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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 14:34

Le collectif pour l’énergie citoyenne, qui compte Pascal Canfin (WWF France) et Hugues Sibille (Labo de l’ESS), exhorte les candidats à la présidentielle, dans une tribune au « Monde », à soutenir les initiatives locales et coopératives de transition vers les énergies renouvelables. Parue le 31 mars 2017.                       Lire aussi Claude Turmes : « Les grands groupes n’ont pas vu venir la révolution douce de l’énergie ».

C’est l’occasion de vous inviter à rejoindre le collectif pour l’énergie citoyenne local, Électrons solaires 93 – Pour une coopérative citoyenne d’énergie renouvelable, qui travaille sur Le Pré Saint-Gervais, Les Lilas, Bagnolet…                                              sur http://www.electrons-solaires93.org/ !

Michel Leclercq, enseignant et sculpteur, est à l’initiative du premier parc éolien financé par des habitants, dans la commune morbihannaise de Béganne. ANTONIN SABOT / Le Monde.fr

Michel Leclercq, enseignant et sculpteur, est à l’initiative du premier parc éolien financé par des habitants, dans la commune morbihannaise de Béganne. ANTONIN SABOT / Le Monde.fr

Les péripéties de cette étrange campagne électorale ont jusqu’ici largement occulté les véritables enjeux pour notre avenir, et notamment la question vitale du changement climatique. S’ils évoquent tous la transition énergétique, les candidats restent bien vagues sur les objectifs concrets qu’ils lui assignent et la façon dont ils entendent mener, en pratique, ce bouleversement en profondeur.

Il y a pourtant urgence à agir si nous voulons réussir à contenir le réchauffement climatique bien en dessous de la barre fatidique des 2 °C. Les solutions sont connues – sobriété énergétique, efficacité énergétique et énergies renouvelables – mais encore faut-il s’accorder sur la façon de les mettre en œuvre. C’est dans cette optique que notre collectif pour l’énergie citoyenne, composé de onze organisations de l’économie sociale et solidaire, de l’énergie citoyenne et de la société civile, interpellera les candidats le 5 avril sur le rôle qu’ils comptent donner aux citoyens et aux acteurs locaux dans la transition énergétique.

Un changement de paradigme

Comme toute révolution, la transition énergétique suppose un véritable changement de paradigme. Aussi cruciales que soient les évolutions technologiques à conduire, elles ne suffiront pas à transformer en profondeur notre modèle socio-économique et nos comportements. Pour y parvenir, il est essentiel de redonner aux citoyens et aux territoires un réel pouvoir d’agir sur la transformation de la société. C’est ce que propose la dynamique de l’énergie citoyenne et participative.

De quoi parle-t-on ? Par exemple, de Bégannes, en Bretagne, où près de 1 000 habitants, associés aux collectivités locales, ont porté le développement et la réalisation du premier parc éolien citoyen. Ou des coopératives du réseau Enercoop, seul fournisseur à proposer à la fois une électricité 100 % renouvelable, une participation des clients à sa gouvernance et un accompagnement de cette transition énergétique citoyenne.

Le mouvement prend son envol en France, avec un fourmillement d’initiatives partout sur le territoire, portées par des groupes de citoyens, des acteurs de l’économie sociale et solidaire, des collectivités locales… Une récente étude européenne estime que 47 % de l’électricité produite en France pourrait être, à l’horizon 2050, entre les mains des citoyens. Et ce n’est pas une utopie de plus : en Allemagne, où la part des énergies renouvelables électriques est passée de 6,6 % en 2000 à 33 % en 2015, plus de la moitié de la capacité de production d’énergie renouvelable appartient d’ores et déjà aux habitants (« The potential of energy citizens in the European Union », CE-Delft, 2016).

Un objectif clair et ambitieux

Au-delà de ses plus-values écologique et climatique, l’énergie citoyenne et participative porte en germe un nouveau souffle pour le développement des territoires : en s’impliquant dans l’activité économique et la vie publique locale, les citoyens contribuent directement au développement local, à une démocratie plus active, au renforcement des solidarités de proximité, et se réapproprient ainsi l’intérêt général.

Les pouvoirs publics, tant au niveau français qu’européen, appellent régulièrement la société civile à s’emparer de la transition énergétique, sans toujours lui en donner les moyens. Prenons-les au mot et demandons-leur de porter un objectif clair et ambitieux pour le développement de l’énergie citoyenne et participative : viser, pour la France, 15 % des énergies renouvelables entre les mains des citoyens et collectivités à l’horizon 2030.

