Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bienvenu.e

  • : Les Lilas Ecologie : Blog des militants et élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas et du Pré Saint-Gervais
  • : Culture, information, réflexion de l'écologie politique par les militants et les élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas, du Pré Saint-Gervais, d'Est Ensemble
  • Contact

Recherche

Nous contacter ...

S'abonner à la Lettre d'information ...

C'est dans la colonne de droite tout en bas...

31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 16:52

Un film de Fisher Stevens produit par Leonardo DiCaprio, 1h35', Sous-titres FR TR, avec Leonardo DiCaprio, Barack Obama,... disponible en lecture depuis le 30/10/2016 pendant une semaine sur http://www.dailymotion.com/video/x4yfbbt malheureusement en américain sans sous-titre.

Pour le film, Leonardo DiCaprio a parcouru le monde pendant deux ans. Photo Ratpac Documentary Films.

Pour le film, Leonardo DiCaprio a parcouru le monde pendant deux ans. Photo Ratpac Documentary Films.

Un film suivant Léonardo Di Caprio dans son mandat d'ambassadeur de l'ONU pour le climat, jusqu'à la ratification de l'accord de Paris.

Quelques images impressionnantes.

La violence des eaux de fonte des glaces.

Un film de vulgarisation scientifique américain de 1958 ! qui expose l'alternative solaire pour laisser dans le sol les carburants fossiles.

Une démonstration : changer notre régime alimentaire du bœuf vers le poulet changerait notre impact climatique.

Un film pas très différent de ceux d'Al Gore, ou Nicolas Hulot, mais tout aussi intéressant en faisant le point en 2016. Un film qui vise un public de consommateurs nord-américains, et conclut par quelques recommandations claires.

Pierre Stoeber

Ci-dessous, une critique par Coralie Schaub pour Libération.

Contre l’effet de serre, Leonardo DiCaprio sort de sa bulle

Dans son documentaire diffusé dimanche sur National Geographic, l’acteur délaisse les paillettes d’Hollywood pour alerter sur le réchauffement climatique et inciter les citoyens à agir.

Il a du mérite et du cran, Leonardo DiCaprio. La superstar américaine aurait pu rester tranquillement planquée, à savourer sa célébrité et sa fortune d’acteur de fiction sans s’impliquer dans les affaires du monde. Rien ne l’obligeait à se lancer dans la production d’un documentaire sur le changement climatique, encore moins à s’y livrer sans fard et à s'y mettre en scène en questionnant avec humilité des acteurs de la vie réelle, qu’il s’agisse de personnalités (Barack Obama, le pape François ou Ban Ki-moon), mais aussi de scientifiques ou de représentants d’ONG. Rien ne l’obligeait à parcourir la planète pendant deux ans pour nous livrer ce film ambitieux, sérieux, limpide et d’utilité publique : Avant le déluge, diffusé dimanche par la chaîne de télévision National Geographic dans 171 pays et 45 langues, et hélas parfois desservi par des erreurs de traduction dans les sous-titres français (1).

Pédagogie. Il n’avait que des coups à prendre, une image assez lisse et consensuelle à froisser. Surtout qu’il y va fort, «Leo». Sans doute parce qu’il a compris de longue date l’importance, l’ampleur et l’urgence du sujet : «Il n’y a pas de menace plus grave pour l’avenir de nos sociétés que le changement climatique», martèle-t-il. Son documentaire fait bien sûr d’abord œuvre de pédagogie, et particulièrement bien. Les interviewés rappellent les faits, rien que les faits. N’en déplaise à ceux qui le nient, la température moyenne du globe s’emballe depuis quelques années alors qu’elle était restée stable depuis douze mille ans.

Les effets sont déjà là, flagrants, dramatiques. Et les images, à la fois belles et effrayantes, sont là pour le prouver. La glace des pôles fond à toute vitesse. Les habitants des îles du Pacifique doivent abandonner leurs maisons envahies par les flots. En Floride, le maire de Miami Beach, sorte de Shadok des temps modernes, doit faire surélever les chaussées et installer des pompes pour évacuer l’eau de mer, le tout à grands frais (400 millions de dollars, soit plus de 366 millions d’euros) et pour une durée de protection estimée à «quarante ou cinquante ans» seulement. Les récoltes des paysans indiens sont détruites par des pluies diluviennes, les coraux meurent, les poissons se font rares…

Et c’est bien l’homme qui en est responsable. Lui qui libère des quantités massives de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, surtout en consommant des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz), mais aussi en rasant ou brûlant les forêts d’Asie du Sud-Est ou d’Amazonie, pour cultiver de l’huile de palme ou du soja destiné à nourrir le bétail. N’en déplaise à Nicolas Sarkozy qui, ô surprise, reprend ces temps-ci les mêmes éléments de langage, quasiment au mot près, que James Inhofe, l’un des membres du Congrès américain les plus climatosceptiques : «Certains sont tellement arrogants qu’ils pensent pouvoir changer le climat. L’homme ne peut pas faire ça», assène ce dernier. Il se trouve que James Inhofe reçoit une fortune de l’industrie des énergies fossiles, souligne le film. Et de donner un chiffre : 1 837 427 dollars - petit reproche : il n’est pas précisé s’il s’agit là d’une somme annuelle. Suivi d’autres montants du même ordre empochés par tel ou tel sénateur, noms et photos à l’appui.

C’est là que DiCaprio y va fort. Il n’hésite pas à dénoncer nommément, à citer les multinationales responsables de la catastrophe en cours. Celles qui organisent et financent une campagne massive de désinformation dans les médias, pour instiller le doute dans les esprits et diviser le public, en achetant politiques et pseudo-experts. Voire (indirectement et anonymement) qui font envoyer de charmantes menaces de mort aux climatologues. «Vous devriez être flingué, écartelé et donné à manger aux cochons, vous et toute votre satanée famille», a reçu l’un d’eux par mail. Le tout dans le seul but de protéger leurs intérêts privés, au mépris des plus pauvres et des générations futures. Les noms qui font partie du «lobby fossile» défilent à l’écran : ExxonMobil, Shell, BP, Chevron, Koch Industries, The Heartland Institute, Americans for Prosperity… Dans le cas de l’huile de palme, le film pointe Burger King, PepsiCo et ses marques Quaker et Doritos, Kraft…

Mode de vie. Il pose, in fine, la question de notre mode de vie occidental. Mais propose des solutions à la portée de tous. Par exemple, manger moins de viande de bœuf - un hamburger de 450 grammes équivaut à deux cents heures d’éclairage d’une ampoule à 60 watts. Ou voter pour des dirigeants qui combattront le changement climatique «en supprimant les subventions aux énergies fossiles, en laissant celles-ci dans le sol, en investissant dans les énergies renouvelables ou en imposant une taxe carbone». Sur ce dernier point, un éminent professeur à Harvard, républicain et ex-boss des conseillers économiques de George W. Bush, décrypte ce que nombre de politiques ne prennent pas la peine d’expliquer, par peur des sondages : non, il ne s’agit pas d’un nouvel impôt qui s’ajouterait aux autres, mais d’un rééquilibrage de la politique fiscale permettant de nous inciter, collectivement, à choisir les énergies renouvelables plutôt que les fossiles. Et il suffirait d’un minimum d’information du public pour que celui-ci en comprenne l’intérêt… et que les politiques suivent. DiCaprio aura fait sa part.

(1) Réalisé par Fisher Stevens. Diffusé en France dimanche à 20h40, puis jusqu’au 5 novembre sur Natgeotv.com et sur Dailymotion.

Partager cet article
Repost0
30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 09:20

La baie qui borde le continent blanc est une des rares zones sauvages restées intactes sur Terre. La plus grande aire maritime protégée du monde va y être créée par Martine Valo le 29 octobre 2016.

Un manchot Adélie sur la mer de Ross. JOHN WELLER / AFP

Un manchot Adélie sur la mer de Ross. JOHN WELLER / AFP

« Le dernier océan », c’est ainsi que les scientifiques appellent la mer de Ross, une baie profonde qui borde le continent Antarctique. Dernier écosystème marin intact, ou presque, elle a gardé quelque chose de l’Eden aux yeux des naturalistes. Un tiers des manchots Adélie vivent là. Le krill – ces petites crevettes essentielles qui nourrissent poissons, phoques, baleines et oiseaux de mer – y abonde.

Réunie à Hobart, en Australie, la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR), s’est penchée sur son cas pendant deux semaines, comme chaque année depuis 2012. Après cinq ans de négociations, les vingt-quatre États qui siègent avec l’Union européenne dans cette organisation ont annoncé, vendredi 28 octobre, la création d’une très vaste aire maritime protégée (AMP) dans la mer de Ross. Proposée par les États-Unis et la Nouvelle-Zélande, elle couvre 1,57 million de kilomètres carrés (l’équivalent de la surface de la France, de l’Allemagne et de l’Espagne) dont 1,12 million totalement protégés, où tout prélèvement, la pêche notamment, sera interdit. C’est le plus grand sanctuaire marin du monde.

