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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 16:58

Les cargos et porte-conteneurs utilisent un carburant chargé en soufre, l’un des plus sales au monde par Eric Albert, correspondant à Londres pour Le Monde le 28 octobre 2016.

Un bateau brisé par une tempête répand son carburant dans le port de Kavkaz (Russie), en novembre 2007. Oleg KLIMOV/PANOS-REA / Oleg KLIMOV/PANOS-REA

Un bateau brisé par une tempête répand son carburant dans le port de Kavkaz (Russie), en novembre 2007. Oleg KLIMOV/PANOS-REA / Oleg KLIMOV/PANOS-REA

Certains l’ont surnommé « le sang impur de la mondialisation ». Les énormes cargos porte-conteneurs qui sillonnent les océans fonctionnent avec ce carburant, l’un des plus sales au monde, un résidu visqueux du pétrole, lourd et difficile à brûler. Ce pétrole « bunker » est ce qui reste après avoir raffiné les autres produits pétroliers – essence, naphta ou encore diesel – qui sont plus légers. Dans ce magma noir se trouvent des résidus de métal, de la cendre, et surtout beaucoup de soufre. « C’est vraiment un truc dégoûtant », résume John Maggs, de Seas at Risk, une coalition d’associations environnementales. Mais c’est aussi le produit le moins cher de tous, qui permet d’assurer le commerce mondial à moindre coût.

Jeudi 27 octobre, l’industrie maritime a décidé de s’attaquer à la pollution de ce carburant. Réunie à Londres, l’Organisation maritime internationale (OMI), une entité des Nations unies, a adopté une résolution pour réduire sa teneur maximale en soufre de 3,5 % à 0,5 % à partir de 2020. La tentative du lobby pétrolier de repousser la date d’application à 2025 a finalement été rejetée. « Pour l’industrie maritime, c’est la première fois que sont adoptées des normes sur la pollution atmosphérique qui vont avoir un vrai effet », se félicite Bill Hemmings, de l’association Transport & Environment.

Selon une étude de James Corbett, professeur à l’université du Delaware, cette limitation va réduire la mortalité précoce due aux maladies cardiovasculaires et aux cancers du poumon de 40 000 personnes par an à travers le monde. « Avec une date d’application dès 2020, ce sont cinq ans de gagné, soit 200 000 morts précoces évitées », explique-t-il.

Le pétrole bunker a longtemps été très utilisé, notamment pour faire tourner certaines centrales électriques. Mais en Europe, les pluies acides, chargées de soufre, ont poussé les pays à réagir dans les années 1980. Les Etats-Unis ont fait de même, prenant conscience que les émissions de particules fines de ce carburant étaient très dangereuses pour la santé.

Progressivement, l’industrie maritime est devenue la dernière à utiliser ce fuel à grande échelle. Le produit est tellement visqueux qu’il faut dans un premier temps le chauffer avant de le brûler dans les énormes moteurs des cargos. Pour les populations, le danger est réel : les navires ne se contentent pas d’émettre leur pollution au milieu des océans. La grande majorité du trafic passe près des côtes, et les particules fines peuvent être transportées à des centaines de kilomètres par les vents.

Montrée du doigt, l’industrie a commencé à réagir. En 1997, un standard à 4,5 % de soufre au maximum a été adopté, abaissé à 3,5 % en 2012. Mais ce taux reste 3 500 fois supérieur aux normes actuelles pour les voitures diesel. Ce qui signifie qu’un gros porte-conteneurs peut polluer autant que… 50 millions d’automobiles.

L’Europe a été la première à aller plus loin. Dans la mer Baltique, la mer du Nord et la Manche, où le trafic maritime est dense et proche de côtes très peuplées, la norme a été abaissée à 0,1 %. L’Amérique du Nord et quelques régions de Chine ont fait de même.

Restait à imposer un standard à l’ensemble de la planète. Dès 2008, l’OMI s’est entendu sur le plafond de 0,5 %. Mais la date d’application demeurait incertaine. Sous l’impulsion de l’industrie pétrolière, qui possède plusieurs sièges d’observateurs à l’OMI, une offensive a été lancée pour la repousser à 2025. L’argument-clé : il n’y aura pas assez de carburant répondant aux nouvelles normes pour fournir les quelque 50 000 navires commerciaux de la planète.

L’objection n’est pas absurde. « Pour produire assez de carburant de ce type, les raffineries vont avoir besoin de beaucoup investir », reconnaît l’ambassadeur de l’un des pays occidentaux de l’OMI. Elles doivent mettre à jour leurs équipements, nécessitant de lourdes dépenses.

Pour trancher, l’OMI a commandé une étude sur la disponibilité de ce carburant. Ses conclusions sont claires : dans toutes les circonstances, il devrait y en avoir suffisamment d’ici à 2020. Jeudi, plusieurs grands pays émergents ont tenté une dernière contre-attaque. La Russie, le Brésil, la Thaïlande ou encore l’Inde ont plaidé pour cinq années supplémentaires. Ils ont abandonné, leur position étant trop minoritaire.

L’adoption de nouvelles normes concernant le soufre n’est qu’un petit pas de l’industrie maritime dans la lutte contre la pollution. Sur le plan climatique, ses émissions de CO2 ne représentent aujourd’hui que 2 % des émissions mondiales, mais elles risquent de fortement augmenter avec le développement du commerce mondial. Le secteur n’est assujetti à aucune taxe carbone. Certains pays, Europe en tête, appellent à s’atteler à cette question. Mais l’OMI n’a proposé que l’engagement de présenter une feuille de route détaillée en 2018.

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 11:32

Grâce aux éoliennes et aux panneaux solaires, la capacité de production des énergies renouvelables à dépassé celle du charbon, annonce l'Agence internationale de l'énergie (AIE).
par L'Express selon AFP sur http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/pour-la-premiere-fois-les-energies-renouvelables-detronent-le-charbon_1844759.html
le 27 octobre 2016.

C'est la fin d'une domination sans partage. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE) https://www.iea.org/newsroom/news/2016/october/iea-raises-its-five-year-renewable-growth-forecast-as-2015-marks-record-year.html, la capacité de production des énergies renouvelables  a, pour la première fois dans l'histoire, dépassé celle du charbon, comme le rapporte Le Monde <http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2016/10/26/le-soleil-plus-fort-que-le-charbon_5020565_3234.html> ce mercredi. En 2015, 500 000 panneaux solaires ont ainsi été installés chaque jour dans le monde.

Le phénomène a été rendu possible grâce aux économies émergentes, dans lesquelles les énergies renouvelables ont connu une formidable croissance. En Chine , qui réunit à elle seule 40% des nouvelles installations, le rythme d'installation des éoliennes a atteint les deux turbines... par heure. A tel point que l'AIE a revu à la hausse ses prévisions de développement à cinq ans des énergies vertes utilisées pour la production d'électricité. Quelque 825 gigawatts de nouvelles capacités électriques renouvelables devraient ainsi être installées d'ici 2021, soit une progression de 42% par rapport à 2015, une prévision relevée de 13% depuis les précédentes estimations.

Baisse du coût de l'éolien et du solaire

Pour expliquer cette accélération inattendue du renouvelable dans le monde, l'AIE met en avant la baisse des coûts de l'éolien et du solaire. Cette diminution était déjà forte ces dernières années et devrait encore s'intensifier, rendant ces énergies toujours plus compétitives. Dans cinq ans, les coûts du solaire devraient encore baisser de 25%, et de 15% pour l'éolien terrestr , prédit l'agence.

