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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 17:53

L'appel au vote Macron fonctionne comme un supplice chinois. Car le candidat d’En Marche a l’insupportable talent d’alimenter, chaque jour un peu plus, les raisons que l’on aurait de ne surtout pas voter pour lui, tellement il incarne un projet de régression sociale. Et chaque jour un peu plus, il donne du crédit à la possibilité d'une catastrophe démocratique. Ce qu'il faut à tout prix éviter. Par Laurent Mauduit le 27 avril 2017 sur son blog Le Réveil sur Mediapart.

Pour quiconque a des valeurs ancrées à gauche et rêve d’une République démocratique et sociale, le vote Macron fonctionne comme un supplice chinois. Car le candidat d’En Marche a l’insupportable talent d’alimenter, chaque jour un peu plus, les raisons que l’on aurait de ne surtout pas voter pour lui, tellement il incarne un projet de régression sociale, tellement aussi il symbolise ce système oligarchique français qui anémie notre démocratie. Mais c’est comme une terrible et implacable fatalité : le rejet légitime que suscite cette candidature, l’aversion quasi-viscérale qu’elle engendre dans ce qui reste du « peuple de gauche » rend aussi chaque jour un peu plus possible l’insupportable perspective d’une victoire de la candidate néo-fasciste du Front national.

Pour sortir de ce piège, il n’est donc d’autre solution que de réfléchir sereinement. De tâtonner. D'avoir les uns envers les autres cette capacité d'écoute et de bienveillance que certains courants de la gauche ne pratiquent qu'avec parcimonie. De mutualiser l’immense débat, désordonné mais précieux, qui se fait jour depuis que l’on a appris avec effroi, au soir du 23 avril, que pour la deuxième fois dans l’histoire de la Ve République l’extrême droite s’était qualifiée pour le second tour de l’élection présidentielle. Cet immense débat dont Mediapart s’applique à être la caisse de résonance ou l’organisateur, aussi bien dans son journal que dans son club.

Après beaucoup d’autres, dont mon cher ami Michel Broué (lire ici son billet de blog A nos amis de gauche qui deviennent fous, 2) ou visionner là un entretien avec lui sur sur Mediapart), je voudrais donc dire modestement le regard que j’ai, pour ce qui me concerne, sur les terribles évènements que nous traversons. En même temps que mon opinion sur le meilleur moyen de sortir de ce piège.

Un premier constat, me semble-t-il, s’impose à l’esprit : cette histoire terrible que nous vivons, et qui pourrait se conclure si nous n’y prenons garde par une catastrophe démocratique sans précédent depuis Vichy, par le renversement de la République, est la chronique d’un sinistre depuis très longtemps annoncé, celui d’un parti socialiste qui a accompagné l’émergence d’un capitalisme à l’anglo-saxonne, de plus en plus tyrannique. Un parti socialiste qui a d’abord mollement résisté à ce basculement vers un capitalisme instaurant une tyrannie du capital sur le travail ; puis qui a accompagné ce basculement ; et pour finir qui l’a accéléré brutalement, avec l'aide de zélés hauts fonctionnaires. Dont, au premier rang, Emmanuel Macron.

Très vite, quand ce quinquennat a commencé, le « peuple de gauche », ou ce qu’il en reste, a pu ainsi comprendre qu’une histoire grave était en train de se jouer. On a pu deviner qu’au-delà des maladresses d’un homme, François Hollande, qui n’a jamais été à la hauteur de ses responsabilités ni de sa fonction, au-delà des reniements innombrables dont on pouvait l’accuser et du climat crépusculaire dans lequel il a entraîné tout le pays, c’était à un événement historique auquel nous assistions: les dernières convulsions du plus vieux parti de la gauche française, le parti socialiste, qui est entré en agonie.

Ce sentiment que le pays arrive à un point de bascule de son histoire, ou du moins de celle de la gauche, a d’ailleurs très vite cheminé dans les esprits. Progressivement, c’est devenu une forte évidence : quelque chose d’irréparable, voire d’irréversible, s’est produit depuis l’accession des socialistes au pouvoir. Depuis bientôt trente ans, ces derniers ont souvent plaidé des circonstances atténuantes pour justifier leurs erreurs ou leurs reniements et réclamé à leurs électeurs de leur faire confiance, envers et contre tout. Ils ont battu leur coulpe après leur défaite calamiteuse lors des élections législatives de 1993. Puis fait amende honorable en 2002.

Chaque fois, le « peuple de gauche » (si la formule a encore un sens) a joué le jeu. Chaque fois, d’innombrables citoyens, quelle que soit leur conviction partisane – Nouveau parti anticapitaliste, Front de gauche, Europe Écologie-Les Verts (EELV), parti socialiste, etc. –, ont été au rendez-vous. Quels qu’aient été leurs ressentiments, leur déception et leur lassitude, la grande majorité d’entre eux a continué à voter au second tour d’une élection pour le candidat de gauche le mieux placé. Ne serait-ce que pour faire barrage à la droite.

Nul doute que, en mai 2012, le candidat Hollande a encore largement bénéficié de cette fidélité de l’électorat de gauche à son camp. Il a bénéficié des voix d’un électorat pourtant de plus en plus remonté contre les dirigeants socialistes, mais fidèle aux valeurs fondatrices de la gauche, et à l’idéal qu’elle a parfois porté.

Au lendemain de l’élection de 2012 et depuis lors, le lien entre ces électeurs et, plus largement, le lien entre les citoyens et le cœur du pouvoir socialiste s’est indéniablement brisé. A tout jamais brisé. La colère et le sentiment de déloyauté, de trahison ont pris un autre tour. François Hollande a privé le « peuple de gauche » de sa victoire arrachée à la présidentielle et prolongé quasiment en tout point la politique de Nicolas Sarkozy. Ou même, François Hollande, aidé par Emmanuel Macron, a souvent fait bien pire que Nicolas Sarkozy. Nombreux sont ceux qui ont alors assuré qu’on ne les reprendrait plus jamais à voter pour le PS – en dépit de la menace d’une droite dure ou extrême. Ici est la rupture majeure.

Et puis il y a eu les coups de grâce portés par François Hollande contre son propre camp, avec l’odieux projet (avorté) de déchéance de la nationalité, auparavant défendu par le seul Front national ; avec encore la loi El Khomri, qui a ébranlé le code du travail de manière beaucoup plus grave que les mesures prises sous le quinquennat précédent. Au fil des mois, le « peuple de gauche » – ou ce qu’il en reste – en est donc venu par lui-même à cette triste mais implacable évidence : dans sa configuration actuelle, la gauche est morte. C’est une histoire longue, ancienne de près de deux siècles, qui s’achève sous nos yeux, et que je me suis souvent appliqué à chroniquer (Lire en particulier Sous le naufrage de Hollande, l’agonie du socialisme français). Dans de très nombreux livres, écrits d'abord avec mon vieux complice Gérard Desportes (La gauche imaginaire ou L'adieu au socialisme) pour dresser le bilan des années Jospin, puis écrits seul (L'étrange défaite ou A tous ceux qui ne se résignent pas à la défaîte qui vient), je me suis aussi appliqué à décrire la lente et irrémédiable descente aux enfers du socialisme français.

C’est donc de cette agonie du socialisme français dont Emmanuel Macron est en quelque sorte la borne témoin. Il symbolise à lui tout seul ce que ce quinquennat a charrié de pire. Il en est le symbole d’ailleurs à un double titre. D’abord, c’est lui qui a mis en œuvre ou porté quelques-unes des réformes les plus réactionnaires de ce quinquennat, mettant le plus gravement en cause le modèle social français. Ensuite, il est l’un de ceux qui symbolise aussi de la manière la plus caricaturale qui soit l’adaptation des élites socialistes aux puissances de l’argent, leur intégration dans le système oligarchique français. Ces élites oligarchiques qui d’une alternance à l’autre, sous la gauche comme sous la droite, ont passé près de trente ans à répéter qu’il n’y avait qu’une seule politique économique et sociale possible : la politique économique néo-libérale. Pas de doute donc, comme je l’ai un jour relevé, Emmanuel Macron est bel et bien le candidat de l’oligarchie (Lire Emmanuel Macron, le candidat de l'oligarchie).

C’est donc tout cela dont Emmanuel Macron est le révélateur. Il a commencé à préparer un projet de démantèlement du code du travail sous Nicolas Sarkozy dans le cadre de la Commission Attali ; avant de l’appliquer sous François Hollande (Lire Aux origines de la loi Macron: un projet néolibéral concocté pour Sarkozy). Et maintenant qu’il brigue la présidence de la République, c’est ce même projet de dynamitage social qu’il voudrait encore accélérer.

C’est donc peu dire que pour beaucoup, l’idée de voter Macron s’apparente bel et bien à un supplice. Pourquoi voter pour un candidat qui incarne tout cela ? Par quel masochisme?

Par surcroît, c’est peu dire que la sincérité n’est pas la première des qualités d’Emmanuel Macron – sans doute a-t-il beaucoup appris en ce domaine auprès de François Hollande, qui a construit tout son quinquennat sur une duperie. Je livre ici les preuves que j’en ai accumulées – mais il doit sans doute en exister de nombreuses autres. Par deux fois, j’ai apporté les preuves de graves mensonges publics commis par lui. Oui… des mensonges qui, en d’autres pays que le nôtre, auraient ans doute sonné la fin de la carrière politique de son auteur.