Pour parvenir à cet accord historique, les membres de la CCAMLR ont dû vaincre les réticences du gouvernement chinois, ce qui fut fait en 2015, puis celles des Russes lors de cette session. Avec un bémol : cette AMP atypique s’est vu fixer une durée limitée à trente-cinq ans.

L’Antarctic Ocean Alliance (AOA), une coalition d’une vingtaine d’ONG, se réjouit sans réserve d’une avancée qu’elle attendait avec optimisme. « Voilà des mois que John Kerry en discute avec Sergueï Lavrov, les deux ministres des affaires étrangères [américain et russe] en ont parlé à Genève et à Washington en septembre lors de la conférence “Our Ocean”, expliquent Mike Walker, directeur de l’AOA, et Andrea Kavanagh, de Pew Charitable Trusts. John Kerry a un engagement très personnel en faveur de l’océan, il se devait d’obtenir quelque chose pour les eaux de l’Antarctique avant de partir. »

D’autres projets repoussés

Les défenseurs de l’environnement ne montrent pas tous autant d’enthousiasme. « C’est un véritable pas en avant, mais c’est insuffisant pour préserver des poissons comme la légine, qui vivent plus de quarante ans », regrette Carl Gustaf Lundin, directeur du programme marin et polaire de l’Union internationale de conservation de la nature (UICN). En septembre, Moscou – qui a déclaré 2017 « année de l’écologie en Russie » – a signé aux côtés de 62 autres pays une résolution de l’UICN appelant à protéger intégralement « au moins 30 % des océans afin d’inverser les effets néfastes actuels et d’accroître la résilience du milieu marin face au changement climatique ». Pour M. Lundin, les États doivent s’engager davantage en faveur de la protection de l’océan, en particulier dans les eaux internationales de l’océan Austral.

La CCAMLR a été créée pour veiller à la gestion des pêches dans cette zone du globe tout autant que pour garantir la sauvegarde des écosystèmes marins autour de l’Antarctique. Or, d’autres projets de sanctuaires au sud du 60e parallèle ont été repoussés à plus tard. La France et l’Australie proposent depuis plusieurs années de créer une autre vaste AMP dans l’est de l’Antarctique, tandis que l’Allemagne et les Etats-Unis en défendent une troisième dans la mer de Weddell. A elles trois, ces aires couvriraient 4,8 millions de km² et pourraient représenter un solide maillage de l’océan Austral, actuellement bien moins protégé que le continent Antarctique.

Chargée d’assurer la « conservation » de la biodiversité marine tout en facilitant l’« usage rationnel » des ressources autour de l’Antarctique, la CCAMLR est tiraillée par des enjeux contradictoires depuis sa création, en 1982. Chaque année, face à la gourmandise des ministres de la pêche, les ONG tentent de faire contrepoids. Le Fonds mondial pour la nature, le WWF, est ainsi allé à Hobart présenter son rapport sur le continent blanc et sur les eaux qui l’entourent.

En Antarctique, la mer de Ross sera sanctuarisée

Lextrême sud n’est plus épargné, on y trouve désormais des polluants persistants, des particules de plastique. Avec 7 000 scientifiques et 33 000 touristes par an, l’augmentation du nombre de visiteurs constitue une nouvelle menace, souligne le WWF. Cette fréquentation accrue entraîne son lot d’intrus envahissants dans un milieu fragile : plus de 200 plantes et graines sont nouvellement arrivées en Antarctique. Plusieurs espèces de manchots sont classées comme quasi menacées, tandis que leur nourriture principale, le krill, est elle-même à la fois victime du réchauffement climatique et de la convoitise des pêcheurs.

Après avoir connu des pics de plus de 550 000 tonnes dans les années 1980, suivis par de très sérieuses réductions imposées par la CCAMLR, la pêche au krill est récemment repartie à la hausse pour atteindre 225 000 tonnes en 2015. Elle est surtout destinée à nourrir volailles, poissons d’élevages, chiens et chats, mais apparaît aussi comme une source appréciable de protéines pour l’alimentation humaine et la cosmétique. « Nous aimerions avoir de nouvelles estimations scientifiques des stocks de krill ; il n’y en a pas eu in situ depuis 2000, avance Isabelle Autissier, présidente du WWF France. Celui-ci se développe sous la glace ; or l’océan Austral s’est réchauffé de 1,5 degré depuis les années 1950. Je l’ai vu changer, moi qui ai eu la chance d’y naviguer. »

La légine, dont il existe deux espèces dans les profondeurs des eaux froides, constitue l’autre dossier emblématique de la commission d’Hobart. Qualifié d’or blanc, ce gros prédateur est à la mode dans les restaurants chics, de New York et Tokyo surtout. A 40 euros le kilo au moins, il est l’un des poissons les plus chers et suscite du braconnage.

« Laisser respirer »

Pour une ONG comme le WWF, lutter contre la pêche illégale ne suffit pas. Il est nécessaire d’établir des aires protégées qui peuvent permettre aux écosystèmes d’affronter le changement climatique avec plus de ressources afin d’être en mesure de s’y adapter « Pendant l’année 2013-2014, qui a été très chaude, une colonie de manchots Adélie n’a eu aucune descendance. Les poussins de ces 25 000 couples géniteurs – régulièrement observés – n’ont pu résister à la pluie, ils sont tous morts, rapporte Mme Autissier. Nous devons faire en sorte de ne pas ajouter d’autres menaces à celle-là. Créer des AMP contribue à renforcer la résilience des milieux naturels. Nous devons laisser de grandes zones respirer. »

Ce discours semble être entendu au ministère de l’environnement. Dans la partie de l’Antarctique qui est sous juridiction française, Ségolène Royal souhaite établir rapidement une importante AMP en étendant la réserve autour des îles Kerguelen, Crozet, Saint-Paul et Amsterdam. La ministre de l’environnement a décidé d’en faire une vaste aire réglementée de 581 000 km² (dont 120 000 km² en protection renforcée), quoique morcelée en plusieurs parties. Le dossier est en bonne voie, n’ayant pas à affronter d’inextricables négociations géopolitiques.

Cependant, même inachevé, le mouvement enclenché lors de cette conférence de la CCAMLR pourrait indiquer une évolution positive en faveur de la sauvegarde de l’océan. La Russie elle-même ne vient-elle pas de décider d’étendre son AMP de l’archipel François-Joseph ? Dans l’Arctique, celle-là.

Partager cet article
Repost0
28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 08:44

L'humanité consomme chaque année l'équivalent de 1,6 Terre pour satisfaire ses besoins par Audrey Garric pour Le Monde le 27 octobre 2016.

Un biologiste capture des grenouilles de l’espèce arlequin pour les étudier, en 2011, à Panama. REUTERS

Un biologiste capture des grenouilles de l’espèce arlequin pour les étudier, en 2011, à Panama. REUTERS

Partout, les écosystèmes sont menacés, et rien ne semble pouvoir enrayer la tendance. Alors que les pressions humaines sur l'environnement ne cessent de s'aggraver, plus de la moitié du -vivant, parmi les vertébrés, a disparu ces quarante dernières -années. C'est sur ce nouveau constat alarmant que s'ouvre la -onzième édition du rapport " Planète vivante ",un vaste bilan de santé de la Terre et de sa biodiversité, publié jeudi 27 octobre par le Fonds mondial pour la nature (WWF).

L'étude, réalisée tous les deux ans en partenariat avec la société savante Zoological Society of London et l'ONG Global Footprint Network, se fonde sur deux indicateurs principaux, tous deux au rouge. Le premier, l'indice Planète vivante, mesure l'abondance de la biodiversité à partir du suivi de 14 152 populations (groupes d'animaux sur un territoire) appartenant à 3 706 espèces vertébrées de mammifères, d'oiseaux, de reptiles, d'amphibiens et de poissons répartis aux quatre coins du globe. Les invertébrés, eux, n'ont pas été étudiés. S'il ne consiste pas en un recensement exhaustif de la vie sauvage, il indique en revanche l'évolution de ses effectifs au fil du temps.

Clairement, la tendance est à la régression. Les populations de vertébrés ont ainsi chuté de 58 % entre 1970 et 2012 (dernières données de terrain disponibles), contre ? 52 % dans le précédent rapport. Dans le détail, les milieux d'eau douce sont les plus affectés, avec un effondrement de 81 % sur la période, devant les espèces terrestres (? 38 %) et celles marines (? 36 %). Si rien ne change, ces populations pourraient avoir diminué en moyenne des deux tiers (67 %) d'ici à 2020, en l'espace d'un demi-siècle seulement. " Ces chiffres matérialisent la sixième extinction des espèces : une disparition de la vie sur la planète dont nous sommes en partie responsables ", dénonce Pascal Canfin, le directeur général du WWF France.