Le phénomène est lié à trois facteurs, analyse l'AIE dans son rapport annuel de moyen terme sur les énergies renouvelables: "une concurrence exacerbée, des politiques de soutien plus importantes sur les marchés clefs et des innovations technologiques". En Asie, le phénomène se double d'une préoccupation croissante des autorités locales sur le problème de la pollution de l'air . Les pays asiatiques aspirent également à diversifier leur sources pour améliorer leur sécurité énergétique, explique l'AIE.

De fait, "l'Asie prend définitivement la tête" du développement des énergies vertes. "La concurrence entre les renouvelables et le gaz et surtout le charbon en Asie est le facteur déterminant qui fera que la lutte contre le changement climatique sera gagnée ou perdue", prévient d'ailleurs Paolo Frankl, directeur du secteur à l'AIE.

Production en deçà du charbon

Toutefois, "les énergies renouvelables n'y représentent qu'une part limitée de la croissance de la production d'énergie", toujours dominée par les énergies fossiles, relève-t-il. Et c'est bien là le problème. Si la capacité de production progresse, la production effective reste toujours aux mains du charbon, qui atteint les 40% à l'échelle mondiale. En face, les énergies renouvelables comptent pour 23%. D'ici 2021, cette part devrait grimper à 28% de la production d'électricité mondiale, se félicite toutefois l'AIE.

La faculté d'atteindre ces nouveaux objectifs restera toutefois liée aux politiques mises en place dans chaque pays. L'AIE relève notamment des incertitudes politiques dans "trop de pays", une impréparation des réseaux électriques pour intégrer les énergies renouvelables, par exemple en Chine et en Afrique du Sud, ou encore des conditions de financement pénalisantes dans les pays émergents.

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 14:17

La programmation pluriannuelle de l’énergie, qui doit être publiée vendredi 28 octobre, prévoit une forte hausse des renouvelables d’ici à 2023

par Pierre Le Hir le 27 octobre 2016 pour Le Monde.

Avec dix mois de retard, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) de la France devait enfin être publiée vendredi 28 octobre. Le décret, signé depuis une semaine par la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, et paraphé par ses collègues de l’économie, de l’agriculture et du logement, n’attendait plus que le sceau du premier ministre, Manuel Valls, pour paraître au Journal officiel.

« C’est un travail considérable que j’ai tenu à finaliser avant la COP22 [la conférence sur le climat qui se tiendra du 7 au 18 novembre, au Maroc, à Marrakech], comme promis », se félicite Mme Royal. En réalité, le document était initialement attendu fin 2015. Plusieurs fois reporté, il a finalement été présenté début juillet, puis soumis à une multiplicité d’organismes (Conseil national de la transition écologique, Comité d’experts pour la transition énergétique, Conseil supérieur de l’énergie, Autorité environnementale), ainsi qu’à une consultation publique en ligne.

Ce très long processus d’élaboration a abouti à un cadrage énergétique qui annonce une embellie pour les filières renouvelables, mais n’en déçoit pas moins fortement les associations environnementales, de même que des parlementaires, de la majorité comme de l’opposition. Car il passe quasiment sous silence la question cruciale de l’évolution du parc nucléaire.

Prévue par la loi de transition énergétique promulguée en août 2015, la PPE constitue la feuille de route qui permettra à la France de se mettre en phase avec les grands objectifs de cette loi : quatre fois moins d’émissions de gaz à effet de serre en 2050 (par rapport à 1990), deux fois moins d’énergie consommée au milieu du siècle, moins 30 % de fossiles en 2030 dans le mix énergétique, 32 % de renouvelables à la même échéance. Le tout assorti d’une baisse à 50 % [contre 77 % en 2014] de la part de l’électricité d’origine nucléaire « à l’horizon 2025 ». Cette planification porte pour l’instant sur deux périodes successives, 2016-2018 et 2019-2023.

Electricité et chaleur vertes

Si elle est suivie, la trajectoire fixée pour les énergies vertes donnera à celles-ci un essor sans précédent. Il est prévu d’atteindre une capacité totale installée de 52 gigawatts (GW) en 2018, contre 41 GW en 2014, pour grimper entre 71 et 78 GW en 2023. Soit, par rapport à la situation présente, un bond spectaculaire, de 73 % dans l’hypothèse basse et 90 % dans l’hypothèse haute.

Une embellie pour l’éolien terrestre et le photovoltaïque - Ministère de l'environnement.

Une embellie pour l’éolien terrestre et le photovoltaïque - Ministère de l'environnement.

Certes, cette progression s’effectuera en partant d’un niveau très bas, les renouvelables ne constituant que 14,3 % du mix énergétique hexagonal en 2014. Il n’en s’agit pas moins d’un cap ambitieux pour ces filières, notamment pour le solaire photovoltaïque, dont la capacité doit presque quadrupler (de 5,3 GW à 20,2 GW dans l’hypothèse haute) et l’éolien terrestre, dont le potentiel doit presque tripler (de 9,3 GW à 26 GW).

En revanche, pour l’éolien en mer, il n’est visé que 3 GW en 2023, ce qui correspond aux parcs déjà programmés au large des côtes normandes, bretonnes et vendéennes. Quant aux nouvelles énergies marines (éolien flottant, hydroliennes), moins matures, elles ne pèseront que pour 0,1 GW à cette échéance. Des possibilités de développement sont toutefois prévues dans ces deux filières, en fonction du retour d’expérience de fermes pilotes et de la compétitivité de ces technologies.

Parallèlement au secteur électrique, la PPE va aussi donner un coup d’accélérateur à la production de chaleur d’origine renouvelable. Entre la biomasse, les pompes à chaleur, le solaire thermique, le biogaz et à la géothermie, cette production devrait croître de 50 %, pour atteindre 19 mégatonnes équivalent pétrole (Mtep) en 2023.

La biomasse au coeur de la chaleur renouvelable - Ministère de l'environnement

La biomasse au coeur de la chaleur renouvelable - Ministère de l'environnement

« Socle » nucléaire

Prolixe sur les renouvelables, la PPE est en revanche très laconique sur le volet nucléaire. Elle reprend bien l’objectif de réduction à 50 % de la part de l’atome dans le bouquet électrique à l’horizon 2025. De même que le plafonnement de la capacité nucléaire française à son niveau actuel de 63,2 GW, comme en a décidé la loi de transition énergétique. La fermeture des deux réacteurs de la centrale alsacienne de Fessenheim, par décret abrogeant l’autorisation de leur exploitation, est elle aussi entérinée, en prévision de l’entrée en service, fin 2018, de l’EPR de Flamanville (Manche).

Mais, au-delà de ces deux unités, combien de réacteurs seront-ils mis à l’arrêt – et quand – pour organiser la décrue du nucléaire ? Le document n’en dit mot. Il avance seulement une fourchette de réduction de la production annuelle d’électricité nucléaire allant de 10 à 65 térawattheures (TWh), en 2023. Ce qui, rapporté à une production de 417 TWh en 2015, équivaut à la déconnexion de deux réacteurs, dans l’hypothèse basse, et d’une dizaine, dans l’hypothèse haute.

