Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bienvenu.e

  • : Les Lilas Ecologie : Blog des militants et élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas et du Pré Saint-Gervais
  • : Culture, information, réflexion de l'écologie politique par les militants et les élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas, du Pré Saint-Gervais, d'Est Ensemble
  • Contact

Recherche

Nous contacter ...

S'abonner à la Lettre d'information ...

C'est dans la colonne de droite tout en bas...

25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 13:42
Le 26 Mai, défilons aussi pour le climat et la nature !

Il n’y a pas de planète B et la Terre, son climat et sa biodiversité ne seront ni sauvés par les formules creuses, les déclarations d’intention et les grand-messe du gouvernement ; ni par la spontanéité des entreprises, qui agiraient sans encouragement ni contrainte des pouvoirs publics.

Le 26 Mai, défilons aussi pour le climat et la nature !

Notre conviction est que le temps des constats est dorénavant passé. L’urgence est d’agir.
Et c’est pour cela que nous irons dans la rue le 26 mai, lors de la «
Marée populaire » : pour exiger du président et du gouvernement qu’ils agissent.
Dans cette marée humaine, nous représenterons donc aussi les non-humains : parce que les animaux, les plantes, les océans, l’air, les sols et les générations futures ne peuvent s’exprimer, c’est à nous de le faire !

Dans la ligne des revendications portées le 26 mai et du Collectif lilasien pour les services publics, nous distribuerons aussi les tracts de soutien à la SNCF et ceux sur le droit du travail.

Le 26 Mai, défilons aussi pour le climat et la nature !
Le 26 Mai, défilons aussi pour le climat et la nature !
Le 26 Mai, défilons aussi pour le climat et la nature !
Le 26 Mai, défilons aussi pour le climat et la nature !
Partager cet article
Repost0
17 mai 2018 4 17 /05 /mai /2018 11:24

C’est au bout du délai de 2 mois ouvrant la possibilité de faire appel du jugement du TA de Cergy-Pontoise du 6 mars 2018 annulant l’arrêté préfectoral de création de la ZAC, cf.  EuropaCity: la justice annule la création du mégacomplexe commercial au nord de Paris sur ce blog, vendredi 4 mai, qu'a été prise en catimini et au niveau interministériel la décision de faire appel. Retrouvons-nous pour la Fête sur le triangle de Gonesse, dimanche 27 mai pour dire NON à EuropaCity ! OUI au projet alternatif CARMA ! Cf. http://nonaeuropacity.com/.                         Lire aussi Contre la folie EuropaCity, cultiver le bien commun et Le projet EuropaCity jugé peu compatible avec l'environnement.

L'État fait appel de l'annulation de la ZAC de Gonesse - venez à la Fête des terres de Gonesse, le dimanche 27 mai

Pendant plusieurs jours les médias n'ont pas réussi à avoir confirmation de la décision, jusqu'au 9 mai au matin où sur France Bleu le ministère de la Cohésion des territoires (ministre Jacques Mézard) a assumé pour la première fois cette décision de faire appel : "Le gouvernement confirme l'intérêt de l'aménagement de la ZAC du Triangle de Gonesse". Puis le soir même à 17h47 il y a eu une brève de l'AFP. Voir notre Revue de presse des 9 et 10 mai.

Deux jours plus tôt, le 7 mai, Le Monde publiait un article intitulé "Macron : sur l’environnement, une parole forte, mais des gestes faibles". Cette décision de faire appel de l'annulation de la ZAC du Triangle de Gonesse est l'illustration que les actes ne suivent pas les belles déclarations d'intention.

Au moment où la question de l’agriculture urbaine est sur toutes les lèvres pour assurer l’approvisionnement en produits frais et de proximité d'une population de plus en plus urbaine, quel paradoxe de voir le Ministère de la Cohésion des territoires se faire le défenseur du projet le plus destructeur de cohésion qui soit apparu sur ce territoire. Faut-il rappeler ici que le projet rencontre l'opposition des principales communes limitrophes de Gonesse, de l'unanimité du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis et provoque la mobilisation de 600 commerçants de Gonesse et des environs, qui viennent de se constituer en Collectif des commerçants et des salariés en colère « Europasdutout » !

Alors que la toute nouvelle Agence francilienne de la biodiversité -à peine installée par la Présidente de Région, Valérie Pécresse, en présence des Préfets d'Île-de-France et de Paris- vient d'annoncer son opposition au projet EuropaCity, la décision interministérielle de faire appel du jugement du Tribunal administratif de Cergy-Pontoise confirme une nouvelle fois que le Ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, n’a pas pu, ou n’a pas su, faire prévaloir sa position  et celles des différentes autorités environnementales qui sont défavorables à l’urbanisation du triangle de Gonesse : le Ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, en charge du dossier du "Grand Paris" et plus largement le gouvernement Macron-Philippe ont manifestement sacrifié le droit et l’écologie pour satisfaire certains élus du Val d'Oise qui sont piégés depuis 10 ans, dans les filets des illusionnistes milliardaires Mulliez et Wanda, pour la création d’EuropaCity.

Or la preuve est faite aujourd'hui que quiconque se penche sérieusement sur le projet Europacity en constate l’absurdité et le caractère anachronique, alors que depuis un an le nouveau Président de la République multiplie les discours sur l’exemplarité climatique et tente de refonder toute la politique étrangère française autour du respect des engagements de la COP21 et de son « Make the planet great again ! » à l'adresse du Président des USA.

Heureusement cet appel de l'État n'est pas suspensif de la décision - prise le 6 mars par le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise - d'annuler la création par le préfet du Val d'Oise de la ZAC de 280 ha du Triangle de Gonesse. La décision de la cour d'appel ne sera pas connue avant plusieurs mois. En attendant cette échéance, l'ensemble de la ZAC (dont EuropaCity pour 80 ha) reste interdite et la légitimité demeure du côté des opposants.

L'appel du gouvernement contre une décision de justice ne peut qu'encourager tous ceux qui sont conscients de l'urgence de la lutte contre le réchauffement climatique et de la richesse que représentent les terres agricoles à proximité des villes, tous les défenseurs de la biodiversité et tous les amateurs de produits maraichers de proximité de venir nombreux participer à la Fête sur le triangle de Gonesse, le dimanche 27 mai pour dire NON à EuropaCity ! OUI au projet alternatif CARMA !

Le 27 mai nos amis cyclistes parisiens organisent un accompagnement à vélo vers la fête : départ 9h place de l'Insurrection à Vanves, 9h20 Place Denfert Rochereau (XIVème), 10h place de la bataille de Stalingrad  (XIXème).

Environ 20 km (1h30) depuis Stalingrad par le Canal St-Denis, le Parc de La Courneuve, Dugny, Bonneuil-en-France et Gonesse. Retour à Stalingrad vers 19h00. Pas d'inscription obligatoire : il suffit d'être aux rdv avec son vélo et sa bonne humeur.

L'État fait appel de l'annulation de la ZAC de Gonesse - venez à la Fête des terres de Gonesse, le dimanche 27 mai
L'État fait appel de l'annulation de la ZAC de Gonesse - venez à la Fête des terres de Gonesse, le dimanche 27 mai
Partager cet article
Repost0
16 mai 2018 3 16 /05 /mai /2018 09:06

La forte demande de refroidissement dans les parties les plus chaudes de la planète va faire augmenter la consommation d’électricité et risque d’accentuer le changement climatique. Par Nabil Wakim pour Le Monde le 15 mai 2018.              Lire aussi L’air conditionné à l’assaut de la planète - Histoire d’une passion américaine.

Des vendeurs de climatiseurs à New Delhi, en Inde, en avril 2014. RAVEENDRAN / AFP

Des vendeurs de climatiseurs à New Delhi, en Inde, en avril 2014. RAVEENDRAN / AFP

Les climatiseurs ne refroidissent pas la planète, ils la réchauffent. L’équation peut sembler simpliste, mais elle permet de comprendre l’un des points aveugles du débat sur l’énergie et le climat.

Alors que des centaines de millions de personnes vivent dans des zones aux températures élevées, les besoins en électricité pour répondre à cette demande de refroidissement sont de plus en plus importants. Selon une étude de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), rendue publique mardi 15 mai, ces besoins pourraient représenter l’équivalent de la production électrique des Etats-Unis et de l’Allemagne d’ici à 2050.

Dans un rapport intitulé « Le Futur du refroidissement », l’AIE met en garde contre les conséquences d’une telle trajectoire : la hausse exponentielle de la consommation d’électricité liée aux besoins en air conditionné pourrait conduire à plus de production électrique à partir de charbon ou de gaz et rendre plus difficile – voire impossible – d’atteindre les objectifs fixés par l’accord de Paris sur le climat. Selon cet accord, adopté en décembre 2015, la quasi-totalité des pays du monde se sont engagés à maintenir le réchauffement « bien au-dessous de 2 degrés par rapport aux niveaux préindustriels ».

