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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 11:13

Aujourd'hui à New York, les chefs d’États et de gouvernement signent l'accord de Paris de la COP21. L'occasion de relancer l'idée d'une Organisation Mondiale de l'Environnement, comme indiquée dans la tribune ci-dessous et publiée ce jour par Libération, par Olivier de Schutter Ex-rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l'alimentation et professeur à l’Université catholique de Louvain, Philippe Lamberts Coprésident du groupe des Verts-ALE au Parlement européen, Benjamin Joyeux écologiste européen, fondateur de l’association pour la promotion de l’Organisation mondiale de l’environnement (L’APOME), Vandana Shiva écologiste et féministe indienne, le 21 avril 2016.

Un iceberg flottant dans l'Antarctique le 2 mars 2016. Cette région sauvage est menacée par le réchauffement climatique Photo EITAN ABRAMOVICH. AFP

Les grandes entreprises mondiales du pétrole offshore se sont encore réunies début avril pour s’accorder sur leur stratégie mondiale afin de pouvoir creuser toujours plus profond dans les océans à la recherche d’hydrocarbures. États et multinationales sont d’accord: l’accord de Paris marque un beau moment de communication solennelle mais nullement une date historique mondiale pour sauver notre climat.

Ce vendredi 22 avril à New York, sur invitation du Secrétaire Général des Nations unies Ban Ki Moon, se déroule la cérémonie de signature de l’accord de Paris, en présence de chefs d’État et de gouvernement du monde entier. Un peu plus de quatre mois après la conclusion de la COP 21 en grande pompe au Bourget, ce rendez-vous doit marquer la première étape du processus de ratification. La communauté internationale exprimera à nouveau sa volonté de poursuivre «l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5°C». L’accord de Paris impose à l’ensemble des pays de revoir à la hausse leurs objectifs climatiques.

Mais du papier au réel, il y a un fossé: à cette heure, sur le terrain absolument rien ne change. Deux exemples illustrent tristement ce constat: en plein scandale du dieselgate, les autorités françaises ont fait pression sur Bruxelles pour faire baisser les seuils d’émission de pollution de l’air, c’est-à-dire changer les règles plutôt que punir la triche, dans l’intérêt des constructeurs automobiles et non du climat et de la santé des Européens. Plus récemment, les grandes entreprises mondiales du pétrole offshore se sont retrouvées à Pau du 5 au 7 avril pour se mettre d’accord sur leur stratégie mondiale afin de pouvoir continuer à creuser toujours plus profond dans les océans à la recherche d’hydrocarbures.

États et multinationales sont d’accord: l’accord de Paris marque un beau moment de communication solennelle mais nullement une date historique mondiale pour commencer enfin à changer de modèle pour sauver notre climat. Chaque minute qui passe, la possibilité de limiter l’élévation des températures à 1,5°C s’éloigne malgré toutes les belles promesses. Comme un fumeur qui en fume toujours une dernière avant d’arrêter malgré les alertes sur sa santé, le système économique mondial continue sa course aveugle et mortifère à la croissance et au productivisme en contradiction totale avec les objectifs de la COP21. Les négociations du Traité transatlantique pour augmenter les échanges commerciaux entre l’Union européenne et les États-Unis symbolisent à quel point la recherche du profit l’emporte sur le souci de sauvegarder la planète, notre climat et le sort des générations futures.

Il est temps de siffler la fin de la récréation. Si l’on ne peut compter ni sur les États agissant isolément, ni sur les grandes entreprises, il faut se doter d’un gendarme international aux pouvoirs contraignants et à la légitimité indiscutable, susceptible de mettre en œuvre tant les objectifs de la COP21 que les plus de 300 conventions et traités internationaux de droit de l’environnement. On ne manque pas d’engagements solennels en la matière. Mais cessons enfin de prendre les mots pour la chose: ces engagements demeurent largement inappliqués car leurs objectifs sont vus comme non prioritaires par rapport aux chiffres de la croissance, du PIB et de la balance du commerce extérieur.

Nous appelons donc à la relance de l’Organisation Mondiale de l’Environnement. Cette belle idée, portée par des ONG et des associations écologistes durant les années 2000, reprise ensuite par des chefs d’État même en France, a finalement été balayée par la crise économique mondiale à partir de 2008 et abandonnée par manque de courage politique. Pourtant, si cette OME existait pour rappeler aux autres institutions internationales, aux États et aux grandes entreprises leurs devoirs et leurs obligations en matière de climat et d’environnement, elle pourrait grandement aider à faire passer un message tout simple: en l’état actuel de notre planète, la bonne marche des affaires et la croissance des profits de l’actionnariat ne peuvent plus constituer la priorité absolue primant sur la sauvegarde même de la vie sur Terre.

A l’instar de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui depuis plus de vingt ans encourage la réduction progressive des droits de douane grâce à la clause de «la nation la plus favorisée», nous avons besoin d’une OME qui pourrait imposer le respect d’une clause de «la nation à l’environnement le plus favorisé», pour que l’État signataire le plus exemplaire en matière de protection environnementale et d’atténuation du changement climatique impose progressivement à tous ses partenaires de s’aligner sur les critères les plus exigeants en la matière. Il s’agirait de subordonner l’accès aux marchés au respect, par les partenaires commerciaux de l’État en question, de standards jugés équivalents. C’est une forme d’incitation à une course vers le mieux-disant. C’est une telle liaison entre commerce et environnement qui a permis par exemple au protocole de Montréal, adopté en 1987, d’amener à l’abandon progressif des CFC, ces gaz responsables de la destruction de la couche d’ozone dans l’atmosphère.

Nous ne fétichisons pas particulièrement les institutions internationales et nous savons les limites des solutions imposées d’en haut. Cependant, la mise sur pied de mécanismes contraignants, introduisant davantage de cohérence dans la gouvernance mondiale constituerait sans conteste un progrès.

Si nous voulons vraiment mettre en œuvre les objectifs de la COP21 et faire enfin primer le droit de l’environnement sur le droit des affaires, il faut se doter d’une Organisation Mondiale de l’Environnement. Le programme des Nations Unies pour l’environnement existe déjà. Il ne reste plus qu’à le transformer pour lui donner enfin les pouvoirs et la légitimité de son rôle et de ses objectifs. Le temps presse.

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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 10:43

Après la protection renforcée du « Secret des affaires » par la directive européenne votée le 14 avril, communiqué de presse du 21 avril 2016 de 17 organisations de la société civile.

Cliquez ici pour signer la pétition nationale pour la protection des lanceurs d’alerte

Scandale des Panama Papers, choc de l’adoption par le Parlement européen de la directive « secret des affaires », procès d’Antoine Deltour, le lanceur d’alerte à l’origine des LuxLeaks : l’actualité nous démontre une fois encore l’urgence qu’il y a à protéger ceux qui prennent des risques pour renforcer nos démocraties. Il ne faut pas laisser le secret devenir la norme et la liberté l’exception.

