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27 novembre 2018 2 27 /11 /novembre /2018 09:04

Selon les rapports d’Oxfam et des Amis de la Terre, 3 ans après l’accord de Paris, les banques françaises financent encore plus massivement le pétrole et le charbon. D’après Oxfam, Les Amis de la Terre et Le Monde le 26 novembre 2018.

COP 21 + 3 ans : les banques françaises toujours au charbon

Trois ans après l’Accord de Paris pris lors de la COP21, les banques françaises continuent de financer massivement les énergies fossiles : sur 10 euros, 7 euros vont à ces énergies climaticides, et seulement 2 euros aux énergies renouvelables (l’euro restant allant aux énergies nucléaire et hydraulique).

COP 21 + 3 ans : les banques françaises toujours au charbon

Oxfam a publié le 24 novembre un nouveau rapport « Banques françaises, les fossiles raflent la mise » après avoir étudié les financements de 6 banques françaises (BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Banques Populaires Caisse d’épargne, le Crédit-Mutuel CIC et la Banque Postale) en direction de 290 entreprises et 89 projets d’énergies renouvelables. Et le constat est accablant.

Alors que les scientifiques s’accordent à dire qu’il est urgent d’agir, pour préserver le climat, de rester sous la barre fatidique des 1,5 °C de réchauffement climatique, les banques continuent de soutenir massivement les énergies qui produisent le plus de gaz à effet de serre, comme le charbon, le pétrole et le gaz. De 2016 à 2017, elles ont réduit leurs financements à destination des énergies renouvelables (moins 1,8 milliard d’euros) d’un montant équivalent à l’augmentation de leurs financements vers les énergies fossiles (plus 1,8 milliard d’euros).

Alors que la finance mondiale se réunit à partir de lundi 26 novembre à Paris dans l’objectif affiché de construire un système financier durable, la note « COP21 + 3, les banques françaises toujours au charbon » publiée ce lundi 26 novembre par Les Amis de la Terre France révèle que les banques françaises soutiennent toujours la construction de nouvelles centrales à charbon en finançant massivement les entreprises qui portent ces projets.

La capacité mondiale de production d’électricité à partir de charbon a augmenté de 92 GW depuis l’adoption de l’Accord de Paris en 2015 et 1380 projets sont encore prévus aujourd’hui dans le monde [1].

Quelles sont les banques françaises qui nuisent le plus au climat ?

D’après de nouvelles données financières [2], BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et Natixis ont accordé depuis la COP21 plus de 10 milliards d’euros de financements aux 120 entreprises les plus agressives en matière de construction de nouvelles centrales à charbon [3]. C’est 52% de plus que les 6,7 milliards d’euros accordés pendant les trois années précédant la COP21.

COP 21 + 3 ans : les banques françaises toujours au charbon

BNP Paribas, arrive en tête avec 12,8 milliards d’euros de financements en 2016 et 2017, suivie de très près par le Crédit Agricole et la Société Générale, qui ont respectivement financé les énergies fossiles à hauteur de 12,6 milliards d’euros et 11,5 milliards d’euros sur la même période.

La faute aux politiques sectorielles des banques qui n’excluent de manière stricte que les financements de projets et ont au contraire des critères très faibles sur les financements d’entreprises. BNP Paribas, qui comptabilise près de 4 milliards d’euros de prêts et d’émissions d’actions et d’obligations aux 120 entreprises, a ainsi pris des mesures nettement insuffisantes pour restreindre directement ses soutiens aux entreprises très actives dans le secteur ou qui prévoient d’augmenter leur capacité charbon.

BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole ont accordé plus de 11 milliards de dollars (9,7 milliards d’euros) de financements, entre janvier 2016 et septembre 2018, aux 120 entreprises les plus « agressives » en matière de développement de centrales à charbon identifiées par l’ONG allemande Urgewald. Un chiffre en augmentation par rapport aux 6,5 milliards d’euros de financements de la période 2013-2015.

Parmi les firmes soutenues se trouvent des acteurs européens, comme les allemands RWE et Uniper ou le tchèque CEZ. « Ces entreprises étendent leurs mines et construisent de nouvelles unités, alors que les efforts devraient se porter sur la fermeture des 275 centrales actuellement en opération en Europe, dénonce Lucie Pinson, référente de la campagne sur la finance privée des Amis de la Terre et coauteure du rapport. Par ailleurs, elles intimident les gouvernements, comme lorsque RWE menace de poursuivre en justice les Pays-Bas s’ils actent une fermeture sans compensation de leurs centrales à charbon. »

Elle ajoute : « Les banques françaises refusent d’exclure un certain nombre d’entreprises au motif de les accompagner dans leurs efforts pour la transition énergétique. Nous disons que cela ne doit valoir que pour les entreprises qui s’efforcent réellement de se transformer en vue de s’aligner avec une trajectoire 1,5°C. Celles qui construisent délibérément des projets charbon que les plus hautes autorités scientifiques et politiques ont qualifiés à de multiples reprises de strictement incompatibles avec l’Accord de Paris doivent immédiatement être mises au ban. Refuser de le faire, c’est se porter responsable du développement du secteur le plus émetteur de CO2 et signer dès maintenant l’échec des objectifs climatiques adoptés en 2015 par la communauté internationale ».

Si les financements de projets ont toujours représenté moins de 10% des financements au secteur du charbon, la part des financements d’entreprises dans la construction de nouvelles centrales est amenée à croître du fait des risques réputationnels énormes associés au charbon. C’est notamment le cas en Europe où 66 projets sont toujours prévus, alors que tous les efforts devraient être tournés vers la fermeture avant 2030 des 275 centrales à charbon en opération [4].

Lorette Philippot, chargée de campagne Finance privée aux Amis de la Terre France explique : « Avec respectivement 1,8 milliard et 1 milliard d’euros de financements aux développeurs européens de nouvelles centrales à charbon depuis la COP21, BNP Paribas et Société Générale sont les 3ème et 10ème banques internationales à soutenir le plus les entreprises qui bloquent l’Europe dans sa transition énergétique. Parmi leurs clients figurent l’allemand RWE et le tchèque CEZ dont les activités charbon à 500 kilomètres de Paris ou de Katowice où se tiendra la COP24, menacent notre climat, notre santé et même des villages entiers de destruction. Le rapport du GIEC sur les conséquences d’un réchauffement à 1,5°C a démontré qu’il nous fallait accélérer la sortie des énergies fossiles. Il est criminel de continuer de financer les entreprises du charbon, mais aussi des sables bitumineux et des gaz de schiste comme le font Crédit Agricole et Société Générale ».

La note publiée par Les Amis de la Terre, quelques jours avant le Climate Finance Day et la COP24, appelle les banques à revoir leurs politiques. Les banques françaises doivent s’engager à aligner leurs activités avec une trajectoire + 1,5 °C, exclure immédiatement les entreprises qui étendent leurs activités dans le secteur du charbon ou y sont fortement actives ou exposées, et conditionner leurs soutiens aux autres entreprises à l’adoption d’ici 2020 d’un plan détaillé de fermeture de leurs infrastructures charbon.

« Seuils d’exclusion »

Le mécanisme est le même pour le pétrole ou le gaz. Selon Profundo, en 2016, BNP Paribas a, par exemple, souscrit à une émission d’obligations du pétrolier anglo-néerlandais Royal Dutch Shell pour une valeur de 390 millions d’euros. En 2017, le Crédit agricole a octroyé un prêt de 594 millions d’euros à la société gazière russe Gazprom.

Pour réduire leurs aides aux entreprises les plus polluantes, les banques ont mis en place des « seuils d’exclusion ». Le Crédit agricole et Natixis (filiale de BPCE) l’ont fixé à 50 % pour le charbon, c’est-à-dire qu’elles écartent de leurs aides les firmes qui font plus de 50 % de leurs revenus ou de leur production à partir de cette énergie. BNP Paribas et la Société générale n’ont pris un tel engagement que pour leurs nouveaux clients.

Un seuil encore trop élevé pour les associations, qui appellent à l’abaisser à 30 % au maximum, comme le font de nombreux investisseurs, tels qu’Allianz ou Generali. « [L’anglo-suisse] Glencore, le 8e plus gros producteur de charbon au monde, tire 21 % de ses revenus de [celui-ci]. Il est indispensable que les banques excluent les entreprises en fonction de leur production absolue, et non plus seulement relative, si elles veulent réellement limiter l’impact de leurs financements sur le climat », avance Lucie Pinson, qui appelle les banques à « cesser immédiatement de soutenir toutes les entreprises qui développent de nouvelles activités charbonnières ». Oxfam, de son côté, les enjoint de « publier un plan de sortie des énergies fossiles ».

Financer les énergies renouvelables et se désengager des énergies fossiles

Force est de constater que malgré les beaux discours verts, les banques sont dans l’immobilisme face au défi du changement climatique ! Pourtant, une véritable transition énergétique ne peut s’opérer que si les banques financent les énergies renouvelables et cessent de financer les énergies fossiles.

Alors que les grands acteurs de la finance internationale se réunissent à Paris, en cette fin de mois de novembre, dans le cadre des Climate Finance Days, et que la COP 24 s’ouvre début décembre en Pologne, Oxfam demande aux banques :

  • De cesser de soutenir les entreprises qui développent de nouvelles activités charbonnières
  • De publier un calendrier de sortie des énergies fossiles
  • D’être transparentes sur leurs financements.

Enfin, l’Etat doit également prendre ses responsabilités face à l’urgence climatique en renforçant l’ambition de la Loi sur la Transition énergétique qui impose aux banques d’évaluer les risques liés aux changements climatiques.