De 1,6 à 5 milliards d’appareils

A l’heure actuelle, 1,6 milliard de climatiseurs sont utilisés dans le monde, dont la moitié aux Etats-Unis et en Chine. Ils nécessitent plus de 2 000 térawattheures d’électricité par an, soit, à titre de comparaison, quatre fois la consommation annuelle d’électricité en France. Depuis 1990, les émissions de dioxyde de carbone (CO2) liées à cette consommation ont plus que triplé et représentent autant que les émissions du Japon, soit 1 130 millions de tonnes de CO2.

La hausse de la demande de refroidissement est portée par la croissance économique de régions parmi les plus chaudes de la planète. Trois pays – l’Inde, la Chine et l’Indonésie – représentent à eux seuls la moitié de la croissance de la demande en matière de refroidissement.

« Les gens qui vivent dans des zones très chaudes ont très envie d’avoir accès aux bénéfices qu’apportent les climatiseurs en termes de confort, de conditions de vie et de santé, mais ils ne peuvent pas encore se permettre d’en acheter », détaille Brian Motherway, directeur de la division efficacité énergétique de l’agence, qui a supervisé l’étude.

« Dans ces pays, moins de 10 % des ménages sont aujourd’hui équipés de climatiseur, explique Fatih Birol, le directeur de l’AIE. Or, quand le niveau de vie augmente, ils s’équipent très rapidement. »

Pic de consommation après le coucher du soleil

De fait, l’accès à la climatisation est un sujet majeur pour les populations vivant dans les parties les plus chaudes du monde. Seuls 8 % des 2,8 milliards d’êtres humains habitant dans ces régions ont accès à des systèmes modernes de refroidissement, contre 90 % des Américains et des Japonais. « Il n’y a aucun doute que cette demande va continuer à croître au cours des prochaines décennies », prévient l’AIE. Le nombre d’unités installées pourrait atteindre 5 milliards en 2050.

« Il faut que les Etats développent des politiques de soutien aux appareils les plus économes, et mettre des malus sur les climatiseurs les plus inefficaces », suggère Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie.

Pourtant, beaucoup de ces pays, notamment l’Inde ou la Chine, investissent massivement dans les énergies renouvelables – qui n’émettent pas de gaz à effet de serre –, et singulièrement dans les panneaux solaires. Mais le rapport de l’AIE bat en brèche l’idée que ces nouveaux besoins en électricité pourraient être totalement pourvus par des renouvelables. « Beaucoup de ces pays ont investi dans des centrales solaires, qui sont de moins en moins coûteuses, mais cette demande d’électricité continue bien après le coucher du soleil », souligne M. Birol.

« En Inde, par exemple, les gens rentrant chez eux à six ou sept heures du soir démarrent l’air conditionné et d’autres appareils électriques, surtout les jours les plus chauds », détaille-t-il. Or, c’est pour ce pic de consommation que sont mobilisées les capacités de production électrique de pointe – et dans la plupart des pays, il s’agit de centrales thermiques à gaz ou au charbon, fortement émettrices de gaz à effet de serre.

Cette croissance rapide est d’autant plus préoccupante que, « dans tous les marchés les plus importants, les gens achètent des climatiseurs à l’efficacité énergétique très inférieure à ce que la technologie permet », note l’AIE. En moyenne, un climatiseur acheté en Chine ou en Inde est ainsi quatre fois plus vorace en énergie qu’un modèle vendu au Japon.

Se doter de normes rigoureuses

C’est d’ailleurs la principale recommandation du rapport de l’AIE : pousser les gouvernements à se doter de normes plus rigoureuses en matière d’efficacité énergétique dans le domaine. « Le rôle croissant du refroidissement dans la croissance de la demande d’électricité est globalement ignoré par les politiques publiques », déplore Fatih Birol.

Les climatiseurs plus économes en énergie existent déjà, mais ils sont plus chers, et donc moins accessibles. « Il faut que les Etats développent des politiques de soutien aux appareils les plus économes, suggère M. Birol, et mettre des malus sur les climatiseurs les plus inefficaces. » Mais l’agence prévient : si des mesures trop timides sont prises, elles ne parviendront pas à sortir du marché les appareils les plus énergivores.

Selon les scénarios de l’AIE, des normes plus strictes d’efficacité énergétique pour les climatiseurs pourraient permettre de diminuer de moitié cette croissance de la demande électrique dans les trente prochaines années. D’autant que ces technologies d’efficacité énergétique existent et sont totalement maîtrisées. Seule manque encore la volonté politique.

Partager cet article
Repost0
15 mai 2018 2 15 /05 /mai /2018 13:46

La réduction des émissions de gaz à effet de serre pourrait générer quatre fois plus d’emplois dans le monde qu’elle n’en détruirait. D’après Rémi Barroux pour Le Monde le 15 mai 2018.

La création de 2,5 millions de postes pour le renouvelable compenserait largement la destruction de 400 000 emplois dans le fossile. STEPHANE MAHE / REUTERS

La création de 2,5 millions de postes pour le renouvelable compenserait largement la destruction de 400 000 emplois dans le fossile. STEPHANE MAHE / REUTERS

Créer 18 millions d’emplois dans le monde, voilà ce que permettrait la lutte pour réduire les émissions de CO2 – afin de contenir le réchauffement climatique en dessous des 2 °C, tel que le préconise l’accord de Paris conclu le 12 décembre 2015.

Dans le rapport « Emploi et questions sociales dans le monde 2018 : une économie verte et créatrice d’emploi », rendu public lundi 14 mai au soir, l’Organisation internationale du travail (OIT) a réalisé une estimation des pertes et des créations d’emplois induites par cette évolution de l’économie, qu’elle juge inéluctable. Elle considère que celle-ci pourrait se solder par 24 millions de nouveaux postes tandis que 6 millions disparaîtraient; le solde induit par la généralisation de la transition verte serait donc de 18 millions d’ici à 2030.

L’unique agence tripartite des Nations unies – regroupant les représentants des gouvernements, des employeurs et des salariés de 187 Etats membres – avait déjà, dans le passé, travaillé sur la question des emplois verts et du travail décent. En 2013, lors de la Conférence internationale du travail, qui se tient chaque mois de juillet à Genève, elle avait produit un rapport indiquant « des gains nets en matière d’emplois supplémentaires, entre 2010 et 2030, de 0,5 % à 2 % ».

Catherine Saget, économiste à l’OIT et principale auteure du rapport publié lundi, prévient qu’« il ne s’agit pas ici de comptabiliser les emplois verts à venir, mais d’étudier les gains et pertes dans tous les secteurs touchés par la mutation de l’économie ». Ainsi l’OIT estime que « l’action visant à limiter le réchauffement climatique à 2 °C va se traduire par suffisamment de créations d’emplois pour compenser largement les six millions de suppressions d’emploi faites ailleurs ».

Bénéfice en Amérique, Asie et Europe, perte en Afrique

Le bénéfice net se concentre dans les Amériques, en Asie et dans la zone Pacifique, ainsi qu’en Europe, s’élevant respectivement à trois millions, à quatorze millions et à douze millions d’emplois. A contrario, le Moyen-Orient et l’Afrique en perdraient respectivement environ 300 000 et 350 000 (soit – 0,48 % et – 0,04 % du total dans chacune des deux régions du monde), « en raison de leur dépendance à l’égard, respectivement, des énergies fossiles et des mines », précise l’OIT.

Sur les 163 secteurs économiques étudiés, seuls quatorze vont subir des suppressions supérieures à dix mille postes à l’échelle mondiale. L’extraction pétrolière et le raffinage afficheraient des pertes supérieures à un million d’emplois. Dans le secteur de l’électricité, la création de 2,5 millions de postes pour les énergies renouvelables compenserait largement la destruction de 400 000 emplois dans la production basée sur les combustibles fossiles.

L’économie circulaire, avec les activités de recyclage, de tri, la réparation, la location et la réutilisation d’objets générerait six millions d’emplois. Dans ces domaines, l’OIT insiste aussi sur la nécessité d’assurer la qualité du travail, bien souvent précaire, dangereux et dénué de protection sociale dans des secteurs informels.

Avec les activités de tri et de recyclage, la réparation, la location et la réutilisation d’objets générerait six millions d’emplois. PHILIPPE HUGUEN / AFP

Avec les activités de tri et de recyclage, la réparation, la location et la réutilisation d’objets générerait six millions d’emplois. PHILIPPE HUGUEN / AFP

Renforcer les formations et les protections sociales

Plus difficile à quantifier, la montée en puissance de l’agriculture bio et de l’agriculture de conservation (qui permet de maintenir et d’augmenter le potentiel agronomique des sols en limitant les intrants, par exemple, et en organisant les rotations culturales) devrait aussi permettre d’embaucher davantage de monde. En Europe, l’emploi agricole a augmenté de 1,1 % avec les conversions en bio. « Le passage à des systèmes agricoles plus durables créerait des emplois dans des fermes bio de taille moyenne ou grande et permettrait aux petits exploitants de diversifier leurs sources de revenu, surtout si les fermiers disposent des compétences adéquates », écrivent les auteurs du rapport.

