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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 09:35

Dans un exercice réel de démocratie, les citoyens ne peuvent pas demeurer des intermittents de la vie politique. Par Dominique Rousseau, Professeur à l’université Paris-I-Panthéon- Sorbonne dans Libération du 15 février 2017.

Non, la démocratie n’est pas en crise. Ce qui s’épuise, c’est la forme représentative de la démocratie.

L’expression « démocratie représentative » ne doit son succès qu’à l’oubli des paroles de Sieyès opposant de manière radicale gouvernement représentatif et démocratie: «Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer; le peuple, dans un pays qui n’est pas une démocratie –et la France ne saurait l’être– ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants », écrivait-il. Le passage au suffrage universel, le développement des partis politiques, l’essor du Parlement, l’élection populaire du chef de l’État n’ont pas changé fondamentalement la réalité des choses s’ils en ont modifié les apparences.

Le principe même du régime représentatif n’est pas atteint et si les Constitutions modernes énoncent le principe du «gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple», elles consacrent l’essentiel de leurs dispositions à le déposséder de son pouvoir en organisant et légitimant la parole des représentants et par conséquent l’absence et le silence des citoyens.

C’est cette période constitutionnelle- là qui prend fin. Pas le principe démocratique. Car, au cœur des mouvements sociaux depuis une vingtaine d’années, un autre cycle s’ouvre qui porte l’exigence plus forte d’une démocratie continue.

Distincte de la démocratie directe, qui abolit toute distinction entre représentants et représentés, distincte de la démocratie représentative, qui monopolise la fabrication des lois au profit des seuls représentants, elle définit un au-delà de la représentation, non parce qu’elle la supprimerait, mais parce qu’elle transforme et élargit l’espace d’intervention des citoyens en inventant les formes et procédures leur permettant d’exercer un travail politique: le contrôle continu et effectif, en dehors des moments électoraux, de l’action des gouvernants.

Quelles sont les procédures de la démocratie continue? Le droit pour «tous les citoyens de concourir personnellement à la formation de la volonté générale», inscrit à l’article 6 de la Déclaration de 1789, doit se traduire par l’obligation pour les parlementaires de réunir des assemblées primaires de citoyens dans leur circonscription pour discuter des projets et propositions de loi et recueillir leurs avis avant qu’ils ne soient présentés à l’Assemblée nationale. Obligation renforcée pour les « décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement », puisque l’article 7 de la charte dispose que «toute personne a le droit de participer à leur élaboration».

Le droit pour tous les citoyens de réclamer, inscrit dans le préambule de la Déclaration de 1789, doit se traduire par le pouvoir de faire inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale la discussion de telle ou telle proposition de loi, le droit d’accéder directement à une Cour constitutionnelle pour lui demander de vérifier la conformité des lois aux droits et libertés garantis par la Constitution et le pouvoir de mettre en cause la responsabilité des représentants qui ne respecteraient pas les principes constitutionnels.

Le droit pour tous les citoyens de demander la réunion d’une «convention de citoyens» tirés au sort pour délibérer sur les sujets sociaux, économiques et écologiques avant leur inscription à l’ordre du jour des assemblées parlementaires.

Le droit pour les citoyens qui portent à la connaissance du public des pratiques contraires aux biens communs de bénéficier du statut de lanceur d’alerte civique.

Le droit pour tous les citoyens à voir garanties les conditions nécessaires à leur développement, inscrit à l’alinéa 10 du Préambule de 1946, doit se traduire par le droit à un revenu universel de base et le droit à la préservation des biens communs en particulier l’air, l’eau, le sol et à l’accès universel et effectif aux ressources vitales, pour reprendre les mots du projet de Déclaration universelle des droits de l’humanité.

La démocratie n’est pas une somme arithmétique de suffrages et les citoyens ne sont pas des intermittents de la vie politique. La démocratie est l’expérience vivante des citoyens inventant en continu les formes de leur vie.

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 12:15

Faire de la France le 1er pays Bio en Europe

Alors que l'alimentation biologique a démontré sa capacité à nourrir sainement les citoyens tout en développant un modèle économique viable, les décideurs politiques à la tête de l'État tardent à donner à la Bio une véritable politique à hauteur des solutions économiques qu'elle propose pour revitaliser une agriculture où le salaire moyen mensuel est de 320 euros, et où un paysan se suicide tous les deux jours... Aussi, pour la première fois de leur histoire, trois grandes organisations représentatives des acteurs de la Bio, rédigent un pacte et en appellent aux élu-es de tous bords, pour demander aux candidats à la présidentielle d'inscrire la Bio au cœur de leurs engagements. 586 Élu-e-s ont déjà signé le Pacte bio pour la Présidentielle 2017 http://www.pactebio2017.com/. Bonne lecture, et si vous êtes convaincu-e-s, merci de l'adresser à vos élu-e-s pour qu’ils-elles signent ce pacte, et merci de le partager sur les réseaux sociaux.

Pierre Stoeber

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Élu-e-s locaux de sensibilités politiques et de territoires très divers, nous faisons trois constats qui nécessitent d’être reliés :

  • la paupérisation grandissante de dizaines de milliers de productrices/teurs,
  • le souhait de millions de nos concitoyen-ne-s de s’alimenter avec des produits de qualité,
  • et enfin la réussite économique de la bio.

Les filières biologiques affichent aujourd’hui une croissance record de +20%/an en chiffres d’affaires, représentant un marché de près de sept milliards d’euros. Leurs principales préoccupations sont de construire des prix rémunérateurs et équitables pour nos agricultrices-teurs, offrir des débouchés stratégiques pour les PME agroalimentaires implantées dans nos territoires et créer des dizaines de milliers d’emplois non délocalisables. Selon les données de l’Agence BIO, plus de 75 % des produits bio consommés dans notre pays, y sont fabriqués.

Soucieux de réduire les dépenses publiques, nous observons également que l’agriculture bio, tout en préservant la biodiversité, nous permet de faire des économies dans le traitement de l’eau et des sols.

C’est pour toutes ces raisons que nous signons ce Pacte initié par la FNAB, le Synabio et Coop de France, afin d’inciter les candidat-e-s à l’élection présidentielle à créer un nouveau contrat de société entre productrices/teurs, entreprises de transformation et de distribution, et consommatrices/teurs au service de la création de valeur économique, environnementale et sociale dans nos territoires :

1 | Amener la France au rang de leader européen de la bio :

La France est en mesure de devenir, d’ici 2022, le 1er pays producteur et consommateur de produits bio en Europe (actuellement, elle est le 3ème pour les surfaces cultivées et le 2ème pour la consommation) et le leader de la transition agricole et alimentaire au XXIème siècle.

Pacte pour une agriculture et une alimentation d’intérêt général

2 | Soutenir un secteur économique d’avenir :

Parce qu’elles ont déjà démontré leur réussite, l’agriculture et l’alimentation bio peuvent devenir un secteur économique stratégique pour la France et devraient donc être soutenues par les pouvoirs publics et les investisseurs privés, à l’instar du numérique ou des énergies renouvelables.

Pacte pour une agriculture et une alimentation d’intérêt général

3 | Encourager le développement de la production bio :

Pour pouvoir répondre à la demande croissante et rendre la bio plus accessible à nos concitoyen.ne.s, 20% des surfaces agricoles en France devraient être cultivées en bio en 2022 (contre 6% actuellement). La France rejoindrait ainsi l’Autriche à la tête des pays Bio dans l’UE.

Pacte pour une agriculture et une alimentation d’intérêt général

4 | Relocaliser l’emploi agricole et agroalimentaire :

La bio fournissant déjà plus de 100 000 emplois dans les fermes, le conseil, la transformation et la distribution spécialisée, elle pourra être créatrice de dizaines de milliers d’emplois non délocalisables dans les années à venir.

Pacte pour une agriculture et une alimentation d’intérêt général

5 | Garantir des politiques agricoles et agroalimentaires favorables aux filières bio :

Il est nécessaire de prendre des mesures adaptées et suffisantes au sein de la PAC aujourd’hui (2017) et demain (2020) pour garantir l’indispensable accompagnement des productrices/teurs en conversion et la rémunération des pratiques des agricultrices/teurs bio actuels à raison de leurs impacts positifs sur l’environnement et la santé publique.

