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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 18:00

Le professeur John DeCicco, chercheur à l’Institut américain de l’Énergie, vient de publier une étude détaillée expliquant pourquoi et comment, aux États-Unis, le recours systématique aux carburants d’origine végétale, essentiellement à partir de maïs, est encore plus néfaste pour le climat que l’essence ou le diesel produits à partir du pétrole. Par Claude-Marie Vadrot pour Politis le 19 septembre 2016 à lire sur www.politis.fr.

Cette étude, consultable sur le site de l'université du Michigan, est d’autant plus importante que...

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 18:26

Un grand rassemblement anti-nucléaire s'organise le 1er et 2 octobre 2016 à Flamanville (Manche). Aller-retour en car possible dans la journée du samedi.

Tous à Flamanville - non à l'EPR !
Tous à Flamanville - non à l'EPR !

Un bus partira de Paris le 1er octobre à 6h15, avec un retour le même jour à 18h30 de Siouville/Flamanville, arrivée 23h30 à Paris.

RDV fixé à l’angle de l’Avenue de Friedland et de la Place du Général de Gaulle ÉTOILE.
Inscriptions prises en compte à l’envoi du règlement, par chèque, à l’ordre de
Sortir du Nucléaire Paris à envoyer à Laurence Esquieu, 9 rue Fénelon, 75010 Paris

Tarifs :

Soutien: 50€
Ordinaire : 40€
Réduit : 25€

Réservations et renseignements : laurence.esquieu@hotmail.fr
ou o6 95 11 24 36, de préférence par texto

Orga : Sortir du nucléaire Paris

Programme du rassemblement :

programme

Le rassemblement aura exactement lieu à Siouville-Hague, avenue des peupliers.

Il y aura des animations, des associations, des stands de buvette et restauration.

Samedi 1ER octobre

  • 11h : accueil

  • 14h : départ de la marche depuis Siouville plage vers la centrale nucléaire de Flamanville

  • 15h : prise de parole au port de Dielette (Flamanville) et reprise de la marche

  • 18h : retour à Siouville plage

  • 20h : concert entrée libre:

  • Les Pieds dans le bocal

  • Les Provisoires

  • Les Ramoneurs de Menhir

Dimanche 2 octobre

  • 9h : conférence "Les risques techniques et sociétaux du nucléaire"

  • 9h : conférence " Les alternatives au nucléaire"

Comment venir ?

  • En car : Plusieurs dizaines départs en car sont déjà prévus. 

  • En covoiturage : une page est ouverte ici

PLUS D'INFOS  http://www.can-ouest.org/  http://sortirdunucleaire.org/Grand-rassemblement-a-Flamanville-les-1er-et-2

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 12:21

Parce que les animaux sont des êtres doués de sensibilité et qu’ils sont souvent traités de façon indigne par l’industrie alimentaire, notre société doit faire le choix de la fin du régime carné

Une tribune collective courageuse que nous soutenons !

À la suite d’enquêtes menées dans plusieurs abattoirs français et diffusées par l’association L214, la question de l’abattage des animaux a suscité un débat d’ordre national. Devant l’implacable réalité des images, les Françaises et Français commencent à prendre conscience des souffrances endurées par les animaux d’élevage. Après la tenue de débats à l’Assemblée nationale et au Sénat portant sur la sensibilité animale, une commission d’enquête parlementaire a même été créée au printemps afin d’étudier les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français.

Nous avons été profondément bouleversés par ces images d’êtres vivants et sensibles luttant pour leur vie dans les abattoirs. Quelles que soient la méthode d’abattage et la taille de l’abattoir, toutes les enquêtes montrent des animaux en détresse et en grande souffrance, conscients du sort qui leur est réservé. Certains tentent de fuir, de se débattre, de résister à une mise à mort programmée. En vain.

Les lapins, vaches, cochons, moutons, poules, poissons et autres animaux sont des êtres sentiments, doués de sensibilité et qui ressentent des émotions telles que la peur ou la joie. En 2012, lors d’une déclaration signée à Cambridge (Royaume-Uni), un groupe d’experts internationaux en neuroscience et cognition animale a affirmé que ses recherches démontraient la réalité de la conscience animale. La viande n’est pas un simple produit de consommation, mais provient d’un animal qui a été mis au monde et élevé, souvent dans d’épouvantables conditions carcérales, dans le seul but d’être vendu et tué. Ainsi, chaque jour en France, 3 millions d’animaux sont mis à mort dans les abattoirs terrestres, sans oublier les dizaines de millions d’animaux marins victimes de la pêche.

UN MASSACRE INSTITUTIONNALISÉ

Au-delà de cette incommensurable souffrance destinée à nous nourrir, les conséquences environnementales de l’élevage sont dramatiques. L’élevage est, en effet, responsable de 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre (soit davantage que l’ensemble des transports, aériens compris) et de 50 % des émissions de méthane et de protoxyde d’azote. De plus, nous ne pouvons ignorer plus longtemps que l’élevage est la cause de 70 % de la déforestation mondiale. Ainsi, à l’heure où plus d’un milliard de personnes dans le monde n’ont pas d’accès à l’eau potable, il faut en moyenne 15 000 litres d’eau pour produire un seul kilo de viande de bœuf.

Pour ces raisons, nous décidons de prendre parti et d’être solidaires des animaux. Nous ne pouvons être complices plus longtemps d’un massacre quotidien et institutionnalisé. Les techniques d’abattage en elles-mêmes rendent impossible toute amélioration concrète du sort des animaux d’élevage ; l’industrialisation de la mort est une condition de la survie économique de la filière de l’élevage, soumise aux lois du marché et de la concurrence, et elle se paie au prix de la grande souffrance des animaux. Les solutions proposées par la commission d’enquête parlementaire n’y changeront rien et ne rendront pas moins nécessaires un changement profond de nos modes de consommation et une transition vers un modèle agricole durable et respectueux de la vie des animaux et de notre environnement.

Les connaissances actuelles en nutrition ne laissent planer aucun doute. Une alimentation végétale équilibrée peut, en effet, parfaitement se substituer à une alimentation omnivore, comme l’ont démontré de grands spécialistes de la nutrition. L’Association américaine de diététique, par exemple, confirme que cette alimentation est appropriée à tous les âges de la vie et même souvent bénéfique pour la santé. De plus en plus répandues et faciles d’accès, les solutions végétales alternatives aux produits carnés offrent la possibilité d’une cuisine diversifiée, riche et savoureuse.

