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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 14:52
Bagnolet, lundi. L’association des Sans-radios de l’Est parisien, présidé par Michel Léon, a obtenu la pose d’un émetteur de Radio numérique terrestre sur la tour des Mercuriales. Avec un poste adapté, finie le brouillage sur les ondes. (LP/E.M.)

Bagnolet, lundi. L’association des Sans-radios de l’Est parisien, présidé par Michel Léon, a obtenu la pose d’un émetteur de Radio numérique terrestre sur la tour des Mercuriales. Avec un poste adapté, finie le brouillage sur les ondes. (LP/E.M.)

Après une action collective en justice à laquelle j’ai participé, voici le communiqué de l’association fondée il y a 14 ans, et l’article du Parisien rendant compte de cette victoire citoyenne. Bonne lecture                                                                 Pierre Stoeber

Communiqué   Radio France en RNT dans l’Est parisien 
Les Sans Radio retrouvent les ondes

♦ La lutte engagée depuis 2002 a enfin abouti : les Sans Radio de l’Est parisien constatent, après ce pénible combat citoyen de quatorze ans, qu’il est enfin possible d’écouter dans de bonnes conditions les stations de service public du groupe Radio France autour de la porte de Bagnolet. C’était leur principal objectif !

♦ En effet, suite à une décision du CSA du 22 juin 2016, l’opérateur TowerCast a reçu l’autorisation de diffuser, depuis juillet dernier et jusque fin mars 2017, à titre expérimental, selon la norme DAB+ en RNT (Radio numérique terrestre), à partir d’une des tours Mercuriales, les sept stations du groupe Radio France. Plus de brouillage sur France Inter, plus de souffle sur France Musique ou sur FIP, plus de grésillements ni sur France-Culture, ni sur France Info, le Mouv ou France Bleue.

♦ Les Sans Radio se félicitent de l’adoption localement par le Groupe Radio France de cette solution technologique, déjà en cours dans l’Europe entière, et qui ici, dans l’Est parisien, perpétue l’égalité d’accès au service public, droit constitutionnel pour lequel les Sans Radio se sont battus sans relâche.

Les Sans Radio de l’Est parisien - 15, av de la Dhuys - 93170 Bagnolet

< sans.radio@laposte.net > 06 79 41 78 77

L’ensemble du dossier est disponible sur le site de la ville de Bagnolet, http://www.ville-bagnolet.fr

Pour trouver le Bon de commande / « Sans Radio de l’Est parisien », aller sur http://www.sansradio.org/2016/10/radio-france-en-rnt-c-est-parti.html

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Quatorze ans de combat pour pouvoir écouter la radio dans l’Est parisien !

Par Elsa Marnette pour Le Parisien le 3 octobre 2016.

Tout automobiliste qui s’approche de la porte de Bagnolet le sait : la chanson qui sort de son autoradio risque d’être temporairement enfouie sous un brouhaha de grésillements. Pareil pour 40 000 foyers de Bagnolet, Montreuil, Romainville, Les Lilas et du XXe arrondissement de Paris qui vivent dans un rayon d’1,8 km autour des tours des Mercuriales : ils ne reçoivent pas correctement un tiers des 48 stations FM.

Mais cela va s’arranger, au moins pour écouter les sept fréquences du groupe Radio France et quelques radios libres : l’association des Sans-radios de l’Est parisien a récemment trouvé un accord avec Towercast pour que la société — dont une antenne est en partie responsable du brouillage — installe un émetteur de radio numérique terrestre (RNT) en haut des Mercuriales. En achetant un appareil adapté, miracle ! Aucun brouillage des ondes.

« C’est un moment important de notre histoire »

Validée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, cette expérimentation commencée en juillet durera au moins jusqu’à mars 2017. Une sacrée victoire pour Michel Léon, le président des Sans-radios qui s’est lancé dans la bataille en 2002, à coups de pétitions, de rencontres avec les élus et d’actions en justice. L’idée d’utiliser la RNT a germé parmi les experts de l’association dès 2008.

 « Du conseil régional au conseil d’arrondissement, toutes les strates des collectivités locales ont émis des vœux, vante celui qui a fédéré jusqu’à 380 adhérents. C’est un moment important de notre histoire. » Ils sont aujourd’hui encore une centaine et les plus actifs, qui ont participé financièrement aux actions en justice, recevront une subvention pour acheter une radio (dont les prix vont de 50 à 300 €). L’association précise qu’elle bénéficie de tarifs préférentiels chez un fabricant.

« Vous vous rendez compte du temps qu’il a fallu »

« Maintenant, on veut faire en sorte que le maximum d’auditeurs de la zone écoutent la radio, pour convaincre que la RNT, c’est quand même top », poursuit Michel Léon.

Ce lundi après-midi, il est allé remettre sa nouvelle radio à une habitante du XXe arrondissement. L’appareil trônera bientôt à côté du lit de la vieille dame, où l’écoute de France Culture chassera « les pensées déprimantes ». « Vous vous rendez compte du temps qu’il a fallu ? interroge-t-elle. Je considérais ça comme un mépris des gens du XXe arrondissement. »

Qui dit expérimentation dit bilan à l’issue, précise Towercast, assurant être « en accord total » avec l’association et le CSA. Pour Michel Léon, le dossier est clos puisque « l’égalité d’accès au service public » est respectée. Il souhaite bientôt organiser une « grande fête », sans doute que la bande sonore y sera assurée par Radio France.

www.sansradio.org

Les sans-radios, un combat qui remonte à 2002

Qu’est-ce que la radio numérique terrestre ?

Comme son nom l’indique, la radio numérique terrestre (RNT) s’apparente à la télévision numérique terrestre (TNT). Elle a été mise en service en 2014 à Paris, Marseille et Nice, et le Conseil supérieur de l’audiovisuel a récemment lancé un appel pour couvrir d’autres zones. La RNT vient en plus de la bande FM, apportant une « qualité du son, un enrichissement de l’offre radiophonique, un maintien de la gratuité et de l’anonymat de l’écoute » selon le CSA. Mais son développement se fait dans une relative discrétion, au grand désespoir du président des Sans-radios de l’Est parisien. Michel Léon assure que « la Norvège va abandonner la bande FM à la fin de l’année et que la RNT se développe partout en Europe ».