Nous sommes à un tournant dans l’action climatique qui demande immédiatement une union et une ambition commune du secteur privé, des pouvoirs publics et des citoyens. Les financements d’aujourd’hui façonnent le modèle énergétique de demain or, et les mobilisations pour le climat l’attestent, il est temps d’agir et de prendre les bonnes décisions. Ce message sans équivoque doit maintenant être entendu des banques.

Note : Le rapport d’Oxfam montre que BNP Paribas est la banque française qui soutient le plus les énergies fossiles : charbon, pétrole et gaz. En mars 2018, les Amis de la Terre ont montré que Société Générale, elle, arrivait en tête concernant les énergies fossiles considérées comme les plus impactantes pour le climat : charbon, sables bitumineux, pétrole et gaz de schiste, forages en région Arctique et eaux profondes, gaz naturel liquéfié.

Chiffres clés :

  • Plus de 1380 projets de centrales à charbon sont encore prévus dans le monde, dont 66 en Europe ; si elles sont construites, elles augmenteraient la capacité installée globale de plus de 33%.
  • 120 entreprises particulièrement agressives dans le développement de nouvelles centrales à charbon représentent 68% du pipeline mondial de nouvelles centrales à charbon et constituent la Coal Plant Developers List (CPDL).
  • BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Natixis, ont augmenté leurs financements aux 120 développeurs de charbon depuis la COP21 et l’adoption de leurs engagements charbon, passant de 6,7 milliards d’euros entre 2013 et 2015 à 10,25 milliards d’euros entre 2016 et 2018.
  • BNP Paribas comptabilise près de 4 milliards d’euros de prêts et d’émissions d’actions et d’obligations à ces entreprises depuis la COP21.
  • Si Crédit Agricole finance majoritairement des entreprises asiatiques, BNP Paribas et Société Générale financent les développeurs de charbon européen, avec respectivement 1,8 milliard et 1 milliard d’euros de financements.
  • BNP Paribas et Société Générale financent les entreprises qui développent leurs mines et centrales à charbon au sein même de l’Europe et bloquent ouvertement la sortie du charbon sur le continent, comme les Allemandes RWE et Uniper, ou la Tchèque CEZ.

[1] Voir le communiqué de presse d’e l’ONG allemande urgewald du 4 octobre 2018 : https://coalexit.org/sites/default/files/download_public/Urgewald%20Press%20Release%20-%20Coal%20Plant%20Developers%20-%2010-04-2018_final2.pdf

 [2] Recherche financière effectuées par le cabinet indépendant Profundo aux Pays-Bas à la demande des Amis de la Terre France, urgewald, BankTrack, Re:Common et Rainforest Action Network.

[3] Liste des 120 développeurs de charbon définit par urgewald et disponible sur https://coalexit.org/database

[4] https://beyond-coal.eu

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24 novembre 2018 6 24 /11 /novembre /2018 09:05

Générations Futures – en partenariat avec le Parisien – a rendu publiques le 20 novembre les cartes de France, détaillées et exclusives, des ventes de pesticides par département et par catégorie de pesticides. L’association profite de la publication de ces données pour remettre les « Glyph’Awards » d’or, d’argent et de bronze ainsi que leurs accessits aux départements qui arrivent en tête du classement pour les ventes de glyphosate !                                               Lire aussi Des pesticides et des perturbateurs endocriniens dans notre alimentationL’agriculture bio est plus efficace que les pesticides contre les agents pathogènes, démontrent des chercheurs français, Nous voulons des coquelicots... et La France est-elle prête pour une cure de désintoxication des pesticides ?

Les cartes de la consommation française de pesticides et les Glyph’Awards de Générations Futures

Contexte

Où achète-t-on le plus de pesticides ? Et lesquels ? Ces questions nous nous les posons régulièrement et nombreux sont celles et ceux qui nous interpellent sur ce sujet. Alors nous avons décidé d’y répondre. Comment ? En utilisant les données officielles de 2017 existantes issues de la fameuse BNVD (base de données des ventes des distributeurs) qui donnent les quantités des différents produits commerciaux pesticides vendus dans chaque département sous la forme d’une feuille Excel de plus de 700 000 lignes ! De ces données nous avons déduit les quantités de matières actives vendues dans chaque département en moulinant longuement ces informations.

Cartes

Aujourd’hui grâce à ce travail nous pouvons vous proposer différentes cartes de France de la répartition des ventes des pesticides présentant de manière synthétique et visuelle ces informations.

Nous avons élaboré de nombreuses cartes (d’autres sont en préparation) :

Les cartes de la consommation française de pesticides et les Glyph’Awards de Générations Futures
Les cartes de la consommation française de pesticides et les Glyph’Awards de Générations Futures

Découvrez l’ensemble des cartes en vous rendant sur ce lien https://www.generations-futures.fr/cartes/ et en consultant les résumés présentés dans notre dossier de presse.

Glyph’Awards

De même, dans un contexte de sortie programmée du glyphosate il nous semblait intéressant de profiter de la publication de la carte des ventes de pesticides pour attirer l’attention sur les départements les plus dépendants à l’usage du glyphosate. Nous avons donc décidé de « récompenser » ironiquement ces départements les plus accros à cet herbicide le plus vendu au monde : ce sont les « Glyph’Awards » qui se verront décernés chaque année. Notre but : encourager les agriculteurs de ces départements à ne plus jamais vouloir recevoir cette ‘distinction’ et donc à diminuer ou supprimer leur utilisation de glyphosate. En 2017 les lauréats sont : le Vaucluse (1er), La Réunion (2nd),  la Martinique (3ème ), la Gironde (4ème ) et l’Aube (5ème ).

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23 novembre 2018 5 23 /11 /novembre /2018 16:49

Dans le cadre des Rencontres de l’écologie, vendredi 30 novembre, une soirée exceptionnelle organisée par Reporterre et Le Samovar : Conférence perturbée : Climat, il n’est pas trop tard, avec Jean-Luc Vincent et Jean Jouzel.

Présence de la Coopérative Electrons solaires, cf Un coup de pouce Vert pour les Electrons solaires !

Conférence perturbée : Climat, il n'est pas trop tard

Quand le climatologue Jean Jouzel rencontre l’artiste excentrique Jean-Luc Vincent, pour interpeller sur l’urgence climatique, le débat prend une allure... un peu cocasse.

Vous aussi vous vous demandez comment limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C ? Quelles sont les actions à mener ? Les changements urgents et immédiats à réaliser pour y parvenir ? Avant que la COP24 ne commence, où les pays membres devraient discuter du respect de leurs engagements, discutons ensemble de ces questions sur un ton drôlement sérieux.

Pour la deuxième fois, Reporterre et Le Samovar s’associent pour vous proposer une conférence perturbée, cette fois-ci alliant grandes questions climatiques et humour anti-oxydant.

On dit bien que l’on peut rire de tout, même du pire. Pierre Desproges ajoutait : « Oui, mais pas avec n’importe qui. » On vous attend pour réfléchir, rire et débattre avant la COP24.

Ce vendredi 30 novembre, ce sera avec vous ! Ouverture des portes à partir de 19h30 : restauration légère / stands de Reporterre, Énergie partagée avec son partenaire local, la Coopérative Electrons solaires, Fédération des usagers de la bicyclette. Conférence à 20h30.

Théâtre-Ecole Le Samovar, 165, avenue Pasteur 93170 Bagnolet. Entrée libre mais réservation indispensable sur http://www.lesamovar.net/agenda/voir/16523.

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22 novembre 2018 4 22 /11 /novembre /2018 09:04

Les aléas climatiques affectent irrémédiablement six aspects cruciaux de la vie humaine : santé, alimentation, eau, économie, infrastructures et sécurité. D'après Audrey Garric le 19 novembre 2018 pour Le Monde.Un autre éclairage sur l'étude de Nature Climate Change, cf. Des catastrophes cumulées entraînées par le dérèglement climatique, selon Nature Climate Change.                                                   Lire aussi Dérèglement climatique : quels effets sur notre santé ?         et Ne pas dépasser +1,5 °C ? Une question politique alors que le climat de la France se dérègle.

Inondation

Inondation

Ceux qui croient que les effets du changement climatique se résument aux incendies en Californie ou aux inondations dans l’Aude, aussi meurtriers soient-ils, n’ont qu’une mince idée de la gravité de la situation. Selon la vaste étude publiée dans Nature Climate Change lundi 19 novembre, l’humanité fait les frais du dérèglement climatique de 467 façons différentes.

Côté santé, les aléas climatiques sèment la mort, en raison d’hyperthermies (plus de 780 événements de surmortalité ont été recensés dans le monde entre 1980 et 2014 sous l’effet de vagues de chaleur), de noyades (3 000 personnes sont mortes dans des inondations en Chine en 1998), de famines (800 000 décès après les sécheresses qui ont frappé l’Ethiopie dans les années 1980), de traumatismes contondants durant des tempêtes ou d’asphyxies lors d’incendies.

La morbidité est également en augmentation, par exemple lorsque des troubles cardiaques ou respiratoires surviennent lors de pics de chaleur. Les blessures sont légion sous l’effet d’incendies, d’inondations ou de tempêtes. Ces deux derniers aléas, de même que les changements de températures et de précipitations, favorisent la recrudescence d’épidémies, telles que le paludisme, la dengue, le choléra ou des diarrhées. Les risques climatiques touchent également la santé mentale : des dépressions et des stress post-traumatiques ont été recensés après des tempêtes aux Etats-Unis, comme l’ouragan Katrina en 2005, des inondations au Royaume-Uni en 2007 et ou la canicule en France en 2003. En Australie, dépression et suicides guettent les fermiers, alors que le pays connaît la pire sécheresse de son histoire.

