sauvage, de l’alimentaire, de la captivité… Je trouve que nous manquons d’un tableau général de ce « carnage » mettant en perspective toutes ces multiples façons que nous avons de massacrer et de soumettre les animaux dans l’espace et dans le temps. Ce tout en niant leurs facultés cognitives et leur sentience, encore trop peu connues, avec beaucoup de dénis et de contrevérités qui circulent.  

J’ai ainsi essayé de dresser à la fois un constat implacable sur la situation et sur le fait qu’un certain nombre de postures sont aujourd’hui intenables dans tous les domaines pour démontrer, dans la lignée de mon précédent livre Ne plus se mentir, l’urgente nécessité de solutions radicales. Nous avons besoin d’ouvrir une fenêtre d’Overton sur la question animale, pour arrêter les petits pas et effectuer un grand saut dans un nouveau paradigme, celui de la considération totale envers ceux qui ont comme nous le droit d’exister. Ce livre est une tentative d’entrer dans ce nouveau paradigme, avec des idées et des mots à la fois grand public et sans concession, pour provoquer un déclic.  

Pour en finir avec l’anthropocentrisme ? Est-ce que les arguments rationnels en la matière sont suffisants ou ne faut-il pas envisager par exemple une nouvelle sacralité par rapport au vivant, quelque chose de plus spirituel ? 

Pour prendre conscience de l’importance de ces questions, tout le monde ne fonctionne pas de la même façon. Certains vont être beaucoup plus ouverts et réceptifs aux arguments spirituels, aux émotions… et d’autres comme moi vont être beaucoup plus attentifs aux arguments rationnels. Personnellement, j’ai besoin d’aller au fonds des sujets et de ce que la science dit aujourd’hui, comme sur la sentience animale ou sur les données statistiques quant à l’étendue des massacres à l’échelle globale.  

Il existe aujourd’hui toute une palette d’actions en faveur de la cause animale : végétarisme et véganisme, boycott, actions de libération, essais politiques ou philosophiques comme ceux de Corinne Pelluchon, etc. Cela permet déjà de se maintenir dans une sorte de dignité, à défaut de parvenir à l’objectif de mettre fin à ce carnage, parce que l’on estime en son for intérieur que c’est juste, dans le plus grand respect possible du vivant.  

En même temps, comme beaucoup de gens qui militent depuis longtemps pour la cause animale, je mesure à quel point les résistances sont fortes. Mais paradoxalement, c’est un domaine dans lequel les prises de conscience opèrent plus rapidement qu’ailleurs. Par exemple, au sein des jeunes générations, l’éthique animale semble progresser encore plus vite que l’éthique écologique, même si l’on met en avant en permanence Greta Thunberg et la « génération climat » et que la cause animale continue de susciter par ailleurs énormément de railleries. 

Si l’on fait la symétrie avec la lutte pour le climat, dont les précurseurs parlaient déjà dans les années 60, la prise de conscience semble désormais réelle. Alors que se déclarer végane aujourd’hui au nom de l’éthique animale reste un point de vue marginalisé. Comment expliquer ce différentiel entre la cause climatique d’un côté et la cause animale de l’autre ? Est-ce juste une question de temps ? 

Pourtant nous pouvons beaucoup plus concrètement et efficacement mettre en œuvre à l’échelle individuelle des convictions animalistes que pour répondre aux enjeux du carbone et de la crise climatique : rien ne nous oblige aujourd’hui à manger des animaux ou leurs sous-produits, alors que nous n’avons pas tellement les moyens de travailler et de vivre sans se chauffer, sans se déplacer, sans consommer un minimum…  Il me paraît plus facile de s’extraire d’une attitude oppressive par rapport aux animaux que de quitter du jour au lendemain un mode de vie fortement émetteur en CO2.  

Nous pouvons beaucoup plus concrètement et efficacement mettre en œuvre à l’échelle individuelle des convictions animalistes que pour répondre aux enjeux du carbone et de la crise climatique

La 6e extinction de masse des espèces serait plus facile à résoudre que la crise climatique ? 

Oui, paradoxalement ça pourrait aller plus vite, bien que ces deux crises soient intimement liées. Je reste assez sombre quant à notre avenir et notre destinée commune, mais si j’ai des motifs de satisfaction, c’est de voir à quel point les idées animalistes et antispécistes se propagent et ont des impacts infiniment plus élevés à l’échelle individuelle comparativement à la cause climatique, où pourtant on ne cesse par ailleurs d’appeler à la mobilisation.  

Une critique revient régulièrement à l’encontre des véganes et des antispécistes qui seraient les « idiots utiles du capitalisme », en permettant à l’agro-industrie de faire main basse sur la viande synthétique. Qu’en pensez-vous ? 

Ce sont des discussions que j’ai régulièrement avec des écologistes « mainstream », comme par exemple avec Benoît Biteau, paysan agronome et eurodéputé écologiste. Pour moi c’est un argument fallacieux, dans la logique de Jocelyne Porcher, de Paul Ariès et consorts.  

D’une part, je conteste formellement la contribution du petit élevage à la biodiversité, qu’il a à mon avis bien plus ruinée qu’autre chose. D’autre part, je pense que la question de la séquestration du carbone dans les prairies est très discutable : il y a beaucoup de controverses quant à la contribution de l’élevage, même dit « responsable », sur ces questions.  

Par ailleurs, je constate régulièrement que l’immense majorité des véganes ou des végétariens autour de moi ne consomment en général que très peu de produits industrialisés. Il y a donc un discours dominant qui ne colle pas avec la réalité que je peux empiriquement observer. En cherchant à en savoir plus, je suis tombé sur quelques articles particulièrement éclairants (quelques liens sont dans Carnage) : les fabricants de viande synthétique admettent eux-mêmes très clairement que leur marché cible, ce sont les omnivores qui par mauvaise conscience ont envie de trouver des substituts ponctuels à la viande. Car généralement, quand on fait définitivement une croix sur la viande, ce n’est pas pour la retrouver dans son assiette sous une apparence différente.  

En plus, ce discours des « véganes faisant le jeu de l’industrie » nourrit le paradigme dominant selon lequel il peut y avoir un élevage « responsable ». Cela déculpabilise l’immense majorité qui continue à manger de la viande et qui, comme tout le monde le sait, s’approvisionne toujours chez un « petit boucher local qui fait de la viande bio et qui est très sympa ». C’est hypocrite et porteur d’une bonne conscience séparant les « méchants » industriels des « gentils » petits éleveurs qui tuent « dignement ». Or on ne peut pas tuer « dignement ».  

Rappelons-le, ce n’est plus une nécessité vitale dans nos pays occidentaux de manger de la viande. Cela me désole d’avoir à batailler sur ce sujet avec des écologistes, comme à la commission animale d’Europe Ecologie Les Verts par exemple, qui a réussi à promouvoir le concept d’« élevage éthique » pendant la dernière campagne des municipales.  

Ces fortes résistances dans les milieux écolos, en ne considérant toujours pas le droit à vivre des animaux non-humains, dessert à mon sens au-delà de la cause animale toute la cause de l’écologie. 

