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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 09:35
Françoise Ménager pour « Les Echos »

Françoise Ménager pour « Les Echos »

Par Véronique Le Billon, le 31 mai 2016 pour Les Échos.

Des deux côtés de l'Atlantique, les exploitants de centrales nucléaires voient s'effriter la rentabilité de leurs installations et s'interrogent sur la pérennité de leur modèle économique.

Le 23 mai en pleine nuit, sur les rives du Tennessee, le réacteur de Watts Bar 2 est devenu sans grand bruit la  « première centrale nucléaire du XXIe siècle aux États-Unis », vingt ans après la dernière unité connectée au réseau outre-Atlantique. Il ne faut pourtant pas y voir la « renaissance » du nucléaire américain : le chantier de construction avait été arrêté trente ans plus tôt et son exploitant TVA s'apprête en parallèle à mettre aux enchères à prix cassé (36 millions de dollars) ses deux unités inachevées de Bellefonte.

Alors que les États-Unis, qui tirent 20 % de leur électricité de l'énergie nucléaire, ont déjà vu leur parc - le plus important au monde - passer sous la barre des cent unités il y a deux ans, de quinze à vingt réacteurs pourraient encore fermer d'ici cinq à dix ans en raison des conditions économiques, vient de mettre en garde le patron du Nuclear Energy Institute, qui réunit les industriels du secteur. Dernier en date, l'exploitant de Fort Calhoun (Nebraska) vient de conseiller à son conseil d'administration  de fermer le réacteur à la fin de l'année. Le sujet vient de faire l'objet d'un colloque organisé par le département de l'Énergie américain, à l'intitulé sans ambiguïté : « Improving the Economics of America's Nuclear Power Plants ».

Les États-Unis ne sont pas seuls à débattre de la compétitivité du nucléaire. En Suède, OKG a annoncé la fermeture anticipée de deux de ses trois réacteurs nucléaires. Et Vattenfall a fait de même pour deux autres. En Finlande, Standard & Poor's vient de dégrader la notation de TVO, notant que le réacteur EPR que construit péniblement Areva produira une électricité plus coûteuse que le prix de gros actuel. En France, où s'est construit le deuxième parc mondial, EDF voit lui aussi les prix de marché se rapprocher de ses coûts opérationnels. Les mêmes causes (ou presque) ont engendré les mêmes effets : l'abondance de gaz de schiste (aux États-Unis) et la baisse des cours des combustibles fossiles utilisés pour produire l'électricité, combinées avec une consommation atone et le développement des énergies renouvelables, ont poussé les prix de vente à la baisse, sans d'ailleurs réduire pour autant la facture du consommateur (car celle-ci finance les énergies renouvelables dont le prix d'achat est, lui, régulé pour les faire monter en puissance).

Le point commun de ces électriciens mondiaux est d'évoluer dans un marché déréglementé : les centrales américaines menacées sont celles qui produisent dans les États dérégulés (« merchant »). En France, la montée en puissance de la concurrence et la fin des tarifs réglementés pour les entreprises rognent à la fois les parts de marché et les marges d'EDF, quand les tarifs régulés (qui existent encore pour les particuliers) garantissaient que ses coûts étaient couverts et sa rémunération assurée.

Les exploitants nucléaires américains (en particulier Exelon et Entergy), qui défendent l'atout d'une énergie décarbonée, sont sur le pied de guerre pour sauver leur modèle économique. Avec trois leviers possibles à combiner : faire monter les cours de l'électricité, baisser les coûts de production et rémunérer la « valeur distinctive » du nucléaire.  « L'importance de soutenir la poursuite des opérations est très claire, mais les solutions le sont moins », a résumé le secrétaire américain à l'Energie, Ernest Moniz. Ces solutions, néanmoins, tournent autour d'un même thème : remettre de la régulation dans le nucléaire. Ces derniers mois, l'Ohio, l'Illinois et l'État de New York ont émis des propositions, parmi lesquelles l'octroi de « crédits zéro émission », qui fournirait aux réacteurs en difficulté un complément de rémunération leur permettant de couvrir leurs coûts. Avec des succès divers. Dans l'Illinois, Exelon a prévenu qu'il mettrait Clinton 1 et Quad Cities 1 et 2 au rebut en 2017 et 2018 s'il n'obtenait pas des mesures pour garantir leur rentabilité. Dans l'Ohio, la proposition de négocier un contrat de long terme entre un exploitant et un fournisseur d'énergie a été récusée par le régulateur.

En France, EDF, qui doit engager de très lourds investissements pour prolonger la durée de vie de ses centrales, commençait à défendre ces derniers mois la nécessité d'une stabilité de ses revenus pour le parc en exploitation -comme il l'a obtenu pour son projet de construction d'EPR en Grande-Bretagne. Une réflexion à laquelle l'Autorité de la concurrence n'était d'ailleurs pas fermée. Mais faute de pouvoir espérer en convaincre rapidement Bruxelles ou l'Etat français, l'électricien tricolore a privilégié la piste d'une augmentation de capital (4 milliards d'euros) pour renforcer ses fonds propres. Et convaincu le gouvernement d'instaurer, sans attendre un hypothétique feu vert européen, un prix plancher du carbone qui doit faire remonter le cours de l'électricité.

En attendant de nouvelles régulations, l'industrie nucléaire américaine a lancé fin 2015 un plan d'économies, qui vise à réduire très significativement les coûts de production du secteur, y compris en discutant avec l'autorité de sûreté nucléaire sur ses demandes d'investissement. En France, EDF avance à petits pas dans la voie des économies. En complément de sa future augmentation de capital, l'électricien public a annoncé des efforts supplémentaires (une base de coût réduite de plus de 1 milliard d'euros en 2019 par rapport à 2015). Mais cela était en réalité acté dès avant la chute des cours de l'électricité à l'automne 2015.

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 14:19

Après un sprint final dans la dernière semaine, c'était l'édition 2016 de la Grande Parade Métèque ce samedi 28 mai - rapport en images de LGPM, visible sur notre chaine https://youtu.be/jbXsboKafsM
 et ci-dessous. N'hésitez pas à diffuser, partager, propager cette incroyable énergie de ce WE
... pour que ça continue, gratuit, indépendant, vos adhésions, vos dons sont bienvenus !

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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 12:40

Par les députés Europe Ecologie au Parlement européen le 27 mai 2016

Depuis quelques temps, l’accord transatlantique entre l’Union européenne et les États-Unis (TTIP ou TAFTA) est sous le feu des projecteurs. Le groupe des Verts/ALE au Parlement européen travaille pour faire connaitre les menaces qu’il fait peser pour les citoyens des deux côtés de l’Atlantique et la mobilisation croît. Mauvaise nouvelle, un autre accord transatlantique, l’accord commercial avec le Canada (ou CETA), soulève des préoccupations similaires mais est à un stade plus avancé car il sera bientôt soumis au vote du Parlement européen. Voici quelques raisons pour lesquelles nous appelons à la mobilisation contre cet accord.

