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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 19:14

L'homme a hérité de la tendance marquée des primates à s'entre-tuer

Par Nathaniel Herzberg pour Le Monde le 29 septembre 2016

Deux siècles et demi que ces deux-là s'affrontent. Que, par -disciples interposés, leurs théories sur l'origine de la violence humaine déchirent -philosophes et scientifiques. Thomas Hobbes contre Jean-Jacques Rousseau, le " loup pour l'homme " contre le " bon sauvage ", l'humain intrinsèquement agressif envers son semblable contre l'individu pétri d'innocence, poussé au mal par une société corruptrice. Dans une étude publiée mercredi 28  septembre par la revue Nature, une équipe espagnole tranche le débat : la violence létale humaine plonge ses racines dans la théorie de l'évolution. En d'autres termes, si l'homme " descend du singe ", il en va de même de ses tendances meurtrières.Pour aboutir à ce constat sans appel, José Maria Gomez, écologue à la station expérimentale des zones arides d'Almeria, et ses collègues de trois autres universités espagnoles se sont livrés à un incroyable travail d'accumulation de données. Pendant deux ans, ils ont dépouillé cinquante ans de littérature scientifique : 3 500 articles analysant la violence entre membres d'une même espèce chez les mammifères et 1 000  articles portant sur les causes de la mortalité parmi les humains.

Pour ces derniers, ils ont étendu leurs sources aux analyses bio-archéologiques ou paléontologiques, aux relevés ethnographiques, aux bilans d'autopsie ou encore aux registres portant les causes de décès (à partir du XVIIe  siècle). Et ils ont fait tourner les ordinateurs. Sur les 1 024 espèces de mammifères étudiées, 40  % étripent joyeusement les leurs. " Cela a  été notre plus grande surprise, admet José Maria Gomez. La violence létale n'est pas concentrée dans des groupes considérés comme a priori violents, tels les carnivores. Elle sévit aussi de façon importante chez les rhinocéros, les marmottes, les chevaux… "

Les scientifiques espagnols livrent un chiffre moyen : l'agression intraspécifique constitue 0,3  % des causes de mortalité chez l'ensemble des mammifères. Elle n'est " pas fréquente, mais répandue ", concluent-ils. Mais c'est famille par famille que l'examen trouve toute sa richesse. " Jamais je n'avais vu un travail aussi détaillé sur la violence parmi les mammifères ", s'enthousiasme Michel Raymond, directeur de recherche au CNRS et responsable de l'équipe de biologie évolutive humaine de l'université de Montpellier.

" L'étude est formidable "

L'étude démontre que la position dans l'arbre phylogénétique des espèces explique fortement la tendance à tuer ses congénères. Fauves, ursidés, rongeurs : quelques familles se distinguent particulièrement. Avec une mention spéciale pour les primates – nos cousins et nos ancêtres, faut-il le rappeler ? –, chez qui le poids de la violence létale atteint 2  %. La raison ? " L'étude est formidable mais elle n'explique pas les causes de cette concentration, souligne Mike Wilson, anthropologue à l'université du Minnesota (États-Unis). Pour moi, c'est le large recours à l'infanticide chez les primates. "

L'arbre de l'évolution des espèces n'explique pourtant pas tout. Là où les chimpanzés se tuent à plaisir, les bonobos, leurs plus proches parents, présentent des mœurs beaucoup plus pacifiques. Peut-être faut-il y voir la place prépondérante des femelles chez ces derniers. Les chercheurs ont, plus globalement, tenté d'isoler d'autres causes. Résultat : plus une espèce est sociale et territorialisée, plus la violence létale s'y exprime. Les disciples de Rousseau y trouveront une petite consolation. Car pour le reste, l'examen des 600 populations humaines à travers le temps et l'espace détruit allègrement le mythe de notre innocence originelle.

