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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 12:09

Les écologistes regardent avec inquiétude des résultats du premier tour de l’élection présidentielle. Le score du Front national, en hausse par rapport à 2012, et l’apparence “banale” de sa présence au second tour, marque un tournant dans l’histoire politique du pays. Nous appelons l’ensemble des électrices et des électeurs à faire barrage au Front national.

Nous félicitons Benoît Hamon pour sa campagne et sa ténacité. Dans un contexte délétère et malgré l’acharnement des soutiens du gouvernement sortant à détruire ses chances de réussites, le candidat a mis en avant un projet novateur, courageux et profondément écologiste. Si les résultats ne sont pas à la hauteur de l’urgence à changer de modèle de société, son discours a permis de mettre au cœur de cette campagne des questions essentielles pour l’avenir des Françaises et des Français.

La politique libérale et anti-écologiste prônée par Emmanuel Macron ne constitue pas, aux yeux des écologistes, une solution aux crises sociale, démocratique et écologique que traverse notre pays. Pour autant, face au national-populisme incarné par le FN et sa candidate, nous en appelons à un sursaut démocratique. La réalité de la gestion politique du FN, telle qu’elle se développe dans les villes dirigées par le parti comme Hénin-Beaumont, renforce notre détermination à lui faire barrage. Si le programme d’Emmanuel Macron peut être combattu démocratiquement au Parlement et être battu dans les urnes dans un futur proche, le risque de dérive autocratique du pouvoir par le FN apparaît aujourd’hui comme un danger autrement supérieur.

En faisant barrage aujourd’hui au Front national, nous nous engageons à continuer notre combat pour une société plus juste et plus écologique tout au long du quinquennat contre le risque de libéralisation de la société et d’augmentation des inégalités sociales, économiques et environnementales que représente le programme d’Emmanuel Macron.

Ce combat ne sera pas seulement le nôtre et nous continuerons à œuvrer à ce rassemblement des progressistes et des écologistes autour d’un projet de société sorti du dogme de la croissance que nous avons initié au cours de cette présidentielle. Les campagnes de Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ont montré que l’écologie était au cœur du projet du camp progressiste.

Communiqué de Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole nationaux d’Europe Écologie Les Verts le 23 avril 2017.

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 09:12

De droite ou de gauche, chacun pronostique le retour de la croissance. Par Jérôme Gleizes le 19 avril 2017.

De gauche ou de droite, les candidats affichent de nombreuses contradictions dans leur programme économique, notamment entre l’analyse de la crise et les solutions, et donc leur action conjoncturelle ou structurelle. Les journalistes économiques résument (naïvement) la question à une articulation entre politiques d’offre et de demande. Du côté de la droite, de Fillon à Macron, on réhabilite la loi des débouchés de Say : « L’offre crée sa propre demande. » Il suffirait de produire pour que cette production s’échange sur les marchés, quitte à diminuer les prix de vente. Pour les défenseurs de cette thèse, il s’agit de baisser le coût du travail, notamment les « charges » sociales, pour améliorer la compétitivité des entreprises. Keynes avait en son temps montré l’inanité de cette formule. Les candidats droitiers feraient mieux d’étudier le premier postulat classique de la causalité entre productivité et salaire, que Keynes considérait comme juste. Ils comprendraient pourquoi un ouvrier coréen est mieux payé que son homologue français ! Mieux un ouvrier est formé, plus il fabrique des produits compétitifs et meilleur est son salaire. Le téléphone Samsung Galaxy permet davantage de rémunérer correctement un ouvrier qu’une voiture Logan. Il vaut mieux défendre la compétitivité qualité que prix.

Du côté de la gauche, de Hamon à Mélenchon, la question écologique est intégrée, et l’idée de retrouver la croissance des Trente Glorieuses est écartée. Toutefois, dans le chiffrage de leur cadrage macroéconomique, chacun des candidats envisage des taux de croissance élevés. Leur programme serait plus efficace et leur relance meilleure grâce à un multiplicateur keynésien. Un euro dépensé générerait plus d’un euro de revenu. On loue la politique du carnet de commandes et on se réjouit des taux de croissance donnés par les modèles économétriques. Ces taux nominaux (en incluant l’inflation) dépassent les 4 %, du jamais vu depuis quinze ans en France ! C’est oublier aussi bien la « contrainte de Kaya », qui nécessite une déconnexion entre croissance économique et émission des gaz à effet de serre, que la critique structurelle du modèle de production/consommation [1].

Si une croissance temporaire est possible, comme en 2010-2011, elle reste illusoire. Résoudre la crise écologique nécessite de changer de modèle économique et donc de modifier les paramètres des modèles économétriques qui prédisent des taux de croissance élevés. Il faut sortir de ce syllogisme fallacieux : « Ma politique est meilleure car elle permet le meilleur taux de croissance. » Une politique structurelle, celle qui modifie notre mode de production, doit rester la priorité, car elle seule permet une compatibilité entre la production et la survie de l’humanité. De droite ou de gauche, chacun pronostique le retour de la croissance grâce à sa politique qui permet mécaniquement de baisser le taux d’endettement de la France et de respecter les critères de Maastricht. Il est difficile d’être un économiste écologiste ! Si Mélenchon et Hamon ont compris l’enjeu de l’Anthropocène, il leur manque la cohérence d’une société post-croissance.

[1] Voir notre analyse de la crise, avec Yann Moulier-Boutang, « Une lecture écologiste de la crise, la première crise socio-écologique du capitalisme », Ecorev’ n° 32, mai 2009.

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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 18:33

Sept candidats sur onze se sont prononcés sur l’interdiction des cages, de la corrida, du gavage ou encore de l’expérimentation animale. Le sujet reste toutefois marginal dans les discours et les meetings. Par Audrey Garric le 17 avril 2017 pour Le Monde.

Lira aussi Les défenseurs des animaux lancent un Manifeste pour peser dans le débat présidentiel, L'avis des bêtes  et Pour un secrétariat d'État à la condition animale.