1. Une opacité encore plus grande que dans les négociations du TTIP

Le tollé public suscité par le secret entourant le TAFTA a forcé la Commission européenne à rendre publics des documents de négociation classifiés et à mettre en place des salles de lecture pour les parlementaires européens et nationaux en Europe. Si nous voulons que la Commission fasse davantage sur le TAFTA en terme de transparence, force est de constater qu’elle a œuvré dans la plus grande opacité sur le CETA. Avant même qu’un accord ne soit trouvé entre les États concernés et en coulisses, la prédominance du lobbying des entreprises a modelé ces accords afin qu’ils bénéficient aux multinationales les plus puissantes au monde. La culture de l’opacité est néfaste à l’exercice de la démocratie, les accords de libre-échange comme le CETA ne font pas exception à cette règle.

2. Des "tribunaux" privés minant notre démocratie

Le CETA et le projet Tafta comprennent un mécanisme de règlement des différends entre investisseurs privés et États. Ils instaurent de fait une nouvelle juridiction supranationale, privée, parallèle, qui contourne les juridictions nationales et fédérales publiques. Toute entreprise peut y contester la décision d’une collectivité locale, d’un État ou de l’Union européenne, si elle considère que cette décision remet en cause ses bénéfices, présents ou à venir, et réclamer des millions voire des milliards d’euros de dédommagement. Cette menace permanente sur les États et leurs collectivités est une machine infernale à construire du moins disant réglementaire et de l’impuissance politique.

Le CETA instaure donc une nouvelle juridiction qui contourne les juridictions nationales pour attaquer en particulier les décisions publiques en faveur de la santé et de l’environnement. Comme le groupe canadien Lone Pine qui utilise sa filiale dans l’État du Delaware (l’un des paradis fiscaux américains) pour attaquer la Province du Québec. Les contribuables québécois se voient réclamer plus de 100 millions de dollars car la Province a mis en place un moratoire sur l’exploitation des gaz de schiste par fracturation hydraulique.

Face à la contestation massive, la Commission a engagé des réformes de ce mécanisme qui sont comprises dans le CETA. Elles réduisent les conflits d’intérêt qui touchent massivement les arbitres, sans que ces derniers ne deviennent pour autant des magistrats. Mais elles ne doivent toutefois pas faire illusion et nous faire prendre des couteaux de boucher pour des couteaux à beurre : qu’on l’appelle règlement des différends investisseur-État ou système juridictionnel sur l’investissement, ce mécanisme crée une justice parallèle qui arbitre sur le seul fondement du droit commercial. Sans une seule fois justifier l’utilité d’une telle rupture dans l’ordre juridique entre l’Europe et l’Amérique, sans qu’aucune étude économique n’ait réussi à démontrer de corrélation positive entre le mécanisme de règlement investisseur-État et les volumes d’investissement.

À travers ce dispositif, ce ne sont pas seulement les firmes canadiennes qui impacteront les politiques publiques européennes, mais aussi les 40 000 firmes américaines disposant de filiales au Canada. En 1998, pour ces raisons, Lionel Jospin, alors Premier Ministre, avait mis fin à la négociation de l’accord multilatéral sur l’investissement.

3. Un voyage en terre inconnue pour les services publics

Nous entrons ici en terres inconnues. Pour la première fois, l’UE a négocié un accord commercial avec une « liste négative » pour les services. Cela signifie qu’à moins que les gouvernements européens excluent explicitement un service de la négociation, tous les services, y compris de nouveaux services publics à venir, seront automatiquement ouverts à la concurrence des fournisseurs de services étrangers. Des clauses au nom très jargonneux, telle que la clause de « statu quo », qui gèle la législation au moment de la signature de l’accord, ou encore la clause dit de « cliquet », qui empêche de revenir sur la libéralisation d’un service, créent un risque majeur pour les services publics locaux et nationaux. Il faut mesurer l’impact d’un tel accord sur les services publics : faire revenir un service sous le contrôle public devient mission quasi-impossible et sera très coûteux. D’ailleurs, la Fédération européenne des syndicats des services publics est vent debout contre cet accord.

4. Notre santé bradée au profit des intérêts du secteur pharmaceutique

Le CETA renforce le droit de la propriété intellectuelle en particulier sur les brevets pharmaceutiques réduisant la disponibilité au Canada des médicaments génériques : les profits des firmes contre la santé publique ! Le coût des médicaments pourrait augmenter de 13 % pour les Canadiens et grever les comptes de l’assurance-maladie de plus d’un milliard de dollars par an. Des accords comme le CETA entravent également les gouvernements européens qui souhaitent favoriser les génériques et réduire la durée des brevets à l’heure où pourtant il est urgent de pouvoir faire baisser les coûts de soins de santé pour certains traitements en particulier.

5. Le cheval de Troie d’une nouvelle offensive des biotechnologies

La position de l’Europe sur les aliments génétiquement modifiés est une pomme de discorde importante avec nos amis nord-américains depuis de nombreuses années comme en témoignent les nombreux litiges devant l’Organisation mondiale du commerce. L’organisation "Food Secure Canada" note que le groupe CropLife Canada, ouvertement pro-CETA, se réjouit de la perspective de l’établissement d’« un groupe de travail sur les biotechnologies afin de raccourcir les délais pour l’approbation, dans l’UE, de cultures génétiquement modifiées, de renforcer la règlementation fondée sur la science [comprendre la science "officielle" des entreprises commercialisant ces produits] et de réviser le niveau minimum d’OGM présents dans les produits non-OGM importés ». Si la législation européenne n’est pas remise en cause explicitement, on donne tous les moyens à l’industrie de l’affaiblir et d’accentuer toujours plus sa pression sur les processus décisionnaires européens.

6. Un prix fort à payer en termes de concessions législatives européennes

Une victime surprise du Ceta, qu’on ne trouve pas dans le texte de l’accord, est la réglementation européenne en matière de pollution des carburants. La directive « qualité des carburants » est un outil important de réduction de nos émissions de CO2. Avant la conclusion du Ceta, celle-ci devait attribuer des émissions de CO2 20 % plus élevée pour les carburants canadiens issus des sales sables bitumineux du pays. Trois semaines après la conclusion des négociations en 2014, quand la Commission décide enfin de légiférer, cette disposition a disparu ! Une nouvelle qui tombe alors à pic puisque quelques jours plus tard, le Président Hollande débutait son voyage officiel au Canada en Alberta, pour soutenir les investissements du groupe Total dans ces hydrocarbures très polluants. Des preuves suggèrent que le Canada a fait pression pour diluer la portée et l’impact de cette législation sur son industrie des énergies fossiles en utilisant le CETA comme levier. Cette négociation clandestine sur les sables bitumineux sales révèle la vraie nature de ce type d’accords commerciaux, dont l’objectif est de sacrifier les normes sur l’autel du profit.