Pour limiter les impacts négatifs et les réductions de personnel à court terme induits par les mesures climatiques, il faut impérativement, insiste l’OIT, développer des « politiques appropriées », s’agissant notamment des revenus des travailleurs, d’une assurance sociale renforcée et des formations nécessaires pour accompagner la mutation de l’économie.

De nombreux exemples d’aides possibles sont présentés dans ce rapport, comme la mise en place, au Kenya, d’un système qui organise des transferts de cash, de l’ordre de 50 dollars (42 euros) tous les deux mois, versés à 25 % des familles en cas de sécheresse. Ou le programme Bolsa verde, créé au Brésil en 2011, qui encourage la préservation de l’environnement, en augmentant le niveau de revenu de familles en situation d’extrême pauvreté. Celles-ci doivent réaliser des activités comme l’utilisation durable des ressources naturelles ou l’entretien de l’extension forestière.

Solde positif dans la construction et les services

« Les pays à faible revenu et certains pays à revenu intermédiaire ont encore besoin d’aide pour développer la collecte des données, pour adopter et financer des stratégies en faveur d’une juste transition vers une économie durable sur le plan environnemental et une société qui inclut chacune et chacun, dans toutes les couches de la société », souligne Catherine Saget.

Les pays aux économies développées ne sont pas oubliés. En France, l’organisation internationale estime qu’environ 2,1 millions de postes (représentant 8 % de l’emploi total) « dépendent directement de la gestion efficace et de la durabilité d’un environnement sain ». Dans le domaine de l’énergie, les pertes pourraient atteindre quelque 42 000 emplois, compensées par la création de 155 000 autres. Les secteurs qui connaîtraient un solde positif sont la construction (86 500), le secteur manufacturier (33 400) et les services (32 000).

Au niveau mondial, l’agence des Nations unies étudie aussi les impacts négatifs du changement climatique sur l’économie. Dans le domaine de l’agriculture, le réchauffement se traduit par des épuisements et des pertes économiques sèches. Les auteurs du rapport estiment que « le stress thermique va provoquer une perte mondiale de 2 % des heures travaillées d’ici à 2030 pour cause de maladie ». Un argument supplémentaire pour l’OIT qui pousse les Etats à développer des modèles économiques conformes à l’ambition climatique affichée en 2015 et aux normes qu’elle prône pour un travail décent.

Partager cet article
Repost0
13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 09:10

Une étude publiée le 11 mai dans « Science » décrit les mécanismes physiques par lesquels l’extraction de gaz, la fracturation hydraulique et la géothermie déclenchent des séismes. D’après Pierre Barthélémy pour Le Monde. Lire aussi Une étude révolutionnaire confirme le lien entre la fracturation hydraulique et les tremblements de terre, Gaz et pétrole : 7 millions d’Américains menacés de séismes liés à la fracturation hydraulique et la fracturation hydraulique est la cause de séismes.

Tremblement de terre en Oklahoma

Tremblement de terre en Oklahoma

Quel est le point commun entre les villes de Pawnee (États-Unis), Groningue (Pays-Bas) ou Bâle (Suisse) ? Toutes les trois ont subi, ces dernières années, d’inattendus tremblements de terre provoqués par les activités humaines en sous-sol. L’État de l’Oklahoma, où se situe Pawnee, est ainsi devenu champion du monde de ces séismes dits induits, avec plusieurs centaines d’événements en 2015. A l’origine de ce phénomène, l’exploitation des gaz et de pétrole de schiste de la région. Non seulement les exploitants ont recours à la technique de la fracturation hydraulique, qui consiste à fissurer la roche en y injectant des liquides sous haute pression, mais ils renvoient ensuite dans le sous-sol toutes les eaux usées qui découlent de l’extraction et notamment l’eau saline stockée naturellement dans le réservoir géologique et remontée avec les hydrocarbures.

A Bâle, victime d’un petit séisme de magnitude 3,4 en 2006, c’est aussi la fracturation hydraulique qui a été pointée du doigt, mais cette fois dans le cadre d’un projet de géothermie profonde non conventionnelle. L’idée consistait à disloquer la roche pour augmenter sa perméabilité et ainsi améliorer les échanges thermiques en sous-sol. Le projet a été abandonné après le tremblement de terre.

Tassement des couches géologiques

La mésaventure suisse n’a pas servi de leçon aux promoteurs d’un programme analogue à Pohang, en Corée du Sud. Le 15 novembre 2017, la ville a été secouée par un séisme de magnitude 5,4, le plus puissant de l’histoire moderne du pays, au cours duquel plusieurs dizaines de personnes ont été blessées. Deux études récemment parues dans Science ont estimé très probable le lien de cause à effet entre la fracturation hydraulique et ce séisme.

Dans un article publié lui aussi par Science jeudi 11 mai, une équipe de l’Organisation néerlandaise pour la recherche scientifique appliquée décrit les mécanismes qui déclenchent ces séismes induits. Après l’injection des eaux usées, les pressions qui s’exercent le long des failles avoisinantes sont modifiées et un changement, même modeste, peut suffire à faire lâcher une faille sous tension.

Ces chercheurs ont aussi analysé les séismes à répétition qui se produisent dans la région de Groningue où, depuis des décennies, est exploité le plus grand gisement de gaz naturel d’Europe. Ici, pas de fracturation hydraulique, mais l’article explique que l’extraction provoque un tassement des couches géologiques. L’augmentation progressive de la pression peut alors faire craquer des failles, même si, au départ, celles-ci ne subissaient pas un stress important.

« Ne fait-on qu’avancer les séismes ? »

« Dans les deux cas, commente Robin Lacassin, géologue à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP), qui a notamment étudié le cas de Pawnee, on a des changements de contraintes en profondeur qui déstabilisent les failles. Dans l’Oklahoma, où on n’avait auparavant qu’un séisme de magnitude supérieure à 4 par décennie, l’injection de ces eaux usées diminue les frottements qui maintiennent la faille bloquée, et celle-ci dépasse alors son point de rupture. »

Robin Lacassin souligne que « les failles présentes au milieu de la plaque tectonique américaine sont très lentes. L’interprétation la plus répandue de la crise sismique que vit l’Oklahoma est que l’exploitation du sous-sol a avancé la date de rupture de ces failles, parfois de plusieurs milliers d’années. Mais certains chercheurs se demandent si ces failles auraient jamais lâché… Est-ce qu’on ne fait qu’avancer les séismes ou est-ce qu’on les crée ? »

Les auteurs de l’article de Science insistent sur l’importance de bien connaître les populations de failles avant de se lancer dans les opérations. Ce qui implique une surveillance continue de la sismicité lorsqu’elle est mal documentée. « Cela éviterait de reproduire l’erreur faite en Corée du Sud, où on a injecté les liquides directement dans une faille que l’on ne connaissait pas, explique M. Lacassin. C’était pareil aux Etats-Unis, où on se met à découvrir les failles une fois qu’elles ont été “illuminées” par un séisme. »

« Effet boomerang »

A Groningue, après un séisme de magnitude 3,4 en janvier, le gouvernement néerlandais a décidé de mettre fin, d’ici à 2030, à une exploitation gazière déjà déclinante. Dans l’Oklahoma, où il a fallu des années pour que l’origine anthropique de l’épidémie de tremblements de terre finisse par être acceptée, la quantité de liquide injecté dans le sous-sol a été réduite. Résultat : « En 2017, le nombre de séismes a diminué de moitié », constate Robin Lacassin.

Le chercheur ajoute que, selon certains modèles, l’arrêt brutal des activités souterraines est susceptible de provoquer un « effet boomerang ». Le milieu rocheux peut en quelque sorte « rebondir »… et créer de nouveaux séismes.

 

Partager cet article
Repost0
11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 11:28

Les deux semaines de négociations climat qui se sont achevées jeudi à Bonn n’ont pas permis de suffisamment avancer sur les règles de fonctionnement de l’accord de Paris. De nouvelles discussions sont prévues à Bangkok en septembre avant la COP 24 de décembre en Pologne. D’après Reporterre et Libération le 11 mai 2018.                                                                                Lire aussi 2018 : les vrais chiffres des financements climat,                                  COP23 : Pas de sursaut face à l’urgence climatique et Réchauffement climatique : le rappel à l’ordre des pays vulnérables.

