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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

26 mars 2018 1 26 /03 /mars /2018 10:08
Pour l'arrêt des nucléaires civils et militaires ... avant qu'il ne soit trop tard

Le  moment est venu de faire converger ceux/celles qui luttent depuis des décennies contre les armes nucléaires et ceux/celles qui combattent avec la même ardeur les centrales nucléaires. Nous exigeons l’arrêt du nucléaire civil et du nucléaire militaire car ils constituent des dangers de même nature. 

Du côté du nucléaire militaire :  la récente crise en Corée, le chaos qui s’installe suite aux guerres en Libye et au Moyen-Orient avec ses déplacements de populations et de façon générale l’augmentation des réfugiés,  l’aggravation des crises écologiques liées à notre société productiviste et industrielle, la disparition de la biodiversité, le stress hydrique dans de nombreux pays sur la planète, etc., toutes ces tensions augmentent le risque de nous faire revenir aux pires heures de la guerre froide, lorsqu’une déflagration nucléaire était ressentie comme possible.

Jusqu’ici la bombe atomique a généré beaucoup de victimes au sein des pays détenteurs de la bombe ce qui en fait une nouveauté dans l’histoire de l’armement. Mais, l’explosion de seulement 0,3 % du stock mondial de têtes nucléaires suffirait pour imposer un « hiver nucléaire » qui éradiquerait toute vie sur Terre. Par conséquent, envisager d’utiliser la bombe est toujours aussi inconcevable alors que  Trump relance la course aux armements nucléaires et que les armes nucléaires dites préstratégiques et tactiques s’ajoutent aux armes stratégiques censées hier garantir la paix par l’équilibre dans la terreur. La France compte plus de 300 têtes nucléaires équivalentes à 3000 Hiroshima. Cette nouvelle « ligne Maginot » coûte 4 milliards d’euros chaque année à la France qui pourrait être utilisés pour satisfaire les besoins essentiels de la population.

Du côté du nucléaire civil : nous assistons à une prolifération des catastrophes (URSS en 1957, Etats-Unis 1979, URSS en 1986, Japon en 2011, etc…) et à une quasi faillite de cette industrie en France. AREVA n’existe plus, cette entreprise avait une dette presqu’aussi élevée que son CA, EDF s’apprête à consacrer 75 % de ses investissements à la construction des réacteurs EPR dont  on ne sait pas encore s’ils vont pouvoir fonctionner. Ceux en construction ont vu leur coût multiplié par trois. On découvre des falsifications dans la fabrication des cuves remontant à 1965. La confiance s’émousse…

Le comble, c’est que le nucléaire a été lancé sans qu’on ait réfléchi à la totalité du cycle, le résultat c’est qu’aujourd’hui on découvre qu’il nous a légué des problèmes insolubles : le démantèlement qui ne peut être fait dans des conditions de sécurité suffisante pour les travailleurs, ni en totalité car le « retour à l’herbe » est aujourd’hui un mythe, mais surtout le traitement des déchets. Ainsi, dans le rapport de l’ASN de  2017, nous apprenons que 18 % des déchets de moyenne activité risqueraient de provoquer des incendies (à cause de l’enrobage bitumé) en cas de stockage dans le centre d’’enfouissement de Bure, et ainsi libérer de l’hydrogène radioactif, en plus des autres problèmes liés à la durée de vie des déchets.

 Après l’abandon de l’aéroport de NDDL, une lueur d’espoir apparaît, celui de voir la mobilisation antinucléaire reprendre comme c’est le cas à Bure.

Nous appelons par conséquent à réagir avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’une catastrophe nucléaire majeure ne se produise en France, avant qu’un attentat ne détruise les « piscines » nucléaires où sont entreposés les déchets, avant que les eaux servant à refroidir les réacteurs ne soient trop polluées, avant que la faillite du nucléaire ne jette à la rue des centaines de milliers de personnes travaillant dans cette industrie, avant que le complexe  politico-militaire ne décide d’utiliser des armes nucléaires quelle qu’en soit le type.

Nous exigeons donc l’arrêt des nucléaires civils et militaires.

Premiers signataires
Paul Ariès (politologue, rédacteur en chef de la revue les Zindigné.e.s)
Jean-Luc Pasquinet (décroissance-idf, ADN)
Gabriel Amard, coanimateur du pôle Atelier des Lois de la France Insoumise
Christine Bergé, (anthropologue)
Bruno Boussagol (Brut de Béton-Productions)
KoLin Kobayashi (Echo-Echanges
Stéphane Lhomme (Observatoire du Nucléaire)
Mathilde Panot, députée France Insoumise du Val de Marne
Pierre Péguin (CHANG, ADN)
Dominique Lalanne (Abolition des armes nucléaires-Maison de Vigilance)
Dominique Malvaud (Stop-Nucléaire 26-07)
MAN (Mouvement pour une Alternative Non-violente )
Jean-Marie Mataigne (ACDN)
Christine Poupin (NPA)
Philippe Poutou (NPA)

 

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16 mars 2018 5 16 /03 /mars /2018 09:02

La Ligue des droits de l'Homme, l'Observatoire international des prisons, le Syndicat des avocats de France et le Syndicat de la magistrature ont le plaisir de vous annoncer la sortie du film de campagne de l'Observatoire de l'état d'urgence, Attentifs ensemble. Lire aussi La France bascule dans l'état d'urgence permanent, Etat d’urgence : des mesures déclarées anticonstitutionnelles et Sécurité intérieure : le conseil Constitutionnel censure une fois de plus la loi de février 2017.

Lutte contre les actes de terrorisme et respect des droits et libertés : un débat nécessaire avec le film Attentifs ensemble

Parce que l'état d'urgence, loin d'avoir pris fin le 1er novembre 2017, est devenu permanent, l'Observatoire de l'état d'urgence désire alerter sur la menace que des mesures censées demeurer exceptionnelles et temporaires, mais désormais inscrites dans le marbre du droit commun, font peser sur les droits fondamentaux et les libertés publiques.

Ère du soupçon, règne de l'arbitraire, mesures disproportionnées et attentatoires aux libertés publiques, c'est ce qu'entend dénoncer l'Observatoire de l'état d'urgence avec son film Attentifs ensemble, dont chacun des trois chapitres dépeint une mesure liberticide emblématique de cette escalade sécuritaire qui risque de saper les fondements de la démocratie au prétexte de défendre celle-ci.

Avec ce film de campagne en trois volets, il s'agit de montrer la réalité de mesures sécuritaires qui menacent les libertés publiques au motif de lutter contre le terrorisme. Intrusion policière sur la base d'une simple dénonciation, privation de la liberté d'aller et de venir décidée arbitrairement et remise en cause de la liberté d'expression dont les différents thèmes abordés par les trois volets du court-métrage Attentifs ensemble, respectivement intitulés La Visite, La Note blanche, et La Mauvaise Fréquentation.