Pacte pour une agriculture et une alimentation d’intérêt général

6 | Développer des outils de financement adaptés :

Les outils institutionnels de financement (notamment le Programme d’investissements d’avenir et le livret de développement durable) devraient être réévalués et orientés vers les besoins des filières bio, au cœur des schémas stratégiques régionaux, pour accompagner l’innovation et le développement des PME, des coopératives et des réseaux de distribution bio.

Pacte pour une agriculture et une alimentation d’intérêt général

7 | Augmenter la consommation de bio dans la restauration collective :

L’introduction significative de produits bio dans la restauration collective publique et privée permettrait de développer des projets alimentaires territoriaux à forte valeur ajoutée locale.

Pacte pour une agriculture et une alimentation d’intérêt général

8 | Impliquer tous les acteurs des filières bio dans leur gouvernance :

Une grande concertation publique doit être organisée pour engager un débat national sur l’agriculture et l’alimentation durables. Elle devra être ouverte aux acteurs des filières et à la société civile (syndicats, association de consommateurs, associations de parents d’élèves, associations environnementales, etc.).

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4 février 2017 6 04 /02 /février /2017 16:56

La victoire de Benoît Hamon à la primaire du PS bouscule la stratégie solo de Yannick Jadot et du parti écolo. Par Hugo Boursier le 2 février 2017 pour Politis à lire sur www.politis.fr.

Yannick Jadot

Yannick Jadot

Les écologistes veulent saisir l’opportunité politique d’un rassemblement, mais pas s’enfermer à nouveau dans le piège socialiste. Lundi, sur BFMTV, Yannick Jadot a déclaré : « Si Benoît Hamon est prêt à s’émanciper d’un PS qui n’a jamais fait sa conversion écologiste (…), moi, je militerai, y compris au sein de ma force politique, pour que nous nous lancions aussi dans cette grande aventure de l’écologie et du social. » ...

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 19:38

Des associations de défense des droits des animaux ont présenté le manifeste « Animal politique ». Entouré de figures médiatiques comme Matthieu Ricard, le collectif a expliqué vouloir porter la question de la condition animale dans le débat public en interpellant les candidats à l’élection présidentielle par Marie Astier pour Reporterre.

Les défenseurs des animaux lancent un Manifeste pour peser dans le débat présidentiel
  • Paris, reportage

« La question de la condition animale, les politiques s’en fichent. Ils la balayent d’un coup de poignet. » Ce constat, c’est une députée socialiste qui le fait. Geneviève Gaillard tente de mobiliser sur le sujet dans les couloirs parlementaires depuis son premier mandat, en 1997 : « Nous ne pouvons plus considérer que les animaux ne sont pas doués de sensibilité. Pour leur donner une place dans notre droit, nous avons vu le besoin de fédérer les associations de défense des droits des animaux », explique à ses côtés sa collègue la députée écolo Laurence Abeille.

Pour une fois, la question mobilise. Dans la salle de conférence du grand hôtel parisien se serrent militants, journalistes et personnalités venues en soutien. L’actrice Hélène de Fougerolles, le journaliste Allain Bougrain-Dubourg ou encore la dessinatrice Luce Lapin ont fait le déplacement. Ce mardi 22 novembre, un collectif de 26 ONG de défense des droits des animaux présentait son manifeste de 30 propositions intitulé « Animal politique ». Objectif : faire émerger la question animale dans le débat public.

« Après l’abolition de l’esclavage ou le vote des femmes, il faut se demander : quel grand pas reste-t-il à faire pour l’humanité ? intervient le moine bouddhiste Matthieu Ricard, soutien du collectif. 120 millions d’animaux sont tués chaque heure pour les besoins de l’humanité. »

Interdiction des cages et de la corrida

L’introduction du manifeste, elle, remarque que « malgré l’intérêt croissant des Français pour la cause animale, la dénonciation des actes de cruauté et la reconnaissance de la sensibilité des animaux par la science et le droit, l’engagement des politiques pour améliorer leur situation reste très insuffisant et en décalage avec les attentes de la majorité des Français ».

« 120 millions d’animaux sont tués chaque heure pour les besoins de l’humanité », a expliqué Matthieu Ricard.

« 120 millions d’animaux sont tués chaque heure pour les besoins de l’humanité », a expliqué Matthieu Ricard.

Les propositions sont déclinées selon six thématiques : animaux d’élevage, de compagnie, de divertissement, faune sauvage, etc. Les organisations demandent l’interdiction des cages ou du gavage en élevage, l’obligation d’étourdissement des animaux avant l’abattage, l’arrêt de l’utilisation des animaux pour l’expérimentation scientifique, des mesures pour limiter l’abandon des animaux de compagnie, ou encore la reconnaissance du statut d’être vivant doué de sensibilité à l’animal sauvage. Dans les semaines et mois qui viennent, ces points seront présentés à chaque candidat à la présidentielle afin de les pousser à s’engager sur le sujet. « Cela nous permettra de noter les candidats en fonction des propositions sur lesquelles ils voudront bien s’engager », explique Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot.

« On veut que ces propositions soient retenues, défendues par les politiques. Donc nous avons limité nos ambitions, tout en gardant certaines mesures symboliques comme l’abolition de la corrida », précise-t-il encore. Plusieurs associations qui prônent habituellement aussi l’abolition de la chasse ont accepté le choix pragmatique de plaider pour son interdiction « seulement » le dimanche.

Une bonne dose de pragmatisme a aussi été nécessaire pour trouver des propositions qui conviennent à des organisations ayant des buts allant de l’amélioration des conditions d’élevage des animaux (le CIWF — Compassion in World Farming —, par exemple) à l’abolition de toute forme d’exploitation des animaux par l’homme (L214, par exemple). Sur l’estrade, la députée Geneviève Gaillard rappelle qu’elle mange elle-même de la viande. « Mais, elle est abattue dans des conditions qui ne me conviennent pas », explique-t-elle. Elle recueille quelques applaudissements, mais bien moins que Matthieu Ricard, proclamant que « le seul moyen de manger de la viande casher, c’est d’être végétarien ! »

Tous les partis consultés

« Nos associations reflètent la diversité de la société. On a aussi des propositions qui s’adressent à des gens qui consomment de la viande, insiste Agathe Gignoux, du CIWF. On peut en manger mieux. L’ultramajorité des personnes ne sont pas végétariennes, et c’est important de montrer qu’elles peuvent agir pour le bien-être animal, et que les politiques aussi peuvent leur proposer quelque chose. On a des propositions qui sont réalistes, réalisables, qui font avancer la cause animale de façon progressive. »

« Nous évaluerons les candidats en fonction de leurs engagements », dit Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot.

« Nous évaluerons les candidats en fonction de leurs engagements », dit Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot.

Cette initiative intervient alors que le Parti animaliste a été officiellement lancé il y a à peine plus d’une semaine. Il vise à présenter des candidats aux élections législatives. « Nous avons le même combat. Mais le scrutin majoritaire à deux tours laisse peu de chances d’avoir des candidats animalistes élus, note Laurence Abeille. Le collectif est un autre outil, il pourra travailler avec le gouvernement. »

Il se déclare politique dans le sens où il entend soulever « un débat de société », mais apolitique « au sens partisan ». Tous les partis présentant un candidat à la présidentielle seront abordés. « Même le Front national, précise Christophe Marie. La question revient souvent, car, aujourd’hui, c’est ce parti que l’on entend le plus sur le sujet. En lui demandant de se positionner par rapport à notre manifeste, nous pourrons montrer qu’il n’est absolument pas cohérent sur sa manière de défendre les animaux. Et il faut que les autres partis se positionnent pour ne pas laisser au FN un boulevard sur ce sujet. »

Chaque candidat sera donc comparé aux autres en fonction de ses réponses à la liste de propositions. Rendez-vous aurait déjà été pris auprès de Jean-Luc Mélenchon et de Yannick Jadot. Benoît Hamon pourrait se montrer ouvert. Pour le reste, il faut attendre que tous les candidats soient choisis et déclarés.

Cependant, la présidentielle ne sera « qu’une première étape », précise Muriel Chrisostome, de la SPA (Société protectrice des animaux). « On veut s’inscrire durablement dans le débat politique français, ce manifeste est un acte fondateur. »

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 11:00

Yannick Jadot a remporté lundi 19 octobre la primaire d’Europe Écologie Les Verts, avec 54,25 % des voix contre 40,75 % pour Michèle Rivasi. Voici son discours prononcé hier soir.