15 jours de négociations climatiques à Bonn se concluent sans « mode d’emploi » commun pour appliquer l’accord de Paris

Il reste du pain sur la planche avant d’aboutir à un « mode d’emploi » de l’accord de Paris, qui vise à contenir le réchauffement mondial sous les 2°C, voire 1,5°C, par rapport à l’ère préindustrielle. C’est le bilan qui ressort de la session intermédiaire de négociations climatiques, qui se sont déroulées du 30 avril au 10 mai à Bonn (Allemagne). « Cette réunion avait plusieurs objectifs, avec l’idée de faire de 2018 une année tremplin pour donner de la crédibilité à l’accord de Paris, explique Lucile Dufour, du Réseau action climat (Rac). Premier enjeu : quelles règles d’application et de fonctionnement de l’accord de Paris définir, qui soient suffisamment robustes ? Deuxième enjeu : comment renforcer les contributions nationales [c’est-à-dire les feuilles de route dans lesquelles les États indiquent leur objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre et les politiques menées pour l’atteindre] car celles qui ont été soumises en 2015 ne sont pas suffisantes pour contenir le réchauffement climatique sous la barre des 2 °C ? Et enfin : quel soutien financier apporter aux pays en développement ? »

Tout d’abord, le mode d’emploi de l’accord de Paris, appelé le « roadbook » dans le jargon onusien. « Il s’agissait de définir les règles qui vont permettre aux États de construire des engagements ambitieux, de revoir leurs engagements tous les cinq ans à l’occasion d’un bilan mondial et de créer un mécanisme de reporting pour qu’ils rendent compte de ces engagements. », détaille Lucile Dufour. La pression pour avancer sur ce texte était forte, car l’accord de Paris prévoit qu’il soit adopté lors de la COP24, en décembre 2018 en Pologne. « Bonne nouvelle, les négociateurs sont venus pour travailler, dans un état d’esprit constructif, apprécie la spécialiste des négociations climatiques au Rac. Du travail a été fait et on a avancé sur certains points, par exemple sur les modalités du bilan mondial tous les cinq ans ou sur la mise en place d’un mécanisme de transparence. »

Las, ces progrès n’ont pas été suffisants. Patricia Espinosa, la responsable climat de l’ONU, a annoncé qu’aucun texte de négociation ne serait adopté lors de la plénière de clôture, jeudi 10 mai. « Il s’agit plutôt de notes informelles thématiques sur la comptabilisation des financements climat, les modalités du bilan mondial... plus ou moins longues en fonction de l’avancement des travaux », explique Armelle Le Comte, d’Oxfam.

2018 année cruciale pour les négociations sur le climat

Pour éviter la surchauffe lors de la COP24, une nouvelle semaine de négociations intermédiaires a été prévue en septembre à Bangkok (Thaïlande). « Les négociations sont rendues complexes par plusieurs facteurs. Tout d’abord, il y a de nombreuses règles à fixer sur de nombreux thèmes – reporting, adaptation... – qui ont des ramifications entre eux. Ce qui fait que beaucoup de négociateurs se regardent en chiens de faïence, et attendent pour lâcher sur un thème de voir sur quels thèmes les autres lâcheront, analyse Lola Vallejo, directrice climat à l’Iddri. Par ailleurs, les négociations sont ralenties par l’idée que les différents thèmes doivent avancer de manière équilibrée : les règles de reporting et de revue des engagements ne peuvent pas être fixées sans les règles sur la transparence des financements climat, etc. » Pour autant, ces pesanteurs ne devraient pas bouleverser le calendrier. « Pour l’instant, on n’a pas entendu de voix discordante qui mette en doute l’adoption du roadbook lors de la COP24 », assure Armelle Le Comte.

En septembre également, du 12 au 14, se tient le Climate Action summit en Californie, grand rendez-vous des acteurs non-étatiques engagés sur le climat et qui aura une résonance particulière alors que Donald Trump multiplie les politiques climaticides. En octobre, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publiera son très attendu rapport sur l’état d’un monde à +1,5°C, commandé lors de la COP21. Le tout pour donner une dernière impulsion avant la COP24 dont la présidence polonaise n’annonce pas un grand volontarisme.

En parallèle de ces négociations formelles s’est ouvert le « dialogue Talanoa », lancé par la présidence fidjienne de la COP. L’idée était d’encourager les États à relever leurs ambitions en matière de lutte contre le changement climatique, sachant que les engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre pris jusqu’à présent conduiraient à un monde à +3°C . Et que les trois dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, avec des émissions de CO² reparties à la hausse en 2017.

« La discussion a eu lieu dimanche au cours de plusieurs tables rondes entre représentants des États et acteurs non-étatiques. Chaque table ronde devait répondre aux trois questions posées par le dialogue de Talanoa : Où en est-on ? Où veut-on aller ? Comment y parvenir ? L’idée était que les participants partagent des histoires et des expériences, de manière plus libre, et de créer une atmosphère de confiance et de bienveillance », explique Lucile Dufour. Lola Vallejo, qui a participé à ce dialogue, le trouve « intéressant. Les îles Fidji ont fait évoluer leur mandat d’un processus technique à quelque chose d’autre, davantage basé sur une atmosphère, presque un sentiment. Talanoa est une manière de résoudre les conflits. Aborder la question du climat par le biais d’histoires a permis de créer de l’empathie et de l’émotion. » Reste à savoir si ce dialogue va déboucher sur des décisions concrètes. « Le fait que les engagements des États soient insuffisants pour respecter les objectifs de l’accord de Paris était déjà connu. Et il est difficile de voir comment ce dialogue va être transformé en un relèvement concret des ambitions, poursuit la directrice climat de l’Iddri. Aucune déclaration claire n’a été faite à ce sujet. On attend de voir comment ce dialogue va se poursuivre pendant la phase politique de la COP24. »

Pour Sandrine Maljean-Dubois, chercheuse au CNRS, spécialiste des négociations climat, l’épreuve de vérité sera la publication à l’automne du rapport spécial du Giec consacré à l’objectif de 1,5 °C. Des éléments de ce rapport ont déjà fuité. Ainsi, d’après le Giec, dans les conditions actuelles, le monde atteindrait +1,5°C d’ici les années 2040. Et le groupe intergouvernemental d’étude du climat estime « extrêmement improbable » de ne pas dépasser 1,5°C sans transformations drastiques et immédiates. « Il faut ajouter à cela que le Giec a toujours un temps de retard, puisqu’il ne produit pas de savoirs mais synthétise des études, alerte Sandrine Maljean-Dubois. C’est ainsi que le dernier rapport du Giec présente une hausse de 2 °C comme un seuil de sécurité, mais que les études les plus récentes montrent qu’il existe une énorme différence, en termes d’impact, entre un réchauffement de 1,5 °C et de 1,8 °C. »

Enfin, l’épineuse question des financements a une nouvelle fois été mise sur la table. « Pour l’instant, on reste sur la position habituelle des pays en développement qui veulent des signaux concernant la promesse faite par les pays développés à Copenhague, de leur apporter 100 milliards de dollars par an de financements climat à partir de 2020 », rapporte Armelle Le Comte. Le roadbook doit contenir des règles sur la comptabilisation des financements climat, mais « toutes les options sont encore sur la table », indique la spécialiste financements climat d’Oxfam. Deux éléments de contexte devraient toutefois alimenter les discussions : la recapitalisation prochaine du Fonds vert et un récent rapport d’Oxfam, qui montre que les pays développés sont encore loin du compte : selon ses estimations, le montant total des financements climat publics déclarés par les bailleurs s’élève à 48 milliards de dollars par an, dont seuls 16 à 21 milliards de dollars aideraient réellement les pays du Sud.

Partager cet article
Repost0
5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 09:08

Si le monde entier vivait comme les Français, l’humanité commencerait à creuser son déficit écologique dès le 5 mai. Soit trois mois avant la date du Jour du dépassement planétaire qui est tombée début août en 2017. Un rapport de WWF publié le 4 mai 2018. Lire aussi Sols, forêts, poissons... A partir de lundi 8 août, l’humanité vit à crédit.

Date du « jour du dépassement planétaire », si toute l’humanité vivait comme les différents pays mentionnés. WWF-France

Date du « jour du dépassement planétaire », si toute l’humanité vivait comme les différents pays mentionnés. WWF-France

Le jour du dépassement mondial (Overshoot day)

Le constat est clair : si la planète était une entreprise, elle serait en faillite.

Tous les ans, l’ONG Global Footprint Network calcule « le jour du dépassement ». C’est la date à laquelle l’empreinte écologique de l’humanité dépasse la biocapacité de la planète, à savoir la capacité régénératrice de la Terre pour satisfaire notre consommation annuelle de ressources. Cette date symbolise ainsi un budget disponible épuisé pour l’année.