Sécheresse

Sécheresse

Faramineuses pertes économiques

Le dérèglement climatique affecte par ailleurs la production agroalimentaire de manière directe (un tiers de la production de céréales russe a été perdue en raison des incendies et de la sécheresse de 2010 ; les trois quarts du bétail ont succombé à la sécheresse au Kenya en 2000) ou indirecte (chaque journée où la température dépasse 38 0C réduit les rendements annuels de 5 % aux Etats-Unis ; l’acidification des océans augmente le blanchissement des coraux, limitant ainsi l’habitat des poissons). La quantité et la qualité de l’eau potable sont un autre enjeu crucial, avec des pénuries, des pollutions et des maladies entraînées par les vagues de chaleur, des inondations, des feux et des sécheresses.

Dans les autres secteurs, l’approvisionnement en électricité, les transports, les infrastructures et les constructions sont les plus sévèrement touchés. Les inondations et les tempêtes ont ainsi détruit 13 millions de maisons au Bangladesh, 9 millions en Chine ou 2 millions au Pakistan depuis 1980. On ne compte plus les routes ou voies ferrées inondées, les ponts, ports ou digues démolis.

En découlent de faramineuses pertes économiques, de productivité, de revenus et d’emplois. Pour ne citer qu’un exemple, l’ouragan Katrina, qui avait fait 1 800 morts aux Etats-Unis en 2005, avait entraîné 130 milliards de dollars (113 milliards d’euros) de dégâts. De manière indirecte, les aléas climatiques augmentent aussi le prix des marchandises. La chute de la production de céréales russes, en 2010, avait provoqué un doublement du cours mondial du blé. Le tourisme est également très sensible au climat : des hivers plus chauds signifient en général moins de neige, et donc de touristes, dans les Alpes ; le blanchissement des coraux a limité le nombre de plongées de loisir en Thaïlande et en Australie.

Les effets des aléas climatiques sur la sécurité mondiale, enfin, sont plus discutés mais les scientifiques jugent qu’ils contribuent à exacerber les conflits et les violences, notamment autour de l’accès aux ressources. Les événements climatiques extrêmes ont en outre déjà poussé à l’exode des centaines de millions de personnes.

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21 novembre 2018 3 21 /11 /novembre /2018 13:28

Une étude inédite, originale et très inquiétante, publiée dans « Nature Climate Change » lundi aborde les risques cumulés entraînés par le dérèglement climatique. D'après Audrey Garric le 20 novembre 2018 pour Le Monde.                                                                                                                           Un autre éclairage sur l'étude de Nature Climate Change, cf. La vie humaine totalement perturbée par le changement climatique : décès, famines, pénuries d’eau, migrations…                                                                                                                       Lire aussi Dérèglement climatique : quels effets sur notre santé ?         et Ne pas dépasser +1,5 °C ? Une question politique alors que le climat de la France se dérègle.

Mémorial contre la famine, Dublin, par Rowan Gillespie

Mémorial contre la famine, Dublin, par Rowan Gillespie

Dans la Bible, Dieu a puni l’Egypte en lui infligeant dix plaies. L’humanité actuelle, elle, a subi les foudres du changement climatique d’au moins 467 façons différentes. Surtout, ces châtiments vont redoubler, puisqu’en 2100, la moitié de la population pourrait être menacée par trois à six catastrophes climatiques (sécheresses, vagues de chaleur, inondations, etc.) d’intensité maximale de manière simultanée si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites drastiquement. Voilà les deux conclusions d’une étude inédite, originale et très inquiétante, publiée dans Nature Climate Change lundi 19 novembre, qui aborde pour la première fois les risques cumulés entraînés par le dérèglement climatique.

Pour estimer le danger qui pèse sur la population, les auteurs – une vingtaine de chercheurs internationaux, essentiellement issus de l’université d’Hawaï – ont commencé par étudier le passé en passant au peigne fin près de 3 300 études scientifiques publiées depuis 1980 relatives au changement climatique, qu’il soit dû à l’action des hommes ou à la variabilité naturelle du climat – sachant que les émissions de gaz à effet de serre sont déjà responsables de l’augmentation de la température de la planète de près d’un degré.

Des catastrophes cumulées entraînées par le dérèglement climatique, selon Nature Climate Change

Ils ont retenu dix aléas climatiques (réchauffement, inondations, sécheresses, vagues de chaleur, incendies, montée du niveau des eaux…) qui touchent six aspects cruciaux de la vie humaine : la santé, l’alimentation, l’eau, l’économie, les infrastructures et la sécurité, ces thèmes étant déclinés en 89 sous-rubriques. En croisant ces données, ils ont découvert que l’humanité avait déjà été affectée par le climat sous 467 formes différentes, exemples détaillés à l’appui.

Ainsi des décès ou des maladies provoquées par les inondations, les incendies ou les vagues de chaleur ; des dégâts sur l’agriculture, l’élevage ou les pêcheries après des précipitations ou des sécheresses ; des effets néfastes sur la qualité et la quantité d’eau douce ; des destructions d’infrastructures à la suite de tempêtes et de la montée des eaux ; des pertes économiques et d’emplois, de la diminution de la productivité et de la crise du tourisme causées par l’acidification des océans et la déforestation. Tout cela sur fond de violences accrues et de migrations multipliées.

« Immense vulnérabilité de l’humanité »

« Cette revue de littérature montre l’immense vulnérabilité de l’humanité au risque climatique, constate Camilo Mora, professeur associé au département de géographie de l’université d’Hawaï et premier auteur de l’étude. La situation va encore empirer car les émissions de gaz à effet de serre intensifient simultanément de nombreux dangers. »

C’est là une deuxième originalité de ces travaux, qui étudient dans quelle mesure nous sommes menacés par la survenue concomitante et combinée de multiples risques climatiques. Jusqu’à présent, les conséquences de chaque aléa étaient examinées séparément. L’an dernier, Camilo Mora avait par exemple mené une étude sur les vagues de chaleur, qui concluait qu’une personne sur trois risque de mourir de chaud dans le monde.

« Nos émissions de gaz à effet de serre déclenchent un effet domino, dans lequel nous ne changeons pas seulement la température. L’augmentation de la chaleur favorise l’évaporation de l’eau du sol, ce qui entraîne des sécheresses, des feux de forêt et des vagues de chaleur dans des endroits normalement secs ou des pluies massives et des inondations dans des zones généralement humides », décrit Camilo Mora. Et de rappeler que nous sommes déjà confrontés à ces risques climatiques concomitants : « La Californie connaît actuellement des feux de forêt féroces et l’une de ses plus longues sécheresses, en plus des vagues de chaleur extrêmes de l’été dernier. »

Trois à six risques climatiques cumulés

A quoi ressemblera notre futur sous l’effet d’une crise climatique généralisée ? Selon les modélisations de l’équipe de chercheurs, si les émissions de gaz à effet de serre continuent sur leur trajectoire actuelle, la moitié de la population sera soumise à trois dangers climatiques simultanés à la fin du siècle (et jusqu’à six pour certaines régions côtières tropicales), d’une intensité maximale, qui produiront de nouveau des centaines d’effets sur les vies humaines. Si, en revanche, des actions significatives sont déployées pour limiter l’envolée des températures à + 2 °C, comme le prévoit l’accord de Paris, les citoyens ne subiraient qu’un seul aléa.

Toutes les nations sont concernées, quel que soit leur niveau de revenus, mais la nature des effets devrait varier en fonction des différentes capacités d’adaptation : comme aujourd’hui, les pays en développement devraient enregistrer la majorité des pertes humaines tandis que les Etats développés pâtiront davantage de dégâts économiques.

Tous ces résultats sont consignés sur une carte interactive qui permet d’identifier pour n’importe quel endroit du monde les risques cumulés jusqu’à la fin du siècle en fonction de trois scénarios d’émissions (réduction forte, moyenne ou nulle). En 2100, en cas de poursuite des émissions de CO2 à leur rythme actuel, Marseille devrait par exemple faire face à une augmentation du réchauffement, des sécheresses, des vagues de chaleur et des incendies, une hausse du niveau de la mer, une réduction de l’eau potable et des changements océaniques (de température, d’acidité et de quantité d’oxygène), dont la force cumulée équivaudra à trois des dangers les plus extrêmes jamais enregistrés n’importe où sur terre. Ailleurs dans le monde, Sydney et Los Angeles seront confrontés à la même situation, Mexico à quatre aléas cumulés d’intensité maximale, et la côte atlantique du Brésil à cinq.

« Travail considérable et inédit »

« La force de cette revue de littérature réside dans son ampleur, son côté systématique et le fait qu’elle se base sur des faits réels plutôt que des modèles, qui ont forcément des incertitudes. Ses résultats sont donc incontestables. Il s’agit d’un travail considérable et inédit, dont nous nous inspirerons », s’enthousiasme Robert Vautard, directeur de recherches au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, qui travaille sur le sixième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), prévu pour 2021.

« Cette nouvelle méthode des risques croisés va prendre de l’ampleur dans les années à venir, prédit quant à elle la climatologue Valérie Masson-Delmotte, également membre du GIEC. Il est intéressant d’adopter une démarche interdisciplinaire, en tenant compte de données sociales, économiques ou géographiques. » Reste maintenant à aller plus loin, juge-t-elle, et « à affiner les projections » pour connaître les domaines d’activité qui seront affectés à l’avenir, « les expositions et vulnérabilités précises », qu’il s’agisse de santé, de nourriture, d’économie ou de sécurité.