Avec l’aide de mon confrère Adrien de Tricornot, j’ai par exemple apporté la preuve qu’Emmanuel Macron avait, en 2010, trahi la Société des rédacteurs du Monde, dont il était le banquier conseil, lors du rachat du journal par Niel, Pigasse et Bergé, en étant lors de cette opération financière l’agent double du camp adverse, et notamment de l’un de ses organisateurs, Alain Minc (Lire Médias : quand Macron était l’agent double de Minc dans la bataille du « Monde »).

Sur Mediapart, j’ai aussi apporté la preuve du mensonge éhonté qu’il a commis lors de la privatisation de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Alors qu’il avait juré ses grands dieux qu’il ne s’agissait pas d’une privatisation au motif que l’Etat resterait majoritaire au capital aux côtés des collectivités territoriales, j’ai révélé le pacte secret d’actionnaires que l’Etat, sur ses instructions, avait passé avec un oligarque chinois corrompu (Lire Aéroport de Toulouse : Macron rattrapé par son mensonge).

Alors, m’aurait-on dit, voici peu, que je devrais me résoudre à voter Macron ? Je l’avoue, je me serais étranglé de colère ou d’indignation que l’on me suggère une telle perspective. Macron ? Jamais ! Impossible…

Et au surplus, il y a eu ce comportement stupéfiant du candidat d’En Marche au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle. Alors que tous tout ce que le pays compte de républicains, à gauche tout autant qu’à droite, a été saisi d’une terrible inquiétude à l’annonce de la qualification de Marine Le Pen pour le second tour, lui a été faire la fête. Ce n’était pas le Fouquet’s, mais cela y ressemblait tout de même un petit peu (Lire Ils étaient à la Rotonde, invités par Emmanuel Macron).

Qui ne se souvient qu’en 2002, face à la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le second tour, Jacques Chirac, au soir du premier tour, comme au soir du second, avait trouvé les mots justes ? Il avait pris le ton grave, et avait fait comprendre au pays qu’il mesurait la gravité exceptionnels des évènements. « Ce vote m’oblige », avait-il dit au pays.

En vérité, ce vote ne l’a pas du tout par la suite « obligé » – et cela a sûrement aussi contribué à conduire le pays au désastre qu’il connaît aujourd’hui. Mais au moins, pendant un temps, même bref, Jacques Chirac avait-il fait mine de manifester qu’il comprenait que sa victoire ne lui appartenait pas ; qu’il en était en quelque sorte redevable à toutes les forces vives du pays, et pas seulement à ses partisans; qu'il s'agissait en somme d'une victoire de la République sur ses ennemis.

Emmanuel Macron, lui, ne fait pas même semblant. Indifférent au fait qu’une éventuelle victoire – qu’il serait aujourd’hui bien présomptueux de croire assurée- serait en grande partie le produit d’un sursaut du pays contre les dangers de l’extrême droite, il ne tend la main à personne. Il y a de la morgue et de l’assurance dans le personnage. Oligarque jusqu’au bout des ongles, enfant adultérin et monstrueux de l’Inspection des finances et de l’agence Havas…

Et comme par un fait exprès, tout semble se conjuguer pour donner de la candidature d'Emmanuel Macron l'image la plus dissuasive qui soit pour l'électeur de gauche normalelemnt constitué. Ainsi vient-on d'assister à un numéro de drague appuyé de Laurence Parisot, l'ex-présente du Medef, à destination de l'ancien banquier de Rotschild, le pressant dans Marianne de la nommer à Matignon en cas de victoire. Et lui déclarant sa flamme avec empressement : « J'ai une expérience, je suis crédible. Donc je peux être prête ». De quoi assurément faire fuire encore un peu plus les citoyens pour lesquels le gouvernement auquel appartenait Emmanuel Macron avait déjà fait la part beaucoup trop belle aux milieux patronaux.

Du même coup, on se prend à penser – à craindre – ce que pourrait être le terrible scénario de ce second tour de l’élection présidentielle. Emmanuel Macron est tellement l’adversaire idéal dont pouvait rêver la néo-fasciste Marie Le Pen ; il est tellement la caricature de l’oligarchie française, accommodante pour les grandes fortunes et intransigeantes pour les plus modestes ; il vit tellement loin du pays, enfermé dans une bulle de technos et de communicants, qu’on se prend à redouter un scénario noir : une chute progressive dans l’opinion d’Emmanuel Macron ; et une montée en proportion de Marine Le Pen. Une montée... peut-être jusqu'à la ligne de danger.

C’est cela le supplice chinois dont je parlais tout à l’heure. Il tient au fait que 2017 n’a plus grand-chose à voir avec 2002. Voici 15 ans, pendant l’entre-deux tours, nul ne savait à l’avance que Jacques Chirac l’emporterait avec plus de 82% des voix. Mais, passé le traumatisme du premier tour, il est vite apparu que le champion du RPR, soutenu par toutes les forces républicaines, de gauche et de droite, l’emporterait haut la main.

Mais aujourd’hui, c’est une autre configuration. Plus Macron fait du Macron, plus on se prend à penser qu’il risque de perdre du crédit dans l’opinion. Au point de faire craindre une possible victoire de l’extrême droite. C’est précisément cela le supplice chinois – pardon le supplice Macron : chaque jour, le candidat d’En Marche semble s’appliquer à être la caricature de lui-même et à donner de nouveaux arguments à ceux qui n’ont pas voté pour lui au premier tour de ne surtout pas le faire au second. Et chaque jour, face à l’inconstance de la candidature Macron, face à ses aspects repoussants, on peut craindre que la victoire de l’extrême droite ne devienne possible. En 2002, elle semblait impossible ; aujourd’hui, il serait dramatiquement irresponsable de l’exclure. Bref, l’extrême droite est cette fois-ci bel et bien aux portes du pouvoir, ce qui n’était pas encore le cas en 2002. Et naturellement, cela change tout.

Oui, cela change tout, car en 2002, on pouvait, lorsque l’on était de gauche, ne pas vouloir s’abaisser ou s’abîmer à voter pour Jacques Chirac. On le pouvait avec d’autant moins d’inquiétude que la victoire de Jean-Marie Le Pen apparaissait impossible. Mais en 2017, tout a changé : l’extrême droite néo-fasciste pourrait l'emporter.

Or, ma consoeur Marine Turchi a formidablement documenté sur Mediapart, au travers d’innombrables et courageuses enquêtes, que derrière l’image ripolinée que Marine Le Pen voudrait donnait du Front national, il y a toujours la vielle extrême droite française, violente et rance, xénophobe et raciste, en un mot plus que jamais antirépublicaine, avec dans les arrière-salles du parti des groupuscules violents et néonazis. On peut bien sûr en douter, tant les grands médias, oubliant les vieux principes du journalisme honnête selon lesquels le Front national doit être un objet d’enquête et non un objet de débat, donnent peu à voir sur cette réalité inchangée de l’extrême droite française. Mais il suffit de se reporter aux enquêtes de Marine Turchi dont je parle pour comprendre la gravité du danger auquel la République est aujourd’hui confrontée – enquête que l’on peut retrouver ici, , , , , , , , ou encore .

Pour ce qui me concerne, c’est ce constat qui m’a conduit à surmonter mes préventions – pis que cela-, mon aversion à l'égard de la candidature Macron. Qui m’a conduit, quelle que soit la rage ou la colère que j’éprouve, à ne plus penser qu’à une seule chose : tout sauf, sauf la possible victoire d’un parti néo-fasciste ou post-fasciste - peu importe la qualification que l'on retienne ! Tout sauf la possible victoire d’un groupe autour duquel prospère d’innombrables groupuscules qui n’ont cessé d’être xénophobes, racistes voire néo-nazis. Tout sauf Marine Le Pen, même si c’est au prix de cette détestable candidature d’Emmanuel Macron. C’est en substance ce que j’avais suggéré dans un « parti pris » peu avant le premier tour (Lire Pour conjurer le spectre des années 30); c’est ce ce sentiment d’urgence qui m’anime plus que jamais.

Comme le dit remarquablement mon confrère et ami Denis Sieffert sur Politis (son éditorial vidéo est ici), il sera bien temps, ensuite, de débattre d’un rebond de la gauche, en prévision des élections législatives qui suivront. Car si Emmanuel Macron finissait envers et contre tout par gagner, on sait que sa victoire serait fragile - le résultat d'une combinaison de facteurs tellement hors normes qu'ils auraient peu de chances de jouer une seconde fois. On sait aussi que la gauche authentique – les Insoumis qui ont emporté une si formidable résultat lors du premier tour, les écologistes qui restent ancrés à gauche, les frondeurs qui n’ont pas cessé de l’être, les communistes…- pourraient alors, si enfin les sectarismes et les intolérances étaient mis de côté- enclencher une dynamique unitaire qui redonnerait de l’espoir.

On peut, certes, aussi observer qu'une possible victoire d'Emmanuel Macron et la mise en oeuvre du programme de régression sociale qu'il préconise alimenterait encore davantage le vote protestataire et conduirait, cette fois immanquablement, à la victoire de Marine Le Pen à la prochaine échéance. Mais, dans la défense de la République, chaque jour gagné est une opportunité pour organiser la riposte. Une opportunité qu'il serait dangereux de négliger.