« Les écologistes viennent de me désigner comme leur candidat à l’élection présidentielle. Je veux les en remercier chaleureusement. Je veux également remercier Michèle Rivasi, Cécile Duflot et Karima Delli pour la qualité de cette primaire. Ces dernières semaines, nous avons su démontrer notre respect mutuel et la force du projet que nous portons.

Ensemble, avec les militantes et les militants d’Europe Écologie les Verts, et avec toutes les personnes qui croient en l’écologie politique, nous allons construire la campagne présidentielle comme une aventure collective. Pendant la primaire, j’ai répété ma volonté de rassembler toute les familles de l’écologie : je veux poursuivre cette dynamique. C’est unie, ouverte, en regardant vers le grand large et les pieds sur terre que l’écologie sera conquérante.

Je veux m’adresser ce soir, et tout au long de la campagne, à celles et ceux qui agissent chaque jour pour la planète et pour une société plus juste, à celles et ceux qui aimeraient agir mais qui n’en ont pas les moyens ou ne savent pas comment faire, à celles et ceux aussi qui ont pu être déçus par Europe Écologie les Verts.

Je suis déterminé à ce que cette campagne soit aussi la vôtre, que vous puissiez pleinement y participer, qu’elle ouvre une nouvelle page de l’écologie dans notre pays.

Je mesure la responsabilité qui m’est confiée. Je la reçois avec gravité et détermination, mais aussi beaucoup d’enthousiasme.

Avec gravité, car la France est au bord de la rupture. L’accroissement des inégalités, l’explosion des discriminations, l’affaissement de la démocratie, le dérèglement climatique, l’extinction des espèces, l’épuisement des ressources, les maladies liées aux pollutions : tout cela affaiblit notre pays. Nous souffrons de ne pas avoir de projet partagé et, faute d’horizon commun, la société explose dans un sauve-qui-peut généralisé. Jamais notre pays n’a connu une telle défiance, jamais la tentation du repli n’a été aussi forte.

J’accueille aussi cette désignation avec détermination. Aujourd’hui s’ouvre à Marrakech la COP22, une nouvelle conférence mondiale sur le climat. Si la diplomatie française peut être fière de l’Accord de Paris signé lors de la COP21, chaque jour le gouvernement tourne le dos aux devoirs que cet accord impose.

Obsession nucléaire, maintien des centrales charbon, choix du tout camion, diesel, soutien à l’agriculture la plus industrielle : ces choix maintenus depuis des décennies ne sont pas seulement néfastes pour le climat et pour la santé, ils nous privent de centaines de milliers d’emplois et d’entreprises dans tout le pays, maltraitent les animaux et font disparaître les services publics.

Je reviens de Nantes où sont jugés les recours sur l’eau et les espèces protégées, déposés par les écologistes, contre les autorisations de travaux à Notre Dame des Landes. Que de temps perdu et d’entêtement autour de ce projet aussi inutile que destructeur -et toujours illégal au regard du droit européen. François Hollande confiait à des journalistes ne pas croire en ce projet : saisira-t-il enfin l’occasion d’y mettre fin, comme nous le demandons depuis des années ?

Avec détermination donc, car, oui, les solutions sont là.

Je crois en notre intelligence collective. La France n’est condamnée ni au désespoir, ni à la peur du déclassement. Il y a urgence à réformer les institutions pour déverrouiller la démocratie, à faire sauter les rentes pour libérer l’économie, à surmonter les conservatismes et les corporatismes pour débloquer la société. Ça tombe bien, notre pays regorge d’incroyables forces vitales, dans les quartiers, dans les villes et les campagnes, dans les entreprises et les associations. Nous devons absolument soutenir ces bâtisseurs d’avenir et leur donner les moyens d’essaimer.

Dans cette campagne, nous déclinerons nos propositions pour faire face aux urgences écologiques, démocratiques et sociales. Pour prendre soin de la planète, nous devons réparer la société, la soigner. Protéger la nature, c’est nous protéger nous-même, c’est nous offrir une perspective d’avenir. Une France 100% énergies renouvelables, une agriculture paysanne et biologique, une alimentation saine et conviviale, une santé protégée, des transports collectifs accessibles, une fiscalité juste qui favorise l’innovation, des choix industriels qui créent des emplois plutôt que d’en détruire…

Car justement, l’écologie, c’est plus d’emplois, moins d’inégalités et de précarités. L’écologie c’est des territoires vivants et une économie relocalisée. Alors que des millions de personnes souffrent de ne pas avoir d’emploi, trop de salariés souffrent dans leur travail. Intensification des tâches, dégradation des conditions, précarisation des contrats : nous proposerons des mesures pour améliorer le travail, l’adapter aux capacités et aux talents des femmes et des hommes, le partager, et en garantir les droits. Nous voulons remettre le travail à sa juste place dans nos vies.

Nous mettrons en débat notre projet pour une école égalitaire et émancipatrice.  Nous voulons donner le pouvoir aux citoyennes et aux citoyens dans une République refondée. Nous affirmons qu’une société de confiance ne peut émerger sans le respect plein et entier du pacte républicain, des droits qu’il devrait garantir et des promesses qu’il porte pour chacune et chacun, arrivé hier dans notre pays ou présent depuis Astérix, habitant d’un quartier populaire ou d’une ferme du Larzac. Liberté, égalité, fraternité.

La démocratie, c’est le contrôle de l’État par les citoyens, pas l’inverse. Le fichier global d’informations sur la population est une dérive de plus qui porte atteinte aux libertés publiques, donc à la démocratie. Nous lutterons contre toutes les discriminations qui minent la société, qu’elles soient sociales, ethniques, liées à l’orientation sexuelle, aux handicaps ou à l’état de santé, aux opinions politiques, religieuses ou syndicales. Et il est plus que temps de mettre fin aux inégalités entre les femmes et les hommes.

L’écologie, c’est une société apaisée, fraternelle, ouverte sur sa diversité et sur le monde. Osons dire que nous voulons une société qui ne soit pas une compétition perpétuelle, pour avoir le droit de vivre dignement et de nous épanouir. Osons réclamer le droit au bonheur.

Évidemment, la France doit se redonner un horizon européen. Cette petite mondialisation libérale qu’est devenue l’Union Européenne, technocratique et austéritaire, qui dresse des murs et des barbelés contre les réfugiés, porte en elle le risque de l’effondrement de notre civilisation alors qu’elle devrait en le ferment. Le TAFTA et le CETA ne sont pas des solutions, mais font partie du problème. Relançons massivement l’investissement utile pour tisser de nouvelles solidarités sur notre continent, entre l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud, au sein de nos pays et avec le monde qui nous entoure !

La France, quant à elle, doit enfin nouer des relations saines avec les pays du Sud. Ni nostalgie régressive de la colonisation, ni Françafrique qui perdure comme au Gabon. Solidarité, soutien à la démocratie, intérêts mutuels pour un développement soutenable !

Enfin, je mènerai cette campagne avec enthousiasme. Je veux rassembler les Françaises et les Français autour d’un projet positif, un projet de sens et de cohérence ! Je veux qu’ensemble nous passions un nouveau pacte avec les Françaises et les Français, une nouvelle alliance : celle d’une écologie à la hauteur des défis de la planète et au cœur de la vie quotidienne, une écologie crédible, fière de ses combats et de ses convictions, aimable, populaire et humaniste, ni culpabilisante, ni punitive, mais aimable et bienveillante. Nous voulons redonner à chacune et à chacun sa dignité, la maîtrise de sa vie, l’envie et le pouvoir d’agir.

Nous donnerons à voir de nouveaux possibles à celles et ceux qui n’attendent qu’un signe pour retrouver l’espoir, qu’une occasion pour réinvestir l’action collective et politique. Toutes et tous ne se disent pas « écologistes », mais peu importe : ils et elles sont prêts à agir si on leur en donne les moyens, s’ils reprennent possession des leviers du changement.

Le récit de l’écologie que je vous propose de porter ensemble pour l’élection présidentielle est profondément subversif, exaltant et pragmatique : mobiliser les énergies vitales de la société pour nous réconcilier avec la nature et avec l’avenir, pour nous réconcilier entre nous, pour nous réconcilier avec nous-mêmes ! La campagne des écologistes commence ce soir. Face aux artisans du renoncement, aux adeptes du « c’était mieux avant » et aux prêcheurs de haine, nous allons semer l’espoir d’une société de confiance. Je suis candidat pour que demain soit mieux qu’aujourd’hui, avec vous, et grâce à vous. »

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 13:46

Nous vous invitons aussi à contribuer à l'élaboration du projet sur la plateforme participative http://projet.eelv.fr/ !