En 1961, beaucoup de pays présentaient des biocapacités plus grandes que leurs propres empreintes respectives. Mais au début des années 70, un seuil critique a été franchi : la consommation de l’homme a largement pris le pas sur ce que la nature est en capacité de fournir en une année, en termes de recyclage du CO2 libéré et de production de nouvelles matières premières. C’est à cette époque-là que nous sommes entrés en situation de dette écologique…

Il faudrait 2,9 Terre si toute l'humanité vivait comme les Français.

Depuis le 5 mai, la France est en déficit écologique

En 4 mois, nous avons pêché plus de poissons, abattu plus d’arbres et consommé plus d’eau que ce que la nature de notre territoire peut nous procurer au cours d'une année.

Si le monde entier émettait autant de carbone par ses activités, consommait autant de terres, utilisait autant de terrains bâtis que les Français, le Jour du dépassement planétaire – jour à partir duquel l’humanité a consommé l’ensemble du budget annuel mondial disponible en ressources naturelles – tomberait en 2018 le 5 Mai.

Si l’on s’intéresse strictement au territoire français et que l’on compare l’empreinte écologique de la France à sa propre biocapacité – c’est-à-dire les zones terrestres et marines du pays lui permettant d’absorber sa consommation à domicile – la France et les Français demanderaient à l’heure actuelle 1,8 fois plus à la nature que ce que les écosystèmes du territoire français sont en mesure de lui fournir. Depuis le 5 mai 2018, nous vivons à crédit.

L'autre déficit de la France - 5 mai 2018 : Jour du dépassement pour la France

L'autre déficit de la France.                                                       Plus de détails d'après Pierre Le Hir le 4 mai 2018 pour Le Monde.

La France a commencé à réduire son déficit budgétaire, mais son déficit écologique, lui, continue de se creuser inexorablement. C’est l’alerte que lance le WWF dans un rapport publié vendredi 4 mai. A compter du samedi 5, les Français vivront en quelque sorte à crédit : si leur niveau de consommation était généralisé à la planète, l’ensemble des ressources que la nature peut renouveler en un an serait d’ores et déjà épuisé.

L’ONG a travaillé en collaboration avec le Global Footprint Network, un institut de recherche international qui, chaque année, calcule le « jour du dépassement » : celui à partir duquel l’empreinte écologique de l’humanité – émissions de carbone, utilisation de terres agricoles, de prairies, de forêts et de milieux aquatiques, ou encore artificialisation des sols – excède la biocapacité de la planète, c’est-à-dire sa capacité annuelle à absorber les gaz à effet de serre d’origine anthropique et à reconstituer ses réserves.

Empreinte écologique des Français depuis 1961, avec, de haut en bas, la part des émissions de carbone, des espaces bâtis, de la pêche, des coupes forestières, du pâturage et des cultures. WWF-France

Empreinte écologique des Français depuis 1961, avec, de haut en bas, la part des émissions de carbone, des espaces bâtis, de la pêche, des coupes forestières, du pâturage et des cultures. WWF-France

Sans doute cet indicateur présente-t-il des limites. Il donne en effet un poids prépondérant aux émissions carbonées (60 % de l’empreinte écologique) et ne prend pas en compte des facteurs tels que la perte de biodiversité, la pollution ou la pression sur la ressource en eau. Il n’en permet pas moins de mesurer, année après année et à paramètres constants, l’évolution de la situation. Et la tendance n’est pas bonne.

Alors que jusqu’au début des années 1970 l’humanité consommait moins de ressources que ce que pouvait lui procurer la nature, elle est ensuite devenue débitrice. Et le jour fatidique du dépassement est de plus en plus précoce : le 1er décembre en 1975, le 5 novembre en 1985, le 5 octobre en 1995, le 26 août en 2005, le 4 août en 2015, le 2 août en 2017, peut-être plus tôt encore cette année, pour laquelle le Global Footprint Network rendra son verdict cet été. Autrement dit, il faudrait désormais 1,7 planète pour subvenir aux besoins annuels des quelque 7,5 milliards d’humains.

Modèle de développement

Le WWF s’est penché, pour la première fois, sur le cas particulier de l’Hexagone. Il apparaît que, si le monde entier vivait comme les Français, la capacité des écosystèmes à se régénérer serait épuisée dès le 5 mai, en à peine plus de quatre mois. Il faudrait donc 2,9 planètes pour que les océans et les forêts stockent le CO2 relâché en un an par les activités humaines, et pour assurer l’alimentation en bétail et en poissons, ou l’approvisionnement en bois de la population mondiale.

Certes, l’empreinte écologique de la France est moindre, si on la rapporte à la biocapacité du territoire national, en métropole mais aussi dans les outre-mer. Avec ce calcul, les Français consomment 1,8 fois plus de ressources que ce que « leurs » milieux naturels sont en mesure de leur fournir. « Ce rapport ne met pas en avant une approche “nationaliste”, mais pointe un modèle de développement qui conduit à une aggravation de notre dette écologique », précise Pascal Canfin, directeur général du WWF-France.

Pascal Canfin, Directeur général du WWF France

Pascal Canfin, Directeur général du WWF France

Au reste, la France se classe dans le groupe de tête des pays les plus « prédateurs », loin derrière le Qatar (avec le train de vie qatari, le jour du dépassement planétaire serait le… 9 février), les Etats-Unis, le Canada ou l’Australie, mais à peu près au même niveau que l’Allemagne et le Royaume-Uni, devant le Japon, la Grèce ou l’Italie. A titre de comparaison, avec le mode de vie du Vietnam, le jour du dépassement n’interviendrait que le 20 décembre !

Dans le détail, les émissions de carbone pèsent pour plus de moitié (56 %) dans l’empreinte écologique des Français, devant l’utilisation des terres agricoles pour l’alimentation humaine et animale (20 %), l’exploitation forestière (11 %), l’affectation des prairies à l’élevage du bétail (5 %), la pêche (4 %) et la couverture des sols par des infrastructures industrielles, des voies de transports ou des habitations (4 %). Globalement, le logement, les transports et l’alimentation sont à l’origine de plus des deux tiers de la pression exercée sur les milieux naturels, du fait notamment des émissions de gaz à effet de serre qu’ils génèrent.

Logement, transports et alimentation sont à l’origine de plus des deux tiers de l’empreinte écologique des Français. WWF-France

Logement, transports et alimentation sont à l’origine de plus des deux tiers de l’empreinte écologique des Français. WWF-France

Pour le WWF, ce constat est d’autant plus alarmant que l’Hexagone avait, sur la période 2008-2015, réduit de façon continue son empreinte écologique. Celle-ci est depuis repartie à la hausse, avec une augmentation de 5 % entre 2015 et 2018. Un mauvais résultat dû principalement à une poussée des émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs du bâtiment et des transports.

 « Le paradoxe est que cette dégradation a commencé en 2015, l’année de l’adoption de l’accord de Paris sur le climat », commente Pascal Canfin. Au-delà d’explications conjoncturelles, telles que la baisse des cours du pétrole ayant favorisé un regain de consommation, l’ONG y voit la preuve que la politique nationale de transition écologique « n’est pas assez ambitieuse ».

« Pas de planète B »

« Si la planète était une entreprise, elle serait en faillite, ajoute son directeur général. Le dérèglement climatique, la disparition du vivant, la destruction des forêts primaires et la transformation des océans en soupe de plastique sont les signes de cette faillite écologique. »

L’ONG estime pourtant qu’il n’est pas trop tard pour redresser la barre. « Les technologies sont aujourd’hui disponibles, qu’il s’agisse des véhicules électriques, de l’habitat à basse consommation, des énergies renouvelables ou de l’alimentation biologique, souligne M. Canfin. C’est donc une question de volonté politique. Le président de la République a fait de la bonne gestion financière un élément-clé de son quinquennat. Il doit désormais mettre en place une stratégie de désendettement écologique. »

Et de prendre au mot Emmanuel Macron qui, le 25 avril, devant le Congrès américain, déclarait : « Il n’y a pas de planète B. » Autrement dit, pas d’autre choix que de vivre avec la finitude de notre Terre nourricière.

Partager cet article
Repost0
3 mai 2018 4 03 /05 /mai /2018 11:06

Où en est-on de l'engagement des 100 milliards de dollars ? Par Oxfam le 2 mai 2018. Alors que les négociations climatiques ont repris à Bonn jusqu’au 10 mai... Lire aussi COP23 : Pas de sursaut face à l’urgence climatique, Face à l'urgence climatique et l'inertie des Etats, place au sursaut citoyen ? et Appel pour un Pacte Finance-Climat européen - Mille milliards d’euros pour le climat.

Le rapport Oxfam : 2018, les vrais chiffres des financements climat, téléchargeable ci-dessous.

Le rapport Oxfam : 2018, les vrais chiffres des financements climat, téléchargeable ci-dessous.