7. Une sape méthodique des économies locales

Le CETA s’attaque aux règles qui visent à bénéficier aux communautés locales et aux municipalités. L’UE a plaidé, avec succès malheureusement, pour l’élimination par les Canadiens de leurs programmes d’achat locaux "qui assurent des emplois locaux" selon le Conseil des Canadiens. Le Power Group Mesa, une société d’énergie détenue par le milliardaire texan T. Boone Pickens, réclame 775 millions de dollars (environ 523 millions €) à la Province de l’Ontario pour sa loi sur l’énergie verte de l’Ontario conçue pour donner un accès préférentiel aux opérateurs de parcs éoliens locaux. La Commission européenne fait valoir que ces lois sont discriminatoires et agissent comme des « barrières de localisation au commerce ». Mais nous pensons que les efforts pour soutenir les entreprises locales sont essentiels à la création d’économies locales robustes et dynamiques.

8. Le nivellement par le bas des offres de marchés publics

La libéralisation des marchés publics est l’un des sujets majeurs des accords transatlantiques, puisqu’ils représentent autour de 17 % des PIB des pays concernés et échappent encore à l’hyper-libéralisation. En Amérique du Nord, les marchés publics sont beaucoup moins ouverts à la concurrence internationale que les marchés publics européens, les plus libéralisés du monde.

Au Canada, les autorités locales et nationales ont beaucoup utilisé la préférence géographique pour favoriser les entreprises locales. Ainsi, l’Ontario a privilégié les fournisseurs locaux d’énergies renouvelables pour favoriser l’emploi local dans sa politique de transition énergétique De son côté, l’UE a choisi un modèle d’ouverture unique au monde. Confrontée à un déficit d’investissement et à un chômage massif, l’Union européenne devrait s’inspirer du modèle nord-américain pour établir un « Buy European Act » et accompagner les progrès réalisés en matière de prise en compte de critères de durabilité par une capacité à privilégier les PME et les entreprises locales. Or, ce n’est pas du tout l’option défendue ni dans le CETA ni dans le TAFTA, la question de la préférence géographique, celle de la durabilité ou des critères sociaux ne sont pas prises en compte dans le CETA.

Au contraire, dans le CETA, les contrats peuvent être attribués à "l’offre la moins chère" ou la "le plus avantageuse". Cette expression de "la plus avantageuse" ne requiert pas nécessairement des entreprises d’envisager la durabilité écologique ou d’autres facteurs d’intérêt public. Le CETA restreint également l’amélioration future de la législation européenne sur les marchés publics en nous liant aux critères définis contenu dans le CETA. Lors de la dernière révision de la directive sur les marchés publics, les gouvernements locaux avaient demandé que les seuils pour les appels d’offres ouverts soient relevés afin d’avoir une plus grande liberté pour accorder des marchés aux bénéficiaires locaux.

Cette demande a été rejetée par la Commission au motif que les accords internationaux nous contraignaient à respecter les seuils existants. CETA, comme d’autres accords commerciaux, freine notre capacité à redéfinir et améliorer les outils que nous utilisons pour atteindre des objectifs importants de politiques publiques.

9. L’impasse sur les droits des travailleurs et sur l’environnement

A contrario de la logique des droits exclusifs donnés aux investisseurs étrangers, le CETA ne comprend pas de règles contraignantes pour protéger et améliorer les droits des travailleurs et la protection de l’environnement. La Confédération des syndicats allemands (DGB) a critiqué cette absence en appelant à ce que "les chapitres sur les droits des travailleurs, la protection de l’environnement et le développement durable [soient] conçus comme exécutoires au même titre que le reste de l’accord", mais le texte final n’est pas à la hauteur de ces exigences.

10. La mise à mort des petits paysans

Le Canada devra reconnaître 175 indications géographiques européennes (les fameuses AOC et AOP) qui sont autant de valorisation de nos terroirs. Tant mieux pour celles qui ont été retenues mais quid des 1 300 qui passent à la trappe ? Cette discrimination est inacceptable et probablement illégale.

Surtout, le Ceta permettra au Canada d’exporter 65 000 tonnes de bœuf et 75 000 tonnes de porc. Même sans hormones mais bourré d’antibiotiques et mal traité, le bœuf canadien contribuera à anéantir un peu plus nos bassins allaitants et la pérennité de nombreuses races bovines. À l’heure où les agriculteurs européens victimes des prix bas agricoles en particulier en Irlande, France et au Danemark sont particulièrement exposés à ces nouvelles exportations, cet accord signe la mise à mort des paysans. En tant qu’écologistes, nous estimons qu’il n’est pas possible d’obtenir l’assurance que ce bœuf canadien soit certifié sans hormones et qu’il puisse être soumis à des contrôles. La pertinence de faire expédier des tonnes de viande d’un côté de la planète à un autre est également très discutable, notamment en ce qui concerne l’atteinte de nos objectifs de réduction des émissions de CO2.

11. La dissuasion massive contre la lutte contre dérèglement climatique

L’accord historique sur le climat conclu à Paris en 2015 appelle les gouvernements à entreprendre de très importantes réformes dans l’objectif de réduire les températures mondiales "bien au-dessous" de 2 degrés.

Pourtant, les dispositions favorables à l’industrie dans les accords commerciaux comme le CETA réduisent la marge de manœuvre réglementaire dont les gouvernements disposent pour agir. En particulier, les derniers cas d’ISDS récents impliquant le Canada ont montré que les décisions législatives de protection de l’environnement sont systématiquement attaquées par l’industrie des énergies fossiles. L’entreprise de l’oléoduc TransCanada a demandé 15 milliards de dollars en compensation aux contribuables états-uniens dans le cadre de l’ALENA, l’accord commercial qui lie le Canada, le Mexique et les États-Unis suite à la suite de la décision d’Obama d’annuler le projet de pipeline Keystone XL. Les entreprises des énergies fossiles demandent à être indemnisées suite à la décision canadienne d’un moratoire sur la fracturation (Lone Pine vs Canada) et contre les dispositions prévues dans la loi sur l’économie et l’énergie vertes de l’Ontario (Mesa Puissance vs Canada 2011).

De nouvelles recherches suggèrent que le gel des nouvelles législations dans ce secteur est devenu l’objectif principal de l’utilisation de l’ISDS par les investisseurs : "lorsque le but d’une attaque ne consiste pas tant à gagner le différend ou obtenir une indemnisation, qu’à dissuader de règlementer davantage ».

12. Haro sur la démocratie et l’état de droit

Le CETA contient plusieurs mécanismes qui peuvent limiter de façon conséquente le pouvoir des élus et des citoyens à légiférer.

Le mécanisme de coopération règlementaire (même optionnel) contenu dans CETA crée un forum légal pour évaluer a priori et sur la base du commerce les propositions de normes, et institutionnalise le lobbying des grandes entreprises à travers des comités d’experts (ex : OGM) ou comité consultatif avant même que le législateur ne prenne connaissance du texte. De son côté, la clause de statu quo qui gèle la législation dans un certain nombre de secteurs au moment de l’accord empêche l’émergence de nouvelles législations en particulier dans des secteurs où beaucoup reste à faire (environnement, climat, sécurité alimentaire, protection des données etc.).