Certains d’entre nous ont déjà franchi le pas et refusent depuis plusieurs années de consommer des produits issus de l’exploitation des animaux. Pour d’autres, cette décision est plus récente. D’autres encore ont fait le choix de réduire leur consommation de viande. Mais nous sommes tous portés par une même conviction : notre société doit s’orienter vers un idéal de justice et évoluer vers le véganisme.

Laurence Abeille, députée ; Yann Arthus-Bertrand, photographe, réalisateur, président de Good Planet ; Aurélien Barrau, astrophysicien, professeur, université Grenoble-Alpes ; Christine Berrou, humoriste ; Ingrid Desjours, écrivain ; Allain Bougrain-Dubourg, journaliste, réalisateur, président de la LPO ; Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement de Paris ; Jean-Baptiste Del Amo, écrivain ;  Mylène Demongeot, actrice ; Rokhaya Diallo, journaliste, auteure, réalisatrice ; Dalibor Frioux, écrivain, agrégé de  philosophie ; Martin Gibert, philosophe, auteur de « Voir son steak comme un animal mort » ; GiedRé, auteure, compositrice, interprète, humoriste ; Héloïse Guay de Bellissen,  écrivain ; Nili Hadida, chanteuse du groupe Lilly Wood and the Prick ; Stéphanie Hochet, romancière et journaliste ; Renan Larue,  professeur de littérature française, université de Californie (Etats-Unis) ; Lolita Lempicka,  styliste de mode ; Vincent Message, écrivain, maître de conférences en littérature, université Paris-VIII ; Guillaume Meurice, humoriste ; Amélie Nothomb, écrivain ; Ovidie, réalisatrice, documentariste ; Martin Page, écrivain ; Guillaume Pot, journaliste ; Matthieu Ricard, biologiste, fondateur de Karuna-Shechen ; Philippe Reigné, professeur de droit privé, Conservatoire national des arts et métiers ; Sanseverino, chanteur ; Henry-Jean Servat, journaliste, écrivain.

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 10:47
Le collectif Vigil'Oust se mobilise contre le projet minier en informant les habitants

Le collectif Vigil'Oust se mobilise contre le projet minier en informant les habitants

Une société minière entend exploiter le sous-sol breton. Une résistance citoyenne s’est formée contre ce projet archaïque. Par Vanina Delmas pour Politis du 15 septembre 2016  à lire sur www.politis.fr.

Permis exclusifs de recherche minière en Bretagne 143 000 HECTARES 111 COMMUNES

Permis exclusifs de recherche minière en Bretagne 143 000 HECTARES 111 COMMUNES

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 12:49
Le Campagnol amphibie menacé de disparition...

Le Campagnol amphibie menacé de disparition...

Depuis la déclaration d’utilité publique en 2008, et en dépit des mensonges et des conflits d’intérêts qui truffent le dossier de l’aéroport, l’État poursuit la mise en œuvre du projet. Après la consultation de juin, plusieurs scénarios d'évacuation sont à l'étude.

17 septembre 2016, par Jade Lindgaard et Ellen Salvi pour Mediapart

Le sujet de Notre-Dame-des-Landes avait disparu de la politique nationale depuis l’été et la victoire du oui lors de la consultation du mois de juin sur la construction de l’aéroport. Aucune déclaration de François Hollande ni de Manuel Valls, le ministre le plus résolu à faire évacuer la ZAD de ses occupants. Ce silence ne valait pas indifférence. Petit à petit, l’État prépare les conditions nécessaires à une expulsion manu militaride la zone d’occupation.

Mardi 13 septembre, une étape décisive a été franchie avec la publication par le préfet de Loire-Atlantique de l’arrêté autorisant la destruction du campagnol amphibie, petit rongeur inscrit sur la liste rouge des espèces menacées de disparition. C’était le dernier obstacle administratif à lever avant que les travaux ne puissent être légalement entamés. Présent sur la zone du projet d’aéroport, ce mammifère protégé doit faire l’objet de mesures de compensation en cas de démarrage du chantier de construction. Des animaux doivent être prélevés et déplacés vers des emplacements en dehors de la ZAD. Mais tous ne pourront être sauvés. D’où l’obligation légale d’obtenir une dérogation à sa protection avant de lancer les pelleteuses sur la zone humide.

L’arrêté précise le calendrier possible pour l’intervention : concernant le campagnol amphibie, les secteurs d’habitat seront détruits « si possible » entre le 1er juillet et le 31 octobre, période d’absence de sol humide ou inondé (« l’assec »). Plus précisément, le maître d’ouvrage a jusqu’au 15 octobre pour missionner un expert afin de constater l’absence de sol humide. Il a ensuite quinze jours « pour réaliser les travaux, afin de limiter le risque que de nouvelles pluies rendent le milieu favorable à l’espèce ». Pour les autres espèces à protéger sur le site – notamment des arbres où niche la faune –, les mois de septembre et octobre sont les seuls à ne connaître aucune restriction d’intervention au nom de la sensibilité des espèces. La fenêtre de tir pour l’expulsion semble correspondre à la seconde quinzaine d’octobre.

Avocat des opposants, Thomas Dubreuil s’étonne de l’absence de périodes interdisant la destruction du campagnol amphibie. L’arrêté fait peser peu de contraintes sur le maître d’ouvrage, la société AGO, filiale de Vinci. Il porte la marque d’une priorité accordée à la logique économique sur la préservation du milieu, l’une des plus grandes zones humides de France.

Le texte de la préfecture prend le temps, en introduction, de dérouler tous les arguments des porteurs du projet d’aéroport : il « répond à des raisons impératives d’intérêt public majeur, notamment pour assurer le développement socioéconomique de la métropole Nantes/Saint-Nazaire, dans une logique d’anticipation sur les besoins de déplacement induits par l’évolution démographique, l’activité économique et touristique du Grand Ouest pour pallier la saturation du site aéroportuaire de Nantes-Atlantique et ses risques pour la santé liés aux nuisances sonores ».

Au passage, il contredit la position du ministère de l’écologie, fondée sur le rapport rendu par ses trois experts, au printemps dernier : « Il n’existe pas d’autre solution alternative satisfaisante. » Ségolène Royal avait pourtant affirmé le contraire. Mais depuis la consultation de juin, elle a déclaré ne plus vouloir s’opposer au projet d’aéroport et laisse les mains libres à Manuel Valls. L’arrêté préfectoral reflète en tous points la position de Matignon sur le dossier. Depuis la parution de la déclaration d’utilité publique en 2008, et en dépit des faiblesses argumentaires, des mensonges et des conflits d’intérêts qui truffent le dossier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l’État poursuit inéluctablement la mise en œuvre du projet. 