Le projet de loi Sapin 2, une opportunité unique de protéger enfin les lanceurs d’alerte

Annoncé depuis 2015 par François Hollande, le projet de loi relatif à la transparence, la prévention de la corruption et la modernisation de la vie politique (dite « Loi Sapin 2 ») devait enfin doter la France d’une législation ambitieuse pour protéger les lanceurs d’alerte.

Si le texte offre une véritable opportunité d’adopter les meilleurs standards internationaux pour lutter contre la corruption, il ne saisit pas, en l’état, l’occasion de protéger véritablement tous les lanceurs d’alerte. Au contraire, il ajoute au millefeuille législatif français, à l’inégalité de traitement des salariés, à l’insécurité juridique et perpétue l’impunité des auteurs de représailles. Encore trop nombreux sont ceux qui se retrouvent isolés et dépourvus de soutien alors qu’ils agissent dans l’intérêt de tous en dévoilant les failles de nos sociétés.

Toutes les organisations signataires appellent les parlementaires à se saisir de l’examen de cette prochaine loi anti-corruption pour accorder enfin un statut global et une protection effective aux lanceurs d’alerte en France. Elles ne manqueront pas de mobiliser le plus grand nombre à travers leur pétition nationale.

Pétition lancée à l’initiative de Powerfoule et Transparency International France, avec le soutien des organisations suivantes : Attac, CCFD Terre Solidaire, CFDT cadres, Greenpeace, Pacte Civique, Pugwash – France, Sherpa, UGICT – CGT, Anticor, Bloom, CFDT, Collectif Roosevelt, Ligue des droits de l’Homme, Plate-forme paradis fiscaux et judiciaires, Réseau Environnement Santé, Survie.

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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 10:25

Alors que le scandale Panama Papers a révélé le besoin de transparence, la directive européenne "Secret des affaires", votée le 14 avril, fait de l'opacité la règle. C'est un recul du droit à l'information des consommateurs, celui des salariés et des lanceurs d'alerte, qui sert les intérêts de quelque grands groupes à l'origine de cette législation.

Par Pascal Durand, Philippe Lamberts et Eva Joly, membres du groupe des Verts au Parlement européen, le 21 avril 2016.

À quelques jours du début des procès d'Antoine Deltour et Edouard Perrin, tous deux poursuivis au Luxembourg pour divulgation de secrets d'affaires - informations à l'origine du LuxLeaks -, après la divulgation du Panama Papers et quelques mois seulement après la révélation de la fraude Volkswagen, le vote au Parlement européen de la directive "Secret des affaires", le 14 avril, constitue une incongruité.

Un texte contre l'intérêt général

La grande coalition européenne, socialistes, libéraux et droite, assistée des eurosceptiques et du Front national, a voté un texte qui, in fine, ne profitera qu'à quelques grands groupes et quelques fraudeurs, au détriment du droit à l'information, du journalisme d'investigation, des salariés, des consommateurs bref, de l'intérêt général.

Officiellement, ce texte a une seule vocation : harmoniser en Europe les règles destinées à protéger les secrets de fabrication et encourager l'innovation des PME, prétendument gênée par une insécurité juridique transfrontalière en matière de secret d'affaires.

Et de nous convaincre de la nécessité pour le pauvre boulanger de préserver de ses concurrents le secret sur la recette originale de fabrication de sa baguette.

Présenté ainsi, qui serait contre ? Malheureusement l'argument passe mal, très mal même.

Le risque du secret généralisé

D'abord parce que si l'on souhaitait, comme cela existe déjà en France, protéger le savoir-faire et les secrets de fabrication d'une concurrence déloyale, il suffisait de l'écrire ainsi et de limiter la directive à cette protection. D'une manière générale, les PME, comme les boulangers, ont tout à gagner à une simplification et une précision des textes.

Mais avec une définition aussi large que possible, permettant d'estampiller à peu près n'importe quelle information sous le sceau du secret des affaires, le risque que tout pourrait être considéré comme secret, sauf ce que l'entreprise a souhaité rendre public, devient réel.

Avec un tel champ, la directive va surtout ouvrir la porte aux interprétations, à l'arbitraire et donc à l'insécurité juridique qu'elle était censée combattre, surtout qu'elle ne traite aucune des questions de vols, piratage ou autre espionnage industriel qui relèvent toutes du droit pénal sous la seule responsabilité des États membres.

Alors de qui ce texte sert-il les intérêts?

Une première réponse se situe dans les entreprises à l'origine de cette législation, bien loin de notre fameux boulanger ou de la PME, il s'agit des DuPont de Nemours, Alstom, Michelin, Air Liquide, Nestlé, General Electric, Intel et AMSC, ainsi que des fédérations qui les ont appuyées : Fédération européenne de la chimie, Fédération internationale des parfumeurs, Business Europe, Fédération européenne des semenciers céréaliers, Europe 500 et la coalition pour le secret des affaires et de l'innovation.

Une seconde réponse se trouve dans la volonté, en pleine négociation du Traité transatlantique, d'aligner sur le nouveau standard américain les législations européennes afin d'éviter à quelques grandes entreprises qui détestent avoir à rendre des comptes à des organisations de consommateurs ou à la presse, d'être trop perturbées à l'avenir.

Et ils y ont réussi, certes mais à quel coût ?

Celui d'entraîner un recul de la transparence, du droit à l'information des consommateurs, celui des salariés et des lanceurs d'alerte.

L'opacité est désormais la règle, la transparence l'exception. Et ces exceptions sont très encadrées, bien plus que la définition du secret d'affaires. Il s'agit d'un texte où les inconvénients priment largement sur les avantages et seul désormais son adossement à une directive de défense des lanceurs d'alerte, salariés ou non, en limitera la nocivité. Les écologistes européens s'y emploieront activement dans les semaines qui viennent et nous espérons qu'un consensus apparaîtra autour de nos propositions.

Pascal Durand, Eurodéputé Europe Écologie-Les Verts, membre du Groupe des Verts au Parlement européen ;

Philippe Lamberts, Eurodéputé Ecolo (Belgique), co-président du Groupe des Verts au Parlement européen ;

Eva Joly, Eurodéputée Europe Écologie-Les Verts, membre du Groupe des Verts au Parlement européen.

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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 11:55

Rosalux - Les amis du Monde Diplomatque présente

François Ruffin - Que faire contre la finance ?

publié le 13 avril 2016 sous Licence Creative Commons, en 2 parties et questions-réponses.

Comment se défendre face à la dette ?
La dette permet de détruire l'autorité et l'indépendance des Etats. Le travail idéologique est si efficace qu'on arrive à être convaincu qu'il n'y a pas d'alternative au désendettement de l'Etat. La dette est aujourd'hui le plus puissant mécanisme pour faire tomber la protection sociale et tous les services de l'Etat.

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16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 11:38

Un communiqué commun #StopTradeSecrets du jeudi 14 avril 2016 - signataires ci-dessous.