Enfin, à travers l’ISDS/ICS, compte tenu de la présence massive de filiales de groupes américains au Canada (40000), la ratification du CETA conduit de fait à adopter un accord d’investissement avec les États-Unis. Les groupes américains avec une filiale au Canada pourront attaquer les autorités publiques à travers toute l’Europe et ce sans même attendre la fin des négociations sur le TAFTA.

Toutes ces dispositions incluses dans le CETA contribuent à affaiblir drastiquement notre capacité à créer de la réglementation pour mettre en œuvre des choix de société décidés pourtant par les citoyens et leurs représentants.

Du côté des Canadiens également, la société civile est mobilisée contre cet accord. La preuve en image avec cette vidéo de l’organisation citoyenne "Conseil des canadiens".

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 15:07

Enfin, le voilà ! Il était temps qu'il apparaisse publiquement pour que les citoyens le découvrent et fassent sa connaissance. Le voici dans les médias, dans les débats ; le voici discuté et ausculté. À son sujet, on se dispute, le gouvernement français tergiverse, se veut prétendument menaçant mais demeure indécis. De quoi s'agit-il ?

Du TAFTA : « Trans-Atlantic Free-Trade Agreement », ou en français, « Traité transatlantique de libre-échange », parfois appelé TTIP, PTCI, Grand marché transatlantique… Autant de noms et d'acronymes qui n'aident pas vraiment le citoyen à saisir les enjeux de cet accord géant entre l'Union européenne et les États-Unis.

Pourtant, les mobilisations citoyennes à travers toute l'Europe témoignent des inquiétudes que cet accord suscite : plus de trois millions d'européens ont signé une pétition demandant l'abandon des négociations.

Négocié dans l'opacité, le TAFTA prétend non seulement abaisser les droits de douanes, mais aussi « harmoniser » les normes sociales et environnementales et créer un tribunal spécial de protection des investisseurs, au détriment des engagements pour le climat pris lors de la COP21.

Malheureusement, le TAFTA n'est qu'une menace parmi d'autres. Ses acolytes se nomment CETA, TISA, APE. Certains sont déjà négociés : c'est le cas du CETA, entre l'UE et le Canada, cheval de Troie du TAFTA puisqu'il en contient de nombreuses dispositions, et que la Commission européenne entend pouvoir faire adopter sans l'aval des parlements nationaux.

D'autres sont en cours de négociation : c'est le cas du TISA, l'accord sur les services, négocié secrètement, avec le soutien pro-actif du gouvernement français.

D'autres sont déjà paraphés : c'est le cas de certains APE, ou Accords de partenariat économique, que l'Union européenne signe avec des pays en développement, pour exporter à moindre frais produits et services, au détriment des producteurs et paysans locaux et au profit des géants de l'agro-industrie.

Et la Commission européenne semble n'avoir pas de limite dans son opération de dérégulation de la mondialisation, poussant fortement à la reconnaissance de la Chine comme « économie de marché », afin de pouvoir intensifier ses échanges commerciaux et baisser les barrières douanières, encourageant ainsi le dumping social et environnemental chinois.

La menace ne réside évidemment pas dans le droit de faire du commerce. Mais ces accords portent atteinte à l'information des consommateurs, aux appellations d'origines contrôlées ou protégées, fragilisent les tissus économiques locaux, ils détricotent les protections sociales et environnementales, et contournent les juridictions nationales

Face à ce danger, la société civile et les écologistes se mobilisent pour mettre les conséquences du TAFTA, du TISA, du CETA ou des APE sur la place publique. Car nous savons que, comme les vampires, ils ne résisteront pas à une exposition au grand jour : devant les citoyens et dans le cadre d'un débat véritablement démocratique.


Agnès Michel

Europe Ecologie Les Verts, chargée des relations institutionnelles, des acteurs économiques, de la cohérence projet et des relations avec le COP, de la coordination entre le parti et les groupes parlementaires

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 13:50

Tribune le 26 mai 2016 dans Libération

Une centaine d’intellectuels et de personnalités dénoncent la stratégie du gouvernement d’isoler des «groupes organisés» et d’exagérer leurs faits de violence pour décrédibiliser les manifestations contre la loi travail à Rennes et à Paris.

Voilà deux mois que le gouvernement ne sait plus que faire pour venir à bout d’un mouvement auquel il ne comprend rien. Après avoir usé jusqu’à la lie la rhétorique anticasseur, il inaugure depuis la semaine dernière une nouvelle stratégie afin d’écraser ce qui lui résiste. Cette stratégie consiste à isoler, sur les suggestions des services de renseignement, des «groupes organisés» constitués policièrement en «associations de malfaiteurs», puis à les accuser de faits dont on exagère la gravité afin de pétrifier tant la population que ceux qui luttent. Ainsi, on annonçait jeudi 19 mai l’arrestation à Rennes d’un groupe de 20 «casseurs», jeunes «radicalisés» appartenant à la «mouvance anarcho-autonome», une «association de malfaiteurs» qui s’apprêtait à «saboter» le métro de la ville. Renseignements pris, le sabotage en question était une action de blocage économique décidée en assemblée générale interprofessionnelle et menée de concert avec la CGT-Route qui bloquait les axes routiers en périphérie de la ville. L’«association de malfaiteurs» se réunissait dans les locaux de Sud-Solidaires et s’apprêtait, en fait, à coller des autocollants sur les composteurs de billets, voire, pour les plus extrémistes, à y introduire de la mousse expansive.

C’est une manœuvre identique qui a été déployée à Paris le 18 mai suite à l’attaque d’une voiture sérigraphiée de la police par des manifestants. Alors que le syndicat de police Alliance privatisait la place de la République et faisait des «selfies» aux côtés de Marion Maréchal-Le Pen, d’Eric Ciotti et de Gilbert Collard, une contre-manifestation sauvage, repoussée à coups de gaz lacrymogènes, s’élançait dans les rues de Paris. C’est dans ces conditions qu’une voiture de police prise dans la circulation a dû essuyer un concentré de cette colère que l’on voit éclater depuis deux mois, à chaque manifestation. Qu’à force de se faire brutaliser, les plus pacifiques des manifestants en soient venus à entonner les slogans «Tout le monde déteste la police», «Même la police n’aime pas son travail», «Que fait la police, ça crève les yeux», devrait à tout le moins interroger. Suite à l’incendie du véhicule, le gouvernement allumait un contre-feu en gonflant l’incident en «tentative d’homicide volontaire». A cet effet, on occultera opportunément qu’à la vue des premiers manifestants, le policier a sorti son arme de service, voulant les repousser, et que ces mêmes manifestants ont aidé la policière à sortir du véhicule ; on transformera le bout de plastique dont se défend le policier en «barre de fer», des manifestants en «association de malfaiteurs» et on ira chercher des coupables présélectionnés par les services de renseignement parmi les militants de l’Action antifasciste Paris-Banlieue (AFA), que l’on essayait depuis une bonne semaine d’interdire de manifester. Et tous les médias de reprendre en chœur cette construction grotesque. Qu’importe qu’après deux jours de garde à vue, le ministère de l’Intérieur lui-même concède dans les pages du Monde qu’il n’y a, en l’état, aucun élément permettant de lier ces quatre militants à l’incendie de la voiture.