Les causes de ces reculs sont connues : ils sont imputables, en premier lieu, à la perte et à la dégradation de l'habitat, sous l'effet de l'agriculture, de l'exploitation forestière, de l'urbanisation ou de l'extraction minière. Viennent ensuite la surexploitation des espèces (chasse, pêche, braconnage), la pollution, les espèces invasives et les maladies et enfin, de manière plus marginale pour l'instant, le changement climatique.

L'impact de notre système alimentaire est majeur. " A elle seule, l'agriculture occupe environ un tiers de la surface terrestre totale, est la cause de 80 % de la déforestation mondiale et pèse pour près de 70 % de la consommation d'eau, rappelle Arnaud Gauffier, responsable du programme agriculture du WWF France. Enfin, 30 % de l'empreinte carbone en France est liée à l'alimentation. "

Deux planètes en 2050 ?

Le second indicateur sur lequel se base le rapport " Planète vivante " est l'empreinte écologique, qui mesure la pression qu'exerce l'homme sur la nature. Elle calcule ainsi les surfaces terrestres et maritimes nécessaires pour produire chaque année les biens et services que nous consommons (nourriture, combustible, espaces bâtis, etc.) et pour absorber les déchets que nous générons (en particulier nos émissions de CO2), puis les compare à la biocapacité de la Terre, c'est-à-dire la surface disponible. Ces superficies se mesurent en hectares globaux (hag).

En 2012, l'empreinte écologique de l'humanité atteignait 20,1 milliards d'hectares globaux, soit 2,8 hag par personne. Elle excédait ainsi largement (de 61 %) la biocapacité totale de la Terre, qui s'élevait à 12,2 milliards de hag (1,7 hag par personne). Au final, cette année-là, l'humanité a utilisé l'équivalent de 1,6 planète pour vivre et a donc entamé son " capital naturel ".

La majeure partie (60 %) de cette surconsommation est imputable aux émissions de CO2, essentiellement dues à la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel). Ce " dépassement écologique ", qui intervient depuis le début des années 1970, est possible car nous coupons des arbres à un rythme supérieur à celui de leur croissance, nous prélevons plus de poissons dans les océans qu'il n'en naît chaque année, et nous rejetons davantage de carbone dans l'atmosphère que les forêts et les océans ne peuvent en absorber. Or, le " jour du dépassement ", la date à laquelle l'humanité a consommé toutes les ressources que la Terre peut produire en un an, est chaque année plus précoce : il a eu lieu le 8 août cette année contre le 14 octobre en 1992 et le 1er novembre en 1986. A ce rythme, en 2050, avec une population mondiale qui frôlera les 10 milliards d'humains, nous aurons besoin de 2 planètes.

" Le franchissement du seuil de biocapacité de la Terre n'a qu'une durée limitée, prévient Pascal Canfin. C'est comme un compte en banque : si tous les ans on puise dans son épargne de plus en plus tôt, sans la reconstituer, un jour elle aura disparu. " Les retombées de cette vie à crédit sont d'ores et déjà palpables, comme en témoignent l'effondrement des pêches, les pertes d'habitats et d'espèces ou encore l'accumulation du carbone dans l'atmosphère à des niveaux inédits.

" Inventer un nouveau modèle "

De manière globale, les pays qui exercent la plus grande pression sur les écosystèmes sont ceux qui émettent le plus de CO2 : la Chine, les États-Unis, l'Inde, la Russie et le Japon. A eux cinq, ils pèsent la moitié de l'empreinte écologique mondiale.

Mais, ramené par habitant, cet indice donne un classement différent. Cette fois, ce sont les pays aux revenus les plus élevés qui sont les plus fautifs. Ainsi, l'empreinte record par tête est détenue par le Luxembourg (15,8 hag par habitant, soit 9 fois ce que la Terre peut produire), suivi de l'Australie (9,3 hag), des États-Unis et du Canada (8,2 hag) et de Singapour (8 hag) – sans compter les pays du Golfe, classés parmi les plus polluants en 2014, mais pour lesquels aucune donnée n'est disponible dans le rapport 2016. La France se classe à la 28e position, avec 5,1 hag. Le Pakistan, le Bangladesh, Haïti, le Timor oriental et l'Erythrée possèdent quant à eux l'empreinte la plus faible, avec environ 0,6 hag par habitant.

Une lueur d'espoir, toutefois : l'empreinte écologique par habitant des pays à haut revenu (ceux de l'Organisation de coopération et de développement économiques) a légèrement diminué entre 1985 et 2012. Un déclin qui peut être attribué à des gains de productivité et aux nouvelles technologies, mais aussi aux effets de la crise économique.

" Il ne s'agit pas de vivre comme il y a cinquante ans, mais d'inventer un nouveau modèle ", assure Pascal Canfin. Pour cela, le rapport appelle à préserver le capital naturel, à réorienter les flux financiers pour notamment valoriser la nature, à instaurer une gouvernance équitable des ressources et à produire mieux et à consommer plus raisonnablement. " Si tout le monde réduisait d'une demi-portion par jour sa consommation de protéines animales, tout en augmentant sa consommation de légumineuses et de céréales, nous pourrions baisser de 25  % les émissions de gaz à effet de serre liées à l'alimentation, assure Arnaud Gauffier. C'est à la portée de tous. "

Partager cet article
Repost0
24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 13:56

Les pratiques de la multinationale ont été exposées en deux jours de témoignages lors d’un édifiant tribunal populaire à La Haye. Par Patrick Piro pour Politis le 19 octobre 2016 à lire sur www.politis.fr .

Son avocat l’avait mis en garde avant qu’il ne décide de partir au combat : « Ça sera long, coûteux et violent. » Il aura fallu neuf ans de procédure et 40 000 euros de frais pour que Paul François entende confirmer en appel, le 10 septembre 2015, la responsabilité de Monsanto dans son accident, une grave intoxication due à l’inhalation accidentelle de vapeurs de Lasso, un des herbicides de la multinationale. Cette condamnation est une première en France, mais l’agriculteur reste amer. « Pour la violence, ça a dépassé tout ce à quoi je m’étais préparé. J’ai failli jeter l’éponge. Et j’ai hésité à venir. Mais il fallait montrer que le comportement de la multinationale n’est pas réservé aux pays du Sud, et qu’un individu peut la faire condamner. » (...)

Partager cet article
Repost0
21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 10:15

À l'ouverture de la pré-COP22 de Marrakech, l'OCDE note une hausse des flux financiers du Nord vers le Sud par Simon Roger pour Le Monde du 19 octobre 2016.

À suivre le rythme soutenu de ratification de l'accord de Paris sur le climat – par 81 pays représentant 60  % des émissions mondiales de gaz à effet de serre –, on en conclurait presque que la mobilisation de la communauté internationale, saluée fin 2015, avance sans encombre.

Ce serait omettre un autre dossier clé de la réussite de l'après-COP21, celui du financement des 100  milliards de dollars par an (91  milliards d'euros) promis, d'ici à 2020, par les pays du Nord à ceux du Sud confrontés aux effets du réchauffement. Une vieille promesse qui date de la conférence de Copenhague, en  2009, mais qui est toujours vivace dans les pays en développement et qui en fait un test de confiance face à la parole donnée par les pays industrialisés.

Ces derniers l'ont bien compris, commandant aux experts de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) une " projection des finances climat vers l'objectif 2020 des 100  milliards de dollars ", rendue publique lundi 17  octobre.

La date est opportune. Mardi débute à Marrakech, au Maroc, où se tiendra la prochaine conférence climat en novembre, une session ministérielle de deux jours pour faire le point sur l'avancée des sujets. La ministre française de l'environnement, Ségolène Royal, qui supervise la présidence tricolore de la COP, s'est donc envolée pour cette " pré-COP " avec dans ses bagages la note technique de 44 pages de l'OCDE qui doit être au cœur des discussions des 18  et 19 octobre.

Que dit le document ? Les trente-huit pays signataires du rapport, commandé par les coprésidences française et marocaine et piloté par l'Australie et le Royaume-Uni, tentent d'envoyer un signal positif : " Nous pensons que nous remplirons l'objectif des 100  milliards de dollars à travers une variété de sources et réaffirmons notre engagement à le faire. "

Un message politique assorti de deux chiffres forts. Grâce aux engagements annoncés par divers États en  2015, les financements publics pourraient représenter à eux seuls 67  milliards de dollars en  2020, alors qu'une précédente analyse de l'OCDE, en octobre  2015, estimait ces flux à 42  milliards, en moyenne, sur les années 2013 et 2014.