Primaire de l'écologie
Primaire de l'écologie
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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 13:57

Par Michèle Rivasi et Sergio Coronado, Députés le 24-05-2016 sur http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1519065-orientation-fonctionnement-dependance-au-ps-eelv-doit-changer-l-ecologie-debout.html

C'est l’heure de nous-mêmes. Sur les places, avec Nuit Debout, un nouveau monde est en train de naître. Aveuglé par le court terme, le monde actuel n'en finit pas de mourir. Pour l'écologie, une page se tourne, celle qui a vu l'écologie accompagner le monde qui s’effondre dans le chaos :

- Chaos écologique engendré par la crise climatique ; sixième extinction de la biodiversité ; catastrophes industrielles et sanitaires : selon le dernier rapport de l’OMS, 23% des décès dans le monde sont dû à l’environnement ; raréfaction des ressources naturelles et de l’eau. Le productivisme et l’extractivisme entrainent l’artificialisation de la Terre et l’accaparement des terres cultivables.

- Chaos géopolitique avec des guerres sans fin au Moyen Orient et en Afrique et leurs répercussions dans le reste du monde, notamment dans nos cités. L'obsession identitaire se substitue aux questions sociales et écologiques. Le retour au religieux, à l’ethnicisme, au nationalisme fait partout reculer l’esprit critique et l’humanisme. Elle met la société sous tension.

- Chaos économique et social par l’installation d’un ordre invisible des multinationales, qui s’attaque aux conquêtes sociales, et met des nations entières à genoux. L’uberisation de l’économie est en marche. Les Gafa (Google, Amazon, Facebook, Apple), ces nouveaux maîtres du monde ne paient pas d’impôts et font disparaître l’emploi.  

- Chaos financier qui, avec les bulles spéculatives détachées de l’économie réelle comme en 2008, entraîne la fragilisation du système par la robotisation.

Sortir EELV de la soumission aux institutions

Le capitalisme financiarisé – même repeint en vert – est inamendable. Pour refonder l’écologie politique, il faut avoir le courage de rompre en sortant EELV des logiques hexagonales de la 5e République et de la soumission aux institutions.

On ne fera pas l’écologie dans un seul pays. L’Union européenne est en voie d’implosion. Ses réponses de l’UE ne sont qu’un aveu d’impuissance, d’aveuglement et un accélérateur de désintégration. Il faut défendre l’Europe contre elle-même. Démocratiser l’Europe est l’une des tâches prioritaires de la génération à venir. Notre plan B c’est construire avec des forces comme Diem 25 ou Podemos un rapport de force suffisant pour desserrer la contrainte de la Commission européenne en nous battant contre les paradis fiscaux, les lobbies et la bancocratie. 

Face au chaos, la sortie de crise, celle dont les écologistes sont partie prenante est fondée sur la résilience et la résistance de secteurs entiers de la population qui cherchent des solutions positives par la l’innovation, la créativité, les liens sociaux. Le développement des ZAD, Alternatiba, Amap ou des monnaies locales sont autant de contre-pouvoirs mettant en place la transition écologique. 

Cette politique fondée sur le commun, le convivialisme et le cosmopolitisme n’a aujourd’hui pas de représentation politique réelle.

Tout doit changer : l’orientation, le fonctionnement...

EELV est à la fin d’un cycle, celui du parti né il il y a 22 ans et faussement renouvelé en 2010. Un sursaut s’impose. Tout doit changer : l’orientation, le fonctionnement, les pratiques militantes.

Notre faiblesse actuelle vient d’une illusion : nous aurions conquis la majorité culturelle. En réalité, si les idées écologiques ont irrigué la société, elles sont devenues les mots valises d’une langue de bois technocratique. L’écologie comme force de transformation est toujours minoritaire. Parce qu’elle a refusé de penser le monde qui vient, elle s’est accrochée à un logiciel créé dans les années 70. Nous avons besoin d’un nouveau récit, celui d’une écologie d’émancipation, qui veut faire la synthèse entre les trois écologies, mentale, environnementale et sociale, chère à Félix Guattari. L’écologie qui agit et lie l’urgence sociale à l’urgence environnementale. 

Aucun bilan n’a été tiré de la participation au gouvernement

D’autres raisons expliquent notre échec : la "PRGisation" d’un mouvement où les élus et les collaborateurs d’élus sont devenus une force d’inertie. La professionnalisation du parti a eu sur EELV les mêmes effets pervers que dans le reste de la classe politique. Mais comme notre image était fondée en partie sur la capacité de "faire de la politique autrement", ces conséquences ont été plus dures pour nous que pour les autres.

Enfin et surtout, la dépendance au Parti socialiste à chaque élection. Nous sommes passés des compromis aux compromissions sans même nous en apercevoir, heureux que nous étions de toucher les dividendes de la gauche plurielle. Nous le payons aujourd’hui au prix fort. Un parti faible dans une alliance avec un parti dominant est condamné à la figuration. Aucun bilan n’a été tiré de la participation au gouvernement, ni sur la sortie effectuée dans la précipitation, l’improvisation et sans débat militant. Aucun débat sur la stratégie n’a ensuite été impulsé.

On refuse de soumettre notre agenda à la présidentielle

Nous avons besoin de construire l’autonomie stratégique de l’écologie dans le cadre d’une Alternative. L’autonomie des écologistes, ce n’est pas l’isolement, mais la participation et l’engagement dans le mouvement social et politique à l’œuvre dans la société.

Nous refusons de soumettre notre agenda à l’élection présidentielle. Nous ne participerons pas aux primaires de la gauche. Nous ne voulons ni nous retrouver aux basques d’un représentant de l’aile sociale libérale néoconservatrice, ni soutenir un candidat de la gauche productiviste. Avec ce processus, il s’agit de donner sa voix à un candidat censé nous représenter alors que l’enjeu d’une citoyenneté active réelle est de reprendre la parole comme le montre le mouvement « Nuit debout ».

Refonder le parti sur une base coopérative et fédéraliste

Notre objectif dans les trois ans à venir c’est de nous ancrer localement en nous appuyant sur les luttes contre tous les projets inutiles. C’est la meilleure manière de réussir les prochaines municipales et de faire des Grenoble partout, notamment dans les villes petites et moyennes.

Mais pour favoriser cette implantation, il faut refonder le parti sur une base coopérative et fédéraliste au fonctionnement innovant, participatif et démocratique.

L’heure de nous-mêmes a sonné. Nous voulons une politique positive.

II n’y a qu’une seule voie possible, celle de la société en mouvement et ses principes : la coopération contre la compétition, la démocratie contre le clanisme, la responsabilité contre la culpabilisation, la proximité contre le centralisme parisien.

L’écologie est vivante et s’affirme comme une force politique en devenir, celle qui défend une société du "vivre mieux" face à la tyrannie du "toujours plus" en montrant que la mutation écologique peut produire un nouvel art de vivre, celui de la sobriété heureuse et partagée. Nous devons porter cette nouvelle demande de libertés et de démocratie radicale. L’heure n’est pas à la résignation. Si nous voulons que EELV soit le levier du changement, il faut changer EELV et c’est l’affaire de tous !

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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 13:00

Un communiqué d'Europe Ecologie Les Verts du 31 mars

Les modifications des règles applicables à l’élection présidentielle ne constituent en rien une quelconque «modernisation». Il s’agit au contraire d’un verrouillage en règle du système par la loi du plus fort et une atteinte au pluralisme démocratique pour un temps de la vie politique très suivi par les français.

Ainsi le principe des cinq semaines d’égalité du temps de parole entre les candidats est supprimé pour un principe d’«équité» pendant la période dite «intermédiaire» dont le calcul s’établira à partir de la représentativité des candidats et des précédents scores électoraux. Cette disposition affaiblira naturellement les candidats éventuellement issus de la société civile et hors du système des partis dit de gouvernement. Cette règle donnera en revanche un boulevard au parti d’extrême droite et cantonnera le débat dans un huis clos à trois (LR, PS et FN) qui verrouillera toujours plus notre démocratie.

Les parrainages, véritable verrou imposé à la candidature des organisations ne disposant pas de suffisamment d’élus, seront également plus compliqués à obtenir.