Oxfam a analysé les derniers chiffres publiés par les bailleurs pour la période 2015–2016 et publié dans ce nouveau rapport « 2018 : Les vrais chiffres des financements climat », la façon dont les financements climat sont affectés et comptabilisés. Il en ressort des tendances très préoccupantes pour les pays et les populations les plus pauvres dans le monde.

  • L’augmentation des financements climat résulte en grande partie d’une recrudescence des prêts, en particulier à destination des pays à revenu intermédiaire.
  • L’aide publique accordée sous forme de subventions ne répond pas aux besoins et n’augmente pas assez vite. Selon les estimations, le montant des subventions se situe entre 11 et 13 milliards de dollars, contre 10 milliards lors de notre dernière évaluation portant sur la période 2013-2014.
  • Le financement de l’adaptation au changement climatique reste largement négligé, ne représentant que 20 % des financements climat publics, contre 19 % en 2013 et 2014.
  • La part des financements publics accordés aux pays les moins avancés n’a pas augmenté, stagnant à environ 18 %.

Téléchargez le rapport Oxfam : 2018, les vrais chiffres des financements climat

L’un des principaux problèmes que pointe ce rapport concerne la comptabilisation excessive des financements fournis. En effet, nombre de bailleurs surévaluent l’élément climat d’un projet de développement dont le changement climatique n’est en fait qu’un aspect d’un programme plus vaste. Oxfam estime que les financements publics nets spécifiquement consacrés au climat en 2015 et 2016 se situent entre 16 et 21 milliards de dollars par an, ce qui est très en-deçà des 48 milliards de dollars annuels de financements climat publics, si l’on prend les chiffres déclarés par les bailleurs à leur valeur nominale.

Alors que le président de la République Emmanuel Macron se pose en chef de file de la lutte contre le changement climatique, les chiffres de la France révèlent une tout autre réalité. Seuls 7 % des financements climat versés par le pays ont été accordés sous forme de subventions au cours de la période 2015-2016, ce qui est très peu par rapport aux chiffres de ses voisins.

------------------------------

Alors que les négociations climatiques ont repris à Bonn jusqu’au 10 mai, les pays du Nord sont loin de leur promesse de mobiliser 100 milliards pour le climat pour le Sud. D’après Simon Roger pour le Monde à Bonn le 3 mai 2018.

Les 195 pays signataires de l’Accord de Paris sont réunis de nouveau de nouveau à Bonn (Allemagne). PATRIK STOLLARZ / AFP

Les 195 pays signataires de l’Accord de Paris sont réunis de nouveau de nouveau à Bonn (Allemagne). PATRIK STOLLARZ / AFP

A chaque nouvelle session de négociations sa trouvaille linguistique. Le terme était apparu lors de la conférence climat de novembre 2017 (COP23), il entre en force dans le vocabulaire de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, la CCNUCC. Réunis à Bonn, en Allemagne, jusqu’au 10 mai, les délégués des 195 pays signataires de l’Accord de Paris – destiné à contenir le réchauffement planétaire sous le seuil des 2 °C – devront dorénavant s’habituer au « dialogue Talanoa ».

L’expression forgée par les îles Fidji, qui supervisent les débats jusqu’en décembre, avant de passer le relais à la Pologne lors de la COP24, fait référence à l’approche polynésienne de la résolution des problèmes, une manière « de partager nos histoires, dans un esprit d’empathie et de confiance », a tenté de résumer, mercredi 2 mai en séance plénière, l’ambassadeur fidjien Luke Daunivalu.

En attendant d’étrenner, dimanche 6 mai, ce nouveau format de discussion entre Etats et acteurs non étatiques, les quelque 4 000 accrédités du World Conference Center des bords du Rhin mettent à l’épreuve leur capacité d’écoute sur l’un des dossiers les plus crispants des négociations : les financements. Le rapport que publie, jeudi, l’ONG internationale Oxfam risque de faire chuter la cote de confiance que l’institution onusienne cherche à maintenir.

Intitulé « 2018 : les vrais chiffres des financements climat », le document passe en revue les données publiées par les pays bailleurs pour la période 2015-2016 et s’interroge sur le chemin qui reste à parcourir par les nations du Nord pour tenir leur engagement de mobiliser conjointement 100 milliards de dollars (83 milliards d’euros) par an, d’ici à 2020, en faveur des pays du Sud.

« Tendances préoccupantes »

Le rapport s’ouvre sur un chiffre qui devrait faire tousser quelques délégués siégeant à Bonn. Selon les estimations d’Oxfam, le montant total des financements climat publics déclarés par les bailleurs s’élève à 48 milliards de dollars par an. L’ONG pousse l’analyse plus loin et considère que seuls 16 à 21 milliards de dollars aident réellement les pays du Sud puisqu’une grande partie des fonds engagés par le Nord financent des projets dont le climat n’est qu’un volet d’action.

Dans un précédent exercice de comptabilisation, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) avait estimé, en octobre 2016, que ces financements publics pourraient représenter 67 milliards de dollars en 2020, la part restante des 100 milliards étant comblée selon l’OCDE par des capitaux privés. Mais il s’agissait là d’une projection, basée sur les engagements annoncés par plusieurs pays riches en 2015, et pas d’une photographie à l’instant T.

En publiant cette synthèse en pleine session de travail de la CCNUCC, l’ONG veut mettre l’accent sur des « tendances très préoccupantes pour les pays et les populations les plus pauvres dans le monde », argumente Armelle Le Comte. La responsable climat et énergie d’Oxfam France s’inquiète notamment de la faible augmentation de l’aide publique accordée sous forme de subventions : entre 11 et 13 milliards de dollars en 2015-2016 (sur le total de 48 milliards), contre 10 milliards sur la période 2013-2014.

Elle déplore la part modique des sommes consacrées à l’adaptation au changement climatique, qui représentent seulement 20 % des financements publics, contre 19 % en 2013-2014 (les politiques d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre captent la majeure partie des fonds). Seuls 18 % des financements comptabilisés en 2015-2016 ont bénéficié aux quarante-huit pays les moins avancés (PMA), relève par ailleurs la responsable d’Oxfam.

Comptabilisation des financements

Le rapport de l’ONG n’élude pas la disparité des informations transmises par les Etats, qui rend cet effort de chiffrage délicat. Tous les pays ne précisent pas la part bilatérale et multilatérale de leurs fonds publics, n’intègrent pas de la même manière les flux financiers privés et n’affichent pas les mêmes ratios entre les prêts et les dons. Les Etats-Unis, qui ne cachent pas leur hostilité à l’égard de l’accord de Paris, n’ont pas indiqué de leur côté les sommes dépensées en 2016.

En fait, « il n’existe aucune définition des finances climat au sein de la CCNUCC, et cela ne changera pas, confie un fin connaisseur de la gouvernance climatique, le sujet est très compliqué techniquement et trop sensible politiquement ». Les négociateurs se veulent plus optimistes puisque l’accord de 2015 a ouvert la voie à deux groupes de travail : l’un sur les modalités de comptabilisation, l’autre sur la « prévisibilité » des financements des pays développés à destination de ceux du Sud.

Ce deuxième point, qui avait paralysé les débats de la COP23, est pris très au sérieux à Bonn. « La prévisibilité est un enjeu crucial, analyse Lucile Dufour, du Réseau action climat. C’est ce qui doit permettre aux pays en développement de planifier leurs actions climatiques, c’est aussi une garantie de confiance entre le Nord et le Sud. »

La question de la comptabilisation des financements relève du « rule book », c’est-à-dire des règles de mise en œuvre de l’accord conclu fin 2015 à Paris, qui doivent être adoptées en décembre en Pologne à Katowice, ville hôte de la COP24. Ce mode d’emploi aborde de nombreux sujets, comme le contenu des contributions nationales pour réduire les émissions polluantes de chaque pays, les règles de transparence des informations communiquées par les parties ou encore les contours du bilan mondial auquel va s’astreindre la communauté internationale, tous les cinq ans, à partir de 2023.

Une occasion manquée

Devant cette pile de dossiers qui s’amoncellent sur la table des négociations, le secrétariat de la CCNUCC envisage d’ajouter une session de travail supplémentaire, début septembre, à Bangkok. Cofacilitateur du groupe sur la comptabilisation des financements climat, l’ambassadeur malien Seyni Nafo esquisse un calendrier : « Nous avons beaucoup de notes informelles, il faut désormais préparer un texte clair pour Bangkok, qui rendra possible les arbitrages au moment de la COP24. »

D’autres étapes vont jalonner cette année. Les nations industrialisées sont invitées (sur une base volontaire) à transmettre d’ici à septembre à la Convention-cadre la feuille de route de leurs financements climat jusqu’en 2020. Un exercice auquel pourrait se plier la France.