Robert Vautard relève toutefois deux limites liées aux biais de la littérature scientifique examinée : les études couvrent davantage les pays occidentaux que le reste du monde, et les chercheurs sont plus prompts à décrire les effets négatifs liés aux risques climatiques que l’inverse. « Pourtant, il est important de publier des études lorsqu’il n’y a pas d’impact du changement climatique, mais dans ce cas, on est moins cités et repris », constate Robert Vautard. A la suite de la série de tempêtes qui ont balayé la France cet hiver (Ana, Bruno, Carmen, Eleanor), le chercheur a par exemple montré que le changement climatique n’entraîne pas de hausse significative de leur nombre ni de leur intensité en Europe de l’Ouest.

Parfois, ses conséquences sont même positives. Au Sahel, les sévères sécheresses ont réduit la propagation des moustiques et donc la prévalence du paludisme entre la fin des années 1960 et le milieu des années 1990. L’augmentation des précipitations a régulièrement favorisé les rendements de maïs ou de riz en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud. « Il reste toutefois peu probable qu’un effet positif réussisse à contrebalancer la longue liste d’effets négatifs », juge Camilo Mora.

« Cette recherche confirme que le coût de l’inaction l’emporte largement sur celui de la lutte contre les changements climatiques », affirme dans un communiqué Michael Mann, climatologue à l’université de Pennsylvanie (Etats-Unis). Nous pouvons encore limiter les dommages et les souffrances à venir si nous agissons rapidement et de manière spectaculaire pour réduire les émissions de carbone. » Mais face à des gouvernements qui « risquent à tout moment de faire marche arrière », la solution pourrait venir de la base, considère Camilo Mora : « Les normes sociales nous rendront tous plus conscients de nos émissions et de la nécessité de les limiter ensemble, tandis que les hommes politiques devront s’aligner pour trouver des solutions sans quoi ils ne seront pas élus. »

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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 09:01

Le mardi 20 novembre à 19H30 au café Le Talus aux Lilas, le groupe local EELV Les Lilas-Le Pré Saint-Gervais organise une réunion publique sur la dégradation des océans, avec Valérie De Brenne, chargée de projet à l’association Bloom. Cf https://www.bloomassociation.org/. Campagne en cours à signer : Aidez les pêcheurs artisants... Stop à la pêche électrique !. Lire aussi La pêche industrielle exploite plus de la moitié de la surface des océans et Les mystérieux canyons sous-marins, trésors en péril.

Illustration de la BD Prends 5 minutes et signe copain sur le chalutage en eau profonde © Penelope Bagieu

Illustration de la BD Prends 5 minutes et signe copain sur le chalutage en eau profonde © Penelope Bagieu

Sur notre planète où la mer et les océans occupe environ ¾ de la surface, et même plus compte tenu de la profondeur, la vie est le plus à même de se développer. Hors la surpêche, les méthodes de pêche comme le chalutage en profondeur au-delà de 200m, détruisent les fonds marins en ratissant les coraux et en vidant indistinctement toutes les espèces de poisson. Ce type de pêche est 300 fois plus destructeur que n’importe quelle activité humaine (http://www.penelope-jolicoeur.com/2013/11/prends-cinq-minutes-et-signe-copain-.html. Grâce à l’action de Bloom, créée en 2004, le seuil de 800m a été retenu pour l’interdiction de la pêche en eau profonde par l’Union Européenne à partir du 12 janvier 2017.

Après le chalutage profond, la pêche électrique

Destruction des océans, sur-pêche, pêche électrique... avec Bloom mardi 20 novembre

L’océan comme les artisans pêcheurs sont les premières victimes de la pêche électrique qui désertifie la mer, la France bien qu’opposée à cette pêche n’a rien fait pour assurer l’interdiction de la pêche électrique, utilisée surtout par les Néerlandais. Des subventions scandaleuses allouées à la pêche électrique de 21,5 millions d'euros d'argent public ont permis de développer cette méthode de pêche destructrice.

La mer est également polluée par l’activité humaine, par les cours d’eau qui amènent des substances toxiques provenant de l’activité industrielle (hydrocarbures, métaux lourds) et agricole (engrais, nitrates) par l’atmosphère, le vent, la pluie.

Destruction des océans, sur-pêche, pêche électrique... avec Bloom mardi 20 novembre

Tout le monde a entendu parler de l’existence du 7ème continent : « notre production de déchets (de plastique essentiellement) est telle qu’il existe dans le pacifique nord une zone plus grande que la France où les déchets tournent en spirale à l’infini » (Greenpeace).

Destruction des océans, sur-pêche, pêche électrique... avec Bloom mardi 20 novembre

Que faire face à l’ampleur de ce désastre, des solutions existent-t-elles ?

Destruction des océans, sur-pêche, pêche électrique... avec Bloom mardi 20 novembre

Que consommer et comment consommer pour ne pas peser plus sur cet écosystème fragilisé ?

  • Rendez-vous avec Valérie de Brenne et Bloom mardi 20 novembre à 19H30 au café Le Talus aux Lilas.

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Subventions illégales à la pêche électrique et mauvaise administration des institutions : BLOOM durcit le ton et saisit la Médiatrice européenne (Communiqué de presse du 6 novembre 2018)

Alors que les négociations européennes s’orientent vers une reconduction illégitime de la pêche électrique en Europe, au détriment des pêcheurs artisans, BLOOM durcit le ton et dénonce la complicité des Etats membres ainsi que de la Commission européenne avec une poignée de lobbies industriels puissants. D’une part, BLOOM saisit aujourd’hui la Médiatrice européenne, Emily O’Reilly, chargée d’arbitrer les cas de mauvaise administration des institutions européennes, de transparence et d’éthique, pour qu’elle constate les graves manquements administratifs de la Commission européenne dans le dossier de la pêche électrique. D’autre part, après un bras de fer avec le gouvernement néerlandais, BLOOM a eu raison du mur d’opacité opposé par les Pays-Bas et leurs lobbies industriels à nos demandes de transparence à propos des subventions publiques accordées à la pêche électrique. Le fichier de subventions publiques que nous avons obtenu nous permet de révéler aujourd’hui l’étendue du mensonge des lobbies et l’illégalité des aides publiques accordées aux navires industriels, contre l’intérêt général et en rupture avec le cadre réglementaire.

Mauvaise administration de la Commission européenne

Cela fait plus d’un an que BLOOM a porté plainte contre les Pays-Bas en révélant l’illégalité des licences de pêche électrique accordées aux navires néerlandais pour pratiquer cette méthode de pêche destructrice et interdite en Europe jusqu’en 2006. Selon les termes définis par la procédure de plainte citoyenne, la Commission européenne disposait d’un an pour répondre à la requêté déposée par BLOOM le 2 octobre 2017. Depuis cette date, le statut illégal des dérogations néerlandaises et les nombreux dysfonctionnements des institutions européennes ont été confirmés par un ancien juriste de la Commission européenne. Malgré cela, la Commission a failli à répondre à notre plainte et, ce faisant, nuit gravement au bon déroulement des négociations européennes sur l’avenir de la pêche électrique.

« La Commission est responsable d’un gigantesque désordre européen » assénait Mathieu Colléter, responsable des relations science & politique chez BLOOM. « Elle a délibérément autorisé une méthode de pêche qui était interdite en Europe, en agissant contre les recommandations explicites des scientifiques. Cette décision scandaleuse mène aujourd’hui à la faillite des petits pêcheurs côtiers autour de la Mer du Nord. »

Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM renchérissait : « Le fait de ne pas avoir répondu à notre plainte est symptomatique du pouvoir arbitraire de la Commission européenne. Juge et partie, elle peut s’exempter de rendre des comptes. Les négociations européennes s’orientent vers une reconduction de la pêche électrique ce qui condamne les pêcheurs artisans à disparaître. La situation est trop grave pour rester passifs. Les institutions doivent cesser de servir de mangeoire à lobbies. Cette conduite calamiteuse des affaires publiques pousse les gens au désespoir et dans les bras des populistes anti-Europe. Nous comptons sur l’intervention rapide de la Médiatrice européenne pour mettre de l’ordre dans ce dossier désastreux de la pêche électrique. »

En refusant d’instruire la plainte de BLOOM, la Commission masque aux citoyens européens une information capitale dans le cadre des négociations actuelles sur l’interdiction de la pêche électrique en Europe.

Les implications financières scandaleuses du dossier « pêche électrique »

BLOOM révèle aujourd’hui l’ampleur du scandale financier lié au développement de cette méthode de pêche destructrice et longtemps interdite.

Les Règlements européens prévoient que les aides publiques allouées au secteur de la pêche fassent l’objet d’une publication transparente rigoureuse. Malgré la clarté du cadre réglementaire, l’État néerlandais n’a pendant longtemps pas accédé à nos demandes de transparence et a échoué à publier ces données, notamment pour la période cruciale de 2007 à 2014 correspondant au moment où les chalutiers conventionnels des Pays-Bas se sont convertis à l’électricité. BLOOM a fini par avoir raison de la détermination du gouvernement néerlandais à dissimuler les aides allouées à son secteur industriel de la pêche. Après une plainte déposée auprès de la Commission européenne en avril 2018, une saisine de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) et un courrier adressé au Premier ministre néerlandais Mark Rutte, l’État néerlandais a obtempéré et mis en ligne, en juin 2018, le fichier des subventions publiques allouées au secteur de la pêche aux Pays-Bas.