Pour cela, il faut donc battre Marine Le Pen. Par tous les moyens, aussi douloureux qu’ils soient. C’est le seul moyen de déjouer le supplice Macron : refonder la gauche, et pour commencer, gagner cette première bataille décisive…

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Published by Vert Lilas - dans Elections National
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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 09:56

Les cas d'intoxications mortelles sur le littoral breton restent non élucidés malgré les alertes des associations. Par Martine Valo le 26 avril 2017 pour Le Monde.

Ramassage d’algues vertes à  Saint-Michel-en-Grève (Côtesd’Armor), en juin 2015. CASTELLI/ANDIA.FR

Ramassage d’algues vertes à Saint-Michel-en-Grève (Côtesd’Armor), en juin 2015. CASTELLI/ANDIA.FR

Yves-Marie Le Lay et André Ollivro forment un tandem d'irréductibles lanceurs d'alerte bien connu en Bretagne. Ils dénoncent sans relâche les méfaits des algues vertes, conséquence de l'agriculture intensive, qui s'échouent sur les côtes par dizaines de milliers de tonnes chaque année à la belle saison. Jeudi 27 avril, les deux dirigeants de l'association Halte aux marées vertes ont prévu de porter leur combat sur le terrain judiciaire à Saint-Brieuc, dans les Côtes-d'Armor.

Leur démarche est double : d'une part, ils veulent assister à l'audience du tribunal des affaires de Sécurité sociale consacrée au dossier de Thierry Morfoisse, un conducteur de camion mort en juillet 2009 alors qu'il déchargeait une cargaison d'algues vertes. Sa famille attend depuis des années que sa mort brutale soit reconnue comme un accident du travail.

D'autre part, MM. Le Lay et Ollivro ont prévu de se rendre au tribunal de grande instance de la ville déposer une plainte contre X pour " mise en danger de la vie d'autrui ". Les deux hommes souhaitent se constituer partie civile avec l'association Générations futures à la suite d'un autre décès, celui de Jean-René Auffray, ce joggeur retrouvé sans vie le nez dans un mélange de sable et d'algues en décomposition, le 8 septembre 2016, dans l'estuaire du Gouessant, entre Hillion et Morieux (Côtes-d'Armor).

Pourquoi ne pas admettre comme explication une banale crise cardiaque ? Parce que, à cet endroit précis, au moins trente-six sangliers ont péri, intoxiqués à l'hydrogène sulfuré (H2S), six ans plus tôt. Et parce que plusieurs accidents survenus sur le littoral des Côtes-d'Armor méritent plus d'attention qu'un classement sans suite. Si les algues vertes sont ramassées sur les plages, les vasières se révèlent un piège mortel.

En 2011, après l'hécatombe de sangliers, les analyses de leurs dépouilles avaient établi la responsabilité du H2S, un gaz que les algues dégagent en pourrissant. Nathalie Kosciusko-Morizet, alors ministre de l'écologie, commande deux rapports d'experts. Ces derniers soulignent que respirer pendant quelques secondes des concentrations de 1 000 parties par million (ppm) d'hydrogène sulfuré cause des formes suraiguës d'intoxication chez les humains, avec des atteintes du système nerveux central et des symptômes de détresse respiratoire. La mort survient ensuite par arrêt cardiaque au bout de cinq à dix minutes.

Affaires classées

Pourtant, le procureur de Saint-Brieuc, Bertrand Leclerc, n'a pas immédiatement été frappé par les circonstances de la mort de M. Auffray. Dans un premier temps, il n'a pas demandé d'autopsie du défunt, sportif confirmé de 50 ans, avant de se raviser et d'ordonner l'exhumation de son corps quinze jours plus tard. Entre-temps, les associations de défense de l'environnement s'étaient bruyamment mobilisées pour réclamer une enquête.

En décembre 2016, le procureur concluait que les médecins légistes n'avaient pas " exclu un décès d'origine toxique ". Il notait aussi que les vasières du Gouessant, où les émanations de gaz peuvent " atteindre rapidement plus de 1 000 ppm ", paraissent constituer " un risque réel ". Néanmoins, début avril, il classait l'affaire, faute " de lien de causalité direct ",comme pour les cas précédents. L'appel de huit médecins et toxicologues réclamant la communication du compte rendu de l'autopsie n'a pas été entendu.

" On est dans un certain déni, parfois, reconnaît Thierry Burlot, vice-président (PS) du conseil régional chargé de l'environnement. Le danger existe, je pense qu'on sous-estime les risques. " Le propos est méritoire, car, en Bretagne, on ne s'épanche guère publiquement sur ce phénomène. La préfecture des Côtes-d'Armor, par exemple, refuse d'évoquer ce " sujet sensible " en période électorale.

D'autres accidents attendus

" Il y aura d'autres accidents, pronostique Pierre Philippe, médecin urgentiste au centre hospitalier de Lannion, mais je ne suis pas sûr que cela changera quoi que ce soit. " Le docteur Philippe est l'un des premiers à avoir tenté d'alerter sur la toxicité de l'hydrogène sulfuré. Il a commencé à s'interroger sur ce danger après avoir reçu, en juin 1989, le corps d'un premier joggeur, âgé de 26 ans, retrouvé sur un amas d'ulves à Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d'Armor).

" J'ai essayé d'obtenir les résultats de son autopsie, on m'a renvoyé de laboratoires en procureur, je n'ai -jamais pu les consulter ", témoigne le médecin. Dix ans plus tard, un conducteur d'engin est pris de convulsions et tombe dans le coma en collectant des algues vertes sur la même plage. Puis, le 28 juillet 2009, un cheval est foudroyé lors d'une promenade au bord de la mer, toujours à Saint-Michel-en-Grève. Son cavalier -arrive aux urgences.

" Si je n'avais pas été de service ce jour-là, l'animal serait parti à l'équarrissage en un rien de temps, relate Pierre Philippe. Nous avons dû insister, son propriétaire et moi, pour obtenir que des prélèvements soient réalisés. " La présence très importante de H2S est finalement attestée. " Au fur et à mesure, je me suis rendu compte qu'il existe de toute évidence une volonté de désinformation sur ce sujet, affirme M. Philippe. A chaque fois, on commence par nier la réalité du lien -entre des œdèmes pulmonaires et l'hydrogène sulfuré. "

Conséquence directe de l'agriculture intensive, les marées vertes s'étendent désormais de la Normandie à la Vendée, mais la Bretagne reste la plus touchée, dans huit baies en particulier. Deux d'entre elles ont enregistré plusieurs accidents : à Saint-Michel-en-Grève et à Hillion. Avant l'épisode des sangliers, cette côte-là avait déjà défrayé la chronique à l'été 2008, avec la mort de deux chiens de 13 kg et 20 kg, tombés raides morts sur un tas d'ulves en quelques instants. Leur propriétaire avait porté plainte. La justice n'avait pas donné suite, les prélèvements réalisés sur les chiens ne permettant pas de conclure.

Après plusieurs plaintes déposées à leur sujet par des défenseurs de l'environnement, le cas des sangliers, lui, continue d'être instruit au pôle santé du tribunal de grande instance de Paris.

La famille de Thierry Morfoisse a reçu au contraire une même fin de non-recevoir. Le conducteur de 48 ans est décédé le 22 juillet 2009, juste après avoir déchargé pour la troisième fois de la journée le contenu de sa benne à la déchetterie de Launay-Lantic. A cette époque, les ulves y mijotent plusieurs jours à l'air libre et les employés ne portent aucun équipement de protection. Le 7 septembre, une enquête est ouverte par le pro-cureur de Saint-Brieuc d'alors, -Gérard Zaug. Il classe l'affaire sans suite deux mois plus tard, en mettant en doute l'état de santé préalable de M. Morfoisse, et sans entendre les collègues du chauffeur.

Halte aux marées vertes, l'association d'André Ollivro et Yves-Marie Le Lay, s'est battue pour que l'on n'en reste pas là. En 2010, des analyses finissent par être rendues publiques : une forte présence de H2S est décelée dans le sang de M. Morfoisse. La famille porte plainte. Le pôle santé se saisit du dossier et ordonne une expertise toxicologique. Celle-ci ne sera finalement pas jugée probante, faute d'un échantillon correctement conservé. Par ailleurs, la caisse primaire d'assurance maladie des Côtes-d'Armor a refusé de reconnaître le caractère professionnel de l'accident.

Le défenseur de la famille, Me François Lafforgue, va tenter d'obtenir un arbitrage plus favorable. Il tient à la disposition des juges des affaires sociales la liste des accidents survenus dans les -Côtes-d'Armor. L'avocat conseille aussi MM. Ollivro et Le Lay, qui espèrent que toutes leurs démarches juridiques parviendront au moins à imposer un nouveau protocole en cas de décès suspect sur le littoral. Ils demandent que soient prélevés et conservés dans de bonnes conditions deux échantillons de sang de la victime.

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Des échouages précoces et massifs

Le littoral breton enregistre le pire début de saison des marées vertes depuis 2009, avec des échouages massifs d'algues vertes apparus dès -janvier. Les ramassages ont déjà commencé alors qu'ils avaient démarré à la mi-mai en 2016 et 2015. Plus de 1 600 tonnes d'algues ont été récoltées dans la baie de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d'Armor) depuis début 2017.