Les relevés archéologiques -confirment en effet que la pitié pour son frère n'étouffait ni sapiens ni Neandertal : " Pour ces temps anciens, les résultats enregistrés sont conformes avec le niveau de violence attendu compte tenu de la position de l'homme dans l'arbre phylogénétique ", commente José Maria Gomez. " L'homme n'a pas attendu l'accumulation des richesses au néolithique pour être violent, souligne l'archéologue Jean Guilaine, professeur honoraire au Collège de France et auteur du Sentier de la guerre (Seuil, 2001). On a montré que les chasseurs-cueilleurs s'affrontaient eux aussi. "

" Données robustes "

Il est vrai que la situation se gâte encore par la suite. L'âge du fer en Europe et en Asie (à partir de – 1100) et la période dite " formative " dans le Nouveau Monde (environ – 1000) connaissent une poussée importante de violence létale, nettement au-dessus des prévisions évolutives qui devraient la situer au même niveau que celle des grands singes. Et, à en croire les données présentées par l'article, cela dure jusqu'à la fin du Moyen Age. De quoi nourrir la thèse du psychologue américain Steven Pinker : en  2011, dans un livre qui fit événement aux États-Unis, il avait brillamment mis en évidence le déclin de la violence depuis la période moderne.

Certains ne manqueront pas de mettre en cause la fiabilité des données anciennes. Peut-on tirer une règle statistique d'une série de tombes du néolithique ou d'un cimetière médiéval ? Certes pas. Mais de centaines de cimetières, répartis dans de multiples points du continent, accompagnés parfois de témoignages écrits ou de registres : l'affaire paraît nettement plus sérieuse. " Cette partie est évidemment la plus fragile, elle sera controversée, convient Mike Wilson. Mais ils ont malgré tout fait preuve d'une grande prudence, en sélectionnant des données robustes. "

L'étude de Nature va plus loin encore. Elle classe les données humaines en fonction du type de société dont elles portent le témoignage. Il apparaît cette fois que les organisations tribales ou claniques affichent un degré de violence nettement plus élevé que les sociétés étatiques.

Cette fois, ce n'est plus le combat entre deux philosophes morts, mais la guerre entre deux familles d'anthropologues rivales que l'article devrait réveiller. Par exemple, les travaux de l'Américain Napoleon Chagnon sur l'extrême violence des Yanomami d'Amazonie restent aujourd'hui encore très controversés. La publication de Nature ne passera pas inaperçue dans ce milieu.

Pour la primatologue Elise Huchard, ces résultats viennent rappeler que, " quelle que soit l'approche utilisée pour comprendre et expliquer l'intensité et les motifs de notre violence, il ne faut pas oublier que l'homme est un mammifère, car ce simple fait biologique contribue à  expliquer notre comportement social ".

Un mammifère ni plus ni moins violent que les autres. Simplement particulièrement flexible dans son agressivité, car particulièrement divers dans son organisation sociale. Et plus paisible que jamais, ce que souligne l'anthropologue Mike Wilson. " A l'heure où Donald Trump martèle que la société est violente, il est de salubrité publique de rappeler qu'on vit mieux dans une ville américaine que dans l'ancien Far West.

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 20:16

Plusieurs publications scientifiques revoient à la hausse les perspectives du réchauffement à venir

Par Stéphane Foucart pour Le Monde le 27 septembre 2016

Climat : les mauvaises nouvelles s’accumulent - La pollution de l’air touche 92 % de l’humanité

Que l’on regarde l’élévation du mercure ou les revues scientifiques, les nouvelles du climat ne sont franchement pas bonnes. Côté thermomètre, la National Oceanic and Atmospheric Administration américaine vient d’annoncer que le mois d’août avait été, en moyenne mondiale, le plus chaud jamais observé depuis le début des relevés en 1880. Pour ne rien arranger, il est aussi le seizième mois consécutif à battre son record de température – une telle séquence n’a jamais été enregistrée en cent trente-sept ans de mesures.

Les derniers travaux de recherche publiés dans les revues savantes – sur l’élévation future des températures, sur la capacité des sols à éponger les émissions humaines de gaz à effet de serre ou sur la stabilité des glaciers polaires – ne sont pas plus réjouissants.

Comme souvent en matière climatique, les mauvaises nouvelles viennent aussi de l’étude des climats du passé. Mardi 27 septembre, la revue Nature Climate Change devait publier la première reconstruction continue des températures terrestres au cours des deux derniers millions d’années, suggérant une sensibilité du climat au dioxyde de carbone (CO2) bien plus forte qu’estimée généralement.