Les pays du Nord vont ouvrir, fin 2018, le chantier de la recapitalisation du Fonds vert pour le climat, dont le premier cycle (2015-2018) arrive à échéance. Ils devront compter sans les Etats-Unis, Donald Trump ayant décidé de bloquer 2 milliards de dollars promis au fonds par son prédécesseur Barack Obama.

La promesse des 100 milliards de dollars est elle aussi une occasion manquée, estime Seyni Nafo. « C’est un minimum qui n’existe pas aujourd’hui, commente le porte-parole du groupe Afrique au sein de la CCNUCC, et on a fait l’erreur d’annoncer des engagements avant de se mettre d’accord sur des règles ! »

A l’horizon 2050, le coût du changement climatique pour les pays en développement devrait dépasser les 1 000 milliards de dollars par an, même avec une hausse de la température moyenne inférieure à 2 °C, avancent les experts d’Oxfam.

Partager cet article
Repost0
30 avril 2018 1 30 /04 /avril /2018 09:05
L’Europe interdit trois pesticides néonicotinoïdes dangereux pour les abeilles

Serait-ce le début de la fin pour les néonicotinoïdes ? Vendredi 27 avril, les représentants des États membres de l’Union européenne ont décidé d’interdire trois produits de cette famille d’insecticides jugés dangereux pour les abeilles sur toutes les cultures de plein air.

La majorité qualifiée requise (55 % des États membres représentant 65 % de la population totale de l’UE) a donc été atteinte lors de la réunion du comité spécialisé chargé du dossier. La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne se sont tenues à leurs positions exprimées publiquement et ont voté en faveur de l’interdiction. Quatre pays ont voté contre : Danemark, Hongrie, République tchèque et Roumanie. Pas moins de neuf pays se sont abstenus, dont la Belgique et la Pologne.

Proposé par la Commission européenne, le texte concerne trois néonicotinoïdes (clothianidine, imidaclopride, thiaméthoxame), dont elle avait partiellement restreint l’utilisation en décembre 2013. Il s’agissait donc cette fois non seulement de prolonger ce moratoire, mais aussi de le généraliser à toutes les cultures de plein champ, seul l’usage sous serre restant autorisé.

Responsable du dossier, le commissaire européen à la santé, le Lituanien Vytenis Andriukaitis, s’est réjoui de l’issue de l’adoption de sa proposition. Il s’agit d’un vote « essentiel pour l’avenir de la biodiversité et notre agriculture », s’est pour sa part félicité l’eurodéputé socialiste, Eric Andrieu, président de la commission pesticides du Parlement européen, créée à la suite de la controverse sur le glyphosate (principe actif du Roundup).

Lobbying des industriels de la betterave

Du côté des ONG, Pesticide Action Network (PAN) Europe évoque « un jour historique pour l’Union européenne », tandis que Greenpeace Europe souligne qu’« il reste encore beaucoup d’autres pesticides dans la nature, dont d’autres néonicotinoïdes, tout aussi dangereux pour les abeilles et les productions alimentaires ».

Le texte avait été combattu par un lobbying intensif du secteur des produits phytosanitaires et des industriels de la betterave à sucre, une des cultures jusque-là épargnée par le moratoire. Le groupe agrochimique allemand Bayer a déploré son adoption, rappelant qu’un jugement de la Cour de justice européenne, saisie par les fabricants de néonicotinoïdes, Bayer et Syngenta, était attendu le 17 mai. « Bayer demeure convaincu que les restrictions ne sont pas justifiées, car les néonicotinoïdes sont sûrs quand ils sont utilisés conformément aux instructions d’utilisation », indique le communiqué du groupe.

Le dossier scientifique concernant ces « tueurs d’abeilles », neurotoxiques et très persistants, est pourtant plus qu’étayé. Considérée comme conservatrice et proche des intérêts des industriels, l’Autorité européenne de sécurité des aliments est elle-même parvenue, en février 2018, à la conclusion que les néonicotinoïdes sont très toxiques pour les abeilles mellifères, les abeilles solitaires et les bourdons.

De nombreuses études désignent ces insecticides comme les principaux responsables de l’effondrement des populations d’insectes pollinisateurs. Mis sur le marché dans les années 1990, ils sont appliqués en enrobage des semences lors du semis, c’est-à-dire en usage préventif, et se disséminent rapidement au-delà des cultures, contaminant l’environnement et les fleurs sauvages.

Plus récemment, ce sont leurs effets en cascade sur d’autres espèces animales qui ont été mis en évidence. En octobre 2017, une étude publiée dans la revue scientifique PLoS One avait fait les titres des journaux dans le monde entier. A partir de données de captures d’insectes réalisées depuis la fin des années 1980 en Allemagne, elle suggérait que les populations d’insectes avaient chuté de près de 80 % en moins de trente ans en Europe. En accusation : les « nouvelles méthodes de protection des cultures », qui comprennent les néonicotinoïdes.

En mars, des données publiées par le CNRS et le Muséum national d’histoire naturelle soulignaient une disparition d’un tiers des populations d’oiseaux en quinze ans en France. Une disparition qualifiée par les chercheurs de « proche de la catastrophe écologique » et également attribuée aux pratiques agricoles intensives.

Partager cet article
Repost0
28 avril 2018 6 28 /04 /avril /2018 12:31

Une plainte est déposée contre l’usine Alteo installée dans les Bouches-du-Rhône, à l’origine de la pollution. Par Luc Leroux, correspondant à Marseille pour Le Monde le 25 avril 2018. Lire à ce sujet Boues rouges de Gardanne : la Commission européenne veut des réponses.

Un nuage de poussière rouge au-dessus de Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône), le 27 octobre 2017. Jean Claude Monet/MAXPPP

Un nuage de poussière rouge au-dessus de Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône), le 27 octobre 2017. Jean Claude Monet/MAXPPP

Autour de l’usine Alteo, les poussières rouges ont obscurci le ciel de Bouc-Bel-Air, comme les boues rouges déversées en Méditerranée avaient suscité l’indignation des défenseurs de l’environnement auparavant… Des habitants de cette commune, sur laquelle Alteo exploite un site de stockage de ses déchets issus de la transformation, à Gardanne, de bauxite en alumines de spécialité, ne décolèrent pas après le passage d’un nuage rouge, début avril. Piscines colorées, chiens colorés… une couche de poussière a recouvert tout un quartier résidentiel, y compris l’école de La Bergerie.

« Mon premier réflexe a été d’enfermer les enfants à l’intérieur », rapporte une habitante. Une mère d’élève explique qu’une semaine après le nuage de poussières et en dépit d’un nettoyage de l’établissement scolaire, les enfants « avaient toujours les chaussettes et les chaussures rouges en rentrant de classe ». Le préfet des Bouches-du-Rhône, Pierre Dartout, a qualifié cet épisode d’« accident de pollution de l’air de grande ampleur » et a enjoint à l’industriel de réparer les dégâts.

« Cynisme monumental »

« Mais passer la serpillière, ce n’est pas le problème », estime la jeune association Bouc-Bel-Air Environnement, car ce nouvel envol de poussières après d’autres, « c’est clairement la goutte qui a fait déborder le vase ». Deux ans après la reprise d’exploitation à plein régime de cette décharge qui avait fonctionné au ralenti durant un demi-siècle, l’association Zea de défense de l’environnement et sept requérants – des riverains, un pêcheur professionnel – ont adressé, mardi 24 avril, au procureur de la République d’Aix-en-Provence, une plainte contre X pour mise en danger d’autrui. Une nouvelle étape dans la contestation pour accentuer la pression sur « un industriel qui affiche un cynisme monumental », selon Olivier Dubuquoy, président de Zea.

Jusqu’à fin 2015, l’usine déversait ses boues rouges en Méditerranée par une canalisation de 55 km, dans le canyon marin de la Cassidaigne au large de Cassis, où les déchets se sont accumulés pendant un demi-siècle. Désormais, elle n’envoie plus ce type de résidus, mais 270 mètres cubes d’effluents par heure, assurant avoir réduit de 99,95 % les matières solides et de 99 % leur teneur en métaux lourds.

Déshydratés grâce à deux filtres-presses, les déchets sont désormais entreposés à Mange-Garri, la décharge historique de l’usine, un sommet de colline où deux vallons ont déjà été comblés avant les années 1960. Avec des allures de planète Mars, ce site de 28 hectares entouré de pins reçoit 300 000 tonnes de boues rouges chaque année par une conduite qui le relie à l’usine de Gardanne. Ces énormes « gâteaux » de déchets tombés des filtres-presses sont étalés par des bulldozers.

Eric Duchenne, directeur industriel et du développement durable d’Alteo, assure que les envols de poussières sont une préoccupation permanente. Pour y remédier, trois solutions : la végétalisation des zones qui ne seront plus exploitées, l’« encroûtage » des surfaces par un polymère qui, une fois épandu, forme une espèce de bâche et, pour les zones en exploitation, un arrosage afin de mouiller en surface ce produit très pulvérulent. « Mais lorsque le vent souffle au-delà de 60 km/heure, c’est difficile de maintenir les poussières sur l’ensemble du site », convient-il.