Pour commander un récepteur via le Bon de commande / « Sans Radio de l’Est parisien », aller sur http://www.sansradio.org/2016/10/radio-france-en-rnt-c-est-parti.html

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 19:14

L'homme a hérité de la tendance marquée des primates à s'entre-tuer

Par Nathaniel Herzberg pour Le Monde le 29 septembre 2016

Deux siècles et demi que ces deux-là s'affrontent. Que, par -disciples interposés, leurs théories sur l'origine de la violence humaine déchirent -philosophes et scientifiques. Thomas Hobbes contre Jean-Jacques Rousseau, le " loup pour l'homme " contre le " bon sauvage ", l'humain intrinsèquement agressif envers son semblable contre l'individu pétri d'innocence, poussé au mal par une société corruptrice. Dans une étude publiée mercredi 28  septembre par la revue Nature, une équipe espagnole tranche le débat : la violence létale humaine plonge ses racines dans la théorie de l'évolution. En d'autres termes, si l'homme " descend du singe ", il en va de même de ses tendances meurtrières.Pour aboutir à ce constat sans appel, José Maria Gomez, écologue à la station expérimentale des zones arides d'Almeria, et ses collègues de trois autres universités espagnoles se sont livrés à un incroyable travail d'accumulation de données. Pendant deux ans, ils ont dépouillé cinquante ans de littérature scientifique : 3 500 articles analysant la violence entre membres d'une même espèce chez les mammifères et 1 000  articles portant sur les causes de la mortalité parmi les humains.

Pour ces derniers, ils ont étendu leurs sources aux analyses bio-archéologiques ou paléontologiques, aux relevés ethnographiques, aux bilans d'autopsie ou encore aux registres portant les causes de décès (à partir du XVIIe  siècle). Et ils ont fait tourner les ordinateurs. Sur les 1 024 espèces de mammifères étudiées, 40  % étripent joyeusement les leurs. " Cela a  été notre plus grande surprise, admet José Maria Gomez. La violence létale n'est pas concentrée dans des groupes considérés comme a priori violents, tels les carnivores. Elle sévit aussi de façon importante chez les rhinocéros, les marmottes, les chevaux… "

Les scientifiques espagnols livrent un chiffre moyen : l'agression intraspécifique constitue 0,3  % des causes de mortalité chez l'ensemble des mammifères. Elle n'est " pas fréquente, mais répandue ", concluent-ils. Mais c'est famille par famille que l'examen trouve toute sa richesse. " Jamais je n'avais vu un travail aussi détaillé sur la violence parmi les mammifères ", s'enthousiasme Michel Raymond, directeur de recherche au CNRS et responsable de l'équipe de biologie évolutive humaine de l'université de Montpellier.

" L'étude est formidable "

L'étude démontre que la position dans l'arbre phylogénétique des espèces explique fortement la tendance à tuer ses congénères. Fauves, ursidés, rongeurs : quelques familles se distinguent particulièrement. Avec une mention spéciale pour les primates – nos cousins et nos ancêtres, faut-il le rappeler ? –, chez qui le poids de la violence létale atteint 2  %. La raison ? " L'étude est formidable mais elle n'explique pas les causes de cette concentration, souligne Mike Wilson, anthropologue à l'université du Minnesota (États-Unis). Pour moi, c'est le large recours à l'infanticide chez les primates. "

L'arbre de l'évolution des espèces n'explique pourtant pas tout. Là où les chimpanzés se tuent à plaisir, les bonobos, leurs plus proches parents, présentent des mœurs beaucoup plus pacifiques. Peut-être faut-il y voir la place prépondérante des femelles chez ces derniers. Les chercheurs ont, plus globalement, tenté d'isoler d'autres causes. Résultat : plus une espèce est sociale et territorialisée, plus la violence létale s'y exprime. Les disciples de Rousseau y trouveront une petite consolation. Car pour le reste, l'examen des 600 populations humaines à travers le temps et l'espace détruit allègrement le mythe de notre innocence originelle.

Les relevés archéologiques -confirment en effet que la pitié pour son frère n'étouffait ni sapiens ni Neandertal : " Pour ces temps anciens, les résultats enregistrés sont conformes avec le niveau de violence attendu compte tenu de la position de l'homme dans l'arbre phylogénétique ", commente José Maria Gomez. " L'homme n'a pas attendu l'accumulation des richesses au néolithique pour être violent, souligne l'archéologue Jean Guilaine, professeur honoraire au Collège de France et auteur du Sentier de la guerre (Seuil, 2001). On a montré que les chasseurs-cueilleurs s'affrontaient eux aussi. "

" Données robustes "

Il est vrai que la situation se gâte encore par la suite. L'âge du fer en Europe et en Asie (à partir de – 1100) et la période dite " formative " dans le Nouveau Monde (environ – 1000) connaissent une poussée importante de violence létale, nettement au-dessus des prévisions évolutives qui devraient la situer au même niveau que celle des grands singes. Et, à en croire les données présentées par l'article, cela dure jusqu'à la fin du Moyen Age. De quoi nourrir la thèse du psychologue américain Steven Pinker : en  2011, dans un livre qui fit événement aux États-Unis, il avait brillamment mis en évidence le déclin de la violence depuis la période moderne.

Certains ne manqueront pas de mettre en cause la fiabilité des données anciennes. Peut-on tirer une règle statistique d'une série de tombes du néolithique ou d'un cimetière médiéval ? Certes pas. Mais de centaines de cimetières, répartis dans de multiples points du continent, accompagnés parfois de témoignages écrits ou de registres : l'affaire paraît nettement plus sérieuse. " Cette partie est évidemment la plus fragile, elle sera controversée, convient Mike Wilson. Mais ils ont malgré tout fait preuve d'une grande prudence, en sélectionnant des données robustes. "

L'étude de Nature va plus loin encore. Elle classe les données humaines en fonction du type de société dont elles portent le témoignage. Il apparaît cette fois que les organisations tribales ou claniques affichent un degré de violence nettement plus élevé que les sociétés étatiques.

Cette fois, ce n'est plus le combat entre deux philosophes morts, mais la guerre entre deux familles d'anthropologues rivales que l'article devrait réveiller. Par exemple, les travaux de l'Américain Napoleon Chagnon sur l'extrême violence des Yanomami d'Amazonie restent aujourd'hui encore très controversés. La publication de Nature ne passera pas inaperçue dans ce milieu.

Pour la primatologue Elise Huchard, ces résultats viennent rappeler que, " quelle que soit l'approche utilisée pour comprendre et expliquer l'intensité et les motifs de notre violence, il ne faut pas oublier que l'homme est un mammifère, car ce simple fait biologique contribue à  expliquer notre comportement social ".

Un mammifère ni plus ni moins violent que les autres. Simplement particulièrement flexible dans son agressivité, car particulièrement divers dans son organisation sociale. Et plus paisible que jamais, ce que souligne l'anthropologue Mike Wilson. " A l'heure où Donald Trump martèle que la société est violente, il est de salubrité publique de rappeler qu'on vit mieux dans une ville américaine que dans l'ancien Far West.

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15 août 2016 1 15 /08 /août /2016 13:40

Une intéressante réflexion, toujours actuelle, extraite du livre THÉORIE ET PRATIQUE DU COLLECTIVISME OLIGARCHIQUE lu par Winston Smith dans « 1984 » :

« La guerre donc, si nous la jugeons sur le modèle des guerres antérieures, est une simple imposture. Elle ressemble aux batailles entre certains ruminants dont les cornes sont plantées à un angle tel qu’ils sont incapables de se blesser l’un l’autre. Mais, bien qu’irréelle, elle n’est pas sans signification. Elle dévore le surplus des produits de consommation et elle aide à préserver l’atmosphère mentale spéciale dont a besoin une société hiérarchisée.