La Visite Ce premier volet du film "Attentifs ensemble", réalisé par Thibaut Oskian et produit par le Studio 84 pour l'Observatoire de l'état d'urgence, dépeint une intrusion policière sur la base d'une simple dénonciation pour rendre compte des atteintes aux droits et aux libertés qu'impliquent ces perquisitions administratives, désormais intitulées "visites domiciliaires" depuis la promulgation de la loi de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme (SILT) dite "loi antiterroriste", le 1er novembre 2017.

Relancer le débat public autour de la question est essentiel. Pour Malik Salemkour, président de la Ligue des droits de l'Homme : « L'État de droit est gravement ébranlé quand l'exception devient la règle et la justice marginalisée. Au nom de la lutte contre le terrorisme, tout serait acceptable. Or, l’arbitraire, la logique du soupçon, les contrôles de masse sont des poisons pour l’unité nationale et la démocratie. »

Lutte contre les actes de terrorisme et respect des droits et libertés : un débat nécessaire avec le film Attentifs ensemble

La Note blanche Ce deuxième volet du film "Attentifs ensemble" pointe le caractère kafkaïen et liberticide des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance (MICAS), héritières directes des assignations à résidence de l'état d'urgence suite à la promulgation de la loi de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme (SILT) dite "loi antiterroriste".

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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 14:08

Plusieurs militants ont été condamnés à de la prison ferme pour avoir réussi à s’introduire dans la centrale nucléaire de Cattenom. Un verdict inquiétant à plus d'un titre. Personnalités et organisations, dont Malik Salemkour, président de la LDH, s’inquiètent des peines prononcées contre les militant-e-s de Greenpeace. Une Tribune publiée le 6 mars 2018. Sur ce sujet, lire aussi Mort de Rémi Fraisse : pas de responsables, pas de coupables ! et Une nouvelle manœuvre pour faire taire les défenseurs du droit à l’eau.

 

Action de Greenpeace à la centrale nucléaire de Cattenom, en Lorraine, le 12 octobre 2017

Action de Greenpeace à la centrale nucléaire de Cattenom, en Lorraine, le 12 octobre 2017

Cette semaine, six militant·e·s de Greenpeace ont été condamnés à cinq mois de prison avec sursis. Deux autres militant·e·s ont été condamnés à deux mois de prison ferme. Une première dans l’histoire de l’organisation environnementale. Il leur était reproché d'être entrés, en octobre, dans la centrale nucléaire de Cattenom, et d’avoir déclenché un feu d’artifice devant le bâtiment abritant la piscine de combustible usé, un lieu très chargé en radioactivité et mal protégé contre les agressions externes. Par ailleurs, un salarié de l’organisation a été condamné pour complicité et la personne morale a elle-même été condamnée à une amende.

Ce verdict est inquiétant à plusieurs titres. Tout d’abord, ces militant·e·s ont agi en lanceurs et lanceuses d’alerte. Ils n’ont tiré aucun profit personnel de leur passage à l’acte. Ils ont pris des risques pour en dénoncer un bien plus grand, celui de la vulnérabilité de nos centrales nucléaires. Ils ont agi en toute non-violence dans le seul objectif de créer un débat public sur la sécurité nucléaire, un sujet qui nous concerne toutes et tous, quel que soit l’endroit où nous vivons en France.

La place de militant·e·s écologistes qui ont à cœur de protéger notre environnement n’est certainement pas en prison. Nos dirigeants politiques aiment à rappeler la nécessité de protéger les lanceurs d’alerte, expliquant qu’ils renforçaient la démocratie. Pourtant, qu’ils dénoncent le risque nucléaire, l’évasion fiscale, leurs conditions de travail ou les conditions d’accueil des migrants, les lanceurs d’alerte sont systématiquement poursuivis en justice et très souvent condamnés à des peines disproportionnées.

Les lanceurs et lanceuses d’alerte agissent au nom de l’intérêt général et du bien commun. Ils renforcent la démocratie lorsqu’ils interviennent sur des enjeux d’une telle importance. C’est ce qui les distingue des criminels de droit commun et devrait leur valoir un traitement différent dans les tribunaux.

Lors de l’audience récente à Thionville, l’avocat d’EDF n’a pas hésité à comparer les militant·e·s de Greenpeace à des trafiquants de drogue. Plus grave, par la voix du directeur de la centrale de Cattenom, l’entreprise a demandé devant le tribunal s’il aurait fallu des morts pour démontrer la sécurité. EDF continue de nier le risque nucléaire. Au lieu de prendre les décisions qui s’imposent pour renforcer ses installations, elle a fait le choix de faire taire la contestation en demandant des sommes faramineuses en justice, en réclamant des « sanctions exemplaires » et en menaçant les militant·e·s de Greenpeace.

Nous, responsables associatifs, syndicaux, personnalités publiques, représentants du monde culturel, nous nous émouvons des peines prononcées contre les militant·e·s de Greenpeace. Nous sommes soucieux de vivre dans une société où notre droit à protester, contester ou revendiquer est garanti. Nous défendons notre liberté d’action et celle des personnes qui agissent au nom de l’intérêt général. C’est dans la capacité à tolérer l’expression des lanceurs et lanceuses d’alerte que réside la vitalité d’une démocratie. Il en va de la bonne santé de notre modèle de société.