Le parlement européen a adopté aujourd’hui [1], jeudi 14 avril, la directive sur le secret des affaires. Cette directive, censée protéger les entreprises contre l’espionnage industriel, a été élaborée en toute opacité par la commission européenne, à la demande et avec l’aide considérable de quelques multinationales françaises et américaines [2]. Elle introduit une nouvelle définition, le secret des affaires, aux contours tellement larges que toute information interne à l’entreprise peut potentiellement en faire partie. Surtout, la directive permet aux entreprises de poursuivre tous ceux, journalistes, syndicalistes, lanceurs d’alertes ou salariés utilisant leurs informations acquises sur leur lieu de travail, qui révèleraient un secret d’affaire. Les exceptions supposées protéger les libertés sont très insuffisantes : leur adaptation en droit national variera en fonction des Etats, et il reviendra au juge de faire la part des choses entre la protection de ces libertés d'une part, et la défense des intérêts économiques d'autre part. La charge de la preuve est inversée : Les entreprises devront seulement prouver qu’elles n’ont pas autorisé l’obtention, l’usage ou la publication du secret d’affaire concerné tandis que les citoyens devront démontrer au juge qu’ils ont agi de façon compatible avec une des exceptions prévues. La simple perspective des poursuites sera une intimidation permanente pour tous les enquêteurs ou lanceurs d’alerte potentiels, sans parler de l’effet au quotidien sur la mobilité des salariés et de la possibilité d’accéder à des informations d’intérêt général sur la toxicité des produits sur le marché.

Plus de 270 000 citoyens avaient pourtant appelé les eurodéputés à rejeter cette directive en deux semaines dans une pétition [3], ainsi qu’une coalition européenne de 54 ONG et organisations syndicales.

Au lendemain de l’affaire Panama Papers, et à la veille du procès d’Antoine Deltour et d’Edouard Perrin au Luxembourg, c’est un texte protégeant les lanceurs d’alertes et imposant la transparence aux multinationales que le parlement européen aurait dû adopter. Au contraire, avec cette directive, le parlement européen a l'inconscience de créer un nouveau droit à l’opacité pour les multinationales et fragilise encore les contre-pouvoirs. 

Manifestement, les eurodéputés n’ont pas compris les enjeux et les dangers du texte qui leur était soumis. Ce vote, intervenu au pas de charge le lendemain d'un débat expédié en moins d'une heure dans un hémicycle quasi vide, interroge le fonctionnement démocratique de l’Europe et la capacité de ses institutions à défendre l’intérêt général. C’est un triste jour pour ce qu'on pouvait encore espérer de la démocratie européenne. Il y a urgence à ce que les citoyens européens reprennent le pouvoir qui leur est confisqué. Gageons que si ces institutions européennes-là ne les défendent pas, ils leur reprendront bientôt cette prérogative. Ce vote fait reculer les libertés mais notre combat ne s’arrête pas. Nous continuerons à mener campagne à tous les niveaux contre cette directive. Dans le cadre de sa transposition par les Etats membres, comme dans celui de la jurisprudence européenne. Ce que les institutions européennes ont fait, elles peuvent le défaire, et comme dit l’adage populaire, « il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ».

 

Liste des membres de la coalition européenne

Anticor, Association Européenne pour la Défense des droits de l'Homme, ATTAC Spain, ATTAC France, Asociación Libre de Abogadas y Abogados, Centre national de coopération au développement CNCD-11.11.11, Correctiv.org, Germany, BUKO Pharma-Kampagne, CCFD-Terre Solidaire, CFDT Journalistes, CGT Ingénieurs, Cadres et Techniciens (UGICT-CGT), Collectif Europe et Médicament, Collectif de journalistes “Informer n'est pas un délit”, Comité de soutien à Antoine Deltour, Commons Network, Corporate Europe Observatory, Courage Foundation, Deutsche Gewerkschaftsbund (DGB, Confédération des Syndicats allemands), Ecologistas en Acción, EcoNexus, European Network of Scientists for Social and Environmental Responsibility (ENSSER), European Public Health Alliance, Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Fondation Sciences Citoyennes, Force Ouvrière-Cadres, Genewatch, GMWatch, Health Action International, Health and Trade Network, Inf'OGM, Institut Veblen, International Society of Drug Bulletins, La Quadrature du Net, Les économistes atterrés, Ligue des Droits de l'Homme, Observatoire Citoyen pour la Transparence Financière Internationale (OCTFI), OGM Dangers, Peuples Solidaires, Nordic Cochrane Centre, Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe), Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires, Public Concern At Work, Solidaires, SumOfUs, Syndicat des Avocats de France (SAF), Syndicat National des Chercheurs Scientifiques (SNCS – FSU), Syndicat National des Journalistes (SNJ), Syndicat National des Journalistes CGT (SNJ-CGT), Syndicat des journalistes CFDT, Syndicat de la Magistrature, Tax Justice Network, Transparency International France, WeMove.eu, Whistleblower-Netzwerk e.V., Germany, Xnet


[1]Les votes étaient les suivants: gauche (GUE) contre, Verts contre, Socialistes pour (moins peut-être certains courageux), les libéraux (ALDE) seraient divisés, les conservateurs (PPE) pour, les Conservateurs et Réformistes (ECR, essentiellement les conservateurs britanniques) pour à quelques exceptions, le groupe « libertés et démocratie directe » (EFDD – mouvement 5 étoiles italien et indépendantistes britanniques), contre, et le groupe « Europe des Nations et des Libertés » (EFN – Front National français et alliés), pour.

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 17:13
#HappyBirthdayTchernobyl lundi 25 avril

Le 26 avril 1986 à Tchernobyl en Ukraine, l’augmentation incontrôlée de la puissance du réacteur n°4 de la centrale Lénine, conduit à la fusion du cœur, provoquant une explosion libérant d’énormes quantités d’éléments radioactifs. Ce tragique accident nucléaire mobilise des milliers de « liquidateurs », « chair à neutrons » sacrifiés pour tenter d’éteindre l’incendie et provoque le déplacement de plus de 250 000 personnes.

L’ONU considère que ce sont 9 millions d'adultes et plus de 2 millions d'enfants qui souffrent des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.

L’Académie des sciences de New York dans un récent rapport estime que 985 000 personnes sont décédées suite à la catastrophe de Tchernobyl.

30 ans après, malgré la multiplication des cancers, des maladies de la thyroïde et des malformations congénitales, l’opacité et la désinformation continuent et le réacteur éventré demeure plus que jamais une menace avec un sarcophage qui souffre de plaies béantes.