BLOOM a minutieusement analysé ces données qui permettent de révéler aujourd’hui les dysfonctionnements systémiques des institutions et des États membres et les impacts négatifs concrets de leurs rapports incestueux avec les lobbies industriels. Contrairement aux affirmations péremptoires des lobbies VisNed et Nederlandse Vissersbond, la pêche électrique n’a pas été « à peine subventionnée » : le développement de la pêche électrique a bel et bien été massivement subventionné par les contribuables européens. En effet, une estimation conservatrice permet d’affirmer qu’au moins 21,5 millions d’euros de subventions publiques ont été alloués au soutien, à la légitimation et au développement de la pêche électrique aux Pays-Bas depuis 2007, par le biais des deux instruments financiers européens d’aide au secteur de la pêche : 14,3 millions d’euros au titre du Fonds européen pour la pêche (entre 2008 et 2016) et 6,5 millions d’euros au titre du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) depuis 2017. Ces subventions sont scandaleuses et même illégales à plusieurs titres :

  • Les subventions accordées au titre de la « recherche » (qui n’a jamais eu lieu, cf. « Pour aller plus loin ») ont toujours transité sans aucune transparence par des représentants d’intérêts privés comme VisNed et Nederlandse Vissersbond. Interrogés sur l’utilisation de ces fonds, les chercheurs néerlandais ont refusé de fournir le moindre élément ;
  • Plus d’un demi-million d’euros a été alloué au processus de certification des flottes chalutières néerlandaises par le très controversé label privé MSC. Le segment électrique — qui compte aujourd’hui pour quasiment 100% des captures de ces flottes — a raté cette certification en 2016 pour 3%. Ces montants sont par ailleurs bien supérieurs aux coûts engendrés par une telle certification (entre 12 000 et 100 000 euros par pêcherie) ;
  • Toutes ces subventions ont été accordées en contravention des règlements européens : les subventions publiques ne peuvent pas servir à augmenter l’efficacité de pêche, ce que la pêche électrique fait clairement. Par ailleurs, il faut garder à l’esprit que la vaste majorité des chalutiers électriques sont illégaux. Toute subvention leur étant accordée l’est donc également.

Par ailleurs, BLOOM révèle aujourd’hui que des subventions publiques, à hauteur de 2,7 millions d’euros, ont servi à développer une méthode de pêche explicitement interdite par la réglementation européenne : le chalut électrique à panneaux (voir « Pour aller plus loin » ci-dessous). « La réglementation actuelle ne prévoit aucune dérogation pour ce type d’engin et son subventionnement est donc illégal » réagissait Frédéric Le Manach, directeur scientifique de BLOOM. « Avec une assurance qui en dit long sur la certitude de son impunité, le lobby de la pêche électrique a ouvertement reconnu prendre de l’avance sur le cadre réglementaire en développant de nouvelles pêcheries électriques ! »

Mathieu Colléter alerte l’opinion publique et les décideurs : « Sans sursaut des institutions lors du prochain Trilogue, c’est la porte ouverte assurée à une conversion massive à l’électricité de la flotte industrielle européenne au mépris du principe de précaution, de la ressource, des écosystèmes marins, et des pêcheurs artisans« . BLOOM a indiqué l’existence de ce nouvel élément à l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) pour étayer sa saisine de juin 2018.

BLOOM appelle à un sursaut des institutions européennes

BLOOM exhorte le Parlement, le Conseil et la Commission européenne à se ressaisir et à ne pas perdre de vue leur mission de protection de l’ensemble des citoyens européens. Les contribuables refusent que les richesses publiques soient utilisées pour détruire les meilleures pratiques de pêche, les emplois et les écosystèmes marins. Il est urgent que les trois institutions européennes rétablissent l’interdiction totale de la pêche électrique, comme ce fut le cas jusqu’en 2006. En janvier 2018, le Parlement européen s’est prononcé avec une forte majorité en faveur d’une interdiction totale de la pêche électrique. Il serait aujourd’hui difficilement compréhensible, face à l’accumulation des éléments à charge, de continuer à autoriser la destruction des écosystèmes marins et des économies côtières par le biais de la pêche électrique. Au bord du gouffre, les pêcheurs artisans du sud de la Mer du Nord ont manifesté en Belgique et en France le samedi 3 novembre pour témoigner de leur désarroi et de leur colère face au cynisme destructeur des institutions politiques, tant en France qu’à Bruxelles.

Les manœuvres politiciennes pour obtenir l’autorisation de la pêche électrique sont, elles, bien présentes et contaminent aujourd’hui le Parlement. Les représentants de plusieurs partis européens œuvrent en effet en sous-main pour permettre l’utilisation et le développement de cette méthode de pêche. Ces petits arrangements, loin des idéaux démocratiques européens, risquent d’arriver à leur fin. « Alors que l’Union européenne fait aujourd’hui face à une crise majeure, les institutions politiques doivent agir de manière transparente et démocratique dans ce dossier. Il serait incroyable que nos écosystèmes marins et les pêcheurs artisans soient sacrifiés sur l’autel du profit de quelques pêcheurs néerlandais. La pêche électrique est tout sauf innovante, elle est aujourd’hui un danger pour notre démocratie européenne  » conclut Mathieu Colléter.

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9 novembre 2018 5 09 /11 /novembre /2018 15:14

Nous dépendons tous de la forêt pour subvenir à nos besoins. La France importe et consomme des produits qui peuvent contribuer à la déforestation à l’autre bout du monde : c’est la « déforestation importée ». Consommons autrement pour protéger les forêts de notre planète ! Déforestation importée : arrêtons de scier la branche ! Un rapport de WWF  du 8 novembre 2018. Lire aussi L’huile de palme, omniprésente ou interdite ?, La disparition des surfaces boisées mondiales a bondi de 51 % en 2016 et Déforestation : les forêts émettent plus de CO2 qu’elles n’en absorbent.

Ensemble, stoppons la déforestation !

Au cours des cinq dernières années, la France a potentiellement contribué à déforester 5,1 millions d’hectares, soit environ deux fois la superficie de la Bretagne, à travers ses importations de 7 matières premières (soja, cacao, bœuf & cuir, huile de palme, caoutchouc naturel, bois et pâte à papier). Cela signifie qu’en 50 ans, nous avons potentiellement déforesté une surface équivalente à la superficie de la France métropolitaine, ailleurs dans le monde. Voici le constat alarmant d’une nouvelle étude publiée aujourd’hui par le WWF France, qui dresse pour la première fois un état des lieux du risque de déforestation associé aux importations françaises. 

Quand nos emplettes déciment les forêts

Ensemble, stoppons la déforestation !

Beaucoup de produits que nous achetons régulièrement contribuent à la déforestation. Ainsi, la viande, les œufs et les produits laitiers que nous mangeons chaque jour sont dérivés d’animaux nourris au soja. Soja dont la culture ne cesse de s’étendre, empiétant sur les forêts naturelles d’Amérique du Sud. Idem pour le chocolat fabriqué à base de cacao cultivé en Afrique de l’Ouest au détriment des forêts. Idem encore pour le diesel qui contient de l’huile de palme, dont les plantations se substituent aux forêts tropicales du Sud-Est…

Près de 7,6 millions d’hectares de forêts ont disparu chaque année entre 2010 et 2015. Et avec eux, des services écosystémiques essentiels. Car la forêt nous approvisionne en eau, en nourriture, en médicaments. L’exploitation de ses ressources naturelles procure des revenus à de nombreuses personnes. Mais elle remplit aussi des fonctions écologiques indispensables d’épuration de l’air, de l’eau et des sols, de stockage de carbone, de rempart face à l’érosion etc.

Consommons moins et mieux

5,1 millions d’hectares : c’est la surface potentiellement déforestée pour produire ce que la France importe chaque année.

Comment réduire notre empreinte sur les forêts du monde ? En privilégiant les modes de production qui ne génèrent pas de déforestation. En bref, consommons moins et mieux !
Et pour commencer, concentrons nos efforts sur les matières premières les plus « fautives », celles dont la production est généralement associée à la déforestation. En tête, le soja, l’huile de palme, le cacao et le caoutchouc naturel

Ensemble, stoppons la déforestation !

Soja

  • La viande, les œufs et les produits laitiers sont dérivés d'animaux qui ont été nourris au soja. Une matière première cultivée au détriment des forêts d'Amérique du Sud.

  • La France importe 4,8 millions de tonnes de soja par an.

A notre échelle, nous pouvons :

  • Diversifier notre alimentation en protéines, en consommant et en apprenant à cuisiner des protéines végétales ;

  • Réduire notre consommation de produits issus des animaux (viande, oeufs, produits laitiers)

  • Choisir des produits certifiés.

Ensemble, stoppons la déforestation !

Huile de palme

  • Le diesel que nous mettons dans nos véhicules contient une part d’huile de palme dont la culture se fait au détriment des forêts tropicales d’Asie du Sud-Est.

  • La France importe 970 000 tonnes d'huile de palme par an.

A notre échelle, nous pouvons :

  • Réduire notre consommation de produits transformés contenant potentiellement de l’huile de palme ;

  • Eviter le choix du diesel, qui pollue et roule partiellement à l’huile de palme ;

  • Privilégier des produits à base d’huile de palme certifiée RSPO.

Ensemble, stoppons la déforestation !

Cacao

  • Les tablettes de chocolat que nous avons plaisir à consommer au goûter contiennent du cacao qui a détruit des forêts en Afrique de l’Ouest.

  • La France importe 460 000 tonnes de cacao par an.

A notre échelle nous pouvons :

  • Consommer moins de produits chocolatés transformés, qui contiennent généralement du chocolat de moins bonne qualité ;

  • Privilégier du chocolat certifié d’un point de vue environnemental et social (labelisé Rainforest Alliance, UTZ, Fairtrade ou Agriculture biologique).

Ensemble, stoppons la déforestation !

Caoutchouc naturel

  • Le caoutchouc naturel présent dans les pneus de nos voitures est lui aussi issu de la déforestation en Indonésie et Malaisie.

  • La France importe 410 000 tonnes de caoutchouc par an.

A notre échelle, nous pouvons :

Encourager les constructeurs automobiles à être plus transparent sur leur chaîne d'approvisionnement

Ensemble, stoppons la déforestation !

