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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 17:07

Un bon débat sur la socialisation des revenus hier mardi 14 juin en mairie des Lilas, centré sur le revenu de base, individuel, inconditionnel, universel, donnant quelques clés sur son financement et comment effectuer la transition vers un nouveau système redistributif. La conclusion collective : c'est un outil à mettre au service d'un programme plus large de transformation de la société – un élément présent depuis longtemps dans le programme d'Europe Écologie Les Verts.

Pour poursuivre, 4 mini-films du Mouvement Français pour un Revenu de Base pour comprendre... Bon visionnage !

Le revenu de base face aux défauts du RSA

Financer le revenu de base par l'impôt

Pourquoi individualiser l'impôt et les prestations sociales ?

Forfaitiser les aides aux familles : c'est plus juste !

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14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 18:27

Contre l’ordre actuel, deux types de combats se côtoient, parfois rivalisent. La propagande par le fait recherche une prise de conscience morale et politique. Elle a recours à des techniques spectaculaires, souvent individuelles, mais peine à maintenir l’élan initial. Moins en vogue, l’organisation privilégie un travail de longue haleine, plus collectif, moins ludique. Il arrive pourtant que ces deux fleuves se rejoignent.

par Astra Taylor dans le Monde Diplomatique, juin 2016

Herebert Wegehaupt " Cercles concentriques", 1927-1928

Herebert Wegehaupt " Cercles concentriques", 1927-1928

Il y a une dizaine d’années, j’assistai à une conférence intitulée « 1968 » dans une université du New Jersey. L’orateur, Mark Rudd, une figure du mouvement étudiant et de la contre-culture des années 1960, avait pris sa retraite au Nouveau-Mexique après avoir enseigné les mathématiques au sein d’établissements d’enseignement supérieur fréquentés surtout par des pauvres. Dans son discours, il s’amusa à démystifier la célébrité qui lui était tombée dessus lorsque, âgé d’une vingtaine d’années, il joua un rôle important dans l’occupation de l’université Columbia, à New-York. À la même époque, il fut également partie prenante du Weather Underground, un groupe radical apprécié des médias, adepte de la « propagande par le fait », qui connut son heure de gloire en faisant exploser des bombes devant le Capitole puis le Pentagone (heureusement sans faire de victimes).

L’assistance, composée pour l’essentiel d’étudiants et de jeunes gens politisés, ne demandait qu’à s’enflammer pour le passé révolutionnaire de Rudd, fascinée par sa condition de fugitif pendant des années. Les « Weathermen », se disait-on, y sont peut-être allés trop fort et n’ont rien accompli de tangible ; mais au moins ils ont agi !

Rudd ébranla notre romantisme bon marché. À la différence de la plupart de ses anciens camarades, devenus plus conservateurs avec l’âge, il était resté fidèle aux idéaux politiques de sa jeunesse. Mais il n’adhérait plus à la tactique de la confrontation directe qui lui avait valu sa notoriété. La pavane machiste, les appels à prendre les armes, tout cela, nous disait-il, n’avait représenté qu’une illusion délirante. En s’attribuant le rôle avantageux d’avant-garde destinée à catalyser une force combattante au service des « peuples du monde », lui et ses camarades ne réussirent qu’à démobiliser la base militante que d’autres avaient mis des années à rassembler, au prix de beaucoup d’efforts.

Ce qu’il ne mesurait pas à l’époque, nous expliqua- t-il sans chercher à ménager nos fantasmes insurrectionnels, c’était la différence entre l’« activisme » et l’organisation, entre la mise en scène de ses idéaux et la construction d’un mouvement. Ce message, il ne cesse de le marteler. « La seule fois, m’a-t-il dit récemment, où j’ai entendu le mot “activiste” il y a cinquante ans, c’était sous forme d’insulte adressée aux militants étudiants par nos ennemis d’alors, les administrateurs de l’université et les éditorialistes. »

À la différence du terme « organisateur (1) », ancré dans l’histoire du syndicalisme et de la gauche américaine, celui d’« activiste », aux origines ambiguës, s’est progressivement imposé pour désigner les personnes engagées dans une action de régénération individuelle et politique au sens large. « Nous-mêmes avions l’habitude de nous qualifier tour à tour de révolutionnaires, de radicaux, de militants, de socialistes, de communistes ou d’organisateurs », se souvient Roxanne Dunbar-Ortiz, une historienne de gauche forte de cinquante ans d’expérience des mouvements sociaux. L’apparition du mot « activiste » sur la scène publique coïncida, selon elle, avec la généralisation du « discrédit de la gauche ».

Maintenir la mobilisation

Une grande partie des camarades de lutte de Rudd et de Dunbar-Ortiz venaient de familles imprégnées d’idées communistes, syndicalistes, ou alors ils avaient pris part au combat pour les droits civiques dans les États du Sud. Ils s’y étaient familiarisés avec un mouvement adossé aux Églises et à des structures communautaires, payant souvent - pauvrement - des organisateurs afin qu’ils maintiennent la population mobilisée pendant de longues périodes, alors même que les perspectives de victoire étaient lointaines.

C’est seulement après la fin des années 1960 et à la faveur de nouveaux combats — centrés sur le féminisme, l’émancipation des homosexuels, l’écologie, les droits des handicapés — que les activistes ont commencé à proliférer. Au cours des années 1980 et 1990, le terme s’est imposé. Les mouvements qualifiés de la sorte ont accompli un travail énorme en un temps très court, bien souvent grâce à la mise en œuvre de techniques qui enrichirent les formes de lutte traditionnelles ; ils inventèrent notamment des procédures ouvertes, démocratiques et antihiérarchiques. Cependant, tout à leur désir de s’affranchir de l’héritage pesant de la gauche traditionnelle, ils ont parfois jeté par- dessus bord des tactiques, traditions et méthodes qui auraient pu leur être utiles.

Les activistes ont tiré parti d’une période où les contestataires se détournaient de ce qu’ils estimaient être des idéologies désuètes au profit de choix politiques plus incisifs et plus radicaux. À partir des années 1960, il devint également courant de chercher à se dégager de la figure du leader charismatique, compte tenu des dégâts essuyés par le mouvement social lorsque le personnage ayant endossé ce rôle finissait assassiné (Martin Luther King), perdait la raison (Eldridge Cleaver (2)) ou retournait sa veste (Jerry Rubin (3)). Dans le même temps, les syndicats américains pâtirent d’avoir laissé s’installer à leur tête des bureaucrates timorés ou corrompus. Le désenchantement envers les professionnels du changement social a alors gagné les cercles les plus idéalistes.

Mais, pendant que la gauche se détachait de ses racines organisationnelles, les conservateurs, eux, créaient des structures nouvelles, des think tanks, des groupes d’affaires arrosés d’argent par les multinationales ; ils galvanisaient l’infanterie évangélique de la « majorité morale » ; ils déroulaient le terrain à la « révolte fiscale » des grosses fortunes. La gauche gagnerait donc à réapprendre à s’organiser pour rendre son activisme plus durable, plus efficace, pour soutenir et amplifier son élan lorsque l’intensité des protestations de rue décline. Autrement dit, fonder des organisations politiques, débattre de stratégies à long terme, faire émerger des dirigeants (choisis en fonction de leur fiabilité et non de leur charisme) et réfléchir à la manière de les soutenir. La progression de l’activisme au cours des dernières décennies est un phénomène salutaire. Toutefois, les modes d’organisation qui assuraient jadis le succès des mouvements sociaux ne se sont pas développés au même rythme, bien au contraire.

Aujourd’hui, les activistes américains ont des repères politiques très différents de ceux de leurs aînés. Nul n’a plus de parent membre du Parti communiste, les syndicats sont moribonds et, de la longue lutte du mouvement des droits civiques, qui aurait encore tant à nous apprendre, ne subsiste qu’une série d’images pieuses et de contes de fées. Le terme même d’« activiste » a été dévoyé de son sens. Dorénavant, il décrit davantage un tempérament qu’un spectre donné d’opinions et de pratiques politiques. Nombre de ceux qu’on qualifie ainsi paraissent se délecter de leur marginalisation et se soucier comme d’une guigne de l’efficacité, en imaginant peut-être que leur isolement constitue une marque de noblesse ou une preuve de vertu.