Autre indication intéressante, l'OCDE évalue les conséquences des financements publics sur la mobilisation de fonds privés (on parle d'effet de levier). L'addition du public et du privé pourrait atteindre 77  milliards de dollars en  2020 selon l'hypothèse la plus basse… ou 133  milliards selon le scénario le plus optimiste ! La fourchette risque de dérouter plus d'un pays en développement face à l'objectif des 100  milliards. " Plus de 90  milliards de dollars de finance climat, publique et privée, devraient être mobilisés au total en  2020 ", avance prudemment Ségolène Royal.

Prise de conscience

Ce choix de privilégier des hypothèses plutôt qu'une valeur moyenne s'explique. Dans la première photographie réalisée en octobre  2015, les statisticiens de l'OCDE avaient estimé ce montant à 52  milliards de dollars en  2013 et à 62  milliards en  2014. Censé conforter l'idée que la mobilisation financière progressait, le calcul avait eu l'effet inverse, déclenchant l'ire des pays du Sud qui jugeaient la somme très insuffisante.

Pour autant, les pays de l'OCDE ne pouvaient faire l'impasse sur l'actualisation des données et la définition de cette " feuille de route des 100  milliards " qui figure noir sur blanc dans les décisions de l'accord de Paris. " Les pays industrialisés se savaient attendus au tournant, observe Armelle Le Comte, de l'ONG Oxfam France. Le financement a été le point faible de l'accord de Paris. "

Cette prise de conscience collective des pays de l'OCDE était d'autant plus urgente que la comptabilisation financière avance lentement du côté des Nations unies (ONU), qui envisagent de rendre leur propre synthèse en mai  2017. Trop tard pour la présidence française de la COP21, à quelques semaines du passage de témoin, le 7  novembre, au Maroc. " Sur la ratification comme sur le financement, la dynamique avance ", assure Ségolène Royal.

Plus timorées, les ONG rappellent la faiblesse des financements spécifiquement mobilisés pour l'adaptation au changement climatique. Ces derniers devraient doubler, de 8 à 16  milliards de dollars, d'ici à 2020, indique l'OCDE. Mais " cela reste largement insuffisant au regard des besoins sur le terrain. L'adaptation n'atteindrait en  2020, malgré cette augmentation, que 20  % des 100  milliards de dollars promis, insiste Armelle Le Comte. Or, l'ONU estime que les coûts de l'adaptation pourraient atteindre d'ici à 2030 entre 140 et 300  milliards de dollars. "

" Sur ce volet, le travail de l'OCDE n'est pas terminé, reconnaît Marie Scolan, co-auteure avec Pierre Ducret de Climat, un défi pour la finance (à paraître le 20  octobre, Les Petits Matins). Le financement de l'adaptation est un sujet complexe, très lié aux circonstances locales des pays bénéficiaires. Par ailleurs, pour des enjeux de négociations politiques, cette problématique a été isolée, alors qu'il faudrait l'intégrer à la question plus large du financement du développement durable. "

" Un dossier mineur "

Ces deux spécialistes de la stratégie climat de la Caisse des dépôts voient dans le rapport du 17  octobre  un réel effort de clarification des chiffres, difficile à mener puisque la feuille de route est pluriannuelle alors que les ministres des finances raisonnent en programmation budgétaire annuelle. Le sujet du financement climat n'est plus délaissé par les grands argentiers, constatent les deux économistes.

Ils louent aussi " un inventaire intéressant, qui commence à lister les outils de financement public capables de déclencher des financements privés ". Le document détaille en effet les divers mécanismes à l'œuvre : fonds vert pour le climat, initiative pour les énergies renouvelables en Afrique, actions propres à certains pays, etc.

" À l'échelle du financement de la transformation de l'économie mondiale, le dossier des 100  milliards de dollars est mineur, ajoute tout de même Pierre Ducret. Le sujet essentiel, c'est la mobilisation de l'épargne domestique partout dans le monde, qui représente, elle, des millions de milliards. "

Partager cet article
Repost0
19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 11:41

  Le dernier « post » sur le site des Lilas consacré au PLU (le Plan Local d’Urbanisme) date du 29 janvier 2016. Après l’annulation pour cause d’attentats et le non-report à une date ultérieure d’un des 3 ateliers prévus, cet article (http://www.ville-leslilas.fr/plu2016/2-0-50/a-la-une/comte-rendu-de-l-atelier-du-plu-du-16-janvier-2016) faisait le Compte-rendu de l'Atelier du PLU du 16 janvier 2016 (qui a réuni plus de 50 personnes au gymnase Liberté) et présentait les principaux enseignements à en tirer – et nous y retrouvions nombre des propositions formulées ce jour-là.

Enfin prêt, le diagnostic, en principe préalable au PADD (le Projet d’Aménagement et de Développement Durable qui lui-même avait été présenté en Conseil municipal le 16 décembre 2015), était présenté en conseil municipal le 17 février 2016. Nous pensions qu’il serait mis à disposition de la population dans les ateliers du PLU pour éclairer les discussions des citoyens en janvier, ou sur le site de la ville, ce n’a pas été le cas, ou bien nous ne l’avons pas trouvé. Nous y avons donc consacré une lettre au Maire des Lilas, en lui proposant de la transmettre au cabinet d’experts accompagnant la ville pour la rédaction du PLU final, et un article : PLU des Lilas : enfin un Diagnostic et état initial de l’environnement ... à compléter.

Depuis, pas de nouvelles de cette révision du PLU. Nous avons donc noté avec plaisir la date de la seule réunion publique consacrée à exposer les choix faits par la municipalité dans ce nouveau PLU, le 5 octobre 2016. La ville y a consacré un rapide article sur le site PLU2016, http://www.ville-leslilas.fr/plu2016/2-0-53/a-la-une/reunion-publique-le-5-octobre-2016 : « Cette réunion s'est tenue devant un public très nombreux en Mairie des Lilas. Elle a permis de faire le point sur l'avancement du PLU et en particulier de présenter aux habitants les projets d'orientations d'aménagement et de programmation, concernant le secteur du Fort, du parc Lucie-Aubrac, les abords de la future station de métro Serge Gainsbourg au quartier des Sentes. » Le document-diaporama projeté ce soir-là y a été mis en lien, vous pouvez le télécharger sur http://www.ville-leslilas.fr/plu2016/media/files/presentation_reunion_publique_du_5_octobre_2016.pdf)

Nous sommes intervenus sur quelques points, que nous reprenons ici et complétons à la lecture détaillée du document-diaporama.

Tout d’abord, après des ateliers qui n'ont pas permis une appropriation complète du débat, faute de documents initialement fournis, dont le diagnostic de la ville, et réduits en nombre, nous avons fait part de nos remerciements à la municipalité pour l’écoute des remarques des citoyens. En témoigne par exemple, l’aménagement retenu aux abords du Parc Lucie Aubrac avec la préservation d’une bande de 15m non construite entre la rue du Centre et le Parc Lucie Aubrac, et la réduction potentielle du nombre de logements qui seraient construits autour du Parc (p 6 du document Présentation réunion 5 octobre 2016).

Mais cette préservation de 15 m a des répercussions sur l’aménagement du Parc en perte d’espaces verts : le hangar qui abrite les Services techniques de la ville, et surtout l’espace vert contigu qui lui sert de pépinière, changent de destination et deviennent au ¾ constructibles.

Si ceci doit se traduire par une perte sèche d’espace vert en zone dense de la ville – nous sommes contre ! Nous demandons à ce que le métrage précis des zones nouvellement créées et perdues soit communiqué.

30% de logements sociaux au minimum autour du Parc Lucie Aubrac, comme dans tout programme de nouvelle construction de 1000m² ou +, une bonne façon d’assurer nos 25% de logements sociaux lilasiens obligatoires.

En revanche, nous continuons à dire que la répartition entre les catégories de HLM n’est pas à la hauteur des besoins des lilasiens demandeurs d’un logement social : au moins 70% d’entre eux auraient droit à un loyer très modéré type PLAI, alors que ceux-ci ne représentent qu’environ 10% des HLM présents sur la ville (pas de chiffres précis disponibles nous disait le maire suite à des changements de statut). D’où notre proposition d’action positive privilégiant la construction de PLAI dans 50% au moins des logements sociaux à venir. Ce n’est pas la solution retenue : aux Lilas, autour du Parc, comme dans les 18 emplacements de « mixité sociale » retenus, les logements sociaux obligatoires se répartiront en 30% de PLAI, 30% de PLS et 40% de PLUS. Nous souhaitons aussi – nous l’avons dit en réunion - avoir un décompte des prévisions de logements plus précis par zone.