Signataires : Dominique A, chanteur ; Valentin Andry, membre de Danakil ; Fränk Arndt,député et bourgmestre de la commune de Wiltz au Luxembourg ; Marie Bazin,coprésidente de Survie ; Bibou, membre du groupe Tryo ; Jacques Beall, vice-président de Surfriders ; Eric Beynel, codélégué général de Solidaires ; Danielito Bravo, membre du groupe Tryo ; Guillaume Basile, membre de Danakil ; Flore Berlingen, directrice Zero Waste France ; Daniel Biancalana, bourgmestre de la ville de Dzdelange au Luxembourg, et membre de la commission locale d’information de la centrale de Cattenom ; Jean-Claude Boual, président du Collectif des associations citoyennes ; Dominique Bourg,philosophe ; Thomas Borrel, porte-parole de Survie ; Jeanne Cherhal, chanteuse ; Pierre Combaz, membre du conseil d’administration du réseau Sortir du nucléaire ; Maxime Combe, économiste et membre d’Attac ; Florent Compain, président des Amis de la Terre ; Anne Conan, porte-parole du collectif 3R ; Sandra Cossart, directrice de Sherpa ;Lex Delles, député et bourgmestre de la ville de Mondorf-les-Bains au Luxembourg ; Albin de la Simone, chanteur ; Mathieu Dassieu, membre de Danakil ; Fanny Delahalle, porte-parole d’Alternatiba ; Cyril Dion, réalisateur ; Clémence Dubois, chargée de campagne à 350.org France ; Michel Dubromel, président de France nature environnement ; Txetx Etcheverry, porte-parole de Bizi! ; Manu Eveno, membre du groupe Tryo ; Claire Fehrenbach, directrice générale d’Oxfam ; Brigitte Gothière, cofondatrice de L214 ;Guizmo, membre du groupe Tryo ; Samuel Juhel, porte-parole du Refeed ; Stéphen Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’environnement ; Henri Kox, député luxembourgeois ; Ingrid Kragl, directrice de l’information, Foodwatch ; Bouli Lanners,comédien ; Gilliane Le Gallic, fondatrice de l’association Alofa Tuvalu ; Emilie Loizeau,chanteuse ; Christophe Mali, membre du groupe Tryo ; Guillaume Meurice, humoriste et chroniqueur ; Danielle Moreau, coprésidente de Ritimo ; Véronique Moreira, présidente de WECF-France ; Dominique Meda, philosophe et sociologue ; Roland Nivet, secrétaire national et porte-parole du Mouvement de la paix ; Jean-Marc Nollet, député belge ; Gilles Paillard, directeur général SOS Villages d’enfants ; Jon Palais, porte-parole de ANV COP 21 ; Birthe Pedersen, présidente d’ActionAid France ; Dora Pfeifer-Suger, membre de l’Alliance pour la fermeture immédiate de Fessenheim ; Dominique Plihon, porte-parole d’Attac ; Emmanuel Poilane, président du Crid et directeur général de la Fondation France libertés ; Franck Popunat, porte-parole d’Utopia ; Raphaël Pradeau, porte-parole d’Attac ;Thierry Renaud, membre de Danakil ; Thomas Ribémont, président d’Action contre la faim ; Laurence Roques, présidente du Syndicat des avocats de France ; Danielle Moreau, co-présidente de Ritimo ; Malik Salemkour, président de la Ligue des droits de l’homme ; Marco Schank, député luxembourgeois ; Thomas Souil, membre de Danakil ;Taïro, auteur, compositeur, interprète ; Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac ; Claude Turmes, député européen luxembourgeois ; Pierre Villard, rédacteur en chef du mensuelPlanète Paix ; Patrick Viveret, philosophe ; Laurent Zeimet, député et bourgmestre de la ville de Bettembourg au Luxembourg.

 

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7 mars 2018 3 07 /03 /mars /2018 09:05

Au palais du littoral de la ville du Nord, près de 2 000 personnes ont participé, les 1er et 2 mars, à la première Convention nationale sur l’accueil et les migrations destinée à infléchir la politique d’accueil des migrants en s’inspirant d’expériences locales. D’après Eugénie Barbezat le 4 mars 2018 pour l’Humanité. Lire aussi 470 associations lancent les États généraux des migrations pour soutenir les lanceurs d'accueil, Monsieur le Président, vous avez instauré à Calais un protocole de la bavure et L’humanité de demain se construit par l’accueil des migrants aujourd’hui.

L’autre politique d’accueil des migrants inventée par des dizaines de villes réunies en convention à Grande-Synthe

Durant deux jours, le palais du littoral de Grande-Synthe a été en effervescence. Dans cette ville du Nord devenue un symbole en parvenant à imposer à l’État l’ouverture d’un camp humanitaire pour les migrants, 2 000 militants associatifs, citoyens, élus et chercheurs se sont réunis, jeudi et vendredi, pour participer à la première convention nationale pour l’accueil des migrants. Avec un ordre du jour : partager les expériences réussies d’intégration et montrer ensemble qu’une autre politique migratoire est possible. Dès le départ, les débats ont permis de « mettre un coup de projecteur sur ce qui fonctionne en matière d’accueil, de complémentarité entre les associations, les citoyens et les collectivités locales », souligne Damien Carême, maire écologiste de Grande-Synthe. Ils ont aussi permis aux militants et aux élus qui luttent au quotidien de se rencontrer et de développer des convergences. « Nous retrouver nous fait énormément de bien, cela nous donne de la force, on réalise que l’on n’est pas seuls à agir », témoigne Geneviève Jacques, présidente de la Cimade.

L’autre politique d’accueil des migrants inventée par des dizaines de villes réunies en convention à Grande-Synthe
L’autre politique d’accueil des migrants inventée par des dizaines de villes réunies en convention à Grande-Synthe

Le rejet des migrants n’est pas une fatalité. C’est ce qu’a permis de mettre en lumière la convention en se penchant sur la situation de ces villes et villages où des migrants ont été répartis dans des centres d’accueil et d’orientation (CAO) ouverts à la suite de l’évacuation de la « jungle » de Calais. « À chaque fois, au départ, il y avait une hostilité du maire et de la population. Mais, dans 99 % des cas, au bout de six mois, la situation s’est inversée. Non seulement cela s’est arrangé au niveau des élus mais, surtout, la population est venue donner un coup de main », souligne Patrick Doutreligne, le président de l’Uniopss (Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux). Une analyse partagée par nombre de citoyens venus apporter leurs témoignages. « Des enfants syriens sont venus dans ma classe et j’ai compris toutes les conséquences de la guerre chez eux. Quand je vois des gens dans la rue, je leur apporte des vêtements chauds, on n’a pas besoin d’être adulte ou de faire partie d’une association pour aider », a expliqué Rose, une collégienne de 13 ans. D’autres se sont interrogés sur les modalités de leur participation. « Comment aider ? À qui s’adresser pour proposer nos compétences, nos idées ? », s’interroge une jeune Dunkerquoise. Pour Patrick Doutreligne, il y a un problème de « doxocratie, c’est-à-dire, pour reprendre Platon, le pouvoir de ceux qui pensent connaître l’opinion. Les politiques sont persuadés que l’opinion est défavorable ou mitigée sur l’accueil des migrants et qu’il faut se montrer très ferme, mais ils ont tort ».

« Contrer l’instrumentalisation de la peur de l’autre »

« Nous pouvons opposer des vérités scientifiques aux mensonges sur les exilés », affirme l’anthropologue Michel Agier, qui dirige le programme de recherche participatif Babels, destiné à sortir du « gouffre d’ignorance » qui caractérise les polémiques sur l’accueil des réfugiés. « La plupart des chiffres qui circulent à la télévision ou dans la bouche de nos gouvernants sont faux ou totalement instrumentalisés. Nous ne sommes pas face à une invasion. Il y a 504 millions d’habitants dans l’Union européenne et seulement 3,4 millions de titres de séjour délivrés, dont 7 % en France. » Autre idée reçue dénoncée par la politiste Catherine Wihtol de Wenden : « En France, on pense que plus on accueille mal les migrants, moins ça fera un “appel d’air”, toutes les études prouvent le contraire ! » Reconnaissant la nécessité de livrer bataille contre ces fake news, Benoît Hamon, l’ex-candidat socialiste, dit espérer que cette convention sera « un point de départ pour contrer l’instrumentalisation de la peur de l’autre comme ciment social ».