Grande prudence

Selon l’auteure de ces travaux, Carolyn Snyder, chercheuse à l’Environmental Protection Agency de Washington, le corollaire de cette reconstruction est que les niveaux atmosphériques actuels de CO2 – environ 400 parties par million (ppm) – pourraient mettre la planète sur la voie d’un réchauffement à long terme de quelque 5 °C par rapport aux niveaux préindustriels.

Très impressionnants, ces chiffres doivent être pris avec grande précaution. D’abord, ils représentent un réchauffement attendu sur des échelles de temps de l’ordre du millénaire – le temps nécessaire à certains grands processus (redistribution de la végétation, fonte des glaces, etc.) de s’accomplir et se stabiliser. Ensuite, ils sont très supérieurs aux chiffres généralement acceptés par les scientifiques. Selon l’analyse de Carolyn Snyder, atteindre 550 ppm, soit un doublement du CO2 atmosphérique par rapport au XIXe siècle, conduirait ainsi sur le très long terme à un réchauffement de... 9 °C !

« Cette estimation est tellement au-dessus de celles qui prévalent actuellement, autour de 5 °C à 6 °C, qu’elle doit être considérée comme une singularité et doit être traitée avec un niveau de scepticisme approprié », estime le paléoclimatologue Michael Mann, professeur à l’université de Pennsylvanie. Une grande prudence partagée par plusieurs chercheurs cités par la revue Nature. M. Mann s’interroge notamment sur le caractère représentatif de la soixantaine d’échantillons de sédiments marins analysés pour reconstruire les températures passées.

« Je vois cette étude comme provocante et intéressante, ajoute-t-il, mais ces estimations chiffrées doivent être prises avec des pincettes jusqu’à ce qu’elles soient examinées soigneusement par la communauté scientifique. »

Toutefois, ajoute en substance le chercheur, si ces chiffres étaient confirmés, ils signifieraient que la sensibilité climatique à court terme – celle qui se joue à l’échelle du siècle et qui intéresse plus particulièrement les humains – serait plus élevée que les estimations actuelles.

Celles-ci reposent en partie sur des modèles de simulation du climat, qui situent aujourd’hui l’augmentation de la température moyenne entre 1,5 °C et 4,5 °C pour un doublement de la concentration atmosphérique de CO2. Fourchette qu’il faudra donc, peut-être, revoir à la hausse. De quoi rendre plus compliqué encore le respect des engagements des Etats à maintenir le thermomètre terrestre « nettement en dessous de 2 °C » de réchauffement.

D’autres mauvaises nouvelles pourraient conduire à une telle révision. Dans l’édition de la revue Science du 23 septembre, la biogéochimiste Yujie He (université de Californie à Irvine) et ses coauteurs publient une série de mesures montrant que le carbone présent dans le premier mètre de sol est bien plus vieux que ce que simulent les modèles numériques.

En clair, écrivent les chercheurs, « les modèles surestiment le potentiel de séquestration du carbone par les sols de près d’un facteur deux ». Lorsqu’ils simulent le climat futur, les modèles attribuent donc aux sols une capacité à éponger le CO2 – en stockant plus ou moins durablement les débris végétaux, par exemple – beaucoup plus importante qu’elle ne l’est en réalité... « En conséquence, une plus grande fraction des émissions humaines de CO2 pourrait demeurer dans l’atmosphère et contribuer au réchauffement », concluent les auteurs.

Une conclusion que tempère toutefois Jean-François Soussana, directeur scientifique chargé de l’environnement à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). Selon le chercheur, qui n’a pas participé à ces travaux, une grande part de l’erreur des modèles concerne surtout les couches les plus profondes du sol, c’est-à-dire le vaste stock de carbone enfoui « entre 20 cm à 40 cm, et un mètre de profondeur », explique-t-il.

Rôle tampon de l’agriculture

Or l’objectif de ralentir le changement climatique en adaptant les usages des sols (agriculture, foresterie, etc.) pour y accumuler du carbone, précise M. Soussana, « porte uniquement sur l’horizon de surface, c’est-à-dire jusqu’à 40 cm de profondeur ». Rendre l’agriculture « climatiquement vertueuse » et lui faire jouer un rôle tampon reste donc possible.