Au-delà du fond, la méthode est choquante avec une modification des règles à un an de la prochaine échéance, et votée en toute confidentialité par 11 députés socialistes malgré l’opposition de tous les groupes parlementaires à la veille d’un long week-end de Pâques.

Alors que la crise démocratique s’aggrave, ce coup de force ne peut qu’alimenter la défiance. Il illustre également la difficulté d’une Ve République à bout de souffle, incapable de se renouveler et revenant aux pires tactiques électorales du siècle dernier plutôt que de répondre aux aspirations du 21e siècle.

EELV demande aux parlementaires de revenir sur ces dispositions, en toute conscience, le 5 avril prochain, au nom de l’égalité et de la démocratie.

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 11:41

par Stéphane Alliès et François Bonnet pour Médiapart, 21 décembre 2015. Des nouvelles des écologistes espagnols pour une réflexion pendant les fêtes, que nous vous souhaitons ressourçantes pour 2016 !

Soyons lucides, la gauche française est à court terme incapable de faire bon usage des leçons du vote espagnol comme, avant elles, du vote grec.
D'accord, Podemos n’est pas parvenu
à « prendre le ciel d’assaut », (voir mon commentaire, ci-dessous *1) comme l’ambitionnait son slogan de campagne. Mais le mouvement est sur un petit nuage. Moins de deux ans après son entrée dans l’arène électorale (européennes de mai 2014, 8 % des voix), une grosse année après son congrès fondateur, Podemos a déjà réussi un exploit : dynamiter le vieux système politique espagnol construit au lendemain de la mort du dictateur Franco. Le bipartisme PP (droite)/PSOE (gauche) est à l’agonie. Ces deux formations ont réuni dimanche à peine plus de la moitié de voix (50,7 %) quand, depuis plus de trois décennies, elles totalisaient 70 à 80 % des suffrages.

Les esprits chagrins en France – et ils sont nombreux à gauche – noteront seulement que l’Espagne est devenue ingouvernable et que Podemos aura loupé son pari : devancer le parti socialiste (PSOE). Peu importe qu’il le talonne (20,6 % des suffrages et 22 % pour le PSOE), peu importe qu’une nouvelle ère politique débute en Espagne, tout aussi passionnante que celles qui se sont ouvertes en Grèce, avec Syriza, ou en Italie avec le Mouvement 5 étoiles, sans parler du Portugal qui expérimente depuis un mois une étonnante coalition des gauches.

Nos conservateurs de droite et de gauche crieront au populisme inepte, promettront un feu de paille, dénonceront démagogie et confusion. Ils avaient fait de même avec Syriza puis avec l’arrivée à la tête du parti travailliste anglais de Jeremy Corbyn. Et ils retourneront aussitôt dans leurs petites cuisines pour y entretenir leur seule obsession : l’élection présidentielle de 2017.

C’est une réaction de survie compréhensible, tant le miroir que tendent Podemos et d’autres mouvements progressistes européens est accablant pour les gauches françaises. Voilà que l’Espagne montre à son tour que des alternatives peuvent se forger, que la politique peut être réenchantée, que le seul choix n’est pas entre l’extrême droite raciste et des gouvernements néolibéraux, comme tentent de nous en convaincre aujourd’hui François Hollande et Manuel Valls.

Podemos n’est qu’une histoire espagnole, sans comparaison possible avec la situation française, nous disent encore ceux qui veulent briser le miroir. Oui, pour partie, mais évidemment non. Car ce qui s’est construit en Espagne depuis 2011, depuis le mouvement des indignés et ses prolongements politiques, l’a été sur des bases étonnamment communes aux deux pays :

– D’abord une crise financière et économique sans précédent depuis 1929. Articulée à la bulle immobilière espagnole, sa violence fut certes sans commune mesure en Espagne, où le taux de chômage (20 %) reste aujourd’hui près du double du taux français (10,5 %). Mais nous avons en commun les précarités érigées en règle nouvelle du salariat, les déstructurations en profondeur de l’État et de ses systèmes de protection, l’installation durable dans un chômage de masse sur fond d’évasion fiscale des grandes entreprises et de toute-puissance du système financier.

– Ensuite un rejet massif d’une classe politique minée par les scandales de corruption, par un sentiment d’impunité généralisée. Ajoutons à cela les cumuls de mandat, des carrières politiques qui se comptent en décennies, une incapacité à renouveler les dirigeants comme à représenter des catégories entières de populations, et nous avons ce que Podemos appelle « la caste ». Pour le coup, notre oligarchie typiquement française à laquelle s’ajoutent des dirigeants politiques insubmersibles peut sembler pire encore que cette « caste » espagnole.

– Enfin, une crise institutionnelle tout aussi grave dans les deux pays. Le régime issu de la Transition post-franquiste est à bout de souffle. Il organisait un bipartisme de fer articulé à un centralisme niant les identités régionales : le voilà incapable de répondre aux nouvelles demandes sociales et politiques. Notre Ve République est dans un état pire encore. Le mode de scrutin majoritaire aux législatives, combiné à l’hypertrophie présidentielle, étouffe tout renouvellement et ne parvient même plus à enrayer la progression d’une extrême droite désormais installée au centre du paysage.

Alors que s’est-il passé pour que partant de considérants semblables – crise économique, crise de la représentation politique, crise institutionnelle – une alternative crédible s’installe en Espagne quand les gauches françaises – c’est-à-dire les formations à la gauche du parti socialiste – se réduisent à quelques chapelles en ruines ? Et que peut nous apprendre aujourd’hui Podemos, comme l’avait fait hier Syriza, de ces échecs à répétition ?

« La gauche française doit changer »

« La gauche française doit changer, elle doit aussi changer les personnes, il lui faut trouver des réponses à l’extérieur du champ politique et des partis, il lui faut construire des leadership au pluriel qui ouvrent plusieurs voies », notait récemment Juan Luis Monedero, invité de notre émission « En direct de Mediapart » (voir vidéo ci-dessous). En une phrase, presque tout est dit. Fondateur de Podemos, en retrait aujourd’hui de sa direction mais toujours très influent, Monedero rappelait aussi ce que fut un des slogans de Podemos lors des élections européennes de 2014 : « Quelle est la dernière fois où tu as voté avec un rêve ? » VIDEO - Sur Mediapart, Juan Carlos Monedero est face à la gauche française : Isabelle Attard (députée citoyenne), Julien Bayou (EELV) et Danielle Simonnet (Parti de gauche): https://www.youtube.com/watch?v=SWPR-s5jfZ0

Les rêves français se sont évanouis depuis longtemps. Les formations de gauche, obnubilées par les stratégies de conquête du pouvoir dans le cadre fou de notre monarchie républicaine – ou d’alliances pour y participer –, ont depuis oublié l’essentiel : la société, le projet et l’attention au neuf, à ces multitudes de dynamiques émergentes qui viennent faire mourir l’ancien.

Par conséquent, il semble qu’il n’y a plus rien à attendre de leurs responsables. Congrès après congrès, élections intermédiaires après élections intermédiaires, la gauche, dans ce qu’il reste de sa pluralité, ne semble pouvoir être capable que de s’accorder sur le vote de l’état d’urgence et la vision défensive d’une république creuse et à bout de souffle.

Point de Syriza, de Podemos ou de Corbyn à venir. D’abord parce que la gauche est au pouvoir. Ou, plus précisément, parce que le pouvoir en place a été élu par la gauche. Ensuite, parce que l’austérité se fait moins brutale, et le bouc émissaire à la crise économique (le musulman) bien plus évident. Enfin, parce que l’extrême droite domine intellectuellement le paysage.

Et puis la France n’est pas entrée en guerre au début des années 2000. En même temps que l’altermondialisme, qui culminait alors chez ceux qui refusaient l’évolution de la social-démocratie européenne, des générations militantes se sont construites dans ces mobilisations pacifistes appelant à repenser les rapports nord-sud. Aujourd’hui, alors que la France s’est à son tour lancée dans « la guerre au terrorisme », où sont les manifestations ?

La question posée aux partis politiques de la gauche française est aussi insoluble au regard de son histoire politique. Depuis la révolution française de 1789, les élites gouvernantes du pays sont rétives à l’idée de parti de masse et de mobilisation générale de la société. On y préfère les clubs et les organisations d’avant-garde, ou encore des partis dont les responsables se construisent par leur capacité à conserver un appareil et à faire une carrière d’élu.