Face à la diversité de la situation, il n’y a pas de réponse universelle. C’est un des constats qui s’est dégagé au fil des débats. Dans les villes qui servent de points de passage comme Calais, Grande-Synthe, Briançon, Menton ou même Paris, les migrants n’ont souvent besoin que d’un lieu d’accueil pour se reposer, reprendre des forces avant de poursuivre leur route. Les localités choisies par les migrants pour s’installer, comme Nantes ou Grenoble, doivent, elles, s’engager dans l’accompagnement des nouveaux arrivants à travers la scolarisation, l’inclusion sociale et citoyenne, mais aussi pour les recherches d’emploi et de logement. Répondant à ces situations diverses, des centaines de collectifs militants et associatifs locaux ont développé des expertises en parallèle de celle des grandes organisations nationales. Rassemblés en réseau depuis juin 2017 dans le cadre des états généraux des migrations (EGM) pour partager leurs expériences et leurs savoir-faire, ces acteurs ont pu pour la première fois se réunir de visu à l’occasion des journées de Grande-Synthe. « L’idée est de permettre aux grosses organisations nationales d’avoir des retours précis et diversifiés de ce qui se passe sur le terrain, et aux petites associations locales de pouvoir se prévaloir du label EGM, pour avoir davantage de poids quand il s’agit d’interpeller les institutions locales », a précisé Nathalie Péré-Marzano, déléguée générale d’Emmaüs International et initiatrice des EGM. Aujourd’hui, cette mise en commun, qui permet de faire l’inventaire des situations de déni de droits et de mettre en place des stratégies communes, est plébiscitée : la rencontre de Grande-Synthe a permis de réunir des collectifs militants, des associations, mais aussi des élus venus d’agglomérations allant du petit village de l’Aisne aux villes de Strasbourg et Nantes.

Mais les initiatives locales se heurtent à la politique de l’État, qui refuse d’accorder des droits aux réfugiés. « C’est l’État qui est hors la loi en empêchant les personnes de circuler », a martelé Cédric Herrou. L’agriculteur de la Roya, également président de l’association Défends ta citoyenneté, était venu à Grande-Synthe témoigner de l’acharnement dont il est victime à cause de ses actions de solidarité envers les migrants à la frontière franco-italienne. Damien Carême l’a rappelé : devant à la criminalisation de la solidarité, « il faut mettre l’État face à ses contradictions, faire appel à d’autres textes comme le Code de la famille et les règlements internationaux signés par la France, concernant les villes durables par exemple ». « Nous sommes dans un combat politique, a rappelé la députée PCF Elsa Faucillon. Et la loi asile immigration qui se prépare est une attaque violente à notre idéal républicain. » À Grande-Synthe, le maire n’a pas baissé les bras malgré l’incendie qui a ravagé le camp des migrants en avril 2017. Cet hiver, il a ouvert le gymnase de sa ville aux réfugiés. Parallèlement, il se bat « contre les accords passés entre Emmanuel Macron et Theresa May qui prévoient la fin des dispositifs d’accueil dans les villes côtières ». En évoquant la bataille qui se mène aussi au niveau européen pour obtenir la révision des accords « injustes et inefficaces » de Dublin, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a conclu : « C’est ici, à Grande-Synthe, que l’on est dans le sens de l’histoire. » Ce premier grand rassemblement aura sans doute contribué à démontrer que le réalisme et la sécurité sont du côté des solidaires et des hospitaliers.

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13 février 2018 2 13 /02 /février /2018 09:45

Une étude inédite révèle la présence importante de dioxines et de PCB dans la viande de taureau ou les moules. La mairie soutient le dépôt d’une plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui. D’après Stéphane Mandard le 12 février 2018 pour Le Monde.

A Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, le 21 juin 2017. ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP

A Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, le 21 juin 2017. ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP

Voisins d’une des plus grandes zones industrialo-portuaires (ZIP) d’Europe, les quelque 100 000 habitants du golfe de Fos savent depuis longtemps que l’air qu’ils respirent n’est pas le plus pur de France. Mais ils ne se doutent pas encore que la viande, les œufs et les moules qu’ils consomment localement sont aussi contaminés par la pollution.

C’est ce que révèle une étude que Le Monde a pu consulter et dont les résultats devaient être présentés, lundi 12 février au soir à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), par l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF). Ils constituent les derniers éléments d’un épais dossier que l’association, soutenue par la mairie de Fos-sur-Mer, a décidé, après quinze ans d’alertes, de transmettre à la justice avec le dépôt d’une plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui.

Entre 2009 et 2015, l’ADPLGF a piloté une campagne d’analyses sur des produits alimentaires du pourtour du golfe de Fos, qui compte une vingtaine d’installations industrielles classées Seveso : raffinerie, sidérurgie, chimie, incinérateur d’ordures… Des prélèvements ont été réalisés sur sept produits certifiés AOC (taureau de Camargue, mouton de Crau, fromages de chèvre, œufs de poules élevées en plein air, moules de Carteau à Port-Saint-Louis-du-Rhône, huile d’olive et foin de Crau) et des poissons du golfe. Deux laboratoires spécialisés (Carso, à Lyon, et Wessling, en Isère) ont recherché dans les échantillons une cinquantaine de composés chimiques. Et l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions, implanté à Fos et dont le conseil scientifique compte des chercheurs du CNRS, de l’Inserm et de l’INRA, a interprété les résultats.

Bataille judiciaire

Les conclusions les plus inquiétantes concernent la viande de taureau et les œufs. Des concentrations très élevées en dioxines, polluants organiques persistants considérés comme cancérogènes, y ont été trouvées. Sur les huit essais pratiqués depuis 2009 sur les échantillons de viande bovine, deux valeurs (25 % des échantillons) dépassent le seuil réglementaire (4 TEQ – équivalent toxique international – pg/g de matière grasse) alors que, sur 318 essais analogues réalisés sur toute la France depuis 2009 dans le cadre du plan de contrôle national, seul un dépassement a été enregistré (0,3 %). Concernant les œufs, des dépassements sont constatés sur la moitié des quatre prélèvements réalisés, contre seulement quatre pour 204 essais (2 %) à l’échelle du pays.

La présence de dioxines a aussi été mise en évidence à des valeurs supérieures à la moyenne nationale pour les fromages de chèvre et les moules ; à des niveaux moindres pour les poissons mais en constante augmentation depuis les premières mesures en 2009.

Les analyses ont également révélé des teneurs importantes en PCB (polychlorobiphényles), des perturbateurs endocriniens toxiques pour le développement cérébral et classés cancérogènes probables, pour les moules et les poissons, et des teneurs supérieures aux maximales nationales pour les œufs et la viande bovine. Elles montrent enfin la présence importante de métaux lourds (plomb et cadmium) dans les produits de la mer.

« L’objectif de cette étude n’est pas de détruire les éleveurs de taureaux ou de moules, insiste Daniel Moutet, le président de l’ADPLGF. Ils sont des victimes, au même titre que tous ceux qui ont des cancers à Fos ou à Port-Saint-Louis. » Aussi, Daniel Moutet souhaite les associer à sa démarche judiciaire en leur proposant, comme à tous les habitants du golfe, de déposer, au civil cette fois, des requêtes individuelles pour troubles anormaux du voisinage. « Cette volonté d’agir est le résultat d’un ras-le-bol », résume Me Julie Andreu, du cabinet TTLA & associés, spécialisé dans les dossiers santé-environnement (amiante, AZF…), qui déposera plainte contre X auprès du parquet du Marseille dans les prochaines semaines.