« Cette fourchette pourra être révisée, en fonction de l’augmentation de la production renouvelable et des efforts d’efficacité énergétique », souligne Mme Royal. La ministre, qui refuse toute « posture idéologique » sur l’atome, dit ne pas vouloir « opposer les énergies » entre elles. « Le nucléaire restera le socle de notre mix électrique, précise-t-elle, mais il sera progressivement réduit dans le respect des prescriptions de l’Autorité de sûreté nucléaire et des enjeux de sécurité d’approvisionnement. »

Les décisions sur le dimensionnement du parc nucléaire, sur les réacteurs appelés à fermer et ceux maintenus en activité, sont donc remises à plus tard. Elles seront prises « au cours de la deuxième période de la PPE ». C’est-à-dire après 2019… sous un autre gouvernement. Cela, même si EDF devra, dans « un délai maximal de six mois » à compter de la publication de la PPE, établir « un plan stratégique compatible avec les orientations de [cette] programmation », en respectant l’objectif de 50 % de nucléaire.

« Sujet tabou »

Pour les ONG, le compte n’y est pas : « Si la PPE donne des orientations ambitieuses concernant le développement des énergies renouvelables, elle reste muette sur le nucléaire, sujet tabou, déplore Anne Bringault, du Réseau action climat et du Réseau pour la transition énergétique. En ne faisant pas, dans les faits, la place aux renouvelables et à l’efficacité énergétique, le gouvernement met en péril la tenue des objectifs de transition énergétique et la création de milliers d’emplois locaux associés. »

Les associations ne sont pas seules à rester sur leur faim. La mission parlementaire sur l’application de la loi de transition énergétique, dans un rapport présenté mercredi 26 octobre par Jean-Paul Chanteguet, député (PS) de l’Indre et président de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale, regrette « que la PPE ne joue pas son rôle programmatique, en n’anticipant aucune piste ».

Membre lui aussi de la commission du développement durable, Bertrand Pancher, député (UDI) de la Meuse, est encore plus sévère. Il dénonce « une absence totale de trajectoire claire pour le nucléaire » et, plus largement, une « incapacité à enclencher une véritable transition énergétique ».

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 08:44

L'humanité consomme chaque année l'équivalent de 1,6 Terre pour satisfaire ses besoins par Audrey Garric pour Le Monde le 27 octobre 2016.

Un biologiste capture des grenouilles de l’espèce arlequin pour les étudier, en 2011, à Panama. REUTERS

Un biologiste capture des grenouilles de l’espèce arlequin pour les étudier, en 2011, à Panama. REUTERS

Partout, les écosystèmes sont menacés, et rien ne semble pouvoir enrayer la tendance. Alors que les pressions humaines sur l'environnement ne cessent de s'aggraver, plus de la moitié du -vivant, parmi les vertébrés, a disparu ces quarante dernières -années. C'est sur ce nouveau constat alarmant que s'ouvre la -onzième édition du rapport " Planète vivante ",un vaste bilan de santé de la Terre et de sa biodiversité, publié jeudi 27 octobre par le Fonds mondial pour la nature (WWF).

L'étude, réalisée tous les deux ans en partenariat avec la société savante Zoological Society of London et l'ONG Global Footprint Network, se fonde sur deux indicateurs principaux, tous deux au rouge. Le premier, l'indice Planète vivante, mesure l'abondance de la biodiversité à partir du suivi de 14 152 populations (groupes d'animaux sur un territoire) appartenant à 3 706 espèces vertébrées de mammifères, d'oiseaux, de reptiles, d'amphibiens et de poissons répartis aux quatre coins du globe. Les invertébrés, eux, n'ont pas été étudiés. S'il ne consiste pas en un recensement exhaustif de la vie sauvage, il indique en revanche l'évolution de ses effectifs au fil du temps.

Clairement, la tendance est à la régression. Les populations de vertébrés ont ainsi chuté de 58 % entre 1970 et 2012 (dernières données de terrain disponibles), contre ? 52 % dans le précédent rapport. Dans le détail, les milieux d'eau douce sont les plus affectés, avec un effondrement de 81 % sur la période, devant les espèces terrestres (? 38 %) et celles marines (? 36 %). Si rien ne change, ces populations pourraient avoir diminué en moyenne des deux tiers (67 %) d'ici à 2020, en l'espace d'un demi-siècle seulement. " Ces chiffres matérialisent la sixième extinction des espèces : une disparition de la vie sur la planète dont nous sommes en partie responsables ", dénonce Pascal Canfin, le directeur général du WWF France.

Les causes de ces reculs sont connues : ils sont imputables, en premier lieu, à la perte et à la dégradation de l'habitat, sous l'effet de l'agriculture, de l'exploitation forestière, de l'urbanisation ou de l'extraction minière. Viennent ensuite la surexploitation des espèces (chasse, pêche, braconnage), la pollution, les espèces invasives et les maladies et enfin, de manière plus marginale pour l'instant, le changement climatique.

L'impact de notre système alimentaire est majeur. " A elle seule, l'agriculture occupe environ un tiers de la surface terrestre totale, est la cause de 80 % de la déforestation mondiale et pèse pour près de 70 % de la consommation d'eau, rappelle Arnaud Gauffier, responsable du programme agriculture du WWF France. Enfin, 30 % de l'empreinte carbone en France est liée à l'alimentation. "

Deux planètes en 2050 ?

Le second indicateur sur lequel se base le rapport " Planète vivante " est l'empreinte écologique, qui mesure la pression qu'exerce l'homme sur la nature. Elle calcule ainsi les surfaces terrestres et maritimes nécessaires pour produire chaque année les biens et services que nous consommons (nourriture, combustible, espaces bâtis, etc.) et pour absorber les déchets que nous générons (en particulier nos émissions de CO2), puis les compare à la biocapacité de la Terre, c'est-à-dire la surface disponible. Ces superficies se mesurent en hectares globaux (hag).

En 2012, l'empreinte écologique de l'humanité atteignait 20,1 milliards d'hectares globaux, soit 2,8 hag par personne. Elle excédait ainsi largement (de 61 %) la biocapacité totale de la Terre, qui s'élevait à 12,2 milliards de hag (1,7 hag par personne). Au final, cette année-là, l'humanité a utilisé l'équivalent de 1,6 planète pour vivre et a donc entamé son " capital naturel ".

La majeure partie (60 %) de cette surconsommation est imputable aux émissions de CO2, essentiellement dues à la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel). Ce " dépassement écologique ", qui intervient depuis le début des années 1970, est possible car nous coupons des arbres à un rythme supérieur à celui de leur croissance, nous prélevons plus de poissons dans les océans qu'il n'en naît chaque année, et nous rejetons davantage de carbone dans l'atmosphère que les forêts et les océans ne peuvent en absorber. Or, le " jour du dépassement ", la date à laquelle l'humanité a consommé toutes les ressources que la Terre peut produire en un an, est chaque année plus précoce : il a eu lieu le 8 août cette année contre le 14 octobre en 1992 et le 1er novembre en 1986. A ce rythme, en 2050, avec une population mondiale qui frôlera les 10 milliards d'humains, nous aurons besoin de 2 planètes.

" Le franchissement du seuil de biocapacité de la Terre n'a qu'une durée limitée, prévient Pascal Canfin. C'est comme un compte en banque : si tous les ans on puise dans son épargne de plus en plus tôt, sans la reconstituer, un jour elle aura disparu. " Les retombées de cette vie à crédit sont d'ores et déjà palpables, comme en témoignent l'effondrement des pêches, les pertes d'habitats et d'espèces ou encore l'accumulation du carbone dans l'atmosphère à des niveaux inédits.

" Inventer un nouveau modèle "

De manière globale, les pays qui exercent la plus grande pression sur les écosystèmes sont ceux qui émettent le plus de CO2 : la Chine, les États-Unis, l'Inde, la Russie et le Japon. A eux cinq, ils pèsent la moitié de l'empreinte écologique mondiale.