Ralentir la dislocation des calottes de glace polaires sera en revanche beaucoup plus compliqué. Or, dernière mauvaise nouvelle, l’inlandsis du Groenland perd ses glaces plus rapidement que les mesures satellites ne l’ont jusqu’ici suggéré. Dans l’édition du 21 septembre de la revue Science Advances, une équipe de chercheurs européens et américains revoit à la hausse la masse glaciaire perdue par la grande île. En tenant compte des mouvements du manteau terrestre, il faudrait, selon les auteurs, ajouter environ 8 % aux décharges de glace mesurées jusqu’à présent. Soit l’équivalent de 20 milliards de tonnes par an.

La correction peut sembler mineure. Mais le Groenland est un contributeur important à la hausse du niveau marin. Surtout, les spécialistes n’ont cessé d’aggraver, au cours des dernières années, leur diagnostic sur la stabilité de ses glaces. C’est le cas dans la majorité des compartiments de la science climatique : la réalité excède bien souvent les prévisions des chercheurs.

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La pollution de l’air touche 92 % de l’humanité

La Méditerranée orientale, l’Asie du Sud-Est et le Pacifique occidental sont les plus touchés.

Le nombre de décès liés à la pollution atteint 6,5 millions de personnes par an.

La pollution de l’air affecte la quasi-totalité de la planète. Selon une nouvelle étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publiée mardi 27 septembre, 92 % de la population mondiale vit dans des lieux où les niveaux de qualité de l’air extérieur ne respectent pas les limites fixées, notamment pour les particules fines très dangereuses pour la santé dont le diamètre est inférieur à 2,5 microns (PM 2,5).

Ces polluants sont émis principalement par les transports, le chauffage, l’industrie et l’agriculture, mais l’activité humaine n’est pas seule en cause. « Les tempêtes de sable, en particulier dans les régions situées à proximité d’un désert, peuvent avoir une influence sur la qualité de l’air », note l’agence onusienne.

L’OMS s’appuie sur des données très détaillées provenant de mesures prises par satellite, des modèles de transport aérien et des moniteurs de stations au sol pour plus de 3 000 lieux à travers le monde, en milieu rural ou urbain. Ce modèle a été élaboré en collaboration avec l’université de Bath, au Royaume-Uni.

Les niveaux de pollution de l’air sont « particulièrement élevés » en Méditerranée orientale, dans l’Asie du Sud-Est et dans le Pacifique occidental. A l’exception de la région des Amériques, toutes les autres régions du monde ont moins de 20 % de leur population vivant dans des lieux où la qualité de l’air correspond aux normes de l’OMS. L’agence recommande de ne pas dépasser une moyenne annuelle de 10 microgrammes par mètre cube d’air (μg/m3) et 25 μg/m3 sur vingt-quatre heures. Le jour de Noël 2015, la concentration de PM 2,5 avait, par exemple, atteint 620 μg/m3 à Pékin.

Action urgente

L’enjeu en termes de santé publique est considérable : 3 millions de décès par an sont liés à la pollution de l’air extérieur. Si l’on ajoute celle de l’air intérieur, le nombre de décès atteint 6,5 millions de personnes, soit 11,6 % des décès dans le monde. Les maladies cardiovasculaires, les accidents vasculaires cérébraux et le cancer du poumon, sont à l’origine de 94 % des décès liés à la pollution de l’air extérieur. Près de 90 % de ces décès surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, et près de deux décès sur trois surviennent dans les régions de l’Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental.

« La pollution de l’air pèse lourdement sur la santé des populations les plus vulnérables : femmes, enfants et personnes âgées, assure le Dr Flavia Bustreo, sous-directrice générale à l’OMS.

L’OMS appelle à une action urgente. « Il existe des solutions, des systèmes de transports plus viables, la gestion des déchets solides, l’utilisation de poêles et de combustibles propres pour les ménages ainsi que les énergies renouvelables et la réduction des émissions industrielles », rappelle le Dr Maria Neira, directrice du département santé publique à l’OMS.

 

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 16:38

Des députés européens aux chefs cuisiniers français, tous espèrent que la Commission européenne fera barrage à la fusion de Monsanto et Bayer. D'après Vanina Delmas pour Politis le 23 septembre 2016.