L’interdiction de la corrida fait partie des sujets que 26 ONG  veulent installer dans le débat politique. ANDER GILLENEA / AFP

L’interdiction de la corrida fait partie des sujets que 26 ONG veulent installer dans le débat politique. ANDER GILLENEA / AFP

Pour la première fois, la condition animale s’invite dans une élection présidentielle. Jadis marginalisée ou moquée, elle s’est aujourd’hui imposée comme un sujet légitime pour les candidats à la fonction suprême. Les prétendants l’ont bien senti : l’attente des électeurs est forte, alors que se succèdent les scandales de maltraitance dans des abattoirs et que foisonnent les livres d’intellectuels en faveur d’une société plus respectueuse des droits des animaux.

A six jours du premier tour, sept candidats sur onze ont répondu au manifeste AnimalPolitique, lancé par une coalition – inédite – de vingt-six ONG qui souhaitent inscrire cette cause dans le débat politique. Les associations (L214, la Fondation Brigitte Bardot, etc.) leur demandaient de s’engager sur trente propositions, qui vont de l’interdiction des cages, de la castration à vif ou du gavage des animaux d’élevage jusqu’à l’obligation de les étourdir avant l’abattage en passant par la lutte contre l’expérimentation animale.

Benoît Hamon (Parti socialiste) est le plus en pointe sur le sujet : il s’est prononcé pour 29 des 30 mesures, bottant en touche sur l’interdiction de la corrida et des combats de coqs. Il devance Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), qui soutiennent 26 propositions, Philippe Poutou (Nouveau Parti anticapitaliste) 23, Jacques Cheminade (Solidarité et progrès) 22, Marine Le Pen (Front national) 20 et Emmanuel Macron (En marche !) 18.

Les candidats sont notés

François Fillon (Les Républicains) et Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) ont chacun envoyé une lettre générale sur la condition animale, « des textes qui ne sont pas exploitables car ils ne se positionnent pas sur des mesures précises », indique Lucille Peget, la coordinatrice du projet AnimalPolitique. Jean Lassalle (Résistons !) et François Asselineau (Union populaire républicaine) n’ont, quant à eux, pas répondu.

« Cette mobilisation est exceptionnelle, s’enthousiasme Lucille Peget. C’est la première fois qu’il y a de telles prises de position sur la condition animale lors d’une élection, d’autant plus sur des questions pointues. Alors qu’il y a quelques années encore, cette thématique n’avait ni crédibilité ni visibilité, elle est aujourd’hui omniprésente dans le débat public. »

Dans un sondage IFOP pour la coalition d’ONG, publié en mars, 39 % des personnes interrogées affirment que les propositions des candidats en matière de protection animale pourraient influencer leur bulletin de vote le 23 avril, soit un bond de 10 points par rapport à l’élection présidentielle de 2012. En outre, 72 % d’entre eux souhaitent que les compétiteurs s’engagent sur des mesures concrètes en la matière.

« Les lobbys restent très puissants »

« Nous constatons que relativement peu de sujets font consensus parmi les sept candidats, du moins dans les thèmes majeurs, note toutefois Lucille Peget. Les sujets les plus délicats, qui n’ont pas emporté d’adhésion, sont l’interdiction du gavage et des corridas, la fin de l’utilisation des animaux dans les cirques et la réforme de la chasse, sans doute parce que les lobbys restent très puissants. »

A l’inverse, tous les prétendants se sont dits favorables à plusieurs mesures moins conflictuelles : interdire la capture des animaux sauvages dans leur milieu naturel à des fins de divertissement, lancer un plan national pour trouver des méthodes de remplacement à l’expérimentation animale ou encore améliorer l’insécurité liée à la chasse pour permettre la coexistence de toutes les activités de pleine nature.

Philippe Poutou est le seul candidat à avoir également répondu au programme Veggie 2017, présenté par l’Association végétarienne de France en faveur d’une « alimentation plus éthique et plus écologique ». Il a validé 7 des 10 mesures proposées par l’ONG, telles que l’instauration d’un menu végétarien alternatif dans les cantines, l’interdiction des lobbies de la viande et du lait dans les écoles ou la mise en place d’une politique agricole de transition vers un modèle plus végétal.

« C’est aussi une manière pour les candidats de récupérer facilement des voix. Pour beaucoup d’entre eux, cela ne coûte rien de rajouter quelques phrases dans leurs programmes à ce sujet », analyse Daniel Boy, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences Po

Pour la première fois, en outre, le bien-être animal apparaît dans certains programmes. Jean-Luc Mélenchon souhaite végétaliser l’alimentation et redéfinir les normes d’élevage, tandis que Benoît Hamon promet un plan contre la maltraitance des animaux et Marine Le Pen veut faire de leur protection une priorité nationale, quand bien même il ne s’agit que de sa 137proposition (sur 144). « C’est une belle évolution comparé à 2012, qui marque une nouvelle phase. Mais ce n’est pas suffisant et l’on veillera à ce que ces promesses ne restent pas vaines », assure Samuel Airaud, chargé pour L214 de l’observatoire Politique & animaux.

Le site note, au moyen d’un algorithme, les partis et les personnalités politiques selon leurs actes, déclarations ou propositions pour ou contre les animaux. Jean-Luc Mélenchon caracole en tête avec 15,7/20, devant Benoît Hamon (14,7) et Philippe Poutou (14,4). Marine Le Pen décroche 10,9/20, tandis qu’Emmanuel Macron n’obtient pas la moyenne (7,1) et François Fillon finit bon dernier (4,1). Reste que dans les débats et les meetings, le sujet est éclipsé et ne parvient pas à rivaliser avec le chômage, la sécurité ou les déficits publics. La cause animale, aussi légitime qu’elle soit devenue, reste marginale.

« C’est aussi une manière pour les candidats de récupérer facilement des voix. Pour beaucoup d’entre eux, cela ne coûte rien de rajouter quelques phrases dans leurs programmes à ce sujet. Mais dans les discours, lorsqu’il faut faire des choix, les animaux passent à la trappe », analyse Daniel Boy, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof).