Un exemple ? Depuis vingt ans, les écologistes français n’ont jamais pris soin de faire de leur formation un mouvement de masse, attirant, intégrant des militants en nombre, mais aussi sachant apprendre des innombrables formes nouvelles de mobilisation et d’engagement. EELV demeure un petit jeu à quelques milliers de militants, pratiqué selon des règles incompréhensibles, et dont la conquête électorale semble être le seul carburant.

Le résultat ? La production, comme dans les autres partis, de « professionnels de la politique » et de quelques graves incongruités comme Jean-Vincent Placé. À qui fera-t-on croire que l’actuel président du groupe EELV au Sénat est écologiste, quand il est depuis un quart de siècle en politique avec un parcours digne d’un mini Edgar Faure de la IVe République ? Ce serait faire un mauvais procès que de décrire EELV absent des luttes locales, désertant les grands combats écologistes et aveugle aux mouvements sociaux. Mais force est de constater qu’il n’en fait rien et que chacune de ses tentatives de s’ouvrir en grand aux forces de la société ont été bloquées par des manœuvres d’appareil visant d’abord à préserver les équilibres de pouvoir internes.

« Changer les personnes, trouver des réponses à l’extérieur du champ politique », dit Monedero. Aux tentatives sans lendemain d’EELV s’ajoutent le surplace du parti de gauche et l’épuisement de son partenariat avec d’autres formations au sein du Front de gauche. Orateur de talent, animateur charismatique de la campagne présidentielle 2012, Jean-Luc Mélenchon et les siens n’auront pu transformer l’essai réussi au premier tour de la dernière présidentielle. « Le Front de gauche ressort considérablement affaibli électoralement, moralement et financièrement des élections régionales ! » notait récemment Jean-Luc Mélenchon sur son blog. « Il est d’autant plus urgent de proposer une méthode de rechange que celle-ci s’est épuisée de l’avis général. »

Tout occupé à construire un espace entre le PS et le PC (lui-même d’abord obsédé par son nombre d’élus qu’il doit à ses alliances avec le PS), Mélenchon s’est battu selon les règles obsolètes de la vieille démocratie partidaire quand les engagements collectifs se font désormais ailleurs. L’a-t-il compris trop tard en abandonnant la présidence du parti de gauche pour lancer le mouvement pour la VIe République ? Lui aussi obsédé par la présidentielle, tenant d’une conception verticale et avant-gardiste de la lutte politique, l’ancien dirigeant socialiste n’est pas plus parvenu à fédérer ce qui aurait pu constituer une alternative large et plurielle.

Nouvelles mobilisations

Le constat est aujourd’hui sinistre pour les forces se positionnant à la gauche du parti socialiste. Le quinquennat de François Hollande, s’il laisse le PS exsangue, les aura également dissoutes. Évoque-t-on la façon dont Podemos s’est appuyé sur le mouvement des indignés, et les responsables français soupirent en soulignant qu’aucune mobilisation sociale comparable n’a eu lieu en France. L’explication est un peu courte.

Podemos ne s’est pas seulement construit sur les immenses mobilisations des Indignados. Partout en Espagne ont émergé des collectifs citoyens nés de luttes locales sur des questions aujourd’hui largement négligées par les partis français : santé, éducation, aménagement, logement et expulsions, banques. Et ce sont ces dynamiques venues de la société, entretenues par ces collectifs qui ont construit des débouchés politiques (lire ici le reportage de Ludovic Lamant sur les « marées citoyennes » en Galice).

De telles luttes ont aussi lieu en France aujourd’hui. Pas seulement à Notre-Dame-des-Landes ou à Sivens. De nombreux collectifs ont émergé dans les quartiers populaires qui demeurent pourtant obstinément relégués dans l’angle mort de la politique française. Attac ou Transparency International ont porté le débat public contre les politiques des banques, les paradis offshore et l’évasion fiscale.

D’autres associations ont défendu les lanceurs d’alerte. D’autres encore ont expérimenté de nouvelles formes de lutte syndicale. D’autres ont popularisé et défendu les vrais enjeux de la COP21 (voir ici notre émission). D’autres enfin ont bataillé contre la loi instituant une surveillance généralisée et dénoncent aujourd’hui les innombrables excès de l’état d’urgence, état d’urgence pourtant voté par la quasi-totalité des parlementaires écologistes et communistes...

Ce sont ces types de lutte qui, à Grenoble, ont permis la construction d’un collectif politique capable d’emporter la ville lors des dernières municipales. C’est l’exemple unique en France d’une construction politique issue de telles mobilisations où une attention toute particulière fut portée à la mise en place de pratiques politiques nouvelles : renouvellement ; non cumul des mandats ; comptes rendus de mandat et procédures révocatoires.

D’ailleurs, s’il ne devait y avoir qu’une seule leçon à retenir de l’expérience Podemos pour les gauches françaises, c’est bien celle d’un Pablo Iglesias intervenant dimanche soir pour affirmer la priorité absolue de réformes institutionnelles en vue de mettre fin à une crise de régime (réforme du système électoral et droit de révocation du chef de gouvernement, à mi-mandat).

En France, un tel sujet s’est toujours heurté aux railleries des pouvoirs en place, au prétexte que « ça ne remplirait pas les frigos des gens ». Assertion imparable de la part de ceux qui n’ont, par cette pirouette, aucunement besoin de remettre en jeu le pouvoir qu’ils accaparent. C’est aussi sur le personnage même d’Iglesias que les élites de la gauche française feraient bien de s’interroger.

Un jeune universitaire, élu eurodéputé avant de laisser son siège pour cause de « mandat tournant », faisant l’impasse sur les municipales pour soutenir des plateformes citoyennes pourtant critiques à son égard, avant de venir concurrencer un parti social-démocrate sans exclure de pouvoir partager le pouvoir avec lui... Sans présumer de ce que sera l’avenir politique de Pablo Iglesias, un tel profil est tout simplement inexistant dans la gauche française aujourd’hui. Pire, il ne pourra surgir tant que la gauche française défendra ou justifiera la “professionnalisation politique”, faisant de la vie publique un métier et de l’indemnisation de son engagement une aliénation.

De même, tant que son personnel politique ne mettra pas à bas la logique du cumul des mandats, y compris et surtout dans le temps, aucun renouvellement générationnel ni aucune diversification sociologique de la gauche française ne sera possible. Enfin, tant qu’elle fera de la démocratie représentative la seule expérience possible de l’exercice du pouvoir, elle se condamne à contempler un système médiatique et sondagier tout entier acquis à sa perte.

Étouffées dans leurs vieux habits partidaires, les formations de gauche ne peuvent seulement s’en prendre à la puissance mortifère des institutions et aux habiletés tactiques de François Hollande. Podemos est issu de dynamiques sociales mais aussi d’un long travail théorique et politique qui fait cruellement défaut à la gauche française (lire ici notre enquête La boîte à idées des intellos de Podemos).

S’appuyer sur la société et sur les nouvelles manières de s’engager ; renouveler en profondeur les pratiques politiques ; reconstruire un projet en s’adressant prioritairement à des populations aujourd’hui systématiquement ignorées (jeunes, salariés précaires, classes populaires issues de l’immigration) : les pistes sont là, évidentes et d’ailleurs souvent montrées par des responsables politiques. Mais des responsables qui les oublient aussitôt, pour préserver leur pré carré ou préparer une fois encore la prochaine échéance électorale. Dès lors, tant que la gauche française ne s’intéressera pas sérieusement à elle-même et à l’émergence de ceux qui la feront renaître sans ceux qui l’ont fait mourir, tirer des leçons d’expériences étrangères ne servira qu’à amuser une galerie de la non-évolution.

* 1 : "IZQUIERDA UNIDA - IU" (le Front de Gauche espagnol) avec ses 922.000 voix recueillies freine et empêche la liste de "PODEMOS-EQUO" (EQUO = les écolos espagnols) de devancer le PSOE des 400.000 voix qui lui manquent pour être en 2ème position de ces élections législatives : http://www.andalucesdiario.es/politica/los-922-000-votos-de-iu-truncan-el-sorpasso-de-podemos-al-psoe/

Et, ici, les copains écologistes d'Espagne entrent en congrès avec trois députés écolos, via la liste "PODEMOS-EQUO"


Ci-dessous, voici l'intervention de Rosa Martínez, candidate de Podemos-EQUO por Bizkaia ; Rosa Martínez est également porte-parole d'EQUO (le parti écolo des Espagnes) https://www.facebook.com/231459003559568/videos/998097896895671/?theater

 

 

 

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 15:04

Face au FN, droite et gauche sont dans le déni

La droite n’y voit qu’expression de colère, mais ignore les raisons de la colère.