Ainsi qu’on le verra, la guerre est une affaire purement intérieure. Anciennement, les groupes dirigeants de tous les pays, bien qu’il leur fût possible de reconnaître leur intérêt commun et, par conséquent, de limiter les dégâts de la guerre, luttaient réellement les uns contre les autres, et celui qui était victorieux pillait toujours le vaincu. De nos jours, ils ne luttent pas du tout les uns contre les autres. La guerre est engagée par chaque groupe dirigeant contre ses propres sujets et l’objet de la guerre n’est pas de faire ou d’empêcher des conquêtes de territoires, mais de maintenir intacte la structure de la société. »

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 17:08

La merveilleuse métamorphose de l’immigrant, de l’exilé qui émerge du cœur de l’Europe pour devenir Shakespeare sur les rives de la Tamise, a de quoi toucher et convaincre les plus fiers shakespeariens.

Par Lamberto Tassinari (Philosophe canadien né en Italie) pour Le Monde, 9 janvier 2016 sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/09/le-celebre-barde-de-stratford-n-est-pas-celui-qu-on-croit_4844527_3232.html

(Photo: gravure de William Shakespeare). CC BY 2.0 MARTIN DROESHOUT

La figure de Shakespeare se fige avec la publication, en 1623, date de parution du First Folio, un recueil des trente-six pièces de théâtre qu’on lui attribue. C’est à partir de cette date que sa « nationalisation » se met en marche, elle aboutit un siècle et demi plus tard, lorsque Shakespeare est consacré par les universités nationales sous la garantie de l’immense puissance de l’Empire britannique.

La question de la paternité des œuvres de Shakespeare n’a pourtant jamais cessé de se poser, tant peu de détails de sa vie sont connus. Cette interrogation n’est pas le résultat d’une éternelle suspicion, mais une affaire à laquelle se sont intéressés des esprits parmi les plus brillants : Walt Whitman, Charles Dickens, Mark Twain, Henry James, Sigmund Freud ont tous douté de l’homme de Stratford.

Shakespeare, ce phénomène mystérieux apparu dans la campagne anglaise dans la deuxième moitié du XVIe siècle, n’a rien de miraculeux. A la faible théorie stratfordienne, j’oppose celle qu’il me plaît d’appeler « the theory of everything » de John Florio, une théorie capable d’éclairer les mystères et de répondre à toutes les questions sans réponse de l’univers shakespearien : d’où viennent le savoir linguistique, sa culture vaste, encyclopédique, sa profonde familiarité avec plusieurs langues, avec l’Italie, la Bible, la musique, l’aristocratie ?

Théorie logiquement et philologiquement « belle », selon laquelle l’étranger polyglotte Florio a écrit des œuvres de poésie et des pièces de théâtre, soit en les laissant anonymes, soit en les signant sous le pseudonyme de William Shakespeare, soit parfois avec le seul nom de plume Shake-speare, écrit ainsi, avec un trait d’union (shake spear : « remuer la lance », soit la plume).

Giovanni Florio devenu John, né à Londres en 1553, est fils d’un prédicateur italien d’origine juive, ex-franciscain qui s’est fait protestant. Il y a notamment, dans La Tempête, un passage utopique que la critique a reconnu depuis toujours être le calque du Discours sur les sauvages de Montaigne. Or, le traducteur anglais du texte de Montaigne est, justement, John Florio, un protagoniste essentiel de la vie culturelle et littéraire de l’époque.

Un seul et unique auteur

Pourquoi ce linguiste polyglotte, lexicographe, traducteur, courtisan, ami des plus puissants parmi les nobles de son époque, durant seize ans secrétaire personnel de la reine Anne de Danemark et grand diffuseur des cultures européennes en Angleterre a-t-il été boudé par les universitaires ? Pourquoi a-t-il été classé comme un technicien ? Pourquoi les seules et rares études qui présentent Florio comme un intellectuel majeur et un écrivain de grand talent datent-elles toutes d’une courte période entre les années 1920 et 1930 ? Pourquoi, depuis, ces quatre-vingts ans de silence ? Enfin, pourquoi un acteur si important pour la connaissance de la Renaissance anglaise, et en particulier pour l’œuvre de Shakespeare, a-t-il été ignoré ?

Dans ses écrits, on retrouve une masse d’éléments, impressionnante en quantité et en qualité, qu’il partage avec les pièces de théâtre signées Shakespeare. L’analyse comparée de toute cette matière permet de conclure philologiquement qu’il s’agit en réalité d’un seul et unique auteur, John Florio, qui utilise son patronyme pour les œuvres d’érudition, et un nom de plume, Shakespeare, pour ses œuvres de fiction.

Il n’est pas surprenant que le culte du génie de Shakespeare ait été imposé au moment où l’Angleterre connaissait une extraordinaire expansion économique et militaire nécessitant également une forte affirmation culturelle. Aujourd’hui, cependant, le nom de Shakespeare, élément fondateur de l’identité anglaise, puis britannique, n’est plus proposé comme valeur artistique et culturelle par la puissance d’un empire, mais devient le fer de lance d’une offensive chauvine qui révèle plutôt, derrière l’appareillage marketing, une certaine fatigue culturelle.

L’œuvre de Shakespeare est partout lue et encore plus jouée, mais la fracture entre la vie du bourgeois évanescent de Stratford-upon-Avon et Hamlet est devenue un gouffre aux yeux d’un public qui exige des images, des faits, une vie vécue. L’invitation à célébrer le simulacre de Shakespeare ne peut plus convaincre ni enthousiasmer ; l’époque des héros nationaux, des grands écrivains pères fondateurs avec la triade classique des Dante-Cervantès-Shakespeare est révolue. Shakespeare, jadis l’icône la plus forte, est en train de se transformer.

Transculturel

Il y a quarante ans, la totalité des lecteurs ainsi que la majorité des spécialistes épousaient par tradition l’image romantique du génie solitaire et universel. À partir de la fin des années 1970, grâce à une poignée de chercheurs, le New Historicism, guidé par le critique littéraire Stephen Greenblatt, a refaçonné de manière spectaculaire l’aura shakespearienne, et c’est un barde diminué qui est ressorti de cette opération : plagiaire, prompt à collaborer, voleur de mots et d’idées auprès d’auteurs contemporains et anciens, rhétoricien, passionné des langues étrangères…

En réalité, de ce magma, c’est le portrait d’un Shakespeare transculturel qui est en train de sortir, signe qu’il y a bien une limite à l’occultation de la vérité historique. Un Shakespeare qui ressemble de plus en plus à John Florio !