En France, des milliers de personnes ont également été victimes de l’accident (le nuage ne s’est pas arrêté à la frontière) sans aucune reconnaissance des pouvoirs publics et l’Etat ne reconnaît toujours pas avoir menti au mépris de la protection sanitaire des populations. Comme nous le recommande nos voisins européens, il est urgent d’arrêter les centrales nuclé­aires les plus anciennes (Fessenheim, Bugey et Tricastin) et d’abandonner les chantiers de l’EPR et d’ITER. Or, le gouvernement a décidé en début d’année de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires, faisant ainsi courir encore plus de risques aux Européens et retardant le développement des filières d’énergies renouvelables et de la maîtrise de la demande énergétique.

Extrait de la Supplication de Svetlana Alexievitch, prix Noble de littVETLANA ALEXIEVITCH 

« Je ne sais pas de quoi parler... De la mort ou de l'amour ? Ou c'est égal... De quoi ?Nous étions jeunes mariés. Dans la rue, nous nous tenions encore par la main, même si nous allions au magasin... Je lui disais : "Je t'aime." Mais je ne savais pas encore à quel point je l'aimais... Je n'avais pas idée... Nous vivions au foyer de la caserne des sapeurs-pompiers où il travaillait. Au premier étage. Avec trois autres jeunes familles. Nous partagions une cuisine commune. Et les véhicules étaient garés en bas, au rez-de-chaussée. Les véhicules rouges des pompiers. C'était son travail. Je savais toujours où il était, ce qui lui arrivait. Au milieu de la nuit, j'ai entendu un bruit. J'ai regardé par la fenêtre. Il m'a aperçue : "Ferme les lucarnes et recouche-toi. Il y a un incendie à la centrale. Je serai vite de retour."

Je n'ai pas vu l'explosion. Rien que la flamme. Tout semblait luire... Tout le ciel... Une flamme haute. De la suie. Une horrible chaleur. Et il ne revenait toujours pas. La suie provenait du bitume qui brûlait. Le toit de la centrale était recouvert de bitume. Plus tard, il se souviendrait qu'ils marchaient dessus comme sur de la poix. Ils étouffaient la flamme. Ils balançaient en bas, avec leurs pieds, le graphite brûlant... Ils étaient partis comme ils étaient, en chemise, sans leurs tenues en prélart. Personne ne les avait prévenus. On les avait appelés comme pour un incendie ordinaire... »

Happy Birthday Tchernobyl! est une performance participative proposée par Elena Costelian qui aura lieu le 25 avril 2016, veille de la date anniversaire des 30 ans de l’une des plus graves catastrophes nucléaires modernes.

RASSEMBLEMENT DE COMMEMORATION  Hommage aux victimes de TCHERNOBYL 

LUNDI 25 AVRIL 2016 à 19h à Paris  Quai de Conti à hauteur du Pont des Arts (devant l'Institut de France).

Venez rendre hommage aux victimes de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, participez à la performance collective de l'artiste Elena Costelian et passons ensemble le pont de la transition vers un monde sans nucléaire. Pour que le nuage-mirage nucléaire se dissipe à jamais.

  • venir avec un œillet et une bougie à cette cérémonie d’hommage.

Seront présents :

Yves Lenoir (président de l’association "Enfants de Tchernobyl Belarus")

Roland Desbordes (président de la CRIIRAD)

Nadezda Kutepova (réfugiée politique en France, défenseure des victimes du nucléaire en Russie)

Denis Fauconnier (médecin corse ayant révélé l’explosion des maladies de la thyroïde après Tchernobyl)

Corine Lepage (ancienne Ministre de l’Environnement)

Marie-Odile Bertella-Geffroy (ex magistrate coordinatrice du Pôle santé à Paris qui a eu à traiter les dossiers de victimes de Tchernobyl)

Michèle Rivasi (députée européenne EELV)

Julien Bayou (porte-parole d'EELV)

Noël Mamère (député écologiste) -sous réserve-

Edgar Morin -sous réserve-

Les associations et ONG (Greenpeace, Alternatiba, FNE, Réseau action Climat, réseau pour la Transition énergétique, Réseau sortir du nucléaire, Les Amis de la Terre, associations des malades de la thyroïde, Enfants de Tchernobyl, associations de la diaspora russe et ukrainienne…) sont conviées également.

Des interventions artistiques et des prises de parole rythmeront notre rassemblement.

Un grand rassemblement citoyen viendra ponctuer la fin de la performance participative, qui aura lieu Quai de Conti au niveau du Pont des Arts (Rive gauche) à 18H30.

Durant la journée du 25.04.2016, le public est invité à partir de 11H, Quai de Conti au niveau du pont des Arts, à inscrire sur des ballons nuage, un souvenir marquant de l’évènement survenu le 26 avril 1986 ainsi qu’un souhait pour la planète de demain. Plus de 500 ballons-nuages seront mis à disposition du public et serviront à créer une chaine de solidarité anti-nucléaire.

Le rassemblement se clôturera par la traversée du Pont des Arts avec ces mêmes ballons symbolisant la transition d’une société sans nucléaire. À cette occasion seront présents Corine Lepage, Yves Lenoir et de nombreux autres artistes interviendront (fanfare des Beaux-Arts, chanteuse d'art lyrique, lectures...)

La catastrophe nucléaire de Tchernobyl aura marqué le XXème siècle et restera à tout jamais inscrite dans la mémoire collective comme un évènement traumatique. La performance vise à transformer ce souvenir en un message positif pour la planète de demain : un monde vert sans nucléaire !

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 12:57

Par Pierre Le Hir pour Le Monde le 13 avril 2016

« C’est un tabou qui tombe », se félicitait la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, lors de l’examen parlementaire du projet de loi de transition énergétique pour la croissance verte, promulguée en août 2015. Elle parlait de la toute-puissance de la filière nucléaire dans le modèle énergétique français, qu’aucun gouvernement n’avait osé écorner. Dans son article 1er, la loi prévoit en effet de « réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % [contre 77 % en 2014] à l’horizon 2025 ».
Un engagement solennel pris par François Hollande avant son élection. « Vous êtes pour le tout-nucléaire, vous en avez parfaitement le droit ; certains sont pour la sortie du nucléaire, ils en ont le droit aussi. Moi, je suis pour une position équilibrée parce que je pense que c’est la plus intelligente », avait-il lancé à Nicolas Sarkozy lors du débat télévisé de l’entre-deux tours de la présidentielle, en 2012.
Mais les tabous ont la vie dure. Au pied du mur, le gouvernement tergiverse. Suscitant l’incompréhension et la défiance des associations environnementales, qui l’accusent de renoncer à une vraie transition énergétique.
Avec sa loi de croissance verte, la France s’est pourtant fixé un cap ambitieux : quatre fois moins d’émissions de gaz à effet de serre en 2050 par rapport à 1990, deux fois moins d’énergie consommée au milieu du siècle, moins 30 % de fossiles en 2030 et 32 % de renouvelables à la même échéance. Le tout assorti, donc, d’une réduction d’un tiers du poids de l’atome, en 2025, dans le bouquet électrique. Ces objectifs, complémentaires, doivent être mis en musique par une programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), dont la loi précise que, « fixée par décret, elle établit les priorités d’action des pouvoirs publics ». La première PPE devrait couvrir deux périodes, 2016-2018 et 2019-2023.
Or, huit mois après l’adoption de ce texte, dont le chef de l’Etat avait fait l’un des « grands chantiers du quinquennat », force est de s’interroger sur les « priorités d’action » de l’exécutif. La PPE était attendue fin 2015. Repoussée de mois en mois, elle devait être présentée, début mars, à un comité de suivi, lequel a été ajourné sine die. Et voici que Mme Royal vient de décider de soumettre au Conseil supérieur de l’énergie, vendredi 15 avril, un « arrêté relatif à la programmation des capacités de production d’énergie renouvelable » qui fait l’impasse sur le nucléaire.