Il est trop tôt pour pronostiquer ce qu'il en sera cet été, mais les spécialistes savaient que le printemps s'annonçait mal, à cause des fortes concentrations d'ulves observées à l'automne 2016, après un printemps précédent pluvieux.

La région a conduit un plan de lutte entre 2011 et 2016 – de 114 millions d'euros au total –, qui vise à convaincre les agriculteurs de changer de pratiques. Depuis 2010, les taux des nitrates sont en baisse dans les rivières, mais la Bretagne n'a pas fini de payer ses pratiques agricoles passées.

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 15:43

Le politologue belge François Gemenne déconstruit l’expression « appel d’air », qui déshumanise les migrants et repose sur un mensonge. Entretien par Ingrid Merckx le 26 avril 2017 pour Politis. Lire aussi par François Gemenne Migrants : dix raisons de les accueillir dignement en Europe et d'ouvrir les frontières et Dynamiques nouvelles des migrations internationales.            Mobilisons-nous localement avec La Grande Grande Parade Métèque qui aura lieu cette année le samedi 1er juillet 2017. Premiers chars en construction début mai, tous les détails et l'adhésion sur cf http://www.lagrandeparademeteque.org/.

Philippe Huguen-AFP

Philippe Huguen-AFP

Spécialiste en géopolitique de l’environnement, François Gemenne explique en quoi l’idée d’appel d’air fait fi des études sérieuses sur les migrations pour servir le « bon sens populaire », alimenter la peur brandie par l’extrême droite et justifier des politiques d’accueil restrictives. Il rappelle que la France n’est plus un pays attirant et que ce qui pousse les gens à choisir un pays c’est la langue, la famille éventuellement déjà établie et la possibilité d’y trouver du travail.

D’où vient la notion d’appel d’air ? A-t-elle une réalité ?

François Gemenne : J’aurais beaucoup de mal à retracer la généalogie exacte de cette expression. Mais deux choses sont certaines. D’abord, elle s’inscrit dans la lignée des métaphores qui visent à déshumaniser les migrants : l’appel d’air, la vague, le grand remplacement, la fuite d’eau… Toutes ces expressions considèrent les migrants comme des choses matérielles, et les flux migratoires comme des problèmes à résoudre, voire des réparations domestiques à effectuer. Quand on sait que plus de 5 000 migrants sont morts l’an dernier en Méditerranée, ce vocabulaire est indécent.

Ensuite, comme toutes les expressions que je viens de mentionner, celle-ci trouve sa source dans un prétendu « bon sens populaire » qui ne se vérifie pas du tout dans les études sérieuses. Tout le problème de notre perception des migrations est là : nos connaissances ne corroborent pas nos a priori, nos perceptions des migrations sont très différentes des réalités. Mais un mensonge simple est plus facile à croire qu’une vérité compliquée, et beaucoup de politiques ont, hélas, parfaitement compris cela.

La thèse de l’appel d’air suppose que les migrants maîtrisent leur trajet et le choix de leur destination. Cette vision tient-elle face à une guerre, à une catastrophe, à des persécutions, à la misère… ?

L’idée de l’appel d’air, c’est qu’un pays qui aurait une politique migratoire plus ouverte, ou une politique sociale plus généreuse, attirerait automatiquement un grand nombre de migrants. Or, on sait que les politiques du pays d’accueil n’entrent pas en ligne de compte dans le choix du pays de destination : ce qui compte, c’est la maîtrise de la langue, la présence antérieure de membres de sa famille ou de sa communauté, et la possibilité d’y trouver un travail.

C’est encore moins le cas lorsqu’on doit fuir une situation désespérée : là, on va où l’on peut, et on essaie généralement de rester assez proche de la zone que l’on a fuie. N’oublions pas que la majorité des déplacés du conflit syrien, par exemple, ont fui à l’intérieur même de la Syrie, et les autres sont dans les pays limitrophes. Seule une toute petite minorité est en Europe. Et lorsqu’on doit avoir recours aux services d’un passeur, c’est évidemment le passeur qui décide. C’est pour cela que l’Europe, en fermant ses frontières extérieures, a de facto confié les rênes de sa politique migratoire aux passeurs : ce sont eux qui décident.

Cette crainte de l’appel d’air, qui était brandie par l’extrême droite, a contaminé une bonne partie de la gauche au pouvoir, qui l’utilise pour justifier des politiques d’accueil restrictives. Faut-il y voir une forme de lepénisation des esprits ou une conséquence de ce qu’on a appelé la « crise des réfugiés », avec des zones de concentration de migrants et une crispation de certains habitants des régions concernées, comme dans le Calaisis ?

Les deux facteurs ont dû jouer pour la gauche. D’abord, depuis le milieu des années 1980, elle a largement accepté le cadre de pensée de l’extrême droite sur les questions d’asile et d’immigration – ce que Laurent Fabius a exprimé avec sa célèbre formule « le FN pose les bonnes questions mais apporte les mauvaises réponses ». Depuis cette époque, c’est le FN qui pose les questions, dicte les termes du débat et impose le vocabulaire – de l’« appel d’air » aux « islamo-gauchistes ». Pour la gauche, c’est une défaite politique et morale absolue.

Ensuite, il y a bien sûr l’incapacité totale des gouvernements de l’Union européenne – à l’exception de quelques-uns, voir Berlin et Stockholm – et de l’Union européenne elle-même à gérer dignement la « crise des réfugiés », à apporter une réponse à la hauteur de l’ambition de son projet politique. Le résultat a été une fuite en avant généralisée, et l’on a concentré migrants et réfugiés dans des camps, aux points de fermeture des frontières : à Calais, en Grèce, en Serbie… Calais restera, qu’on le veuille ou non, un point de passage vers l’Angleterre, qui elle-même restera, qu’elle le veuille ou non, une destination majeure pour les migrants. Plus tôt on reconnaîtra cela, plus on pourra mettre en place une politique appropriée.

Hormis le NPA et Lutte ouvrière, les partis de gauche ne défendent plus l’ouverture des frontières, la liberté de circulation et la régularisation des sans-papiers, comme lors du mouvement de défense des sans-papiers (avec l’occupation de l’église Saint-Bernard en 1996) ou de la création du Réseau -éducation sans frontières. La gauche marque-t-elle un recul sur l’accueil et la solidarité avec les migrants ?

Oui. Et c’est absolument dramatique. La gauche a considérablement reculé sur les questions d’ouverture et de solidarité. Elle a reculé sur les trois termes de la devise républicaine, en fait : la liberté de circulation, l’égalité des droits et la fraternité entre les hommes. Comme je le disais, c’est une faillite totale.

Cependant, il reste tout de même des raisons d’espérer : en Belgique, le parti écologiste francophone (Écolo), qui est un parti de gouvernement, une force politique importante dans le pays, vient d’inscrire la liberté de circulation dans les objectifs programmatiques. En France, un candidat comme Benoît Hamon a sollicité des chercheurs (dont moi-même) pour porter des propositions plus ouvertes sur cette question, tels le visa humanitaire ou la lutte contre les discriminations. Tout n’est donc pas perdu quand même !

Comment comprendre qu’on veuille ne pas « accueillir trop bien » pour ne pas créer un appel d’air ? En quoi l’appel d’air s’entrechoque-t-il avec les droits de l’homme et plus précisément le droit d’asile ?

C’est complètement absurde. C’est comme si l’on disait : faisons en sorte que notre marché du travail soit sclérosé, on attirera moins de migrants ! Imposons le breton comme langue nationale : puisque aucun migrant ne parle breton, ça les découragera de venir ! Le mieux que l’on puisse faire, pour ne pas créer un appel d’air, c’est de plonger le pays en récession et d’y supprimer les libertés publiques…

La réalité, c’est d’abord que la France n’est pas – n’est plus – un pays attirant pour les migrants et les réfugiés. L’exemple le plus frappant est celui de la jungle de Calais, où 10 000 personnes attendaient dans des conditions humanitaires lamentables dans l’espoir de franchir la frontière britannique, alors que 70 % d’entre eux étaient éligibles à l’asile en France ! La « France terre d’asile », c’est un mythe, une légende, hélas. En outre, il faut toujours rappeler que le droit d’asile est un droit de l’homme fondamental : un pays n’a pas à chercher à faire augmenter ou diminuer le nombre de demandeurs d’asile. Il doit accorder l’asile à ceux qui ont besoin d’une protection, selon les termes de la Convention de Genève. Il n’y a aucune discussion à avoir là-dessus.

Peut-on contredire l’argument de l’appel d’air ? Que répondre à ceux qui l’emploient, voire l’instrumentalisent ?

Ce qui crée cette idée, je crois, c’est l’impression qu’il existe une « crise migratoire » généralisée, avec des millions de personnes massées aux portes de l’Europe, et que tout pays qui ouvrirait une brèche dans la logique de rejet des migrants et des réfugiés les verrait débarquer en masse. Je pense que les gens restent marqués par l’exemple allemand, quand la décision digne et courageuse de la chancelière Angela Merkel de suspendre l’application des accords de Dublin (et donc de ne plus renvoyer les demandeurs d’asile à leur point d’arrivée en Europe) avait entraîné l’arrivée de près d’un million de réfugiés. Mais cette arrivée n’était pas chaotique, elle était organisée ! Et elle faisait partie de ce qu’Angela Merkel a appelé le « rendez-vous de l’Allemagne avec la mondialisation ».