Alors qu’on passe définitivement à cet autre écrivain et génial traducteur, passeur infatigable des cultures européennes et, oui, génial plagiaire qui était Florio ! Que l’on célèbre un Shakespeare impur, dont l’universalité abstraite résulte d’une complexité culturelle, linguistique et génétique : idéal et réel pour une fois coïncident. Lecteurs, étudiants, enseignants, enfin, nous tous aurions à gagner à cette substitution apocalyptique, c’est-à-dire révélatrice.

Même s’il faut reconnaître qu’il était difficile pour l’Angleterre de refuser l’offre d’un Shakespeare pur génie anglais, faite par John Florio, quatre cents ans plus tard, la merveilleuse métamorphose de l’immigrant, de l’exilé qui émerge du cœur de l’Europe pour devenir Shakespeare sur les rives de la Tamise, a de quoi toucher et convaincre les plus fiers shakespeariens.

La perte de Stratford n’affaiblira pas l’œuvre de Shakespeare. En réalité, elle la rendra plus surprenante, pas plus « divine », mais plus humaine, normale et infiniment plus touchante. Aussi universelle et « immortelle » que cette œuvre soit toujours apparue, elle révèle maintenant une genèse et une histoire jusqu’ici insoupçonnées. John Florio : un Shakespeare made in Europe nous montre que la naissance du monde moderne possède une richesse et une complexité qui remplissent d’admiration.

Le livre de Lamberto Tassinari, John Florio, alias Shakespeare (Editions Le Bord de l’Eau), sera en librairie le 18 janvier.

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 09:16

une brève d'une sympathisante lilasienne...

Le Vingtième-Théâtre,  7 rue des Plâtrières, dans le 20e, a fait la présentation de sa nouvelle saison. Une belle programmation,  variée : des classiques, des créations, de la chanson, de la danse, mais aussi 3 spectacles en lien avec la COP21. Un extrait de l’un d’eux nous a été présenté, super ! de grosses marionnettes colorées, drôles, spectacle visible par les enfants comme par les adultes, et ceci à portée d’autobus (96) ou de M° (Gambetta). Si vous voulez en savoir plus allez sur http://www.vingtiemetheatre.com

Matinées climat

Dans le cadre de la COP21 / Paris pour le climat, trois spectacles jeune public

KUWA NA KICHWA de et mis en scène par Laetitia Gonzalbes

A HAUTEUR D'HERBES de et mis en scène par Emmanuel Suarez

LE BON GRAIN de et mis en scène par François Dumont

 

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 13:29

Comme chaque année, j'ai participé comme bédéphile de toujours, quand Yves Frémion faisait le fanzine « Le petit Mickey qui n'a pas peur des gros », et aussi écologiste, à la présélection des nominés du prix Tournesol. Mes préférés n'ont pas été retenus, mais voici quelques nouvelles du prix.         

Pierre Stoeber

Le 19éme prix Tournesol, récompensant la BD la plus écologiste de l’année, a été décerné vendredi 30 janvier en « off » du Festival BD d’Angoulême au manga coréen « Le parfum des hommes » de Kim Su-Bak, édité par l’éditeur indépendant suisse Atrabile.

Le jury, présidé par la Secrétaire nationale d’EELV, Emmanuelle Cosse, a choisi ce livre après un large débat, où « Lip », de Laurent Galandon et Damien Vidal (Dargaud) a longtemps fait figure de favori. Ce prix, organisé sous la houlette de EELV est décerné chaque année par un jury différent, composé d’écologistes, de journalistes et d’artistes de trois pays francophones.

« Le parfum des hommes » raconte une histoire authentique où l’on montre la multinationale Samsung dans ses pires agissements en Corée. L’héroïne Yumi est une ouvrière qui travaille dans les semi-conducteurs, mais ses conditions de travail, lamentables, la rendent vite leucémique, car exposée sans protection à des matériaux hautement toxiques. La firme nie évidemment toute responsabilité et tout le monde se défile, politiques, administratifs, médias : nul ne veut se mettre à dos une firme aussi puissante. Le père de Yumi, Hwang Sang-ki, va enquêter, prétexte pour Kim Su-bak de dresser un dossier implacable et universel sur la maltraitance ouvrière et le cynisme des grandes entreprises.

Le taux de maladies graves dans cette usine est très élevé, dans l’indifférence générale, mais l’auteur et son personnage dévoilent au passage les malversations financières, les spéculations et les magouilles de la firme, certes parfaitement nommée, mais représentative de toutes les grandes multinationales. Ce combat se termine par des éléments de victoire propres à développer l’espoir, mais les ripostes des grands vampires de l’industrie sont sans fin.

Inconnue en France, cette affaire exemplaire pourrait se raconter en changeant le nom de la firme ou d’activité, dans tous les pays du monde. En ce sens, Kim Su-bak a réalisé un album magistral, combinant une information sans faille et une narration soutenue. Son dessin, en noir et blanc, est très efficace et inclut parfois la photo, pour rendre plus palpable l’authenticité de l’affaire.

Kim s’était fait connaître en France par un précédent album, « Quitter la ville » (2009), déjà ancré dans la réalité des ouvriers du bâtiment.

Le 30 janvier 2015

Yves Frémion, secrétaire du Prix Tournesol
Emmanuelle Cosse, présidente du jury du prix Tournesol.

 

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 10:28

Agon

La censure par le populaire

Gestions populistes de l’art et de la culture

                     Barbara Métais-Chastanie

Un article passionnant sur Agôn [En ligne], mis à jour le : 18/11/2014, URL : http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=3127

Table des matières

Du Blanc-Mesnil à Montpellier : usages populistes du « populaire »  

« C’est très bien » : la vie en rose qu’on nous propose  

Ce que censure veut dire  

Ce que la société ne t’a pas donné  

« Il appartient aujourd'hui aux êtres dissonants de résister autant que faire se peut à cette fiction discriminante de béatitude, d'une part en traquant les dérives de ce langage afin que sa vacuité saute aux yeux du plus grand nombre, d'autre part en alimentant in situ sa dissonance. L'enjeu est à la fois de déstabiliser les tenants de ce langage dominant, et de se forger une ligne de conduite critique. » Eric Chauvier, Que du Bonheur.

Depuis quelques mois, un même mot d’ordre se fait entendre ici et là : celui selon lequel les lieux d’art et de culture devraient être des lieux « populaires » et « ouverts à tous ». Rien de nouveau sous le soleil si l’on veut bien se rappeler que c’était le même élan qui guidait déjà Jean Vilar et Antoine Vitez dans la défense d’un « théâtre élitaire pour tous » (Vitez) dès les années cinquante. Pourtant le « populaire » semble aujourd’hui n’être qu’un vulgaire cache-sexe pour des politiques culturelles populistes et réactionnaires qui n’hésitent pas à prendre les commandes de lieux artistiques quand leur programmation ne s’ajuste pas aux cahiers des charges municipaux. On le sait les élus sont sensibles aux polémiques et le consensus doit régner pour éviter les risques politiques : les propositions divertissantes ont le mérite d’arrondir les angles en répondant aux attentes de collectivités souvent plus soucieuses d’aménager le territoire que de le voir se soulever sous l’effet de tensions et de désaccords profonds.