Nous avons salué l’affirmation réitérée du maire « il y a trop de voitures aux Lilas », faisant suite à l’organisation d’une « journée sans voiture » aux Lilas, une initiative qui existe depuis 1998 et non l’année dernière comme l’affirme Infos Lilas, et que nous avions proposée en vain au maire il y a plus de 10 ans… – tout vient à point à qui sait attendre ?

Avec « Encourager les mobilités apaisées et les alternatives à la voiture individuelle » (p 8 du document), nous saluons donc le résultat d’un arbitrage pas facile pour la municipalité, entre les aspirations parfois contradictoires des lilasiens, et les choix qu’elle a entraîné sur certains points du PLU, 1,5 m² de stationnement vélo/logement, et quelques projets de « zones de rencontre » et de « zones 30 » – redisons ici nos souhaits :

* la possibilité d’une zone 30 sur toute la ville, une solution adoptée par bien des villes denses comme la nôtre,

* la piste cyclable nécessaire rue de Paris, prévue dans le schéma départemental des pistes cyclables,

* et aussi l’urgence de stationnement vélos autour de la Mairie des Lilas, complètement saturés aujourd’hui – sans parler des parkings gardés (exemple vécu : un vélo volé tous les 5 ans en moyenne, quels que soient la chaîne et le cadenas).

 

 

Le quartier d’innovation d’intérêt métropolitain autour du Fort, dont l’aménagement répondrait à un concours international rassemblant urbanistes, architectes, paysagistes, nous semble une bonne solution, envisageant l’ouverture du site par un accès direct au Nord (et pas à l’E ? à l’O ?), et un habitat étudiant social.

Nous serons attentifs à ce que l’éco-quartier annoncé en soit vraiment un selon des critères environnementaux réels.

p 5 Présentation réunion 5 octobre 2016

Mais ces Orientations d’Aménagement et de Programmation prévues commencent par réduire la surface du projet potentiel, en retirant un cinquième environ de la surface du Fort, la protection paysagère et écologique de la zone UF, mitant ainsi les perspectives du projet d’aménagement.

Nous regrettons fortement qu’une partie UFb « mangeant » le  cinquième de la surface du Fort, ait été créée pour faciliter la construction par TDF d’un restaurant d’entreprise – inutile pour les lilasiens (sauf quelques cas particuliers qui y mangeront), qu’il privera d’un foncier si rare aux Lilas.

 

Nous avons également affirmé que sur la biodiversité et le respect des documents régionaux comme le SDRIF (Schéma directeur de la région Île-de-France), le SRCE (le Schéma régional de continuité écologique) et sa trame bleue et verte (les cours d’eau et les espaces verts ou naturels), le compte n’y était pas. Les dispositions retenues en obligation de pleine terre, de végétalisation des espaces libres et des toitures nous semblent positives. En revanche, nous ne sommes pas certains que le projet d’intérêt métropolitain présenté et la zone UF élargie au nord-ouest du Fort, ne grignote pas la trame verte et bleue qui passe par le « parc canin » à l’ouest du Fort, et nous seront très attentifs à préserver cette continuité le long du Fort depuis la base de la Corniche des Forts jusqu’à Pantin.

De même, la continuité écologique qui traverse Les Lilas du N-E au S-O en passant par la RD20, l’avenue du Maréchal Juin, n’a pas été renforcée comme nécessaire selon le SRCE, alors que la largeur des voies permettrait une végétalisation importante des trottoirs ou d’un terre-plein central. Nous renouvelons donc notre appel sur ces 2 points.

En conclusion, dans la perspective d’un développement nécessaire des énergies renouvelables aux Lilas, nous nous félicitons de la bonification d’emprise pour haute performance énergétique, même si d’autres préconisations plus fortes de normes énergétiques (isolation + énergies renouvelables) pour les futures constructions auraient pu trouver leur place dans le PLU de la ville des Lilas, les engageant au-delà de la RT 2012 vers des Bâtiments à Basse Consommation (BBC) ou « à énergie positive ».

  Pierre Stoeber, pour le groupe local EELV des Lilas

 

Partager cet article
Repost0
19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 09:19

Plusieurs articles sur ce sujet sur ce blog, surtout Le cerveau assiégé par les perturbateurs endocriniens,   et  Perturbateurs endocriniens : l’histoire secrète d’un scandale.

Aux États-Unis, l'exposition aux substances chimiques entraînerait 340 milliards de dollars par an de dégâts sanitaires, par Stéphane Foucart pour Le Monde le 19 octobre 2016.

Environ 340  milliards de dollars (308  milliards d'euros) par an : le chiffre est si faramineux qu'il soulève nécessairement le scepticisme. Pourtant, à en croire l'analyse conduite par des chercheurs américains et publiée mardi 18  octobre dans la revue The Lancet Diabetes and Endocrinology, il ne s'agit pas d'une exagération mais plutôt d'une sous-estimation du coût économique annuel, aux États-Unis, des dégâts sanitaires attribuables aux perturbateurs endocriniens (PE), qu'il s'agisse de l'obésité, du diabète, des troubles de la fertilité ou encore des troubles neurocomportementaux.

Les PE sont une catégorie de molécules (bisphénols, dioxines, phtalates, etc.) interférant avec le système hormonal et présentes dans de nombreux pesticides, solvants et plastiques, dans certains cosmétiques ou conditionnements alimentaires. Certains peuvent produire des effets délétères à de faibles niveaux d'exposition.

Ceux-ci sont variables. Une analyse semblable, conduite sur la population européenne, avait conclu à un coût environ deux fois moindre : environ 157  milliards d'euros. " Ces estimations sont basées sur des éléments de preuve qui s'accumulent rapidement grâce à  des études conduites en laboratoire ou sur les humains, et qui montrent l'association entre l'exposition à ces substances et une variété d'effets délétères ", explique Leonardo Trasande, professeur associé à l'université de New York et co-auteur de ces travaux. Ces différences importantes entre les États-Unis et l'Europe sont principalement dues à des différences de réglementation, qui conduisent à des niveaux d'exposition des populations sensiblement différents pour certaines substances.

Présents jusque dans les aliments

Pour mener leur étude, les chercheurs ont utilisé des données d'exposition de la population américaine aux PE en question. Ils ont ensuite croisé ces données avec les résultats d'études conduites en laboratoire et d'enquêtes épidémiologiques montrant leurs effets sur les humains.

Des études de qualité ne sont pas disponibles sur toutes les substances suspectes. " Nous n'avons pris en compte qu'environ 5  % des PE présents sur le marché ", précise M. Trasande. De même, les chercheurs n'ont considéré que les maladies et les troubles pour lesquels existent des preuves solides d'un lien avec une exposition à ces produits.

Selon l'analyse, les substances les plus coûteuses en termes sanitaires sont les " PBDE " (polybromodiphényléthers), une classe d'ignifugeants (ou " retardateurs de flamme ") massivement utilisés outre-Atlantique depuis plus de trente ans dans les meubles rembourrés et l'électronique. Aujourd'hui étroitement régulés ou interdits, ils sont très persistants dans l'environnement et se retrouvent dans les poussières domestiques et jusque dans la chaîne alimentaire. Ils causeraient des dégâts, à hauteur de 240  milliards de dollars annuels environ, aux États-Unis.

Ils sont suivis par les plastifiants – bisphénol A (BPA) et phtalates –, présents dans certains récipients alimentaires, dont le coût sanitaire annuel serait de 56  milliards de dollars, puis par les pesticides (organophosphorés notamment), pour quelque 42  milliards par an.

Perte d'intelligence collective

Quels sont les maladies et les troubles en jeu ? Obésité et diabète (5  milliards de dollars annuels attribuables aux PE), troubles de l'appareil reproducteur et infertilité (45  milliards de dollars) et, surtout, les effets neurologiques et neurocomportementaux qui se taillent la part du lion, avec un coût de plus de 280  milliards de dollars par an. Une grande part de ce fardeau est due à l'érosion des capacités intellectuelles, calculées en points de quotient intellectuel (QI), des enfants exposés in utero à des perturbateurs ayant des effets nocifs sur le neurodéveloppement.

Comment évaluer le poids économique de cette perte d'intelligence collective ? " La littérature scientifique documentant avec rigueur la perte de productivité économique provoquée par la perte de QI est substantielle, répond M. Trasande. Nous savons qu'à chaque point de QI perdu correspond une perte moyenne de 2  % de productivité économique sur l'ensemble d'une vie. A l'échelle d'une population, c'est très important. "

Il serait tentant de rapporter le coût de 340  milliards de dollars des perturbateurs endocriniens en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) américain – soit 2,3  % en l'occurrence. Cela peut être trompeur. " Attention : ce genre d'externalités négatives ne se traduit pas automatiquement par une baisse de même ampleur du PIB, prévient l'économiste Alain Grandjean. Evaluer les effets réels de ces coûts cachés sur le PIB relève d'un autre exercice, très compliqué. "

En substance, si certains des coûts mis au jour peuvent conduire à une baisse du PIB, d'autres peuvent se traduire, de manière paradoxale, par une hausse de l'activité. Derrière un " coût " peuvent en effet se cacher des phénomènes disparates, comme une baisse de productivité économique, mais aussi des frais de prise en charge médicale et le développement de médicaments. " Ce genre d'interrogation a au moins un avantage collatéral, conclut M.  Grandjean. Cela montre clairement que le PIB n'est pas un indicateur de bien-être. "

Partager cet article
Repost0
16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 13:02

Les hydrofluorocarbures utilisés pour le refroidissement constituent de puissants gaz à effet de serre

Par Clémentine Thiberge pour Le Monde le 15 octobre 2016.