De larges segments de l’activisme contemporain risquent donc de succomber au piège de l’individualisme. Or l’organisation est coopérative par nature : elle aspire à entraîner, à construire et à exercer un pouvoir partagé. Elle consiste, comme l’écrit le jeune sociologue et militant Jonathan Smucker, à transformer un « bloc social en force politique ». N’importe qui peut se dire activiste, même quelqu’un qui, en tentant sans relâche d’attirer l’attention sur un sujet important, agit seul et ne répond de ses actes envers personne. Faire en sorte que nos semblables prennent conscience d’un problème — l’un des objectifs privilégiés par l’activisme contemporain — peut se révéler fort utile. Mais l’éducation n’est pas la même chose que l’organisation, laquelle n’implique pas uniquement d’éclairer l’individu qui reçoit votre message, mais aussi d’agréger des personnes autour d’un intérêt commun afin qu’elles puissent combiner leurs forces. L’organisation, tâche de longue haleine et souvent fastidieuse, implique de créer des infrastructures et des institutions, de trouver des points vulnérables dans les défenses de vos adversaires, de convaincre des individus dispersés d’agir au sein d’une même équipe.

Depuis 2011, nombre d’acteurs des mouvements sociaux ayant surgi aux quatre coins du monde sont tombés dans le piège décrit par Mark Rudd : « L’activisme comme expression de nos sentiments profonds n’est que l’un des éléments de la construction d’un mouvement. C’est une tactique qui a été élevée au rang de stratégie en l’absence de toute stratégie. La plupart des jeunes militants pensent que s’organiser consiste à prendre les dispositions nécessaires à la tenue d’un rassemblement ou d’un concert de soutien. » On pourrait ajouter à cette liste : créer un hashtag sur les réseaux sociaux, poster une pétition en ligne, animer des débats entre internautes. Le travail réel d’organisation a perdu de son cachet auprès de nombreux cercles militants, figés dans leur croyance en une insurrection spontanée et dans une suspicion profonde envers toute institution, direction ou tentative de prise de pouvoir.

À certaines périodes, des rassemblements, des concerts, des hashtags, des pétitions et des débats en ligne trouvent leur pleine utilité. Le problème surgit lorsque ces pratiques représentent l’horizon ultime de l’engagement politique. « C’est une bonne chose qu’au cours des dernières années bien des gens aient eu envie d’agir, et que le développement des nouvelles technologies ait facilité leur passage à l’acte », observe L. A. Kauffman, qui achève la rédaction d’une histoire de l’action directe. S’engager dans de petites actions concrètes — signer une pétition, participer à un rassemblement, etc. — peut en effet encourager ensuite à se mettre au service d’objectifs plus généraux, par exemple contrarier les élites et s’attaquer à leurs profits.

Mais des organisateurs de la vieille école, comme les syndicalistes, continuent simultanément à abattre un travail inestimable. Et un nombre croissant d’individus font l’expérience de nouvelles formes de pouvoir économique et de résistance. L’un des défis majeurs de notre époque néolibérale et postfordiste consiste donc à trouver des moyens inventifs de mettre à jour le modèle du syndicalisme et à l’adapter aux conditions actuelles de financiarisation et d’insécurité sociale. À construire de nouveaux liens entre les millions de travailleurs échoués, privés d’un emploi stable, de droits syndicaux, afin qu’ils constituent une puissance avec laquelle il faudra compter.

Les organisateurs du combat pour la justice climatique, par exemple, ont mis au point des formes de mobilisation originales contre les profits des compagnies pétrolières en poussant le gouvernement américain à ne plus délivrer de licences d’exploitation de mines de charbon sur des terres publiques. Lancée en 2012 par des étudiants sur leurs campus, cette campagne contre les énergies fossiles a contraint des investisseurs totalisant 3 400 milliards de dollars (3 000 milliards d’euros) de fonds à se retirer du marché. L’action s’est rapidement propagée au-delà des cercles universitaires, jusqu’à rallier une soixantaine de villes dans le monde. « L’un des plus grands succès de cette campagne jusqu’ici est qu’elle a ruiné la confiance dans les projets de l’industrie des énergies fossiles, se réjouit Jamie Henn, l’un des instigateurs du mouvement et cofondateur du groupe de lutte pour l’environnement 350.org. Ce ne sont plus seulement de petites écoles de beaux- arts de gauche qui prennent au sérieux le risque carbone, mais d’énormes institutions financières telles que la Banque d’Angleterre, le fonds souverain norvégien et les fonds de pension californiens. »

Internet montre des limites

Le mouvement Black Lives Matter (« Les vies des Noirs comptent ») peut également se prévaloir d’un résultat impressionnant, puisqu’il a remis sur le devant de la scène la question des oppressions subies par les Noirs aux États-Unis. De jeunes collectifs comme les Dream Defenders (« Défenseurs du rêve »), un groupe fondé en Floride après le meurtre raciste de Trayvon Martin, revendiquent un modèle d’organisation qui accepte la présence de dirigeants et qui doute des effets d’un activisme uniquement basé sur Internet. « Pour changer la vie de nos communautés, nous avons besoin de pouvoir, pas seulement de “followers” », ont expliqué les dirigeants du groupe.

Quand la notion d’activisme est née il y a un siècle dans l’esprit du philosophe allemand Rudolf Eucken, elle privilégiait le monde spirituel plutôt que le monde matériel. Cette préférence s’observe encore chez ceux qui croient que l’action, même déconnectée de toute stratégie cohérente, peut provoquer magiquement une sorte d’épiphanie sociale. Heureusement, les activistes n’ont pas totalement évincé les organisateurs. Une multitude d’espaces subsistent où, selon Mark Rudd, se pratique le triptyque « éducation, construction d’une base, coalition », qu’on pourrait décrire comme la création d’une identité collective alliée à un partage du pouvoir économique. Mais ces efforts, peu spectaculaires, se voient trop souvent ensevelis par le dernier buzz en ligne.

Ces derniers mois, des dizaines de milliers d’Américains se sont rués dans les meetings de M. Bernie Sanders pour l’entendre dénoncer la « classe des milliardaires ». Dès lors qu’un nombre croissant de jeunes et une majorité de nouveaux électeurs démocrates ont une perception positive du mot « socialisme », un travail d’organisation efficace et intelligent permettrait d’appuyer cette résurgence renversante de la sensibilité de gauche et de canaliser l’énergie qu’elle charrie au-delà du rituel étriqué du scrutin présidentiel et de la politique électoraliste.

Les élites n’ont jamais eu de mal à faire passer ceux qui contestent leur pouvoir pour des perdants et des grincheux. Il leur sera toujours plus difficile de disqualifier des organisateurs qui ont réussi à mobiliser une base populaire qui agit de façon stratégique.

Astra Taylor

Écrivaine, réalisatrice de documentaires sur les intellectuels radicaux, militante contre la dette. Une version plus longue de ce texte a été publiée dans le dernier numéro du trimestriel américain The Baffler (Cambridge, Massachusetts).

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 18:20

Le 11 juin 2016 sur Le courrierinternational.com

Shell vient de céder ses droits de prospection dans l’Arctique canadien à une ONG environnementale. Pour la région, c’est une bonne nouvelle. Pour la multinationale, un pas de plus pour s’adapter à la baisse des prix du pétrole.

Après s’être retiré de l’Alaska, Shell abandonne ses forages en Arctique. Le géant pétrolier a cédé le 8 juin ses permis de prospection sur une zone côtière de l’Arctique canadien à une organisation environnementale, la Nature Conservancy, rapporte le Financial Post. L’ONG ayant à son tour rétrocédé les permis au gouvernement canadien, l’espace de 8 625 kilomètres carrés dans le détroit de Lancaster a toutes les chances de devenir un parc de conservation naturel maritime.