Une lettre signée par cinquante-cinq eurodéputés, principalement de gauche (verts, socialistes et gauche radicale), a été envoyée le 22 septembre à la Commission européenne, seule instance à pouvoir encore empêcher le rachat de Monsanto par Bayer, estimé à 59 milliards d’euros. Ils interpellent la commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, sur les risques d’un tel oligopole agrochimique, en commençant par réduire la concurrence dans le marché intérieur, et lui demande de prendre ses responsabilités face à une multinationale qui totaliserait un chiffre d’affaires de 23 milliards de dollars : " Le chiffre d’affaires total réalisé sur le plan mondial par Bayer et Monsanto est bien au-dessus du seuil des cinq milliards d’euros qui permet à la Commission de déclencher une enquête sur l’impact d’une telle acquisition. "

Ils citent un rapport du Centre pour la sécurité alimentaire (CFS) de 2013 : « une telle fusion augmenterait indéniablement les prix des semences » car « Bayer contrôlerait 30% du marché mondial des semences, et 24% du marché des pesticides. »

De son côté, la Confédération Paysanne alerte sur « la mise sous dépendance des paysans qui n'auront plus d'autres choix que d'acheter les produits de ce nouveau monstre. »

La société civile n'est pas restée muette face à cette menace pour l’agriculture, la biodiversité, la santé et la culture culinaire. Une centaine de chefs cuisiniers, pâtissiers et vignerons français, dont Michel et Sébastien Bras, Yannick Alléno ou encore Thierry Marx, ont signé une « Lettre ouverte contre l’invasion de l’agrochimie dans nos assiettes », publiée sur le site d’actualité gastronomique Atabula, dans laquelle ils expriment leurs inquiétudes : « Sans un produit sain et de qualité, sans diversité des cultures, le cuisinier ne peut plus exprimer son talent créatif. Il n’est plus en mesure de faire son métier comme il l’aime et de le transmettre avec passion. Quant au paysan et à l’agriculteur, ils se transforment en simples exécutants d’un grand tout agrochimique qui les dépasse : des ouvriers à la solde d’une entreprise apatride, hors sol. »

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 11:13

Par Patrick Piro le 21 septembre 2016 pour Politis sur http://www.politis.fr/articles/2016/09/transition-energetique-limpasse-industrielle-francaise-35406/

Transports, énergie, sidérurgie… La politique du gouvernement se réduit à des interventions d’urgence pour tenter de sauver l’emploi, incapable de relever les défis de l’après-pétrole.

C’est une pièce de théâtre française rodée. Alstom annonce la fermeture de son usine de Belfort, avec destruction de 450 emplois dans la construction de locomotives pour le fret ferroviaire : émoi en France, un « champion » industriel national est à la peine. Le gouvernement entre en ébullition : « Hors de question que le site ferme », clame Manuel Valls. La direction de l’entreprise est tancée pour la brutalité de l’annonce et, dans une période électorale très délicate, on peut s’attendre à ce que le gouvernement dégaine une aide d’urgence.

Un scénario assez similaire à celui écrit par PSA en avril 2012 (... à lire sur www.politis.fr )

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 16:55

Alors que les économistes "classiques" Pierre Cahuc et André Zylberberg ont publié "Le négationisme économique et comment s'en débarrasser", nouvelle manoeuvre pour décrédibiliser les économistes critiques et à plus forte raison les "économistes atterrés", voilà un rappel historique utile !

Par Bruno Amable, Professeur à l'université de Genève le 26 septembre 2016 pour Libération

C’est au moment de la «révolution conservatrice» aux Etats-Unis, que le système de représentation économique, qui règne aujourd’hui sans partage, a supplanté la macro-économie keynésienne.

Le débat sur la pertinence (défaillante) de la théorie dominante en macroéconomie connaît un nouvel épisode avec la publication récente d’un papier de Paul Romer. Celui qui sera bientôt le chief economist de la Banque Mondiale considère que la macroéconomie a régressé depuis au moins trois décennies, avec la domination quasi-exclusive de la modélisation dite «DSGE» (dynamic stochastic general equilibrium).

Cette dernière s’est développée à partir du modèle de croissance néoclassique, qui repose sur l’hypothèse d’une concurrence parfaite dans tous les marchés ; modèle auquel on a ajouté des «chocs» aléatoires de productivité pour tenter d’obtenir des fluctuations (les cycles dits «réels») proches des variations observables de l’activité. Des éléments supplémentaires ont ensuite enrichi la spécification de base : monnaie, concurrence imparfaite, rigidité des prix, etc.