Pâte à papier

  • La pâte à papier que nous utilisons au quotidien (papier hygiénique, papeterie, etc.) a souvent été cultivée au Brésil sur des terres confisquées aux populations autochtones.

  • La France importe 8,2 millions de tonnes de pâte à papier par an.

A notre échelle, nous pouvons :

  • Privilégier l'achat de produits papetiers (papier toilette ou papeterie) en papier recyclé ou certifiés FSC, qui permet de soutenir la gestion responsable des forêts ;

  • Éviter d'imprimer si c'est inutile ;

  • Trier le papier pour qu'il soit recyclé.

Ensemble, stoppons la déforestation !

Bœuf et cuir

  • Pour produire le cuir de nos chaussures dérivé de bovins, de nombreuses forêts brésiliennes ont été converties en pâturages.

  • La France importe 360 000 tonnes de bœuf et cuir par an.

A notre échelle, nous pouvons :

  • Manger moins de bœuf et privilégier une viande élevée en France ou en Europe et certifiée Agriculture biologique ;

  • Limiter nos achats de paires de chaussures en cuir et privilégier celles dont le cuir n'a pas contribué à la déforestation ou en cuir certifié Agriculture biologique ;

  • Réduire nos achats de vêtements et chaussures, notamment en cuir ;

  • Participer à l’économie circulaire : choisissons des articles de seconde main !

Ensemble, stoppons la déforestation !

Bois

  • Les terrasses ou clôtures en bois dont nous nous servons pour aménager nos logements peuvent contribuer à détruire les forêts boréales de Russie.

  • La France importe 7,3 millions de tonnes de bois par an.

A notre échelle, nous pouvons : 

  • Recycler les objets bois et meubles en fin de vie ;

  • Réduire l’utilisation de produits à usage unique et difficilement recyclables ou réutilisables en bois (tel les cures-dents ou les baguettes en bois) ;

  • Acheter des produits bois recyclés ou certifiés FSC.

Une conséquence de la déforestation : une plantation d'Eucalyptus détruire à Bahia au Brésil.

Une conséquence de la déforestation : une plantation d'Eucalyptus détruire à Bahia au Brésil.

La déforestation est également l’une des principales causes de disparition des espèces, en détruisant et en fragmentant les espaces qui abritent la biodiversité, notamment en Amérique du Sud, où nous avons perdu 89% des populations de vertébrés sauvages depuis 1970, comme l’a récemment révélé le Rapport Planète Vivante 2018 du WWF. 

Alors que la France est signataire de plusieurs déclarations internationales visant à mettre fin à la déforestation des chaînes d’approvisionnement agricoles et forestières, il est indispensable que le gouvernement et l’ensemble des acteurs français agissent concrètement pour réduire l’empreinte déforestation importée de la France.

L'adoption de la SNDI

Si le WWF France salue la volonté du gouvernement d’adopter une Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée (SNDI), qui devrait être rendue publique prochainement, il appelle notamment :  

  • Les pouvoirs publics à :

    • Décliner de façon opérationnelle cette stratégie en définissant un plan d’actions avec des objectifs quantifiables et vérifiables et des moyens financiers;

    • Supprimer dans le projet de loi de finances 2019 l’avantage fiscal dont bénéficient les agrocarburants ayant un fort impact sur l’environnement; 

    • Mettre en œuvre l’action 57 du plan biodiversité visant à une politique “zéro déforestation dans les marchés publics” en 2022; 

    • Soutenir la création d’un label “zéro déforestation”.

  • Les entreprises à : 

    • Prendre et tenir des engagements d’approvisionnement “zéro déforestation” sur l’ensemble de leur chaîne de valeur ;

    • Agir en urgence puisqu’une grande partie des grandes entreprises a déjà pris des engagements zéro déforestation à l’horizon de la fin 2020 pour lesquels il reste à peine 500 jours.

  • Les investisseurs publics et privés à : 

    • Investir dans la réhabilitation de terres dégradées pour l’agriculture ou la foresterie; 

    • Se doter de politiques d’investissements qui excluent la déforestation et à mesurer leur exposition au risque déforestation.

Les consommateurs, à consommer autrement (moins de viande par ex.) et à privilégier les produits certifiés (Bio, FSC, etc.).

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31 octobre 2018 3 31 /10 /octobre /2018 10:22

Organisée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) du mardi 30 octobre jusqu’au 1er novembre, elle met en avant le combat contre « le plus grand risque environnemental pour la santé ». Le 30 octobre d’après l'OMS, atmo-grandest.eu et Le Monde. Lire aussi 100 000 euros d'astreinte journalière demandés à l'Etat face à l’inaction sur la pollution de l’air, Pollution de l’air : le match du siècle et Médecins et associations unissent leurs voix pour rappeler l’urgence d’agir face à la pollution de l’air.

Getty Images

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La première conférence mondiale dédiée à la pollution de l’air et à la santé se tient du 28 octobre au 1er novembre 2018 à Genève (Suisse), au siège de l’OMS, autour des priorités suivantes :

> Améliorer la qualité de l’air ;
> Combattre le changement climatique ; 
> Sauver des vies.

La santé mondiale et la planète en danger

Dans son communiqué de presse du 2 mai 2018 (lire La pollution de l’air tue 7 millions de personnes dans le monde chaque année), l'OMS faisait ce constat sanitaire très alarmant : neuf personnes sur dix respirent un air pollué dans le monde, trop chargé en particules fines (PM 2,5, de diamètre inférieur à 2,5 µm) et sont exposés à des concentrations qui dépassent les recommandations sanitaires (10 µg/m³ par an). Cette surexposition chronique entraîne 6,5 millions de morts prématurées chaque année. C’est aussi l’un des facteurs principaux de mortalité non contagieux les plus importants au monde, davantage que les morts cumulés du sida (1,1 million), de la tuberculose (1,4 million), du diabète (1,6 million) et des accidents de la route (1,3 million). Enfin, la pollution atmosphérique contribue au changement climatique via les gaz à effet de serre. Cette conférence entend donc aborder ces problématiques en tenant compte des aspects AIR, CLIMAT, ENERGIE et SANTE.

Des pistes de réflexion

Cette conférence sera l’occasion pour les leaders mondiaux de s’engager à agir contre cette grave menace pour la santé, qui écourte les vies de près de 7 millions de personnes chaque année. Il faut agir, notamment de la façon suivante:     

  • Le secteur de la santé doit prendre des mesures pour informer, éduquer, fournir des ressources aux professionnels de la santé, et s’engager dans l’élaboration de politiques intersectorielles.
  • Des politiques doivent être mises en œuvre pour réduire la pollution de l’air: tous les pays doivent s’efforcer de respecter les recommandations mondiales de l’OMS en matière de qualité de l’air pour améliorer la santé et la sécurité des enfants. Pour y parvenir, les gouvernements doivent adopter des mesures telles que la réduction de la dépendance excessive à l’égard des combustibles fossiles dans le bouquet énergétique mondial, en investissant pour améliorer l’efficacité énergétique et en facilitant l’adoption des énergies renouvelables. Une meilleure gestion des déchets peut réduire le volume des déchets brûlés dans les communautés et par conséquent réduire la pollution de l’air au sein de celles-ci. L’usage exclusif de techniques et de combustibles non polluants pour la cuisine, le chauffage et l’éclairage dans les habitations peut considérablement améliorer la qualité de l’air au sein des foyers et dans les communautés qu’ils forment.
  • Des mesures doivent être prises pour réduire au minimum l’exposition des enfants à la pollution de l’air: les écoles et les crèches doivent être situées loin des principales sources de pollution de l’air telles que les routes à fort trafic, les usines ou les centrales énergétiques.

A la différence du changement climatique, aucune convention des Nations unies n’encadre la pollution de l’air. La conférence ne débouchera pas sur une déclaration finale. « A chaque fois, il faut négocier des textes qui finissent par se retrouver vidés de leur substance, prévient Maria Neira, rompue aux négociations internationales. Nous avons préféré opter pour des engagements volontaires des Etats et des villes afin de créer une sorte d’émulation. » Pas dupe des effets d’annonce, la responsable de l’OMS précise que des groupes de suivi seront mis en place pour vérifier que les engagements seront bien tenus.

 

La première conférence mondiale sur la pollution de l'air s'est ouverte à Genève

Plus de 90% des enfants dans le monde respirent chaque jour un air pollué

Un communiqué de presse de l’OMS le 29 octobre 2018.

Chaque jour, près de 93% des enfants de moins de 15 ans dans le monde (soit 1,8 milliard d’enfants) respirent un air si pollué que leur santé et leur développement sont gravement mis en danger. Nombreux sont ceux qui vont en mourir: l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime qu’en 2016, 600 000 enfants sont décédés d’infections aiguës des voies respiratoires inférieures dues à la pollution de l’air.

Un nouveau rapport de l’OMS sur la pollution de l’air et la santé de l’enfant (Prescribing clean air) se penche sur le lourd tribut que la pollution de l’air ambiant (extérieur) et de l’air à l’intérieur des habitations fait peser sur la santé des enfants dans le monde, en particulier dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Ce rapport paraît à la veille de la première conférence mondiale jamais organisée par l’OMS sur la pollution de l’air et la santé. 

Il révèle que quand les femmes enceintes sont exposées à un air pollué, elles risquent davantage d’accoucher prématurément, et de donner naissance à des nouveau-nés de faible poids. La pollution de l’air a aussi des répercussions sur le développement neurologique et les capacités cognitives, et peut provoquer de l’asthme et certains cancers de l’enfant. Les enfants qui ont été exposés à des niveaux élevés de pollution de l’air peuvent courir un risque élevé de maladies chroniques telles que les maladies cardiovasculaires plus tard au cours de leur vie.