Mais, ramené par habitant, cet indice donne un classement différent. Cette fois, ce sont les pays aux revenus les plus élevés qui sont les plus fautifs. Ainsi, l'empreinte record par tête est détenue par le Luxembourg (15,8 hag par habitant, soit 9 fois ce que la Terre peut produire), suivi de l'Australie (9,3 hag), des États-Unis et du Canada (8,2 hag) et de Singapour (8 hag) – sans compter les pays du Golfe, classés parmi les plus polluants en 2014, mais pour lesquels aucune donnée n'est disponible dans le rapport 2016. La France se classe à la 28e position, avec 5,1 hag. Le Pakistan, le Bangladesh, Haïti, le Timor oriental et l'Erythrée possèdent quant à eux l'empreinte la plus faible, avec environ 0,6 hag par habitant.

Une lueur d'espoir, toutefois : l'empreinte écologique par habitant des pays à haut revenu (ceux de l'Organisation de coopération et de développement économiques) a légèrement diminué entre 1985 et 2012. Un déclin qui peut être attribué à des gains de productivité et aux nouvelles technologies, mais aussi aux effets de la crise économique.

" Il ne s'agit pas de vivre comme il y a cinquante ans, mais d'inventer un nouveau modèle ", assure Pascal Canfin. Pour cela, le rapport appelle à préserver le capital naturel, à réorienter les flux financiers pour notamment valoriser la nature, à instaurer une gouvernance équitable des ressources et à produire mieux et à consommer plus raisonnablement. " Si tout le monde réduisait d'une demi-portion par jour sa consommation de protéines animales, tout en augmentant sa consommation de légumineuses et de céréales, nous pourrions baisser de 25  % les émissions de gaz à effet de serre liées à l'alimentation, assure Arnaud Gauffier. C'est à la portée de tous. "

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 17:59

Par Stéphane Foucart pour Le Monde le 24 octobre 2016.

C'est une discussion rarement sereine. En matière de vaccins et de politique vaccinale, l'expression de la moindre réserve ou de la moindre nuance est fréquemment saluée par l'injure ou l'anathème, enfermant celui qui la suggère dans – au choix – le camp des obscurantistes ou celui des suppôts de l'industrie pharmaceutique. Parler des vaccins, c'est forcément avancer sur un chemin étroit où le moindre faux pas, d'un côté comme de l'autre, peut valoir une durable disqualification.

Chef de service au centre expert en pathologie musculaire de l'hôpital Henri-Mondor, à Créteil, Romain Gherardi arpente cette ligne de crête depuis deux décennies. Il livre dans Toxic Story le récit, mené tambour battant, de ses recherches sur les adjuvants vaccinaux. Recherches qui s'apparentent à une aventure aux multiples rebondissements et qui sont aussi devenues pour l'auteur – à mesure que les obstacles se sont dressés devant lui – l'enjeu d'un combat personnel.

Portée par une grande qualité d'écriture, un sens aigu de la narration et un talent indéniable pour la vulgarisation scientifique, l'histoire se lit comme un thriller. Elle commence au milieu des années 1990, avec la découverte d'une lésion musculaire discrète, retrouvée dans les biopsies de patients se plaignant de douleurs articulaires ou musculaires parfois vagues, parfois très invalidantes, d'un épuisement chronique que le sommeil ne répare pas, le tout souvent associé à des troubles cognitifs – confusion, altération de la mémoire immédiate, etc. La découverte de cette lésion – qui apparaît sous l'œil du microscope comme " de grandes nappes de cellules bleues tassées les unes contre les autres, dans l'enveloppe du muscle " – suscite d'abord, dans la communauté des spécialistes, un intérêt fébrile.

Au point que l'acte de naissance de cette nouvelle entité pathologique, que Romain Gherardi et ses coauteurs baptiseront " myofasciite à macrophages ", paraît sous forme d'un article publié en 1998 dans The Lancet, l'une des plus prestigieuses revues médicales. Il n'y a alors encore aucun lien avec les vaccins. Donc aucun problème.

Adjuvants aluminiques

Mais fin 1998, les choses se gâtent. Des analyses demandées au centre d'études nucléaires de Bordeaux-Gradignan indiquent, de manière inattendue, que " les énormes cellules bleues "que l'on distingue au microscope contiennent… de l'aluminium. Dont il ne fait plus de doute qu'il provient des adjuvants utilisés dans certaines préparations vaccinales.

Romain Gherardi n'appartient à aucune " ligue antivaccinale ". Il ne cherche pas à remettre en cause les bénéfices, réels et considérables, de la vaccination : il suggère simplement l'existence possible d'une nouvelle voie de toxicité, et qui serait empruntée par les adjuvants aluminiques. Il ne prétend pas non plus que toute la population serait empoisonnée par l'aluminium ; il soupçonne seulement qu'une petite fraction des individus puisse ne pas le tolérer, présentant ainsi une réaction immunitaire et inflammatoire chronique.

Mais le vaccin, médicament-totem de la médecine moderne, ne peut se discuter. Romain Gherardi raconte les regards qui se détournent, l'isolement, les objections des agences sanitaires, la violence surréaliste de certains colloques où lui et ses contradicteurs sont parfois à deux doigts d'en venir aux mains. Il raconte aussi le tarissement des financements et la difficulté à poursuivre ses travaux, à la recherche de preuves toujours plus solides à présenter aux autorités sanitaires. Quant à celles-ci, loin de pousser les investigations pour lever les doutes, elles ne semblent pas vouloir outre mesure que cette voie de recherche, aux résultats potentiellement incommodants, soit par trop explorée.

Tout au long de son récit, le professeur Gherardi met crûment en cause la culture qui prévaut dans nombre d'agences de sécurité sanitaire qui envisagent l'évaluation du risque comme une coproduction avec les industriels. Il en ressort, dit-il en substance, que le doute bénéficie plus fréquemment aux sociétés pharmaceutiques qu'à la santé publique.

Et du doute, il en reste à foison. La recherche de Romain Gherardi est certes allée loin, jusqu'à caractériser des variantes génétiques associés à la susceptibilité à l'aluminium vaccinal. Mais elle reste un travail en cours. Comment d'aussi faibles doses d'aluminium particulaire injectées dans le muscle peuvent-elles, chez certains individus, conduire au tableau clinique décrit ? Comment être sûr du lien entre les microscopiques accumulations de cristaux d'aluminium dans les fibres musculaires de certaines personnes et les troubles dont elles se plaignent ?

Témoignage personnel bien plus que traité scientifique, le livre de Romain Gherardi ne donne pas toutes les réponses. Précisément : pour que celles-ci puissent être apportées, il plaide pour une action urgente des pouvoirs publics en faveur de l'indépendance de la recherche et de l'expertise. Sans transparence du travail scientifique conduit sur les produits de santé en général et des vaccins en particulier, dit-il, la confiance de l'opinion s'érodera toujours plus. L'ouvrage montre aussi la difficulté des communautés savantes à remettre en cause des idées qui prévalent de longue date.

Cette difficulté à débattre de la vaccination sera au cœur d'un colloque organisé par l'Institut des sciences de la communication du CNRS et l'Association des journalistes scientifiques de la presse d'information et qui devait se tenir mardi 25 octobre au Palais du Luxembourg.

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 10:06

Un communiqué de la Ligue des Droits de l’Homme du 24 octobre 2016.

L'État a engagé à nouveau le démantèlement de la « jungle » de Calais.

La Ligue des droits de l'Homme ne peut que s'interroger sur la préparation, les modalités et la finalité de cette opération qui intervient, à Calais et ailleurs, après une période de répression souvent brutale à l'encontre des migrants et parfois des militants et bénévoles qui leur viennent en aide.