On comprend mieux à présent le sens de la déclaration de Manuel Valls au Sénat mardi 17 mai : «Ces Black Blocs, ces amis de monsieur Coupat, toutes ces organisations qui au fond n’aiment pas la démocratie, qui la contestent, qui en contestent les principes, trouveront la plus grande détermination de l’Etat, de la police et de la justice.» Ce qui était alors en préparation, à Rennes comme à Paris, était une manœuvre identique à celle qu’avaient tentée Michèle Alliot-Marie et Alain Bauer à l’époque du raid antiterroriste de Tarnac : cibler sur les conseils des services de renseignement un groupe d’opposants à éliminer, leur imputer des faits controuvés, construire sur cette base une «association de malfaiteurs» et tabler sur le suivisme et la lâcheté médiatiques pour faire passer l’accusation dans l’opinion.

Si, à l’époque, cette manœuvre a fini par piteusement échouer, c’est parce que nombreux furent celles et ceux qui, derrière le discours policier et gouvernemental, devinaient l’opération politique. Ce qui se prépare en ce moment, ce sont des «affaires de Tarnac» en série. C’est pourquoi nous appelons à soutenir les mis en examen de Rennes ou de Paris, ainsi que les lycéens, étudiants et manifestants mis en examen et qui parfois attendent en préventive leur comparution. Nous appelons à déjouer toute tentative de les isoler et de les instrumentaliser et à lutter pour l’abandon des charges extravagantes pesant sur eux : bref, à renverser l’accusation.

Parmi les premiers signataires :

Jean-Claude Amara Droits devant !, Loïc Artiaga Maître de conférences, Ludivine Bantigny Historienne, Emmanuel Barot Philosophe, Nicolas Bautès Universitaire, Daniel Blondet Militant anti-impérialiste, Christophe Bonneuil Historien, Simon Borja Chercheur en science politique, Ali Boulayoune Sociologue, Jérôme Bourdieu Economiste, Houria Bouteldja Militante politique, Jean-Pierre Bouyxou Ecrivain et journaliste, Eric Brun Sociologue, Joël Cabalion Sociologue, Vanessa R. Caru Chercheuse au CNRS, Manuel Cervera-Marzal Sociologue, Grégoire Chamayou CNRS, Déborah Cohen Historienne, Dominique Connan Chercheur, Simon Cottin-Marx Corédacteur en chef de la revue Mouvements, François Cusset Historien et écrivain, Christine Delphy Sociologue et féministe, Gérard Delteil Ecrivain, Emmanuel Deronne Enseignant-chercheur, Nathalie Desquenes Journaliste, Béatrice Dezy Enseignante, Paul Dirkx Sociologue, Elsa Dorlin Philosophe, Joss Dray Photographe, Julien Dufour Doctorant en sociologie, Cédric Durand Economiste, Annie Ernaux Ecrivaine, Jean-Baptiste Eyraud Militant associatif, Samantha Faubert Hispaniste, Alain Frappier Illustrateur, Désirée Frappier Scénariste, Bernard Friot Sociologue et économiste, Franck Gaudichaud Politologue, Vincent Gay Syndicaliste et enseignant, François Gèze Editeur, Pierre-Henri Gouyon Professeur au Muséum national d’histoire naturelle, Nacira Guénif Sociologue et anthropologue, Nicolas Haeringer Militant associatif, Hugo Harari-Kermadec Economiste, Eric Hazan Editeur, Hervé Huntzinger Historien, Nicolas Jaoul Chercheur au CNRS, François Jarrige Historien, Francis Juchereau Responsable associatif, Leslie Kaplan Ecrivaine, Razmig Keucheyan Sociologue, Stathis Kouvelakis Philosophe, Jean-Sébastien Kroll-Rabotin Enseignant-chercheur en école d’ingénieurs, Rose-Marie Lagrave Sociologue, Patrice Lardeux Militant CGT, Mathilde Larrère Historienne, Michelle Lecolle Linguiste, Olivier Le Cour Grandmaison Universitaire, Marius Loris Historien et poète, Pascal Maillard Universitaire et militant, Philippe Marlière Politiste, Guillaume Mazeau Historien, Daniel Mermet Journaliste et écrivain, Fabienne Messica Consultante, Bénédicte Monville-De Cecco Conseillère régionale Ile-de-France (EE-LV)Olivier Neveux Historien d’art, Nicolas Oppenchaim Sociologue, Yves Pagès Ecrivain et éditeur, Ugo Palheta Sociologue, Eugénia Palieraki Historienne, Luca Paltrinieri Philosophe, Willy Pelletier Sociologue, Irène Pereira Sociologue, Christine Poupin Porte-parole du NPA, Serge Quadruppani Ecrivain, Thierry Ramadier Directeur de recherches au CNRS, Manuel Rebuschi Enseignant-chercheur en philosophie, Marie Rivière Comédienne, Olivier Roueff Chercheur en sociologie au CNRS, Alexandre Rosenstein Etudiant en sociologie, Kristin Ross Historienne, Catherine Samary Economiste, Pierre Sauvêtre Chercheur en sociologie, Guillaume Sibertin-Blanc Philosophe, Jacques Testart Biologiste, Sylvie Tissot Sociologue, Marc Tomczak Enseignant-chercheur, Rémy Toulouse Editeur, Enzo Traverso Historien,Patrick Vassort Sociologue, Anne-Laure Vernet Enseignante-chercheure en arts plastiques, Nicolas Vieillescazes Editeur, Olivier Vinay Agrégé de biologie et vétérinaire, Sophie Wahnich Directrice de recherches au CNRS, Willem Dessinateur, Philippe Zarka Astrophysicien.

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 16:37

Le Parisien le 26 Mai 2016

LP/ Elsa Marnette

La hausse du chômage et les coupes budgétaires dans le secteur de la santé, consécutifs à la crise financière de 2008, auraient contribué à une surmortalité par cancers, selon une étude parue mercredi, dans la revue britannique The Lancet. « On associe la récente crise économique à 260.000 morts supplémentaires par cancer dans les pays de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique, ndlr) entre 2008 et 2010, dont 160.000 au sein de l'Union européenne », selon les conclusions de cette étude.

«A l'échelle planétaire, ce sont bien plus de 500.000 morts supplémentaires par cancer pendant cette période», a indiqué le docteur Mahiben Maruthappu de l'Imperial College à Londres, qui a dirigé les recherches. «Le cancer est la cause principale des décès dans le monde, donc comprendre comment les changements économiques peuvent influer sur la survie à un cancer est crucial», estime-t-il. En 2012, il a provoqué 8,2 millions de morts.