Un fjord à Nunavut, Canada. PHOTO MIKE BEAUREGARD/FLICKR/CC PRO

Un fjord à Nunavut, Canada. PHOTO MIKE BEAUREGARD/FLICKR/CC PRO

Le projet de parc naturel marin s’étend sur 44 500 kilomètres carrés, soit la quasi-totalité du détroit qui relie l’Atlantique Nord à l’océan Arctique. Cette zone maritime pour laquelle Shell détenait les permis depuis quarante ans est prisée par nombre de mammifères marins tels que le phoque, le narval, le béluga, la baleine boréale, mais aussi l’ours polaire et d’importantes colonies d’oiseaux polaires, précise Radio Canada. “Des Inuits ont chassé dans la zone depuis des générations et continuent à le faire.”

Le site phys.org rappelle de son côté que le groupe néerlando-britannique réduit ses prospections un peu partout dans le monde. “Face à la baisse des prix du pétrole, Shell pourrait abandonner jusqu’à dix pays dans le cadre de son plan de cession d’actifs dans les secteurs du pétrole et gaz à hauteur de 10 %.” Une annonce dans ce sens a été faite mardi 9 juin.

Le détroit de Lancaster, au Canada

Le détroit de Lancaster, au Canada

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 16:51

L'appétit des grandes entreprises de l'énergie pour les spécialistes du stockage d'électricité est le signe d'une « bascule » du marché vers le développement massif des énergies renouvelables.

Par Dominique Pialot le 10 juin 2016 sur http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/course-a-la-pile-chez-les-energeticiens-577698.html

Avec EcoBlade, son système de stockage d'électricité intelligent, Schneider Electric a choisi de se positionner sur le marché du résidentiel, en plein développement au Japon et aux Etats-Unis. (Crédits : Schneider Electric)

Cap sur le stockage de l'énergie. Début mai, le pétrolier Total a lancé une OPA amicale à 950 millions d'euros sur le fabricant de batteries Saft. Au même moment, son concurrent Engie, l'ex-GDF Suez, prenait le contrôle de 80% de l'américaine Green Charge Networks. Deux opérations aux enjeux différents, certes, mais qui confirment que la « course aux piles » est bien engagée.

Présenté comme l'un des derniers freins économiques à un développement plus massif encore des énergies renouvelables et, plus largement, à la transition énergétique, le stockage d'électricité a diverses applications. Le marché du résidentiel se développe - surtout au Japon et aux États-Unis -, sur lequel se positionnent des acteurs aussi différents que Tesla et son Powerwall ou Schneider Electric et son EcoBlade. Dans les pays aux réseaux vieillissants, comme les États-Unis ou le Canada, de très gros systèmes directement branchés aux réseaux sont utilisés pour en stabiliser la fréquence. EDF EN a ainsi récemment équipé le réseau PJM (Pennsylvania New Jersey), dans le Maryland, d'une capacité de 20 mégawatts (MW). Mais ce qui commence aussi à se développer depuis quelques mois, ce sont les batteries couplées à des sites de production d'énergie renouvelable. En toute logique, les premiers projets se sont développés dans des zones mal, voire pas du tout connectées au réseau : Schneider et Saft équipent deux centrales de 1 MW chacune en Corse et EDF EN un site de 1 MW à La Réunion, où Akuo et Saft font également équipe sur un projet de 9 MW. Depuis la création, en 2010, d'une division dédiée aux installations d'énergies renouvelables, Saft aurait installé plus de 80 MW de capacités de stockage.

Total et Engie ne sont pas les premiers énergéticiens à s'intéresser au sujet, comme le montre l'accord de coopération signé en décembre entre E.ON et Samsung pour développer des solutions communes de stockage, notamment pour l'équilibrage des réseaux électriques et le secteur industriel. Tout comme ses nombreuses acquisitions de startups, cet accord s'inscrit dans une évolution profonde de l'entreprise allemande, qui vient de séparer ses activités fossiles de celles relevant de la transition énergétique (énergies renouvelables, gestion de l'énergie, etc.). C'est à la même nécessité de s'adapter à une révolution énergétique plus rapide qu'anticipé que font face les industriels français.

Certes, il n'y a pas grand-chose de commun entre la prise de participation de 80 % de Green Charge Networks par Engie et l'OPA amicale lancée par Total sur Saft. Comme l'a fait E.ON avec Greensmith, spécialisée dans l'intégration et le monitoring de solutions de stockage, en investissant dans cette startup, Engie se positionne sur le modèle économique du stockage « en aval du compteur ». Décidé à devenir « leader de la transition énergétique dans le monde », l'ex-GDF Suez a déjà investi, via son fonds Engie New Ventures, 100 millions d'euros dans une myriade de startups. Sur le stockage, en particulier, Engie a passé un contrat de 50 millions d'euros avec la société de conseil en investissement suisse Susi Partners, qui doit lui permettre de « diversifier le risque de développement de nouveaux modèles opérationnels [...], d'accéder à une nouvelle source de financement pour [son] activité de stockage d'électricité, un secteur dans lequel la technologie et les réglementations évoluent très vite et où les investissements requièrent une approche plus entrepreneuriale ». Green Charge Networks lui permet d'étendre la palette de services énergétiques proposés à ses clients et de les fidéliser face aux nouveaux entrants, issus notamment du numérique.

Un marché de 8 milliards de dollars en 2026

« Total, lui, fait le pari d'une filière », indique Michael Salomon, fondateur de Clean Horizon, un cabinet de conseil spécialiste du stockage. D'une tout autre envergure, son opération - en attente de l'agrément de l'AMF - rappelle sa prise de participation dans le fabricant de panneaux solaires SunPower, en 2011, qui lui a permis de monter sur le podium mondial. Il choisit à nouveau une entreprise positionnée sur le segment haut de gamme de son marché. Grâce à Saft, qui maîtrise toute la chaîne de valeur et qui est capable de proposer des solutions intégrées et sur mesure dans différents secteurs et environnements, le pétrolier pourra « intégrer dans son portefeuille d'activités des solutions de stockage d'électricité, compléments indispensables à l'essor des énergies renouvelables », a précisé son PDG, Patrick Pouyanné. En attendant de devenir lui-même producteur d'électricité, comme il l'a également annoncé lors de la présentation des résultats annuels.

Le marché alliant photovoltaïque et stockage, en particulier, s'annonce très prometteur. Pour le cabinet américain Lux Research, il pourrait en effet atteindre 8 milliards de dollars en 2026 et permettre au solaire distribué de croître de 25 GW par an dès 2026.

Bien que très différentes, ces acquisitions menées par Total et Engie n'en sont pas moins les signes qu'une nouvelle ère commence pour le stockage d'électricité. Depuis la fin de l'intégration verticale, avec l'obligation de séparer activités de production, de transport et de distribution, il est devenu impossible pour un acteur européen d'investir dans sa forme la plus ancienne et aujourd'hui la plus répandue : les Step (stations de stockage de l'énergie par pompage-turbinage) installées sur les barrages.

« Il faut dix ans pour construire un barrage et une Step, un horizon trop lointain, qui ne permet pas de savoir si les prix de l'électricité permettront de rentabiliser l'investissement », constate Michael Salomon.

Quoique encore trop coûteuses, les différentes technologies de stockage apparues ces dernières années (batteries, volants inertiels, stockage sous forme d'hydrogène...) sont moins capitalistiques et plus simples à mettre en oeuvre dans un délai raisonnable.

Vers l'électrification des zones pauvres

Le coût des batteries lithium-ion, qui représentent plus de 85% du marché, a diminué de 53% entre 2012 et 2015, et devrait baisser encore de 50% d'ici à 2019. Outre les progrès technologiques, cela est dû aux surcapacités liées aux investissements massifs consentis dans cette technologie par de grands groupes comme le coréen LG Chem, le japonais Panasonic ou encore le chinois BYD et initialement destinés à la voiture électrique, qui ne décolle pas aussi vite que prévu. Face à cette offre abondante et moins chère, la demande augmente avec le développement des énergies renouvelables et les besoins de stabilité de réseaux perturbés par un afflux croissant d'énergies intermittentes.