Le gouvernement s’apprête-t-il à expulser la ZAD ? En milieu de semaine, la position de l’Élysée était double : respect du vote des citoyens (favorable à 55 % à la construction), détails opérationnels entre les mains du premier ministre. Une réunion s’est tenue à l’Élysée en juillet, après la consultation. Manuel Valls y a réaffirmé sa volonté d’évacuer la zone occupée au nom de l’État de droit, Bernard Cazeneuve a dit sa réticence à affecter plusieurs milliers de gendarmes pour plusieurs semaines ou mois alors que la France vit sous une menace terroriste aiguë.

Jeudi 15 juin, le quotidien Presse Océan a publié ce qui ressemble à un plan d’intervention : le ministère de l’intérieur prévoit selon eux de mobiliser jusqu’à 3 000 gendarmes pour une action progressive, secteur par secteur. Un large périmètre de sécurité serait établi autour de la ZAD pour en bloquer l’accès. Environ 600 gendarmes pourraient être requis pour la première phase.

Mais selon d’autres sources, tous les scénarios seraient sur la table de Manuel Valls : évacuation complète, partielle, ou pas d’évacuation du tout. Sollicitée par Mediapart, la préfecture de Loire-Atlantique n’a rien confirmé mais semblait surprise des éléments publiés par Presse Océan. Contacté à son tour, le cabinet du ministère de l’intérieur n’a pas répondu à nos questions. Annoncée au lendemain de la consultation, la réunion d’information du préfet en direction des élus locaux n’a toujours pas eu lieu.

Bruno Retailleau, président (LR) de la région Pays de la Loire, n’a toujours pas été reçu par Manuel Valls, malgré une demande adressée par écrit dès juillet. Depuis le début de septembre, il appelle à cor et à cri à l’expulsion de la zone, protestant notamment contre l’organisation par les militants de formations d’autodéfense. « Côté administratif, c’est réglé. Reste à voir politiquement ce qu’il se passe. Je n’ai pas plus d’infos », explique-t-il à Mediapart.

Les obstacles politiques à l’expulsion manu militari de la ZAD sont nombreux. La mort de Rémi Fraisse, ce militant écologiste tué par la grenade d’un gendarme sur la ZAD du Testet (Tarn) en octobre 2014, est dans tous les esprits. Le décès d’une ou plusieurs personnes sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes à quelques mois des élections présidentielles jetterait une ombre indélébile sur le bilan de François Hollande. Il semble difficile d’imaginer que l’exécutif, si vulnérable électoralement, soit prêt à prendre un tel risque politique.

Par ailleurs, les gendarmes sont massivement requis par la surveillance des frontières pour bloquer l’arrivée des migrants, notamment à Vintimille, et pourraient être mobilisés pour évacuer le camp de Calais, priorité affichée du gouvernement.

Et il reste un obstacle juridique de taille : dans le cadre de sa procédure de pré-contentieux avec l’Union européenne sur le dossier de l’aéroport – Bruxelles demande une nouvelle étude d’impact –, la France s’est engagée à réviser le Schéma de cohérence territoriale Nantes-Saint-Nazaire (SCOT) de 2007. Après plusieurs mois de travail, un document a été rédigé. Mais il fait l’objet d’une enquête publique jusqu’au 21 octobre. Il doit ensuite faire l’objet de plusieurs réunions de calage jusqu’en décembre et doit être voté par le conseil régional, au plus tôt à la veille des vacances de Noël. Il ne sera donc achevé que début 2017.

Or Paris s’est engagé à ne pas démarrer les travaux avant l’achèvement de ce processus. Et Bruxelles considérerait comme une infraction l’ouverture du chantier avant remise du SCOT. De leur côté, les opposants historiques ont déposé de nouveaux recours contre la déclaration d’utilité publique et vont attaquer les arrêtés sur le campagnol amphibie. Ils appellent à un rassemblement sur la ZAD le samedi 8 octobre pour y planter des bâtons, en référence au mouvement d’occupation du plateau du Larzac.

D’après le collectif Copains, la mobilisation est forte parmi les agriculteurs tandis que les comités de soutien affichent une motivation sans faille. Dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes, chacun redoute la confrontation et s’y prépare.

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 13:46

Nous vous invitons aussi à contribuer à l'élaboration du projet sur la plateforme participative http://projet.eelv.fr/ !

Primaire de l'écologie
Primaire de l'écologie
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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 13:29

L’ONG Public Eye révèle les pratiques peu scrupuleuses des géants suisses du négoce pétrolier, en Afrique

Par Simon Piel et Joan Tilouine pour  Le Monde le 15 septembre 2016

C’est une autoroute maritime empruntée chaque jour par des dizaines de tankers, le plus souvent affrétés par des sociétés discrètes. Elle démarre aux quais des trois ports d’Amsterdam, Rotterdam et Anvers (« ARA », dans le jargon), dotés de dix raffineries et d’importantes infrastructures de stockage. De ce hub, partent près de 50 % des produits pétroliers exportés en Afrique de l’Ouest, selon les statistiques des Nations unies. Gibraltar est la principale destination finale indiquée par les affréteurs, puis les marins mettent le cap sur le golfe de Guinée, ses ports encombrés et ses mégapoles souvent embrumées par la pollution.

Ces navires en fin de vie transportent dans leurs cuves du diesel et de l’essence mélangés à d’autres produits chimiques bon marché qui seraient invendables ailleurs, tant la teneur en soufre est élevée : entre 200 et 1 000 fois supérieure aux normes européennes. Parfois les mélanges toxiques s’effectuent en mer, à quelques milles des côtes de Gibraltar ou de Lomé, au Togo.

« Faire un paquet de dollars »

Dans le petit milieu du courtage pétrolier, certains parlent de « qualité africaine », extrêmement polluante et émettant de grandes quantités de particules fines. Dévastatrice pour la santé et pour l’environnement, mais très rentable pour les négociants. C’est ce que révèle la vaste enquête menée par l’ONG suisse, Public Eye (ex-Déclaration de Berne), rendue publique jeudi 15 septembre. Un travail rigoureux de trois ans qui jette une lumière crue sur les pratiques des géants suisses de négoce de matières premières comme Vitol, Trafigura et leurs filiales chargées des activités « aval » (raffinage, distribution, commerce).

Dans de nombreux pays africains, ces sociétés ont fini par acquérir une position dominante sur l’importation et la distribution de produits pétroliers. Leur empire africain se compose aussi des infrastructures stratégiques de stockage et des réseaux de stations essence. Certains ont recruté des conseillers ou des membres des familles de présidents régulièrement soupçonnés de détournements et de corruption, comme en Angola, en Sierra Leone et au Congo-Brazzaville.