«La pollution de l’air empoisonne des millions d’enfants et détruit leur vie», déclare le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. «C’est inexcusable. Chaque enfant doit être en mesure de respirer un air non pollué de façon à pouvoir grandir et s’épanouir pleinement».

L’une des raisons pour lesquelles les enfants sont particulièrement vulnérables aux effets de la pollution de l’air tient au fait qu’ils respirent plus rapidement que les adultes et absorbent ainsi davantage de polluants. Ils vivent aussi à une moindre distance du sol, où certains polluants atteignent des concentrations record – à un moment où leur cerveau et leur corps sont en plein développement.

Les nouveau-nés et les jeunes enfants sont aussi plus sensibles à la pollution de l’air à l’intérieur des habitations où les techniques et les combustibles utilisés régulièrement pour la cuisine, le chauffage et l’éclairage sont polluants.

«La pollution de l’air freine le développement cérébral de l’enfant, et a une incidence sur sa santé de bien des façons, plus nombreuses que nous le pensons. Mais il existe de nombreux moyens simples de réduire les émissions de polluants dangereux», déclare le Dr Maria Neira, Directrice du Département Santé publique, déterminants sociaux et environnementaux de la santé à l’OMS.

«L’OMS soutient la mise en œuvre de mesures de politique générale favorisant la santé comme l’accélération du passage à des techniques et combustibles de cuisson et de chauffage non polluants, la promotion de l’utilisation de moyens de transport plus propres, des logements et de l’urbanisme écoénergétiques. Nous contribuons à poser les premiers jalons pour la production d’une électricité à faibles émissions, des technologies industrielles plus sûres et plus propres et une meilleure gestion des déchets au niveau local», a-t-elle ajouté.

Principales conclusions: 

  • La pollution de l’air affecte le développement neurologique, conduisant à des résultats plus faibles aux tests cognitifs, et a des conséquences négatives sur le développement mental et moteur.

  • La pollution de l’air endommage les fonctions pulmonaires des enfants, même à des taux d’exposition faibles.

  • À l’échelle mondiale, 93% des enfants de moins de 15 ans dans le monde sont exposés à des niveaux de particules fines dans l’air ambiant (PM2,5) supérieurs aux niveaux préconisés par les lignes directrices de l’OMS sur la qualité de l’air, parmi lesquels 630 millions d’enfants de moins de cinq ans, et 1,8 milliard d’enfants de moins de 15 ans.

  • Dans les pays à revenu faible et intermédiaire du monde entier, 98% des enfants de moins de cinq ans sont exposés à des niveaux de particules fines dans l’air ambiant (PM2,5) supérieurs aux niveaux préconisés par les lignes directrices de l’OMS sur la qualité de l’air. Par comparaison, dans les pays à revenu élevé, 52% des enfants sont exposés à des niveaux supérieurs aux niveaux recommandés par l’OMS.

  • Plus de 40% de la population mondiale – dont 1 milliard d’enfants de moins de 15 ans – est exposée à des niveaux élevés de pollution de l’air à l’intérieur des habitations, essentiellement dus aux techniques et combustibles polluants utilisés pour cuisiner.

  • Environ 600 000 décès chez des enfants de moins de 15 ans ont été attribués aux effets conjoints de la pollution de l’air ambiant et de l’air à l’intérieur des habitations en 2016.

  • Cumulées, la pollution de l’air intérieur due à la cuisson des aliments et la pollution de l’air ambiant (extérieur) causent plus de 50% des infections aiguës des voies respiratoires inférieures chez les enfants de moins de cinq ans dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

  • La pollution de l’air est l’une des principales menaces pour la santé de l’enfant, responsable de près d’un décès sur 10 chez les enfants de moins de cinq ans.

La première conférence mondiale sur la pollution de l'air s'est ouverte à Genève

La pollution de l’air est responsable de 422 000 décès prématurés en Europe

« La pollution atmosphérique est un tueur invisible », alerte l’Agence européenne de l’environnement dans son rapport 2018 sur la qualité de l’air.

L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) publie lundi 29 octobre son rapport 2018 sur la qualité de l’air en Europe. Comme le précédent, il n’est pas vraiment rassurant. « La pollution atmosphérique reste trop élevée dans l’ensemble de l’Europe », conclut l’AEE. Et les Européens continuent de le payer avec leur santé.

Selon les dernières données collectées par l’Agence, les concentrations de particules fines (PM2,5, de diamètre inférieur à 2,5 micromètres) ont été responsables d’environ 422 000 décès prématurés (avant l’âge de l’espérance de vie) dans l’ensemble des 41 pays européens en 2015, dont 391 000 dans les 28 Etats membres de l’UE. Soit une légère baisse par rapport à 2014 où le bilan macabre atteignait 399 000 à l’échelle de l’UE. C’est l’Allemagne qui paie le plus lourd tribut (62 300) devant la Pologne (60 600), l’Italie (44 500) et la France (35 800).

« La pollution atmosphérique est un tueur invisible et nous devons intensifier nos efforts pour agir sur ses causes, commente Hans Bruyninckx, le directeur exécutif de l’AEE. M. Bruyninckx appelle l’Europe à « redoubler d’effort » pour notamment « réduire les émissions causées par le transport », rappelant qu’elles sont « généralement plus nocives que celles provenant d’autres sources, car elles se produisent au niveau du sol et le plus souvent en ville, à proximité de la population ».

Dépassements persistants

Le rapport de l’AEE est établi à partir des données collectées par plus de 2 500 stations de surveillance de la qualité de l’air réparties à travers l’Europe. L’analyse des résultats pour l’ensemble de l’année 2016 révèle que « malgré de lentes améliorations, la pollution atmosphérique dépasse toujours les limites établies par l’Union européenne [UE] et les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé [OMS] », les seuils fixés par l’UE étant souvent moins exigeants que ceux prônés par l’OMS.

Ainsi, pour les PM2,5, le pourcentage de la population urbaine de l’UE exposée à des concentrations supérieures aux limites européennes (20 µg/m3 en moyenne annuelle) était de 6 % en 2016 contre 7 % l’année précédente. Mais cette proportion grimpe à 74 % si on se réfère aux normes de l’OMS, deux fois plus protectrices.

La valeur limite annuelle continue aussi à être « largement dépassée dans l’ensemble de l’Europe » pour le dioxyde d’azote (NO2), gaz principalement émis par les moteurs diesel, note le rapport. Un constat qui vaut aussi pour la France. Le ministère de la transition écologique et solidaire a publié vendredi 26 octobre son bilan national de la qualité de l’air pour 2017. S’il insiste, comme le rapport de l’AEE, sur la tendance globale à l’amélioration depuis 2000, l’année 2017 reste marquée par des dépassements des normes européennes. Ils concernent douze agglomérations dont Paris, Lyon et Marseille pour le NO2 et 27 agglomérations pour l’ozone. Des dépassements persistants qui valent à la France d’être renvoyée devant la Cour de justice de l’Union européenne.

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26 octobre 2018 5 26 /10 /octobre /2018 09:02

La présence de résidus de pesticides dans l’alimentation conventionnelle pourrait expliquer la baisse de 25 % du risque chez les grands consommateurs de bio. D’après Stéphane Foucart et Pascale Santi pour Le Monde le 23 octobre 2018. Lire aussi Nourrir la planète avec une agriculture 100% biologique en 2050, c’est possible, L’alimentation bio est bénéfique pour la santé et Ces parents qui mijotent une cantine publique.

Manger régulièrement bio diminue de 25% les risques de cancer

Pour les agences réglementaires, les résidus de pesticides dans l’alimentation ne présentent aucun risque pour la santé. Mais un corpus scientifique récent, sur les effets des mélanges de molécules et des expositions chroniques à faibles doses, suggère que les risques posés par les traces de produits phytosanitaires sont, au contraire, bien réels pour le consommateur.

Une étude épidémiologique française, publiée lundi 22 octobre dans la revue JAMA Internal Medicine, est ainsi la première à pointer de tels risques dans la population générale, s’agissant du cancer.

Elle indique que les plus gros consommateurs d’alimentation issue de l’agriculture biologique ont un risque de cancer réduit de 25 %, par rapport à ceux qui en consomment le moins. « Pour expliquer ces résultats, l’hypothèse de la présence de résidus de pesticides synthétiques bien plus fréquente et à des doses plus élevées dans les aliments issus de l’agriculture conventionnelle comparés aux aliments bio est la plus probable », indique Emmanuelle Kesse-Guyot, chercheuse (Institut national de la recherche agronomique, INRA) dans l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Inserm, INRA, université Paris-XIII) et coauteure de ces travaux.

De fait, les types de cancer dont les risques sont les plus réduits chez les consommateurs d’aliments labellisés « AB » sont également associés aux expositions des agriculteurs aux pesticides.

Démonstration inédite

Conduits par Julia Baudry et Emmanuelle Kesse-Guyot, les auteurs ont exploité les données d’une grande cohorte, dite NutriNet, de près de 70 000 volontaires suivis entre 2009 et 2016. Ils ont divisé en quatre groupes les individus, en les classant des plus gros consommateurs de bio (environ plus de 50 % de leur alimentation), à ceux qui n’en consomment que de manière occasionnelle, ou jamais.

Durant les sept années de suivi, 1 340 nouveaux cas de cancer ont été enregistrés ; les auteurs ont ensuite observé la répartition de ces maladies dans les différents groupes.

Au total, en tenant compte de toutes les localisations cancéreuses, la baisse du risque est de 25 % pour le groupe le plus consommateur de bio par rapport au groupe le moins consommateur. Mais les réductions de risque vont jusqu’à 34 % pour les cancers du sein post-ménopause, 76 % pour les lymphomes (un type de cancer du sang).