Jean-Marc Gancile

Jean-Marc Gancile

Du coup, des divisions idéologiques se creusent au sein de l’écologie politique. Or tout le monde ne devrait-il pas essayer de s’entendre pour faire cause commune, étant donné l’état actuel du vivant sur la planète ? Comment faire convergence ?  

J’ai été très longtemps partisan d’une forme d’alliance entre ceux qui sont sensibles à l’éthique animale et le mouvement paysan anti-industrialisation, persuadé que l’on pouvait à minima se rejoindre sur cette cause première. Mais tandis que L214 par exemple a initié des tribunes pour appeler à cette forme de convergence dans une logique progressiste pour arriver à régler à minima un certain nombre de situations indécentes, beaucoup d’écologistes n’étaient même pas en capacité d’entendre ce discours-là, ayant encore en tête l’idée que tuer un animal sans nécessité peut être tolérable et se justifier. On ne peut pas cadencer ou morceler cette lutte de l’éthique animale en partant d’un présupposé si différent.   

N’y a-t-il pas également un prisme français autour de la culture de la viande qui fait que même chez les écologistes, il y a une plus grande difficulté à faire entendre la cause animale, notamment par rapport aux pays scandinaves ou anglo-saxons ?  

J’ai de la famille en Allemagne et je constate en effet qu’il y a là-bas une propension plus grande d’écologistes qui sont simultanément véganes ou végétariens. Dans les pays scandinaves également, quand on rencontre des écologistes, ils sont la plupart du temps partisans de la végétalisation de leur alimentation. Pour eux, c’est une évidence ! Il y a donc c’est vrai un contexte français particulier lié à ce patrimoine culinaire mythifié autour de ses paysans qui provoque des résistances et des clivages irrémédiables. Plus largement, c’est sans doute plus difficile de convaincre dans les pays latins qui se targuent d’un certain « art de vivre ». Ce qui me laisse pantois, c’est que ce sont ces soi-disant « bons vivants » qui sont quand même ceux qui tuent le plus. 

Je voudrais également ne pas oublier la pêche, car il y aurait là-aussi une petite pêche « vertueuse » face aux « méchants industriels qui videraient les océans ». C’est en grande partie vrai sur les méchants industriels, mais il faut également déconstruire l’idée selon laquelle la petite pêche serait vertueuse. Des militants écologistes revendiquent une pêche durable et responsable, en s’appuyant notamment sur des associations comme BloomCharles Braine par exemple, petit pêcheur de son état et militant à Place Publique, en est un bon exemple. On peut très bien discuter avec lui, mais il reste dans le refus de creuser la question philosophique du fait de tuer sans nécessité. Alors que l’on sait désormais, statistiques à l’appui (auxquelles je fais référence dans le livre), que la petite pêche et la pêche industrielle prélèvent autant de tonnages de poissons pour l’alimentation humaine. Il n’y a donc pas à mythifier une petite pêche vertueuse, finalement aussi délétère pour l’effondrement des écosystèmes marins, ou ce qu’il en reste. C’est un autre combat moins médiatisé, mais parfois tout aussi désespérant quand on voit les résistances et les niveaux d’argumentation.  

En gros pour vous, c’est le discours welfariste et utilitariste qui serait le discours le plus « idiot utile du capitalisme » ? 

Absolument ! On peut le dire comme ça.  

En page 165, vous parlez pourtant de réconcilier écologie et animalisme. Alors que faire ? 

C’est un paragraphe que j’aurais voulu fouiller encore davantage. Il y a toute la réflexion de Thomas Lepeltier très intéressante sur le sujet. Celui-ci pointe notamment toutes ces contradictions qui font qu’aujourd’hui, il y a un mouvement écologiste globalement en résistance face aux idées antispécistes, campant sur des positions utilitaristes dans une sorte de déni de la souffrance. Un discours se développe dangereusement sur la possibilité de continuer à massacrer les animaux, mais de façon « écolo », avec des pseudos solutions : des petits éleveurs qui prétendent contribuer à la sauvegarde de la biodiversité et à la réduction des émissions de CO2 et des petits pêcheurs qui prétendent que les prélèvements qu’ils occasionnent dans les océans n’ont pas d’impact sur la chaîne trophique et sur l’effondrement des systèmes marins. Or ce discours permet surtout de ne rien changer. 

Un discours se développe dangereusement sur la possibilité de continuer à massacrer les animaux, mais de façon « écolo »

N’allons-nous pas nous retrouver dans une injonction contradictoire totale ? Car les jeunes générations sont de plus en plus attachées à l’éthique animale, et on le voit dans les sondages, finissent par voter pour les écologistes officiels. Certes il y a des tensions permanentes, mais comment aujourd’hui espérer quand même pouvoir faire convergence ? 

Il y a deux choses : est-ce qu’on va pouvoir convertir les écologistes à l’animalisme ? Si j’en juge par un certain nombre de groupes sur les réseaux sociaux réceptifs à des arguments comme le groupe Transition 2030, composé de collapsologistes, d’écologistes radicaux… on y observe de plus en plus d’intérêt pour l’animalisme et une remise en cause des idées reçues qui donne de l’espoir. Mais des résistances phénoménales et un clivage profond demeure entre ceux qui n’ont que le carbone en tête et tous ceux qui se préoccupent davantage des questions éthiques de souffrance animale. Cet antagonisme est difficilement réconciliable.  

En France, on ne pourra sans doute pas rendre Europe Ecologie Les Verts antispéciste et il y aura de plus en plus de mouvements qui porteront ces idées (Parti animalisteREV…) et grignoteront sur l’électorat écologiste majoritaire. Même si ce mouvement reste marginal, il n’est plus anodin.  

Je souhaiterais vraiment que les écologistes se retrouvent sur l’essentiel, mais malheureusement l’essentiel n’est pas là. On ne peut pas mettre de côté ce carnage animal actuel au nom du rassemblement, c’est de plus en plus clivant.  

Pour en finir avec l’anthropocentrisme, comme vous en appelez dans votre livre, comment faire alors, à l’échelle individuelle comme collective ? 

La solution première la plus évidente est de cesser immédiatement toute consommation de chaire animale et de sous-produits issus des animaux. Il s’agit ensuite de refuser de cautionner tout ce qui va dans le sens de l’asservissement et de la domination des animaux, comme par exemple boycotter absolument les zoos, les delphinariums, tous les parcs d’attraction dans lesquels des animaux sont maintenus en captivité la plupart du temps dans des conditions indignes et martyrisés pour obéir. On peut également s’engager dans tous les combats s’inscrivant dans ces idées, sans endosser pour autant un costume de guérillero. Il y a beaucoup de possibilités d’agir auprès d’associations comme L214Sea Shepherd269 Life libération animale… Nous avons par exemple créer avec plusieurs associations le collectif Rewild de lutte contre la captivité afin de rachetele zoo de Pont-Scorff en Bretagne pour en faire un centre d’accueil et de sauvegarde des animaux sauvages (Rewild Rescue Center). C’est une action qui suscite beaucoup d’adhésion populaire et qui remet en cause un certain nombre de fondements de l’industrie du divertissement et de la captivité.  