Cet objectif est accessible, à trois conditions.

Une question de volonté politique

D’abord, celle d’une vraie volonté politique, qui se traduise par une inscription systématique de la dimension citoyenne et participative dans les schémas de programmation des politiques énergie-climat, à tous les échelons.

Ensuite, celle de l’adaptation du cadre réglementaire aux enjeux de l’énergie citoyenne, à travers notamment le maintien du tarif d’achat de l’électricité renouvelable ou les incitations fiscales à la participation dans des projets citoyens.

Et enfin, celle du renforcement des outils nécessaires au développement de l’énergie citoyenne et participative, en termes de sensibilisation comme de financement ou d’accompagnement. Le collectif pour l’énergie citoyenne a formulé une série de propositions (lire ci-dessous) en ce sens, qu’elle soumet aux candidats et plus largement au débat public.

Tout cela est à notre portée, c’est une question de volonté politique. Nous attendons des candidats à la présidentielle et aux législatives qu’ils s’engagent clairement pour permettre demain aux citoyens et acteurs locaux d’être au cœur d’une puissante dynamique démocratique en faveur de la transition énergétique, du développement solidaire des territoires, et donc de notre avenir collectif.

Les signataires : Roger Belot, président d’ESS France ; Pascal Canfin, directeur général de WWF France ; Michel Dubromel, vice-président de FNE ; Marie-Laure Lamy et Sandrine Buresi, coprésidentes du CLER, Réseau pour la transition énergétique ; Pierre Perbos, président du Réseau Action climat France ; Christel Sauvage, présidente d’Energie partagée ; Hugues Sibille, président du Labo de l’ESS ; Emmanuel Soulias, directeur général d’Enercoop et Pierre Radanne, président de 4D....

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« Donner aux citoyens et aux territoires le pouvoir d’agir » contre le réchauffement climatique

Un accélérateur du développement territorial

La transition énergétique dans tous ses aspects – sobriété, efficacité énergétique et énergies renouvelables – représente une opportunité unique pour relancer et asseoir le développement économique de la France. Les énergies renouvelables emploient déjà 176 000 personnes en France, et plus de 370 000 en Allemagne (1).

Les énergies renouvelables s’appuient sur un modèle décentralisé, offrant un rééquilibrage entre les territoires et des réponses concrètes aux attentes des citoyens en matière d’emploi, de santé et d’accès actuel et futur à l’énergie. Et aujourd’hui, les citoyens peuvent, de différentes manières, devenir acteurs de la production d’énergie, en impulsant ou en participant à des projets collectifs locaux d’énergies renouvelables.

L’énergie citoyenne et participative, ça marche !

Dans plusieurs pays en Europe, l’implication et la participation des acteurs locaux, en particulier les citoyens, a permis d’accélérer la transition énergétique.

En Allemagne par exemple, où la part des énergies renouvelables électriques est passée de 6,6 % en 2000 à 33 % en 2015, plus de la moitié de la capacité de production d’énergies renouvelables appartient aux habitants (2).

Le mouvement démarre en France. On assiste à un fourmillement d’initiatives aux quatre coins du territoire : citoyens, coopératives et collectivités locales s’engagent dans des projets de production d’énergies renouvelables qui s’intègrent dans des projets de territoire. Une récente étude européenne estime que 47 % de l’électricité produite en France pourrait être, à l’horizon 2050, entre les mains des citoyens (3).

L’énergie citoyenne et participative, vertueuse pour la société.la société

Au-delà de sa plus-value écologique et climatique, l’énergie citoyenne et participative contribue à dynamiser les territoires :

* de simples consommateurs, les citoyens qui s’impliquent dans l’activité économique et la vie publique locale en participant à ces projets, deviennent acteurs de la transition énergétique sur leur territoire, donnant ainsi de la consistance à une démocratie plus active et à un développement économique de proximité ;

* s’agissant de projets collectifs, ils développent des solidarités de proximité, entre citoyens, entre territoires ruraux et urbains, et donnent chair à la cohésion territoriale et au lien social ;

* ces projets n’ayant pas une finalité spéculative, les citoyens et collectivités peuvent y participer en ayant pour souci l’intérêt général et la mise en place de circuits courts financiers et de l’énergie.