Création du Parti animaliste

Le FN, en particulier, « instrumentalise ouvertement le bien-être animal à des fins électoralistes », dénonce l’eurodéputé écologiste Pascal Durand, dans une tribune publiée dans Libération. Par leurs votes devant le Parlement européen – contre la fin des cages pour les lapins ou la limitation de la durée de transport des animaux –, « les eurodéputés frontistes soutiennent les grands groupes agroalimentaires qui ne pensent “animal” que par le prisme de l’exploitation et du profit », juge-t-il.

Pour porter cette cause, certains défenseurs des animaux se sont alors lancés eux-mêmes dans le combat politique, en créant, en novembre un Parti animaliste, à l’image de ceux qui existent dans plusieurs pays européens, notamment aux Pays-Bas. « Nous voulons identifier un électorat pour lequel la question animale est une priorité, de manière à amener les autres partis à s’en emparer plus largement », explique l’une des coprésidentes, Hélène Thouy, avocate au barreau de Bordeaux.

Le parti, qui veut notamment abolir les « pratiques génératrices de souffrance », créer un ministère de la protection animale et adosser à la Constitution française une charte de la protection animale, revendique un millier d’adhérents. Totalement indépendant d’un point de vue financier, il a d’ores et déjà investi 80 candidats aux législatives, et en vise une centaine, tous issus de la société civile.

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 09:02

La retraite par compte notionnel, gâteau empoisonné macronien. Par Jean-Marie Harribey, membre du conseil scientifique d’Attac, le 12 avril 2017 pour Politis à lire sur www.politis.fr . Lire aussi Halte à la décroissance sociale !.

Les mauvais comptes de la retraite selon Macron

Le jeune Macron s’occupe des futurs vieux. Il leur promet un avenir radieux, car universel et égalitaire. Et simple à comprendre : « Un euro de cotisation donnera le même droit à pension pour tous. » Fini les interminables discussions sur l’âge de départ en retraite ou la durée de cotisation. Fini les différences entre régimes. Encore plus fort que la retraite par points, le compte « notionnel » résout tous les problèmes démographiques ou économiques de financement des retraites. Telle est la litanie d’inepties proférées par ceux qui veulent accomplir (enfin !) une réforme « structurelle » des retraites. (...)

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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 09:03

L’Europe : le thème, insuffisamment présent dans la campagne, constituait, disait-on, un clivage à gauche. En organisant le 17 mars 2017 un débat sur cette question entre Jacques Généreux, conseiller de Jean-Luc Mélenchon, et Thomas Piketty, conseiller de Benoît Hamon, Politis a souhaité non seulement pallier l’absence de toute discussion entre les deux candidats, mais comprendre leurs divergences sur ce sujet. A lire sur www.politis.fr.

Quelle Europe pour la gauche ?

Les deux économistes – qui ont immédiatement accepté l’invitation, qu’ils en soient à nouveau remerciés – ont eu des échanges cordiaux, nourris, toujours passionnants sur tous les sujets cruciaux. Jacques Généreux et Thomas Piketty partagent le même constat sur l’état de déliquescence de l’Union européenne, et l’urgence à y remédier.

Plus frappant encore : les solutions qu’ils ont avancées quant à la nécessaire démocratisation ou à l’instauration indispensable d’harmonisations sociale et fiscale, y compris dans la méthode à suivre, n’attestent pas d’un fossé infranchissable, comme le montrent les larges extraits ci-dessous. Ces vues convergentes ne peuvent que donner des regrets face à une désunion mortifère. Vidéo intégrale du débat sur https://www.politis.fr/articles/2017/03/video-jacques-genereux-et-thomas-piketty-debattent-de-leurope-36523/.

Pendant deux heures d’un échange courtois et amical, Jacques Généreux, conseiller de Jean-Luc Mélenchon, et Thomas Piketty, qui épaule Benoît Hamon sur les questions européennes, n’ont montré aucun désaccord fondamental (1). Leurs priorités sont différentes. Le premier juge que l’urgence est de prendre à contre-pied les politiques économiques « imbéciles » imposées par les traités européens. L’action unilatérale de la France devra servir d’électrochoc à une renégociation des fondements de l’Union européenne, qui, estime Jacques Généreux, « est morte en 2015 sur la gestion de la crise grecque ».

Thomas Piketty insiste quant à lui sur son projet, précis et mûrement réfléchi, de « traité de démocratisation de la zone euro », qui doit instaurer une assemblée en charge de l’harmonisation fiscale et sociale, et tordre le cou aux « guerres économiques » et au « petit jeu de l’évasion fiscale ».

Sur plusieurs points cruciaux, l’un et l’autre prennent de la distance avec le candidat qu’ils accompagnent et le programme qu’ils défendent. Si bien que, hormis une différence stratégique, les deux économistes ont affiché un accord quasi unanime sur le fond. (...)

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 10:07
Emmanuel Macron, l’économie en marche arrière

Notes par Dany Lang et Henri Sterdyniak le 7 Mars 2017.

Après plusieurs mois de suspense, Emmanuel Macron vient de présenter son programme. Le programme économique est hélas sans surprise. Comme l’avait annoncé Jean Pisani-Ferry, ce n’est pas un programme socialiste, c’est-à-dire un programme qui voudrait donner plus de pouvoir aux citoyens dans la cité et aux travailleurs dans l’entreprise ; ce n’est pas non plus un programme écologiste qui prendrait la mesure des efforts à réaliser pour la transition écologique. C’est un programme néo-libéral, « progressiste » uniquement pour ceux qui pensent que le progrès consiste à imposer à la France d’aller vers le modèle libéral.

Ce n’est donc pas non plus un programme de rupture, puisqu’il s’inscrit dans la continuité de la politique menée par François Hollande et Manuel Valls, des 40 milliards de réduction d’impôts sans contrepartie pour les entreprises à la loi Travail. Ce programme nous propose d’accepter les demandes du grand patronat, en espérant que celui-ci daigne investir et embaucher en France.

Ainsi, les classes dirigeantes auront-elles le choix entre deux stratégies lors de ces élections. D’une part, la stratégie forte avec François Fillon, consistant en un choc brutal de destruction du droit du travail, de baisses des dépenses publiques et sociales, de réduction d’impôts pour les plus riches et les entreprises. De l’autre, la stratégie plus gradualiste d’Emmanuel Macron, les mêmes mesures étant prises plus progressivement, mais, in fine, dans la même direction.