« Etat de santé fragilisé »

« On en a marre, dit Daniel Moutet. Cela fait quinze ans que l’on alerte, que l’on envoie des courriers aux ministres de la santé ou de l’environnement et qu’ils bottent en touche tous les malades. » Les premiers combats de l’association remontent à 2002 avec le projet d’implantation par GDF d’un terminal méthanier sur la presqu’île du Cavaou et à 2003 avec celui de l’incinérateur d’ordures ménagères de Marseille Provence Métropole à Fos-sur-Mer.

« Depuis quinze ans, on réclame en vain une vraie étude épidémiologique pour savoir si, effectivement, comme tout le monde le dit, il y a plus de cancers ici. Il n’y a même pas de registre des cancers dans le département », déplore René Raimondi, maire de Fos-sur-Mer depuis 2004, prêt à soutenir la bataille judiciaire qui s’engage.

Les habitants de Fos-sur-Mer et de Port-Saint-Louis-du-Rhône ont obtenu de premiers indices sérieux en janvier 2017. Une étude indépendante franco-américaine (Fos Epseal), financée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et conduite sur un échantillon de population limité, suggère que la prévalence des cancers, du diabète de type 1 et de l’asthme est supérieure aux moyennes françaises. Quant à l’étude d’imprégnation environnementale appelée de ses vœux par l’édile, c’est l’Institut écocitoyen qui s’y attelle. Les résultats, aussi attendus que craints, doivent être présentés en mai.

Sur la base d’une étude statistique rendue publique fin janvier, l’Agence régionale de santé (ARS) et la direction régionale de l’environnement (Dreal) reconnaissent prudemment « des indices de risques à long terme supérieurs au seuil de vigilance pour les effets cancérigènes, liés à la présence de plusieurs polluants sur des zones délimitées […] à proximité de certaines sources industrielles ». Fin 2017, l’ARS devait publier les résultats de l’Observatoire des cancers du rein, de la vessie et des leucémies aiguës dans le département des Bouches-du-Rhône. Mis en place en 2012 après le constat d’un taux élevé d’hospitalisations pour leucémies aiguës autour de l’étang de Berre, l’observatoire doit permettre de décider de « la pertinence d’installer un registre des cancers ». La publication a été reportée à fin 2018. « Nous sommes conscients que c’est long mais la collecte des données sanitaires et leur consolidation au niveau du département prennent du temps, explique Muriel Andrieu-Semmel, de l’ARS, qui reconnaît un « état de santé fragilisé » sur le golfe de Fos.

D’importants dépassements de rejets de benzène

Du côté des industriels, « on vit comme une injustice qu’on dise que beaucoup de gens sont malades à cause des usines », témoigne Marc Bayard, le vice-président du Groupement maritime et industriel de Fos qui regroupe les industries de la ZIP. « Nous sommes tellement conscients du problème de la pollution que cela fait quarante ans que nous travaillons de tous les côtés pour réduire les impacts environnementaux, assure-t-il. En dix ans, les rejets des principaux polluants ont diminué de 50 à 70 %, et cela continue. »

Pourtant, la plus grosse installation de Fos, ArcelorMittal, qui emploie environ 3 600 personnes, enregistre d’importants dépassements de rejets de benzène (gaz cancérogène) depuis 2016. Un rapport d’inspection environnementale d’octobre 2017 que Le Monde a pu consulter relève ainsi « des concentrations en benzène anormalement élevées (jusqu’à 10 fois la valeur limite) » et « la persistance des dépassements des émissions observées au niveau de la cokerie en 2016 ».

Sur la base de ce rapport, qui pointe également des dépassements pour les composés organiques volatiles ou les oxydes d’azote, le préfet des Bouches-du-Rhône a pris un arrêt de mise en demeure le 12 décembre 2017. Il donne à ArcelorMittal, qui demandait des délais supplémentaires, entre six mois et un an pour se mettre en conformité.

« C’est scandaleux et symptomatique, réagit le maire de Fos-sur-Mer. A chaque fois, l’Etat réagit avec retard. » René Raimondi est un enfant du pays. « Souvent, on me demande s’il est dangereux d’habiter à Fos. C’est dur d’entendre ça et de ne pas savoir quoi répondre. Quand quelqu’un est mis en danger, l’État doit prendre ses responsabilités. Tchernobyl, plus personne n’y vit. Quand on a construit le barrage de Serre-Ponçon, on a fait déplacer les habitants avant de noyer les villages. Alors qu’on nous rassure ou qu’on nous évacue. »

 

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 09:51

Une semaine après la charge d’Emmanuel Macron à Calais contre les associations de soutien aux migrants, l’écrivain et réalisateur Yann Moix interpelle le chef de l’Etat, dont il dénonce la politique migratoire. Il affirme avoir filmé, dans le cadre d’un documentaire qu’il est en train de réaliser sur place, des « actes de barbarie». Tribune parue dans Libération le 21 janvier 2018. Lire aussi L’humanité de demain se construit par l’accueil des migrants aujourd’hui, 470 associations lancent les États généraux des migrations pour soutenir les lanceurs d'accueil et L’évolution de la température mondiale accroîtrait le nombre de demandes d’asile auprès de l’Union européenne.

Yann Moix à Calais filme le sort des migrants.  PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP

Yann Moix à Calais filme le sort des migrants. PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP

Monsieur le Président de la République,

Chaque jour, vous humiliez la France en humiliant les exilés. Vous les nommez «migrants» : ce sont des exilés. La migration est un chiffre, l’exil est un destin. Réchappés du pire, ils représentent cet avenir que vous leur obstruez, ils incarnent cet espoir que vous leur refusez. C’est à leur sujet que je vous écris.

Vous avez affirmé, dans votre discours de Calais, que «ceux qui ont quelque chose à reprocher au gouvernement s’attaquent à sa politique, mais qu’ils ne s’attaquent pas à ses fonctionnaires». Je ne m’en prendrai ici qu’à vous. Et à vous seul.

Je ne suis pas, comme vous dites, un «commentateur du verbe» : je suis un témoin de vos actes. Quant à votre verbe, il est creux, comme votre parole est fausse et votre discours, double.

J’affirme, monsieur le Président, que vous laissez perpétrer à Calais des actes criminels envers les exilés. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

J’affirme, monsieur le Président, que des fonctionnaires de la République française frappent, gazent, caillassent, briment, humilient des adolescents, des jeunes femmes et des jeunes hommes dans la détresse et le dénuement. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

J’affirme, monsieur le Président, que des exilés non seulement innocents, mais inoffensifs, subissent sur notre territoire des atteintes aux droits fondamentaux de la personne. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

Vous menacez de saisir la justice si les «faits dénoncés» ne sont pas «avérés». Voici donc, monsieur le Président, les images des conséquences obscènes de votre politique.