Globalement, le marché, qui a atteint 1.650 MW de projets en 2015, deux fois plus qu'en 2014, semble s'accélérer encore depuis le début de l'année.

« Les prix écrasés rendent certains business cases plus rentables et on commence à voir davantage de projets se monter », observe Michael Salomon.

Mais si les premières réalisations concernent soit des installations hors réseau, soit des réseaux vieillissants dans des pays riches, le vrai changement de paradigme, qui, selon le consultant, pourrait survenir d'ici deux ou trois ans, est celui qui permettra de rendre abordable l'électrification des zones les plus pauvres, hors réseau ou dans un contexte de microréseaux intelligents (microgrids), et d'éteindre les moteurs au diesel utilisés jusqu'à présent.

« Cette évolution viendra probablement d'une autre technologie que le lithium-ion, car elle implique un coût de l'ordre de 200 dollars le kilowattheure pour les systèmes complets (hors installation et conversion), anticipe Michael Salomon. Or, c'est le coût annoncé aujourd'hui par les plus gros fabricants, mais pour les seuls modules. »
En se positionnant dès aujourd'hui sur le marché, les utilities s'assurent un poste d'observation qui devrait leur permettre de coller à ces évolutions...

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 16:38

Tribune proposée par Sébastien Charles, Thomas Dallery et Jonathan Marie, Les Économistes Atterrés le 10 juin 2016 sur Le blog de Les Économistes Atterrés

Les monnaies locales ne sauraient être considérées comme la réponse à tous les problèmes. Malgré les évidentes limites de leur portée, elles peuvent contribuer à avancer dans la bonne direction. Nous envisageons ici trois chemins sur lesquels la monnaie locale pourrait être utile : aide aux migrants, revitalisation économique de certains territoires en difficulté et transition écologique.

Et si on pouvait, dans un même mouvement, améliorer le sort des migrants, revitaliser des territoires en difficulté et promouvoir une économie durable [1] ? Quel instrument serait susceptible de parvenir à une telle prouesse ? La réponse pourrait se trouver du côté des monnaies locales. Depuis la loi Hamon de juillet 2014, la reconnaissance des monnaies locales a été facilitée. Cet engouement pour les monnaies locales n'est pas propre à l'Hexagone : des projets similaires se sont multipliés dans d'autres pays européens récemment.[2] Le dernier dossier d'Alternatives Economiques propose justement de passer en revue les différentes potentialités de la monnaie comme moyen de réinventer un avenir commun.[3]

Une monnaie locale, késaco ?

Le concept de monnaie locale peut, de prime abord, effrayer. Précision : pour nous il ne s'agirait pas de l'introduction d'une monnaie destinée à remplacer l'euro. Les monnaies locales sont complémentaires à la circulation de la monnaie que nous connaissons, mais elles poursuivent des objectifs particuliers qui sont délaissés par le système traditionnel de création monétaire. Les monnaies locales sont destinées à redonner du sens à la monnaie, pour mieux flécher la création, l’émission et la circulation monétaire sur des besoins considérés comme essentiels : la dimension locale de ces monnaies vise à enraciner dans des territoires restreints les dépenses d'une collectivité fondée, au-delà de la proximité géographique, sur la défense de valeurs communes souvent en marge des circuits économiques traditionnels (bio, équitable, circuits courts,...).

La monnaie locale peut revêtir plusieurs formes et consister en des moyens de paiement, fiduciaires (billets de « banque ») ou électroniques (cartes de paiement). Concrètement, la monnaie locale se voit attribuée un nom symbolisant le territoire (le Bou'Sol à Boulogne, la SoNante à Nantes, le Sol-Violette à Toulouse,...), et, pour faciliter la manipulation de cette monnaie locale, une unité de monnaie locale équivaut alors à un euro, ce qui permet d'éviter les calculs compliqués de conversion pour se représenter la valeur lors des transactions effectuées.

En pratique, une monnaie locale est souvent gérée par une association qui « émet » une masse monétaire à due proportion de la quantité d'euros véritables déposés par des adhérents. La monnaie locale est donc entièrement gagée sur un stock d'euros : il n'y a aucun effet de levier qui pousserait à une trop grande émission de monnaie locale. Couplée à une possibilité de reconvertir sa monnaie locale en euros, cette limitation de l'émission de monnaie est là pour rassurer les utilisateurs de la monnaie locale sur sa valeur comme pour des raisons règlementaires. Une étape supplémentaire serait de permettre le règlement des impôts locaux en monnaie locale. Cela suppose la coopération des pouvoirs publics locaux, mais cette possibilité renforce la confiance dans la nouvelle monnaie locale.  

Pour l’exprimer autrement, la monnaie locale conserve les fonctions de la monnaie traditionnelle, pré-existantes à son introduction (unité de compte, moyen de paiement,  et même réserve de valeur, fonction qui n’est pas ici recherchée puisqu’elle limite la circulation de la monnaie). Mais l’innovation, c’est qu’on propose un outil complémentaire de financement de l’activité, un nouvel outil de régulation économique et que cet outil est porteur de valeurs qui peuvent être distinctes des valeurs génériques de la monnaie traditionnelle. Ce sont ces capacités qui nous semblent particulièrement intéressantes.

Monnaie locale et migrants : comment réconcilier deux perspectives a priori éloignées ?

La monnaie locale suppose par définition une implantation sur un territoire restreint. Son fonctionnement pourrait encourager une solidarité cohésive forte. Pour beaucoup de migrants, le lien avec le territoire sur lequel ils se trouvent n'est que temporaire : nombre d'entre eux ne sont que de passage et s'imaginent poursuivre leurs routes vers l'Angleterre. La fermeture de la frontière fait pourtant que les migrants restent bloqués dans des camps comme la fameuse « jungle » de Calais ou le nouveau campement humanitaire de Grande Synthe. Devant l'absence de solutions politiques au niveau européen, les migrants risquent donc de se retrouver piégés encore quelque temps dans ces territoires... Notre proposition ne saurait donc être accusée de former le piège autour de ces personnes. 

Plutôt que de poursuivre une politique de séparation sociale où migrants et résidents n'interagissent que peu, il serait judicieux d'inclure les migrants à l'intérieur d'un dispositif de monnaie locale. On pourrait imaginer que les migrants reçoivent une allocation individuelle en monnaie locale, allocation qui serait donc une forme de bons d'achat valables uniquement au niveau local.[4] Cette monnaie locale pourrait leur servir à s'approvisionner chez les commerçants partenaires, mais aussi à accéder à certains services publics dans le domaine des transports, de la culture, du sport,... Cette distribution de monnaie locale aux migrants a pour objectif de les pousser à investir la ville, à entrer en contact avec ses habitants. Pour les habitants, ces interactions favorisées sur le plan économique seraient profitables, car génératrices d’activité économique, et permettraient d’affaiblir la ghettoïsation des populations en multipliant les rencontres. Ce processus vertueux ne souffre pas de fuite économique vers l’extérieur : les dépenses en monnaie locale auraient en effet le mérite d'être localisées sur le territoire d'accueil. Les locaux eux aussi pourraient bénéficier de l’émission de la monnaie locale et auraient par la suite intérêt à l’utiliser.

Une monnaie locale, pour revivifier des territoires moribonds ?

Pour des territoires dont l'économie est en souffrance, l'accueil de migrants pourrait donc constituer une réelle bouffée d'air frais. La ville de Riace en Italie ne s'y est pas trompée. Alors qu'elle était sur le chemin de la désertification, la cité a accepté de recevoir des migrants dont les allocations seraient versées en monnaie locale. L'arrivée d'une population plus nombreuse a non seulement permis de relancer certains services publics menacés par une démographie faiblarde, mais elle a aussi entrainé l'émergence de nombreux commerces (pour recevoir la dépense de ces allocations). L'acceptation de la présence des migrants pourrait ainsi passer par l'intérêt économique et social des habitants.