En amont, peu d'efforts ont été faits pour établir un diagnostic fiable de la situation des personnes et trouver des solutions adaptées. Ainsi les mineurs n'ont pas été mis sous protection et ceux d'entre eux qui souhaitent rejoindre un membre de leur famille en Angleterre ne le pourront toujours pas et reviendront si on les éloigne de Calais. La France n'a ni tenté de renégocier la gestion de sa frontière avec le Royaume-Uni, ni envisagé de ne plus appliquer le règlement Dublin III qui fait peser une menace d'expulsion sur les migrants qui sont entrés dans l'Union européenne par des pays bien peu généreux en ce qui concerne les demandes d'asile.

Les migrants qui sont en voie d’évacuation, de leur plein gré pour les uns, par la force pour d'autres, sont emmenés vers des centres d’accueil et d'orientation (CAO) répartis sur l'ensemble du territoire. Il faut saluer à cet égard tous les maires, les élus locaux et les citoyens qui se sont engagés pour que cet accueil puisse se réaliser, malgré les campagnes xénophobes et les réactions hostiles fomentées ici et là.

Pour autant ces CAO sont avant tout des « lieux de répit », mis en place pour de courtes durées, qui risquent de ne pas avoir les moyens d'assurer les fonctions qu'on leur a définies : fournir un accompagnement social et faire un tri, souvent discutable, entre ceux qui pourraient avoir le droit de solliciter une protection au titre de l'asile et les autres. Encore faudrait-il que dans ce qui s'apparente à des « hotspots », l'État assure l'information, la traduction, l'intervention de juristes, c'est-à-dire les conditions permettant de respecter les droits des personnes, aussi bien que le suivi social, médical et psychologique souvent indispensable pour ces personnes qui ont fui, au péril de leur vie, des situations dramatiques et traumatisantes.

Ce dispositif apparaît aujourd’hui comme un pis-aller, alors que l'État se révèle incapable d'assurer le fonctionnement normal des procédures qui existent pourtant pour les demandeurs d'asile : pourquoi faut-il plusieurs mois pour avoir un rendez-vous dans les plateformes d’accueil ? Pourquoi le nombre de places dans les centres d'accueil des demandeurs d'asile (Cada) est-il ridiculement insuffisant ? Et ne convient-il pas de prendre en compte les raisons multiples et également légitimes qui poussent les migrants à partir, en assurant à tous des possibilités de s'insérer dans la société française ?

Souvent, au cours de l'histoire, des Français ont dû s'exiler. Ils ont trouvé sur des terres souvent lointaines bienveillance et solidarité. Aujourd'hui, c'est en tenant compte de ses propres principes que la République française doit accueillir ceux qui frappent à sa porte, dans le respect de la dignité des personnes et de leurs droits fondamentaux.

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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 13:56

Les pratiques de la multinationale ont été exposées en deux jours de témoignages lors d’un édifiant tribunal populaire à La Haye. Par Patrick Piro pour Politis le 19 octobre 2016 à lire sur www.politis.fr .

Son avocat l’avait mis en garde avant qu’il ne décide de partir au combat : « Ça sera long, coûteux et violent. » Il aura fallu neuf ans de procédure et 40 000 euros de frais pour que Paul François entende confirmer en appel, le 10 septembre 2015, la responsabilité de Monsanto dans son accident, une grave intoxication due à l’inhalation accidentelle de vapeurs de Lasso, un des herbicides de la multinationale. Cette condamnation est une première en France, mais l’agriculteur reste amer. « Pour la violence, ça a dépassé tout ce à quoi je m’étais préparé. J’ai failli jeter l’éponge. Et j’ai hésité à venir. Mais il fallait montrer que le comportement de la multinationale n’est pas réservé aux pays du Sud, et qu’un individu peut la faire condamner. » (...)

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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 10:15

À l'ouverture de la pré-COP22 de Marrakech, l'OCDE note une hausse des flux financiers du Nord vers le Sud par Simon Roger pour Le Monde du 19 octobre 2016.

À suivre le rythme soutenu de ratification de l'accord de Paris sur le climat – par 81 pays représentant 60  % des émissions mondiales de gaz à effet de serre –, on en conclurait presque que la mobilisation de la communauté internationale, saluée fin 2015, avance sans encombre.

Ce serait omettre un autre dossier clé de la réussite de l'après-COP21, celui du financement des 100  milliards de dollars par an (91  milliards d'euros) promis, d'ici à 2020, par les pays du Nord à ceux du Sud confrontés aux effets du réchauffement. Une vieille promesse qui date de la conférence de Copenhague, en  2009, mais qui est toujours vivace dans les pays en développement et qui en fait un test de confiance face à la parole donnée par les pays industrialisés.

Ces derniers l'ont bien compris, commandant aux experts de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) une " projection des finances climat vers l'objectif 2020 des 100  milliards de dollars ", rendue publique lundi 17  octobre.

La date est opportune. Mardi débute à Marrakech, au Maroc, où se tiendra la prochaine conférence climat en novembre, une session ministérielle de deux jours pour faire le point sur l'avancée des sujets. La ministre française de l'environnement, Ségolène Royal, qui supervise la présidence tricolore de la COP, s'est donc envolée pour cette " pré-COP " avec dans ses bagages la note technique de 44 pages de l'OCDE qui doit être au cœur des discussions des 18  et 19 octobre.

Que dit le document ? Les trente-huit pays signataires du rapport, commandé par les coprésidences française et marocaine et piloté par l'Australie et le Royaume-Uni, tentent d'envoyer un signal positif : " Nous pensons que nous remplirons l'objectif des 100  milliards de dollars à travers une variété de sources et réaffirmons notre engagement à le faire. "

Un message politique assorti de deux chiffres forts. Grâce aux engagements annoncés par divers États en  2015, les financements publics pourraient représenter à eux seuls 67  milliards de dollars en  2020, alors qu'une précédente analyse de l'OCDE, en octobre  2015, estimait ces flux à 42  milliards, en moyenne, sur les années 2013 et 2014.

Autre indication intéressante, l'OCDE évalue les conséquences des financements publics sur la mobilisation de fonds privés (on parle d'effet de levier). L'addition du public et du privé pourrait atteindre 77  milliards de dollars en  2020 selon l'hypothèse la plus basse… ou 133  milliards selon le scénario le plus optimiste ! La fourchette risque de dérouter plus d'un pays en développement face à l'objectif des 100  milliards. " Plus de 90  milliards de dollars de finance climat, publique et privée, devraient être mobilisés au total en  2020 ", avance prudemment Ségolène Royal.

Prise de conscience

Ce choix de privilégier des hypothèses plutôt qu'une valeur moyenne s'explique. Dans la première photographie réalisée en octobre  2015, les statisticiens de l'OCDE avaient estimé ce montant à 52  milliards de dollars en  2013 et à 62  milliards en  2014. Censé conforter l'idée que la mobilisation financière progressait, le calcul avait eu l'effet inverse, déclenchant l'ire des pays du Sud qui jugeaient la somme très insuffisante.

Pour autant, les pays de l'OCDE ne pouvaient faire l'impasse sur l'actualisation des données et la définition de cette " feuille de route des 100  milliards " qui figure noir sur blanc dans les décisions de l'accord de Paris. " Les pays industrialisés se savaient attendus au tournant, observe Armelle Le Comte, de l'ONG Oxfam France. Le financement a été le point faible de l'accord de Paris. "

Cette prise de conscience collective des pays de l'OCDE était d'autant plus urgente que la comptabilisation financière avance lentement du côté des Nations unies (ONU), qui envisagent de rendre leur propre synthèse en mai  2017. Trop tard pour la présidence française de la COP21, à quelques semaines du passage de témoin, le 7  novembre, au Maroc. " Sur la ratification comme sur le financement, la dynamique avance ", assure Ségolène Royal.