L’énergie citoyenne et participative, bénéfique pour l’économie

Le coût des énergies renouvelables ne cesse de baisser, les rendant de plus en plus compétitives face aux énergies issues de stocks fossiles ou fissiles. Le prix de revient de l’éolien a baissé de 30 % et celui du photovoltaïque de 70 % en 5 ans. La participation locale aux projets renforce les bénéfices économiques pour les territoires :

* au-delà du renforcement de l’indépendance énergétique, les énergies renouvelables s’appuient sur un modèle fortement décentralisé, générant plus d’emplois locaux que la production centralisée ;

* avec l’énergie citoyenne et participative, les ressources consacrées à l’achat d’énergie ne partent plus ailleurs : bien au contraire les retombées économiques des projets bénéficient aux acteurs locaux (4), notamment dans les territoires ruraux, et contribuent à leur résilience ;

* les projets citoyens et participatifs d’énergies renouvelables contribuent à une meilleure répartition des richesses entre territoires urbains et ruraux, procurant des bénéfices économiques pour ces derniers et contribuant à l’autonomie énergétique de tous.

Pour une politique active de développement de l’énergie citoyenne et participative

Pour accélérer la transition énergétique, il est maintenant nécessaire de passer à la vitesse supérieure et d’inscrire la participation de tous comme l’un des axes principaux des politiques publiques climat-énergie, locales comme nationales. En un mot, de se doter d’une politique volontariste de développement de l’énergie citoyenne et participative. Cette politique de développement doit s’inscrire dans la durée et se donner un objectif clair et ambitieux : viser 15 % des énergies renouvelables entre les mains des citoyens et collectivités à l’horizon 2030.

Adapter le cadre réglementaire aux enjeux de l’énergie citoyenne.

Malgré les avancées de la loi TECV (5), la dimension réglementaire constitue encore souvent un frein au développement de ces projets. Il convient d’éviter toute instabilité réglementaire ou économique et de poursuivre la dynamique de simplification administrative :

* intégrer de façon systématique la dimension « énergie citoyenne et participative » dans les politiques énergie-climat à tous les échelons (PPE, SRADDET, PCAET (6) ), pour faciliter l’émergence de projets portés par les acteurs locaux, collectivités et citoyens ;

* adapter le cadre réglementaire des dispositifs de soutien aux énergies renouvelables à la spécificité des projets citoyens et participatifs (maintien de l’obligation d’achat, critère participatif dans les appels d’offres, dérogation aux règles de l’OPTF (7)...) ;

* généraliser et renforcer le principe d’un bonus pour la participation des citoyens et collectivités territoriales, dans les appels d’offres pour la production d’énergie renouvelable ;

* accorder l’incitation fiscale à l’investissement dans le capital des PME aux sociétés de projets d’énergie renouvelable relevant de l’agrément ESUS8 ;

* faciliter les circuits courts de l’énergie via le maintien de la traçabilité de l’électricité verte et les actions d’autoconsommation collective d’énergie verte ;

* ouvrir l’accès aux données publiques nécessaires à la construction d’un projet.

Doter l’énergie citoyenne et participative des outils nécessaires à son développement

Compte tenu de leurs particularités par rapport aux projets portés par des grandes entreprises, les projets citoyens et participatifs ont besoin d’outils adaptés, en matière de sensibilisation, de financement et d’ingénierie. Ainsi, il convient de réserver une partie des moyens publics dédiés aux renouvelables au profit de ces dynamiques territoriales :

* mener des campagnes régulières de sensibilisation et structurer l’information nécessaire aux porteurs de projets ;

* mettre en place les outils financiers répondant aux différents besoins : fonds d’amorçage, fonds d’investissement et fonds de garantie, en mobilisant des investisseurs institutionnels publics (Banque Publique d’Investissement, Caisse des Dépôts…) et privés d’économie sociale et solidaire (assureurs mutualistes, banques coopératives…) et la finance solidaire ;

* investir dans l’ingénierie de développement des dynamiques citoyennes : renforcer l’offre d’accompagnement à l’échelle territoriale, capitaliser et diffuser les expertises techniques, juridiques, financières, méthodologiques...

Mars 2017

1. Renewable Energy and Jobs, Annual Review 2015, IRENA

2. Agora EnergieWende, 2016

3. The potential of energy citizens in the European Union, CEDelft, 2016

4. Une étude allemande récente montre qu’un parc de 7 éoliennes (21 MW) rapporte 51 M€ de plus au territoire s’il est porté par des acteurs locaux que s’il l’est par des investisseurs externes. (http://bit.ly/2gzyndX)

5. TECV : Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, du 17 août 2015

6. PPE : Programmation pluriannuelle de l’énergie. SRADDET : Schéma régional d’aménagement et de développement durable du territoire. PCAET : Plan climat air énergie territorial.