Sur le plus pur plan économique, l'introduction d'une monnaie locale est un sérieux levier de développement. Vue avec les lunettes du multiplicateur keynésien, la monnaie locale tend à réduire les fuites en dehors du circuit de l'économie locale. On entérine ainsi un pouvoir d'achat captif du territoire. Pas d'importation pour affaiblir l'effet d'une éventuelle relance par cet intermédiaire, pas de déperdition de revenus hors du territoire à condition que la monnaie circule entre de multiples acteurs et pas seulement dans la relation migrant / commerçant et à condition qu’elle ne soit pas convertie en Euros immédiatement. Des frais de conversion désincitatifs peuvent être envisagés pour favoriser ce mécanisme. 

Une monnaie locale, pour s'engager sur la voie de la transition écologique ?

La monnaie locale participe également à la transition écologique. En favorisant les circuits courts, elle limite les possibilités pour les résidents d'acheter des produits en provenance de l'autre bout du monde, réduisant ainsi les émissions de gaz à effet de serre issues des transports. L'objectif serait bien de tendre vers une organisation économique écologiquement plus responsable.

Le développement d’une monnaie locale pourrait accompagner une modification des pratiques agricoles. Pour en finir avec les aberrations fréquentes d'une production agricole réalisée en France avant que la transformation n'ait lieu à l'autre bout de l'Europe, pour voir revenir les produits finis dans la grande distribution française, l'utilisation de monnaie locale permet de redonner du pouvoir aux consommateurs : par leurs actes d'achat, les consommateurs locaux pourraient ainsi accompagner les agriculteurs locaux dans une transition vers des modèles moins productivistes et plus respectueux de l'environnement. Dans une période où les crises agricoles se succèdent en poussant les agriculteurs à survivre par des subventions sur les prix et d'exonérations de cotisations sociales poussées toujours plus loin, il pourrait être intéressant de poser la question d'une réorientation d'une partie de ces aides publiques, en les fléchant vers les dispositifs de monnaie locale. Pour confirmer les efforts consentis dans la production, il faudrait que les producteurs puissent compter sur une demande captive grâce à la monnaie locale. Sur le territoire, la labellisation des commerçants partenaires garantit aussi de ne sélectionner que les seuls commerçants distribuant des produits bio et/ou issus du commerce équitable.

On l'aura compris, la monnaie locale est un outil formidable dans les mains d'un pouvoir exécutif volontariste. Celui-ci pourrait profiter de la monnaie locale pour distribuer des primes en complément de revenus déjà versés en euros, pour des activités qu'il estime prioritaire pour répondre à des besoins locaux : soutien scolaire, encadrement des activités sportives, aides à domicile des personnes âgées,... la seule limite étant ici la capacité budgétaire de la commune.

Monnaie locale : quels financements et quelle convertibilité ?

Faciliter l'accueil des migrants, redynamiser des territoires en difficulté, œuvrer pour la transition écologique, tout ceci peut paraître extrêmement prometteur. Mais comment établir le financement de la monnaie locale ?

La clef du financement reposerait initialement sur les collectivités locales. Ce serait en effet à elles de décider le niveau de masse monétaire qu'elles souhaitent subventionner auprès de l'association émettrice. Cette délibération devrait bien sûr se faire avec précautions dans le cas où la monnaie locale est acceptée en paiements des impôts locaux. Même si la monnaie locale a d'abord vocation à circuler sur le territoire et qu'elle n'est pas destinée à être utilisée massivement en paiement des impôts, on ne peut écarter a priori ce genre d'utilisation. Pour la collectivité locale concernée, ces impôts payés en monnaie locale seraient l'équivalent d'une dépense fiscale, d'un trou dans les recettes qu'il conviendrait de combler, notamment en réclamant à l'association émettrice la conversion de la monnaie locale détenue par la collectivité locale en euros véritables, ce qui reviendrait à détruire la monnaie locale ainsi restituée.

Pour limiter la charge sur les finances publiques territoriales, il pourrait être prévu des moyens de convertir la monnaie locale en euros véritables mais avec une décote. Le produit de la taxe pourrait à la fois désinciter les utilisateurs de monnaie locale à quitter le dispositif et renflouer les caisses des collectivités locales. Une autre solution pour préserver les finances publiques locales serait d'utiliser la monnaie locale pour financer une partie des dépenses publiques locales. Certaines primes aux élus et/ou aux fonctionnaires territoriaux pourraient être versées en monnaie locale. De même, pour les prestations sociales des Centres Communaux d'Action Sociale.

La question des migrants : comment faire payer l'État pour une mission qu'il se refuse à assumer...

Concernant l'accueil des migrants, le financement de la monnaie locale ne doit pas reposer sur les seules épaules des collectivités locales concernées par la présence des migrants. L'État pourrait pourtant être contraint de mettre la main à la poche, indirectement du moins. Si l'émission de monnaie locale passe par une association, il serait possible d'inciter les particuliers (ou même les entreprises) à réaliser des dons en faveur de cette association, dons qui seraient défiscalisés à hauteur de 66% (voire même 75% dans certaines conditions). En prenant l'exemple du campement humanitaire de Grande Synthe, l'association Médecins Sans Frontières, ayant assuré la logistique du site, pourrait émettre d'autant plus facilement de la monnaie locale au bénéfice des migrants que les donateurs privés verraient leurs dons déduits de leurs impôts : un don de 100€ à MSF ne coûterait réellement que 34€ au particulier, même si ces 100€ permettraient bien de distribuer un pouvoir d'achat local de 100€ au bénéfice des migrants, l'État contribuant ainsi malgré lui à hauteur de 66€ à cette distribution. Pour une fois, la défiscalisation ne profiterait pas à des super-riches échappant à l'impôt!

Une réflexion ouverte 

Bien sûr, de nombreuses questions restent en suspens : doit-on distribuer une allocation à l'ensemble des migrants ou aux seuls demandeurs d'asile en France, doit-on étendre la distribution de l'allocation aux personnes Sans Domicile Fixe du territoire, doit-on permettre la conversion de monnaie locale en euros avec ou sans pénalité, doit-on rendre la monnaie locale fondante pour accélérer son utilisation ? Mais la littérature sur les monnaies locales est aujourd'hui suffisamment vaste pour bien baliser le chemin de collectifs qui souhaiteraient se saisir de cet outil. Reste à convaincre les collectivités locales d'accompagner le mouvement en multipliant les expérimentations de monnaie locale et en articulant ces projets à la double question migratoire et écologique.

Tribune proposée par Sébastien Charles, Thomas Dallery et Jonathan Marie


[1] L’intérêt des monnaies locales dans la mise en œuvre du développement durables des territoires et dans le soutien aux investissements de la transition écologique est défendu par J. Blanc et B. Perrissin Fabert, « Financer la transition écologique des territoires par les monnaies locales», Note de l’Institut Veblen, Janvier 2016.

[2] Les crises économiques s'accompagnent souvent d'un développement des alternatives monétaires. Le WIR, monnaie locale inter-entreprise suisse, a été créé au beau milieu de la Grande Dépression. L'Amérique Latine (Brésil et Argentine notamment) a aussi connu une émergence de systèmes d'échange locaux durant les troubles monétaires des années 1990 et 2000. L'émergence des monnaies locales témoigne d'une volonté de reprise en mains par la société civile des phénomènes monétaires, après les dérives du système financier révélées par la crise.

[3] « Réinventer la monnaie », Les Dossiers d'Alternatives Economiques, n°6, mai 2016.