Un agent de sécurité devant des oléoducs du port de Tema, au Ghana, juin 2016. CARL DE KEYZER/MAGNUM PHOTOS

Un agent de sécurité devant des oléoducs du port de Tema, au Ghana, juin 2016. CARL DE KEYZER/MAGNUM PHOTOS

Plus que de simples courtiers, Trafigura et Vitol possèdent également des parts dans des champs pétroliers, des pipelines, des flottes de tankers – parfois plus importantes que des majors – pour acheminer leurs carburants mélangés avec d’autres produits intermédiaires bon marché et toxiques comme le naphta de cokéfaction, une substance à très forte teneur en soufre.

Dans un courriel interne versé au dossier judiciaire contre Trafigura, dans le cadre du scandale des déchets toxiques déchargés en août 2006 par le Probo-Koala, en Côte d’Ivoire, un tradeur résume ainsi l’avantage d’acheter à une, raffinerie mexicaine des lots de naphta de cokéfaction : « Impossible d’imaginer moins cher, écrit-il depuis son bureau de Londres. [On] devrait faire un paquet de dollars.» Et de tabler sur un profit de 7 millions de dollars (6,2 millions d’euros) par cargo. Si Vitol ne rend pas publics ses résultats, l’activité de Trafigura en Afrique a généré, en 2015, un chiffre d’affaires de 14,4 milliards de dollars.

Les carburants de « qualité africaine » sont ensuite écoulés dans des stations essence détenues par ces géants suisses du négoce. Trafigura dispose de sa propre marque, Puma Energy, présente dans dix-neuf pays. Depuis 2011, Vitol opère sous le nom de Shell après avoir racheté 40 % des parts du réseau de distribution du pétrolier anglo-néerlandais, ce qui lui permet d’écouler ses carburants dans seize pays africains. Ces deux mastodontes irriguent plus de deux mille stations sur le continent.

À la pompe, ce diesel et cette essence commercialisés en Afrique de l’Ouest contiennent parfois des taux de soufre supérieurs à 3 780 parties par million (ppm), comme l’ont constaté les enquêteurs de Public Eye dans une station essence malienne du pétrolier genevois Oryx. La limite en Europe et aux États-Unis est fixée à 10 ppm. La Chine a décidé de s’y conformer en 2017.

Eviter la grogne sociale

« Nous n’avons pas vu de tels niveaux depuis si longtemps », s’est étonné un analyste devant certains des 47 échantillons prélevés par l’ONG dans des stations-service de huit pays africains. Au Congo-Brazzaville et en Côte d’Ivoire, Public Eye a découvert des taux particulièrement élevés de benzène (3,84 % et 3,82 %) dans l’essence vendue par Puma Energy. La présence de cet additif est limitée à 1 % en Europe et aux États-Unis.

Des résultats qui peuvent surprendre, notamment dans les pays producteurs de pétrole comme le Congo et la Côte d’Ivoire. Mais les raffineries africaines étant la plupart du temps vieillissantes et insuffisantes, la quasi-totalité de la production d’or noir est exportée en Europe et aux États-Unis. À l’inverse, la majorité des produits pétroliers raffinés est importée.

Un comble pour le Nigeria, le plus gros producteur de pétrole du continent africain avec l’Angola, qui extrait un brut très prisé sur les marchés pour sa faible teneur en soufre. Résultat, à Lagos, capitale économique de ce géant d’Afrique, les habitants respirent treize fois plus de particules fines qu’à Londres. « L’approvisionnement des pays en développement en carburants de piètre qualité est inacceptable », selon Erik Solheim, directeur exécutif du Programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP). « Se débarrasser de vieilles et sales substances [en Afrique] doit cesser dès maintenant », insiste le diplomate norvégien.

Les négociants de matières premières profitent pour l’instant de souples législations nationales : « Le taux de soufre autorisé varie d’un pays à l’autre et il est important de reconnaître que de telles exigences réglementaires relèvent de décisions prises par les gouvernements et non pas des sociétés approvisionnant ces marchés », dit-on chez Puma Energy. « Ce n’est pas illégal mais ils en ont profité pour industrialiser un processus de production de carburants hautement toxiques spécialement pour le continent africain », rétorque-t-on à Public Eye.

Trafigura et Puma Energy disent « soutenir les efforts entrepris sous les auspices de l’Association des raffineurs africains pour abaisser la teneur en soufre dans les carburants destinés aux marchés africains ». Cette association suisse dit avoir établi, en lien avec l’UNEP et la Banque mondiale, une feuille de route pour améliorer la qualité de l’essence et du diesel en Afrique d’ici à 2030.

Du côté des États d’Afrique de l’Ouest, il est difficile de faire plier des lobbys pétroliers locaux le plus souvent soutenus par les géants du secteur. Certains présidents louvoient sur ce sujet qui risque de provoquer une hausse des prix à la pompe et une grogne sociale. Ils savent pourtant que la population urbaine devrait tripler d’ici à 2050 en Afrique et que la hausse inexorable des véhicules en circulation laisse entrevoir une détérioration inquiétante de la qualité de l’air. À l’est du continent africain, cinq pays (Kenya, Tanzanie, Ouganda, Burundi et Rwanda) se sont attaqués à ce problème de santé publique en adoptant, en janvier 2015, une limitation du taux de soufre à 50 ppm.

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 17:10

Propos recueillis par Marie Charrel le 12 septembre 2016 pour Le Monde Économie

Taux de chômage élevé, croissance faible, montée des populismes : pour le Prix Nobel d’économie (2001) Joseph Stiglitz, l’euro est responsable des principaux maux dont souffre aujourd’hui la zone monétaire européenne. Et conduira, si rien ne change, les pays membres dans l’impasse, prévient-il.

Dans L’Euro. Comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe, son nouvel ouvrage publié le 14 septembre (Les liens qui libèrent, 462 pp., 24 euros), il dresse des pistes de réformes pour sauver l’union monétaire. Mais il évoque aussi, sans tabou, la possibilité d’un « divorce à l’amiable » au sein de l’Union européenne.

Question : Vous décrivez l’euro comme un échec économique. Quelles erreurs avons-nous commises ?