« L’une des grandes forces de ces conclusions est qu’elles sont largement cohérentes avec les résultats des études menées sur les expositions professionnelles aux pesticides, explique l’épidémiologiste Philip Landrigan (Boston College, Etats-Unis), qui n’a pas participé à l’étude. Cela renforce grandement la plausibilité d’un lien entre l’effet mis en évidence et la présence de résidus de pesticides dans l’alimentation. » Les lymphomes, notamment, font partie des cancers surreprésentés chez les agriculteurs exposés aux pesticides.

« C’est, à ma connaissance, la première fois que l’on met en évidence et à partir d’une enquête prospective [c’est-à-dire en suivant dans le temps un ensemble d’individus], un lien entre alimentation bio et risque de cancer, ajoute M. Landrigan. Les grandes forces de l’étude sont la taille de la cohorte et la durée du suivi. Il s’agit clairement d’une étude importante et ce résultat mérite beaucoup de considération. »

Possibles biais

L’une des difficultés de l’exercice est de corriger l’analyse de nombreux biais possibles. En particulier, des travaux antérieurs montrent que les consommateurs d’aliments bio ont en moyenne une alimentation plus saine, pratiquent plus régulièrement de l’exercice physique ou encore appartiennent à des catégories sociales plus élevées que la moyenne. Autant de facteurs qui influent sur le risque de contracter diverses maladies – dont le cancer.

Les auteurs ont donc corrigé leur analyse grâce au relevé d’un grand nombre de caractéristiques des individus de la cohorte : indice de masse corporelle, niveau d’activité physique, catégorie socioprofessionnelle, qualité du régime alimentaire, statut tabagique, etc. « La prise en compte de ces nombreux facteurs de risque est à mettre au crédit des auteurs, estime l’épidémiologiste Rémy Slama (Inserm, université Grenoble-Alpes), qui n’a pas participé à ces travaux. Au total, il est peu plausible que des facteurs liés au style de vie, autres que la consommation d’aliments bio, soient en cause dans l’effet observé. »

M. Landrigan met cependant en avant un biais de recrutement possible. « Ainsi que les auteurs le notent, la cohorte repose sur des volontaires. Or, ces derniers ont généralement un niveau d’éducation plus élevé que la moyenne et un style de vie plus sain, dit le chercheur américain. Cela peut jouer sur les résultats. »

Emmanuelle Kesse-Guyot n’en disconvient pas, mais estime que cet effet de recrutement « aura plutôt tendance à sous-estimer l’effet observé que le contraire ». De fait, même les plus faibles consommateurs de bio de la cohorte ont sans doute un risque de cancer moindre qu’une grande part de la population réelle…

« Un édifice de preuves déjà important »

« Cette étude s’attaque à une question compliquée, et il est toujours préférable d’avoir confirmation de l’effet mis en évidence par d’autres études, dit Rémy Slama. Mais il faut aussi avoir à l’esprit que ce nouveau travail s’ajoute à un édifice de preuves déjà important et qu’il reste dans la chaîne alimentaire des résidus de pesticides de synthèse classés “cancérogènes probables”, actuellement autorisés ou interdits, mais rémanents dans les sols et l’environnement. »

A elle seule, une étude épidémiologique ne peut apporter la preuve définitive d’une causalité et, précise Mme Kesse-Guyot, « d’autres études doivent être menées pour préciser le lien de cause à effet ». Mais, en cas de confirmation, conclut la chercheuse, « des mesures de santé publique devraient être mises en place ». En attendant, juge Emmanuel Ricard, délégué à la prévention à la Ligue contre le cancer, « l’attitude de bon sens est de limiter son exposition aux pesticides et autres substances de synthèse ».

D’autant plus que la cohorte NutriNet a déjà montré, en février, que les aliments ultratransformés étaient également un facteur de risque pour le cancer. En 2017, elle a aussi mis en évidence un risque diminué de 30 % d’être touché par un syndrome métabolique chez les plus gros consommateurs de bio, par rapport aux consommateurs occasionnels.

Etablir la preuve définitive de la responsabilité des résidus de pesticides est, là encore, complexe. Mais une étude sur l’animal, publiée en juin dans la revue Environmental Health Perspectives par des chercheurs de l’INRA et de l’Inserm, a montré que des rongeurs exposés à un cocktail de six pesticides courants, fréquemment rencontrés dans les fruits et légumes et à des niveaux théoriquement sans risques, présentaient les mêmes troubles métaboliques : forte prise de poids, glycémie élevée et accumulation de masse grasse.

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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 09:05

Nous mangeons, et donc déféquons, du plastique. C’est la conclusion majeure d’une étude au protocole simple et pourtant inédit, présentée mardi 23 octobre au congrès de gastroentérologie à Vienne. La présence généralisée de micro-plastiques dans les selles humaines montre la contamination de la chaîne alimentaire. Mais il est à ce stade difficile de savoir si ce sont les emballages ou la pollution des océans qui est en cause. D’après Sciences et Avenir, Le Monde et AFP le 24 octobre 2018. Lire aussi Bruxelles veut interdire le plastique jetable, Les océans pollués par des particules invisibles de plastique et La pollution chimique gagne les abysses. et .

Déchets plastiques (Celinebj / Wikimedia Commons / CC by-sa)

Déchets plastiques (Celinebj / Wikimedia Commons / CC by-sa)

Soucieux de ne pas ingérer des micro plastiques ? Ils sont bel et bien présents dans la chaîne alimentaire humaine... jusque dans nos selles ! C'est ce que montre une étude, qui a identifié - entre autre - des particules de polypropylène (PP) et de polyethylène-terephtalate (PET) dans les selles de 8 volontaires, résidant en Europe, en Russie et au Japon. Les résultats de cette étude pilote, réalisée par l'université médicale de Vienne (Autriche) et l'Agence autrichienne pour l'environnement, ont été présentés lors d'un congrès de gastroentérologie à Vienne (Autriche) comme une première mondiale.

Jusqu'à neuf types de plastiques différents dans les selles

Pendant une semaine, cinq femmes et trois hommes âgés de 33 à 65 ans, vivant en Finlande, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Italie, en Pologne, en Russie, au Japon et en Autriche, ont noté ce qu'ils mangeaient, tandis que des analyses étaient pratiquées sur leurs excréments.

Tous les échantillons analysés se sont révélés positifs : au minimum, 10 grammes de fèces contiennent dix-huit microparticules de plastique, le maximum étant de 172, et la médiane située à vingt… Plus surprenant, presque tous les types de plastiques recherchés ont été retrouvés. Du polypropylène (PP) et du polytéréphtalate d’éthylène (PET, présent dans les bouteilles), ont été identifiés dans tous les échantillons, les autres matières les plus fréquemment retrouvées étant le polystyrène (PS, barquettes), le polyéthylène (PE, sacs en plastique) et le polyoxyméthylène (POM). Chaque échantillon contenait en moyenne 20 microparticules de plastique par 10 grammes de fèces d'Homo sapiens sapiens... « Nous avons pu détecter neuf plastiques différents », indique Bettina Liebmann, chercheuse à l'Agence autrichienne de l'environnement. La taille des échantillons de plastique trouvés dans leurs selles varie de 50 à 500 micromètres, soit l'épaisseur d'un cheveu ou plus.

Pas de lien clair entre l'alimentation et la présence de micro-plastiques

Les scientifiques supposent que ces microparticules ont été ingérés via des produits de la mer que les volontaires ont mangés, mais aussi l'eau des bouteilles en plastique qu'ils ont bue et la nourriture emballée dans du plastique. 6 personnes sur 8 ont affirmé consommer souvent du poisson, aucune personne ne s'est déclarée végétarienne. Toutefois, les chercheurs n'ont à ce stade pas encore établi de lien de causalité clair (au sens statistique) entre alimentation et présence de micro plastiques dans les selles, peut-être en raison de la faible taille de l'échantillon (seulement 8 personnes). "Nous n'avons pas été capables d'établir un lien fiable entre les comportements alimentaires et l'exposition aux micro-plastiques", indique Philipp Schwabl, chercheur à l'Université médicale de Vienne, qui a mené l'étude.

Le caractère généralisé de la contamination de l’environnement par le plastique est difficile à percevoir ; les voies d’exposition à ces contaminants peuvent être surprenantes. Une étude allemande de 2013 a montré ainsi que, sur dix-neuf échantillons de miels produits en Allemagne, en France, en Espagne ou au Mexique, tous contenaient des microplastiques. En 2014, l’association 60 millions de consommateurs a reproduit l’étude sur douze miels produits en France : ils étaient tous contaminés.

La question des effets sanitaires de cette contamination de leur alimentation sur les humains est loin d’être tranchée. Lors d'études précédentes sur des animaux, les concentrations en micro-plastiques les plus fortes étaient trouvées dans l'estomac et les intestins, mais de petites quantités étaient détectées dans le sang, le foie et la lymphe. Il est possible que les micro-plastiques aient des effets négatifs sur le tube digestif mais "des études complémentaires sont nécessaires pour évaluer les dangers potentiels des micro-plastiques pour les humains", fait savoir Philipp Schwabl. Pour Stéphanie Wright, chercheuse au King's College à Londres, la véritable question est de savoir si les plastiques s'accumulent dans le corps.

La pollution des océans en cause ?

La production plastique a explosé au cours de la dernière décennie et se monte actuellement à 348 millions de tonnes par an. Environ 2 à 5% se retrouverait dans les océans, au point qu'on parle aujourd'hui de "7e continent" pour qualifier les amas de plastiques flottant dans les océans. On estime que d'ici 2025, la quantité de plastique contenue dans les océans pourrait atteindre les 455 millions de tonnes. D'abord colonisés par des micro-organismes, ces déchets sont ensuite consommés par le plancton, premier maillon de la chaîne alimentaire marine.

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