Plus timorées, les ONG rappellent la faiblesse des financements spécifiquement mobilisés pour l'adaptation au changement climatique. Ces derniers devraient doubler, de 8 à 16  milliards de dollars, d'ici à 2020, indique l'OCDE. Mais " cela reste largement insuffisant au regard des besoins sur le terrain. L'adaptation n'atteindrait en  2020, malgré cette augmentation, que 20  % des 100  milliards de dollars promis, insiste Armelle Le Comte. Or, l'ONU estime que les coûts de l'adaptation pourraient atteindre d'ici à 2030 entre 140 et 300  milliards de dollars. "

" Sur ce volet, le travail de l'OCDE n'est pas terminé, reconnaît Marie Scolan, co-auteure avec Pierre Ducret de Climat, un défi pour la finance (à paraître le 20  octobre, Les Petits Matins). Le financement de l'adaptation est un sujet complexe, très lié aux circonstances locales des pays bénéficiaires. Par ailleurs, pour des enjeux de négociations politiques, cette problématique a été isolée, alors qu'il faudrait l'intégrer à la question plus large du financement du développement durable. "

" Un dossier mineur "

Ces deux spécialistes de la stratégie climat de la Caisse des dépôts voient dans le rapport du 17  octobre  un réel effort de clarification des chiffres, difficile à mener puisque la feuille de route est pluriannuelle alors que les ministres des finances raisonnent en programmation budgétaire annuelle. Le sujet du financement climat n'est plus délaissé par les grands argentiers, constatent les deux économistes.

Ils louent aussi " un inventaire intéressant, qui commence à lister les outils de financement public capables de déclencher des financements privés ". Le document détaille en effet les divers mécanismes à l'œuvre : fonds vert pour le climat, initiative pour les énergies renouvelables en Afrique, actions propres à certains pays, etc.

" À l'échelle du financement de la transformation de l'économie mondiale, le dossier des 100  milliards de dollars est mineur, ajoute tout de même Pierre Ducret. Le sujet essentiel, c'est la mobilisation de l'épargne domestique partout dans le monde, qui représente, elle, des millions de milliards. "

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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 16:18
Nous pouvons stopper le CETA !

Grâce à un soutien politique chancelant, et la preuve croissante de ses dangers, le traité commercial UE-Canada (CETA) peut être mis à l’arrêt. Après la mobilisation parisienne le week-end dernier, voici une mobilisation européenne : informations du groupe Europe Écologie au Parlement Européen, suivies de celles d'Alternatiba, et de L’accord UE-Canada n’est pas compatible avec l’accord de Paris par Attac. N'oubliez pas aussi notre article 12 raisons de s’opposer au CETA. Bonne lecture.

Groupe des Verts/ALE du Parlement européen

Les campagnes citoyennes, associatives, écologistes et d'autres élus progressistes semblent désormais être payantes. Au cours des derniers jours, le CETA a subi une série de revers et il semble maintenant que nous avons une chance de bloquer la signature de l'accord par les dirigeants européens.

De retour d'une campagne de mobilisation outre-Atlantique – après quelques démêlés à la frontière canadienne, José BOVE témoigne des effets dangereux de l'accord au Canada et en Europe pour la souveraineté alimentaire, la qualité des services publics, les emplois décents, l’accès aux médicaments, le développement de l’économie locale, et la prise de mesures concrètes de lutte contre les changements climatiques. Prenant la plume avec Maude Barlow la Présidente du Conseil des Canadiens il prouve qu'une collaboration entre Européens et Canadiens existe de longue date, sans accord de libre-échange (tribune dans Mediapart).

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau avait initialement prévu de signer l'accord lors d'un sommet UE-Canada la semaine prochaine à Bruxelles. Mais hier, les ministres européens du commerce ne sont pas parvenus à une décision sur la poursuite de la procédure. Ce blocage survient quelques jours seulement après la décision de la Cour constitutionnelle allemande de poser des conditions strictes à l'approbation du CETA et après la décision d'un troisième parlement régional belge contre la signature de l'accord par la Belgique.

La décision repose maintenant sur les chefs d'État et de gouvernement européens qui se réunissent en Conseil européen demain. Mais il est hors de question qu'ils prennent cette décision en bénéficiant de la non-transparence et de la non-information des Européen-nes sur ce traité. La délégation Europe Écologie a interpellé François Hollande en lui demandant de suspendre la décision du Conseil ainsi que de saisir la Cour européenne de justice pour qu’elle se prononce sur la compatibilité du CETA avec les traités européens (courrier).

Demain, au Sommet CETA des citoyen-nes, des maires, et des représentants régionaux de toute l'Europe, se joindront aux députés européens, à des invités canadiens et des ONG pour exprimer leur opposition au CETA.

À partir de 11h demain, nous partagerons sur les réseaux sociaux les réactions et analyses de nos eurodéputés et invités avec les mots clés #CETASummit ou @eurodeputesEE. Le débat au sein du Parlement européen à partir de 14h sera public et visionnable en ligne (programme en PJ et lien du webstream).

Lise DESHAUTEL, Coordinatrice de la Délégation Europe Écologie

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Alternatiba

Après la première victoire historique des derniers jours, avec le report du vote du CETA et les mobilisations impressionnantes qui ont eu lieu aux quatre coins de l'Europe, il est temps d'enfoncer le clou pour en finir avec les traités de libre-échange ! Il est temps de porter maintenant la bataille au niveau européen, et c'est pourquoi nous vous invitons à deux temps de mobilisation à Bruxelles :

* Les TTIP GAME OVER – PREPARATION DU TERRAIN DE JEU (TTIP = TAFTA)
les 3, 4 et 5 novembre à Bruxelles, RDV AU QUARTIER EUROPÉEN – 2e ROUND !
Après avoir gagné le premier round des TTIP Game Over, du 11-15 Juillet, l’équipe des TTIP Game Over lance la préparation du terrain de jeu pour le deuxième round (Résumé du premier round disponible sur le site <
https://ttipgameover.net/blog/fr/> internet). Dans la ville où les chef(fe)s d’état signent les accords de libre-échange et où les multinationales et leurs lobbyistes se croient maître du jeu, il est temps d’imposer nos propres règles. Les TTIP Game Over lancent un appel Européen pour continuer la bataille contre les accords de libres échanges, avec un RDV de trois actions de désobéissance civile et non violentes. Nous viserons les acteurs principaux qui se cachent derrière cette nouvelle génération toxique d’accords de libre-échange. Nous aurons pour cible les lobbies institutionnels, les gouvernements qui les soutiennent, et leur plus grand fan : la Commission Européenne. Pendant ces trois jours d’actions, TTIP Game Over se chargera de la logistique pour soutenir les actions et les rencontres à Bruxelles (logement, repas, QG, remise des prix le samedi 5, etc). Venir à Bruxelles sera l’occasion de rencontrer d’autres activistes et de construire une solidarité européenne. Si tu ne peux pas faire le déplacement, tu peux organiser ton action dans ta propre ville et nous envoyer son compte-rendu via notre site internet. À Bruxelles, il est temps de passer à l’action ensemble !