La centrale de Cattenom (Moselle)

Sécuriser les énergies renouvelables

« J’ai choisi de procéder en deux temps, en avançant d’abord sur les renouvelables, explique au Monde la ministre. C’est une façon de sécuriser leur développement, en le rendant indépendant du volet nucléaire, plus compliqué à traiter et conflictuel. Les filières renouvelables ont besoin de visibilité.. Si leur sort était lié à celui du nucléaire, les professionnels pourraient craindre que tout soit remis en cause en cas d’alternance politique. » En procédant de la sorte, elle va pouvoir « lancer les appels d’offres pour les différentes filières, fixer les tarifs de rachat de l’électricité et accélérer la transition énergétique ». L’éolien terrestre doit monter fortement en puissance, en passant d’une capacité installée de 9,3 gigawatts (GW) en 2014 à 22 ou 23 GW en 2023, de même que le solaire photovoltaïque, qui doit grimper de 5,4 GW à 18 ou 22 GW.
Ce mécanisme à double détente pose toutefois deux problèmes. D’abord, il s’affranchit pour l’instant de la PPE, c’est-à-dire du fil rouge de la loi. L’arrêté ministériel sur les renouvelables, sur lequel le Conseil supérieur de l’énergie doit rendre un avis d’ici à la fin avril, pour une publication au Journal officiel en mai, va simplement modifier les programmations pluriannuelles des investissements (PPI) de production d’électricité et de chaleur de 2009. Un dispositif qui, comme son nom l’indique, ne porte que sur les investissements et non pas sur l’ensemble de la politique énergétique.
Ensuite, passer sous silence la question du nucléaire a pour conséquence, aux yeux des ONG, de fragiliser les filières alternatives, au contraire de ce qu’avance la ministre. « On ne peut pas sécuriser les renouvelables sans garantir, dans le même temps, qu’on va leur faire de la place sur le marché et sur le réseau, analyse Cyrille Cormier, chargé des questions énergétiques à Greenpeace. La France et l’Europe sont en surcapacité de production électrique, si bien que ces filières ne pourront pas progresser sans une baisse effective du nucléaire, donc sans fermeture de réacteurs. » Les atermoiements du gouvernement s’expliquent, selon lui, par « une difficulté à choisir entre la transition énergétique et l’exportation du nucléaire français, qui nécessite de conserver une vitrine nationale, un parc, des équipes et un savoir-faire ».

« Commencer par les renouvelables ne doit pas servir de prétexte pour enterrer le volet nucléaire. Sur ce point, les ONG ont raison », concède Mme Royal, qui « espère rendre publique rapidement » une PPE complète, sans plus de précision sur le calendrier. « Il y aura des réacteurs prolongés et des réacteurs fermés, sous le contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) », annonce-t-elle simplement. Une autre option permettrait même de réduire le poids de l’atome sans toucher au parc installé, en « diminuant la production des centrales ». Mais, précise la ministre, aucun arbitrage ne sera rendu avant 2019 : « C’est dans la seconde période de la PPE, entre 2019 et 2023, qu’il va falloir prendre des décisions, avec l’ASN. »

Ségolène Royal marche sur un prototype de route solaire à Marseille le 21 mars 2016

L’exécutif se défausse sur les gouvernements futurs

De fait, la série des quatrièmes visites décennales – les inspections approfondies qui décideront de l’aptitude des chaudières nucléaires à rester en activité au-delà de quarante ans – ne débutera qu’en 2019, avec l’unité de Tricastin 1 (Drôme et Vaucluse).
Pour autant, la Cour des comptes estime, dans son dernier rapport annuel, que baisser la part de l’atome à 50 % du bouquet électrique revient à arrêter « de 17 à 20 réacteurs » sur les 58 que compte l’Hexagone. Ce qui, en bonne programmation, exigerait de planifier et d’étaler les fermetures. Au lieu de quoi l’exécutif se défausse, de facto, sur les gouvernements futurs. Le seul acte posé au cours du quinquennat sera un décret, « avant l’été » promet Mme Royal, abrogeant l’autorisation de fonctionnement de Fessenheim, même si la centrale alsacienne ne s’arrêtera que fin 2018, lors de la mise en service prévue de l’EPR de Flamanville (Manche).
Cette dérobade n’étonne guère Hervé Mariton, député (Les Républicains) de la Drôme et co-auteur d’un rapport sur le coût de la fermeture anticipée des réacteurs nucléaires. « Depuis le début, on nage en pleine hypocrisie avec une loi de transition énergétique qui est perçue par beaucoup parlementaires, membres du gouvernement, industriels comme n’ayant pas vocation à être appliquée, commente-t-il. La preuve en est qu’EDF ou Areva n’intègrent pas d’évolution majeure du parc nucléaire dans leurs calculs financiers. On est dans un jeu de rôles, de feinte systématique du gouvernement. Sur le nucléaire, la transition énergétique réside dans la PPE, le reste n’est que du baratin. » Tout aussi sévère, l’ex-ministre de l’environnement Corinne Lepage, présidente du mouvement Le Rassemblement Citoyen-Cap 21, juge que « sur le nucléaire, le bilan de Mme Royal est égal à zéro ».
A quelques jours de la cérémonie de signature, le 22 avril à New York, de l’accord de Paris sur le climat, pour lequel la France veut s’afficher en moteur de la transition énergétique, les associations environnementales s’étranglent. « Signer l’accord de Paris sans avoir rendu publique une PPE qui transcrive les objectifs de la loi serait comme faire un chèque en bois. Le gouvernement ne peut pas se permettre de rester dans un flou qui pénalise les filières d’avenir, que ce soit l’efficacité énergétique ou les énergies renouvelables », estime Anne Bringault, du Réseau action climat et du Réseau pour la transition énergétique.
France nature environnement exprime elle aussi son inquiétude : « Si la France veut tenir à l’international son rang acquis avec l’accord de Paris, cela passe nécessairement par la mise en œuvre de la loi de transition énergétique et l’exemplarité de l’État », prévient son président, Denis L’Hostis. Ajoutant : « Aujourd’hui, nous pouvons en douter. »

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 19:12
L'île d'El Hierro aux Canaries bataille pour une énergie 100% verte à base de vent et d'eau