Nous persistons à ne pas vouloir organiser les migrations de peur de créer un « appel d’air » : mais c’est précisément cette désorganisation, cette obstination à vouloir vainement « résister » aux migrations, qui crée le chaos ! C’est notre aveuglement idéologique qui empêche la recherche de toute solution pragmatique.

Tous les pays ne sont pas exposés de la même manière aux catastrophes climatiques, que devient l’appel d’air face à cette inégalité environnementale ?

Les impacts du changement climatique, qui déplacent aujourd’hui déjà des millions de personnes, touchent en premier lieu les pays en développement. Et les migrations liées au climat sont d’abord des déplacements internes, que les pays en développement ont souvent beaucoup de mal à gérer. C’est pour cela qu’une partie d’entre eux se transforment en migrations internationales, parfois vers l’Europe.

Rappelons que l’agriculture représente le principal moyen de subsistance d’environ 50 % de la population africaine. Cela signifie que toute variation climatique a un impact direct sur les revenus d’au moins 50 % des Africains. Ceux que nous appelons « migrants économiques » sont aussi souvent, en réalité, des « migrants climatiques ». Nous nous obstinons à vouloir séparer clairement les motifs des migrations, alors que ces différents motifs se superposent et s’influencent mutuellement : pour ceux qui dépendent directement de l’agriculture, l’environnement et l’économie, c’est la même chose ! De la même façon, nous persistons à séparer strictement les migrations internes des migrations internationales, alors que les secondes sont souvent la continuation des premières.

François Gemenne Chercheur en science politique à l’université de Liège (Cedem) et à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (Cearc), chercheur associé au Ceri/Sciences Po.

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 09:07

Un modèle énergétique décarboné est « techniquement et économiquement possible », selon l’ETC, une organisation internationale regroupant les grands acteurs industriels et environnementaux de l’énergie. Après le succès de la Marche pour la science samedi 22 avril (lire Valérie Masson-Delmotte : « Défendre la science, ce n’est pas seulement pour le climat » ) : coïncidant avec le jour de la Terre, elle a mobilisé plusieurs dizaines de milliers de manifestants à Washington, mais aussi donné lieu à plusieurs centaines de cortèges aux États-Unis et à travers le monde et visait à rappeler le rôle essentiel que la science joue dans la société. Un article de Pierre Le Hir le 25 avril 2017 pour Le Monde.

Éviter la surchauffe de la planète, tout en stimulant le progrès économique et social, est à notre portée. Venant d’associations écologistes, la profession de foi n’aurait rien de très neuf. Mais elle émane de l’Energy Transitions Commission (ETC), une organisation internationale regroupant de grands acteurs industriels de l’énergie (dont des entreprises du secteur fossile comme le pétrolier Shell ou la compagnie minière BHP Billiton), des établissements financiers (Banque mondiale, HSBC, Bank of America Merrill Lynch…), ainsi que des partenaires scientifiques et environnementaux (comme le World Resources Institute, le Rocky Mountain Institute ou l’European Climate Foundation).

Ce rassemblement « œcuménique », qui compte parmi ses membres l’ancien vice-président américain Al Gore, veut réconcilier développement économique et action climatique. C’est dans ce cadre qu’il publie, mardi 25 avril, un rapport de 120 pages traçant la voie vers une « meilleure énergie » et une « plus grande prospérité ».

Le point de départ est l’engagement pris par la communauté internationale, lors de la COP21 de 2015 à Paris, de contenir la hausse des températures « bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels ». Pour empêcher cet emballement, rappellent les auteurs, il est impératif de faire chuter les émissions mondiales de CO2 à 20 milliards de tonnes (gigatonnes ou Gt) par an à l’horizon 2040, soit une division par deux par rapport à leur niveau actuel (36 Gt), sachant qu’elles grimperont à 47 Gt si les rejets de gaz à effet de serre se poursuivent au rythme actuel. Une rupture « techniquement et économiquement possible si nous agissons dès maintenant », assure le président de l’ETC, le Britannique Adair Turner. Cela, tout en garantissant à chacun « une énergie abordable, fiable et durable ».

Priorité à l’électricité décarbonée

Il y faut une transformation radicale du système énergétique mondial, qui repose aujourd’hui à 80 % sur les ressources fossiles (charbon, pétrole et gaz), responsables des trois quarts des émissions carbonées de l’humanité. La priorité devrait être donnée à une électricité décarbonée, issue de ressources renouvelables. Celle-ci, dont le coût ne devrait pas excéder 70 dollars (65 euros) le mégawattheure en 2035 – un niveau compétitif par rapport aux fossiles –, pourrait représenter 80 % du mix électrique mondial en 2040, dont 45 % provenant du solaire et de l’éolien, grâce à la baisse continue du prix de ces technologies et des systèmes de stockage. Ce verdissement contribuerait pour moitié à la réduction des émissions de CO2.

Des efforts de recherche « substantiels » devraient toutefois être menés pour décarboner aussi les secteurs difficiles à électrifier « à des coûts raisonnables », comme les transports, la construction ou certaines activités industrielles, en poussant les bioénergies ou le captage du CO2. Dans le même temps, la « productivité énergétique », ratio entre la production économique et l’énergie consommée, devrait être très fortement améliorée, en déployant des produits et des services moins énergivores. Ce qui pourrait contribuer pour près de 30 % à la baisse des émissions de carbone.

Dans ce nouveau paysage, les fossiles n’auraient pas complètement disparu. Mais leur part aurait reculé d’un tiers. La diminution nécessaire est drastique pour le charbon (– 70 %) et très significative pour le pétrole (– 30 %), le recours au gaz restant en revanche quasiment stable (+ 2 %). Pour éliminer l’excès résiduel d’émissions carbonées, il faudrait encore déployer des procédés de captage et de stockage du CO2 à grande échelle et développer son recyclage en matière première incorporée à des productions industrielles.

« Importants bénéfices sociaux »

Pour réussir cette transition, les auteurs évaluent entre 300 et 600 milliards de dollars (275 à 550 milliards d’euros) par an les investissements supplémentaires à consacrer au système énergétique. Une charge qui, selon eux, « ne constitue pas un défi macroéconomique majeur », si on la rapporte au PIB mondial (environ 70 000 milliards de dollars). Mais les dépenses devraient être réorientées, à la baisse dans les combustibles fossiles (–175 milliards de dollars par an durant les deux prochaines décennies), à la hausse dans les renouvelables et les technologies bas carbone (+ 300 milliards par an). Une large part des crédits devrait aller à la sobriété énergétique des bâtiments et des équipements (+ 450 milliards par an).

Face à ce coût, les rédacteurs du rapport mettent en avant d’« importants bénéfices sociaux », comme l’amélioration de la qualité de l’air, de la santé et de l’espérance de vie, ainsi que « les opportunités économiques » liées à l’essor de nouvelles filières industrielles. Pour le vice-président de l’ETC, l’Indien Ajay Mathur, « le monde peut transformer les défis en opportunités non seulement dans les économies développées, mais aussi dans les pays émergents ».

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 18:08

Trente et un ans après la catastrophe nucléaire, rien n’est prévu pour démanteler le réacteur ukrainien sinistré. Par Pierre Le Hir le 25 avril 2017 pour Le Monde.

Aux Lilas, ce mercredi 26 avril 2017 à 18h30 sur le parvis de la Mairie, une commémoration des 31 ans du début de l'accident nucléaire survenue à Tchernobyl (Ukraine), aura lieu, autour de quelques textes lus, prises de parole spontanées, distribution de tracts, dessins, messages, initiée par Ensemble ! (ensemble.lllp@gmail.com). Vous êtes invité-e-s à participer de la manière qui vous conviendra le mieux - tract ci-dessous.

La nouvelle arche de confinement posée sur le réacteur accidenté, vue de la ville abandonnée de Pripiat, le 5 avril. GLEB GARANICH / REUTERS

La nouvelle arche de confinement posée sur le réacteur accidenté, vue de la ville abandonnée de Pripiat, le 5 avril. GLEB GARANICH / REUTERS

Le 26 avril 1986, le réacteur n° 4 de la centrale de Tchernobyl explosait, provoquant la plus grave catastrophe de l’histoire de l’atome civil. Trente et un an après, le risque nucléaire en Ukraine reste « très préoccupant », estime Michel Chouha, spécialiste de l’Europe de l’Est à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), l’établissement public français chargé de la recherche et de l’expertise dans ce domaine.

La pose, fin 2016, d’une arche géante sur le réacteur accidenté, destinée à assurer son confinement pendant cent ans, a été largement médiatisée. La situation est-elle désormais sécurisée ?

La nouvelle arche de confinement constitue une avancée très significative dans la sécurisation du vieux sarcophage [construit dans l’urgence après l’accident et très dégradé depuis] et, de manière plus générale, du site de Tchernobyl. Mais il ne faut pas en exagérer la portée. Sa construction visait trois objectifs : protéger le vieux sarcophage des agressions climatiques pour qu’il ne se dégrade pas davantage ; éviter la dispersion des matières radioactives qu’il renferme dans l’environnement ; permettre son démantèlement et l’enlèvement de toutes les matières radioactives dans des conditions optimales.