La gauche au gouvernement refuse l’analyse des raisons de l’échec face à l’abstention de ses électeurs. Elle continue à libéraliser son programme comme depuis 2 ans, sans se fixer comme objectifs prioritaire la réduction des inégalités afin de reconquérir son électorat. Cette droitisation économique s’accompagne d’une restriction des libertés qui ne déplait pas à la droite et à l’extrême-droite, et d’une criminalisation des citoyens engagés écologistes et alternatifs proprement scandaleuse.

Quant aux écologistes, comme pour le reste de la gauche, nos propositions régionales ont été inaudibles dans un climat médiatique post-attentats difficile, de même que notre bilan pourtant réel – le pass Navigo unique porté seul par EELV de 2010 à 2015.

 

Pourtant, crier « No pasaran » ne suffit plus

Contre le FN, dénonciation, diabolisation, dénigrement, cordon « sanitaire » républicain, toutes les stratégies politiques censées contrer le Front National ont été épuisées et se sont révélées inefficaces. Appeler à battre le FN pour endiguer la vague brune ne s’adresse qu’à la marge aux abstentionnistes, et ne convaincra plus ceux qui ont sauté le pas pour marcher derrière Marine Le Pen.

L’ultime avatar de cette inefficacité en est pour moi le retrait des listes PS dans le Nord et le Sud, renvoyant les électeurs de gauche déjà déçus par la politique nationale à choisir entre la droite et l’extrême droite, un comble 13 ans après le vote de 2002 à 80% pour Chirac, qui n’avait pas renoncé pour autant à une politique de droite très dure… Ce choix nous laisse sans représentation politique pendant 6 ans – ce qui générera une politique régionale cohérente discutée entre la droite et l’extrême-droite.

 

Cohérente ? Deux lignes complémentaires, concurrentes et contradictoires se partagent les idées et les électeurs du FN, incarnées par la présidente et sa nièce.

Extraits de « Cinquante nuances de Le Pen », Le Parisien, 9 décembre 2015 :

Marine Le Pen parle aux ouvriers :

« Ces élections sont pour tous les petits, les oubliés, les ouvriers, les retraités, les classes moyennes ». « Nous allons écarter les entreprises qui font appel à des travailleurs détachés » menace celle qui veut couper les aides régionales aux patrons qui licencient.

Marion Maréchal-Le Pen parle aux patrons :

« Les chefs d’entreprises sont avec nous. C’est dans nos listes qu’il y a le plus de chefs d’entreprises ! ». Elle promet de mettre le paquet sur les PME et TPE.

Marine Le Pen est sociale :

« Nous avons 9 millions de pauvres en France, dont un million dans notre région qui pensent qu’ils doivent être prioritaires ». Elle s’engage à « rendre du pouvoir d’achat aux habitants » et accuse son rival Xavier Bertrand d’avoir pour programme « mort aux pauvres ».

Marion Maréchal-Le Pen est libérale :

« Nous avons fait de la question économique une priorité pour la région ». Elle propose notamment d’ »augmenter le budget d’aide aux entreprises de 100 à 500 M€ en fin de mandat ».

Marine Le Pen est plus laïque :

« Après les attentats du 13 novembre, elle a appelé à « une unité profonde des français de toutes origines, de toutes confessions ».

Marion Maréchal-Le Pen est plus identitaire :

« Chez nous, on ne vit pas en djellaba, on ne vit pas en voile intégral »

C’est là que nous devons enfoncer notre coin pour faire éclater la légitimité électorale du FN.

 

Les 20 % des voix de gauche et écologistes d’EELV permettent un accord programmatique social et écologiste pour la région Île-de-France

Afin de continuer la transition écologiste et énergétique de notre région, le projet défendu par EELV nous a permis de négocier pour la première fois avec le PS et le Front de Gauche au complet, un accord de second tour qui intègre nombre de nos propositions et notamment :

  • Halte aux GPII, aux Grands projets inutiles imposés

- préservation des parcs de la Courneuve et de Choisy

- basculement en mode tram de la ligne 18 sur le plateau de Saclay à partir de Saclay (et enfoui sur les 4 km en bas du plateau et Saclay), pour en préserver les terres agricoles (par exemple, la première AMAP d’Île-de-France)

- remise à l'étude par une commission d'experts de l'avenir du triangle de Gonesse avec priorité à la préservation de ses terres agricoles (ce qui prépare une opposition officielle de la région à Europa City)

- suppression du financement IdF pour le Canal Seine Nord (ce qui retire 200 millions d'euros et fait tomber son tour de table financier et donc sa faisabilité)

  • Finances : les PPP, Partenariat Publics Privés, qui renforcent la privatisation des services publics et coûtent chers à la collectivité (utilisés par C. Bartolone pour construire plus de collèges en Seine Saint-Denis) seront absents dans tous les projets de la région.
  •  Soutien aux filières d'apprentissage et de formation professionnelle dans les métiers écolos (énergie, rénovation des bâtiments, agriculture bio...).
  • Transports

- ticket intermodal (métro, RER, bus, tramway) d’1h30, sur le modèle du ticket T actuel valable uniquement sur les bus et les tramways,

- gratuité des transports pour les enfants de moins de 11 ans,

- renforcement de 150 lignes de bus pour permettre une fréquence à 15 mn tout au long de la journée,

- Humanisation de la sécurité dans les transports, et non augmentation de la vidéo surveillance ! 10 000 embauches pour la sécurité, la conduite, etc... Présence humaine dans les transports publics à partir de 21h.

- prime à la casse pour les véhicules diesel visant à accélérer leur remplacement pour la qualité de l'air francilien.

- Plafonnement des aéroports maintenus pour Roissy et Orly

  • Lutte pour l'encadrement des loyers dès 2016
  • Investissements dans les énergies renouvelables pour une IDF à énergie 100 % renouvelable en 2050
  • Inscription dans la démarche  « 0 déchet » pour sortir de la logique de l’incinération.
  • Végétalisation : 1 million d’arbres plantés en zone urbaine durant la mandature.
  • Repas végétarien alternatif dans les lycées franciliens.
  • Chèque Bio de 15 €/mois pour les ménages précaires pour pouvoir acheter des produits bio.
  • Santé :

développement des maisons de santé pour permettre à tout-e-s les francilien-ne-s d’avoir un accès à la santé à moins de 15mn.

  • Citoyenneté :

- les propositions de Mohamed Mechmache pour le renouvellement de la démocratie dans les quartiers sont retenues.

- la mise en place d’un budget participatif que j’avais fait inscrire dans le programme écolo francilien sera effective (pour 50 M€/an au lieu de 100 M€).

Le résultat des élections est toujours incertain – en témoigne le sondage donnant 42 % à la droite et 40 % à la gauche en Île-de-France dimanche prochain. Nous appelons les électeurs à se mobiliser et à voter massivement dimanche 13 décembre pour la liste d’union de la gauche et des écologistes.

Pierre Stoeber

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Annexe : Protocole d’accord

Ce protocole d’accord vaut feuille de route de gouvernance sur la durée du mandat (6 ans). Le rendre public est la meilleure façon de le voir appliquer. Rappelons que la lutte a été rude dans le précédent mandat, notamment pour appliquer au bout de 5 ans le Pass Navigo unique.

Le protocole d’accord porte sur trois pactes :

- Pacte environnemental

- Pacte de sécurité et de service public

- Pacte culturel et d’égalité

 

Note de méthode sur les ressources de la Région :

- La région négociera les moyens financiers et la compensation des transferts nécessaires à son action.

▪ Se mobiliser auprès de l’État pour obtenir les moyens nécessaires pour engager des politiques structurantes en matière de transports publics, pour la relance de la construction de logements notamment via l’aide aux maires bâtisseurs, la rénovation thermique lourde et la mobilisation des logements vacants.

 

I/ Pacte environnemental

- Une région 100% énergies renouvelables

▪ Plus d’investissement dans les énergies « carbone » et donc viser une sortie à l’horizon 2050.

▪ «1€ régional pour 2€ citoyens» : la Région abondera de 50% les investissements des Franciliens et soutiendra les projets participatifs dans les énergies renouvelables pour arriver à 15% d’électricité durable citoyenne en 2020.