 Dans le premier cas, il s’agit de mobiliser le petit patronat, les indépendants avec le Medef contre l’État social et les acquis sociaux (en faisant oublier la responsabilité de la mondialisation et de la financiarisation dans leurs difficultés) ; dans le second, on fait miroiter une société dynamique, libérée, d’initiative individuelle, d’enrichissement personnel, en s’appuyant sur les classes montantes d’entrepreneurs ou d’actifs indépendants. Mais sur le fond, les projets sont proches.

À travers Macron, l’élection présidentielle est l’occasion pour la technocratie de Bercy de faire passer ses réformes miracles comme la baisse des retraites et des prestations chômage, comme la réduction de l’autonomie des collectivités locales, comme les organismes paritaires. Macron est le porte-parole rêvé de cette technocratie étroitement liée aux milieux financiers qui rêve de voir appliquer ces idées rétrogrades sous des apparences civilisées.

Pour lire cette note dans son intégralité, téléchargez le PDF Notes Macron.

 

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 12:07

Fort de mon expérience de négociation pour les Verts puis EELV de 2007, 2012 et 2017, quelques remarques sur la situation politique actuelle. Par Jérôme Gleizes, conseiller EELV de Paris, sur son blog le 7 mars 2017. Nous adhérons à son analyse, et sa conclusion renvoie exactement à la proposition de la Fondation Nicolas Hulot, sur ce blog : Osons le big bang démocratique.

Jamais depuis 1997, la gauche et les écologistes n’avaient eu la possibilité d’accéder au pouvoir pour mettre en place une politique qui répondent à la hauteur des crises. Pourtant après le retrait de Yannick Jadot au bénéfice de Benoît Hamon, aucun candidat de gauche n’est en capacité à l’heure actuelle de se qualifier pour le deuxième tour de la présidentielle.

Une convergence idéologique historique

Si la victoire 1997 avait été la suite logique du mouvement social de 1995 contre la réforme Juppé sur les retraites, 2017 est surtout la convergence des analyses au sein des différentes familles de la gauche sur la nature de la crise. Que cela soit Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et bien sûr Yannick Jadot, pour la première fois, il y a une conscience commune qu’il doit y avoir une rupture avec le mode de production productiviste. L’approche diffère entre les familles mais le constat est le même. Jean-Luc Mélenchon a pu imposer cette analyse au sein du Front du Gauche, notamment vis-à-vis du PCF, plus productiviste et pro-nucléaire. Il insiste plus sur l’analyse matérialiste de l’entrée de l’Humanité dans l’ère de l’Anthropocène, sur l’incompatibilité entre le capitalisme et l’accumulation infinie du capital, du fait de la raréfaction des ressources naturelles non renouvelables. Benoît Hamon a pu s’imposer face au social-libéralisme du PS, porté par Manuel Valls et les différents gouvernements de François Hollande, mais surtout Arnaud Montebourg, qui n’a toujours pas intégré les limites de la planète. Sa vision est plus centrée sur la santé environnementale et sur les conséquences des crises écologiques sur la vie quotidienne, la dégradation de la santé, due aux perturbateurs endocriniens, la malbouffe. Les analyses ne sont pas identiques mais convergentes. Elles varient selon les cultures politiques. Par exemple, le programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon se base sur un niveau de croissance élevée et n’aborde pas le problème du découplage entre croissance du PIB et celle de la consommation des ressources et d’énergie. Benoît Hamon parle de sortie du nucléaire mais désire terminer l’EPR pour amortir les investissements déjà engagés. Les écologistes de manière générale négligent les questions syndicales et institutionnelles comme par exemple sur comment sortir du nucléaire. Cette convergence idéologique est une condition nécessaire d’une réussite politique.

Une critique partagée de l’échec de la mandature de François Hollande

Le bilan désastreux de la mandature de François Hollande l’a empêché de se représenter. La gauche a perdu toutes les élections depuis 2012. La victoire à la primaire de Benoît Hamon devant Manuel Valls confirme cette rupture. La non-tenue de la parole du candidat a provoqué un énorme désarroi parmi le peuple de gauche. N’oublions pas qu’en 2012 tous les candidats de LO à EELV avaient appelé à battre Nicolas Sarkozy pour la première fois de l’histoire de la Cinquième République. Les frondeurs ne sont jamais allés jusqu’au bout de leur logique comme EELV l’a fait, mais ils se trouvent dans la situation paradoxale de gagner contre leur parti. Le groupe parlementaire écologiste a implosé sur la divergence d’analyse de la politique Hollande entre les tenants du « There Is Not Alternative » et ceux qui pensent que l’urgence de la crise nécessite de rompre avec les anciennes politiques qui échouent toutes. Ce constat commun bute aujourd’hui sur l’absence de confiance partagée dans la capacité et les moyens de rompre. En 2000, la gauche du PS qui comprenait encore Jean-Luc Mélenchon n’était pourtant pas encore en capacité de gagner au sein du PS, et n’a pas pu empêcher les dérives sociales-libérales du gouvernement Jospin. Il a fallu en 2005 qu’il y ait le vote sur le Traité établissant une Constitution pour l’Europe pour qu’elle bouge et encore partiellement avec le seul départ de Jean-Luc Mélenchon. La ratification du Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance a été un des moments importants de la rupture au sein de la majorité Hollande en 2012. Il institutionnalise les politiques d’austérité, aujourd’hui pourtant critiquées par le FMI alors que le candidat Hollande avait promis une renégociation. Le non-soutien à la Grèce a montré la soumission de la France au dogme budgétaire alors qu’elle aurait pu construire une coalition politique pour lutter contre cette dérive qui participe à l’implosion de l’Europe.