Celui qui est toujours instrumentalisé, celui pour qui parlent ceux qui agitent la poupée du « populaire » moribond, c’est le public. Le « vrai » public entendons-nous bien. Celui qui comme la Vérité d’X-Files est toujours ailleurs. Pas celui qui applaudit des deux mains les dramaturgies d’avant-garde (toujours intello celui-là), pas celui qui va trop souvent au théâtre, au musée ou qui a l’audace de lire quand sa ministre de la Culture lui rappelle que ça prend trop de temps (toujours suspect celui-là), pas celui qui baigne dans la culture, dans l’art ou dans l’école (il ne sait pas ce que c’est que le réel, celui-là). Non, le Vrai public, le Brut, l’Ignorant, le Mal-à-l’aise, celui qui sue à l’idée d’une pièce de trois heures, celui qui tremble quand on lui annonce un classique. Celui qu’on dit « empêché » après l’avoir affublé pendant longtemps de l’étiquette de « non-public ». Et c’est au nom de ce Vrai Public, qui n’a pas plus d’existence que le « Bon Chasseur » des Inconnus1, au nom du « Peuple », que le « populaire » se voit réduit au rang d’objet de culture consensuel. Ce n’est pas pour mon public, mes habitants ne veulent plus de ça, entend-on souvent ad nauseam. Car le « populaire » sait pour le peuple, pour le public, pour les habitants ce qui est « bon » pour eux, ce qui est « fait » pour eux, ce qu’ils ont « envie de voir » et ce qu’ils sont « en mesure de comprendre ».

L’actualité, au Blanc-Mesnil et à Montpellier, comme les conditions politiques actuelles, ne font que confirmer la soumission des artistes et des lieux artistiques au bon-vouloir des élus locaux. Autant de signes qui font craindre pour l’indépendance de l’art et pour le devenir de sa fonction émancipatrice.

Du Blanc-Mesnil à Montpellier : usages populistes du « populaire »

Ce jeudi 13 novembre le conseil municipal de la ville de Blanc-Mesnil a, en effet, voté la sortie du conventionnement du Forum, mettant fin au partenariat qui liait la Ville, le Département, le Ministère de la Culture et la Région Ile-de-France. Cette décision, Thierry Meignen, le nouveau Maire UMP, cherchait à la porter depuis son élection en ménageant des zones de flou et en refusant de donner des indications claires sur ses intentions. Pendant plus de sept mois, les contradictions l’auront disputé à la rétention menant l’équipe du théâtre du Forum d’incertitude en incertitude. Pour que ton chien n’aboie pas, fais-le courir ici et là. Beau précepte suivi avec soin par la nouvelle municipalité qui critiquait, elle aussi, une programmation jugée trop exigeante (« Le conventionnement est présenté comme trop contraignant, et serait contraire aux intérêts de la ville en matière culturelle », précise Xavier Croci, Directeur du Forum).

la panacée

C’est cette même rhétorique populiste et paternaliste qui frappe aujourd’hui à Montpellier. La Panacée – Centre de culture contemporaine dirigé par Franck Bauchard – est sous la menace d’une mise à l’index et fait les frais d’une ingérence municipale proprement policière. Tous les projets de programmation pour l’année à venir sont suspendus au bon vouloir du nouveau Maire qui souhaite, lui aussi, autre chose pour ses habitants : le nouvel élu à la culture reprochera à La Panacée « d’avoir raté son rendez-vous avec le public ». Dimanche, La Panacée a fermé ses portes avec l’exposition « Une lettre arrive toujours à destinations ». Et l’équipe ne sait pas quand elle les réouvrira et encore moins sur quoi : un opérateur local a annoncé sur sa page Facebook une exposition à La Panacée au mois d’avril ; d’autres évènements semblent s’annoncer pour le mois de mars… Situation proprement ubuesque puisque ignorée des principaux intéressés car là aussi le directeur du lieu s’est vu confisquer la main sur sa programmation. Mis sous la tutelle d’une fonctionnaire de la Ville, La Panacée se trouve depuis septembre dans une situation proche de celle de l’âge de glace : le programme pour l’année 2015, présenté et affiné entre les mois de mai et septembre, est gelé. Il a fait l’objet d’un ensemble de critiques sur son accessibilité, son lien avec le territoire, les partenaires et artistes locaux...  sans être pour autant formellement invalidé. Sous l’ère Frêche, Montpellier avait déjà raté l’occasion d’accueillir des œuvres d’artistes d’envergure, poussant ainsi Yvon Lambert à poser les valises de sa fondation en Avignon. Quelque chose de l’art du XXIe siècle semblait trouver de justes conditions d’exposition à la Panacée qui est en train de sombrer.

Philippe Saurel, l’homme de l’anti-système, dissident du PS, sera-t-il aussi bassement populiste que ses homologues de droite et d’extrême droite ? Rien d’étonnant tant le discours anti-élitiste de dénonciation des avant-gardes semble être une tendance partagée à gauche comme à droite, surtout en des temps de crise où la culture est priée de payer son tribu au social pour justifier de son utilité.

Les critiques anti-élitistes et l’interférence des problématiques artistiques et des grilles politiques ne sont pas nouvelles. On se souvient que le Front national, associé à certains élus de la droite républicaine, avait fait du Centre Chorégraphique de Rillieux-La-Pape de Maguy Marin l’une de ses principales cibles lors de sa campagne pour les municipales. La danse contemporaine à Rillieux-La-Pape ? Vous n’y pensez pas. Le contribuable n’a pas à payer pour ça.

C’était en 2001.

Pour la police des esprits, la danse contemporaine faisait alors lit commun avec l’insécurité dans la liste des choses à combattre.

Avant, il y avait eu l’éviction de Gérard Paquet à la direction du Théâtre National de la Danse et de l'Image de Châteauvallon après l’arrivée au pouvoir de Jean-Marie Chevallier à Toulon en 1995, l’une des premières Mairie FN de France avec Marignane et Orange. Le fondateur du centre culturel, ouvertement anti-fasciste, ne pouvait pas faire bon ménage avec un Maire frontiste. Après avoir refusé toute subvention de la ville, invité le groupe de rap NTM à donner un concert, il se voit poursuivi en justice et menacé de licenciement. En 1997, il est prié de quitter le lieu qu’il avait fondé en 1964.

Dix ans plus tard, c’est désormais l’UMP qui s’occupe de sangler les museaux en brandissant le pavillon réactionnaire d’un « populaire » qui n’en a plus que le costume. Les coups de force se multiplient : en avril 2014, Abdel Seshaf directeur du théâtre municipal de Roanne est licencié pour d’obscures raisons d’irrégularité de contrat par Yves Nicolin, le nouveau Maire UMP. En avril également, le nouveau Maire UMP de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, licencie cinq membres de la direction de l’Opéra-Théâtre dont le chef d’orchestre Laurent Campellonne, pour raisons économiques cette fois.