C'est une nouvelle victoire dans la lutte contre le changement climatique. Les 197 Etats signataires du protocole de Montréal, réunis à Kigali (Rwanda) pour le 28e sommet des parties au protocole, ont négocié, dans la nuit du 15  octobre, les derniers détails d'un accord sur le climat, qui aura mis sept ans à aboutir. Les discussions ne se sont pas déroulées sous les feux des projecteurs, contrairement à l'accord de Paris de décembre  2015. Mais ses résultats pourraient avoir un impact aussi significatif, voire davantage, sur le ralentissement du changement climatique. L'amendement de Kigali – nom officiel de l'accord – signe en effet la fin progressive des hydro-fluorocarbures (HFC), gaz dont l'effet de serre est 14 000 fois plus puissant que le CO2. Ces gaz sont principalement utilisés comme réfrigérants, dans les climatiseurs et les réfrigérateurs.

Les réunions ministérielles, qui ont débuté jeudi, se sont déroulées sous haute tension car, selon Clare Perry, une responsable de l'ONG Environmental Investigation Agency, " aucun pays ne veut être responsable de l'échec de la plus grande avancée de l'année 2016 en matière de climat. "

En effet, cet amendement vient se greffer au protocole de Montréal, un des traités environnementaux les plus efficaces jamais négociés. Adopté en  1987 par la communauté internationale, ce traité a abouti, entre autres, à la suppression définitive des chlorofluorocarbures (CFC), principaux responsables de la destruction de la couche d'ozone. Les CFC font également partie des gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement climatique. Grâce aux efforts consentis depuis cette date, le trou dans la couche d'ozone a diminué d'une superficie équivalente à celle de l'Inde.

Hausse annuelle de 10  % à 15  %

Seul point noir : ce traité a engendré une explosion de l'utilisation des hydrofluorocarbures. Introduits après le protocole de Montréal comme produits de substitution aux CFC, employés principalement comme gaz réfrigérants et agents propulseurs dans les aérosols. Selon une étude de l'université de Berkeley, leurs émissions progressent aujourd'hui à un rythme annuel de 10 à 15  %.

L'élimination des HFC est donc désormais un des leviers d'atténuation du changement climatique les plus rapides, disponible à moyen terme. Les premières estimations montrent que l'accord trouvé dans la nuit du 15  octobre permettra d'atteindre environ 72  milliards de tonnes équivalent CO2 d'émission évitées d'ici à 2050 – ce qui représente l'équivalent des émissions annuelles de l'Allemagne. A plus long terme, la réduction cumulée des émissions mondiales pourrait éviter jusqu'à 0,5  °C de réchauffement à l'échelle mondiale d'ici à 2100, et ainsi permettre de réaliser un quart de l'objectif de 2  °C fixé par l'accord de Paris sur le climat, selon une étude publiée l'an dernier par l'Institut pour la gouvernance et le développement durable (IGSD), un think tank basé à Washington.

" Un amendement ambitieux sur les HFC est probablement l'action la plus importante que nous puissions réaliser à ce stade pour limiter le réchauffement de notre planète et la protéger pour les générations futures, a annoncé le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, dans son discours à l'attention des parties. Aucun pays n'a le droit de tourner le dos à cet effort. "

Et tous ont joué le jeu en fonction de leurs capacités. Le texte de l'accord divise les pays en trois groupes en fonction de la date à laquelle ils devront réduire l'usage de ces gaz industriels. Tous ensemble, les pays devront réduire les niveaux de HFC de 85 % d'ici à 2047. Les pays développés, comprenant les Etats-Unis et la plupart des pays d'Europe, ouvriront le chemin : ils s'engagent à diminuer l'usage des HFC de 10  % d'ici à 2019 pour les supprimer progressivement d'ici à 2050. Le groupe ambitieux de pays en voie de développement, qui inclut la Chine, a décidé de geler leur production d'ici à 2024. Enfin, alors que le pays était pressenti comme un des freins à l'amendement, l'Inde a consenti, avec un petit groupe de pays moins ambitieux, à geler sa production de HFC d'ici à 2028. L'accord trouvé pour ce dernier groupe a permis de tenir compte des inquiétudes des pays situés dans les régions les plus chaudes de la planète – principalement les pays du Golfe – qui dépendent énormément des systèmes de climatisation.

" Victoire pour le climat "

Afin d'accompagner la transition de ces régions, seize pays – dont les Etats-Unis, le Japon, l'Allemagne et la France – et plusieurs -organismes et donateurs privés ont promis de verser une aide de 80  millions de dollars (71,5  millions d'euros). A titre d'exemple, la suppression des HFC d'ici 2050 coûterait à l'Inde environ 34  milliards de dollars (30  milliards d'euros), selon une étude du -Conseil en énergie, environnement et eau.

Pour Didier Hauglustaine, directeur de recherche au CNRS, la transition ne devrait pas être difficile. " Les industriels ont montré qu'ils étaient capables de le faire pour les CFC. Il n'y a pas de raison pour que ce soit différent pour les HFC, explique-t-il. Le protocole de Montréal a été bénéfique pour l'ozone dans l'élimination des substances nocives, il devrait l'être aussi pour le climat. " Pour le chercheur, l'amendement adopté est " le lien entre le protocole de Montréal et l'accord de Paris, entre la protection de l'ozone et celle du climat. " Et, à la différence de l'accord de Paris, le protocole de Montréal est un traité cœrcitif qui engage tous les pays dans des mesures d'atténuation obligatoires, et qui est soutenu par des sanctions. Une bonne nouvelle, donc, pour l'application du traité.

" C'est une grande victoire pour le climat, confirme Miguel Arias Cañete, commissaire européen au climat et à l'énergie. Nous avons pris des mesures concrètes pour honorer nos engagements faits à Paris au mois de décembre  2015. " Lors de l'accord de Paris, qui devrait entrer en vigueur en novembre lors de la COP22 de Marrakech, la communauté internationale s'était en effet engagée à contenir la hausse des températures " bien en deçà des 2°  C " et " poursuivre les efforts " pour la limiter à 1,5  °C. Jusqu'à présent les engagements volontaires des Etats mettent le climat terrestre sur la trajectoire d'un réchauffement d'environ 3  °C.

Une avancée majeure saluée par la              communauté internationale

L'accord de Kigali, adopté samedi 15  octobre, n'a pas bénéficié de la même mise en lumière, ni de la même couverture médiatique, que l'accord de Paris. Il est pourtant autant, sinon plus ambitieux en matière de lutte contre le changement climatique. La communauté internationale, qui a travaillé depuis sept ans sur ces négociations, s'est félicitée d'un " accord historique ".

" Nous nous souviendrons de ce jour comme l'un des plus importants dans nos efforts pour sauver la seule planète dont nous disposons ", a souligné l'Agence américaine pour la protection de l'environnement. Application concrète de l'accord de Paris, cet amendement doit permettre d'éviter l'émission de 73  milliards de tonnes d'équivalent CO2 d'ici à 2050. " A Paris, nous avions promis de protéger le monde des pires effets du changement climatique, a réagi le directeur du programme des Nations unies pour l'environnement, Erik Solheim. Aujourd'hui, nous honorons cette promesse. "

" Cet amendement est une avancée majeure, confirme David Doniger, le directeur du programme Climat et air de l'ONG américaine Natural Defence Resources council. C'est le plus grand pas que nous pouvions faire dans l'année suivant l'accord de Paris contre les menaces croissantes du changement climatique. C'est un signal clair envoyé au marché pour commencer à remplacer les produits chimiques dangereux avec une nouvelle génération d'alternatives respectueuses du climat et économes en énergie. "

Les alternatives aux HFC sont disponibles

Hydrocarbures, eau, dioxyde de carbone, ammoniac, les alternatives aux HFC sont aujourd'hui déjà disponibles. Mais leur gestion sera le point crucial de ces prochains mois. " Le succès de cet accord sera déterminé par la façon dont les pays en développement vont se passer des HFC, prévient Paula Tejon Carbajal, de l'ONG Greenpeace International. Et il faudra surtout éviter encore une autre alternative chimique comme les HFC toxiques et adopter des réfrigérants naturels. Ce sera décisif dans les mois et les années à venir. "

Pour la France, la ministre de l'environnement s'est " réjouit de l'accord obtenu " mais, contrairement au secrétaire d’État américain John Kerry, Ségolène Royal n'a pas fait le déplacement pour ces négociations. Le pays, représenté par l'ambassadeur Xavier Sticker, s'était investi en amont sur les engagements financiers mis en place pour permettre aux pays des régions les plus chaudes une transition plus efficace.