Emmanuel Macron, le trouble-fête

L’ancien ministre des finances a saisi la confusion de la situation politique actuelle de la France pour tenter sa chance. Bien que responsable principale de la politique menée par François Hollande, il tente d’apparaître comme le tenant de la synthèse des idées de droite et de gauche. C’est une imposture, car son programme économique n’est que la continuation de ceux de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, qui sont eux-mêmes commandés par les préconisations de la Commission européenne. Il utilise toutes les ficelles de la communication politique pour faire croire que l’ancien est du nouveau. Pour cela, il s’appuie sur la crise interne au Parti socialiste et chez les Républicains avec le FillonGate. Au-delà de la question de l’éventuelle trahison d’Emmanuel Macron vis-à-vis de François Hollande, il est le continuateur de la politique sociale-libérale qu’il défend depuis le rapport Attali de 2008. Il est logique et même cohérent que des socialistes comme Christophe Caresche ou des écologistes comme François de Rugy le rejoignent. Le « sérieux budgétaire » est leur ligne directrice que nous retrouvons aussi chez des personnalités de droite comme François Bayrou. Il profite de la logique tribunitienne la Cinquième République pour tenter de s’imposer, mais il butera sur sa capacité à constituer une majorité parlementaire derrière lui. Cette contradiction porte en elle la fin de la Cinquième République, avec un FN en embuscade.

Emmanuel Macron par sa continuité idéologique avec les derniers présidents, Nicolas Sarkozy et François Hollande, n’est pas un barrage au FN, car il ne fait que retarder sa progression qui pour être stoppé, nécessite une politique alternative.

Le danger François Fillon …

Le candidat des Républicains a défendu lors des primaires le programme le plus dangereux. Au-delà du programme néolibéral classique de la droite, il porte le projet le plus réactionnaire sur les questions sociétales avec le soutien du mouvement « Sens commun ». Il défend une réorientation de la politique internationale vers la Russie et le soutien aux dictateurs comme Bachar el-Assad. Cela est peu surprenant quand on regarde sa garde rapprochée, regroupant de nombreuses personnes venant de l’extrême-droite : Gérard Longuet, Hervé Novelli, Anne Méaux. Mais aujourd’hui, l’accusation de parjure selon les mots propres de certains élus déstabilise la droite républicaine. L’écart entre l’éthique défendu lors de la primaire et la réalité du comportement de François Fillon, la connaissance du salaire de Pénélope Fillon pour un travail simple que ne perçoivent pas plus de 90% de la population française, la violence des propos contre la justice et les journalistes, le sentiment d’impunité, ouvrent une nouvelle étape dans la légitimation du FN. Elles flouent encore plus la frontière entre l’extrême-droite et la droite. Quelle que soit la finalité de cette situation, son retrait ou son maintien, le mal est fait.

renforce le FN

Jamais le FN et aucun parti d’extrême-droite n’ont été si haut électoralement en France. Les mouvements d’extrême-droite progressent partout en Europe. Ils sont aux portes de la conquête du pouvoir et la France est le point faible alors qu’au siècle dernier, c’était l’Allemagne. La politique poussée par la Commission européenne aggrave la paupérisation de l’Europe. Le Conseil européen ne s’y oppose pas et s’abrite derrière les institutions européennes pour cacher la responsabilité des gouvernements des États nations européens. Tout cela alimente la défiance vis-à-vis de l’Europe alors que l’Union européenne est née pour éviter le retour de la guerre en Europe. Le parlement européen n’a pas assez de pouvoir pour s’y opposer et quand il peut, il ne le fait pas comme pour le vote du CETA. Cette défiance est le premier moteur de la progression de l’extrême-droite ou de la droite autoritaire mais en France, elle a ses propres moteurs. Son ancienneté et sa conquête de villes lui ont permis de conquérir des territoires sur lesquels son poids électoral est difficile à contester. L’impuissance des différents gouvernements à répondre aux attentes des françaises et des français ont flouté la différence entre la droite et la gauche, laissant planer la possibilité d’une troisième voie portée par l’extrême-droite. Pour le moment, la barrière n’a pas cédé mais l’attitude de François Fillon renforce le FN. Elle alimente un moteur propre à la France avec la défiance vis-à-vis des élus et du sentiment d’impunité de certains d’entre eux (Cahuzac, DSK, Balkany...). Le « tous pourri » participe à la déliquescence de la Cinquième république. Le FN pourrait profiter de l’implosion du PS et des Républicains, de l’Objet Politique Non Identifié Macron, pour élire un groupe parlementaire à la prochaine Assemblée nationales grâce à des triangulaires. L’ingouvernementalité du prochain parlement est possible avec plusieurs groupes sans majorité absolue : FN, Gauche, Droite, Macron.

Mais le FN reste un danger. Personne ne peut savoir quelles seraient les conséquences d’une victoire, mais son programme porte les germes d’une cristallisation des conflits. L’immigré reste toujours le bouc émissaire et l’autre un danger qui pousse au repli national. Ses alliés internationaux seraient les États autoritaires comme la Russie, la Hongrie ou la Syrie. Sa politique européenne amplifierait l’implosion de l’Union européenne, après le Brexit. La priorité au réarmement de la France comme politique de relance rappelle des temps obscurs. La croyance d’une guerre de civilisation entre l’Occident chrétien et l’Orient musulman invente un récit millénariste dangereux. Hormis la priorité à l’austérité, François Fillon partage des points communs inquiétants avec ces analyses qui crédibilise le FN.

Une Cinquième république à bout de souffle …

Jamais depuis la création de la Cinquième république, les conditions historiques n’ont été réunies pour son dépassement, et le passage à la Sixième. Ce n’est pas tous les jours que cela arrive. La dernière fois c’était au moment de la guerre d’Algérie que le Général de Gaulle a fait le grand saut. Les règles constitutionnelles et le Président de la République ont perdu de leur pouvoir et de leur légitimité après les présidences Sarkozy et Hollande. Le parlement est devenu une chambre d’enregistrement des décisions gouvernementales. L’usage systématique du 49.3 pour la loi Travail, lié à l’incapacité de voter une motion de censure a permis à un gouvernement d’imposer un recul historique, celui de l’inversion de la hiérarchie des normes entre les accords d’entreprise et la loi alors qu’il ne disposait d’aucune majorité parlementaire et de l’opposition de la population. La multiplication des affaires liées à la politique jette l’opprobre sur l’ensemble de la classe politique. Par ailleurs, de nombreux pays viennent de par le monde de faire des processus constituants, Équateur, Tunisie, Islande. Pour la France, seuls Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot, défendent ce saut constitutionnel mais pour cela, il faut gagner l’élection présidentielle afin de pouvoir appliquer l’article 11 de la Constitution.