Joseph Stiglitz : Les malfaçons de la monnaie unique remontent à sa création. En 1992, les Européens ont imaginé qu’une union monétaire, où les pays ne seraient plus en mesure d’ajuster leurs économies par les taux de change et les taux d’intérêt, fonctionnerait néanmoins tant que les gouvernements maîtriseraient leurs finances publiques et que l’inflation serait sous contrôle. Ils ont donc instauré des règles budgétaires strictes et une banque centrale veillant sur les prix. Ils imaginaient que le marché corrigerait les autres déséquilibres. Ils avaient tort. L’euro n’a pas apporté la prospérité promise, mais la division et la divergence. Pire, il a aggravé les choses lorsque la crise a frappé.

Q : « Pendant la crise, les pays du sud de la zone euro n’ont pas pu dévaluer leur devise pour dynamiser leurs exportations » Pourquoi ?

Pendant la crise, les pays du sud de la zone euro n’ont pas pu dévaluer leur devise pour dynamiser leurs exportations et soutenir leurs économies. Ils ont dû réduire les salaires pour tenter de regagner de la compétitivité, tandis que le chômage a explosé. Face à cette situation, les jeunes diplômés ont massivement émigré, privant leur pays d’une précieuse ressource. Austérité oblige, les gouvernements ont cessé d’investir dans les infrastructures et l’éducation, ce qui a affaibli leur croissance future. Il est urgent de briser ce cercle vicieux.

Q : « Plus la zone euro tarde à accomplir les réformes nécessaires, plus le risque qu’une nouvelle crise frappe » La zone euro a renforcé ses institutions depuis la crise, notamment en instaurant l’union bancaire. N’est-ce pas suffisant ?

Non. Le troisième pilier de l’union bancaire, par exemple, à savoir l’assurance commune des dépôts, est encore inexistant. Certains États rechignent à le mettre en œuvre. Or plus la zone euro tarde à accomplir les réformes nécessaires, plus le risque qu’une nouvelle crise frappe et que des pays soient tentés de quitter la monnaie unique sera grand.

Q : Quelles devraient être les priorités ?

Achever l’union bancaire et mettre en place une forme de mutualisation des dettes publiques. Mais aussi, créer un fonds européen de solidarité pour la stabilisation, qui aiderait les pays confrontés à une récession. Il existe aujourd’hui des fonds structurels soutenant les États intégrant l’Union européenne. Pourquoi cesser de les aider une fois qu’ils sont à l’intérieur ? Enfin, il est crucial d’assouplir les règles budgétaires, afin que les États ne soient pas contraints de tailler dans les dépenses d’avenir pendant les récessions.

Q : « Une forme de budget européen, plus ambitieux que celui d’aujourd’hui, est indispensable. »  Vous appelez à augmenter les dépenses publiques. Où trouver l’argent ?

Une forme de budget européen, plus ambitieux que celui d’aujourd’hui, est indispensable. Les revenus pourraient provenir d’un petit impôt progressif instauré sur les particuliers et les entreprises. Cela aurait un double avantage : créer des recettes publiques européennes, mais aussi harmoniser les pratiques des États en la matière. Cela aiderait, au passage, à réduire la concurrence fiscale pratiquée notamment par l’Irlande et le Luxembourg. En outre, une base fiscale européenne commune crédibiliserait l’émission d’obligations européennes.

Joseph Stiglitz en entretien avec des journalistes de la presse internationale, en juillet 2015. GUIA BESANA POUR LE MONDE

Joseph Stiglitz en entretien avec des journalistes de la presse internationale, en juillet 2015. GUIA BESANA POUR LE MONDE

Q : Émettre des obligations européennes à l’heure où les gouvernements peinent à se faire confiance semble utopique…

L’argument du manque de confiance entre pays est une misérable excuse. Il est parfaitement possible d’émettre de la dette en commun tout en instaurant des règles qui limitent les excès et assurent la bonne gestion des finances publiques des membres.

Q : Quel est le problème avec la Banque centrale européenne (BCE) ?

Son mandat, à savoir assurer que l’inflation se rapproche de la cible de 2 %, est trop étroit. Il a conduit à de grossières erreurs, comme celle d’avoir relevé le taux directeur en 2011, en plein cœur de la crise. La mission de la BCE devrait être élargie à la croissance et à l’emploi, avec une grande flexibilité selon les périodes. Aujourd’hui, la priorité devrait être la baisse du chômage.

Q : Vous évoquez la possibilité d’un « divorce à l’amiable » entre pays membres. Comment se déroulerait-il ?

Si elle est organisée, une sortie de la zone euro par l’un des pays membres pourrait se passer dans de bonnes conditions. Plusieurs cas de figure sont possibles. Si l’Allemagne sortait, la valeur de l’euro pour les autres pays membres baisserait automatiquement, ce qui soutiendrait leurs exportations. L’Allemagne, elle, profiterait d’une monnaie plus forte, ce qui allégerait le poids de sa dette, toujours libellée en euros. « L’exemple de l’Argentine montre à quel point un pays libéré du fardeau de la dette (...) peut prospérer économiquement. » Si un pays tel que la Grèce sortait, il verrait automatiquement la valeur de sa devise s’effondrer – ce qui regonflerait sa compétitivité. En revanche, le poids de sa dette publique, toujours en euros, s’envolerait. Une restructuration de celle-ci serait donc inévitable : si elle est bien négociée, cela se déroulerait sans difficulté majeure. L’exemple de l’Argentine montre à quel point un pays libéré du fardeau de la dette, retrouvant au passage la pleine maîtrise de son taux de change, peut prospérer économiquement.

Q : Mais l’Argentine est aujourd’hui en plein marasme !

Après 2002, lorsque Buenos Aires a fait faillite et est reparti de zéro, le pays a enregistré une croissance forte, de 8 % par an, jusqu’en 2008. Les difficultés actuelles du pays sont liées aux erreurs de pilotage économique qui ont suivi.

Q : Un pays quittant la monnaie unique ne serait-il pas immédiatement attaqué par les spéculateurs ?

La zone euro vit déjà sous la menace permanente des spéculateurs. Si le non l’emportait au référendum italien sur la réforme constitutionnelle, organisé cet automne, par exemple, les spéculateurs s’en prendraient probablement aux banques du pays, très fragiles. Mais il existe des outils pour se protéger de telles attaques, comme le contrôle des capitaux. L’Islande y a eu recours en 2008 pour protéger sa devise, et son économie se porte aujourd’hui très bien. « L’adoption d’une monnaie électronique (...) faciliterait le suivi des transactions financières. Le cash est tellement XXee siècle !  »

Q : Vous suggérez qu’en cas de sortie de l’euro la Grèce adopte une monnaie électronique. Comment faire, dans ce pays où le cash est roi ?