Valverde (Espagne), le 13 avril 2016, AFP/http://www.romandie.com/news/Lile-dEl-Hierro-aux-Canaries-bataille-pour-une-energie-100-verte-a-base-de-vent-et-/694089.rom

El Hierro, petite île de l'Atlantique au large de l'Afrique, dans l'archipel des Canaries, se bat depuis deux ans pour devenir autosuffisante en électricité verte produite grâce au vent et à l'eau, un défi qui intéresse des chercheurs du monde entier.
Réserve de la biosphère de l'Unesco, El Hierro est le plus petit îlot de l'archipel espagnol, un territoire volcanique de 269 km2 aux falaises écorchées où alternent pinèdes et champs d'ananas. On y fait aussi du vin et l'endroit est un paradis pour les randonneurs et les amateurs de plongée sous-marine en raison d'un climat subtropical et d'une faune très riche.
Mais si la date du 15 février est à marquer d'une pierre blanche pour cet île isolée, difficilement accessible avec sa piste d'aéroport coincée entre mer et montagne, c'est parce que sa centrale hydro-éolienne a produit pendant plus de 24 heures toute l'électricité nécessaire aux 7.000 habitants, une première.
Depuis son inauguration en juin 2014, la centrale de Gorona del Viento a évité le rejet d'environ 9.000 tonnes de CO2 dans l'atmosphère. Elle associe cinq éoliennes plantées sur une colline, d'une capacité totale de 11,5 MW, et deux bassins de rétention d'eau séparés par 650 mètres de dénivelé, avec des turbines hydrauliques d'une puissance de 11,32 MW.
Quand le vent tombe, l'eau est relâchée du bassin supérieur vers le bassin inférieur et les turbines prennent le relais. La centrale assure aussi le fonctionnement des usines de dessalement d'eau de mer, vitales sur une île.
Cette combinaison unique de l'éolien et de l'hydraulique est très prometteuse car elle offre une solution au problème de l'intermittence des énergies renouvelables, commente Joëlle Noailly, de l'Institut de hautes études internationales et du développement de Genève.
D'autres îles européennes comme Samso au Danemark ou Eigg en Ecosse tentent elles aussi le pari d'une énergie 100% renouvelable, mais leurs installations ne combinent pas l'éolien et l'hydraulique.
Et tandis que Samso a pu être approvisionnée en électricité depuis le continent par un câble sous-marin, l'île d'El Hierro, beaucoup plus éloignée en mer, rêve depuis trente ans de s'affranchir de sa dépendance au diesel, apporté par bateau depuis l'île Tenerife à près de 300 km de là, après un long voyage dans l'Atlantique.
« Avoir une souveraineté énergétique absolue (...) dans un territoire isolé est essentiel », commente Tomas Padron, ex-président du cabildo - l'autorité insulaire - et père du projet.

Convaincre
Lors de la mise en service de Gorona del Viento, l'ambition était de couvrir 100% de la demande d'électricité en quelques mois. Plus long à réaliser que prévu. Aujourd'hui, la moyenne est d'environ 50% et la centrale sort de la phase de rodage, admet son PDG Juan Pedro Sanchez.
Une belle performance en seulement deux ans, juge-t-on à Bruxelles: l'expérience est positive et prometteuse, estime Ioannis Kougias, scientifique du Centre de recherche de la Commission européenne, alors que l'objectif européen est de parvenir à avoir 20% d'énergies propres d'ici 2020 dans l'UE.
Des difficultés restent à surmonter à El Hierro. Il faut convaincre REE, le gestionnaire du réseau électrique qu'il peut fonctionner avec 100% d'énergie verte sur de longues périodes, alors que sa priorité est qu'il n'y ait pas de panne, relève le PDG Juan Pedro Sanchez.
Il faudrait aussi augmenter la capacité des réservoirs d'eau pour pouvoir produire de l'électricité verte sans interruption toute l'année, dit-il. Or les installations ont coûté 80 millions d'euros et la construction d'un nouveau bassin n'est pas prévue pour l'instant.

Modèle viable
Le projet n'en suscite pas moins un énorme intérêt, surtout dans les îles. Leurs 600 millions d'habitants dans le monde, selon l'ONU, sont directement menacés par le réchauffement climatique, en partie provoqué par l'utilisation des énergies fossiles.
Des représentants des Seychelles, d'Indonésie, du Japon ou encore d'Aruba aux Caraïbes ont déjà visité El Hierro.
Mais pas seulement. Venu de San Francisco aux Etats-Unis, Xavier Verdaguer fait partie d'une groupe d'une dizaine de jeunes entrepreneurs très attentifs aux explications du guide. Ils prennent en photos des tuyaux, des turbines, des réservoirs d'eau à flanc de colline... On voit comment fonctionne un projet novateur, s'enthousiasme ce quadragénaire.
Pour Emmanuelle Taïbi, de l'Agence internationale pour les énergies renouvelables, le modèle est viable et peut être copié à condition d'avoir du vent et une colline ou une falaise pour le dénivelé.
« La Gorona a déjà permis d'économiser 2.850 tonnes de fioul, selon l'entreprise d'électricité Endesa, co-actionnaire de la centrale avec l'autorité insulaire. Soit 1,2 million d'euros qui serviront à financer d'autres projets sur l'île », assure la présidente du cabildo Belén Allende.
Les retombées financières pour la population sont pour l'instant peu visibles. La facture d'électricité est restée la même, déplore Claudia Barrera, une secrétaire au chômage de 32 ans, pendant son petit-déjeuner dans une cafétéria du bourg de Valverde.

Attirer scientifiques et touristes
El Hierro, peu visitée, veut profiter de son image d'île cultivant l'énergie 100% renouvelable pour attirer scientifiques et touristes. Depuis le début des travaux de la centrale en 2009, plus de mille personnes par an ont visité l'installation.
Ce sont autant de gens qui mangent, louent une voiture, un appartement ou une chambre (...), tout cela génère de la richesse, bienvenue quand le taux de chômage sur l'archipel avoisine les 27%, se réjouit Amos Lutzardo, président du centre d'initiatives et de tourisme.
A long terme, le cabildo rêve d'une île propre, grâce à un parc automobile tout électrique d'ici 2020, de l'agriculture biologique, son usine de biodiesel déjà ouverte et une gestion plus intelligente de la consommation d'électricité.
La Gorona, c'est la colonne vertébrale de notre modèle de viabilité, assure la présidente de l'autorité insulaire.

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 14:43
Professeur feuillage, le YouTubeur tout cru qui fait aimer l’écologie

Créées en septembre 2014, Les Chroniques écologiques du Professeur Feuillage vulgarisent avec humour les enjeux environnementaux de notre temps. En 18 mois et 6 épisodes, il comptabilise pas moins de 36 000 abonnés sur sa chaîne Youtube, 750 000 vues et vient d'intégrer IRL, la nouvelle plateforme web de programmes courts lancée par France TV Nouvelles Écritures avec 12 nouveaux épisodes co-produits par France TV nouvelles écritures et Pardon my french. Rencontre avec Mathieu Duméry, alias Professeur Feuillage.