qui devrait être dépassée

Comment réaliser la possibilité d’une telle alliance politique ou plutôt saisir l’opportunité historique de celle-ci ? Comment transcender les égos dévastateurs qui la bloquent ? L’assurance de la défaite n’a pas permis de bouger les lignes ou plutôt chacun a la prétention de pouvoir prendre le dessus sur l’autre, et d’entrer dans le duel final. Seul Yannick Jadot en a pris le risque à ce jour mais le coût risque d’être hors de prix avec la première absence d’un candidat de l’écologie politique depuis 1974 si son alliance avec Benoît Hamon ne réalise pas un score correct. Pour permettre de transcender les égos, il faut maintenir la pression car rompre avec la Cinquième république implique de passer par le principal frein démocratique, le candidat à la présidence, qui est le seul qui peut utiliser l’article 11. Il faut donc lier les 3 candidats entre eux, comme l’ont fait Emmanuel Macron et François Bayrou. Il faut rappeler le risque de ne pas saisir une telle opportunité mais aussi montrer que le dépasser donne aussi la possibilité exceptionnelle d’entrer dans l’Histoire. Pour cela, il faut un accord sur un processus constituant rapide, au mieux dans les 6 mois. S’appliquer à soi les règles que l’on désire pour la prochaine constitution. Établir la confiance c’est ici lier ses destins dans un futur commun comme ont su le faire les forces de gauche et écologistes au Portugal.

Au-delà de l'égo, il y a des freins que nous devons analyser.

Un premier frein : la logique des partis de la Cinquième république

Si le président de la république a une place importante dans la constitution, il est adossé à un parti qui tend à se préserver et dont le financement est assuré essentiellement par le score réalisé aux élections législatives. Ce lien explique pourquoi il est difficile pour un-e député-e de s’opposer à la ligne de son parti et encore plus du président si on est dans la majorité. Ce lien élection présidentielle/législative n’a pas le même impact pour chaque force politique. Pour Jean-Luc Mélenchon, il ne veut pas commettre la même « erreur » qu’en 2012 en ne capitalisant pas le résultat de l’élection présidentielle à l’élection législative qui suit. Cette fois-ci le label « France insoumise » permettra de récupérer le financement public lié au nombre de voix obtenus. C’est une des explications des difficultés que trouvent les forces politiques soutenant Jean-Luc Mélenchon à trouver des accords locaux (PG, PCF, Ensemble !). Cette stratégie oblitère la possibilité (volonté) de gagner l’élection et de constituer des alliances victorieuses. Dépasser cette difficulté passe par une introduction de la proportionnelle dans les scrutins. Cette demande est dans tous les accords écolos/PS depuis 1997 et n’a jamais été respectée. Cela n’assure pas la confiance !

Pour EELV, ce qui perturbe les négociations, c’est le deuxième volet du financement public, celui lié au nombre de députés. S’assurer d’un bon accord électoral de désistements respectifs facilite la victoire dans des scrutins uninominaux à deux tours. En 2012, François Hollande avait dénoncé l’accord entre le PS et les Verts deux jours après sa signature et avait donné une première alerte négative sur sa volonté de changer de politique. 2017 est cependant différent dans la mesure où l’accord n’est pas entre deux partis mais entre deux candidats.

Pour Benoît Hamon, il a un difficile arbitrage à faire entre sa volonté de s’imposer par rapport à un parti qui lui est majoritairement défavorable et sa confiance sur la loyauté des futurs élu-e-s par son parti. C’est un pari risqué et le principal argument contre lui de Jean-Luc Mélenchon ! : « Myriam El Khomri va telle abroger la loi qu’elle a portée ? » D’ailleurs certains députés opposés à son programme n’hésitent pas à menacer d’être les futurs frondeurs ! Ce problème de confiance est au cœur de la défiance actuelle vis-à-vis des politiques : les idées portées lors des élections seront-elles mises en application, une fois élu ? Combien de candidats socialistes iront vers le candidat conforme à leur vision politique, Emmanuel Macron ou se tairont ? Le risque que prend Benoît Hamon est aussi très grand car en cas de défaite, il sera considéré comme responsable et le PS reprendra le dessus.

Le risque pris par Jean-Luc Mélenchon est plus faible à moins d’un effondrement électoral.

Aujourd’hui, les règles et la logique de la Cinquième république bloque son dépassement. Dépasser ce frein peut se faire par un changement de constitution en renforçant les pouvoirs parlementaires, l’importance des logiques de projets sur celles des partis, en assurant un financement plus équitable des partis….

Un deuxième frein : la stratégie européenne

La question européenne est souvent évoquée comme un point de blocage. Pourtant le constat est partagé et l'urgence de le dépasser est crucial. Les politiques d’austérité menées à l’échelle européenne sont désastreuses et expliquent la montée de l'extrême-droite et de la droite autoritaire. Elles produisent des inégalités alors qu’il faudrait faire une politique d’investissement pour assurer la transition écologique de l’Europe. Pour cela, il faut renégocier les traités budgétaires pour en finir avec la priorité à la rigueur, reprendre le contrôle de la politique monétaire et donc de la Banque Centrale Européenne, se donner les moyens d’une politique budgétaire européenne. C’est ce que tout le monde appelle le plan A. La divergence porte sur le plan B. Pour Jean-Luc Mélenchon, la menace d’un plan B (sortie de l’euro, voire de l’Union européenne) rend le plan A plus efficace, lequel reste la priorité. La divergence est en fait tactique comme l’a montré le cas de la Grèce avec la rupture au sein de Syriza. La menace d’une sortie de l’euro n’a pas suffi et n’était pas suffisamment préparée. Le principe de la menace crédible n’a de sens que s’il n’existe qu’un seul plan A alors qu’en fait, il existe de nombreuses variantes. De plus, faut-il annoncer le plan B à l’avance ou le préparer en secret et pourquoi ne pas prévoir un plan C avec l’introduction d’une monnaie complémentaire à l’Euro. L’histoire nous montre qu’il faut toujours s’adapter et que l’impossible n’existe pas. Qui se souvient du projet Bancor de Keynes à Bretton Woods ? De l’annulation de la dette allemande en 1953 ? Pourquoi ne pas détourner le principe de « quantitative easing » ou de la « monnaie hélicoptère » ? Ce frein n’est que relatif tant la vraie opposition est avec ceux qui ne veulent rien changer.