Il faut évidemment refuser la chasse et la corrida. Il ne faut rien lâcher et continuer de tenir tête en argumentant rationnellement sur des faits avérés, comme le fait très bien par exemple par son travail l’autrice et illustratrice Florence Dellerie.  

Il est également nécessaire autant que faire se peut de limiter les interactions avec les animaux sauvages pour leur permettre de retrouver leur souveraineté, car on ne cesse d’empiéter sur leurs espaces. Il y a par exemple une recherche effrénée d’interactions avec les animaux sauvages pour des selfies qui est non seulement grotesque mais avant tout préjudiciable. Les animaux ont surtout besoin qu’on leur fiche la paix. 

Interview réalisée par téléphone en août 2020 

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11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 13:52

Le gouvernement continue le détricotage des mesures de la Convention citoyenne pour le climat. Le bilan global alarme légitimement les écologistes.  L’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) estime dans une note qu’il faudrait que le gouvernement justifie pourquoi il ne prend pas telle ou telle mesure, et qu’il propose en contrepartie des propositions de substitution, dont les effets seraient chiffrés. Ce serait en effet la moindre des choses après l’année de travail des citoyens et citoyennes. Le Réseau Action Climat expose ici les 15 mesures les plus structurantes de la Convention Citoyenne pour le Climat, qui, si elles n’étaient pas reprises, décrédibiliseraient complètement l’objectif de cette loi spécifique. D’après le Réseau Action Climat et Reporterre le  9 décembre 2020. Lire aussi La justice enjoint l'État de respecter ses engagements climatiques, La convention citoyenne pour le climat interpelle Emmanuel MacronTrois mois après la convention citoyenne pour le climat, la désillusion et Cinquante propositions de la convention citoyenne pour « porter l’espoir d’un nouveau modèle de société ».

D'après https://www.imagineonlefait.fr/, le site des 150 participant·e·s de la Convention Citoyenne pour le Climat

D'après https://www.imagineonlefait.fr/, le site des 150 participant·e·s de la Convention Citoyenne pour le Climat

Alors que le 5ème anniversaire de l’Accord de Paris arrive à grands pas et que les émissions de gaz à effet de serre de la France ne sont pas alignées sur une trajectoire de limitation du réchauffement à 1,5°C, le projet de loi Climat permettrait de rectifier en partie le tir. Tout en rappelant que l’ensemble des propositions de la Convention doivent être reprises sans filtre, le Réseau Action Climat expose ici les 15 mesures les plus structurantes de la Convention Citoyenne pour le Climat, qui, si elles n’étaient pas reprises, décrédibiliseraient complètement l’objectif de cette loi spécifique. Le Réseau Action Climat attend un projet de loi Climat à la hauteur de l’urgence climatique, permettant de créer de nombreux emplois, mais aussi de réduire la précarité énergétique et alimentaire.

Le Projet de Loi Climat « sans filtre », par le Réseau Action Climat

Il s’agit de 15 mesures, réparties dans les 5 titres du projet de loi et qui correspondent aux groupes de travail de la Convention :

  1. “Consommer” : Pour agir sur la consommation des Français et avoir un impact sur l’empreinte carbone, il s’agit d’interdire la publicité des produits les plus émetteurs de gaz à effet de serre et de mettre en place un système de consigne pour réemploi des emballages.

  2. « Se déplacer » : Limiter les émissions des transports en France – et la pollution de l’air – nécessite d’actionner plusieurs leviers : interdire la commercialisation de véhicules neufs très émetteurs, mettre en place un prêt garanti par l’Etat pour l’achat de véhicules peu polluants, supprimer les avantages fiscaux sur le gazole pour les poids lourds, réduire durablement le trafic aérien et développer un plan d’investissement massif pour le transport ferroviaire.

  3. “Se loger” : Pour réduire l’impact climatique du secteur du bâtiment et réduire la précarité énergétique, il s’agit de mettre en place progressivement une obligation de rénovation énergétique globale des logements et de limiter l’artificialisation des sols, en particulier le suréquipement commercial.

  4. “Se nourrir” : Réduire les émissions de l’agriculture et de l’alimentation implique de passer à un choix végétarien quotidien dans la restauration collective publique, de concevoir une nouvelle solidarité nationale alimentaire, de taxer les engrais chimiques et d’orienter les financements vers les élevages durables.

  5. “Travailler et produire” : La transition écologique demande aussi d’accompagner les transformations des entreprises et les reconversions professionnelles. Il sera nécessaire d’accompagner la reconversion des entreprises, la transformation des métiers et d’obliger les grandes entreprises à renforcer la transparence concernant leur empreinte carbone et à réduire significativement leurs émissions chaque année.

Dans le cadre de la Convention Citoyenne pour le Climat, 150 citoyens ont travaillé 9 mois pour élaborer 149 propositions pour accélérer l’action climatique de la France. La promesse du Président de la République en janvier 2020 de soumettre ces propositions « sans filtre » soit à référendum, soit au vote du Parlement, soit à application règlementaire directe, n’est pas tenue. En juin, trois propositions ont été formellement écartées et bien qu’aucun nouveau joker n’ait été établi jusqu’ici, l'analyse du Réseau Action Climat montre que d’autres manières sont utilisées par le Gouvernement pour retarder ou affaiblir l’ambition des propositions.

Le Réseau Action Climat demande de mettre fin à ces stratégies d’affaiblissement et de retardement pour que le projet de loi Climat France puisse véritablement contribuer à aligner la France sur une trajectoire de limitation du réchauffement à 1,5°C. Après la transmission “filtrée” du Gouvernement, ça sera aux Parlement de hausser l’ambition du projet de loi Climat.

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10 décembre 2020 4 10 /12 /décembre /2020 18:29

La crise sanitaire a révélé notre dépendance économique aux services « non essentiels... ». Par Jérôme Gleizes, Enseignant à Paris-8, pour Politis. Lire aussi Premières leçons du Covid-19, Une épidémie n’est pas une GUERRE… mais le révélateur d’une crise écologiqueAgnès Sinaï, collapsologue : « Les maires sont en première ligne face à l’effondrement », et Effondrement et justice sociale.

Survivre - Gilbert Garcin (21 juin 1929-17 avril 2020)

Survivre - Gilbert Garcin (21 juin 1929-17 avril 2020)

La crise du Covid-19 révèle de nombreux dysfonctionnements dans nos sociétés. Elle est structurelle et pas du tout conjoncturelle, montrant une faible résilience. Parmi ces défauts structurels français, il y a la pression de l’État sur les collectivités territoriales. La crise sanitaire actuelle a provoqué un blocage de la production, aggravant la situation financière des collectivités territoriales déjà dégradée. Mais il faut distinguer ce qui relève de la tendance structurelle de ce que sont des conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire.