▪ Prime à la casse pour les vieux appareils électroménager (frigo) – sur critère social

▪ Région exemplaire – 100% énergie renouvelable dans les lycées et les bâtiments régionaux.

▪ Doublement du nombre de logements rénovés thermiquement (rénovation lourde vers 200 000 logements sur le mandat)

- Sortie du diesel

▪ Prime à la casse modulable pour les véhicules diesel sur critère social pour l’achat de véhicule moins polluant y compris d’occasion

▪ Prime à l’achat d’un vélo électrique.

▪ Multiplication par 4 des financements pour les aménagements cyclables.

▪ Offrir 1 an d’abonnement Navigo gratuit pour l’abandon d’un véhicule polluant.

▪ Mise en œuvre de la prime kilométrique vélo pour le personnel régional et la mise en place d’un plan de déplacement d’entreprise.

▪ Pérennisation et diversification des financements d’AirParif et BruitParif

▪ Création d’une redevance poids lourds en transit

- Une région verte

▪ Végétalisation urbaine : plantation d’1 million d’arbres supplémentaires

▪ Création d’une ceinture maraîchère

▪ Un « Chèque bio » de 15€ sur le modèle du chèque-restaurant cofinancé par la Région, pour permettre à tous d’accéder à une alimentation saine et de qualité.

▪ Sanctuarisation des terres agricoles

- Déchets

▪ Moratoire et interdiction de l’enfouissement des déchets

▪ Tri et recyclage : 100 Millions d’euros dans les filières du tri et du recyclage

▪ Développement du recyclage dans les lycées et les services de la

Région

 

II/ Pacte culturel et d’égalité

- Santé

▪ Objectif, « la santé à moins de 15 min de chez vous » qui passe par le soutien aux Centres et maisons de santé et la lutte contre les déserts médicaux.

▪ La Région renforcera son offre de formation à destination des infirmiers, des sage-femmes, des ambulanciers, des éducateurs de jeunes enfants et tous les métiers médico-sociaux. Les bourses de formations sanitaires et sociales seront réévaluées pour rendre ces métiers, indispensables au bien-être de tous et non délocalisables, encore plus attractifs.

▪ Renforcer le soutien aux réseaux de Centres d’IVG, de contraception et de planning familial.

▪ Plan Santé environnementale et maladies liées aux modes de vie (bruits, qualité de l’air, perturbateurs endocriniens…).

▪ Maintien des interdictions des vols de nuit et plafonnement des vols de nuit. Abondement des budgets d’insonorisation des logements des riverains.

- Logement

▪ Encadrement des loyers dans toute l’IDF dès 2016. Financement d’observatoires régionaux des loyers.

▪ Aides aux maires bâtisseurs

▪ La Région se mobilisera auprès de l’État afin de permettre le retour des logements vacants dans le parc locatif privé.

▪ La loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) : les maires qui ne fourniront pas d’efforts pour se conformer à leur obligation de construire du logement social ne recevront plus de subventions de la Région.

▪ Garantie locative : La Région s’engage à étendre ce dispositif à tous les jeunes, qu’ils soient ou non étudiants, afin de lever les freins à l’accès au logement.

- Citoyenneté

▪ Fonds d’interpellation citoyenne. Ce fonds permettra d’appuyer la contre-expertise associative.

▪ Mise en place d’un budget participatif à hauteur de 50 millions par an.

▪ Simplification des procédures pour les subventions. Mandatement pour les associations de 70% de la subvention votée dans un délai d’un mois.

▪ Doublement du Fonds Régional de Développement de la Vie Associative sur la mandature.

▪ Soutien accru aux associations.

▪ Institution d’une Conférence citoyenne permanente composée de Franciliens tirés au sort et appelés à évaluer la politique de la Région. Cette conférence évaluera les engagements des candidats.

▪ Création d’une Vice-présidence ou d’une délégation à l’égalité femme/homme

▪ Développer des centres d’accueil des jeunes femmes victimes de violence (15 – 25 ans).

- Création d’un conseil consultatif de l’égalité et des discriminations sur le modèle du conseil consultatif du handicap (CCH).

▪ Création d’un Observatoire de la laïcité.

▪ Service civique régional, potentiellement obligatoire. Il sera d’une durée de six mois et concernera tous les jeunes Franciliens de 16 à 25 ans, filles et garçons. Au menu : un apprentissage des valeurs républicaines, des gestes de premiers secours, du permis de conduire, du BAFA [brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur], du brevet d’encadrement sportif… Dans le même temps, ces jeunes citoyens travailleront dans des lycées, foyers ruraux, associations, résidences pour personnes âgées, entreprises de transport…

- Emploi

▪ Utilisation du CV anonyme pour les recrutements au sein de la région et des organismes associés.

▪ Intégration des clauses de la “sociale écologie” dans la commande publique

▪ Mobiliser les marchés publics en faveur des structures de l’ESS et de l’insertion.

▪ Clause d’emploi local accompagnant chaque investissement dans les quartiers en politique de la ville.

▪ Bonus pour l’installation et le développement des activités artisanales dans les territoires ruraux comme en politique de la ville.

▪ Étudier la généralisation du portage du foncier à destination des PME-PMI et industries pour permettre leur développement à long terme, le modèle suivi étant celui de l’Établissement public foncier d’IDF et de Plaine Commune.

▪ La Région s’engage à soutenir les projets de crèches qui développent des aides spécifiques en direction des familles monoparentales, notamment celles qui travaillent en horaires décalés.

- Culture

▪ Création d’un comité permanent des arts et de la culture pour la co-construction et l’évaluation des politiques culturelles.

▪ Création d’un Passe culture sous quotient familial. Généralisation de l’accès pour tous à la culture.

 

III/ Pacte Sécurité et service public

- Sécurité – humanisation des transports

▪ Corps unique de police

▪ Sécurité des femmes dans les transports (arrêt, numéro d’urgence, présence humaine)

▪ Arrêt à la demande dans les bus

▪ Présence humaine renforcée dans les transports – objectif : 1 agent en supplément du conducteur dans chaque bus et/ou rame (à partir de 21h)

▪ Réseau de transport 24h/24h d’ici JOP 2024.

▪ Ticket intermodal d’1h30.

▪ Gratuité du Pass Navigo pour les enfants jusqu’à 11 ans mise en œuvre de manière graduée.

▪ Création du Passe Mobilités Île-de-France, appuyé sur le Passe Navigo et donnant accès à toutes les offres de transports : parkings-relais, services de vélo et auto partage, transports à la demande, navettes fluviales… (Navigo+).

▪ Dézonage des PAM et accessibilité avec le Pass Navigo (avec le maintien de l’équilibre financier des partenaires à raison de 1/3 – 1/3 – 1/3)

▪ Accélération du renouvellement des bus RATP et OPTILE (création 150 lignes de bus à cadencement toutes les 15 min)

▪ Création de 10 000 emplois en 6 ans (maintenance, sécurité, bus) gagée sur l’augmentation du VT (passage de 2,8 à 3,5 à obtenir du gouvernement)

▪ Extension de la tarification sociale du Pass Navigo à l’AAH

- Lycées

▪ Cantines

▪ Quotient Familial ; Bio dans les cantines ; circuits courts ; repas alternatifs

▪ Construction et rénovation de lycées et d’internats suivant les évolutions démographiques.

▪ Renforcer les politiques éducatives

▪ 0 décrocheur

▪ Promotion de l’égalité fille/garçon

▪ Généralisation des budgets participatifs lycéens et étudiants

▪ Erasmus+ pour les apprentis

▪ 8 écoles du numérique (1 par département)

▪ Passeport de l’orientation – consolider notre politique d’orientation pour les jeunes

▪ Apprentissage et formation professionnelle dans les domaines de la transition énergétique, du numérique, des filières de haute technologie et des filières agricoles.

 

Points particuliers

- Ligne 18 : Maintien d’un transport lourd enterré jusqu’à Saclay puis transport léger à partir de la ville de Saclay.

- Canal Seine Nord : Pas de financement régional

- Ligne 17 – Europa City : Suite au débat public, la Région engagera une procédure d’expertise propre et sera attentive au devenir du triangle de Gonesse ainsi qu’à la préservation des terres agricoles.

- Préservation du parc George Vallebon à La Courneuve, et du parc interdépartemental de Choisy-le-Roi.

 

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