Le dernier objectif est de loin le plus important. Car le but ultime est la transformation du site de Tchernobyl, à terme, en un site « écologique » sûr. Or, sans le démantèlement du vieux sarcophage et l’enlèvement de toutes les matières radioactives qu’il renferme encore, ce résultat ne pourra jamais être atteint et l’arche n’aura pas rempli sa mission. Elle représente une étape, certes majeure, mais le plus important reste à réaliser et doit commencer le plus tôt possible. L’arche est conçue pour durer cent ans, mais cela ne veut nullement dire que l’on peut attendre cent ans. L’état de l’ancien sarcophage ne permet pas d’attendre. Il faut agir avant qu’il ne soit trop tard.

Le réacteur accidenté contient toujours une énorme quantité de matériaux radioactifs. Existe-t-il un plan pour le démanteler ?

Au moment de l’accident, le cœur du réacteur contenait environ 200 tonnes de combustible nucléaire – uranium et plutonium –, dont près de 90 % sont encore ensevelis sous le vieux sarcophage, avec les ruines du bâtiment du réacteur (principalement des structures métalliques et du béton). Il faut y ajouter les 5 000 tonnes de matériaux divers (métaux, sable, argile, bore, etc.) qui ont été déversés sur l’installation dans les jours qui ont suivi l’accident, pour éteindre le feu et enterrer le cœur très radioactif du réacteur détruit.

A ce jour, les programmes de démantèlement du vieux sarcophage et de retrait des matières radioactives ne sont pas encore établis. Les technologies qu’il faudra mettre en œuvre pour assurer ces opérations, qui devront se réaliser en grande partie de manière robotisée, ne sont pas non plus au point. Les politiques et les programmes à suivre devront d’abord être définis par les autorités ukrainiennes locales et nationales. Il faudra ensuite développer les outils et les méthodes appropriés, pour enfin procéder au démantèlement et à l’enlèvement de toutes les matières radioactives. Tout cela nécessitera au moins plusieurs décennies. Aujourd’hui, il n’existe même pas de stratégie arrêtée.

L’Ukraine a-t-elle les moyens scientifiques, techniques et financiers de mener à bien un tel chantier ?

L’Ukraine est un pays de tradition scientifique et technique. Mais ses moyens sont sans commune mesure avec les défis de ce démantèlement. Les opérations à mener, de haute technicité, n’ont encore jamais été réalisées à pareille échelle. Pour ce chantier exceptionnel, l’Ukraine aura besoin d’un concours international. La tâche sera plus difficile et plus longue que la construction de l’arche, et une coopération sera nécessaire avec des pays avancés dans le domaine des hautes technologies.

Les coûts seront eux aussi très lourds. Il est très probable que l’Ukraine se retrouve dans l’incapacité de faire face seule à cet immense défi. Elle fera alors très vraisemblablement de nouveau appel à la communauté internationale pour un effort commun, comme cela a été le cas pour l’arche dont le coût, de près de 1,5 milliard d’euros, a été financé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, avec le concours d’une quarantaine de pays, principalement européens.

L’Ukraine reste un pays très nucléarisé avec, outre la centrale de Tchernobyl dont le dernier réacteur a été arrêté en 2000, quatre autres complexes atomiques de conception ancienne. La sûreté de cette filière est-elle assurée ?

Avec un parc de 15 réacteurs en exploitation, la part d’électricité d’origine nucléaire atteint environ 50 % en Ukraine, ce qui en fait l’un des cinq premiers pays au monde selon ce critère. Elle possède en outre des réacteurs de recherche, des installations d’entreposage de combustible nucléaire usé, ainsi que des installations de traitement et d’entreposage de déchets radioactifs, avec des volumes accumulés très importants. Tout cela constitue une source de risque qui exige une veille constante, pour maintenir une sûreté sans faille en toute circonstance.

Les instabilités politiques ou sociales sont, de façon générale, des facteurs défavorables. Les conditions économiques dégradées le sont tout autant. Or, depuis trois ans, l’Ukraine est en conflit ouvert avec son grand voisin, la Russie. Ce conflit, très dommageable au plan global, revêt un caractère particulièrement critique pour ce qui concerne le secteur nucléaire. Les 15 réacteurs de l’Ukraine sont tous de conception russe. Le conflit pourrait isoler l’exploitant ukrainien de son fournisseur. Des pièces détachées pourraient manquer. La maintenance des réacteurs risque d’en pâtir. Sans compter le problème de la fourniture de combustible, que l’Ukraine tente de résoudre en recourant à des fournisseurs étrangers, avec les risques qui en découlent.

Tous ces éléments réunis rendent la situation très préoccupante. D’autant que l’exploitant a décidé de prolonger d’une vingtaine d’années la durée de fonctionnement de ces réacteurs. L’Ukraine est vraisemblablement le pays qui présente aujourd’hui le niveau de risque nucléaire le plus élevé en Europe.

À Tchernobyl, « il faut agir avant qu’il ne soit trop tard »
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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 14:02

Associée à la préférence nationale du côté de Le Pen et réduite à la marge du programme de Macron, la transition écologique est la grande perdante du premier tour. Et ce, alors même qu’elle était au cœur des programmes des candidats de gauche, du NPA au PS. Par Coralie Schaub et Florian Bardou le 25 avril 2017 pour Libération.

Des éoliennes, le 13 janvier 2017, près de Villeveyrac, dans le sud de la France. Photo Pascal Guyot. AFP

Des éoliennes, le 13 janvier 2017, près de Villeveyrac, dans le sud de la France. Photo Pascal Guyot. AFP

En février dernier, quelques jours après la victoire de Benoît Hamon à la primaire de la gauche, Nicolas Hulot manifestait ainsi sa déception quant à la place de l’écologie dans la campagne présidentielle 2017 : « Sommairement résumé, à droite l’on perçoit une réelle indifférence, pire, chez certains une tragique aversion manifeste sur ces sujets, malgré quelques tentatives isolées pour les faire émerger. Et à gauche, on sent qu’après avoir été si longtemps sous-traitée aux seuls écolos politiques, force est de constater que la mutation se dessine enfin ».

Les faits donnent raison à l’ancien présentateur de l’émission Ushuaïa. Pour la première fois dans une campagne présidentielle, la lutte contre le changement climatique adossée à la transition écologique a bien été au cœur des programmes des candidats de toute la gauche confondue (du « futur désirable » de Benoît Hamon à la « planification écologique de Jean-Luc Mélenchon sans oublier l’anticapitalisme de Philippe Poutou en réponse « aux urgences climatiques »). Pour autant, malgré les relevés de températures confirmant mois après mois un réchauffement record du climat mondial, le thème n’a pas été le moteur des débats présidentiels et les nouvelles propositions pour remédier à la crise climatique et à la dégradation des écosystèmes ont été passées sous silence.

Les résultats du premier tour de l’élection présidentielle ne sont guère plus prometteurs pour ces sujets. Avec la victoire d’Emmanuel Macron et la qualification de Marine Le Pen, la question écologique ne passe pas le second tour. On pouvait y croire en 2012, quand François Hollande, rallié par Europe Écologie - Les Verts malgré un programme bien moins ambitieux que son successeur au PS, promettait la transition énergétique et « l’excellence environnementale ». Cinq ans plus tard, et malgré un discours similaire aujourd’hui chez Emmanuel Macron, difficile de se faire des illusions.

« Écologie patriote »

Commençons par la représentante du FN. La candidate frontiste a beau avoir doté en 2014 le Rassemblement bleu marine (RBM) d’un collectif, Nouvelle Écologie, et avoir repeint en vert son programme nationaliste « pour une écologie patriote », sa stratégie n’est rien d’autre que la démonstration de sa volonté de ratisser au-delà du FN grâce aux thèmes écologistes. Rappelons d’abord que Marine Le Pen défend corps et âme la modernisation de la filière du nucléaire tout en demandant un moratoire sur l’éolien. Une drôle de transition énergétique, soi-disant au service de l’indépendance de la France avant toute chose.

En matière de transports, de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de lutte contre les pollutions, même analyse. Malgré son souhait de développer la voiture à hydrogène, l’eurodéputée FN ne remet pas en cause le transport sur route et le tout-voiture - elle s’est d’ailleurs opposée à l’écotaxe ou à la taxation du diesel - et elle dénonce « l’écologie punitive » comme l’interdiction de circulation sur les voies sur berges à Paris. Le FN porte par ailleurs un discours anti-normes et ne promeut jamais la protection de la biodiversité à moins qu’elle ne soit portée… par les chasseurs !

Sa vision de la lutte contre le réchauffement climatique, un phénomène global, est pour le moins oxymorique, tout en permettant de modérer les discours climatosceptiques dans son propre camp (dont ceux de son père), puisqu’elle défend une action environnementale dans un cadre national, comme si le phénomène s’arrêtait aux frontières de l’hexagone. D’ailleurs, Marine Le Pen ne fait jamais cas des millions de réfugiés climatiques, question qu’il faudra pourtant bien traiter un jour. Et selon elle, l’accord de Paris sur le climat est « bancal et inexploitable ».