7. OPTF : Offre au public de titres financiers

8. ESUS : Entreprise solidaire d’utilité sociale

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 12:13

Alors que l'obligation de 20 % de bio dans les assiettes de nos bambins est sans cesse repoussée, des collectifs militent pour la remunicipalisation des cantines. Exemple aux Lilas. Par Marie Barbier le 5 avril pour l’Humanité.

Alors que l'appel d'offre d'Elior arrive à terme fin 2017, c'est le moment de réfléchir à l'avenir des enfants lilasiens, en matière de santé, de pédagogie sur notre dépendance de l'environnement et les conséquences de nos choix sur la planète, d'éducation à la relocalisation... bravo à Pas d’usine on cuisine ! Lire aussi Une victoire de l'engagement citoyen aux cantines rebelles du 10 novembre, et De nouvelles préconisations nutritionnelles... Pas d'usine, on cuisine !

À l'école élémentaire Olympe-de-Gouges à Bondy (Seine-Saint-Denis), produits locaux, aliments bio des terroirs de France remplissent les estomacs des écoliers. Marta Nascimentao/RÉA

À l'école élémentaire Olympe-de-Gouges à Bondy (Seine-Saint-Denis), produits locaux, aliments bio des terroirs de France remplissent les estomacs des écoliers. Marta Nascimentao/RÉA

L'histoire commence en 2012 par une question innocemment posée dans une réunion scolaire: «Et, sinon, ils mangent quoi nos enfants à la cantine ?» «La maîtresse ne pouvait pas répondre à cette question, se souvient Isabelle Bretegnier, l'une des trois fondatrices du collectif Pas d'usine, on cuisine! On a donc décidé d'aller y manger, pour voir par nous-mêmes.» Aux Lilas, petite ville de banlieue parisienne (Seine-Saint-Denis), la restauration scolaire, privatisée, est gérée par le prestataire Elior, un mastodonte de la restauration collective qui domine le marché avec Sodexo. « Tout baignait dans la sauce, on ne peut pas vraiment dire que le goût flattait le palais », euphémise Isabelle. «Quand on lit les menus envoyés aux parents, on se rend surtout compte qu'Elior est très fort en communication », résume Monica Araujo, autre mère d'élève. Aucune mention, à l'époque, des ingrédients bio ou locaux ; et pour cause, ils sont réduits à la portion congrue.

« La restauration scolaire est un service public »

Depuis cinq ans, le collectif Pas d'usine, on cuisine! a donc mis son nez dans les repas des enfants lilasiens avec un rêve à portée de main: la remunicipalisation de la cantine scolaire. «Il y a fort longtemps, raconte Isabelle Bretegnier, il existait des cantinières. Tout était préparé sur place avec des produits en circuit court. Revenir à une petite cuisine municipale, c'est entrer dans un cercle vertueux avec des repas de qualité, produits localement, sur lesquels les prestataires privés ne font pas de marge.» L'engagement de ces parents s'inscrit dans un mouvement national. «Nous recensons une vingtaine de collectifs partout en France », comptabilise Stéphane Veyrat, fondateur d'Un plus bio, réseau associatif qui fédère les collectivités passées aux cantines bio. Devant ces nouveaux engagements, Un plus bio a même édité un Guide pratique à destination des parents (1). «La remunicipalisation est un investissement de départ qui est vite rentabilisé, rassure Stéphane Veyrat, également auteur du livre Quand les cantines se rebellent (2). Oui, la qualité alimentaire a un prix, mais quand on voit ce qu'on jette quand la bouffe n'est pas bonne et le coût des transports...»

Comme souvent, la loi peine à suivre ces évolutions sociétales. En 2007, le Grenelle de l'environnement avait fixé comme objectif 20 % de produits bio dans les cantines scolaires pour 2012. L'objectif ­ loin d'être atteint avec 3,5 % en 2015 ­ est depuis sans cesse repoussé. Voté en décembre 2016, la loi égalité et citoyenneté prévoyait 40 % d'aliments durables dont 20 % issus de l'agriculture biologique en restauration collective. La mesure devait entrer en vigueur en 2020 mais a été censurée par le Conseil constitutionnel, saisi par « Les Républicains ».