Pasolini annonçait déjà dans ses Écrits corsaires la puissante progression de ce nouveau fascisme, celui du conformisme, du conservatisme, de l’anti-intellectualisme et de sa suite, la consommation culturelle. Il semble que depuis le virage à droite des années quatre-vingt, il trouve sa pleine mesure.

« C’est très bien » : la vie en rose qu’on nous propose

la vie en rose

En juin 2014, le Centre Théo Argence de Saint-Priest voit sa programmation amputée de plus de la moitié de ses spectacles. Les motifs de l’annulation ? La nouvelle mairie UMP souhaite, en effet, voir à l’affiche du théâtre des formes « plus populaires ». Le « populaire », comme nous l’explique avec forces répétitions l’édito de saison qui n’est d’ailleurs pas signé par la directrice du lieu, Anne Courel, littéralement menottée par les décisions municipales, mais par Gilles Gascon, Mai(t)re de Saint-Priest, et par Catherine Laval, 1ère adjointe à la Culture (avec majuscule), c’est donc enfoncer les portes, de préférence ouvertes : « L’accès à la culture ne se fait pas par une seule porte d’entrée. Chacun doit pouvoir venir avec sa sensibilité, sa liberté, ses goûts ; voir ou entendre ce qu’il aime et peut-être, s’il le désire, découvrir autre chose, à son rythme, en toute liberté. »

Manifestement les portes ouvertes sur la ville et ses habitants, sur des ateliers en direction des San-Priots, sur les écritures contemporaines et les problématiques qu’elles empoignent du Théâtre Théo Argence pendant les quatre années de la direction d’Anne Courel, n’étaient aux yeux du Maire et de ses acolytes que des couteaux sans manche auxquels manquait la lame.

En lieu et place de l’invention singulière d’une langue, comme pouvaient la porter Mariette Navaro, Alexandra Badea ou encore Sylvain Levey, pour ne citer que quelques auteurs associés au projet de La Fabrique, en lieu et place de la recherche collective d’un sens réunissant artistes et habitants, en lieu et place de l’invention d’une poétique et d’une politique qui répondaient à d’autres lois que celles qui règlent le parcours quotidien en tenant tête aux formes de l’exclusion, aux formes du mépris, aux formes du pessimisme, la nouvelle Mairie a donc choisi le vaudeville, l’opérette et la chanson française. Que le public se rassure pourtant, c’est « un beau programme ». C’est le Maire, lui-même, qui nous le dit et « C’est très bien » comme nous en persuadera un spectacle porté par trois interprètes qui voient « la vie en rose et c’est très chouette ! ».  « C’est très bien » est programmé en décembre. Preuve que de vrais choix dramaturgiques ont guidé ces perspectives de programmation : c’est bien connu, en hiver, les couleurs, c’est que du bonheur.

Ce que censure veut dire

Romeo Castellucci

Romeo Castellucci, Sur le concept du visage de Dieu, 2011.

Ces formes d’ingérence policière sont aussi scandaleuses que leurs récurrences sont inquiétantes. Qu’il s’agisse du FN, de l’UMP ou du PS, la mode semble être aujourd’hui à une resucée molle du terme « populaire », vague chewing-gum qui passe de bouche en bouche, pour faire oublier qu’il a perdu son goût. Le « populaire » alors, ce « populaire » au « sens noble du terme » comme nous rappelle le Maire de Saint-Priest, quel est-il sinon ce concept flou qui se résumerait à l’équation suivante : le plus petit dénominateur commun est la seule chose à laquelle doit pouvoir se ramener une œuvre pour échapper au constat d’élitisme. On serait tenté d’en rire (jaune) si cette réappropriation populiste du populaire ne s’exprimait pas désormais par une politique de censure, institutionnelle (comme dans les cas précédemment cités) et réactionnaire (comme dans le cas d’Exhibit B de Brett Bailey2, des pièces de Rodrigo Garcia3 ou de Romeo Castellucci4, du film de Céline Sciamma5, du court-métrage de Benjamin Parent6, menacés par des groupes d’extrême droite). Il est étonnant d’ailleurs de remarquer qu’on n’a jamais autant brandi le « populaire » et son « peuple » que depuis qu’on l’a vidé de sa substance en rangeant au placard la lutte des classes et les outils de l’analyse marxiste. Baudruche vide, gonflée ici et là par de méchantes bouches, le « populaire » ne renverrait donc plus qu’à lui-même, vague « pour tous », dont on ne sait pas vraiment ce qu’il désigne sinon la perte d’une lecture dialectique où les rapports sociaux étaient pensés de manière relationnelle et antagoniste, comme autant d’« espace où pourraient émerger des rapports sociaux absolument neufs » (F. Jameson).

« Populaire » désigne pourtant tout autre chose que la somme de ces compromis : il est le nom de ce grand rêve, caressé par Vilar, par Vitez et par ceux qui tiennent à son exigence, le nom qui veut que l’expérience esthétique soit le fruit d’un apprentissage et qu’elle demande le temps long de ce qui se dépose, ce qui dit que le public n’existe pas mais qu’il est construit, attendu, espéré ou corseté par des formes qui dessinent pour lui la carte de ses possibilités, que chacun-e – quel-le qu’il soit – est en mesure de décider de ce qui l’intéressera ou non – car La Princesse de Clèves circule en toute main –, que la culture ne saurait se réduire à une vague collection d’objets disposés sur des étagères municipales mais qu’elle est d’abord une série de relations individuelles et collectives construites avec ceux-ci, que l’émancipation intellectuelle se découvre au cœur d’expériences esthétiques qui vous arrachent aux évidences pessimistes partout ressassées, que non « ce n’est pas bien » car l’art ne saurait se réduire à un divertissement compensatoire visant à faire oublier la vie moribonde qui se débat derrière les murs, que non « ce n’est pas bien » car l’expérience esthétique est aussi une manière d’organiser le pessimisme et de distribuer dans le réel une force critique et l’élan du nouveau, que non « ce n’est pas bien » car il est temps de forcer l’exigence à quitter l’espace de la seule vie privée pour inventer ensemble d’autres conditions d’existence, que non « ce n’est pas bien » car l’ignorance et le jugement hâtif ne doivent pas être la mesure d’une politique artistique, que non « ce n’est pas bien » car le populaire dans votre bouche n’est que paresse à chercher du contentement pour atténuer le scandale de ce monde-ci, que non « ce n’est pas bien » car la culture doit être l’objet d’enjeux discutables, et que toute forme de mainmise est une censure qui ne dit pas son nom, que non « ce n’est pas bien » car un lieu de programmation et de résidence ne doit pas se transformer en prestataire de service d’une idéologie feutrée et revancharde, que non « ce n’est pas bien » car un lieu artistique doit viser autre chose que tenir « le spectateur dans la réplétion inerte de l’homme qui a payé pour qu’on le débarrasse sans douleur de ses quelques menus fantômes. » (R. Barthes)

Ce que la société ne t’a pas donné

Pasolini Salo

P.P. Pasolini, Salo ou les 120 jours de Sodome, 1976.