Depuis plus de vingt ans, la libre administration des collectivités territoriales, pourtant principe consacré par la Constitution avec son article 72, alinéa 3, subit une remise en question sans précédent, encore aggravée par la décision de ce gouvernement de contractualiser ses relations budgétaires avec les collectivités à travers le pacte de Cahors, de 2017, qui encadre leurs marges de manœuvre concernant leurs dépenses de fonctionnement. Depuis très longtemps, elles s’étaient substituées à un État défaillant. Le clivage n’est pas uniquement entre la droite et la gauche, mais entre un État jacobin forcené et des collectivités territoriales dont la libre administration a produit des effets positifs.

Simultanément, l’État transfère de nombreuses compétences sans les financements. Pourtant, les collectivités territoriales ne peuvent s’endetter que pour financer leurs investissements, contrairement à l’État ; les recettes de fonctionnement sont donc toujours supérieures aux dépenses. Et heureusement qu’elles sont là car, selon l’Insee, si la part de l’investissement public dans le PIB a régulièrement diminué pour représenter 3,4 % de celui-ci en 2018, contre plus de 5 % à son apogée en 1967, la part des collectivités locales dans cet investissement est passée de 30 % en 1950 à presque 60 % en 2019.

Le désengagement de l’État ne s’arrête pas là. Il ne rembourse pas non plus la totalité des prestations sociales avancées par les départements, les allocations individuelles de solidarité – RSA, prestation de compensation du handicap (PCH), allocation personnalisée autonomie (APA).

La crise sanitaire a révélé notre dépendance économique aux services « non essentiels », au tourisme, et la désindustrialisation excessive de ces dernières décennies. La transition écologique n’est plus une option, mais une nécessité. Nous restons cependant dans une incertitude radicale. Le pacte de Cahors a été suspendu, mais l’État veut continuer à pressurer les collectivités. Aujourd’hui, trois quarts des taxes et des impôts échappent à leurs décisions sans que soit indiqué par quoi sera remplacée la taxe d’habitation. La compensation actuelle par une fraction de la TVA est impactée par la baisse de la consommation des ménages. Le productivisme et le consumérisme montrent leurs limites. Le devenir des collectivités territoriales ne peut pas dépendre de la hausse de la consommation et de la production d’autrui. Même si nous sommes dans une situation budgétaire difficile, les collectivités territoriales ont montré leur résilience face à un État défaillant.

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 14:02

Depuis plusieurs semaines, les représentants et représentantes d’Europe Écologie Les Verts refusent les invitations de la chaîne d’information CNEWS.

EELV avait déjà alerté sur la dérive de la ligne éditoriale choisie par la chaîne, qui a notamment choisi Eric Zemmour comme chroniqueur régulier, alors même que celui-ci a été condamné pour injure et provocation à la haine. 

Les écologistes avaient en effet saisi le CSA l’an dernier et la réponse du comité d’éthique du groupe Canal+ avait été de cesser les émissions en direct et d’enregistrer les émissions dans lesquelles intervient Eric Zemmour afin de pouvoir couper les propos litigieux. Après sa prise de position xénophobe au sujet des mineurs isolés, ce même comité d’éthique s’est contenté de préconiser un autre format d’émission.

Nous défendons la liberté de la presse, la liberté pour les journalistes d’exercer leur métier, notamment quand celle-ci est menacée par le vote de l’article 24 de la loi sur la Sécurité globale. Nous témoignons toute notre solidarité aux journalistes de CNEWS qui se sont démarqué.e.s de la politique conduite par leur employeur.

Cette liberté de la presse est encadrée par la loi et nous déplorons une carence manifeste de la part du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel à qui la loi confie la mission de veiller “au respect de la dignité de la personne humaine, de la liberté et de la propriété d’autrui, au caractère pluraliste de l’expression des courants de pensée et d’opinion”. Tel n’est pas le cas quand il laisse la chaîne se rendre complice d’apologie de crimes contre l’humanité et de xénophobie au quotidien.

Nous ne saurions continuer à cautionner, par la présence des écologistes sur cette chaîne d’information, des propos racistes, misogynes, homophobes ou climatosceptiques. 

Notre absence de ces débats nous permettra de porter les propositions des écologistes loin des caricatures et de la polarisation du débat public dans lequel cette ligne éditoriale voudrait nous conduire. Nous continuerons donc à refuser toutes les invitations et encourageons celles et ceux qui se reconnaissent dans les valeurs d’un débat républicain à en faire de même, ainsi que les annonceurs à retirer leur soutien financier à l’instar de l’enseigne Decathlon. 

Eva Sas et Alain Coulombel, porte-paroles

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25 novembre 2020 3 25 /11 /novembre /2020 09:09

Europe Écologie les Verts appelle à la mobilisation à l’occasion de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes mercredi 25 novembre.

 

Violences faites aux femmes : pour en finir avec la culture du viol

Alors qu’en France, en 2019, 152 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou de leur ex-conjoint et que 93 000 femmes ont été victimes de viol ou de tentative de viol, nous devons plus que jamais réaffirmer notre volonté d’éliminer définitivement toute violence sexiste ou sexuelle à l’égard des femmes.

Les chiffres parlent d’eux même : dans un cas sur trois, l’agresseur est un proche de la victime. Cette violation des droits humains est l’une des plus répandue, persistante et dévastatrice dans le monde. Elle demeure également l’une des moins signalées en raison de l’impunité, du silence, de la stigmatisation et du sentiment de honte qui l’entoure et ce malgré la libération de la parole des femmes constatée suite au mouvement #MeToo.

Désignée " Grande cause du quinquennat ", la lutte contre les violences sexistes et sexuelles n'est malheureusement qu'un effet de communication.

ELV a déjà de nombreuses fois dénoncé l’hypocrisie du gouvernement à ce sujet. Pour lutter efficacement contre les violences sexistes et sexuelles, il faut des moyens financiers et institutionnels. Trop souvent encore, la responsabilité du crime est reportée sur la victime, comme le montrent les quelques 500 témoignages de l’enquête PayeTaPlainte menée par #NousToutes. Ce mécanisme, souvent dénoncé par les femmes et associations féministes, relève de la culture du viol.

De véritables actions pour en finir avec l’intolérable

Pour en finir avec l’intolérable, des moyens conséquents doivent être débloqués pour :

organiser et accompagner un changement au niveau des institutions, à commencer par former les agent.e.s de police sur le sujet, afin que les femmes qui osent porter plainte ne se retrouvent pas face à des policier.e.s qui refusent de prendre leur plainte ou minimisent les faits ;

- créer bien plus de places d'accueil et d'hébergement pour les femmes victimes de violences et leurs enfants ;
– s’aligner sur la définition du viol de la convention d’Istanbul, dont la France est signataire, afin d’inclure la notion de consentement ;
– soutenir financièrement les associations car ces dernières effectuent, la plupart du temps de façon bénévole, un travail considérable. Elles pallient pour la plupart une absence de service de protection des femmes victimes de violences géré et financé par l’État que nous appelons de nos vœux.