[4] L'idée de mettre en place une monnaie locale pour aider au sort des migrants n'est pas la solution qu'on souhaiterait voir mise en place dans un monde idéal. Bien évidemment une intervention de l'Etat central et/ou de l'Europe qui financeraient avec des vrais euros l'accueil des réfugiés et des populations les plus vulnérables serait préférable. Notre soucis dans ce texte est d'essayer de lever les blocages politiques qui existent au niveau de l'Etat central et des institutions européennes sur la question des réfugiés : ces autorités politiques ne veulent pas agir pour faciliter l'accueil. Nous cherchons donc à contourner cette opposition en nous appuyant sur des relais locaux qui pourraient potentiellement assumer le rôle que les autorités centrales abandonnent. En l'espèce, il existe sûrement plusieurs collectivités locales en France qui seraient prêtes à mettre en place un dispositif d'aides aux réfugiés. Nous ne visons donc pas une mise en place dans les seuls camps de Calais ou Grande Synthe, mais nous souhaiterions voir de nouvelles collectivités locales se déclarer prêtes à accueillir des réfugiés dans le cadre d'un dispositif intégrant une monnaie locale. Dans ce cadre, la monnaie locale joue le rôle d'une contrepartie politique pour faire plus facilement accepter aux populations locales l'arrivée des réfugiés : on donne aux réfugiés une allocation, mais elle n'alimentera pas les réseaux de passeurs, elle ne partira pas vers l'étranger, elle sera forcément dépensée sur le territoire ce qui fera tourner l'économie locale. En quelque sorte, ce serait un moyen de faire accepter la présence des réfugiés non pas en jouant sur les valeurs de solidarité, mais sur l'intérêt bien compris des commerçants locaux...

 

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 16:29

par Anne Lenormand sur http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250270935063&cid=1250270932268 le 10 juin 2016.
Le dérèglement climatique ne va cesser de produire des tensions sur la ressource en eau sur le territoire métropolitain, prévient un rapport sénatorial présenté le 8 juin. Face à un risque de pénurie avéré, les auteurs du rapport préconisent notamment la constitution de réserves de proximité. Ils souhaitent aussi donner plus de place aux acteurs locaux dans la gouvernance de l'eau..

« Eau : urgence déclarée » : c'est ce titre choc qu'ont choisi de donner à leur rapport Henri Tandonnet, sénateur UDI du Lot-et-Garonne, et Jean-Jacques Lozach, sénateur PS de la Creuse. Tous deux n'hésitent d'ailleurs pas à se présenter comme des "lanceurs d'alerte". Réalisé au nom de la délégation sénatoriale à la prospective du Sénat, ce rapport, qui a été présenté à la presse le 8 juin, entend prendre la mesure des tensions qui vont affecter à l'avenir la ressource en eau dans l'Hexagone et préconise différents moyens d'action pour y faire face.

Pour les rapporteurs, cela ne fait pas l'ombre d'un doute, "le risque de pénurie d'eau est désormais avéré" dans l'Hexagone. "En dépit d'une situation géographique et hydrologique favorable, la France est susceptible de manquer d'eau à l'avenir, notamment durant la période estivale", affirment-ils. Un paradoxe qui s'explique par un faisceau de causes. Tout d'abord avec le dérèglement climatique, "qui n'est plus contestable", il faut s'attendre à une hausse des températures (jusqu'à +5°C en été), accompagnée d'une modification du régime des précipitations "qui affectera l'ensemble du territoire et devrait se traduire par davantage d'épisodes de sécheresse et la survenance d'événements climatiques extrêmes plus nombreux". Ainsi, "si le volume global des pluies restera à peu près équivalent, il va se répartir différemment dans le temps et dans l'espace" : "Il pleuvra davantage au nord et moins dans le sud, davantage en hiver et moins en été." "C'est un phénomène de long terme qui ne s'arrêtera pas du jour au lendemain, même si on respecte les engagements de la COP21", a relevé Henri Tandonnet.

Les bassins Seine-Normandie et Adour-Garonne jugés "très vulnérables"

Les régions les plus potentiellement affectées par ces évolutions ne sont pas toujours celles que l'on croit, note le sénateur. Ainsi, "le pourtour méditerranéen resterait plutôt préservé, grâce au stock naturel important que constituent les glaciers alpins et aux grands ouvrages de réserves d'eau qui y ont été construits" dans les années 1960. En revanche, "deux zones sont identifiées comme très vulnérables : le bassin Seine-Normandie, où l'on prévoit une diminution notable des débits moyens annuels, et le bassin Adour-Garonne. Avec la disparition des glaciers des Pyrénées et la hausse constatée des températures de deux degrés, l'Aquitaine ne peut déjà plus être considérée comme le 'pays des eaux'", affirme-t-il.

Autres sources de tension sur la ressource en eau : l'augmentation de la population qu'elle soit permanente par le fait des migrations internes tout particulièrement sur les zones littorales, ou ponctuelle, par exemple au moment des vacances, l'accroissement des besoins alimentaires, la modification des modes de vie, de loisirs ou de tourisme, la hausse des prélèvements aquatiques nécessaires à la production énergétique, notamment nucléaire. "Il en résultera inévitablement un effet de ciseaux du fait de la hausse de la demande et de la réduction de la ressource", a pointé Henri Tandonnet.

Éviter les conflits d'usages

Le risque souligné par les rapporteurs est de cristalliser les conflits d'usages. D'où l'importance de "privilégier une approche collective" entre l'ensemble des utilisateurs (consommateurs, agriculteurs, producteurs d'énergie, industriels, pratiquants d'activités sportives, de loisirs et touristiques, etc., faune et flore aquatiques) et de "ne pas mettre en opposition frontale" les intérêts des consommateurs et ceux du monde agricole, souligne Jean-Jacques Lozach.

Pour les deux sénateurs, s'il faut "hiérarchiser" les usages de l'eau, "la priorité absolue est celle qui conditionne la survie de la population", soit l'alimentation et la sécurité sanitaire. "Il faudra veiller à l'approvisionnement alimentaire, à la fourniture d'eau potable répondant à nos critères nationaux de qualité et à la sécurisation des installations nucléaires", poursuit Jean-Jacques Lozach. Il faut aussi être attentif à "l'eau invisible" ou "eau virtuelle", qui correspond à la quantité d'eau mobilisée pour produire les biens de consommation", explique-t-il. "Lorsque nous importons des tomates d'Espagne ou du Maroc, c'est l'eau de pays encore plus fragilisés que le nôtre que nous achetons", illustre-t-il. "En 2007, seule année pour laquelle ce calcul complexe a été effectué, la France a été virtuellement importatrice nette d'eau à hauteur de 8,4 milliards de mètres cubes", à rapporter aux "plus ou moins 33 milliards de mètres cubes prélevés sur le territoire métropolitain à la même époque". "C'est loin d'être négligeable", juge le sénateur.

Des réserves d'eau en prévision des pics de chaleur

Pour préparer l'avenir, les sénateurs préconisent d'abord d'économiser l'eau. A leurs yeux, les réseaux de distribution d'eau sont ainsi "largement perfectibles". En moyenne, "20% à 25% de l'eau prélevée n'arrive pas à l'usager", souligne Henri Tandonnet, voire "40% à 50% dans les zones rurales". Pour le sénateur, on peut aussi "assigner au monde agricole l'objectif de produire plus, durablement, avec moins de terre et d'eau". La sélection variétale, l'irrigation de précision, l'agro-écologie et l'agro-foresterie sont donc à favoriser. Autre levier pour encourager la sobriété : poursuivre et amplifier les campagnes d'information et de sensibilisation à la réduction des consommations en direction du grand public.

Après les efforts d'économies, les sénateurs évoquent une "meilleure gestion de la ressource" grâce à une régulation des flux. Ils préconisent ainsi la constitution de réserves de proximité, lors des périodes d'abondance, en hiver et au printemps, pour les utiliser en été. "Au lieu de prendre des arrêtés de rationnement voire d'interdiction de tel ou tel usage de l'eau lors des pics de chaleur, on pourrait puiser dans ces réserves alimentées par la récupération des eaux pluviales pour arroser les parcs et jardins en milieu urbain et les champs en milieu rural pour favoriser l'évapotranspiration", explique Henri Tandonnet.

Mais pour cela, il faudra surmonter le "tabou" que représentent "les grands projets d'ouvrages structurants de type barrage", comme Sivens est devenu l'emblème, a mis en garde Jean-Jacques Lozach. Alors que "la préemption se fait souvent pour l'énergie hydraulique", Henri Tandonnet estime qu'il faut "réfléchir à deux fois" à la mise en concurrence des concessions hydroélectriques. Le sénateur souhaite en effet que ces réserves puissent être partagées. En cas de privatisation, cela deviendrait impossible, estime-t-il. Jean-Jacques Lozach souhaite également que l'on mise sur la recherche "pour accroître l'offre". Mais là encore existe un "barrage psychologique" face à l'acceptation de la réutilisation des eaux usées traitées. D'autres solutions peuvent aussi être envisagées : la désalinisation d'eau de mer, la récupération des eaux pluviales, la réalimentation des nappes d'eau souterraines.