Sans recourir aux fausses évidences de ceux qui s’abritent parfois derrière la défense d’une culture majusculée, sans mobiliser les œuvres dites difficiles pour stigmatiser ceux qui regardent The Voice ou aiment Nabila et Lady Gaga, en refusant la simplification outrancière d’un partage hiérarchique entre ce qui est in et ce qui est off, entre ce qui est de l’ordre de la culture et ce qui est de l’ordre du spectacle, il importe de rappeler ces mots que Pier Paolo Pasolini avait écrits sur les murs du hangar où il joua pour la première fois Orgie : « Le théâtre facile est objectivement bourgeois ; le théâtre difficile est pour les élites  bourgeoises cultivées ; le théâtre très difficile est le seul théâtre démocratique.

Ouvrier, ta difficulté à comprendre ce théâtre consiste en un manque pur et simple de ces instruments que la société ne t’a pas donnés. »

Il importe alors d’interroger ce que visent ceux qui brandissent cette fracture, ce qu’ils cherchent à construire en s’appuyant sur cette répartition falsifiée qui voudrait distribuer d’un côté l’art élitiste, excluant car réservé aux élus et nobles éclairés, et de l’autre une culture divertissante, tout public, pour chacun plus que pour tous.

Que masque cette mobilisation d’une fracture purement idéologique sinon l’abandon du projet émancipatoire par l’art et la culture au profit d’une politique de réparation sociale si possible rapide, peu coûteuse et consensuelle ?

Car c’est bien à ces inégalités – économiques, sociales culturelles – qui distribuent les inégalités d’accès aux œuvres qu’il faut s’attaquer et non aux jugements de surface qui n’en sont que les symptômes.

C’est à ces fabriques de l’exclusion qu’il faut s’en prendre, en interrogeant cette logique de distribution poujadiste qui décide de ce qui fait écart et de ce que « peut/veut » voir le peuple.

C’est ce parcage dans le pré carré du paternalisme social qu’il faut interroger car si on n'apprend pas à faire l'expérience d'une étrangeté (dans la langue comme dans l'Histoire), si on ne place pas la poésie, l’art ou la philosophie là où ils ne sont pas attendus (parce qu'on suppose à la place de l'autre que ça ne l'intéressera pas, parce qu'on anticipe sur une répartition a priori des compétences, des désirs et des savoirs), ils resteront l'apanage de ceux qui possèdent la langue, de ceux qui possèdent le savoir, de ceux qui savent mettre l'une après l'autre idées et réflexions et peuvent lire Dan Brown en citant du Victor Hugo.

Le véritable modèle des nantis, c’est celui qui concède à l’exclu, au précariat et au prolétariat un folklore médiocre, pour justifier et confirmer ce qu’il se proposait de démontrer.

Ce qu’il faut interroger et mettre au jour, c’est l’usage populiste et réactionnaire de l’étendard du « populaire ». Sans cela, on continuera à obéir aux frontières des « bons à penser/regarder », quand ceux qui sont seulement « bon à manger/travailler/se divertir/etc. » seront priés de passer leur chemin.

Telle était d’ailleurs l’ambition de ces lieux transformés l’un après l’autre, par des méthodes de censure municipale, en de vagues supermarchés de compromis culturels.

Je repense à ce mot d’ordre que se donnait Barthes, en conclusion de son éditorial paru dans la revue Théâtre populaire en 1954 : « Les complaisances dont jouit actuellement le théâtre bourgeois sont telles que notre tâche ne peut être d’abord que destructrice. »

Détruire donc pour empêcher cette « complicité avec la manipulation artificielle des idées avec lesquelles le néocapitalisme est en train de former son nouveau pouvoir » (P.P. Pasolini)

Détruire donc parce qu’être « laïques, libéraux, ne signifie rien, quand il manque cette force morale qui réussisse à vaincre la tentation d’être partie prenante d’un monde qui apparemment fonctionne, avec ses lois attirantes et cruelles. Il n’y a pas besoin d’être fort pour affronter le fascisme dans ses formes délirantes et ridicules. Il faut être très fort pour affronter le fascisme comme normalité, comme codification, je dirais allègre, mondaine, socialement élue, du fond brutalement égoïste d’une société. » (P.P. Pasolini)

Notes

1  Voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=4kJ4ojtHJ4M

2  Voir l’article d’Alice Carré et celui de Caroline Chatelet sur le site de la revue Agôn.

3  Les représentations de Golgota Picnic ont même été annulées en Pologne au mois de juin 2014 sous la pression des extrémistes catholiques qui menaçaient de mettre le feu au centre culturel de Zamek. En France, en 2011, des catholiques intégristes et de militants de diverses mouvances d’extrême droite avaient manifesté pour empêcher que le spectacle ait lieu.

4  En 2011, lors de sa programmation au Théâtre de la Ville, la pièce Sur le concept du visage du fils de Dieu avait fait l’objet de menaces et d’importantes manifestations des catholiques extremistes et de militants de l’extrême droite.

5  Programmé dans le cadre « d’Ecole et Cinéma » , le film Tomboy (2011) de Céline Sciamma est devenu la cible d’attaques des intégristes catholiques et autres pourfendeurs de la théorie du genre (tout aussi inexistante que le Vrai public, est-il besoin de le rappeler) qui ont même été jusqu’à tenter d’en empêcher la diffusion sur la chaîne Arte.

6  C’est au court-métrage « Ce n’est pas un film de cowboy » que s’en prennent d’autres militants d’un conservatisme politique et social en se mobilisant contre sa programmation dans le cadre d’un festival du film de l’éducation en pays de Loire en novembre 2014.

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 15:10

par Olivier Doubre, pour Politis n° 1302 du 8 au 14 mai 2014.

 

Dans leur nouvel ouvrage, Pierre Dardot et Christian Laval montrent que le concept de «  Commun  » ou de biens communs peut fonder une alternative démocratique au système néolibéral.

Avec cet « essai sur la révolution au XXIe siècle », Pierre Dardot et Christian Laval mettent en exergue la force et la richesse de la revendication du ou des « commun(s) », synthèse entre anticapitalisme, écologie politique et forme démocratique d’un « autogouvernement collectif » en vue d’une société nouvelle. (...)

-> La suite sur http://www.politis.fr/Le-commun-une-idee-neuve-de,26905.html ou en achetant Politis, où vous trouverez aussi « Le socle d’une nouvelle gauche ? » entretien avec les 2 auteurs. De l’un d’eux, un autre article autour du même "Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle".