Nous ne changeons radicalement de modèle institutionnel que cela soit à l’échelle européenne ou nationale que dans des moments de crise exceptionnelle. La stratégie de l’implosion est toujours un aveu d’échec, car elle produit des replis sur soi. C’est pour cela que c’est-celle du FN, pas la nôtre. Elle ne peut être maniée qu’avec prudence, même si elle ne peut pas être définitivement écartée.

Faire de la politique, c’est souvent faire des paris sur le futur. Cela nécessite bien sûr d’éliminer les futurs les moins avantageux mais dans tous les cas, pour permettre les ruptures politiques, il faut rompre avec le présent. Une possibilité d’entrer dans l’Histoire existe, tentons-la.

Ainsi aujourd’hui pour éviter le pire, l’Écologie et le changement urgent de modèle, l’Europe et sa nécessaire relance, la France et son indispensable transformation constitutionnelle ne peuvent être un simple pari, mais doivent transcender toutes les options partisanes progressistes. Nous n’avons plus le temps de nous y opposer.

PS : L'article 11 est cité. C'est la proposition commune à tous celle et ceux qui désirent passer à la sixième république. Mais cela passe par le vote d'un Président de la République qui décide de saborder la constitution de la 5e République. C'est cela entrer dans l'Histoire. Mais c'est aussi un paradoxe : les candidats sont-ils capables de se transcender pour permettre ce dépassement constitutionnel.

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10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 09:29

Pour le directeur général du WWF France Pascal Canfin, notre modèle d’agro-industrie est en faillite. Un nouveau monde agricole existe déjà, il ne demande qu’à se déployer. Ce sera l’une des tâches du prochain président de la République. Publié le 3 mars 2017 dans Le Monde. Lire aussi : « Refonder un nouveau pacte agricole et alimentaire ».                                Et aussi Réduire les pesticides n’altère pas les rendements,                     Pour l’agriculture de demain, protégeons les sols européens,                   Pour un autre monde agricole et                                                                 L'agroécologie n'est pas que pour les bobos !

« L’agroécologie, l’agriculture autonome et économe ou encore la permaculture font partie des modèles qui permettront aux agriculteurs de sortir de leur dépendance aux intrants, qui les ruinent ». ZOLTAN VOROS/FLICKR/CC BY 2.0

« L’agroécologie, l’agriculture autonome et économe ou encore la permaculture font partie des modèles qui permettront aux agriculteurs de sortir de leur dépendance aux intrants, qui les ruinent ». ZOLTAN VOROS/FLICKR/CC BY 2.0

Notre agriculture est en faillite. Faillite économique : le secteur a perdu, entre 2000 et 2013, 30 % de ses emplois, exploitants et salariés ; hors subventions publiques de la Politique agricole commune (PAC), le revenu moyen des agriculteurs est de… 0 euro par an. Autrement dit, une fois avoir payé toutes ses charges et vendu ses produits, un agriculteur français dispose en moyenne d’un solde de revenu nul pour vivre, avant subventions publiques. L’agriculture industrielle est devenue un cauchemar économique pour ceux qui doivent en vivre.

Faillite humaine et sanitaire : l’utilisation intensive de pesticides explique la multiplication de certaines maladies chez les agriculteurs. L’État et la Mutualité sociale agricole reconnaissent déjà, par exemple, le lien entre la maladie de Parkinson et l’utilisation des pesticides. Et il y a fort à parier, malgré les tentatives d’étouffement depuis plusieurs années, que nous n’en sommes qu’au début d’une longue série.

Faillite environnementale : 400 millions d’oiseaux des champs ont disparu des campagnes européennes ces trente dernières années, certains sols français sont considérés par les scientifiques comme tout simplement morts. Et le dérèglement climatique en cours ne fera qu’aggraver l’inadaptation profonde de l’agriculture industrielle, fortement consommatrice d’eau, à nos territoires. Combien de temps les contribuables accepteront-ils de financer la monoculture du maïs, culture très intensive en eau en été, dans le Sud-Ouest ; alors que le climat de Montpellier et de Perpignan sera celui d’Alger dans la deuxième moitié du siècle ?

Changer de modèle

Pour tous ceux qui regardent les faits, cette triple faillite saute aux yeux. Les premières victimes sont bien sûr les agriculteurs eux-mêmes, incompris, appauvris, dépendants de leur banque, de leur coopérative, de la grande distribution, de Syngenta ou de Monsanto. Il est temps de changer de modèle et de refonder un nouveau pacte agricole et alimentaire.

Ce nouveau pacte doit être lancé dès l’arrivée à l’Elysée du futur président de la République. Le lobby de l’agriculture industrielle avait réussi, en 2007, à faire en sorte que la dynamique du Grenelle de l’environnement ne concerne que peu l’agriculture. Résultat, dix ans plus tard, la consommation de pesticides a augmenté de 25 % par rapport à 2009, alors qu’elle devait baisser de 50 % entre 2008 et 2018 ! La faillite du modèle industriel, défendu par la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) notamment, est évidente.

Cette fois, le président de la République ne devra pas céder. Ce nouveau pacte agricole réunira les agriculteurs, bien sûr, dans leur diversité, mais aussi les consommateurs, les acteurs économiques comme l’industrie agroalimentaire, la grande distribution ou les banques, les élus locaux, les associations de protection de l’environnement, les professionnels de santé, etc. Car notre alimentation, nos paysages ou l’avenir de nos emplois agricoles sont un élément clé de notre contrat social, en France sans doute encore plus qu’ailleurs.