Du côté français, plusieurs organisations dont Alternatiba soutiennent les TTIP GO et aident à la mobilisation française par :

- l’organisation d’un bus pour Bruxelles, le jeudi 3 Novembre au matin et un retour pour le dimanche 6 Novembre dans la matinée. Tarif : environ 60€ A/R (sous réserve de suffisamment d'inscrit-e-s ! - moins cher si on arrive à 50 inscrit-e-s)

- Deux temps d’information, réflexion et de formation aux actions les 25 Octobre (au soir) et le 1er Novembre (en journée) à Paris (si interessé-e-s, nous le dire par retour de mail <mailto:ttipgameover@riseup.net> ou dans le formulaire).

Afin d'évaluer le nombre de personnes intéressées et voir s'il est toujours pertinent d'envisager un bus collectif, merci de remplir ce formulaire<http://framaforms.org/ttip-game-over-organisation-france-1476864987> pour nous tenir au courant de vos intentions (pas de panique, c'est du libre). Et ce avant le 25 octobre au soir dernier délai pour réservation des bus ! (notez bien que logement et repas sur place seront pris en charge par l'équipe des TTIP Game over).

* Le 27 et 28 octobre 2016, les chef-fe-s d’État européens et canadien se rassembleront peut être à Bruxelles pour signer le CETA... nos ami-e-s belges s'organisent pour une grande action de perturbation de ce sommet ! Pour les rejoindre > mailto:cetahangover@riseup.net<cetahangover@riseup.net>
A bientôt à Paris ou Bruxelles,

Jessica & Victor, pour Alternatiba, jessica.zeganadin@gmail.com & victor.vauquois@gmail.com

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L’Accord UE-Canada n’est pas compatible avec l’Accord de Paris

Par Aitec pour Attac France sur https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/l-accord-ue-canada-n-est-pas-compatible-avec-l-accord-de-paris le mardi 18 octobre 2016.

Depuis plusieurs années, nous alertons les pouvoirs publics sur le danger que fait peser la négociation d’accords visant à libéraliser le commerce et l’investissement sur la possibilité de mener une politique déterminée et efficace pour contenir le réchauffement climatique. Ségolène Royal, Ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, s’est récemment saisi de la question en annonçant qu’elle était en train de « vérifier que le CETA est parfaitement climato-compatible avec l’accord de Paris » et qu’il « contribue bien à l’objectif de maintenir le réchauffement climatique en-dessous de 2 °C ».

Alors que le CETA pourrait être signé le 27 octobre prochain, en présence du Premier ministre canadien Justin Trudeau, cette vérification est une urgence absolue. François Hollande, lors de la conférence environnementale d’avril 2016, en avait posé les contours : « La France sera très vigilante (…) pour que les accords commerciaux ne remettent pas en cause, de manière subreptice, les avancées qui ont été décidées lors de la COP 21 », précisant que la France ne « pourrait signer des traités commerciaux si les chapitres relatifs au développement durable ne sont pas contraignants ».

Sur la base de ces deux exigences, nous considérons que le CETA ne fournit pas les garanties suffisantes pour être accepté par la France. Le document que nous publions aujourd’hui détaille, analyse du texte et éléments techniques à l’appui, pourquoi le CETA n’est pas climato-compatible et pourquoi il contribue à saper l’objectif, fixé par l’article 2 de l’Accord de Paris, visant à contenir le réchauffement climatique bien en-deçà de 2 °C, et idéalement en deçà de 1,5 °C. « Sans procès d’intention » ni « instrumentalisation politique », pour reprendre les termes de la Ministre de l’environnement, et en nous basant sur le texte de l’accord et les documents publiés par la Commission européenne, nous montrons que :

1.     Le CETA fera croître les émissions de gaz à effet de serre transatlantiques, de l’aveu même de l’étude d’impact de la Commission européenne, et il ne permettra pas de les réduire comme l’exige l’Accord de Paris.

2.     Le texte du CETA ne fait aucune mention de l’urgence climatique ou de l’Accord de Paris, pas plus que d’un objectif de réduction d’émission de GES ou de décarbonisation de l’économie ; la Déclaration interprétative d’octobre 2016 mentionne l’Accord de Paris comme élément du paysage, sans proposer de nouvelles dispositions afférentes et être opposable au droit commercial.

3.     L’environnement est perçu comme un sous-secteur de la libéralisation du commerce, et les réglementations climatiques et environnementales comme des restrictions au commerce.

4.     La protection des investisseurs intervient au détriment de la capacité des États et collectivités à opérer la transition énergétique, les entreprises extractives et d’infrastructures étant dotées de moyens nouveaux pour empêcher les États de contrôler, voire limiter, leurs activités.

5.     Il n’y a aucun dispositif contraignant en matière d’environnement ou de développement durable.

6.     Le CETA promeut et organise la libéralisation du secteur de l’énergie au détriment du déploiement des énergies renouvelables et de la sobriété énergétique.

7.     Le CETA institue une préférence pour les énergies fossiles – et plus largement pour les matières premières – au détriment du déploiement des énergies renouvelables.

Pour ces sept raisons, nous appelons François Hollande et le gouvernement à reconnaître que le CETA remet en cause les (trop rares) avancées décidées lors de la COP 21. Par conséquent, et, conformément aux engagements pris, nous appelons François Hollande à s’opposer à la ratification du CETA. Au nom de l’urgence climatique.

Notre fiche technique de décryptage : Le CETA est-il climato-compatible ? (lisible sur https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/l-accord-ue-canada-n-est-pas-compatible-avec-l-accord-de-paris)


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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 09:50

Boris Cyrulnik, Matthieu Ricard et Elisabeth de Fontenay font partie des personnalités plaidant pour une vraie prise en compte de la maltraitance animale au niveau de l'État dans cette tribune pour Le Monde le 19 octobre 2016, suivi de Octroyer de nouveaux droits aux animaux  par Audrey Garric

Aux origines, les animaux ont été des compagnons et des partenaires, puis, en Occident, sous l'impulsion de la religion, ils sont devenus des êtres inférieurs. Avec le développement de l'industrie, ils ont été transformés en annexes de machines et en matière première exploitable pour servir l'économie humaine. La place de l'animal dans nos sociétés s'est ainsi construite sur des fondements culturels anciens. Une construction qui nous conditionne encore de nos jours, mais qu'une évolution scientifique a bouleversée. Ces dernières années, notre façon de considérer les animaux a, en effet, subi une profonde révolution. Nous savons que les capacités mentales des animaux varient selon les espèces et les individus et qu'elles ne dépendent pas de la taille de leur cerveau. Les animaux, jugés pendant longtemps sans raison, ont montré depuis qu'ils possèdent des compétences sophistiquées.

Moutons, cochons, éléphants… ils ont une vie sociale, une mémoire à long terme, reconnaissent leurs congénères individuellement, communiquent entre eux. Les poissons, comme les oiseaux, utilisent des outils, coopèrent, anticipent. Alors que des centaines de millions d'années d'évolution nous séparent du poulpe, son cerveau d'escargot lui permet pourtant d'avoir une excellente mémoire, un raisonnement logique, des capacités de déduction, d'innovation, de jeu, d'apprentissage. La recherche a constaté que l'intelligence est née plusieurs fois sur la planète, et qu'il n'existe pas, dans le cerveau, une catégorie de cellules spécifiquement humaines.