Le cash est tellement XXe siècle ! Dans certains pays, notamment dans le nord de l’Europe, il a déjà quasiment disparu. Les particuliers utilisent le paiement sans contact, les entreprises font des virements… En la matière, les habitudes changent vite. L’adoption d’une monnaie électronique en Grèce, comme dans toute l’Europe, faciliterait le suivi des transactions financières. Elle limiterait les possibilités de fraude et d’évasion fiscale.

Q : En matière de divorce, le Brexit constitue un premier test. Comment gérer correctement une sortie britannique de l’Union européenne ?

Le risque serait de vouloir rendre la séparation très douloureuse pour le Royaume-Uni, afin que l’exemple britannique serve de repoussoir aux autres pays membres tentés par une sortie. Cela signifierait que le ciment de l’Union européenne est la peur plutôt que la solidarité. Ce serait un très mauvais signal. Les dirigeants européens devront trouver une nouvelle forme d’intégration économique avec les Britanniques, qui correspondra aux exigences de chacun et profitera à tous. Dans le cas contraire, tout le monde sera perdant.

Q : Outre le divorce à l’amiable, vous évoquez la possibilité d’un « euro flexible ». Comment fonctionnerait-il ?

L’idée serait de faire une pause au sein de l’union monétaire, afin de prendre le temps d’instaurer les réformes assurant la viabilité de la monnaie unique. D’ici là, deux, trois ou quatre groupes de pays homogènes se créeraient au sein de la zone euro, utilisant un euro différent, avec un taux de change différent. Une fois les réformes adoptées, ils retrouveraient la même monnaie, mais cette fois dans des conditions assurant la prospérité de tous.

Q : Cela ne résoudrait pas tous les problèmes de la zone euro, tels que les excédents courants ou le manque d’investissement de l’Allemagne, souvent pointés du doigt comme une source de déséquilibre. Que faire ?

L’excédent courant allemand signifie qu’en face, un ou plusieurs pays enregistrent un déficit, et c’est une mauvaise chose pour tout le monde. Instaurer une taxe sur les excédents serait une façon d’inciter Berlin à agir en la matière.

Q : Début août, vous avez quitté le comité de transparence du Panama, créé par le pays pour rendre son système financier plus transparent après le scandale des « Panama Papers ». Pourquoi ?

C’est très simple. Moi et l’expert anti-corruption, Mark Pieth, avions demandé une chose au gouvernement panaméen, à savoir que nos rapports d’enquête sur le système financier du pays soient rendus publics. Le gouvernement a refusé. Nous avons donc démissionné. Je doute que la volonté de transparence du président panaméen soit aussi solide qu’il ne l’affiche.

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 15:53
Une manifestation est prévue depuis les 8 et 9 juillet...

Une manifestation est prévue depuis les 8 et 9 juillet...

Le préfet de Loire-Atlantique a publié un arrêté autorisant la destruction du campagnol amphibie, un rongeur présent sur le site et protégé

Par Yan Gauchard, correspondant à Nantes pour Le Monde le 15 septembre 2016

Incontestablement, l’étau se resserre autour des opposants. Le préfet de Loire-Atlantique a publié, mercredi 14 septembre, les derniers arrêtés préalables au lancement des travaux du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ces documents autorisent le transfert et la destruction du campagnol amphibie, rongeur classé au rang d’espèce protégée, dont la présence sur la zone avait été oubliée lors du diagnostic environnemental initial. Dans le bocage nantais, on affecte une certaine nonchalance, mais la question taraude les esprits : l’imposant contingent de gendarmes mobiles et de CRS, promis par le premier ministre Manuel Valls pour évacuer le site, sera-t-il mobilisé en octobre pour faire place nette sur le terrain ?

Fin août, Stéphan de Ribou, sous-préfet en charge du dossier de l’aéroport, indiquait que les premiers défrichements ne pourraient être orchestrés tant que les derniers arrêtés n’étaient pas publiés. C’est chose faite. « C’est un bon présage, qui suit le calendrier annoncé par Manuel Valls, salue Alain Mustière, président des Ailes pour l’Ouest, association défendant le projet. C’est aussi la suite logique de la consultation » organisée le 26 juin à l’échelle de la Loire-Atlantique, scrutin qui a vu le oui à l’aéroport recueillir 55,17 % des suffrages, avec un taux de participation de 51,08 %.

« Pas du bluff »

Le sénateur Bruno Retailleau (LR), président de la région et du syndicat mixte aéroportuaire, structure rassemblant les collectivités qui participent au financement du projet, salue « un signal fort de l’État » et veut désormais croire que « plus rien n’empêche l’évacuation de la ZAD [zone d’aménagement différé, rebaptisée « zone à défendre » par les anti-aéroport] et le démarrage des travaux ». Près de 2 500 gendarmes et CRS devraient être mobilisés, estime M. Retailleau.

« Est-ce vraiment le prélude d’une opération des forces de l’ordre ?, interroge Julien Durand, figure emblématique des opposants. On peut le prendre comme ça, mais on ne va pas s’affoler. C’est une stratégie pour maintenir la pression. On va s’occuper de ces arrêtés sur le plan juridique. » Des recours vont être engagés devant le tribunal administratif de Nantes, mais la procédure n’aura pas de caractère suspensif. « Ces arrêtés, ce n’est pas du bluff, admet Françoise Verchère, ancienne conseillère départementale (Parti de gauche), porte-parole du Collectif des élus doutant de la pertinence de l’aéroport. La machine administrative continue imperturbablement sa route. Cela confirme aussi que les porteurs du projet s’assoient sur les jugements scientifiques, puisque le Conseil national de la protection de la nature a émis en avril 2014 un avis défavorable à la destruction du campagnol amphibie. »

La bataille juridique est loin d’être finie. Les recours relatifs aux arrêtés préfectoraux promulgués en décembre 2013 au titre de la loi sur l’eau et de la biodiversité doivent être jugés en appel. Une nouvelle requête vient d’être déposée auprès du Conseil d’État, en vue d’obtenir l’abrogation de la déclaration d’utilité publique du projet. Les adversaires de l’aéroport, qui rappellent que le chef de l’État s’est engagé à ne pas démarrer les travaux avant l’épuisement des recours, soulignent aussi que le contentieux européen n’est pas réglé.