Dans le contexte d’une aggravation de la situation avec les deux confinements liés à la crise sanitaire, l’action militante menée par les associations ne suffit pas et ne saurait pallier les manquements du gouvernement.

Eva Sas et Alain Coulombel, porte-paroles
La Commission Féminisme d’EELV

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24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 17:07

Marie Toussaint, députée européenne écologiste et cofondatrice de l'association "Notre affaire à tous", s'inquiète d'une reconnaissance au rabais des écocides et pointe plusieurs limites. Tribune du 22 novembre 2020. Lire aussi « Reconnaissons la nature comme sujet de droit »Un fleuve reconnu comme une entité vivante en Nouvelle-Zélande et Valérie Cabanes : « Reconnaître le crime d’écocide ».

Reconnaissance des écocides : pas de faux-semblants

Le Garde des Sceaux et la Ministre de l'environnement ont annoncé dimanche matin dans le JDD la création d'un 'délit d'écocide', associé à un délit de mise en danger de l'environnement et au renforcement des moyens dédiés à la justice environnementale.  Il faut d'abord sincèrement saluer le fait que les ministres se saisissent enfin de la question. C'est une forme de prise en compte de l'importance des enjeux portés depuis des décennies par les juristes et les organisations qui luttent contre les crimes environnementaux.

Cela intervient également dans un contexte où les citoyennes et les citoyens de la convention pour le climat ont réclamé à leur tour la reconnaissance des écocides. Leur inscription dans le débat public est salutaire et tout doit être fait pour que leurs propositions soient entendues. Les propositions formulées aujourd'hui ne semblent constituer qu'une mise à jour et une application (tardive) de la directive européenne de 2008, visant à la protection de l'environnement par le droit pénal, et dont la nécessaire révision est prévue pour le second semestre 2021.

Il était temps. Nous remercions les ministres mais les engageons à agir au-delà des mots. Nous ne saurons nous contenter d'annonces qui se limiteraient au respect d'une législation européenne déjà considérée comme obsolète. Si on veut que les armes des pollueurs cèdent devant la toge du législateur, il faut une ambition juridique importante afin de faire reculer les crimes environnementaux.

Pour l'heure, le flou demeure sur la portée de l'annonce, mais il est fort à craindre que nous ne puissions souscrire à la définition donnée par le gouvernement aux écocides. Elle ressemble à une définition au rabais. A ce stade ce qui est présenté dans l'article du JDD ne relève pas d'une réelle reconnaissance des écocides mais uniquement de la création d'un délit de pollution généralisée, que nous appelions certes de nos vœux. 

Or, les mots ont un sens, chacun sait qu'un délit n'est pas un crime. La distinction n'est pas uniquement sémantique mais également normative. On ne punit pas les mêmes choses et pas de la même manière selon qu'elles relèvent d'un crime ou d'un délit. En l'état, à nos yeux, la proposition formulée continuerait malheureusement d'appréhender comme des infractions mineures les atteintes les plus graves portées aux écosystèmes, les crimes qui mettent en danger la planète et qui doivent enfin être considérés comme tels par le droit pénal. Rappelons, si l'analogie devait être nécessaire, qu'un vol est un délit, mais un vol à main armé un crime. Considérons-nous alors que la mise en danger la planète est moins grave qu'un vol à main armé, même sans victime ?

Plus troublant encore la proposition formulée dans le JDD ne prévoit pas de condamner les atteintes autonomes à l'environnement, c'est-à-dire celles qui ne résultent d'aucune violation d'une règle législative ou administrative existante. Ce qui veut dire que si une atteinte grave aux écosystèmes n'enfreint aucune règle, elle ne sera pas sanctionnée. Comme on connait l'habileté des entreprises pollueuses à chercher les trous dans le filet juridique, nous disons qu'il ne faut pas seulement resserrer la maille ; mais changer le filet. Reconnaitre réellement les écocides demande préalablement de reconnaitre une valeur intrinsèque à la nature, et ce d'autant plus qu'on imagine bien que la législation ne peut par avance prévoir et embrasser tous les cas d'atteintes graves aux écosystèmes. Le droit ne doit pas courir après les catastrophes, mais les empêcher autant que faire se peut. Ce qui doit importer n'est pas uniquement les atteintes à la loi, mais bel et bien l'impact sur les écosystèmes. C'est, nous en convenons, un nouveau paradigme.

Nous voulons souligner un dernier manque. Si une entreprise française commet un écocide hors du territoire national, le gouvernement ne prévoit pas de possibilité d'agir contre elle. C'est une faute. Nous demandons à ce que les parquets puissent poursuivre indépendamment de la nationalité des accusés, des victimes ou du lieu où l'atteinte a été commise. Cette compétence universelle serait un outil précieux pour lutter contre l'impunité en matière de crimes environnementaux.

Nous savons la mobilisation de longue date des défenseurs des droits humains pour faire appliquer réellement la compétence universelle aux cas de violation graves des droits de l'humanité, et nous la soutenons. Ainsi, contrairement à ce que des esprits chagrins affirment parfois à tort, la lutte pour la reconnaissance de l'écocide ne s'oppose pas aux combats pour les droits humains, mais vient au contraire s'y adjoindre en revendiquant l'émergence d'un droit véritablement cosmopolitique.

Pour toutes ces raisons, nous appelons les ministres à approfondir leur travail, à renforcer leurs propositions, et à mettre en œuvre la révolution juridique dont la protection de l'environnement a besoin. Si des lobbies cherchent à les entraver, nous serons, comme toujours, du côté de la transparence et de l'avancée de l'intérêt général, dans la plus grande vigilance. 

Enfin, nous veillerons à ce que le Président de la République soutienne réellement, ainsi qu'il l'a annoncé à plusieurs reprises, la reconnaissance du crime d'écocide au niveau international, et notamment auprès de la Cour pénale internationale.

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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 11:41

Dans Les révoltes du ciel s’écrit une histoire plus longue des savoirs et des politiques du réchauffement climatique. L’enquête de Jean-Baptiste Fressoz et Fabien Locher vient montrer que la transformation du climat a été, à plusieurs moments charnière des derniers siècles, un aspect central du débat des sociétés qui nous ont précédé. Mais quand aurions-nous pu prendre une autre direction que celle d’une Terre-étuve ? D’après « Les révoltes du ciel » de Jean-Baptiste Fressoz et Fabien Locher, et Christophe Bonneuil, Charles Perragin, Vanina Delmas, Xavier Mauduit, pour PhiloMag, Politis, Reporterre et France Culture, octobre-novembre 2020. Lire aussi Anthropocènes Noirs. Décoloniser la géologie pour faire monde avec la TerrePropositions pour un retour sur Terre« Il n’y a que des migrants sur Terre... » et Homo domesticus, de James C. Scott.

Les hommes ont conscience de transformer le climat bien avant la révolution industrielle

Serions-nous depuis 1992 la première génération à enfin prendre conscience du réchauffement climatique et de ses dangers, grâce au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), aux progrès d’une climatologie équipée de satellites et de super-ordinateurs ? Aurions-nous avant cela altéré les fonctionnements planétaires sans nous en apercevoir, faute des savoirs scientifiques récemment acquis ?