Des neuroscientifiques internationaux affirment que tous les mammifères, oiseaux et autres créatures, y compris le poulpe, possèdent une conscience, ce qui veut dire qu'ils sont sensibles au plaisir et à la souffrance. Grâce à de nombreux travaux, on sait aujourd'hui que la douleur et la souffrance existent chez les animaux, des poissons aux mammifères. L'intelligence, la conscience, l'empathie, la vie émotionnelle, le rire, la souffrance et même une forme de culture, ces attributs qui définissaient l'homme et lui seul, appartiennent désormais à un répertoire commun à l'homme et à l'animal, qu'il n'est plus possible de contester. Les animaux ne sont donc pas des machines ni des êtres à disposition des humains, ils sont des individus inventifs, expressifs. Ils ne devraient donc plus être vus comme un ensemble de matériaux constitutifs d'une biodiversité, mais une communauté d'individus capables de ressentir, d'agir et de réagir singulièrement.

Chaque jour, de nouveaux travaux scientifiques montrent que les animaux sont dotés de compétences. Ces nouveaux éclairages mettent en lumière un décalage flagrant entre des faits incontestables, le respect qui leur est dû, et les décisions politiques et économiques qui bafouent leur bien-être. Bien qu'ils soient donc devenus ces êtres sensibles au regard de la science et de la loi, les animaux restent pourtant soumis à une évaluation marchande et sont encore considérés comme des biens. Leur sort reste à la merci des souffrances utiles, des dérogations et des normes admissibles. En somme, la législation se soucie des animaux à condition que leur protection ne dérange pas. La satisfaction des enjeux culturels et économiques continue de primer sur les intérêts des animaux.

Punir les actes de cruauté

Si leur sensibilité n'est désormais plus contestable et si la souffrance constitue le point de départ de toute position éthique, à quoi tout cela doit-il nous engager ? Que devient notre légitimité à les exploiter et à les faire souffrir ? Comment doit-on aujourd'hui les considérer ? Comme des biens ou des personnes non humaines telles que la science les définit ? Le temps est venu de penser et d'instituer d'autres rapports avec eux. Quels sont les changements précis à opérer ? Comment -devrions-nous vivre demain avec les animaux ? Pour répondre à ces questions et être à l'initiative de réelles modifications dans nos rapports avec les animaux, nous demandons la création d'un secrétariat d'État à la condition animale conduit par des experts multidisciplinaires et légitimes, spécialistes de la question animale.

Pour que les évolutions scientifiques en faveur des animaux domestiques et sauvages soient prises en compte dans les décisions politiques, éducatives, juridiques, économiques et sociales ; que des budgets dignes de ce nom soient consacrés au développement des méthodes alternatives à l'expérimentation animale ; que de nouvelles économies alternatives à l'exploitation animale soient encouragées et soutenues, favorisant ainsi la création d'emplois et de nouvelles entreprises ; que la place de l'animal dans l'éducation soit repensée ; que soit favorisé un enseignement du droit animalier dans les universités ; que les policiers et magistrats soient formés au bien-être animal ; que les contrôles pour lutter contre la maltraitance soient renforcés et que les actes de cruauté soient punissables ; que des médiateurs pour les animaux soient envisagés pour veiller à l'application des lois et du droit.

Prendre en compte les intérêts des animaux, avec qui nous partageons ce monde, est devenu une question sociétale, politique et démocratique et ne peut que favoriser la construction d'une société plus humaine dans l'intérêt des hommes, des animaux, de la planète.

Collectif

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Octroyer de nouveaux droits aux animaux

C'est un tournant majeur dans notre société. Depuis quelques années, notre regard sur les animaux a radicalement changé. Ils ne sont plus les machines ou les objets d'autrefois, maltraités, dénigrés ou ridiculisés, mais des individus sensibles, conscients et expressifs.

Dans le livre Révolutions animales. Comment les animaux sont devenus intelligents, en librairie mercredi 19  octobre, 75 spécialistes internationaux de la question animale – des éthologues, des paléontologues, des philosophes, des psychologues, des juristes, des médecins ou des sociologues – démontrent comment cette prise de conscience entraîne une nouvelle façon de cohabiter avec les êtres vivants non humains. Une nouvelle voie qui ne passe plus par leur exploitation systématique mais conduit à repenser leurs droits et nos obligations à leur égard.

Marc Bekoff, Gilles Bœuf, Florence Burgat, Boris Cyrulnik, Elisabeth de Fontenay, Jane Goodall, Matthieu Ricard ou encore Peter Singer livrent un ouvrage de référence sur le monde animal, à la fois passionnant, dense et engagé, illustré par une centaine de magnifiques photos.

plaisir et souffrance

" La science a participé à faire évoluer la perception que nous avions des animaux, en nous rendant accessibles leurs univers mentaux ", explique l'auteure et documentariste Karine Lou Matignon, qui a dirigé l'ouvrage. Les preuves scientifiques s'accumulent quant au " génie animal ", tout ce qui constituait jadis et à tort le propre de l'homme : les bêtes sont douées de sensibilité et d'intelligence, capables d'entraide et de compassion, de souvenirs et d'anticipation.

Comme nous, elles éprouvent plaisir et souffrance et ressentent le deuil. " Les animaux savent climatiser leur habitat (termites), construire des barrages extraordinaires (castor) ou jeter un filet sur leur proie (araignée) ", rappelle Gilles Bœuf, professeur à l'université Pierre-et-Marie-Curie et ancien président du Muséum national d'histoire naturelle.

" Jugée hier avec condescendance, cette sollicitude pour les animaux induite par la connaissance est devenue une question sociétale bien vivace qu'on ne peut plus ignorer ", poursuit Karine Lou Matignon. De fait, le mouvement est en marche : alors que la société civile se mobilise, des cours de droit animalier commencent à être enseignés dans tous les pays, la question du bien-être animal est intégrée dans les Constitutions allemande ou autrichienne et le Parti pour les animaux néerlandais est représenté au Parlement européen depuis 2014.

Les auteurs appellent à cesser l'abattage industriel des bêtes, à développer des méthodes alternatives à l'expérimentation animale (comme la mise en culture de cellules humaines) et à reconnaître une personnalité non humaine aux animaux ainsi qu'un statut politique : une citoyenneté pour les domestiques et une souveraineté pour les sauvages.

 

Audrey Garric

 

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Pour une gestion publique, démocratique et écologique de l'eau

Le revenu de base ? Débat mardi 14 juin 20h

C'était la Grande Parade Métèque 2016...

La nature : une solution au changement climatique en Île-de-France

Participer à la Grande Parade Métèque samedi 28 mai 2016

PLU des lilas: enfin un diagnostic et état initial de l'environnement ... à compléter

Avec la loi « Travail », où irait-on ? Débattons-en mercredi 30 mars

Réduire la place de la voiture des actes pas des paroles

La COP 21 aux Lilas

La nature est un champ de bataille

Alternatiba et le Ruban pour le climat des Lilas à la République

Un compost de quartier aux Lilas

Devoir d'asile : de l'Etat jusqu'aux Lilas

Un ruban pour le climat aux Lilas

Six propositions vertes pour une révision du PLU véritablement utile

La Grande Parade Métèque samedi 30 mai

Fête de la transition énergetique et citoyenne le 9 mai aux Lilas

Des défenseurs de la Maternité des Lilas s'enchaînent devant le ministère de la santé

Romainville n'aura pas d'usine de méthanisation

Journal n°2 de Les Lilas Autrement (décembre 2014)

écolo ! n°19 : le téléphérique un GPII

écolo ! n°18

Gaz de schiste : du mirage économique au cauchemar écologique ?

Journée de la transition le 27 septembre aux Lilas

écolo ! n°17 : un nouveau modèle énergetique français

écolo ! n°16 : TAFTA ou TIPP, le traité de libre-échange transatlantique signerait la fin du projet