Mais l’ajout de divers éléments censés apporter du réalisme et de la pertinence ne doit pas dissimuler que les bases de ces modèles sont profondément irréalistes. Les fameux «fondements microéconomiques» supposés établir la supériorité des modèles DSGE sur leurs prédécesseurs inspirés de la théorie keynésienne ne sont que l’extension à l’économie entière du comportement supposé parfaitement rationnel d’un individu isolé. On sait d’une part que cette hypothèse est irréaliste à l’échelle individuelle et que d’autre part, même si elle était vérifiée, une société composée d’individus se comportant ainsi ne se comporterait pas en général comme un individu soi-disant «représentatif».

L’utilisation pratique de ces modèles soulève aussi des problèmes. La prise en compte de variables supposées ajouter du réalisme à la spécification ne rend que plus arbitraire encore leur application empirique en vue d’expliquer les évolutions macroéconomiques (PIB, chômage, etc.) observées ou de prévoir les évolutions à venir. Le nombre de paramètres à estimer par des méthodes statistiques est trop grand au regard de l’information disponible, ce qui conduit à imposer des restrictions soi-disant fondées théoriquement à un nombre croissant de ces paramètres. La complexité des modèles fait que des restrictions aux conséquences importantes peuvent être introduites plus ou moins subrepticement par le modélisateur.

Les partisans de cette modélisation admettent son irréalisme mais la défendent par l’argument classique : tous les modèles sont faux. Ils font ainsi une confusion volontaire entre la fausseté résultant des simplifications indispensables à tout exercice de modélisation et celle qui découle de l’incorporation d’éléments en contradiction flagrante avec la réalité observable. Cette macroéconomie est comme une astronomie postulant l’existence d’astres cubiques utilisée pour discuter savamment de l’influence des sommets et des arêtes de la Lune sur les marées.

Alors que la modélisation est supposée permettre de saisir et analyser une réalité inaccessible autrement, la macroéconomie dominante, elle, empêche de voir, et encore plus de comprendre, ce que même un profane pourrait observer. Ce n’est que dans les périodes de crise, alors que se produit un événement imprévu parce qu’inenvisageable dans le cadre théorique concerné, que les critiques les plus radicales contre la représentation orthodoxe peuvent éventuellement se faire entendre.

Il y a peu d’éléments nouveaux dans le débat critique sur la théorie macroéconomique dominante qui s’ouvre à la suite du papier de Romer. Les objections maintes fois soulevées dans le passé n’ont pas eu de conséquences pratiques.

Il y a certainement des raisons politiques derrière le «succès» (au moins académique) de cette macroéconomie. Ce n’est pas une coïncidence si elle a supplanté la traditionnelle macroéconomie keynésienne au moment où s’imposait la «révolution conservatrice» aux États-Unis.

Mais un des intérêts du papier de Romer est la façon dont il explique comment un groupe d’économistes parvenus à s’imposer dans le champ à la faveur de la crise des années 1970 a progressivement éliminé la concurrence d’autres paradigmes par des méthodes associant la collusion, la loyauté à l’égard des membres de la secte, la déférence envers ses gourous, le rejet des hérétiques… La méthode scientifique d’évaluation par les pairs s’est transformée en une pratique d’autovalidation d’une pensée quasi-religieuse. Romer dit aussi pourquoi il se sent libre de rendre public ses critiques : il ne se soucie plus guère de ses perspectives de publications dans les grandes revues du champ.

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 10:45
Fusion Monsanto-Bayer : « C’est un empoisonneur qui achète un autre empoisonneur »

L’industriel allemand Bayer a annoncé le 14 septembre le rachat de l’américain Monsanto pour la somme astronomique de 59 milliards d’euros. Arnaud Apoteker, coordinateur du « Tribunal Monsanto » et spécialiste des OGM, commente cette fusion de deux géants de l’agrochimie. Par Vanina Delmas le 15 septembre 2016 pour Politis à lire sur www.politis.fr.

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 18:00

Le professeur John DeCicco, chercheur à l’Institut américain de l’Énergie, vient de publier une étude détaillée expliquant pourquoi et comment, aux États-Unis, le recours systématique aux carburants d’origine végétale, essentiellement à partir de maïs, est encore plus néfaste pour le climat que l’essence ou le diesel produits à partir du pétrole. Par Claude-Marie Vadrot pour Politis le 19 septembre 2016 à lire sur www.politis.fr.