Gestion décentralisée à l'échelle des bassins

Les sénateurs estiment aussi que la gestion de l'eau en France est "trop centralisée", les responsabilités "émiettées" et les intervenants potentiels trop nombreux. Pour les sénateurs, c'est la gestion par bassin qui "apparaît comme un modèle d'organisation pertinent", et ils souhaitent donner "plus de flexibilité et plus de place aux acteurs locaux". Les outils, tels que la Gemapi ou les projets de territoires, sont ainsi "à renforcer".

Pour donner suite à ce rapport, un débat en séance publique devrait avoir lieu à l'automne, en présence des ministres concernés, indiquent les sénateurs.

 

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 15:11

Le projet EuropaCity, qui propose d'urbaniser plusieurs centaines d'hectares du Triangle de Gonesse, est pensé comme une bulle consumériste sans lien avec le tissu urbain et social qui l'environne.

Une tribune collective du Monde du jeudi 9 juin 2016

Aux portes du Grand Paris, un grand projet concernant un site stratégique de 800 hectares est en ce moment l'objet d'un débat public. Ce débat est fondamental parce qu'il interroge les conceptions que l'on peut avoir des modes de vivre et de fabriquer la mégapole parisienne. Nous, architectes urbanistes, ne pouvons y être indifférents.

De quoi s'agit-il ? D'urbaniser, ou non, plusieurs centaines d'hectares de riches terres agricoles du « Triangle de Gonesse », situé entre le Bourget et Roissy et bordé par l'autoroute A1. Le projet en débat, nommé Europa City, propose, dans un premier temps, d'installer sur ces terrains 80 hectares de constructions – 470 000 m² dont 235 000 m² de surfaces commerciales, culturelles et de loisirs, et 100 000 m² d'espaces à usage public, mais pas de logements, car ils se trouveraient sous le corridor aérien. 11 800 emplois sont promis.

Ce projet, en forme de grande ellipse refermée sur elle-même, serait desservi par des voies rapides déjà très saturées et, en 2024, par une station du Grand Paris Express (GPE). Il est présenté comme un puissant attracteur pour un tourisme mondialisé et régional. La commission du débat public va rendre compte des discussions et rassembler les avis émis ces dernières semaines. Nous voudrions contribuer à ce débat.

Tout d'abord, nous jugeons ce projet inopportun, ici et maintenant.

Il est pensé comme une bulle consumériste, déconnecté des territoires en (re) construction, si ce n'est en captant une station du GPE à son profit principal. Il aura pour effet de détruire les emplois des commerces existants en centre-ville, dans les cités ou dans les centres commerciaux aujourd'hui insérés dans la nappe urbaine, alors qu'il y a déjà suroffre de surfaces commerciales récentes.

L'argument de la création d'emplois, auquel évidemment tout le monde est sensible, n'a pas de sens si on n'évalue pas en parallèle les emplois détruits et les investissements nécessaires pour reconstituer des tissus économiques et sociaux à l'aide de l'argent public. Le projet proposé répond encore une fois à la logique financière qui conduit à faire toujours plus grand et plus loin, donc plus dépendant de l'automobile.

Des alternatives existent

Il est de plus inopportun au regard de trois autres projets en cours : Le Bourget, où un vrai morceau de ville habitable est en cours d'élaboration ; Villepinte-Tremblay, entre le Parc international des expositions (2 millions de visiteurs par an) et l'aéroport Charles-de-Gaulle, où les ingrédients d'un projet d'envergure existent aussi et pourraient être reliés, fédérés et mis en synergie ; enfin, PSA Aulnay dont les terrains au bord de l'autoroute A1 sont aujourd'hui libérés et risquent de partir à la découpe, faute à ce jour de projet d'envergure et de véritables liaisons avec les villes d'Aulnay et Villepinte.

Ensuite, des alternatives existent. Il faut repenser le projet actuel de façon à ce que les habitants en profitent réellement. L'idée d'associer des programmes de toute nature est porteur d'une véritable innovation sociale, économique, urbanistique, architecturale, mais à condition qu'ils soient connectés aux tissus urbains et sociaux. On peut ainsi imaginer de nouveaux modèles d'hybridation rassemblant à l'échelle locale des équipements et des services.

Si « l'Etat ne peut pas tout payer », raison de plus pour qu'il privilégie les projets les plus proches des lieux de vie existants ou potentiels, plutôt que de les cannibaliser par un projet hors-sol, en décourageant des générations de militants de la ville et de la vie urbaine.

Associer et répartir plutôt que séparer et concentrer, fédérer – les communes, les départements, la région, la métropole, le public et le privé – plutôt que diviser, optimiser les ressources…

Il est temps de mettre les actes en accord avec les politiques publiques.

Frédéric Bonnet, Antoine Brès, Christian Devillers, Antoine Grumbach, David Mangin, Béatrice Mariolle, Christian de Portzamparc, architectes-urbanistes ■

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 15:08

La Commission Nationale du Débat Public vient d’éditer un document de 17 pages qui doit servir à orienter les électeurs de Loire-Atlantique en vue de la consultation sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui aura lieu le 26 juin prochain.

EELV déplore l’attitude du gouvernement, qui n’a accordé que quelques semaines à la CNDP pour produire ce document d’information, document qui ne sera même pas distribué aux électeurs.

La précipitation et la légèreté dans lesquelles ont été définis les principes de la consultation conduisent à une situation inique. L’absence de précision sur les modalités de cette consultation se traduit en effet par l’utilisation abusive, par certaines collectivités, des moyens publics en vue de faire campagne pour le projet d’aéroport.

Par ailleurs, l’implication du Premier ministre, qui a cru bon de préciser personnellement à la CNDP que le projet soumis au vote des électeurs de Loire-Atlantique ne devait pas tenir compte des recommandations des experts mandatés par la Ministre de l’environnement, qui le jugeaient pourtant démesuré, témoigne une fois de plus de l’obstination absurde du gouvernement sur ce sujet.

Ces éléments s’ajoutent à de nombreuses incohérences qui dénotent une forme de négligence et font de cette consultation une consultation biaisée. Comment l’État peut-il prétendre asseoir la légitimité démocratique de ce projet sur la base d’une consultation dont il établit lui-même le périmètre, délibérément restreint, et dont il définit unilatéralement la question et les modalités de campagne ?

EELV exhorte le Président de la République à donner une autre illustration de la « démocratie environnementale » qu’il promettait suite à la mort de Rémi Fraisse. Même les conclusions du rapport sénatorial publié suite à cet événement tragique ne sont pas respectées, preuve s’il en fallait de la mauvaise volonté de l’État.

Les écologistes ne baisseront pas les bras. EELV soutient et soutiendra toujours la mobilisation contre ce projet démesuré, inutile et imposé, et appelle chacun et chacune des électeurs et électrices de Loire-Atlantique à se mobiliser et à voter, le 26 juin prochain, pour que la voix de l’écologie et de la démocratie l’emporte sur celle du productivisme et de la mégalomanie.

EELV appelle le plus grand nombre à se mobiliser en amont du 26 juin en particulier en participant à la campagne d’appels téléphoniques de toute la France vers la Loire-Atlantique pour mobiliser le camp du non : rendez-vous sur www.26juin.vote

Julien Bayou, Sandrine Rousseau, porte-parole nationaux EELV.