«Nous avons découvert que la hausse du chômage était associée à une augmentation de la mortalité par cancer mais que la couverture de santé générale protégeait la population contre ces effets. En particulier, dans le cas de cancers pour lesquels il existe un traitement, comme le cancer du sein, de la prostate et le cancer colorectal», a-t-il ajouté. À l'inverse, des économies dans les soins de santé peuvent coûter des vies, dit-il. Pour leurs travaux, les chercheurs américains et britanniques ont utilisé des données de la Banque mondiale et de l'Organisation mondiale de la Santé.

Un lien entre chômage, coupes budgétaires dans la santé et mortalité par cancer 

Les chercheurs ont observé le lien entre chômage, coupes budgétaires dans la santé et mortalité par cancer de plus de 70 pays, représentant plus de deux milliards de personnes. Ils ont suivi les tendances entre 1990 et 2010, les données après cette date n'étant pas disponibles.  Les cancers ont été classifiés selon deux catégories: «ceux que l'on peut traiter» dont le taux de survie est supérieur à plus de 50% et les «incurables» dont la survie est inférieure à 10%. Le lien entre chômage et surmortalité a été le plus marqué pour les cancers que l'on peut traiter, relèvent les chercheurs, «ce qui montre l'importance d'un accès aux soins».

Dans le détail, une hausse de 1% du chômage a été associée à 0,37 mort par cancer supplémentaire pour 100.000 habitants. Un accroissement de 1% des coupes dans le budget de la santé (en pourcentage de Produit intérieur brut) a été associé à 0,0053 mort supplémentaire.

Aux États-Unis, 18.000 décès supplémentaires ont été comptabilisés et 1.500 en France. En revanche, les chercheurs n'ont constaté aucune surmortalité sur la période 2008-2010 au Royaume-Uni ou en Espagne. «Dans les pays où il n'existe pas de couverture sociale générale, l'accès aux soins dépend souvent du contrat de travail. Sans emploi, les patients sont probablement diagnostiqués tardivement et bénéficient d'un mauvais traitement ou avec retard», explique le professeur Rifat Atun, d'Harvard.

Le chômage amplifie aussi le taux de suicides

Les auteurs soulignent que leurs travaux établissent plus une association qu'un lien de cause à effet. Néanmoins, arguent-ils, il y a une «corrélation chronologique» puisque les évolutions du chômage et celles de la mortalité se suivent, ce qui soutient l'hypothèse d'un lien de cause à effet. Plusieurs études avaient déjà montré l'impact de la hausse du chômage et des coupes budgétaires en matière de santé mentale ou physique.

Le chômage serait ainsi à l'origine de quelque 45.000 suicides chaque année dans 63 pays, dont les économies occidentales, selon une étude de chercheurs suisses publiée en février 2015 dans
The Lancet Psychiatry.

Une autre étude menée par l'Institut français pour la santé et la recherche médicale (Inserm) et publiée en mars 2015 avait mis en évidence une «surmortalité très importante» chez les chômeurs, presque trois fois supérieure à celle des non-chômeurs. Le chômage a notamment «des effets majeurs sur la survenue d'accidents cardiovasculaires et de pathologies chroniques», observaient les chercheurs.

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 16:00
Les nuages s’amoncellent sur la sûreté nucléaire

Par Pierre Le Hir, pour Le Monde le 26 mai 2016

Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN), Pierre-Franck Chevet, avait déjà alerté au début de l’année. Il a renouvelé sa mise en garde à l’occasion de la présentation devant l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), mercredi 25 mai en fin d’après-midi, du rapport sur l’état de la sûreté et de la radioprotection en France en 2015. « En matière de sûreté, a-t-il martelé à plusieurs reprises, les enjeux sont sans précédent, dans un contexte  préoccupant pour l’avenir. »

Certes, estime-t-il, pour les installations nucléaires en exploitation, « la situation est plutôt globalement bonne ». Ce qui signifie que l’année écoulée « n’a pas connu d’incident majeur touchant directement la sûreté ». Un total de 774 « événements significatifs » n’en a pas moins été déclaré, dont 586 au titre de la sûreté, 109 au titre de la radioprotection et 79 au titre de la protection de l’environnement. Dans 67 cas, l’événement a été classé au niveau 1 (anomalie) sur une échelle de gravité qui compte sept niveaux, un cas seulement étant classé au niveau 2 (incident) : le 18 août, sur le site du Blayais (Gironde), un travailleur d’une entreprise prestataire d’EDF a été irradié lors d’un arrêt programmé.

Ce satisfecit d’ensemble recouvre toutefois des disparités. Parmi les dix-neuf centrales françaises, trois se distinguent positivement : Penly (Seine-Maritime), Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher), mais aussi Fessenheim (Haut-Rhin), la doyenne des installations hexagonales, dont le gouvernement a promis la fermeture. A l’inverse, deux centrales, Cruas (Ardèche) et Gravelines (Nord), sont plus mal notées que la moyenne. Pour l’une comme pour l’autre, « des améliorations sont nécessaires, en termes de pratique quotidienne d’exploitation », juge l’ASN. S’ajoute à ces cancres l’usine d’assemblage de combustibles FBFC de Romans-sur-Isère (Drôme), filiale d’Areva, que le gendarme du nucléaire a décidé de maintenir « sous surveillance renforcée ».

« Contexte préoccupant pour l’avenir »

Surtout, souligne dans son rapport le collège, c’est-à-dire le directoire de l’ASN, « le jugement positif pour 2015 mérite d’être nuancé, car il s’inscrit dans un contexte préoccupant, porteur d’inquiétudes pour l’avenir ». La charge de travail s’accumule en effet pour l’autorité de contrôle, avec, souligne M. Chevet, « un calendrier plus que tendu ». Les 58 réacteurs du parc atomique français ont été mis en service, pour la plupart, dans les années 1980. Ils approchent donc de leurs quarante ans de fonctionnement, durée de vie pour laquelle ils ont été conçus. Leur éventuelle prolongation sera décidée au terme de leur quatrième visite décennale, un examen de sûreté très poussé que le réacteur de Tricastin 1 (Drôme) sera le premier à passer, en 2019.

Jusqu’ici, l’ASN annonçait qu’elle donnerait, à la fin de 2018, un premier avis « générique » sur le possible maintien en activité au-delà de quarante ans. Cette échéance pourrait être repoussée à « début 2019 », a indiqué mercredi son président. L’accord ne sera ensuite donné qu’après une inspection approfondie de chaque réacteur, l’autorité de sûreté ayant déjà prévenu que « la prolongation au-delà de quarante ans n’est nullement acquise ». Ce n’est pas tout. L’ASN devra aussi passer en revue, d’ici à la fin de 2017, une cinquantaine d’installations nucléaires elles aussi vieillissantes, relevant d’Areva, pour la fabrication et le retraitement du combustible, ou du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), pour les laboratoires de recherche. S’y ajoutent les travaux de renforcement du parc décidés après l’accident de Fukushima de mars 2011, qui ne seront achevés que « dans cinq à dix ans ».