Des mesures qui existent déjà

Quant à Emmanuel Macron, n’en déplaise aux écologistes qui l’ont rejoint et soutenu pendant la campagne (Dany Cohn Bendit, Matthieu Orphelin, Corinne Lepage, François de Rugy, Barbara Pompili, Arnaud Leroy ou Jean-Paul Besset), il ne semble pas non plus convaincu par la nécessité d’une transition écologique ambitieuse. Son programme ne comporte pas de réelles mesures novatrices et ses déclarations en la matière ont été peu nombreuses (pas un mot sur le sujet lors du dernier débat de jeudi soir, par exemple), floues et souvent incohérentes.

En fait, en matière d’écologie, le candidat d’En marche se situe dans la parfaite continuité de la politique de François Hollande. À peu près toutes les mesures, bien que souvent présentées comme neuves, existent déjà ou ne font que confirmer des engagements de l’actuel Président. Rien qu’un exemple. Pour « sortir la France des énergies fossiles », l’ancien ministre de l’Économie entend fermer les quatre centrales à charbon restantes en France d’ici 2022, interdire l’exploration des gaz de schiste (tout en plaidant pour des « recherches sur le sujet », comme sur les OGM) et ne délivrer aucun nouveau permis d’exploration d’hydrocarbures. Il veut aussi faire monter en puissance la taxe carbone pour atteindre 100 € par tonne de CO2 en 2030. Mais tout ceci a déjà été promis, ou est déjà inscrit dans la loi.

Jurant de « garder le cadre » de la loi de transition énergétique de 2015, Emmanuel Macron reste dans la ligne actuelle, que l’on peut résumer ainsi : « On fixe de beaux objectifs, mais on ne dit pas concrètement comment y parvenir et on ne prend pas les mesures nécessaires. » Sur le nucléaire, il cite certes le « vrai défi » posé par le risque d’un accident de type Tchernobyl ou Fukushima, et assure qu’il maintiendra le cap de 50% d’atome dans la production d’électricité d’ici 2025 – contre 75% aujourd’hui – … mais sans rien dire sur les moyens d’y parvenir. Seul « engagement », fermer la centrale alsacienne de Fessenheim. Rien de révolutionnaire : c’est déjà prévu, pour 2019 au plus tôt, après avoir été moult fois repoussé. Surtout, cela ne résout absolument pas la question : pour tenir la promesse des 50% de nucléaire d’ici 2025, il faudrait fermer l’équivalent de 17 à 20 réacteurs sur les 58 actuels selon la Cour des Comptes et 27 à 31 selon Greenpeace.

En réalité, Macron reste très attaché à l’atome, affirmant que « le nucléaire en France a un avenir» et vantant une énergie «très peu carbonée ». Il y est tellement attaché qu’il ressort à l’envi la caricature d’une Allemagne ayant massivement recours au charbon depuis sa décision de sortir du nucléaire. Caricature contestée et argument préféré des pro-nucléaires… Pas de quoi non plus, dans sa politique, faire trembler le lobby du diesel : Macron refuse de s’engager pour une sortie de ce carburant ultra nocif pour la santé en 2025, mais promet que la fiscalité du diesel sera alignée sur celle de l’essence d’ici 2022… ce qui est déjà prévu.

« Aider un peu » le « p’tit Emmanuel »

Côté agriculture et alimentation, il promet entre autres de rémunérer les agriculteurs pour les services environnementaux qu’ils rendent (200 millions d’euros par an) et de faire en sorte que d’ici à 2022, l’ensemble de la restauration collective propose « au moins 50% de produits biologiques, labels de qualité, ou local », ce qui laisse une grande part de flou. Mais dans le même temps, il a rendu sur Twitter un vibrant « hommage » à feu l’ancien patron de la FNSEA, Xavier Beulin, « homme d’agriculture et ami ». « Le combat qu’il a mené : je veux aussi le faire mien », dit Macron. Sauf que le «combat» de Beulin, qui présidait également le conglomérat Avril (7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, champion entre autres de l’alimentation animale, du biodiesel, de l’oléochimie et présent dans l’huile de palme ou les OGM) peut être résumé ainsi : «Vive l’agriculture industrielle dopée aux pesticides et vive les fermes-usines.»

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 12:09

Les écologistes regardent avec inquiétude des résultats du premier tour de l’élection présidentielle. Le score du Front national, en hausse par rapport à 2012, et l’apparence “banale” de sa présence au second tour, marque un tournant dans l’histoire politique du pays. Nous appelons l’ensemble des électrices et des électeurs à faire barrage au Front national.

Nous félicitons Benoît Hamon pour sa campagne et sa ténacité. Dans un contexte délétère et malgré l’acharnement des soutiens du gouvernement sortant à détruire ses chances de réussites, le candidat a mis en avant un projet novateur, courageux et profondément écologiste. Si les résultats ne sont pas à la hauteur de l’urgence à changer de modèle de société, son discours a permis de mettre au cœur de cette campagne des questions essentielles pour l’avenir des Françaises et des Français.

La politique libérale et anti-écologiste prônée par Emmanuel Macron ne constitue pas, aux yeux des écologistes, une solution aux crises sociale, démocratique et écologique que traverse notre pays. Pour autant, face au national-populisme incarné par le FN et sa candidate, nous en appelons à un sursaut démocratique. La réalité de la gestion politique du FN, telle qu’elle se développe dans les villes dirigées par le parti comme Hénin-Beaumont, renforce notre détermination à lui faire barrage. Si le programme d’Emmanuel Macron peut être combattu démocratiquement au Parlement et être battu dans les urnes dans un futur proche, le risque de dérive autocratique du pouvoir par le FN apparaît aujourd’hui comme un danger autrement supérieur.

En faisant barrage aujourd’hui au Front national, nous nous engageons à continuer notre combat pour une société plus juste et plus écologique tout au long du quinquennat contre le risque de libéralisation de la société et d’augmentation des inégalités sociales, économiques et environnementales que représente le programme d’Emmanuel Macron.

Ce combat ne sera pas seulement le nôtre et nous continuerons à œuvrer à ce rassemblement des progressistes et des écologistes autour d’un projet de société sorti du dogme de la croissance que nous avons initié au cours de cette présidentielle. Les campagnes de Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ont montré que l’écologie était au cœur du projet du camp progressiste.

Communiqué de Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole nationaux d’Europe Écologie Les Verts le 23 avril 2017.

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 09:04

Tous les enfants de notre étude sont contaminés par des dizaines de perturbateurs endocriniens. Pas étonnant : ces substances sont utilisées partout ! Par Victoire N'Sondé le 20 avril 2017 pour 60 millions de consommateurs, étude publiée dans le n°526 de mai 2017.  Lire aussi Perturbateurs endocriniens : nouvel échec de Bruxelles, Ingrédients indésirables dans les cosmétiques : les 10 produits à modifier d’urgence, Nouvel échec européen sur les perturbateurs endocriniens et Halte à la manipulation de la science.

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Des dizaines de perturbateurs endocriniens nous contaminent dès l’enfance. C’est ce qui ressort de nos analyses réalisées sur un panel de 43 filles et garçons âgés de 10 à 15 ans, vivant en milieu urbain ou rural. Phtalates, bisphénol A (ou S, l’un de ses substituts), pesticides… L’organisme de bon nombre d’enfants contient non pas une, ni deux, mais un véritable cocktail de ces substances.

Une traque sans relâche

Depuis plusieurs années, 60 Millions traque sans relâche les perturbateurs endocriniens, suspectés ou avérés, présents dans les aliments, les cosmétiques et produits d’hygiène (maquillage pour enfants, couches culottes, lingettes pour bébés, tampons et protections féminines) et beaucoup d’autres produits du quotidien (couettes,  vêtements…).
Cette fois-ci, nous avons eu recours à un protocole qui consiste à détecter les contaminants dans les cheveux. Parce que le cheveu est irrigué à la racine par des vaisseaux sanguins, il se charge de composés auxquels le corps est exposé.

Jusqu’à 54 contaminants différents chez un même enfant
Tous les enfants de notre étude sont contaminés. Nous avons retrouvé jusqu’à 54 perturbateurs endocriniens différents chez un même enfant. Et en moyenne, nous avons détecté et quantifié 34 contaminants chez les jeunes participants à notre étude.

Cocktail de produits toxiques dans les cheveux de nos enfants

 

À noter que, pour cette étude d’ampleur, nous avons recherché 254 molécules appartenant à sept grandes familles de perturbateurs endocriniens : bisphénols, phtalates, pesticides, métaux lourds, polychlorobiphényles (PCB), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et retardateurs de flamme bromés (PBDE).

Protéger les enfants en priorité

Les perturbateurs endocriniens sont suspectés, même à faible dose, de pouvoir perturber le développement normal de l’organisme, y compris durant la vie in utero. C’est pourquoi les enfants et les femmes enceintes sont les populations à protéger en priorité. Leurs effets peuvent survenir à la naissance ou plus tardivement dans la vie. Ils peuvent même sauter des générations.