Aux Lilas, la commune s'est fixée comme objectif 20 % de bio d'ici à 2021. Loin des 50 % promis par Grenoble ou Paris. «Il faut être capable de tenir les deux bouts de la chaîne sans exclure les plus pauvres, se défend Lionel Benharous, maire adjoint chargé de l'éducation à la ville des Lilas (PS). Une meilleure qualité, oui, mais pour tout le monde. » La ville sert chaque jour 1 858 repas dans les cantines scolaires, pour un coût qui oscille entre 13 et 15 euros par enfant (repas, locaux, eau, gaz, personnel). Les familles paient entre 30 centimes et 5,10 euros. « Le discours simpliste qui consiste à dire "on ne met pas de bio parce que ça coûte plus cher" ajoute de la misère à la misère, s'agace Amandine Lebreton, directrice du pôle scientifique et technique de la Fondation Nicolas-Hulot. La restauration scolaire est un service public, même les plus pauvres doivent avoir accès à une alimentation de qualité ! »

Dans les cuisines de Rosny-sous-Bois, les salariés d'Elior préparent quelque 9000 repas par jour. Ils ne disposent pas de légumerie, pièce qui permet l'épluchage des légumes. Ces derniers sont donc pré-épluchés et transportés sous-vide. Quant aux repas chauds, ils sont refroidis pour être transportés dans les écoles en liaison froide.

« Une réflexion globale pour économiser sur le gaspillage »

«Aujourd'hui, on ne peut plus cuisiner dans les cantines des écoles, regrette Lisa Tapia, de la FCPE des Lilas. Elles n'existent que pour réchauffer des plats préparés ailleurs. Il faut que les cuisiniers réintègrent les cantines. Avec une cuisine publique, chaque euro dépensé sert pour l'emploi et la qualité, pas pour les dividendes d'Elior.» Dans les cantines municipales, «le personnel ne réchauffe plus des surgelés, il cuisine des produits, confirme Stéphane Veyrat. Il y a moins d'absentéisme, car les gens se sentent utiles ».

Offrir une cantine publique, bio, locale et de qualité sans augmenter les prix, c'est possible, assurent tous les acteurs de terrain. «Les collectivités qui se contentent de remplacer un aliment par le même en bio voient leur prix augmenter, explique Amandine Lebreton, de la Fondation Nicolas-Hulot. Il faut une réflexion globale pour économiser, par exemple, sur le gaspillage. Aujourd'hui, 28 % de ce qui est servi dans la restauration collective est jeté, ça laisse une énorme marge de manœuvre. On peut aussi réduire la part de la viande, qui coûte cher, alors que nous consommons trop de protéines animales.» Cette dernière question fait débat. Aux Lilas, Pas d'usine, on cuisine! a obtenu difficilement l'introduction d'un repas mensuel sans protéine animale. «Il y a des parents qui comptent sur le repas à l'école pour donner de la viande à leurs enfants, explique Lisa Tapia, représentante de la FCPE. Beaucoup sont sceptiques sur le repas végétarien.»

Depuis cinq ans, le collectif lilasien s'est élargi et compte désormais 200 personnes. Parents, grands-parents, mais aussi habitants sans enfants, des Lilas ou d'ailleurs. Ces passionnés multiplient les rencontres avec des experts pour s'enrichir des expériences locales. « On a visité de nombreuses régies qui ont fait le choix d'une alimentation écoresponsable et de qualité », détaille Isabelle Bretegnier. D'après Un plus bio, une quarantaine de collectivités ont fait le choix de passer au bio. De Nantes à Toulouse, en passant par Suresnes et, bien sûr, la pionnière, Barjac, dans le Gard, où la régie est 100 % locale et bio depuis déjà dix ans. « Ce n'est pas simplement une question de manger autrement, explique le maire de ce village cévenol, Édouard Chaulet, dans le documentaire Nos enfants nous accuseront, qui lui est consacré. C'est une question qui retentit dans tout le village, chez les agriculteurs, les commerçants, les artisans, le boulanger, le comportement des familles, des élus... » Pourtant, les oppositions restent fortes. Dans la ville communiste de Vénissieux (Rhône), la modernisation de la régie publique, inaugurée en 1976, pour les crèches, les écoles et les maisons de retraite, pour un budget de 9 millions d'euros, a suscité l'ire de l'opposition, PS et droite réunis, criant à la « gabegie ». « Vos soi-disant économies du moment se transforment en démission politique du lendemain, sur des enjeux aussi sensibles que la santé, l'enfance ou l'école publique », leur a répondu la maire, Michèle Picard.