Cette fable est politiquement incapacitante. En nous faisant croire que nous serions écologiquement plus éclairés que les sociétés du passé, elle attribue au savoir scientifique et à la « prise de conscience » le pouvoir magique de nous mettre sur la bonne voie. Or, depuis le premier rapport du GIEC en 1990 – déjà « certain » que les émissions humaines de gaz à effet de serre entraîneraient un « réchauffement additionnel » –, le CO2 dans l’atmosphère est passé de 354 à 415 ppm. Le progrès des recherches n’y a pas suffi : il est temps de parler stratégies.

Cette fable est aussi historiquement fausse : ce n’est pas les yeux fermés mais les yeux grands ouverts que notre modernité a altéré la Terre. L’idée que le devenir de la Terre puisse être affecté par l’action humaine est discutée par des humanistes de la Renaissance. Et comme le montrent Jean-Baptiste Fressoz et Fabien Locher dans Les Révoltes du ciel (lire ci-dessous), la transformation du climat à l’échelle continentale, voire planétaire, par la déforestation préoccupe fortement les savants et les gouvernants des années 1780-1850. Ce n’est que vers 1890-1950 qu’un âge productiviste a fabriqué « les illusions rassurantes d’un climat à la fois inébranlable et inoffensif », concluent les auteurs.

D’autres travaux sont venus récemment mettre au jour cet autre moment oublié des savoirs climatiques : les années 1960-1980. L’effet de serre – connu depuis le XIXe siècle mais alors jugé bénin – commence à inquiéter les scientifiques à partir des années 1950. Un rapport du comité scientifique de la Maison Blanche affirme, dès 1965, que la hausse du CO2 atmosphérique pourrait « produire des changements mesurables et peut-être marqués du climat » et le président Lyndon Johnson en parle au Congrès. L’alerte se solidifie avec le rapport du Massachusetts Institute of Technology (MIT) sur l’impact humain sur le climat, de 1971, puis celui de l’Académie américaine des sciences, de 1979, estimant déjà qu’un doublement de la teneur en CO2 par rapport à l’ère préindustrielle correspondrait à un réchauffement de 1,5 à 4,5 °C. En France, la Datar écrit dès 1972 que « nous en savons assez aujourd’hui de la théorie du climat et de la construction de modèles climatiques pour voir que l’homme peut fort bien provoquer des changements de climat ».

Plus intéressant encore, on sait maintenant par l’exhumation de leurs notes et documents internes combien les multinationales – pétrolières et automobiles notamment – suivaient de près la question du réchauffement climatique. À la fin des années 1960, l’American Petroleum Institute commande des études universitaires, qui lui confirment la gravité du phénomène. Les dirigeants d’Exxon sont avertis dès juillet 1977 que « l’humanité influence le climat global ». En 1979, Exxon conduit d’importantes recherches climatiques et élabore des scénarios énergético-climatiques… qui lui permettent de mesurer combien la sortie des énergies fossiles affecterait son business. Une enquête parue le mois dernier montre que Ford, dès 1956, et General Motors, dès les années 1970, savaient aussi. Les General Motors Laboratories mettent plusieurs chercheurs sur le réchauffement climatique et sur la possibilité de le limiter par l’action des aérosols et la dynamique des nuages. Mais la recherche de Ruth Reck, l’une de ces scientifiques, douche ces espoirs : l’effet de serre n’est pas limité par l’albedo des nuages et General Motors, par communiqué de presse, affirme en 1979 que « l’impact de l’effet de serre lié au dioxyde de carbone sur le climat de la Terre pourrait être plus compliqué que prévu ».

Pourtant, dans la seconde moitié des années 1980, ces mêmes compagnies multinationales enterrent ces recherches et changent de discours. Face au danger de voir leur profitabilité réduite par des politiques internationales de maîtrise des émissions de gaz à effet de serre, elles fondent, en 1989, la Global Climate Coalition, vaste opération de déni climatique et de lobbying. Ruth Reck est remerciée par General Motors, tout comme bien des chercheurs des programmes climat d’Exxon.

Là encore, une histoire de perte de savoirs, de déni de réalité par des dirigeants mus par le profit, plutôt qu’une fable de progrès des savoirs et de prise de conscience.

Christophe Bonneuil Directeur de recherche au CNRS, rattaché au Centre de recherches historiques (EHESS).

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“ Les Révoltes du ciel ” par Jean-Baptiste Fressoz et Fabien Locher

Vouloir contrôler l’empreinte des actions humaines sur l’environnement n’est pas du tout propre à notre époque. Nous sortons en réalité d’un bref interlude historique, de la fin du XIXe siècle aux années 1950, où le climat s’est délogé de nos consciences. Le recul des famines, le développement industriel, le perfectionnement des réseaux et de l’exploitation agricole et minière, nous ont fait un temps oublier que le climat était la matrice du vivant. Dans cet impressionnant travail de documentation que représente Les Révoltes du cielUne histoire du changement climatique, XVe-XXe siècle (Seuil, 2020), Fressoz et Locher relatent une histoire du climat du XVe au XXe siècle, et nous montrent que l’anxiété climatique et la politisation des sujets environnementaux ne datent pas d’hier. L’Anthropocène, entendu comme pensée de l’enchevêtrement entre les temporalités de la Terre et des sociétés, est, du point de vue de l’historien, caractéristique de l’époque moderne européenne en général et française en particulier.

Dès le XVIe siècle, la volonté d’agir sur le climat pour le modeler révèle qu’une partie du monde est déjà profondément consciente qu’action humaine et processus naturels sont entrelacés. Puis, très tôt, s’installe la crainte d’un effondrement climatique. Quelles sont les grandes étapes de la pensée de cette interdépendance homme-nature ?