Cet accord intervient à la veille de l'ouverture de la COP22, qui aura lieu au Maroc du 7 au 18  novembre. " La marche vers Marrakech commence aujourd'hui à Kigali. C'est l'étape la plus importante de la mise en œuvre de l'accord de Paris, a précisé Hakima El Haite, la ministre marocaine de l'énergie, l'eau et l'environnement et Championne du climat pour la COP22. Un mouvement global d'actions concrètes a commencé, et nous ne retournerons pas en arrière. "

Partager cet article
Repost0
12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 14:17

L'augmentation des températures est responsable de la perte cumulée de       40 000 kilomètres carrés de surfaces forestières depuis trente ans

Par Stéphane Foucart pour Le Monde le 11 octobre 2016.

À chaque grand feu de forêt, la question se pose du lien avec le changement climatique. Sans que jamais aucun chiffre ne puisse être donné. Dans une étude publiée lundi 10  octobre par la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), des chercheurs américains estiment, pour la première fois, la part prise par l'élévation des températures dans l'augmentation récente de fréquence et d'intensité des incendies dans le Grand Ouest américain. En Californie, en juin et en juillet, ils ont provoqué de grandes évacuations ; près de 90 000 personnes ont dû abandonner temporairement leur logement.

Les conclusions des chercheurs sont éloquentes : au cours des trente dernières années, le réchauffement aurait été le principal contributeur à l'augmentation des superficies forestières parties en fumée dans l'ouest des États-Unis. La hausse des températures serait responsable " d'un doublement de la superficie totale de forêt brûlée depuis 1984 ", écrivent les auteurs – l'équivalent de 40 000  kilomètres carrés cumulés depuis cette date. Soit, peu ou prou, la superficie de l'ancienne Aquitaine… Et ce, notent les auteurs, en dépit des sommes considérables investies par le gouvernement dans la lutte contre les incendies : plus de 2  milliards de dollars (1,8  milliard d'euros) en  2015.

Les causes de la contribution du réchauffement au risque d'incendie sont bien connues. Les auteurs mettent en avant la prévalence accrue de la sécheresse et l'allongement de la saison à risque – celle-ci est passée de dix-neuf jours au début de la période étudiée à vingt-huit jours en moyenne. Les variations de ces paramètres au cours de la période étudiée " permettent d'expliquer la grande majorité de la tendance observée ", explique Park Williams, chercheur au Lamont-Doherty Earth Observatory (université Columbia à New York) et coauteur de ces travaux.

Insectes xylophages

En réalité, les auteurs ont probablement, de leur propre aveu, sous-estimé la contribution du changement climatique aux feux de forêt. En particulier, leur étude n'a pas tenu compte des insectes xylophages qui, grâce à l'augmentation des températures, peuvent s'installer à des latitudes plus hautes. L'augmentation de la mortalité des arbres due à ces ravageurs conduit à une accumulation de bois sec, présumée favorable aux départs de feu.

" Il y a beaucoup de travaux conduits en ce moment sur cet aspect, tempère toutefois M. Williams. Et on constate dans certains cas que les forêts où ces insectes ravageurs ont tué beaucoup d'arbres ne sont pas nécessairement plus sensibles au risque d'incendie. "

Dans le sud de la France, le changement climatique devrait également conduire à un risque accru d'incendies. Au tournant du siècle, les seules régions françaises classées à haut risque d'incendies estivaux étaient celles de l'arc méditerranéen. Mais, selon des simulations numériques conduites par Météo France, croisées avec les données de l'Office national des forêts, toute l'Aquitaine sera également classée au même niveau de risque avant le milieu du siècle, en raison de l'augmentation des températures.

Pourtant, et de manière contre-intuitive, en dépit de ce risque théorique accru, la forêt méditerranéenne française ne brûle pas plus aujourd'hui qu'à la fin des années 1980. Au contraire : abstraction faite de l'été caniculaire de 2003, qui détient le record avec 70 000 hectares partis en fumée, la tendance est largement à la baisse. D'environ 35 000 hectares en moyenne annuelle dans les années 1980, les pertes dépassent rarement 10 000 hectares par an depuis 2004. Et ce, malgré le réchauffement.

Vérité aux États-Unis, erreur en Europe ? " De nombreux facteurs interviennent et le réchauffement climatique n'est que l'un d'eux, explique Park Williams. La grande différence entre la plupart des forêts européennes et la forêt de l'ouest des États-Unis est que les premières sont au contact des hommes depuis des milliers d'années et sont donc fragmentées, tandis que la seconde représente des superficies immenses encore sauvages. "

À mesure que la forêt américaine brûlera et, elle aussi, se fragmentera, " on devrait voir les surfaces incendiées cesser d'augmenter et plafonner ", prévoit M. Williams. Maigre consolation.

Partager cet article
Repost0
6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 10:34
Des moustiques « Aedes aegypti », le 11 février 2016. Ricardo Mazalan / AP

Des moustiques « Aedes aegypti », le 11 février 2016. Ricardo Mazalan / AP

Par Nathaniel Herzberg le 4 octobre 2016 pour Le Monde sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/10/04/les-insectes-envahissants-une-catastrophe-economique_5007870_3244.html#ImMDGGd5tJ3eW71Q.99

Les scientifiques tirent depuis des années la sonnette d’alarme concernant les dangers des espèces envahissantes, sans susciter de réaction des pouvoirs publics. Franck Courchamp, écologue à l’université Paris-Sud, et Frédéric Simard, entomologiste à l’Institut de recherche et développement (IRD), livrent, mardi 4 octobre, un chiffre qui devrait faire réfléchir : les invasions d’insectes à travers le monde coûtent, à elles seules, au moins 69 milliards d’euros chaque année.

Leur étude, publiée dans la revue Nature Communications, ne tient pas compte des dégâts causés par l’ensemble des moustiques, teignes, termites et autres capricornes… Ils seraient en effet bien plus importants. On estime que ces insectes réduisent chaque année la production agricole mondiale de 10 % à 16 % et en consomment autant après les récoltes. Les chercheurs se sont concentrés sur les « envahisseurs », autrement dit les espèces introduites, volontairement ou non, par l’homme sur un territoire dont elles étaient jusqu’ici absentes, et sur lesquelles elles ont prospéré.

Ce qui fait déjà beaucoup. Les scientifiques estiment que 87 % des 2 500 invertébrés terrestres (des vers aux batraciens, des escargots aux araignées) ayant colonisé de nouveaux territoires sont des insectes. « Il n’était pas possible de tous les étudier, souligne Franck Courchamp. Pour réaliser un premier chiffrage, nous nous sommes concentrés sur les dix espèces considérées comme les plus coûteuses. »

Un termite importé par les GI

Le termite de Formose est de celles-là. Les GI qui rentraient d’Asie après la seconde guerre mondiale n’avaient pas remarqué le petit insecte caché dans leurs caisses de bois. Erreur on ne peut plus funeste. L’isoptère a trouvé dans le sud du pays un climat chaud et humide idéal à son développement. Et dans les maisons de bois du Deep South (« Sud profond »), un festin à sa mesure. Il a peu à peu pris le pas sur le termite local. Ses colonies de plusieurs millions d’individus, courant sur des dizaines de mètres, ont envahi la Louisiane, puis de nombreux États américains. Les campagnes d’éradication conduites outre-Atlantique ont toutes échoué. Classé au sommet de la hiérarchie des cent pires espèces envahissantes – toutes catégories confondues – par l’Union internationale de conservation de la nature (IUCN), il coûterait aujourd’hui à lui seul 26,7 milliards d’euros annuels à la collectivité.

Il n’est pas seul. Ainsi la teigne des choux, originaire de Méditerranée, a-t-elle conquis le monde. Le petit papillon et surtout ses chenilles ne se contentent pas de ronger les feuilles périphériques. Elles réunissent celles du centre par des fils de soie et les souillent de leurs excréments. La facture qu’elles laissent derrière elles atteint chaque année 4,1 milliards d’euros. Même origine, même effet pour le longicorne brun de l’épinette : ce coléoptère européen a gagné l’Amérique, où il pond dans les anfractuosités des épicéas. Les galeries forées par les larves dégradent les arbres et désespèrent les forestiers. Bilan pour la collectivité : 4 milliards d’euros, pour le seul Canada.