Bruxelles exige une évaluation globale de l’impact du projet prenant en compte la plate-forme aéroportuaire, mais aussi les futures dessertes routières et les liaisons ferroviaires prévues à long terme. La révision du Schéma de cohérence territoriale (SCOT) métropolitain de Nantes-Saint-Nazaire, qui doit être validée en janvier au plus tard, doit permettre de solder ce litige, selon les porteurs du projet. « En attendant, si l’État lance les travaux, il sera en infraction vis-à-vis de l’Europe, affirme Mme Verchère. Manuel Valls a promis que les travaux seraient lancés dans le respect des procédures nationales et européennes, il serait plaisant que les gens qui appellent sans cesse au respect de l’État de droit appliquent ces principes. »

Une grande mobilisation est annoncée samedi 8 octobre. Les opposants espèrent engranger un succès comparable au rassemblement du 27 février, qui a vu déferler sur le site entre 15 000 personnes (estimation des autorités) et 50 000 personnes (chiffre des organisateurs). « On est droit dans nos bottes, on ne bougera pas, prévient Dominique Fresneau, un autre opposant historique. On est chez nous. Si les forces de l’ordre attaquent, on se défendra. » L’ouverture de l’aéroport, projet officiellement chiffré à 650 millions d’euros, dont la délégation a été confiée à une filiale de Vinci, était initialement prévue en 2017.

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8 octobre 2016 - Notre-Dame-des-Landes - Que résonnent les chants de nos bâtons !

https://www.acipa-ndl.fr/actualites/divers/item/686-8-octobre-2016-nddl-que-resonnent-les-chants-de-nos-batons

Manif – Construction – Fête

Acculé par les mobilisations massives des 9 janvier et 27 février, le gouvernement a organisé en juin une consultation biaisée. Se croyant forts du résultat de cette mascarade, les pro-aéroport et le premier ministre ont confirmé leur intention de procéder cet automne à l'évacuation et à la destruction de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, de ses cultures, de sa faune et de sa flore, de ses habitats et activités ainsi que des liens entre toutes celles et ceux qui se sont attaché.e.s à ce bocage. Ces déclarations font fi de la situation juridique du dossier puisqu'entre autres les autorisations de travaux ne sont toujours pas  accordées.

Les porteurs du projet ne semblent pas avoir non plus mesuré la détermination de celles et ceux qui  habitent ce bocage, des militant.e.s engagé.e.s à leurs côtés, le soutien dont ce mouvement bénéficie dans la région et bien au-delà, ainsi que l'implication des comités locaux. Ces 2000 ha de bocage et ce qui s'y vit sont aujourd'hui porteurs d'espoirs indéracinables face au saccage du vivant, des terres agricoles et à la marchandisation du monde. Il est impensable qu'ils disparaissent !

À l'initiative de l'ensemble du mouvement d'opposition au projet d'aéroport, nous marquerons donc le 8 octobre notre volonté commune d'empêcher toute agression contre la ZAD et tout démarrage des travaux. En écho à bien d'autres luttes paysannes, comme au Larzac, nous ferons résonner le sol de milliers de bâtons. Nous les laisserons sur place, en nous engageant ensemble à venir les reprendre, en cas d'intervention, et à défendre la ZAD, ses habitant.e.s, paysan.nes et l'avenir qui s'y construit.

Nous monterons également ensemble un hangar dont les éléments ont été fabriqués durant l'été sur la ZAD par des dizaines de charpentier.e.s. Cette œuvre collective concrétisera notre volonté de nous organiser pour la résistance en créant un lieu qui sera une base d'appui en cas de tentative d'expulsion, autant qu'une structure commune pour le futur.

Convergeons vers Notre-Dame-des-Landes le 8 octobre 2016,
Tous et toutes ensemble, empêchons l'aéroport !

Des bus sont organisés au départ de Paris. Inscriptions dès maintenant par internet  http://www.nddl-idf.fr/2016/09/manif-8-oct-bus-paris/

Plus d'infos sur les sites acipa-ndl.fr et zad.nadir.org

Télécharger l'affiche et le flyer

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 10:23

Le 15 septembre 2016 par martine orange pour Médiapart

Après deux mois d’atermoiements, la première ministre britannique a donné son accord au projet de construction de deux EPR par EDF. Cette décision jette la consternation au sein du groupe et parmi les opposants. Tous redoutent que le projet ne soit fatal à l’électricien public. « Le feuilleton n’est pas terminé », prédit cependant Greenpeace.

 « C’est une catastrophe. » Depuis qu’ils ont appris la décision du gouvernement britannique de valider le projet d’Hinkley Point, ce jeudi 15 septembre, les salariés d’EDF sont comme sonnés. EDF est en danger de mort, à les en croire.

Jusqu’au bout, les multiples opposants, au sein de l’entreprise comme à l’extérieur, en France comme en Grande-Bretagne, avaient espéré que Theresa May allait enterrer ce projet « suicidaire ». Le coup d’arrêt inattendu que la première ministre britannique avait donné fin juillet, quelques heures après son adoption très serrée par le conseil d’administration d’EDF, n’était-il pas le premier signe du retrait ?

Après deux mois de réflexion, Theresa May a finalement donné son feu vert au projet très controversé d’Hinkley Point. Le gouvernement britannique autorise EDF et son partenaire chinois China General Nuclear Power (CGNP) à construire deux EPR d’ici à 2025 pour un coût estimé à 18 milliards de livres (23 milliards d’euros). Le projet est censé fournir à terme 7 % de l’électricité britannique.

Projet d'Hinkley Point © EDF

Le gouvernement français était particulièrement pressé d’obtenir cette annonce et a, semble-t-il, fortement incité Theresa May à annoncer ses intentions sur Hinkley Point rapidement, en tout cas bien avant la fin septembre, comme la première ministre britannique en avait l’intention à l’origine. Car la construction de deux EPR britanniques par EDF est la première pièce du puzzle imaginé par le gouvernement français pour réorganiser la filière nucléaire française. Ou, pour le dire plus brutalement, cacher sa faillite.

Le 22 septembre, le conseil d’administration d’EDF doit se prononcer sur le rachat d’Areva NP, la branche qui construit les réacteurs nucléaires. Aucun audit sérieux n’a été réalisé sur cette activité, en complète déroute. EDF s’est juste entendu avec le gouvernement pour la reprendre au prix fixé de 2,5 milliards d’euros. Sans Hinkley Point, il aurait été difficile d’en justifier le prix de rachat : Areva NP n’a aucune commande et des montagnes de risques juridiques à venir, à commencer par la cuve de Flamanville. Et l’État a un besoin impératif de l’argent d’EDF pour l’aider à recapitaliser Areva, en faillite. D’où le besoin d’une réponse rapide du gouvernement britannique.