  • La colonisation comme normalisation du climat. À l’aube des empires coloniaux européens, une question anime les conquistadors : les « zones torrides » sont-elles vraiment inhabitables ? Non, pour Christophe Colomb. Les excès de la météo du Nouveau monde sont liés à l’absence de culture et de déforestation. Si les pluies tropicales se déversent sur les côtes jamaïcaines, c’est à cause de la surabondance des grands arbres qui attirent les tempêtes. À l’époque, il s’agit bien sûr de convaincre les banquiers d’investir dans les expéditions et les comptoirs coloniaux. Mais l’aventure est aussi théologique. Transformer les zones torrides par le déboisement et le travail de la terre, c’est purifier l’air. A contrario, « les pluies torrentielles prouvent la non-possession des Caraïbes ». La présence d’une nature non cultivée démontre que ce territoire n’appartient à personne. Le climat adouci par la pluie devient aussi le signe divin que le colon accomplit sa mission d’extension des terres chrétiennes. Cette thèse de la colonisation par la « transformation anthropique des climats » va se répandre en Europe, et en particulier dans la France et l’Angleterre du XVIIe siècle. 
  • L’agir climatique, signe de la civilisation. Dès le début du XVIIIe, le climat est vu plus généralement comme le miroir des mœurs sociales. En France, des auteurs comme l’historien Jean-Baptiste Dubos, admirateur du matérialisme empiriste de John Locke et grand inspirateur de Montesquieu, fait même de la dégradation du climat le signe de la décadence des civilisations. Avec la ruine des égouts et l’abandon des cultures, le beau soleil de Rome a décliné avec l’âme romaine, et le bon air a reflué avec le génie… Chez le très influent philosophe et naturaliste Buffon, les sociétés ne sont plus hiérarchisées selon des critères religieux ou moraux, mais par la capacité à façonner la nature. À la fin du XVIIIe siècle, les épidémies, les récoltes, les prix, les cours d’eau gelés qui mettent les usines au chômage – tout est lié au climat, qui devient un « fait social total »
  • Le catastrophisme révolutionnaire. Si dès le XVIIe, quelques intellectuels anglais craignent que la déforestation n’engendre une perturbation globale du cycle de l’eau (qui est alors un modèle théologique), « c’est bien la Révolution française qui opère le basculement fondamental de l’optimisme colonisateur à l’angoisse de l’effondrement. » Entre 1788 et 1794, la météorologie épouvantable, les pénuries de grains et l’augmentation du prix du bois vont pousser les révolutionnaires à dénoncer les effets environnementaux du despotisme et de la féodalité, un régime non seulement injuste mais « contre-nature ». « Le discours révolutionnaire oppose ainsi un régime féodal qui barre les cours d’eau, multiplie les marécages, laisse les plantes pourrir et la population dégénérer, à une république qui fluidifie, draine, met en culture, réchauffe et rend salubres les climats. » Dans les débats révolutionnaires, l’alerte climatique sort des cercles naturalistes et « devient un élément structurant du discours sur la propriété, sur la nature et sur le rôle de l’État dans leur gestion. » De façon générale, de 1789 à 1820, « chaque régime a prétendu réparer les désordres climatiques provoqués par l’incurie de ses prédécesseurs. »
  • Le temps de l’humanité fragile. Après l’une des plus grosses éruptions de l’histoire humaine, celle du volcan Tambora en 1815 dans l’actuelle Indonésie, le froid, les famines et les maladies gagnent l’Europe. L’idée d’un refroidissement climatique inéluctable s’installe, et la glace prend un sens eschatologique. On ressort une vieille théorie de Buffon sur le refroidissement progressif du globe terrestre. D’autres évoquent l’apparition de taches solaires, des perturbations de l’atmosphère liées à la position relative de la Terre, du soleil et de la Lune (astrométéorologie), ou encore la dérive des icebergs. En France, le « dérangement des saisons » s’impose dans l’opinion. Tandis que des pièces populaires mettent en scène la fin du monde, les études de l’atmosphère se perfectionnent, et émerge une forme de rationalité météorologique. La véritable histoire du climat et ses variations majeures se jouent désormais à l’échelle des temps géologiques, sur des millions d’années. Cette idée ne date donc pas du XXIe siècle.

Dans Les Révoltes du ciel. Une histoire du changement climatique. XVe-XXe siècle, Fabien Locher et Jean-Baptiste Fressoz racontent avec précision cinq siècles d’observations, d’intérêt, de questionnements sur les variations climatiques et le rôle de l’humain sur ces événements. Une enquête qui fourmille de sources de première main pour comprendre l’utilisation faite du changement climatique par les conquistadors du Nouveau Monde, les révolutionnaires français, les savants mais aussi la petite bourgeoisie et les paysans du XIXe siècle, dans les colonies… Paradoxalement, c’est le progrès technique à l’ère industrielle qui fera basculer progressivement le climat dans l’oubli et effacera en quelque sorte la menace pendant un temps. La thèse des deux historiens de l’environnement est limpide : il n’y a rien de nouveau ! Ni la prise de conscience d’un changement climatique, ni la recherche sur l’action humaine, ni l’anxiété climatique, ni les discours catastrophistes, ni la politisation des sujets environnementaux. Leur enquête s’inscrit aussi dans le temps long puisqu’elle a commencé à la fin des années 2000, avec la découverte d’archives non exploitées à Météo France, et s’est terminée lors du confinement au printemps 2020. « En montrant que cette histoire de savoirs climatiques est très longue, qu’il y a eu des débats, des résistances et pas de consensus immédiat, cela crée un argument en faveur de la solidité de ces savoirs », glissent-ils, alertant à la fois sur les tentations climatosceptiques ou au contraire de discours grandiloquents et naïfs sur la récente prise de conscience climatique.

« L’histoire du climat montre tout un univers colonial »

Entretien avec Jean-Baptiste Fressoz et Fabien Locher Historiens et chercheurs au CNRS par Vanina Delmas.

Vous commencez votre histoire du changement climatique à l’époque de la colonisation de l’Amérique : Christophe Colomb observant les conditions climatiques et préconisant de couper les grands arbres pour réduire les pluies. Pourquoi ?

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21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 09:10

Dans une décision inédite rendue jeudi 19 novembre, le Conseil d’État donne trois mois au gouvernement pour prouver qu’il respecte ses engagements en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Une décision historique, selon les associations et les communes qui avaient saisi le juge administratif. D'après Les Echos, Reporterre, l'Humanité et Mediapart le 19 novembre 2020. Lire aussi L’Affaire du Siècle répond aux arguments de l’État, Réchauffement climatique : l’État français plaide non coupableDes ONG attaquent la France en justice pour inaction climatique et Un maire attaque L’État pour inaction climatique pour la première fois en France.

Le député européen EELV et ancien maire de Grande-Synthe, Damien Carême, la députée européenne EELV Karima Delli, et derrière eux Pierre Stoeber, lors d’une manifestation le 21 septembre 2019 à Paris. Lucas Barioulet/AFP

Le député européen EELV et ancien maire de Grande-Synthe, Damien Carême, la députée européenne EELV Karima Delli, et derrière eux Pierre Stoeber, lors d’une manifestation le 21 septembre 2019 à Paris. Lucas Barioulet/AFP

L’État va devoir rendre compte de ses engagements climatiques. Dans une décision rendue jeudi 19 novembre, le Conseil d’État donne trois mois au gouvernement pour prouver qu’il respecte ses promesses prises en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. « Si la France s’est engagée à réduire ses émissions de 40 % d’ici à 2030, elle a, au cours des dernières années, régulièrement dépassé les plafonds d’émissions qu’elle s’était fixés […] et l’essentiel des efforts de réduction ont été reportés à après 2020 », relève la plus haute juridiction administrative française. Le Conseil d’État avait été saisi en 2018 pour inaction climatique par la ville de Grande-Synthe (Nord), rejointe par plusieurs ONG, ainsi que par les villes de Grenoble et de Paris.