Cette étude, consultable sur le site de l'université du Michigan, est d’autant plus importante que...

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 18:26

Un grand rassemblement anti-nucléaire s'organise le 1er et 2 octobre 2016 à Flamanville (Manche). Aller-retour en car possible dans la journée du samedi.

Tous à Flamanville - non à l'EPR !
Tous à Flamanville - non à l'EPR !

Un bus partira de Paris le 1er octobre à 6h15, avec un retour le même jour à 18h30 de Siouville/Flamanville, arrivée 23h30 à Paris.

RDV fixé à l’angle de l’Avenue de Friedland et de la Place du Général de Gaulle ÉTOILE.
Inscriptions prises en compte à l’envoi du règlement, par chèque, à l’ordre de
Sortir du Nucléaire Paris à envoyer à Laurence Esquieu, 9 rue Fénelon, 75010 Paris

Tarifs :

Soutien: 50€
Ordinaire : 40€
Réduit : 25€

Réservations et renseignements : laurence.esquieu@hotmail.fr
ou o6 95 11 24 36, de préférence par texto

Orga : Sortir du nucléaire Paris

Programme du rassemblement :

programme

Le rassemblement aura exactement lieu à Siouville-Hague, avenue des peupliers.

Il y aura des animations, des associations, des stands de buvette et restauration.

Samedi 1ER octobre

  • 11h : accueil

  • 14h : départ de la marche depuis Siouville plage vers la centrale nucléaire de Flamanville

  • 15h : prise de parole au port de Dielette (Flamanville) et reprise de la marche

  • 18h : retour à Siouville plage

  • 20h : concert entrée libre:

  • Les Pieds dans le bocal

  • Les Provisoires

  • Les Ramoneurs de Menhir

Dimanche 2 octobre

  • 9h : conférence "Les risques techniques et sociétaux du nucléaire"

  • 9h : conférence " Les alternatives au nucléaire"

Comment venir ?

  • En car : Plusieurs dizaines départs en car sont déjà prévus. 

  • En covoiturage : une page est ouverte ici

PLUS D'INFOS  http://www.can-ouest.org/  http://sortirdunucleaire.org/Grand-rassemblement-a-Flamanville-les-1er-et-2

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 12:21

Parce que les animaux sont des êtres doués de sensibilité et qu’ils sont souvent traités de façon indigne par l’industrie alimentaire, notre société doit faire le choix de la fin du régime carné

Une tribune collective courageuse que nous soutenons !

À la suite d’enquêtes menées dans plusieurs abattoirs français et diffusées par l’association L214, la question de l’abattage des animaux a suscité un débat d’ordre national. Devant l’implacable réalité des images, les Françaises et Français commencent à prendre conscience des souffrances endurées par les animaux d’élevage. Après la tenue de débats à l’Assemblée nationale et au Sénat portant sur la sensibilité animale, une commission d’enquête parlementaire a même été créée au printemps afin d’étudier les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français.

Nous avons été profondément bouleversés par ces images d’êtres vivants et sensibles luttant pour leur vie dans les abattoirs. Quelles que soient la méthode d’abattage et la taille de l’abattoir, toutes les enquêtes montrent des animaux en détresse et en grande souffrance, conscients du sort qui leur est réservé. Certains tentent de fuir, de se débattre, de résister à une mise à mort programmée. En vain.

Les lapins, vaches, cochons, moutons, poules, poissons et autres animaux sont des êtres sentiments, doués de sensibilité et qui ressentent des émotions telles que la peur ou la joie. En 2012, lors d’une déclaration signée à Cambridge (Royaume-Uni), un groupe d’experts internationaux en neuroscience et cognition animale a affirmé que ses recherches démontraient la réalité de la conscience animale. La viande n’est pas un simple produit de consommation, mais provient d’un animal qui a été mis au monde et élevé, souvent dans d’épouvantables conditions carcérales, dans le seul but d’être vendu et tué. Ainsi, chaque jour en France, 3 millions d’animaux sont mis à mort dans les abattoirs terrestres, sans oublier les dizaines de millions d’animaux marins victimes de la pêche.