Bonjour Mathieu Duméry, votre personnage est à la fois critique, cynique, didactique, ludique et provocateur mais vos propos s'appuient sur un vrai travail journalistique. Comment vous sont venues à l'idée ces chroniques ?

La première fois que j’ai pensé à faire Les Chroniques Ecologiques c’était en 2010. Il y avait quelque chose autour de la médiatisation de l’écologie qui me foutait systématiquement le bourdon. Ce mode de communication consistant à faire peur aux gens avec des vidéos anxiogènes part d’un bon sentiment mais force est de constater que ça n’impacte pas positivement les personnes dans leur prise de décision ni dans leurs actes. Si même-moi, sensibilisé à la cause environnementale, j’avais envie de fermer les yeux sur ces messages, qu’en était-il de celui ou celle qui restait à convertir ? Alors j’ai pensé qu’à défaut d’intéresser les gens à la problématique écolo, on pouvait les faire marrer un peu, avec comme prétexte l’information militante. Quatre ans plus tard, la géniale équipe du Professeur Feuillage tournait le premier épisode dans un squat du XXe.

Voir ci-dessous le premier épisode :

Le Professeur Feuillage est accompagné de sa jeune thésarde Sophie Shemalenko, vous utilisez schémas, maquettes, cartes mais aussi enquêtes de terrain en tout genre... Votre univers est loufoque et votre langage parfois grivoix et irrévérencieux... Le moins qu'on puisse dire est que cela permet de traiter de sujets préoccupants avec légèreté. Quel regard portez-vous sur la sensibilisation à l'écologie aujourd'hui ?

J’ai beaucoup d’interrogations à ce sujet. Je la trouve molle cette sensibilisation. Selon moi, l’urgence c’est d’intégrer les enfants et les ados à nos réflexions. Ce sont eux qui vont vraiment subir les modifications climatiques entre autres problèmes. Multiplier par quatre le budget de l’éducation nationale serait un bon début. Arrêter de leur mettre des tablettes entre les mains, dès l’école primaire, sous le regard bienveillant des institutions scolaires, former les profs, faire des stages de ramassage des déchets sur les plages et au bord des cours d’eau pour qu’ils puissent engueuler leurs parents qui jettent leurs mégots par la fenêtre de la voiture et les rendre acteurs et responsables du monde dans lequel ils vont vivre. C’est beau non… Seulement, en vrai, lorsque je regarde les ados qui passent dans ma rue, que j’écoute leurs discussions, leur centre d’intérêt je me demande s’il est possible qu’ils se passionnent plus pour l’eau, les forêts, les animaux que pour la mode vestimentaire ou leur smartphone ?

Pour sensibiliser, il faut impérativement susciter l’intérêt. Pour cela, arrêtons de rendre marginaux les modes de vie alternatifs, de rendre contraignante la décroissance, de vendre le bio deux fois plus cher. Faisons passer des lois contre la télé-réalité et autres conneries qui ont affecté les cerveaux de toute une génération.

Ci-dessous épisode en lien avec l'actualité, l’interdiction des pesticides tueurs d’abeilles :

Vous abordez les questions aussi diverses que les gaz de schistes, les OGM, la surpêche, la disparition des abeilles, la déforestation, le réchauffement climatique, ou autre en alliant pédagogie et humour... est-ce ce qui manque aujourd'hui ?

C’est presque Pavlovien… À moins que vous ne soyez masochistes, si je vous raconte que 2+2=4 en vous faisant marrer, vous le retiendrez mieux que si je vous mets des coups de poing dans le ventre et peut-être aurez-vous plus volontiers envie de le partager avec autrui. D’ailleurs, je ne comprends toujours pas comment on peut maintenir un système pédagogique consistant à ce que nos gosses restent le cul vissé sur une chaise pendant des heures dans leurs salles de classe à écouter sans agir, toucher, bouger, sentir ou rigoler. C’est sans doute pour les habituer à ce qu’ils continueront de faire jusqu’à la retraite.

Êtes-vous convaincu du besoin de changer nos habitudes depuis longtemps ?

Le mot écolo est finalement assez récent. Tout humain est écolo par essence parce que personne ne souhaite voir son habitat se dégrader. Ensuite, il y a ceux qui ignorent l’impact de leur mode de vie sur la planète, ceux qui en ont conscience mais qui ne changent pas grand-chose et ceux qui agissent pour améliorer les choses. Si l’écolo est celui qui agit alors, je ne suis écolo que depuis 3 ans… mais un passionné de nature depuis toujours.

Ci-dessous l'épisode sur le retour du loup :

Et votre communauté de fans ? Quels retours vous font-ils ? Changent-ils leurs habitudes ?

Les réseaux de partages des chroniques sont alimentés et consultés par des gens qui sont déjà sensibilisés et actifs dans la défense de l’environnement. Je ne pense pas que dans ce cadre, nous changions grand-chose. Au mieux on va faire marrer les écolos avec nos blagues grivoises. Notre but réel n’est pas de mettre du sirop d’humour dans le verre des écolos mais bien de mettre du sirop d’écologie dans le verre du geek qui sera venu pour se marrer. Sinon, ça reviendrait simplement à prêcher des convaincus.

La plupart des internautes sont bienveillants. Ils n’hésitent pas à nous corriger, nous suggérer des thématiques futures ou faire éclore des débats endiablés dans les commentaires des vidéos sur Youtube ou Facebook. L’écologie est un sport de combat. C’est tellement récent et actuel que tout le monde à son idée sur tel ou tel problème. Une petite part de « haters » nous insulte aussi dans les com. C’est le jeu du web, nous sommes des proies exposées et donc faciles.

Ceci étant, on ne change pas le monde depuis son canapé derrière son ordinateur. Agir, ce n’est pas seulement signer une pétition AVAAZ ou mettre un "like" à une vidéo militante. En ce sens, internet est un outil de savoir mais également souvent, d’inertie.

Quelles sont les lectures actuelles du professeur feuillage ?

Le Professeur Feuillage n’est pas un grand lecteur hormis sur le temps de préparation des chroniques. « MERDE… » C’est le nom du livre que je lis actuellement. Un petit bijou de l’épidémiologiste canadien David Walter-Toews. Ça parle de l’importance des matières fécales pour la biodiversité, la santé, l’agriculture… Instructif, drôle, bref… C’est génial MERDE !!!

Episode sur la COP21, qui s'est déroulée à Paris en décembre 2015 :

Si le professeur devait évaluer la société dans laquelle il évolue actuellement, quel serait le résultat ?