La décision du Conseil d’État va permettre une avancée cruciale en droit français, selon les ONG de L’Affaire du siècle. « En affirmant le caractère contraignant des objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre contenus dans la loi, la plus haute juridiction administrative met l’État face à ses responsabilités dans la crise climatique. C’est une véritable révolution en droit : les lois programmatiques sur le climat ont jusqu’ici été considérées par les gouvernements et parlements successifs comme de vagues promesses. Elles font désormais peser sur l’État une obligation de résultat, et l’engagent à mettre en œuvre des mesures concrètes et efficaces pour atteindre ces objectifs. » De son côté, l’ancien ministre de la transition écologique d’Emmanuel Macron, Nicolas Hulot, a qualifié sur son compte Twitter la décision de « pas de géant ».

La justice enjoint l'État de respecter ses engagements climatiques

Grâce à cette décision, les engagements pris par le gouvernement, à travers des lois, des décrets ou des traités, deviendront contraignants. Par exemple, ceux pris lors de l’Accord de Paris. Devant les caméras du monde entier, la France et 195 autres pays ont signé le 12 décembre 2015 un texte listant une série d’objectifs à atteindre, le plus ambitieux étant de maintenir l’augmentation de la température mondiale à un niveau inférieur à 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, à 1,5 °C si possible. « Cette décision pose un défi au gouvernement car il aura une obligation juridique, légale, d’agir pour le climat, observe l’eurodéputée Marie Toussaint auprès de Mediapart, à l’origine de la campagne « L’Affaire du siècle ». Il faudra donc qu’il agisse de manière effective. » 

Les accords signés lors de la COP21 « renvoient à chaque État signataire le soin de prendre des mesures nationales pour assurer leur mise en œuvre », explique le Conseil d’État dans son communiqué, avant de préciser : « Néanmoins les objectifs que s’est fixés la France à ce titre doivent être lus à la lumière de ces accords afin de leur donner une pleine portée en droit français. » Cela signifie que les lois ou les décrets adoptés par la France pour respecter les engagements de l’Accord de Paris ont été transposés dans le droit français. Dès lors, ils doivent être suivis et respectés.

Le Conseil d’État constate par ailleurs l’échec de la France dans le calendrier de la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. « Pour la période 2015-2018, le plafond d’émissions prévu a sensiblement été dépassé », note l’instance. La France a seulement réalisé une baisse moyenne de ses émissions de 1 % par an alors que le plafond fixé imposait une réduction de l’ordre de 2,2 % par an. » Il ajoute que le gouvernement a revu à la baisse son objectif concernant la période 2019-2023, ce qui a eu pour conséquence de décaler la trajectoire de la diminution des émissions à l’horizon 2030. C’est pourquoi, avant de statuer définitivement sur la requête, il lui enjoint dans les trois mois de « justifier que la trajectoire de réduction à horizon 2030 pourra être respectée ».

La justice enjoint l'État de respecter ses engagements climatiques

Toutes les études actuelles montrent que la France ne respecte pas ses engagements. Les émissions de gaz à effet de serre ont baissé entre 2018 et 2019, mais cette diminution n’est pas suffisante pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. « Le réchauffement climatique induit par les activités humaines continue de s’aggraver, alors que les actions climatiques de la France ne sont pas à la hauteur des enjeux ni des objectifs qu’elle s’est donnés, indique le Haut Conseil pour le climat dans son rapport annuel, publié en juillet dernier. Le gouvernement doit reprendre le cap vers la neutralité carbone. » « Le premier budget carbone n’a pas été respecté, ni globalement ni sectoriellement pour les quatre principaux secteurs qui représentent plus de 85 % des émissions, ajoute Greenpeace France dans un communiqué. La relève des budgets carbone 2019-2023 dans les décrets Stratégie nationale bas carbone (SNBC) est directement contraire à une recommandation explicite du Haut Conseil pour le climat. » 

Ces constats motivent la décision inédite de la plus haute juridiction. Si, au terme des trois mois accordés, l’État n’a pas réussi à convaincre que les mesures prises jusqu’à présent sont suffisantes pour respecter ses ambitions, il pourrait être contraint de mettre en œuvre les politiques publiques nécessaires à la protection du climat. « Cela pourrait être l’interdiction de faire gérer les tarifs SNCF par des algorithmes qui font payer les billets toujours plus cher, illustre Me Guillaume Hannotin, avocat de L’Affaire du siècle. Il faut qu’une famille avec deux enfants qui va de Paris à Nice puisse faire l’aller-retour pour 20 euros par tête, pour qu’ils ne soient pas tentés de prendre l’avion ou la voiture, qui polluent davantage mais sont moins onéreux. »

Une « décision historique »

En prenant cette décision, le Conseil d’État a considéré la requête de Grande-Synthe (Nord) comme recevable. « La commune littorale est particulièrement exposée aux effets du changement climatique », a-t-il jugé. Notamment au risque de submersion marine. Il donne ainsi raison à l’ancien maire écologiste Damien Carême, qui a engagé ce recours contre l’État en janvier 2019 pour « non-respect de ses engagements climatiques ». « J’ai attaqué l’État en disant que les habitants et les élus locaux faisaient des efforts pour réduire leurs émissions et que celui qui manquait à l’appel, c’était l’État lui-même !, explique l’eurodéputé EELV auprès de Mediapart. En faisant cela, il met en péril l’avenir de la ville, parce que “submersion marine” veut dire qu’elle serait rayée de la carte. Il met aussi en péril le bien des habitants et leur sécurité. »

Le recours de Damien Carême a ensuite été rejoint par les villes de Grenoble et de Paris. Puis par quatre organisations : Oxfam, Notre affaire à tous, Greenpeace et la Fondation Nicolas Hulot. Ce quatuor d’associations est par ailleurs à l’initiative d’une pétition baptisée « L’Affaire du siècle ». Lancée fin 2018, elle dénonce aussi l’inaction du gouvernement sur les enjeux climatiques. Elle a recueilli à ce jour plus de deux millions de signatures. 

De son côté, le ministère de la transition écologique prend acte de la décision du Conseil d’État, « qui n’est pas un jugement sur le fond mais une demande de preuves d’action ». L’entourage de Barbara Pompili explique que le gouvernement « mène une politique offensive en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Un tiers du plan France Relance, soit 30 milliards d’euros, sont consacrés à la relance verte. Le projet de loi traduisant les propositions de la Convention citoyenne pour le climat, qui sera prochainement présenté, ancrera durablement la culture écologique dans le modèle français. Ces différents éléments doivent permettre à la France d’atteindre les objectifs climatiques fixés. »

L’État français n’est pas le seul exécutif européen à avoir été attaqué en justice. Aux Pays-Bas, le 20 décembre 2019, la Cour suprême a approuvé les conclusions du tribunal qui, le 24 juin 2015, a condamné l’État néerlandais à réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 25 % d’ici 2020, par rapport aux niveaux de 1990. Ne pas atteindre cet objectif serait une « violation des droits des citoyens néerlandais », protégés par la Convention européenne des droits de l’homme, a conclu la justice. « Le Conseil d’État s’inscrit dans ce mouvement de justice climatique planétaire, se félicite l’ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage de Jacques Chirac, aujourd’hui avocate de Grande-Synthe. C’est une décision historique car on sort des promesses qui n’engagent que ceux qui y croient. »

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