UN MASSACRE INSTITUTIONNALISÉ

Au-delà de cette incommensurable souffrance destinée à nous nourrir, les conséquences environnementales de l’élevage sont dramatiques. L’élevage est, en effet, responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre (soit davantage que l’ensemble des transports, aériens compris) et de 50 % des émissions de méthane et de protoxyde d’azote. De plus, nous ne pouvons ignorer plus longtemps que l’élevage est la cause de 70 % de la déforestation mondiale. Ainsi, à l’heure où plus d’un milliard de personnes dans le monde n’ont pas d’accès à l’eau potable, il faut en moyenne 15 000 litres d’eau pour produire un seul kilo de viande de bœuf.

Pour ces raisons, nous décidons de prendre parti et d’être solidaires des animaux. Nous ne pouvons être complices plus longtemps d’un massacre quotidien et institutionnalisé. Les techniques d’abattage en elles-mêmes rendent impossible toute amélioration concrète du sort des animaux d’élevage ; l’industrialisation de la mort est une condition de la survie économique de la filière de l’élevage, soumise aux lois du marché et de la concurrence, et elle se paie au prix de la grande souffrance des animaux. Les solutions proposées par la commission d’enquête parlementaire n’y changeront rien et ne rendront pas moins nécessaires un changement profond de nos modes de consommation et une transition vers un modèle agricole durable et respectueux de la vie des animaux et de notre environnement.

Les connaissances actuelles en nutrition ne laissent planer aucun doute. Une alimentation végétale équilibrée peut, en effet, parfaitement se substituer à une alimentation omnivore, comme l’ont démontré de grands spécialistes de la nutrition. L’Association américaine de diététique, par exemple, confirme que cette alimentation est appropriée à tous les âges de la vie et même souvent bénéfique pour la santé. De plus en plus répandues et faciles d’accès, les solutions végétales alternatives aux produits carnés offrent la possibilité d’une cuisine diversifiée, riche et savoureuse.

Certains d’entre nous ont déjà franchi le pas et refusent depuis plusieurs années de consommer des produits issus de l’exploitation des animaux. Pour d’autres, cette décision est plus récente. D’autres encore ont fait le choix de réduire leur consommation de viande. Mais nous sommes tous portés par une même conviction : notre société doit s’orienter vers un idéal de justice et évoluer vers le véganisme.

Laurence Abeille, députée ; Yann Arthus-Bertrand, photographe, réalisateur, président de Good Planet ; Aurélien Barrau, astrophysicien, professeur, université Grenoble-Alpes ; Christine Berrou, humoriste ; Ingrid Desjours, écrivain ; Allain Bougrain-Dubourg, journaliste, réalisateur, président de la LPO ; Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement de Paris ; Jean-Baptiste Del Amo, écrivain ;  Mylène Demongeot, actrice ; Rokhaya Diallo, journaliste, auteure, réalisatrice ; Dalibor Frioux, écrivain, agrégé de  philosophie ; Martin Gibert, philosophe, auteur de « Voir son steak comme un animal mort » ; GiedRé, auteure, compositrice, interprète, humoriste ; Héloïse Guay de Bellissen,  écrivain ; Nili Hadida, chanteuse du groupe Lilly Wood and the Prick ; Stéphanie Hochet, romancière et journaliste ; Renan Larue,  professeur de littérature française, université de Californie (Etats-Unis) ; Lolita Lempicka,  styliste de mode ; Vincent Message, écrivain, maître de conférences en littérature, université Paris-VIII ; Guillaume Meurice, humoriste ; Amélie Nothomb, écrivain ; Ovidie, réalisatrice, documentariste ; Martin Page, écrivain ; Guillaume Pot, journaliste ; Matthieu Ricard, biologiste, fondateur de Karuna-Shechen ; Philippe Reigné, professeur de droit privé, Conservatoire national des arts et métiers ; Sanseverino, chanteur ; Henry-Jean Servat, journaliste, écrivain.

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 10:47
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Une société minière entend exploiter le sous-sol breton. Une résistance citoyenne s’est formée contre ce projet archaïque. Par Vanina Delmas pour Politis du 15 septembre 2016  à lire sur www.politis.fr.

Permis exclusifs de recherche minière en Bretagne 143 000 HECTARES 111 COMMUNES

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