Ces actes de barbarie, soit vous les connaissiez et vous êtes indigne de votre fonction ; soit vous les ignoriez et vous êtes indigne de votre fonction. Ces preuves, si vous les demandez, les voici ; si vous faites semblant de les demander, les voici quand même. Les Français constateront ce que vous commettez en leur nom.

«Je ne peux pas laisser accréditer l’idée que les forces de l’ordre exercent des violences physiques», avez-vous dit. Ajoutant : «Si cela est fait et prouvé, cela sera sanctionné». D’abord, vous menacez de procès en diffamation ceux qui démasquent votre politique ; ensuite, vous menacez de procédures de sanction ceux qui l’appliquent.

« La brutalité du monde »

Journalistes, policiers : avec vous, tout le monde a tort à tour de rôle. Les uns d’avoir vu, les autres d’avoir fait. Tout le monde a tort sauf vous, qui êtes le seul à n’avoir rien vu et le seul à n’avoir rien fait. On attendait Bonaparte, arrive Tartuffe.

Soit les forces de l’ordre obéissent à des ordres précis, et vous êtes impardonnable ; soit les forces de l’ordre obéissent à des ordres imprécis, et vous êtes incompétent. Ou bien les directives sont données par vous, et vous nous trahissez ; ou bien les directives sont données par d’autres, et l’on vous trahit.

Quand un policier, individuellement, dépasse les bornes, on appelle cela une bavure. Quand des brigades entières, groupées, dépassent les bornes, on appelle cela un protocole. Vous avez instauré à Calais, monsieur le Président, un protocole de la bavure.

Quand une police agit aussi unie, pendant si longtemps, elle ne peut le faire sans se plier à un commandement. Est-ce bien vous, monsieur le Président, qui intimez aux policiers l’ordre de déclencher ces actions souillant la dignité de l’homme ? Vous y avez répondu vous-même : «Dans la République, les fonctionnaires appliquent la politique du gouvernement.»

L’histoire a montré qu’on peut parfois reprocher à un policier de trop bien obéir. Mais elle a surtout montré qu’on doit toujours reprocher à un président de mal commander, précisément quand le respect humain est bafoué. En dénonçant les violences policières, en cherchant à savoir qui est le donneur de ces ordres, je ne fais que défendre la police, parce que lui donner de tels ordres, c’est justement porter atteinte à son honneur.

«La situation est ce qu’elle est par la brutalité du monde qui est le nôtre», dites-vous. Peut-on attendre, monsieur le Président, qu’une situation aussi complexe soit démêlée par une pensée aussi simpliste ? Que des décisions si lourdes soient compatibles avec des propos si légers ? On attendait Bonaparte, arrive La Palisse.

Serez-vous plus enclin à l’émotion qu’à la réflexion ? Ecoutez la voix de ces jeunes qui, fuyant les assassins et la dictature, rançonnés puis suppliciés en Libye, traversent la Méditerranée sur des embarcations douteuses pour accoster, à bout de forces, dans une Europe que vous défendez par vos formules et qu’ils atteignent par leur courage.

Vous avez osé dire : «Notre honneur est d’aider sur le terrain celles et ceux qui apportent l’humanité durable dans la République.» Au vu de ce qui semblerait être votre conception de «l’humanité», les associations préfèrent l’aide que vous leur avez refusée à celle que vous leur promettez. A Calais, on vous trouve plus efficace dans la distribution des coups que dans la distribution des repas.

Ces associations, monsieur le Président, font non seulement le travail que vous ne faites pas, mais également le travail que vous défaites. Quant à votre promesse de prendre en charge la nourriture, elle n’est pas généreuse : elle est élémentaire. Vous nous vendez comme un progrès la fin d’une aberration.

La colonisation en Algérie, monsieur le Président, vous apparut un jour comme un «crime contre l’humanité». Ne prenez pas la peine de vous rendre si loin dans l’espace et dans le temps, quand d’autres atrocités sont commises ici et maintenant, sous votre présidence. Sous votre responsabilité.

Faites, monsieur le Président, avant que l’avenir n’ait honte de vous, ce qui est en votre pouvoir pour que plus un seul de ces jeunes qui ne possèdent rien d’autre que leur vie ne soit jamais plus violenté par la République sur le sol de la nation. Mettez un terme à l’ignominie. La décision est difficile à prendre ? On ne vous demande pas tant d’être courageux, que de cesser d’être lâche.

Saccages d’abris, confiscations d’effets personnels, pulvérisation de sacs de couchage, entraves à l’aide humanitaire. Tel est le quotidien des exilés à Calais, monsieur le Président. Hélas, vous ne connaissez rien de Calais. Le Calais que vous avez visité mardi dernier n’existe pas : c’était un Calais pipé ; c’était un Calais imaginaire et vide ; c’était un Calais sans «migrants». Un Calais sur mesure, un Calais de carton-pâte. Le Calais que vous avez visité, monsieur le Président, ne se trouve pas à Calais.

Crime

Le Défenseur des droits a dénoncé, lui aussi, le «caractère exceptionnellement grave de la situation», qu’il n’hésite pas à décrire comme étant «de nature inédite dans l’histoire calaisienne». Une instance de la République, monsieur le Président, donne ainsi raison à ceux à qui vous donnez tort. Mais je vous sais capable de ne pas croire vos propres services, tant vous donnez si souvent l’impression de ne pas croire vos propres propos.

Comme on se demande à partir de combien de pierres commence un tas, je vous demande, monsieur le Président, à partir de combien de preuves commence un crime.

Je citerai enfin les conclusions de la «mission IGA-IGPN-IGGN relative à l’évaluation de l’action des forces de l’ordre à Calais et dans le Dunkerquois» d’octobre 2017 - mission qui dépend du ministère de l’Intérieur : « L’accumulation des témoignages écrits et oraux, bien que ne pouvant tenir lieu de preuves formelles, conduit à considérer comme plausibles des manquements à la doctrine d’emploi de la force et à la déontologie policière, principalement à Calais. Ces manquements portent sur des faits de violences, sur un usage disproportionné des aérosols lacrymogènes, la destruction d’affaires appartenant aux migrants ainsi que le non-respect de l’obligation du matricule RIO [le référentiel des identités et de l’organisation]

Permettez-moi, monsieur le Président, de traduire cette phrase dans un français non policier : «Nous croulons sous les preuves de violences policières, notamment de gazages, mais nous refusons de les considérer comme des preuves au sens strict, car cela risquerait de froisser monsieur le ministre de l’Intérieur, qui serait obligé d’enquêter sur l’épidémie d’anonymat qui saisit ses troupes au moment de l’assaut contre les migrants.»

Vous dites : « Je ne peux laisser accréditer l’idée que les forces de l’ordre utilisent la violence.» Les violences vous dérangeraient-elles moins que le fait qu’on les laisse accréditer ?

A l’heure, monsieur le Président, où vous décrétez ce qui est, ou n’est pas, une «fake news», vous nous rappelez de manière salutaire que vous êtes prompt au mensonge éhonté. On attendait Bonaparte, arrive Pinocchio.