Aujourd’hui, le commun est une « idée neuve »

Par Pierre Dardot, philosophe ; l'Humanité 22/02/13

 « Appropriation sociale » : la formule est moins le nom d’une solution que celui d’un problème. Que fait-elle entendre ? Le verbe « approprier » peut signifier deux choses. Tout d’abord, on peut approprier une chose à une certaine fin, par exemple approprier une terre à la satisfaction de certains besoins sociaux par sa mise en culture. Mais, selon un autre sens, on dira qu’il s’agit de s’approprier quelque chose, c’est-à-dire de faire de quelque chose sa propriété ou sa possession, soit que cette chose soit la propriété d’un ou de plusieurs autres, soit que, n’étant la propriété de personne, elle soit vacante et disponible. Dans les deux sens, le terme renvoie au « propre » (du latin proprius), mais de deux manières différentes : d’une part, le fait d’être propre à quelque chose (rapport de finalité ou de convenance entre une chose et une ou plusieurs personnes), d’autre part, le fait d’être le propre d’une ou de plusieurs personnes (rapport d’appartenance liant une chose à une ou plusieurs personnes). Bien entendu, les deux sens peuvent être conjugués. On fera ainsi valoir que la forme de l’appartenance décide en dernière analyse de l’accomplissement de la fin. Par exemple, seule l’appartenance de la terre à un collectif de paysans permettrait d’approprier celle-ci à sa destination, alors que son appropriation privée la détournerait de cette même destination. Quel sens y a-t-il à qualifier l’appropriation de « sociale » ? L’adjectif désigne le caractère même de l’acte d’appropriation dans sa relation à son bénéficiaire: l’appropriation est « sociale » ou « collective » en ce qu’elle permet d’approprier quelque chose à sa destination sociale et d’en faire bénéficier la société.

Qui ne voit cependant que la formule ainsi comprise est susceptible de recouvrir des pratiques extrêmement diverses? On pourra l’utiliser pour désigner la constitution par les salariés d’une coopérative de production à la suite de l’abandon d’une entreprise par son patron (changement de statut juridique). Mais on pourra tout aussi bien recourir à elle pour nommer la réalisation dans des pratiques sociales d’un titre de propriété qui était resté jusque là purement juridique (propriété étatique ou publique), soit l’exercice effectif par les travailleurs d’un pouvoir jusqu’alors confisqué par une administration publique rompue aux techniques managériales. A la limite, on pourra aller jusqu’à faire signifier à la formule toute extension du pouvoir des salariés dans les entreprises, quelle que soit leur régime de propriété, en estimant que toute entreprise a pour vocation de servir la société. Des formes très différentes sont ainsi ramenées à la question de la propriété des moyens de production : qu’il s’agisse de changer la forme de propriété, de donner un contenu social à une forme de propriété encore vide, ou de conquérir de nouveaux pouvoirs visant à transformer de l’intérieur une forme de propriété donnée, on pense toujours en termes de passage du « formel » au « réel », c’est-à-dire de réalisation de la propriété sociale.

Or on peut justement se demander si la réaffirmation sous un nouveau nom de la primauté de la question de la propriété sociale ne passe pas à côté de l’essentiel. La question vaut en effet d’être posée à la lumière tant du nouveau rôle de l’Etat comme partenaire des grandes entreprises privées que des nouvelles normes internationales (les « droits de propriété intellectuelle »). L’expérience menée par la municipalité de Naples pour inscrire dans le droit la reconnaissance de l’eau comme « bien commun » comme celle de la lutte contre la « biopiraterie » pratiquée par les multinationales de l’agrochimie sur les ressources naturelles (en particulier les semences) nous instruisent sur la voie à suivre: il ne s’agit pas d’opposer une bonne appropriation à une mauvaise appropriation (par exemple de bons brevets aux mauvais brevets), mais d’opposer à toute appropriation la préservation d’un « bien commun » par un acte instituant. Car rien n’est commun par nature, par vocation ou par destination, seules en décident des pratiques collectives. Ce qui importe, c’est donc la co-coproduction de règles de droit ici et maintenant, c’est-à-dire l’institution d’un droit du commun dans et par des pratiques.

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 14:14

Capture d'écran du film documentaire «Global Gachis».

Capture d'écran du film documentaire «Global Gachis». (DR)

Dix films sont visibles gratuitement en ligne jusqu'au 30 avril. Ils traitent de thèmes tels que la biodiversité, l'agriculture, la consommation de viande, l'accès à l'eau, la pollution ou encore l'économie verte et l'énergie.

Une famille américaine qui se sèvre de produits chimiques, le monde de la viande «comme vous ne l’avez jamais vu» ou encore la sècheresse dans le sud de l’Ethiopie : 10 documentaires sont en compétition dans le cadre du premier festival online du film écologique. Pour cette deuxième édition, les documentaires sont proposés gratuitement en streaming jusqu’au 30 avril, sur le site du green up film festival, créé par une association belge Wake up!.

L’idée est de sensibiliser le public aux problématiques écologiques en invitant les internautes à voter pour l’un des dix films en compétition sur les thèmes de la biodiversité, l’alimentation et l’agriculture, la pollution, l’eau, l’économie verte et l’énergie.

New-York, la révolution verte raconte la ville de demain, Secret des champs décrypte la manière dont les plantes cultivées cohabitent avec les être vivants, LoveMEATender s’interroge sur le coût réel de notre consommation de viande, et Global Gâchis se penche sur le tiers de la production mondiale de nourriture gâchée quand un milliard d’êtres humains ne mangent pas à leur faim.

E-Wasteland porte le regard sur les 50 millions de tonnes de e-déchets générés par an, et qui finissent dans les pays du Sud, et Chemerical suit une famille américaine qui apprend à se passer des produits chimiques pour l’entretien et les cosmétiques.

Le Puit narre la vie des éleveurs Borana à l’arrivée de la saison sèche dans le sud de l’Ethiopie, Nôgô l’insalubrité, la vie quotidienne dans un quartier de Bamako avec le difficile accès à l’eau, Ensemble plonge dans la vie de quatre coopératives en Europe, une autre réponse à la crise, et enfin De plein fouet, le climat vu au Sud témoigne des effets du réchauffement déjà ressentis.

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 16:46

Le nouveau cinéma "parisien" mais proche ;-)

ouvre ses portes demain soir, à la Porte des Lilas !

Voici un tableau intéressant de cette initiative culturelle.

La dynastie Henochsberg,

le cinéma en famille

LE MONDE | 20.10.2012 Par Clarisse Fabre

 

Question : pourquoi les sièges sont-ils numérotés au Saint-Germain-des-Prés, salle parisienne mythique où les cinéastes de la Nouvelle Vague  aimaient par-dessus tout sortir  leurs films ?

 

 

La-dynastie-Henochsberg--le-cinema-en-famille.jpg

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