Face à tous ces chantiers, l’ASN s’inquiète des « difficultés financières, économiques ou budgétaires » des grands opérateurs de la filière nucléaire, Areva, EDF mais aussi le CEA. Une situation qui, redoute M. Chevet, « peut conduire à ce que des investissements de sûreté ne soient pas faits ou soient retardés ». Il s’inquiète aussi de la difficulté de ses équipes, ainsi que de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), à faire face à toutes leurs missions d’expertise et de contrôle, faute d’effectifs suffisants. Les deux organismes ont obtenu de l’Etat trente postes supplémentaires sur trois ans, mais l’ASN chiffre ses besoins à « 140 ou 150 personnes supplémentaires ». En l’état actuel, prévient-il, « nous n’avons pas les moyens de tout faire ».

Imprévus

D’autant que des dossiers imprévus ont surgi. D’abord, les anomalies « sérieuses » de la cuve de l’EPR en construction à Flamanville (Manche). Les défauts (un excès de carbone dans l’acier du couvercle et du fond de la cuve, qui fragilise ces calottes) se sont révélés plus graves que prévu. Areva et EDF doivent mener des essais complémentaires pour garantir la fiabilité de ces composants cruciaux. Les résultats sont annoncés pour la fin de l’année, et l’ASN aura ensuite besoin de « quatre à six mois » pour les passer au crible.

Ensuite, les irrégularités constatées dans le contrôle de fabrication d’environ 400 pièces produites depuis 1965 dans l’usine du Creusot (Saône-et-Loire) d’Areva, dont une soixantaine seraient en service dans le parc nucléaire français. EDF et Areva se sont montrés rassurants, en affirmant que la sûreté d’aucun réacteur n’était en cause. Mais l’ASN n’a pas encore reçu toutes les données et, prévient M. Chevet, « leur expertise prendra pas mal de temps ». L’autorité de contrôle demande que des vérifications soient aussi menées sur les pièces sorties des usines d’Areva de Chalon-Saint-Marcel et de Jeumont.

Dans ce contexte, le président de l’Opecst, Jean-Yves Le Déaut, député (PS) de Meurthe-et-Moselle, a proposé à ses collègues une motion demandant au gouvernement, d’une part d’affecter à l’ASN les 150 postes réclamés, d’autre part de supprimer les annulations de crédits visant, parmi les grands organismes de recherche, le CEA, engagé dans un vaste programme de démantèlement d’installations nucléaires civiles et militaires.

Enfin, interrogé sur les éventuelles conséquences, en matière de sûreté, de l’appel à la grève lancé par la CGT auprès des personnels des centrales nucléaires, M. Chevet a rappelé que les conditions du droit de grève dans ce secteur sont « encadrées, avec des effectifs minimaux et des règles normales de fonctionnement ». Ajoutant : « A ce stade, ce n’est pas un sujet qui m’inquiète. »

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26 mai 2016 4 26 /05 /mai /2016 10:13
200 000 pas contre le projet de poubelle atomique à Bure

Un événement organisé par http://sortirdunucleaire.org/Agenda

Le projet Cigeo à BURE, c'est quoi ?

30 km2 annexés par l'Agence Nationale pour la Gestion des Déchets RAdiocatifs entre les villages de Bure, Bonnet, Ribeaucourt, Mandres-en-Barrois et Saudron dans la Meuse, pour y installer, à 500m sous terre, plus de 300 km de galeries bourrées d'un cocktail explosif : les déchets hautement radioactifs à vie longue.. Soit 99,9% de la radioactivité résiduelle produite par l'activité des centrales nucléaires.
Alors qu'on nous martelait que le "laboratoire" s'implantait dans un unique objectif de recherche, 20 ans plus tard on se retrouve avec un projet d'enfouissement de déchets monumental sous terre et à la surface. Et on voudrait maintenant nous faire croire qu'on lance Cigéo pour un simple test ?
Nous ne sommes pas dupes, aussi rappelons une fois de plus aux pouvoirs publics que nous ne voulons pas de la méga-poubelle atomique Cigéo/Bure ! Rendez-vous nombreux et nombreuses aux 200 000 pas à BURE le 5 juin 2016 !
L'enjeu est de taille car mi-mai, la proposition de loi Longuet va être examinée au Sénat. Si elle se concrétise, elle lancerait la "phase-pilote" qui n'est rien d'autre que la première étape de construction de Cigéo. Tout cela alors que le dossier de demande d'autorisation de l'Andra n'a pas encore été déposé.
Le moment est décisif, venez nombreux et nombreuses, enterrer ce projet !

DÉPART EN BUS POUR LES 200 000 PAS À BURE

DIMANCHE 5 JUIN À 6H45 DE PARIS

Bure : c’est dans ce petit village de la Meuse que l’industrie nucléaire veut enfouir ses déchets les plus dangereux, qui resteront radioactifs pendant des centaines de milliers d’années. Soutenez la lutte contre CIGÉO en rejoignant le grand rassemblement 200 000 pas à Bure ce dimanche 5 juin 2016.

Si vous souhaitez vous inscrire pour le bus qui partira de Paris :

- Départ 5 juin : 6h45 devant le café le Dalou, 30 place de la Nation - arrivée 10h30 à Luméville pour la randonnée
- Départ 5 juin : 17h de Bure - arrivée 20h30 à Paris
- Chèque de 33 euros par personnes (merci à ceux qui peuvent donner plus pour ceux qui voudraient donner moins) à l'ordre de "Sortir du Nucléaire Paris" à envoyer à "Laurence Esquieu, 9 rue Fénelon, 75010 Paris"
- S'inscrire par mail à
bus-paris-bure@riseup.net
- Contact (sms de préférence) : 06 95 11 24 36

PROGRAMME DU 5 JUIN

Au programme de cette journée de mobilisation du 5 juin :
- 3 randonnées sur la thématiques transports, le matin
- pique-nique devant le laboratoire de l'ANDRA, le midi
- Concert de casseroles et construction collective devant l'ANDRA, à partir de 15h
Plus d'infos sur :
http://100000pasabure.over-blog.com

PROGRAMME AVANT ET APRES

Pour celles et ceux qui voudraient venir avant et après :
- 3 juin : Chantier buttage des patates semées dans le terres de l'ANDRA en avril
- 3-4 juin : rencontres anticapitalistes à Bure
- 4 juin au soir : concerts à l'ancienne gare de Luméville
- Du 6 au 10 juin : semaine de travail sur la réalisation d'un film d'anticipation à Bure
Tout le programme ici :
http://vmc.camp/2016/05/07/a-bure-la-lutte-chauffe-au-solaire-programme-du-debut-dete/

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 13:57

Par Michèle Rivasi et Sergio Coronado, Députés le 24-05-2016 sur http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1519065-orientation-fonctionnement-dependance-au-ps-eelv-doit-changer-l-ecologie-debout.html

C'est l’heure de nous-mêmes. Sur les places, avec Nuit Debout, un nouveau monde est en train de naître. Aveuglé par le court terme, le monde actuel n'en finit pas de mourir. Pour l'écologie, une page se tourne, celle qui a vu l'écologie accompagner le monde qui s’effondre dans le chaos :

- Chaos écologique engendré par la crise climatique ; sixième extinction de la biodiversité ; catastrophes industrielles et sanitaires : selon le dernier rapport de l’OMS, 23% des décès dans le monde sont dû à l’environnement ; raréfaction des ressources naturelles et de l’eau. Le productivisme et l’extractivisme entrainent l’artificialisation de la Terre et l’accaparement des terres cultivables.