Mesures antimigratoires

Je ne sais exactement de quoi vous êtes responsable ; je sais seulement en quoi vous êtes irresponsable. Le grand mérite de votre politique, c’est qu’on peut la voir à l’œil nu.

Surtout à Calais, où tout est fait pour rendre impossible aux exilés l’accès à l’Angleterre. Non seulement ils n’ont pas le droit de rester, mais ils n’ont pas la possibilité de partir. Que doivent-ils faire ? Attendre qu’on leur brûle la rétine ? Ou bien jouer leur destin en tentant la traversée ?

Vous menacez en tout, monsieur le Président, des gens qui ne nous menacent en rien. Votre politique ne fait pas que trahir nos valeurs, elle les insulte. Les mesures antimigratoires sont toujours populaires. Mais voulant faire plaisir à la foule, vous trahissez le peuple.

Le préfet du Pas-de-Calais m’a appelé, furieux, osant se réclamer de Jean Moulin ; mais Jean Moulin s’est battu pour faire cesser la barbarie, non pour intimider ceux qui la dénoncent. Les exilés sont des victimes. Laissez les martyrs morts en paix ; cessez de faire la guerre aux martyrs vivants.

Jean Moulin fut supplicié pour une France qui accueille les hommes, pas pour une France qui les chasse. Dites à votre préfet que se réclamer d’un héros de la Résistance quand, dans sa sous-préfecture, Erythréens, Afghans et Soudanais sont harcelés, délogés, gazés nuit et jour, c’est prendre Jean Moulin en otage. Et c’est le trahir une deuxième fois.

Ce n’est plus vous qui êtes en marche, monsieur le Président, c’est la vérité. Vous pouvez porter plainte contre moi pour diffamation ; la postérité portera plainte contre vous pour infamie.

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18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 10:26

Le gouvernement installe un comité de pilotage sur la reconversion du site nucléaire, le plus vieux du parc. Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat, est chargé de déminer le dossier. L’arrêt d’autres centrales nucléaires durant le quinquennat est peu probable, malgré la volonté de Nicolas Hulot de disposer d’un calendrier clair de fermeture de réacteurs. L’Elysée et EDF semblent jouer la montre. D’après Pierre Le Hir le 17 janvier 2018 pour Le Monde.

La centrale nucléaire du Bugey, le 8 avril 2016 à Saint-Vulbas (Ain) qui a connu des incidents d’exploitation en juin dernier. PHILIPPE DESMAZES / AFP

La centrale nucléaire du Bugey, le 8 avril 2016 à Saint-Vulbas (Ain) qui a connu des incidents d’exploitation en juin dernier. PHILIPPE DESMAZES / AFP

C’était en juillet 2017. Nicolas Hulot, fraîchement nommé ministre de la transition écologique et solidaire, annonce sur RTL qu’il faudrait fermer « peut-être jusqu’à 17 réacteurs nucléaires » d’ici à 2025 pour faire descendre la part de l’atome dans la production électrique française à 50 %. Mais, début octobre, le ministre revient sur l’objectif de 2025, affirmant qu’il n’est pas tenable sans compenser la diminution du nucléaire par des centrales au gaz, qui émettent du CO2.

Alors que s’amorcent les discussions sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), il semble de plus en plus improbable que la France ferme d’autres réacteurs que Fessenheim pendant le quinquennat d’Emmanuel Macron.

La PPE doit dessiner la trajectoire énergétique de la France pour les dix prochaines années. Cette feuille de route, qui doit être arrêtée fin 2018, inclut par exemple les objectifs de développement des énergies renouvelables ou de réduction des gaz à effet de serre.

Mais ce sont les termes employés sur le futur des 58 réacteurs du parc nucléaire qui seront scrutés avec attention par tous les observateurs. Les premiers ateliers se sont conclus, mardi 16 janvier, sans détailler les perspectives de fermeture de réacteurs. Les ONG déplorent que n’aient été étudiés que les scénarios les plus favorables au nucléaire.

« Choisir ses batailles »

Pour Nicolas Hulot, cette PPE est pourtant une occasion rêvée de rendre concret l’engagement d’« enclencher la décrue du nucléaire ». « Il faudra dans la PPE avoir un calendrier précis, avec le nom des réacteurs qui vont fermer », a expliqué au Monde le ministre, pour qui « le nucléaire n’est pas forcément une énergie d’avenir ». Selon lui, EDF a désormais compris que l’objectif de 50 %, même décalé dans le temps, « n’était pas négociable ».

Pour le ministère, il y aura trois critères pour décider quels réacteurs seront ciblés : la sûreté, après avis de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le rendement économique, et le volet social. « Il faut prendre le temps de la concertation, discuter avec EDF, avec les syndicats, il ne faut pas faire les choses brutalement », estime le ministre.

« C’est un exercice difficile », reconnaît M. Hulot, conscient des réticences, aussi bien chez EDF qu’au sein du gouvernement. « S’il n’était pas au gouvernement, on serait reparti pour la construction de deux EPR », assure un très proche du ministre.

C’est peu dire que le scepticisme de Nicolas Hulot sur le nucléaire ne fait pas l’unanimité dans l’exécutif. Si, pendant la campagne, Emmanuel Macron s’était clairement engagé à diminuer la part du nucléaire, il estimait, en même temps, qu’il s’agissait d’« une énergie d’avenir ». Surtout, le président a depuis répété que la priorité était de lutter contre le changement climatique – avant donc de diminuer la part du nucléaire, qui n’émet pas de CO2. « Il faut choisir ses batailles (…). Si je ferme demain une centrale nucléaire en plus, ce n’est pas vrai que je peux la remplacer par du renouvelable », prévenait-il sur France 2, le 17 décembre 2017.

Orientations pas forcément incompatibles

A l’Elysée, on explique que ces orientations ne sont pas forcément incompatibles. Mais qu’il faut commencer par un développement massif des énergies renouvelables et par la fermeture des quatre dernières centrales à charbon françaises avant de se poser la question du nucléaire. « On ira bien à 50 % de nucléaire, et il y aura des fermetures de réacteurs. Mais les trajectoires doivent être réalistes tant d’un point de vue climatique qu’économique », défend-on à l’Elysée, où l’on évoque des scénarios de fermeture de réacteurs entre 2030 et 2040.

« Ça n’aurait pas de sens de donner dès maintenant une liste de centrales à fermer », ajoute-t-on. D’autant que l’exécutif cherche aussi à préserver l’équilibre économique d’EDF, mis à mal par sa dette importante et par les difficultés du parc nucléaire. Autrement dit : il n’y aura pas d’engagement clair à fermer des réacteurs tant que la voie ne sera pas tracée pour un déploiement beaucoup plus important des énergies renouvelables.

Un scénario qui sera probablement jugé insuffisant par les mouvements écologistes, qui ont accueilli avec sévérité le report de l’objectif de 50 %. « Si on veut envoyer un signal positif pour le développement des énergies renouvelables, il faut annoncer des fermetures de centrales, prévient Cyril Cormier de Greenpeace France. Sinon, personne n’y croira ».