Les solutions sont là

Sur le terrain, les solutions sont là : les surfaces converties en agriculture biologique ont augmenté de 16 % en 2016. La demande dans les territoires est telle que l’Etat et les régions sont dépassés : les agriculteurs qui se convertissent en bio reçoivent leurs aides avec un retard de deux à trois ans. Les circuits courts se multiplient et permettent aux agriculteurs de regagner de la valeur ajoutée. Une étude de la Fédération nationale des centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (FNCIVAM) montre que nourrir des vaches à l’herbe, et non au maïs ensilage et au soja OGM, permet de dégager 42 % de valeur ajoutée supplémentaire.

L’agroécologie, l’agriculture autonome et économe ou encore la permaculture font partie des modèles qui permettront aux agriculteurs de sortir de leur dépendance aux intrants, qui les ruinent. Des agriculteurs ont diversifié leurs sources de revenus en devenant également producteurs d’énergies renouvelables. Les toits solaires sur les exploitations, comme la transformation des déchets agricoles en biogaz, sont autant de solutions qui doivent être encouragées à grande échelle par les pouvoirs publics.

On le voit, le nouveau monde agricole ne demande qu’à se déployer. Mais pour cela, il faut sortir de la cogestion entre le ministère de l’agriculture et la FNSEA, qui a conduit nos agriculteurs à la faillite. La future réforme de la PAC, qui sera à l’agenda du président de la République quelques semaines après son élection, devra être conduite en tandem par les ministères de l’agriculture et de l’environnement. La PAC reverse 10 milliards d’euros par an dans les exploitations agricoles, avec de moins en moins d’exigences environnementales. Le nouveau pacte agricole passé avec le monde agricole ne devra pas être piloté seulement par le ministre de l’agriculture, mais aussi par les ministres en charge de l’environnement, de la santé et de l’alimentation, car c’est bien de notre nourriture dont nous parlons !

Du « toujours plus » au « mieux »

Sortir notre agriculture de la faillite passera par des solutions innovantes et multiples et demandera du temps. Mais les réponses tiennent dans une philosophie unique : passer du « toujours plus » au « mieux », de la quantité à la qualité, de la malbouffe et du gaspillage alimentaire à une alimentation équilibrée, de qualité, qui donne du plaisir à celui qui la mange comme à celui qui la produit.

Quelle souffrance pour un agriculteur de ne pas vouloir manger les produits qu’il cultive ! Quelle souffrance de voir des millions de canards abattus dans le Sud-Ouest à cause d’une concentration industrielle qui a détruit les pare-feu que la nature avait créés, comme la diversité génétique ! Quelle souffrance pour les salariés des abattoirs de voir de leur dignité d’humain bafouée en même temps que celle de l’animal maltraité !

L’avenir de notre agriculture, c’est de retrouver des valeurs de bon sens pour recréer de la valeur économique, environnementale et sociétale. Refonder le contrat entre les agriculteurs et la société sera une des tâches majeures du prochain président de la République.

Pascal Canfin (directeur général du WWF France)

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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 15:40
Vous aurez mon vote si...

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VOUS AUREZ MON VOTE SI

Vous trouvez que les questions d'égalité réelle entre femmes et hommes et de lutte contre les violences faites aux femmes ne sont pas assez prises en compte par les candidats à la présidentielle ?
Aidons les et formulons des propositions
#monvotes

Sur Face book...

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« À l’issue de l’ensemble des investigations il apparaît que les faits dénoncés, aux termes de déclarations mesurées, constantes et corroborées par des témoignages, sont pour certains d’entre eux susceptibles d’être qualifiés pénalement. Ils sont cependant prescrits », a conclu ce lundi le procureur de la République, François Molins, à propos de l’enquête préliminaire initiée quelques mois plus tôt contre le député écologiste (ex EELV) Denis Baupin, pour agression sexuelle, harcèlement sexuel et appels téléphoniques malveillants. Que les faits soient prescrits, les quatre élues écologistes qui ont témoigné le savaient, mais que le procureur se fende d’un communiqué pour indiquer que des faits auraient pu être qualifiés pénalement, cela leur a mis du baume au cœur. « Il y a eu un avant « l’affaire Baupin » et il y aura surtout un après », ont réagi ensemble Isabelle Attard, députée, Elen Debost, maire-adjointe au Mans, Sandrine Rousseau, porte-parole nationale d’EELV, et Annie Lahmer, conseillère régionale EELV du Val-de-Marne.

« Si les faits ne sont pas poursuivis, la Société, elle, a compris. Et c’est bien plus important. Au cours des derniers mois, les appels vers les associations de défense des droits des femmes se sont multipliés, les médias ont abordé le sujet aux heures de grande écoute et des collaboratrices parlementaires ont brisé la loi du silence, tout comme de nombreuses femmes dans tous les secteurs d’activité. Aucun parti politique ne pourra plus prétendre ignorer ce fléau quotidien qui va du sexisme ordinaire aux violences sexuelles. La honte change de camp. Nous sommes heureuses et fières que nos témoignages à visage découvert aient pu contribuer à mettre en lumière et sur la place publique des agissements que l’on voudrait croire d’un autre temps« , déclarent les quatre militantes qui appellent désormais les candidats à la présidentielle à mettre au cœur de leurs projets la « lutte pour l’égalité entre les femmes et les hommes et contre toutes les violences faites aux femmes ».

Hashtag mon vote si

Pour montrer la voie, les quatre femmes lancent une campagne d’interpellation baptisée « Vous aurez #mon vote si », qui propose une série d’interpellations à envoyer aux candidats, sur les questions d’égalité de salaire, de parité au sein du futur gouvernement, de lutte contre les violences sexuelles, les stéréotypes de genre… Détails sur la page Facebook du programme.

Cécile Dubois le 7 mars 2017 pour 94 Citoyens.

Publié sur ce blog le 8 mars à 15h40, l'heure symbolisant l'écart de 26% des salaires des hommes et des femmes.

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28 février 2017 2 28 /02 /février /2017 12:26

Un amendement de loi a été discrètement glissé qui indigne les associations anticorruption. Par Hugo Boursier le 22 février 2017 pour Politis à lire sur www.politis.fr .

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