Aujourd'hui, la ville des Lilas est à un tournant : l'appel d'offres remporté deux fois de suite par Elior se termine fin 2017. « On ne choisit pas de travailler avec Elior, on fixe un cahier des charges auquel ils répondent, explique encore le maire adjoint Lionel Benharous. Mais on cherche à s'en séparer, nous sommes favorables, à moyen terme, à une cuisine centrale municipale. » Une première victoire pour le collectif Pas d'usine, on cuisine !

« Notre plus beau résultat, c'est d'avoir sensibilisé la ville à la question d'une alimentation de qualité, bio et durable par le biais des cantines », souligne sa fondatrice. Il y a un an, la cité a obtenu le label Ecocert de niveau 1 (10 % de bio), une première étape pour le collectif dont le principal défi reste d'obtenir une « augmentation significative du bio ». « C'est fondamental pour la santé de nos enfants, rappelle Isabelle Bretegnier. L'Institut national de la recherche agronomique a démontré que les pesticides sont des perturbateurs endocriniens. Plus de bio dans les cantines, c'est aussi plus de qualité nutritionnelle avec plus d'antioxydants. Sans oublier l'impact positif sur l'économie que pourraient avoir les milliers de repas bio produits localement, en circuit court. »

(1) Téléchargeable gratuitement sur le site www.unplusbio.org

(2) Quand les cantines se rebellent, de Julien Claudel et Stéphane Veyrat (Court Circuit, 9 euros).

Pas d'usine on cuisine, page face book https://www.facebook.com/Pas-dusine-on-cuisine-377940582369854/, adresse pasdusineoncuisine@gmail.com.

 

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 18:08

Voilà enfin le journal des Lilas Autrement de décembre 2014. Au sommaire : bilan de nos élus après six mois au Conseil Municipal, soutien aux salariés de RLD, et le début d'un suivi des engagements de la municipalité...

Le lien pour le télécharger : http://leslilas-autrement.fr/wp-content/uploads/2015/01/journal01-LLAA4rectoverso.pdf

Bonne lecture !

 

Voici le journal des Lilas Autrement de décembre 2014.

Au sommaire :

Bilan de nos élus après six mois au Conseil Municipal

Soutien aux salariés de RLD

Suivi des engagements de la marie

- See more at: http://leslilas-autrement.fr/journal-les-lilas-autrement-decembre-2014/#sthash.hnprfZPg.dpuf

Voici le journal des Lilas Autrement de décembre 2014.

Au sommaire :

Bilan de nos élus après six mois au Conseil Municipal

Soutien aux salariés de RLD

Suivi des engagements de la marie

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Journal Les Lilas Autrement – Décembre 2014

Voici le journal des Lilas Autrement de décembre 2014.

Au sommaire :

Bilan de nos élus après six mois au Conseil Municipal

Soutien aux salariés de RLD

Suivi des engagements de la marie

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10 décembre 2011 6 10 /12 /décembre /2011 09:16

Depuis le mois de septembre 2011, la compétence de la gestion des ordures ménagères, des encombrants et corbeilles de rue est passée à Est Ensemble, le matériel municipal et les agents affectés à cette tâche le sont aussi . Cela ne veut pas dire que la ville ne gère plus ce domaine, bien au contraire la gestion des déchets ménagers et leur réduction reste une des priorités locales avec la mise en place du plan de réduction des déchets lié au futur Agenda 21 des Lilas. La distribution d’un premier lot de 50 composteurs aux lilasiens qui ont aussi suivi une présentation/formation au compostage en est une illustration. L’expérience du compostage devra s’étendre dans un futur proche à la restauration scolaire diminuant ainsi le volume des déchets municipaux. Sur les encombrants et corbeilles de rue dont le ramassage est quotidien, il semble qu'un premier bilan doive être fait et qu’un retour en régie municipale soit plus propice quant à la réactivité d‘intervention !

La première récolte de miel des Lilas à eu lieu, un grand merci au Rucher des Lilas qui contribue ainsi au maintien de la biodiversité locale !

Les vélos à contre sens dans la ville, nous sommes pour : l’expérience parisienne démontre que cela est possible et fonctionne correctement . Moins d’accident que dans une circulation normale . La mise en place de « zones 30 » permet et favorise le développement de ce système avec de faibles coûts d’investissement.

La restructuration de la rue de Paris est une réussite de la majorité municipale : espace et fluidité piétonne valorisés, aires de livraison très agrandies, stationnement deux roues créé … Les aménagements de voirie d’autres rues débuteront en 2012.

Christophe PAQUIS Adjoint au maire

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