Le principal obstacle soulevé par Theresa May pour donner son accord au projet d’Hinkley Point était la présence du partenaire chinois CGNP aux côtés d’EDF. Celui-ci doit, selon un accord signé en octobre 2015 entre David Cameron et le président chinois Xi Jinping, participer à la construction de deux autres EPR à Sizewell (dans l’est de l’Angleterre) et réaliser seul un autre réacteur de conception entièrement chinoise à Bradwell. Beaucoup soulignaient le danger de laisser des actifs essentiels à la sécurité nationale dans des mains chinoises. La préoccupation existe manifestement jusqu’à Washington : la justice américaine faisait opportunément savoir cet été que le groupe chinois et certains de ses responsables étaient poursuivis pour espionnage. Au cours de l’été, les relations entre Londres et Pékin se sont beaucoup tendues sur le sujet, le gouvernement chinois prenant ombrage des soupçons du gouvernement britannique.

« Après avoir réexaminé le projet d’Hinkley Point, nous allons introduire une série de mesures pour renforcer la sécurité et s’assurer qu’Hinkley Point ne pourra pas changer de main sans l’accord du gouvernement », a expliqué le secrétaire d’État à l’économie, Greg Clark, aux députés britanniques jeudi matin, en leur annonçant le feu vert du gouvernement, qui marque la relance du nucléaire en Grande-Bretagne. Selon ce nouvel accord, EDF ne pourra céder tout ou partie de sa participation dans Hinkley Point sans obtenir l’agrément préalable du gouvernement britannique. Par la suite, le gouvernement britannique entend disposer d’une « golden share » (action préférentielle) dans tous les projets nucléaires, afin de garder un droit de contrôle.

Officiellement, il s’agit de la seule modification dans l’accord signé sur Hinkley Point. En tout cas, c’est la seule qui a été notifiée pour l’instant par le gouvernement britannique. Celui-ci a insisté sur le fait que les termes de l’accord commercial n’étaient pas modifiés : le gouvernement britannique s’engage à racheter l’électricité produite par les deux EPR au prix constant de 92,5 livres (108 euros au cours actuel) le mégawatt pendant trente-cinq ans. Ce qui en fait l’énergie la plus chère par rapport à toutes les autres, renouvelables compris. Il n’est pas sûr pour autant que ce prix de rachat soit suffisant pour rendre rentable le projet. D’autant que l’opacité règne sur ce dossier : EDF peut avoir une garantie de prix, mais sans garantie de volume, cela ne vaut pas grand-chose.

Selon EDF, les modifications demandées par le gouvernement britannique sont « mineures » et ne nécessitent pas de nouvelles négociations. Une façon d’exclure par avance toute nouvelle discussion au sein du conseil d’administration. Le président d’EDF, Jean-Bernard Lévy, souhaite sans nul doute l’éviter. Son conseil est plus divisé que jamais sur le sujet. Après qu’il a caché à l’ensemble des administrateurs l’intention du premier ministre britannique de réexaminer le projet pour leur arracher un vote dans la précipitation, la défiance règne. Cinq administrateurs salariés ont engagé une action en justice pour contester les conditions de ce vote et faire sanctionner la situation de conflits d’intérêts dans laquelle se trouvent plusieurs administrateurs “indépendants”.

Cela ne semble guère embarrasser le président d’EDF : il a le soutien du gouvernement. Dès l’annonce de la décision britannique, Manuel Valls s’est fendu d’un tweet, pour se féliciter de cette « excellente nouvelle pour la filière nucléaire française et pour l'emploi dans l’Hexagone ». De son côté, Michel Sapin soulignait que ce projet était « un indéniable succès pour l’industrie française » et « serait d’un grand apport pour l’emploi en France ». Le secrétaire d’État à l’industrie, Christophe Sirugue, parvient même en chiffrer déjà l’incidence : au moins 4 500 emplois seraient créés grâce à Hinkley Point. Un argument repris de l’autre côté de la Manche : le gouvernement britannique pense que Hinkley Point va permettre de créer au moins 26 000 emplois.

Les éléments de langage gouvernementaux mettant en avant les performances du nucléaire français et les emplois à venir ont du mal à trouver grâce auprès des opposants au projet. Tous soulignent les dangers encourus par le groupe qui risque, selon eux, de se retrouver piégé dans un projet industriel et financier à hauts risques, sans avoir les moyens de se développer dans les énergies renouvelables en France, de maintenir son parc et d’assurer la sûreté nucléaire. À terme, tous redoutent le démantèlement de l’électricien public.

 « Il est irresponsable d’engloutir des milliards dans ce projet au risque d’entraîner la faillite d’EDF », a réagi Martine Billard, au nom du Parti de gauche. « Au lieu d’investir dans cet exorbitant éléphant blanc, le gouvernement devrait faire tout ce qu’il peut pour soutenir l’éolien offshore, l’efficacité énergétique et les nouvelles technologies innovantes comme le stockage d’énergie », a dit en écho Caroline Lucas, responsable des Verts en Grande-Bretagne.

« Ce n’est pas la fin du feuilleton », assure Greenpeace à Paris comme à Londres. « Hinkley Point ne se fera pas, en raison des lourds risques techniques, légaux et financiers qui pèsent sur ce projet », soutient l’ONG, rappelant notamment les problèmes de la cuve de Flamanville et les dangers juridiques qui pèsent sur la recapitalisation d’EDF, qui pourrait être contestée au niveau européen.

Le secrétaire d’État à l’industrie a assuré qu’il avait entendu les peurs des salariés de l’entreprise. Il a assuré que l’État serait aux côtés d’EDF pour l’aider à se réorganiser. Cela suffira-t-il pour rassurer les personnels de l’entreprise ? Après les syndicats, les ingénieurs du groupe, la Cour des comptes, les écologistes, sans parler du directeur financier du groupe qui a spectaculairement démissionné pour dénoncer les dangers de ce projet, c’est autour de l’agence de notation Moody’s de lancer à son tour une alarme. Tout de suite après l’annonce, elle avait publié un avis soulignant les risques d’Hinkley Point pour EDF, compte tenu « de son ampleur et de sa complexité ». « Le bilan du groupe devra assumer les conséquences financières d’une très longue phase de construction au cours de laquelle cet investissement ne générera pas de trésorerie », prévient l’agence qui a déjà dégradé le groupe en mai. C’est exactement l’analyse que font les syndicats d’EDF, censés naturellement tout ignorer des réalités industrielles et financières.

Comment expliquer que le gouvernement et la direction d’EDF restent sourds à tant d’avertissements, venus d’horizons si divers, et qui disent tous la même chose ? Mais il est vrai que le nucléaire en France ne se discute pas. C’est juste le fait du prince.

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