Je ne me permettrais pas de noter la société dans laquelle j’évolue. Soyons indulgents, nous ne sommes que des mammifères qui essayent et se plantent sans cesse. Ceci dit, comme certains, j’attends la révolution : une classe politique obsolète et irresponsable vote nos lois, des industriels se gavent comme jamais au détriment d’un peuple de travailleurs socialement mis sur la touche. Notre agriculture nous empoisonne à l’instar de ceux qui fabriquent nos médicaments. Le pouvoir d’achat demeure la priorité de la majorité des français, il n’y plus une rivière dont on peut boire l’eau en France, le génocide animal se perpétue chaque jour pour remplir nos insatiables appétits, on refuse d’accueillir des pauvres gens qui fuit la fureur guerrière au prétextes que « passé ce trait c’est chez nous », certains vénèrent des footballeurs d’une bêtise crasse, d’autres déifient Steve Jobs... Alors, bon, je me dis qu’avec un ciel noir comme ça, ce serait bien le diable qu’on n’ait pas un bel orage pour fertiliser de nouveaux nos cerveaux de mammifères bipèdes… J’attends que ça pète !

Anne-Sophie Novel

Retrouvez les chroniques du professeur feuillage sur YouTube

Auteurs : Mathieu Duméry, Lénie Cherino et Hadrien Genest
Réalisateur : Christian Boisliveau, Hadrien Genest (saison 1)
Interprètes : Lénie Cherino & Mathieu Dumery
Une coproduction : FranceTV nouvelles écritures et Pardon my French

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 13:43

Par Martine Valo le 6 avril 2016 pour Le Monde, http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/04/06/planete-biodiversite_4896541_1652692.html

Un parc national au Gabon, entre la foret tropicale, la savane et les plages, surveillé par un éco-garde.

Grands lacs africains, sanctuaire népalais des derniers tigres sauvages, forêts primaires, grands récifs de corail : les trésors naturels de la planète sont en danger. L’Unesco a inscrit sur sa liste du patrimoine mondial 229 de ces sites précieux disséminés dans une centaine de pays : 34 pour leur richesse naturelle et culturelle à la fois, 197 uniquement pour la beauté de leurs paysages et la qualité de leurs écosystèmes. Chaque site présente une « valeur universelle exceptionnelle ». Mais ce classement ne constitue pas une garantie de protection.

Dans un rapport rendu public mercredi 6 avril, le WWF, le fonds mondial pour la nature, qui a recensé l’ensemble des sites, pousse un cri d’alarme. Selon l’ONG, près de la moitié de ces emblèmes de la biodiversité – 114 exactement –, est aujourd’hui soumise à des menaces émanant essentiellement de l’industrie : activités pétrolières et gazières, extraction minière, exploitation forestière illégale, construction de grandes infrastructures, surpêche, ou encore consommation excessive des ressources en eau.

Logique économique

Près d’un site classé sur cinq accueille dans son périmètre une concession d’hydrocarbure, malgré l’engagement pris à partir de 2003 par certaines grandes compagnies minières et pétrolières (notamment Shell, Total, Tullow) de s’abstenir d’y mener leurs activités. L’Afrique subsaharienne souffre de la situation la plus critique : 71 % des aires à préserver (30 sur 42) sont confrontées à un ou plusieurs de ces fléaux environnementaux, ce qui peut avoir un impact direct sur les moyens d’existence de 1,8 million de personnes. Le tableau est le même dans au moins 54 % des cas en Asie, Amérique latine, et dans les Caraïbes.

Alors qu’ils font la fierté des gouvernements concernés au moment d’être distingués par l’Unesco, les lieux élus au patrimoine mondial sont ensuite victimes des entorses aux règlements censés les protéger. Une grande route par-ci qui fragmente l’habitat de la faune locale, un permis de bétonner par-là avec son lot de pollution : c’est une vision de court terme qui s’impose au nom de la logique économique.

Pourtant « la protection des aires naturelles et des écosystèmes ne fait pas obstacle au développement, écrit Marco Lambertini, Directeur général du WWF International. Au contraire, elle va dans le sens d’un développement soutenable et robuste qui profite sur le long terme à la nature et à l’Homme et contribue à la fois à la stabilité sociale, la croissance économique et le bien-être de chacun. »

Lorsqu’elles sont en bon état, les vastes aires naturelles permettent de consolider la sécurité alimentaire des communautés locales, elles contribuent à réduire la pauvreté, à lutter contre le changement climatique et à atténuer les effets des catastrophes naturelles. Selon l’ONG, plus de 11 millions de personnes dépendent de ces sites pour subvenir à leurs besoins, se soigner, travailler.

Pour améliorer la gestion des sites, le WWF suggère d’impliquer les populations alentour et de redistribuer les retombées du tourisme haut de gamme. Cependant son rapport dessine surtout une palette étendue de calamités environnementales, d’autant plus dommageables qu’elles frappent des concentrés de biodiversité.

Trafic d’ébène et surpêche

Ainsi sur l’île indonésienne de Sumatra, les trois parcs nationaux composés de forêts humides dont dépendent plusieurs millions de personnes pour l’approvisionnement en eau, sont menacés à la fois par le prélèvement excessif du bois, par des routes, des voies ferrées, sans compter 27 concessions minières, trois pétrolières et gazières… Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’exploitation forestière illégale menace gravement 25 des 106 sites naturels du Patrimoine mondial. Le rapport cite le cas de Madagascar, où le trafic de bois de rose et d’ébène favorise au passage le braconnage des lémuriens, la détérioration de l’eau, les glissements de terrain…

Un cinquième des lieux classés se situe dans le milieu marin et pâtit globalement de la surpêche. Dans la région des Caraïbes notamment, le déclin des poissons herbivores conduit à l’effondrement prévisible des récifs coralliens, progressivement recouverts d’algues.

La gigantesque station balnéaire de Puerto Azul, à Belize, projette de construire une piste de formule 1 et un aéroport sur le sable prélevé dans la baie ! Or la faune marine exceptionnelle y souffre déjà des dégâts causés par un grand terminal de croisières et par les forages pétroliers en mer. Ainsi le récif-barrière de Belize, le plus grand de l’hémisphère nord, est-il désormais inscrit sur la liste du patrimoine mondial en péril, comme les forêts remarquables de Madagascar et de Sumatra.

La Réserve de Selous en Tanzanie l’est aussi depuis 2014 : déjà affectée par plus de 50 concessions vouées à l’extraction d’hydrocarbures et d’uranium entre autres, elle est à présent menacée par des barrages hydroélectriques. La population d’éléphants a fondu de 90 % depuis 1982, celle de rhinocéros noirs a « été pratiquement réduite à néant ».

Plus triste encore, le sort de l’oryx arabe d’Oman, dont le territoire a été amputé de 90 % au profit du pétrole. Là encore, les routes ouvertes pour l’activité industrielle ont favorisé le braconnage. Le nombre d’individus a chuté de 87 % entre 1994 et 2007, il ne resterait que des mâles actuellement. Le sanctuaire de l’oryx a été rayé de la liste du patrimoine mondial.

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