Doubler le nombre d’éoliennes

A titre d’exemple, l’éolien ne représente aujourd’hui que 4 % de la production électrique française, et la France ne compte aucune éolienne en mer. Pour diminuer à 50 % la production de nucléaire en 2030, il faudrait plus que doubler le nombre d’éoliennes aujourd’hui implantées sur le territoire et quintupler les efforts sur le solaire, selon les données de RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité.

L’objectif de démultiplier les efforts sur les renouvelables est, lui, largement partagé au sein de l’exécutif. Nicolas Hulot, qui porte avec vigueur ce dossier, a vertement incité EDF à se mobiliser. L’électricien a fait bonne figure en annonçant, en décembre 2017, un plan solaire conséquent, semblant répondre directement aux injonctions du ministre.

Mais, en interne, on se dit confiant sur le fait qu’aucune nouvelle fermeture de réacteur ne sera engagée rapidement. « Nos propositions pour la PPE, c’est de poursuivre nos réacteurs jusqu’à 50 ans, et pour certains au-delà », explique ainsi un dirigeant d’EDF.

Une grande partie du parc nucléaire français va atteindre quarante ans de fonctionnement dans les années 2019-2025, et il appartiendra à l’Autorité de sûreté de dire à quelles conditions ces centrales peuvent être prolongées sans danger. Cet avis de l’ASN est d’autant plus crucial que M. Macron a répété qu’il s’appuierait sur lui pour décider quels réacteurs fermer. Il devait initialement être rendu en 2018 mais il a été repoussé à 2021. Juste avant la fin du quinquennat.

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11 janvier 2018 4 11 /01 /janvier /2018 10:48
Mort de Rémi Fraisse : pas de responsables, pas de coupables !

Un communiqué du 10 janvier 2018 de la Ligue des Droits de l’Homme que nous partageons totalement. Lire aussi Sivens: les chiffres qui montrent une justice à deux vitesses et Sivens - Le rapport de la Commission d'enquête de la LDH sur les conditions ayant conduit à la mort de Rémi Fraisse.

Au petit matin du 26 octobre 2014 mourrait Rémi Fraisse, militant écologiste pacifiste de 21 ans, frappé par le tir d’une grenade offensive lancée par un gendarme suite aux affrontements ayant eu lieu sur le site de Sivens.

La confusion qui avait suivi ce dramatique évènement, avec une succession d’informations contradictoires caractérisant une communication gouvernementale calamiteuse, avait conduit la Ligue des droits de l’Homme (LDH) à initier une enquête citoyenne visant à faire la lumière sur les faits ayant conduit à la mort de la jeune victime.

Au terme de ces travaux et des auditions des témoins sur le terrain, rappelant que les pouvoirs publics sollicités avaient refusé d’y répondre, le rapport d’enquête souligne le climat de violence disproportionnée induit par une présence massive des forces de l’ordre sur le site, et les errements quant aux prises de décisions des autorités impliquées, conjugués à l’opacité des responsabilités dans les chaînes de commandement tant aux plans politique qu’administratif.

Ce 8 janvier 2018, les juges d’instruction de Toulouse ont rendu une ordonnance de non-lieu en faveur du gendarme auteur du tir de grenade ayant causé la mort de Rémi Fraisse et placé sous le statut de témoin assisté depuis 2016.

Ainsi, après cette dernière décision, encore susceptible d’appel, personne ni aucun niveau hiérarchique n’aura finalement été amené à assumer ses responsabilités quant aux décisions qu’il a pu prendre. Qui peut croire que la justice y trouvera son compte ?

 

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22 décembre 2017 5 22 /12 /décembre /2017 09:10

Un communiqué de la Ligue des Droits de l’Homme du 18 décembre 2017. Lire aussi Le numérique assigné à l'état d'urgence permanent, Loi de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme : La LDH demande la censure du Conseil constitutionnel et Etat d’urgence : des mesures déclarées anticonstitutionnelles.

Le Conseil constitutionnel, saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC), à laquelle la Ligue des droits de l’Homme (LDH) s’était jointe, vient de déclarer contraire à la Constitution la nouvelle version, résultant de la loi du 28 février 2017, du délit de consultation habituelle des sites Internet terroristes.

Le Conseil constitutionnel, comme il l’avait déjà considéré dans sa décision du 10 février 2017 qui censurait alors la première version du texte, relève que la législation comprend déjà un ensemble considérable d’infractions et de dispositions procédurales pénales spécifiques ou de mesures administratives ayant pour objet de prévenir la commission d’actes de terrorisme.

Il critique la rédaction défectueuse du texte qui fait peser une incertitude sur la portée exacte de l’incrimination. Il considère, en conséquence, que l’atteinte portée à la liberté de communication n’est pas nécessaire, adaptée et proportionnée.

La LDH avait alerté, lors des débats parlementaires, sur ces risques d’atteintes disproportionnées aux droits et aux libertés, et rappelé que la lutte contre le terrorisme devait et pouvait s’inscrire dans le respect des libertés fondamentales.

La Ligue des droits de l’Homme salue cette décision qui rappelle une nouvelle fois, de manière ferme, au législateur que la liberté de communication des pensées et des opinions est, comme l’exprime la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, dans son article 11, un des droits les plus précieux de l’humanité.

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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 09:09

Un communiqué du 4 décembre de la ligue des Droit de l'Homme. Lire aussi Loi de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme : La LDH demande la censure du Conseil constitutionnel, La France bascule dans l'état d'urgence permanent et N’enterrez pas nos libertés !.
 

L'Etat d'urgence a été levé au 1er novembre dernier, pour être immédiatement remplacé par un régime d’exception permanent, inspiré de plusieurs dispositions appliquées pendant une durée inédite de près de deux ans. La Ligue des droits de l'Homme a dénoncé avec constance les restrictions que ces mesures, au demeurant inefficaces dans la lutte contre le terrorisme, portaient aux droits et libertés. L’état d’urgence a conduit à une confusion des pouvoirs au profit de l’exécutif, en évinçant le juge judiciaire. La LDH a engagé, en conséquence, des recours devant les tribunaux et soulevé la constitutionnalité de ces dispositions, comme cela a été le cas en avril 2017 sur la présente décision.
Le Conseil constitutionnel lui donne une nouvelle fois raison, sur la question des contrôles d'identité et des fouilles de bagages et de visites de véhicules réalisés dans le cadre de l'état d’urgence, sous la seule autorité des pouvoirs administratifs, en les déclarant contraires à la Constitution.
La LDH se félicite de cette décision du Conseil constitutionnel, tout en regrettant que ses effets soient reportés à juin 2018 ; les procédures engagées sur la base de ces dispositions reconnues contraires à la Constitution ne pourront être contestées avant cette échéance.
La LDH réaffirme qu'elle continuera à lutter pour la défense des libertés publiques et individuelles ; la lutte contre le terrorisme devant et pouvant s’inscrire avec efficacité dans un cadre respectueux de l’Etat de droit.

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