- Chaos géopolitique avec des guerres sans fin au Moyen Orient et en Afrique et leurs répercussions dans le reste du monde, notamment dans nos cités. L'obsession identitaire se substitue aux questions sociales et écologiques. Le retour au religieux, à l’ethnicisme, au nationalisme fait partout reculer l’esprit critique et l’humanisme. Elle met la société sous tension.

- Chaos économique et social par l’installation d’un ordre invisible des multinationales, qui s’attaque aux conquêtes sociales, et met des nations entières à genoux. L’uberisation de l’économie est en marche. Les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple), ces nouveaux maîtres du monde ne paient pas d’impôts et font disparaître l’emploi.  

- Chaos financier qui, avec les bulles spéculatives détachées de l’économie réelle comme en 2008, entraîne la fragilisation du système par la robotisation.

Sortir EELV de la soumission aux institutions

Le capitalisme financiarisé – même repeint en vert – est inamendable. Pour refonder l’écologie politique, il faut avoir le courage de rompre en sortant EELV des logiques hexagonales de la 5e République et de la soumission aux institutions.

On ne fera pas l’écologie dans un seul pays. L’Union européenne est en voie d’implosion. Ses réponses de l’UE ne sont qu’un aveu d’impuissance, d’aveuglement et un accélérateur de désintégration. Il faut défendre l’Europe contre elle-même. Démocratiser l’Europe est l’une des tâches prioritaires de la génération à venir. Notre plan B c’est construire avec des forces comme Diem 25 ou Podemos un rapport de force suffisant pour desserrer la contrainte de la Commission européenne en nous battant contre les paradis fiscaux, les lobbies et la bancocratie. 

Face au chaos, la sortie de crise, celle dont les écologistes sont partie prenante est fondée sur la résilience et la résistance de secteurs entiers de la population qui cherchent des solutions positives par la l’innovation, la créativité, les liens sociaux. Le développement des ZAD, Alternatiba, Amap ou des monnaies locales sont autant de contre-pouvoirs mettant en place la transition écologique. 

Cette politique fondée sur le commun, le convivialisme et le cosmopolitisme n’a aujourd’hui pas de représentation politique réelle.

Tout doit changer : l’orientation, le fonctionnement...

EELV est à la fin d’un cycle, celui du parti né il il y a 22 ans et faussement renouvelé en 2010. Un sursaut s’impose. Tout doit changer : l’orientation, le fonctionnement, les pratiques militantes.

Notre faiblesse actuelle vient d’une illusion : nous aurions conquis la majorité culturelle. En réalité, si les idées écologiques ont irrigué la société, elles sont devenues les mots valises d’une langue de bois technocratique. L’écologie comme force de transformation est toujours minoritaire. Parce qu’elle a refusé de penser le monde qui vient, elle s’est accrochée à un logiciel créé dans les années 70. Nous avons besoin d’un nouveau récit, celui d’une écologie d’émancipation, qui veut faire la synthèse entre les trois écologies, mentale, environnementale et sociale, chère à Félix Guattari. L’écologie qui agit et lie l’urgence sociale à l’urgence environnementale. 

Aucun bilan n’a été tiré de la participation au gouvernement

D’autres raisons expliquent notre échec : la "PRGisation" d’un mouvement où les élus et les collaborateurs d’élus sont devenus une force d’inertie. La professionnalisation du parti a eu sur EELV les mêmes effets pervers que dans le reste de la classe politique. Mais comme notre image était fondée en partie sur la capacité de "faire de la politique autrement", ces conséquences ont été plus dures pour nous que pour les autres.

Enfin et surtout, la dépendance au Parti socialiste à chaque élection. Nous sommes passés des compromis aux compromissions sans même nous en apercevoir, heureux que nous étions de toucher les dividendes de la gauche plurielle. Nous le payons aujourd’hui au prix fort. Un parti faible dans une alliance avec un parti dominant est condamné à la figuration. Aucun bilan n’a été tiré de la participation au gouvernement, ni sur la sortie effectuée dans la précipitation, l’improvisation et sans débat militant. Aucun débat sur la stratégie n’a ensuite été impulsé.

On refuse de soumettre notre agenda à la présidentielle

Nous avons besoin de construire l’autonomie stratégique de l’écologie dans le cadre d’une Alternative. L’autonomie des écologistes, ce n’est pas l’isolement, mais la participation et l’engagement dans le mouvement social et politique à l’œuvre dans la société.

Nous refusons de soumettre notre agenda à l’élection présidentielle. Nous ne participerons pas aux primaires de la gauche. Nous ne voulons ni nous retrouver aux basques d’un représentant de l’aile sociale libérale néoconservatrice, ni soutenir un candidat de la gauche productiviste. Avec ce processus, il s’agit de donner sa voix à un candidat censé nous représenter alors que l’enjeu d’une citoyenneté active réelle est de reprendre la parole comme le montre le mouvement « Nuit debout ».

Refonder le parti sur une base coopérative et fédéraliste

Notre objectif dans les trois ans à venir c’est de nous ancrer localement en nous appuyant sur les luttes contre tous les projets inutiles. C’est la meilleure manière de réussir les prochaines municipales et de faire des Grenoble partout, notamment dans les villes petites et moyennes.

Mais pour favoriser cette implantation, il faut refonder le parti sur une base coopérative et fédéraliste au fonctionnement innovant, participatif et démocratique.

L’heure de nous-mêmes a sonné. Nous voulons une politique positive.

II n’y a qu’une seule voie possible, celle de la société en mouvement et ses principes : la coopération contre la compétition, la démocratie contre le clanisme, la responsabilité contre la culpabilisation, la proximité contre le centralisme parisien.

L’écologie est vivante et s’affirme comme une force politique en devenir, celle qui défend une société du "vivre mieux" face à la tyrannie du "toujours plus" en montrant que la mutation écologique peut produire un nouvel art de vivre, celui de la sobriété heureuse et partagée. Nous devons porter cette nouvelle demande de libertés et de démocratie radicale. L’heure n’est pas à la résignation. Si nous voulons que EELV soit le levier du changement, il faut changer EELV et c’est l’affaire de tous !

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 09:27

Les solutions fondées sur la préservation de la biodiversité en Île-de-France pour faire face au changement climatique par Natureparif le 25 septembre 2015.

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