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 16:14

Chanson contre l'aéroport de Notre-Dame des Landes, sur http://www.cyberacteurs.org/video/video.php?id=170

Avec au chant par ordre d'apparition : Mathieu Hamon, Bertrand Cantat, Emily Loizeau, Marthe Vassallo, Delphine Coutant, Ana Igluka, Mouss & Hakim, Sylvain GirO, Sanseverino, André Minvielle.
Avec: Janick Martin (accordéon diatonique), Erwan Hamon (bombarde), Ronan Pellen (cistre), Erwan Volant (basse), Julien Padovani (claviers), Patrick Boileau (batterie), Pierre Fablet (guitare), Ludo Mesnil (guitare).
Et la présence de militant-es : Alphonse Fresneau, Bernadette et Julien Durand, Agnès Belaud, Françoise Verchère, Dominique Fresneau, Régis Fresneau, Vincent Delabouglise, Geneviève Lebouteux, Brigitte et Sylvain Fresneau, Marcel Thébault, Anne-Marie Chabod, Hervé Thébaud, Tiphaine Chabrol, Wilhem Doedens et Guy Menet.
Texte : Sylvain GirO / Musique : Mathieu Hamon & Ronan Pellen.
Arrangements : Hamon Martin Quintet et Sylvain GirO (Droits déposés).
Prise de son, mixage : Gwenolé Lahalle / Mastering : Maël Vallin / Prise de vue : Guenolé Diguet et Christian Baudu (Scopidrone).
Réalisation Vidéo : Guénolé Diguet.
Fabriqué en avril-mai 2016 grâce à l'engagement bénévole des artistes et techniciens, avec le soutien de l'ACIPA et du réseau COPAIN.
Soutien à tous les militant-es qui s'opposent à la construction d'un aéroport à Notre-Dame des Landes et à tous les grands projets inutiles imposés partout dans le monde...
Merci à tous ceux qui ont participé et nous ont aidé à réaliser ce clip.

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 08:24
La ministre française de l’environnement, Ségolène Royal (cinquième à droite) assiste à l’inauguration de la centrale géothermique à Rittershoffen le 7 juin 2016

La ministre française de l’environnement, Ségolène Royal (cinquième à droite) assiste à l’inauguration de la centrale géothermique à Rittershoffen le 7 juin 2016

Rittershoffen (France) (AFP) – Ses promoteurs la présentent comme une première mondiale: inaugurée mardi à Rittershoffen au nord de Strasbourg, une centrale géothermique puise de l’eau à 165° dans les entrailles de la terre pour fournir en vapeur une usine d’amidon.
« La France peut être fière de cette première mondiale », s’est réjouie sur place la ministre de l’Environnement et de l’Energie Ségolène Royal, pour qui cette centrale installée en rase campagne « est un formidable espoir pour beaucoup de pays qui n’ont pas accès à l’électricité ».


Réalisée par le groupe ES (Electricité de Strasbourg), filiale d’EDF, l’installation alimente une usine avec une puissance de 24 mégawatts – l’équivalent de l’énergie nécessaire au chauffage de 27.000 logements.
L’investissement de 55 millions d’euros a été partagé entre le groupe Roquette (propriétaire de l’usine d’amidon), ES et la Caisse des dépôts, au sein d’une société commune dédiée, baptisée Ecogi (Exploitation de la chaleur d’origine géothermique pour l’industrie).


Concrètement, il s’agit d’aller puiser, à 2.600 mètres de profondeur, une eau à 165 degrés, piégée dans les failles caractéristiques du sous-sol de la vallée rhénane.
Remontée à la surface, l’eau passe par un échangeur de chaleur, avant d’être réinjectée dans les entrailles de la terre. L’énergie venue des profondeurs permet de chauffer un circuit d’eau secondaire, acheminée par une canalisation sous-terraine jusqu’à l’usine du groupe Roquette à Beinheim, à 15 km de là. En sortie, elle effectue le chemin inverse jusqu’à la centrale.
Cette « boucle » permet d’obtenir une chaleur continue, au « rendement permanent », précise Ecogi.


Pour l’usine d’amidon, la géothermie remplacera une partie de l’alimentation en gaz, ce qui lui fera économiser 39.000 tonnes de C02 par an, l’équivalent des émissions de 25.000 voitures.
En s’ajoutant à la grosse chaudière au bois qui équipe déjà le site, elle porte à 75% la part des ressources renouvelables dans la consommation énergétique du site.
Une énergie à prix fixe, disponible en permanence: « ce sont deux facteurs de stabilité essentiels pour la compétitivité d’un site gros consommateur comme celui-ci », explique à l’AFP Patrick François, directeur régional de la Caisse des dépôts.


La technique de forage, appelée EGS (Enhanced Geothermal System) « n’a rien à voir » avec la controversée fracturation hydraulique des gaz de schiste, car elle puise l’eau dans des failles naturelles existantes, sans devoir effectuer des injections massives de matière, souligne de son côté Bernard Kempf, directeur du développement d’ES.


Les promoteurs du projet ont également pris soin d’installer, dans un rayon de quelques kilomètres autour du forage, des stations de mesure et de contrôle de la sismicité, afin de réduire le risque de provoquer de légères secousses.
Le but est d’éviter les déboires survenus non loin de là à Bâle (Suisse), fin 2006-début 2007: plusieurs micro-sésismes, jusqu’à une magnitude de 3,4, avaient entraîné l’arrêt d’un projet et provoqué de nombreuses fissures chez des riverains, à des dizaines de km à la ronde.


Une autre particularité de ce projet est la grande distance – 15 km – entre la centrale de production et l’usine ainsi alimentée en énergie.
Cette distance en a renchéri les coûts de 15 millions d’euros. « Mais à proximité immédiate de l’usine, il aurait fallu forer à des profondeurs beaucoup plus importantes, ce qui était techniquement très difficile. Et la perte de quelques degrés pendant le transport est marginale », souligne M.
Kempf.


Sans commune mesure avec les pompes à chaleur géothermiques qui ne puisent la chaleur qu’à quelques mètres dans le sol, la géothermie profonde est plus connue pour son potentiel en chauffage urbain. D’autres projets — en chauffage urbain ou en application industrielle — sont à l’étude en France, notamment à Wissembourg et Illkirch en Alsace, a précisé le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy.


« Le projet de Rittershoffen nous amène à renforcer notre engagement dans toutes les énergies renouvelables », s’est-il réjoui. Toutefois, a souligné Mme Royal, « le nucléaire va rester le socle » du mix énergétique français, le gouvernement poursuivant l’objectif de réduire d’ici à 2025 la part du nucléaire de 75 à 50% dans la production d’électricité.

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Une enquête publique sur le PLU des Lilas… qui change la donne !

Une victoire pour l'eau publique en Île-de-France

L’eau publique, c’est maintenant !

L’Ouest de la Seine Saint-Denis se mobilise pour la création d’un service public de l’eau

Romainville : le Syctom lance une concertation préalable pour la modernisation du centre de transfert et de tri des déchets

Que sont ces CSR - Combustibles Solides de Récupération - qu’on veut brûler à Romainville ?

Ces parents qui mijotent une cantine publique

De nouvelles préconisations nutritionnelles... Pas d'usine, on cuisine !

À Romainville contre l’incinération

Une victoire de l'engagement citoyen aux cantines rebelles du 10 novembre

Derniers échos de la révision du PLU des Lilas

Les Sans Radio retrouvent les ondes

Europacity : le débat public se conclut sur des positions inconciliables

Le parc (George-Valbon La Courneuve) debout !

Grand Paris : non à la logique financière

Pour une gestion publique, démocratique et écologique de l'eau

Le revenu de base ? Débat mardi 14 juin 20h

C'était la Grande Parade Métèque 2016...

La nature : une solution au changement climatique en Île-de-France

Participer à la Grande Parade Métèque samedi 28 mai 2016

PLU des lilas: enfin un diagnostic et état initial de l'environnement ... à compléter

Avec la loi « Travail », où irait-on ? Débattons-en mercredi 30 mars

Réduire la place de la voiture des actes pas des paroles

La COP 21 aux Lilas

La nature est un champ de bataille

Alternatiba et le Ruban pour le climat des Lilas à la République

Un compost de quartier aux Lilas

Devoir d'asile : de l'Etat jusqu'aux Lilas

Un ruban pour le climat aux Lilas

Six propositions vertes pour une révision du PLU véritablement utile

La Grande Parade Métèque samedi 30 mai

Fête de la transition énergetique et citoyenne le 9 mai aux Lilas