La pose de tuyaux, de brumisateurs et de gicleurs, notamment sur les cheminements des engins de chantier qui soulèvent énormément de poussières, n’a pas pu être réalisée en raison de l’impossibilité de trouver les fenêtres météo nécessaires aux travaux, plaide l’industriel. Dans un arrêté de mise en demeure, le préfet des Bouches-du-Rhône va, dans les tout prochains jours, le rappeler à des obligations fixées dès juin 2016. « Il y a clairement un retard dans la mise en œuvre des prescriptions, notamment pour l’encroûtage et l’arrosage préventif, explique Maxime Ahrweiller, secrétaire générale adjointe de la préfecture. La mise en demeure donnera un délai très court pour se mettre en conformité. »

Dans la plainte dont Le Monde a eu connaissance, les opposants énumèrent les dépassements de taux de métaux autorisés dans les rejets liquides en mer, les envols de poussières, la pollution d’une source d’eau… « Alteo Gardanne viole régulièrement les prescriptions imposées par les arrêtés préfectoraux et son obligation générale de sécurité », estime Me Hélène Bras, défenseure des opposants. Selon ces derniers, l’industriel a « conscience de la mise en danger de la vie d’autrui ». Eric Duchenne martèle que ces déchets et les poussières ne sont « ni dangereux ni toxiques. Sinon, nous aurions des maladies professionnelles à l’usine ».

Estimant à l’inverse que le site de Mange-Garri peut présenter « un risque sanitaire », les plaignants en prennent pour preuve l’avis « très négatif » donné par la ministre de l’écologie, à l’automne 2015, sur l’arrêt des rejets de boues rouges en mer, tandis qu’était autorisée la poursuite du déversement d’effluents. Ségolène Royal indiquait alors que « la question de l’emploi est très importante, mais elle ne saurait conduire à fermer les yeux sur les graves questions de santé publique ».

En 2017, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail concluait, concernant l’aluminium, le plomb et l’arsenic, que « les résultats ne permettent pas d’exclure un risque sanitaire au niveau local », tout en jugeant impossible d’établir la part due à l’exploitation actuelle de Mange-Garri.

Air Paca livrera bientôt les résultats d’une campagne de mesures des polluants industriels et des particules fines et ultrafines, conduite depuis février 2017. « Le dernier comité de suivi de site, ajoute Maxime Ahrweiller, a décidé, avant de confier à Santé publique France une étude épidémiologique, de créer un comité d’orientation et de suivi afin de permettre l’analyse des attentes des acteurs locaux et du contexte local. Il est ouvert aux riverains. »

Capacité de valorisation des déchets

La plainte des opposants évoque aussi « l’abstention des services de l’Etat à prendre les mesures appropriées ». L’autorité administrative est pointée du doigt, car, « afin de mettre un terme au rejet en mer des résidus de bauxite, [elle] a, en réalité, autorisé un transfert de la pollution sur la terre et non une réduction de la pollution ». Alteo dispose d’une autorisation d’exploiter Mange-Garri jusqu’au 8 juin 2021 et, annonce Eric Duchenne, « on demandera une prolongation, car nous avons des capacités de stockage jusqu’en 2035 ». Un calcul contesté par les opposants, selon lesquels, au rythme d’exploitation actuel, « le site sera plein comme un œuf en 2021 ».

L’avenir de la colline rouge de Bouc-Bel-Air tient dans la capacité de valorisation de ces déchets – ce qui est aujourd’hui le cas pour 10 % seulement du tonnage. Il est question d’outil de dépollution des sols pour fixer des métaux lourds, de sous-couche pour les routes, de granulat pour alléger le béton… mais la Bauxaline est toujours considérée comme un déchet. « On pousse pour que l’administration accepte de la déclassifier et en faire un simple produit », insiste Eric Duchenne.

Cependant, pour les opposants, ces pistes de valorisation ne sont « pas fiables, ni d’un point de vue sanitaire ni d’un point de vue écologique ». L’urgence, selon eux, est « d’œuvrer à la reconversion » de l’une des plus anciennes usines d’alumine au monde, et de ses 450 salariés directs et 300 sous-traitants.

Partager cet article
Repost0

L'écologie aux Lilas et au Pré ...

Pour une restauration scolaire de qualité, durable, équitable, accessible aux Lilas

Les zadistes de Gonesse ont-ils raison de s’opposer à une gare en plein champ ?

Une nouvelle ZAD près de chez vous

Pour le projet CARMA contre la reprise des travaux de la gare "Triangle de Gonesse"

Les Lilas écologie - en campagne pour gagner

Les Lilas Ecologie en campagne

Le gouvernement abandonne Europacity, pas l’artificialisation des terres agricoles

Il faut stopper EuropaCity - marche citoyenne de Gonesse à Matignon 4 et 5 octobre

Aux Lilas, les citoyens s’unissent pour produire de l’électricité verte

Les promoteurs, les arbres et la cité - lettre ouverte à BNP Paribas

Toxic Tour de Pantin à Romainville dimanche 16 juin 2019

Une Biorégion Ile-de-France résiliente en 2050

Merci aux 1779 Lilasiennes et Lilasiens qui ont voté " Pour le climat, tout doit changer ! "

Pollution de l’air dans les écoles et crèches franciliennes

Volonté politique de créer une régie publique de l’eau à Est Ensemble, mythe ou réalité ?

À la base … un revenu ?

Balade naturaliste Parcs de la Corniche des Forts et abords de la forêt de Romainville le 9 mars 2019 à 11h

La forêt de Romainville, un enjeu écologique et politique

La Forêt passe à l'attaque !

Plâtre et béton sur la Corniche

Agir ensemble pour les Coquelicots le 7 décembre

Marche pour le climat, Défendons la forêt de la Corniche des Forts

Destruction des océans, sur-pêche, pêche électrique... avec Bloom mardi 20 novembre

À Romainville, les habitants défendent une forêt sauvage contre une base de loisirs régionale

Marches pour le climat et la biodiversité 13 et 14 octobre

Les amis des coquelicots étaient bienvenus...

Amis des coquelicots, agissons ensemble vendredi 5 octobre à 18H30

La forêt urbaine de la Corniche des Forts - une chance unique à nos portes

Mobilisation citoyenne à la marche pour le climat samedi 8 septembre à Paris

Un coup de pouce Vert pour les Électrons solaires ! 

Le collectif Eau publique des Lilas invite au dialogue le 21 mars

Entre le nucléaire et la bougie, il y a l’intelligence - du 10 au 18 mars aux Lilas

En Ile de France, les énergies renouvelables citoyennes ont le vent en poupe...

Le Syctom a organisé une concertation réservée aux sachants – et après ?

Une enquête publique sur le PLU des Lilas… qui change la donne !

Une victoire pour l'eau publique en Île-de-France

L’eau publique, c’est maintenant !

L’Ouest de la Seine Saint-Denis se mobilise pour la création d’un service public de l’eau

Romainville : le Syctom lance une concertation préalable pour la modernisation du centre de transfert et de tri des déchets

Que sont ces CSR - Combustibles Solides de Récupération - qu’on veut brûler à Romainville ?

Ces parents qui mijotent une cantine publique

De nouvelles préconisations nutritionnelles... Pas d'usine, on cuisine !

À Romainville contre l’incinération

Une victoire de l'engagement citoyen aux cantines rebelles du 10 novembre

Derniers échos de la révision du PLU des Lilas

Les Sans Radio retrouvent les ondes

Europacity : le débat public se conclut sur des positions inconciliables

Le parc (George-Valbon La Courneuve) debout !

Grand Paris : non à la logique financière

Pour une gestion publique, démocratique et écologique de l'eau

Le revenu de base ? Débat mardi 14 juin 20h

C'était la Grande Parade Métèque 2016...

La nature : une solution au changement climatique en Île-de-France

Participer à la Grande Parade Métèque samedi 28 mai 2016

PLU des lilas: enfin un diagnostic et état initial de l'environnement ... à compléter

Avec la loi « Travail », où irait-on ? Débattons-en mercredi 30 mars

Réduire la place de la voiture des actes pas des paroles

La COP 21 aux Lilas

La nature est un champ de bataille

Alternatiba et le Ruban pour le climat des Lilas à la République

Un compost de quartier aux Lilas

Devoir d'asile : de l'Etat jusqu'aux Lilas

Un ruban pour le climat aux Lilas

Six propositions vertes pour une révision du PLU véritablement utile

La Grande Parade Métèque samedi 30 mai

Fête de la transition énergetique et citoyenne le 9 mai aux Lilas