Chez l’enfant, on rend les perturbateurs endocriniens responsables notamment de prématurité, de malformations congénitales, ou encore de puberté précoce. Chez l’adulte, ils sont incriminés dans la survenue de cancers, d’infertilité, de maladies dites métaboliques comme le diabète…

Omniprésents dans nos logements

À l’image du bisphénol A, désormais interdit dans les biberons vendus au sein de l’Union européenne, la toxicité intrinsèque de bon nombre de perturbateurs endocriniens ne fait plus débat. Mais le fait de trouver autant de molécules de ce type chez un même enfant pose en plus la question des effets « cocktail ».

Du sol au plafond, de la cuisine à la chambre à coucher, les perturbateurs endocriniens sont omniprésents dans nos logements. Il paraît urgent qu’un cadre réglementaire contraigne les industriels à les supprimer de leurs chaînes de fabrication.

À quand une interdiction ?

Hélas, les discussions n’en finissent plus. Attendue depuis 2012, une proposition fixant les critères de définition des perturbateurs a été présentée par la Commission européenne en juin 2016. Depuis, les débats vont bon train.

Si des pays comme la France, le Danemark et la Suède plaident pour une définition qui aboutirait à l’interdiction des perturbateurs endocriniens considérés comme les plus dangereux, cette position est évidemment combattue par l’industrie chimique… Faudra-t-il se résigner à vivre avec ces molécules ?

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 09:12

De droite ou de gauche, chacun pronostique le retour de la croissance. Par Jérôme Gleizes le 19 avril 2017 pour Politis.

De gauche ou de droite, les candidats affichent de nombreuses contradictions dans leur programme économique, notamment entre l’analyse de la crise et les solutions, et donc leur action conjoncturelle ou structurelle. Les journalistes économiques résument (naïvement) la question à une articulation entre politiques d’offre et de demande. Du côté de la droite, de Fillon à Macron, on réhabilite la loi des débouchés de Say : « L’offre crée sa propre demande. » Il suffirait de produire pour que cette production s’échange sur les marchés, quitte à diminuer les prix de vente. Pour les défenseurs de cette thèse, il s’agit de baisser le coût du travail, notamment les « charges » sociales, pour améliorer la compétitivité des entreprises. Keynes avait en son temps montré l’inanité de cette formule. Les candidats droitiers feraient mieux d’étudier le premier postulat classique de la causalité entre productivité et salaire, que Keynes considérait comme juste. Ils comprendraient pourquoi un ouvrier coréen est mieux payé que son homologue français ! Mieux un ouvrier est formé, plus il fabrique des produits compétitifs et meilleur est son salaire. Le téléphone Samsung Galaxy permet davantage de rémunérer correctement un ouvrier qu’une voiture Logan. Il vaut mieux défendre la compétitivité qualité que prix.

Du côté de la gauche, de Hamon à Mélenchon, la question écologique est intégrée, et l’idée de retrouver la croissance des Trente Glorieuses est écartée. Toutefois, dans le chiffrage de leur cadrage macroéconomique, chacun des candidats envisage des taux de croissance élevés. Leur programme serait plus efficace et leur relance meilleure grâce à un multiplicateur keynésien. Un euro dépensé générerait plus d’un euro de revenu. On loue la politique du carnet de commandes et on se réjouit des taux de croissance donnés par les modèles économétriques. Ces taux nominaux (en incluant l’inflation) dépassent les 4 %, du jamais vu depuis quinze ans en France ! C’est oublier aussi bien la « contrainte de Kaya », qui nécessite une déconnexion entre croissance économique et émission des gaz à effet de serre, que la critique structurelle du modèle de production/consommation [1].

Si une croissance temporaire est possible, comme en 2010-2011, elle reste illusoire. Résoudre la crise écologique nécessite de changer de modèle économique et donc de modifier les paramètres des modèles économétriques qui prédisent des taux de croissance élevés. Il faut sortir de ce syllogisme fallacieux : « Ma politique est meilleure car elle permet le meilleur taux de croissance. » Une politique structurelle, celle qui modifie notre mode de production, doit rester la priorité, car elle seule permet une compatibilité entre la production et la survie de l’humanité. De droite ou de gauche, chacun pronostique le retour de la croissance grâce à sa politique qui permet mécaniquement de baisser le taux d’endettement de la France et de respecter les critères de Maastricht. Il est difficile d’être un économiste écologiste ! Si Mélenchon et Hamon ont compris l’enjeu de l’Anthropocène, il leur manque la cohérence d’une société post-croissance.

[1] Voir notre analyse de la crise, avec Yann Moulier-Boutang, « Une lecture écologiste de la crise, la première crise socio-écologique du capitalisme », Ecorev’ n° 32, mai 2009.

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20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 17:25

Le 22 avril 2017, des milliers de chercheurs défileront dans plus de cinquante pays contre les mesures anti-climat de Donald Trump. Valérie Masson-Delmotte, climatologue et co-présidente d'un des 3 groupes de travail du GIEC, revendique le droit à une recherche sans entraves et en libre accès pour le public. La chercheuse soutient la Marche pour les sciences du 22 avril, à laquelle elle compte se rendre en famille, parents compris, parce que la société est directement concernée par l’affaiblissement généralisé de la recherche en France. Publié le 19 avril 2017 dans Politis.

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) — en anglais IPCC pour Intergovernmental Panel on Climate Change

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) — en anglais IPCC pour Intergovernmental Panel on Climate Change

Toutes proportions gardées avec ce que vivent les États-Unis, faut-il se préoccuper, en France, d’un possible revirement climato-sceptique ?

Valérie Masson-Delmotte : Certes, les affirmations surprenantes n’atteignent pas toutes le déni d’un Scott Pruitt, le nouveau directeur de l’Agence de protection de l’environnement états-unienne (EPA), qui ne reconnaît pas l’effet du CO2 sur le climat, ou d’un Trump déclarant par un tweet pendant sa campagne que le réchauffement était un canular ourdi par les Chinois. Mais on entend des propos totalement faux dans la bouche de personnages publics de très haut niveau dans de nombreux pays. Ainsi Poutine rapproche-t-il les dérèglements dans l’Arctique d’un phénomène naturel constaté dans les années 1920. C’est absurde, tout comme l’affirmation de François Fillon qui ne reconnaît à l’homme qu’une responsabilité partielle dans le réchauffement. Rien n’est jamais acquis, la vigilance s’impose.

Et puis Trump n’est pas le premier passé à l’action : Stephen Harper, Premier ministre canadien jusqu’en 2015, a censuré les chercheurs, employés fédéraux, qui n’avaient plus le droit de s’exprimer en public sur les questions climatiques qu’après avoir obtenu l’autorisation des services de la communication gouvernementale. Résultat : huit ans de quasi-silence !

Pour cette journée du 22 avril, il faut donc se mobiliser pour le climat, mais aussi pour une production libre des connaissances et leur libre accès pour le public.

Quelle est la portée réelle de la menace qui pèse sur la recherche climatique aux États-Unis ?

L’école de droit de l’université de Columbia, qui a installé un observatoire des décisions de l’administration Trump, montre que les préoccupations se concentrent sur le démantèlement de la politique réglementaire mise en place par Obama (plan énergie propre, programme pour l’efficacité énergétique, etc.), sur les recherches établissant les responsabilités du dérèglement climatique (rôle de certains gaz, de certains secteurs d’activités humaines) et sur l’adaptation aux conséquences du réchauffement. Certaines ressources scientifiques, dans ces domaines, ne sont plus disponibles publiquement. Existent-elles encore ?

Cependant, les inquiétudes les plus lourdes concernent l’examen du budget fédéral pour 2018, qui prévoit des coupes précises dans le budget de trois agences clés pour la recherche climatique : l’EPA, l’Observatoire météorologique national (NOAA) et la Nasa. Seraient affectés des programmes de mesure et de recherche sur le niveau des océans, la densité du plancton, le rôle des nuages dans le réchauffement, le comportement de la haute atmosphère, etc. Pour la Nasa, c’est un milliard de dollars qui seraient détournés de ces observations -terrestres !

Et l’abandon du financement de programmes internationaux risque de bloquer le développement de très gros outils comme les modèles numériques de climat, alors que d’énormes masses de données sont stockées sur des sites d’agences fédérales. Le Giec est par ailleurs financé à hauteur de 40 % par les États-Unis. Leur retrait de la scène internationale ne pourrait être pallié par aucun pays dans l’immédiat. Verra-t-on Trump interrompre la production de connaissances pour satisfaire un intérêt privé ? Une telle censure ne s’est jamais produite auparavant à Washington, tous gouvernements confondus. L’attitude des Républicains modérés, lors du vote du prochain budget, sera déterminante.

Les enjeux de la recherche et de l’éducation ont brillé par leur absence dans la campagne présidentielle française. Une motivation supplémentaire pour la mobilisation du 22 avril ?

Il y a deux mois, avec un groupe de chercheurs, nous avons fait parvenir aux candidats un questionnaire sur leurs intentions dans ce domaine. Seuls sept nous ont répondu, dont les principaux, à l’exception de Marine Le Pen. Et sur le point essentiel du budget de la recherche, parvenu à la limite du soutenable, ils ne s’engagent pas tous clairement sur l’objectif adopté par l’Union européenne en 2000 d’y consacrer 3 % du PIB. Par ailleurs, ces questions n’ont pas émergé lors des débats entre les candidats. Samedi, je n’irai donc pas marcher « contre Trump », mais pour une science reconnue et respectée pour son rôle dans la société, pour une recherche libre et ouverte sur le monde.

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