La spongieuse coûte sans doute un peu moins cher. Les dégâts causés aux forêts et aux vergers en Amérique du Nord, en Europe occidentale et en Afrique du Nord par cette chenille eurasienne ont été chiffrés à 2,8 milliards d’euros. Mais elle ne cesse d’élargir ses goûts alimentaires, pourtant déjà bien étendus, puisqu’elle attaquerait 300 espèces d’arbres. Quant au capricorne asiatique, il n’a rien trouvé de mieux, en débarquant en Europe et en Amérique du Nord, que de s’attaquer aux arbres les plus sains. Marronniers, platanes, peupliers, bouleaux, saules : l’addition s’élève à 2,7 milliards.

« Sommet de l’iceberg »

Si l’agriculture et les biens sont les premiers touchés, la santé humaine est elle aussi frappée par ces envahisseurs. Avec en tête de liste deux moustiques cousins : Aedes aegypti et Aedes albopictus. Originaire d’Afrique, le premier a gagné l’Amérique du Sud pendant la traite négrière et est devenu le premier vecteur de la dengue, de la fièvre jaune et désormais du fameux Zika. Le second, mieux connu sous le nom de « moustique tigre », a pris son envol en Asie. Il est porteur des mêmes pathologies, auxquelles on peut ajouter le chikungunya, et on le trouve désormais sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique.

Parmi les cadeaux que nous transmettent les Aedes, la dengue reste le pire. La maladie a reculé en intensité dans ses pays d’origine, mais elle ne cesse de s’étendre géographiquement. Si bien que, sur les 6,1 milliards d’euros de coûts de santé annuels attribués aux insectes invasifs, 84 % proviennent de cette infection virale. Ils concernent les frais d’hospitalisation, le remboursement des médicaments et les campagnes d’éradication ou de prévention. « Mais ce n’est que le sommet de l’iceberg, insiste Frédéric Simard. Les dépenses pour les ménages n’ont jamais été calculées. Pas plus que les coûts indirects : manque à gagner et séquelles pour les malades, absentéisme pour les entreprises… »

« En deçà de la réalité »

Car ce travail ne fait que recenser « l’état de l’Art », comme disent les universitaires. Une compilation de 737 articles, livres, rapports. « Nous avons exclu beaucoup d’études douteuses mais aussi conservé certaines, lorsqu’elles étaient les seules disponibles sur des espèces essentielles », explique Franck Courchamp. C’est notamment le cas du termite de Formose, dont il juge « discutable » la méthode de chiffrage des coûts, mais qu’il ne pouvait écarter. « Le seul fait qu’aucune autre étude n’existe en dit beaucoup. En réalité, nous sommes très en deçà de la réalité, poursuit-il. En Afrique, il n’existe pratiquement aucune donnée. En Asie, en Amérique du Sud et même en Europe, elles restent lacunaires. La plupart des travaux proviennent d’Amérique du Nord. »

Les lacunes sont aussi spécifiques. « De nombreuses espèces n’ont pas été étudiées », insiste Franck Courchamp. Thématiques, surtout. Les dégâts écologiques (réduction de la biodiversité et de l’abondance des espèces) n’ont pas été pris en compte. Ceux subis par les services écosystémiques, pas davantage. Dans les deux cas, faute de données. Au cours de précédents travaux, l’un des coauteurs de l’étude, l’économiste Jean-Michel Salles, avait pourtant chiffré à 153 milliards d’euros le service rendu par les pollinisateurs. Mais, à défaut d’étude disponible, les ravages causés par le frelon asiatique sur les abeilles européennes, probablement l’envahisseur le plus menaçant en France, n’ont pas été pris en compte.

La pointe de l’iceberg, donc. Et encore celle-ci est-elle en train de fondre sous l’effet du réchauffement. Le laboratoire de Franck Courchamp à Paris-Sud a calculé que l’aire de répartition des insectes envahisseurs aura crû de 18 % d’ici à 2050 sous l’effet du changement climatique. Les scientifiques demandent donc aux pouvoirs publics de développer d’urgence des politiques de prévention, de surveillance et, quand c’est possible, d’éradication des nuisibles. Et invitent leurs collègues à multiplier les études afin de mieux mesurer l’étendue du phénomène. Pour eux, le travail ne fait que commencer.

Partager cet article
Repost0

Archives

L'écologie aux Lilas et au Pré ...

Les maires et élus écologistes ne se résignent pas à laisser l’avenir s’assombrir de jour en jour

Pour une restauration scolaire de qualité, durable, équitable, accessible aux Lilas

Les zadistes de Gonesse ont-ils raison de s’opposer à une gare en plein champ ?

Une nouvelle ZAD près de chez vous

Pour le projet CARMA contre la reprise des travaux de la gare "Triangle de Gonesse"

Les Lilas écologie - en campagne pour gagner

Les Lilas Ecologie en campagne

Le gouvernement abandonne Europacity, pas l’artificialisation des terres agricoles

Il faut stopper EuropaCity - marche citoyenne de Gonesse à Matignon 4 et 5 octobre

Aux Lilas, les citoyens s’unissent pour produire de l’électricité verte

Les promoteurs, les arbres et la cité - lettre ouverte à BNP Paribas

Toxic Tour de Pantin à Romainville dimanche 16 juin 2019

Une Biorégion Ile-de-France résiliente en 2050

Merci aux 1779 Lilasiennes et Lilasiens qui ont voté " Pour le climat, tout doit changer ! "

Pollution de l’air dans les écoles et crèches franciliennes

Volonté politique de créer une régie publique de l’eau à Est Ensemble, mythe ou réalité ?

À la base … un revenu ?

Balade naturaliste Parcs de la Corniche des Forts et abords de la forêt de Romainville le 9 mars 2019 à 11h

La forêt de Romainville, un enjeu écologique et politique

La Forêt passe à l'attaque !

Plâtre et béton sur la Corniche

Agir ensemble pour les Coquelicots le 7 décembre

Marche pour le climat, Défendons la forêt de la Corniche des Forts

Destruction des océans, sur-pêche, pêche électrique... avec Bloom mardi 20 novembre

À Romainville, les habitants défendent une forêt sauvage contre une base de loisirs régionale

Marches pour le climat et la biodiversité 13 et 14 octobre

Les amis des coquelicots étaient bienvenus...

Amis des coquelicots, agissons ensemble vendredi 5 octobre à 18H30

La forêt urbaine de la Corniche des Forts - une chance unique à nos portes

Mobilisation citoyenne à la marche pour le climat samedi 8 septembre à Paris

Un coup de pouce Vert pour les Électrons solaires ! 

Le collectif Eau publique des Lilas invite au dialogue le 21 mars

Entre le nucléaire et la bougie, il y a l’intelligence - du 10 au 18 mars aux Lilas

En Ile de France, les énergies renouvelables citoyennes ont le vent en poupe...

Le Syctom a organisé une concertation réservée aux sachants – et après ?

Une enquête publique sur le PLU des Lilas… qui change la donne !

Une victoire pour l'eau publique en Île-de-France

L’eau publique, c’est maintenant !

L’Ouest de la Seine Saint-Denis se mobilise pour la création d’un service public de l’eau

Romainville : le Syctom lance une concertation préalable pour la modernisation du centre de transfert et de tri des déchets

Que sont ces CSR - Combustibles Solides de Récupération - qu’on veut brûler à Romainville ?

Ces parents qui mijotent une cantine publique

De nouvelles préconisations nutritionnelles... Pas d'usine, on cuisine !

À Romainville contre l’incinération

Une victoire de l'engagement citoyen aux cantines rebelles du 10 novembre

Derniers échos de la révision du PLU des Lilas

Les Sans Radio retrouvent les ondes

Europacity : le débat public se conclut sur des positions inconciliables

Le parc (George-Valbon La Courneuve) debout !

Grand Paris : non à la logique financière

Pour une gestion publique, démocratique et écologique de l'eau

Le revenu de base ? Débat mardi 14 juin 20h

C'était la Grande Parade Métèque 2016...

La nature : une solution au changement climatique en Île-de-France

Participer à la Grande Parade Métèque samedi 28 mai 2016

PLU des lilas: enfin un diagnostic et état initial de l'environnement ... à compléter

Avec la loi « Travail », où irait-on ? Débattons-en mercredi 30 mars

Réduire la place de la voiture des actes pas des paroles

La COP 21 aux Lilas

La nature est un champ de bataille

Alternatiba et le Ruban pour le climat des Lilas à la République

Un compost de quartier aux Lilas

Devoir d'asile : de l'Etat jusqu'aux Lilas

Un ruban pour le climat aux Lilas

Six propositions vertes pour une révision du PLU véritablement utile

La Grande Parade Métèque samedi 30 mai

Fête de la transition énergetique et citoyenne le 9 mai aux Lilas