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24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 09:08

Le Covid-19 peut voyager sur des microparticules, dont celles de pesticides, affirment le mouvement Nous voulons des coquelicots, opposé aux produits phytopharmaceutiques, et son président, Fabrice Nicolino. Une raison supplémentaire, selon eux, de décréter un moratoire sur leur épandage. Une tribune parue le 19 avril 2020 dans Le Monde. Lire aussi Lancement d'une pétition européenne pour interdire les pesticides de synthèse, L’Anses n’a pas pris la mesure du drame des SDHI et Les SDHI, ces pesticides qui alarment les scientifiques.

Riss

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Il y a un mystère des pesticides, et il est bien gardé. Mais ce n’est pas un mystère pour qui sait dépouiller des centaines de textes dispersés aux quatre vents que personne ne trouve intérêt à rassembler. Les pesticides de l’agriculture industrielle jouent-ils un rôle important dans la propagation du coronavirus? Tristement, mais certainement, la réponse est oui.

Il faut commencer par le commencement. Les particules fines contenues dans l’air que les Français respirent affaiblissent les défenses immunitaires, aggravent la situation des insuffisants respiratoires, des malades cardiaques, et tuent. En France, la pollution de l’air – et au tout premier rang les particules fines – conduit à la mort 48 000 personnes par an, selon l’étude de Santé publique France de 2016.

Or il apparaît que la terrible pandémie due au coronavirus peut être aggravée, notamment par propagation, au travers de nuages de particules fines. Ces dernières sont souvent connues sous leur acronyme anglais PM10 et PM2,5 –initiales qui signifient «particulate matter»– en fonction de leur diamètre. Les PM10 mesurent 10 micromètres, soit 10 millionièmes de mètre – et les PM2,5 quatre fois moins que les PM10. Plus ces particules sont fines, plus elles sont transportées par le vent et plus longtemps elles restent dans l’atmosphère.

Une étude chinoise de 2003 a montré que la pollution de l’air rendait le SRAS bien plus létal. On doit y ajouter deux travaux récents – une publication italienne et une autre américaine – qui montrent des liens puissants entre la concentration de particules fines dans l’air et la propagation du coronavirus. Ou son aggravation. Par ailleurs, 11 chercheurs américains, dont 4 des fameux Centers for Disease Control and Prevention, ont signé, en mars, un article sur la possible diffusion aérienne du virus. Que contiennent ces particules fines? Entre autres, la trace des activités humaines: cuisine et chauffage, transports, rejets industriels, mais sans oublier l’agriculture. Autant de véhicules pour le coronavirus.

Dérive et vaporisation

Tous les spécialistes de la question savent que deux phénomènes interviennent, qui se conjuguent. Le premier s’appelle dérive, et le second vaporisation. Dans l’exemple des pesticides, des microgouttelettes, de la taille des particules fines, sont poussées par le vent, loin de leur cible première. Et une partie notable devient une vapeur si légère qu’elle est reprise par les nuages et transportée jusque dans le cœur des villes, ce qu’attestent d’innombrables enquêtes officielles. Dans certains cas extrêmes, plus de 90 % du produit n’atteint pas sa cible. Les scientifiques de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) ont, de leur côté, constaté des pertes de 15% à 40% dans les traitements sur la vigne. La moyenne généralement retenue est comprise entre 30% et 50%. Qu’en est-il alors des nanoparticules, massivement utilisées par l’industrie des pesticides dans la discrétion la plus totale? A cette échelle 1.000 fois plus petite que celle des particules fines, plus aucune barrière biologique, pas même celle des cellules, ne demeure intacte.

On s’étonnera moins, dans ces conditions, de l’appel publié en ligne de scientifiques menés par la directrice de recherche Inserm Isabella Annesi-Maesano, pour lesquels «le printemps est la période d’épandage agricole, grand pourvoyeur de particules fines. En effet, lors des épandages, le gaz ammoniac (NH3) va, en passant dans l’atmosphère, réagir avec les oxydes d’azote (NOx) pour former des particules de nitrate d’ammonium et de sulfate d’ammonium». Fort logiquement, ces chercheurs appellent «les préfets à prendre des mesures urgentes visant à limiter drastiquement les émissions liées aux épandages agricoles (restriction, technique d’enfouissement de l’engrais) afin de tout mettre en œuvre pour limiter la propagation du virus».

Certes, on parle là d’engrais, mais les pesticides jouent très exactement le même rôle, ce que personne pour le moment ne dit. Personne, sauf l’Inrae, une nouvelle fois, qui note explicitement, dans des documents officiels datant de l’été 2019 : «Les activités agricoles sont responsables de 28% des émissions françaises de particules de diamètre inférieur à 10 micromètres, comme les composés azotés ou les pesticides.» Et le texte ajoute que l’agriculture émet plus de particules fines que l’ensemble des transports, d’un côté, et les activités industrielles, de l’autre.

Les mots de l’Inrae sont décisifs, car ils montrent précisément que les pesticides, tout comme les engrais et les lisiers, sont des particules fines.

Double peine

Toutes ces pratiques agricoles forment des nuées qui se combinent avec d’autres venues des villes pour former de vastes ensembles de pollution de l’air. C’est exactement ce qui s’est passé fin mars en Bretagne, avec un sévère épisode de particules fines circulant de Brest à Saint-Malo.

Dans ces conditions, que fait le gouvernement? Rien. Pour de nombreuses raisons politiques et historiques, l’agriculture industrielle semble intouchable. Ainsi que son plus illustre représentant, la FNSEA. D’un côté, les discours officiels affirment que la santé publique prime. Et de l’autre, on confine de nombreuses familles avec enfants tout près d’épandages de lisier, d’engrais azotés et de pesticides. Ce qu’on doit appeler une double peine.

Pis. On se souvient comment, début janvier 2020, l’éléphant a accouché d’une souris. A la suite d’arrêtés antipesticides pris par des maires, dont celui de Langouët, Daniel Cueff, nos autorités ont alors imposé des zones de non-traitement (ZNT) de pesticides, dont la plupart s’arrêtaient à cinq mètres des habitations. Une distance qui paraissait une simple plaisanterie, de très mauvais goût.

Mais c’était encore trop pour la FNSEA, qui n’a cessé de réclamer un assouplissement du dispositif, et l’a obtenu. Le 30 mars, en effet, le ministère de l’agriculture a accordé une dérogation, faisant passer la ZNT de cinq à trois mètres dans les départements où une «concertation aura été lancée».

Nous en sommes là. De solides éléments scientifiques nous assurent que les particules fines aggravent la pandémie en cours. L’Inrae, institut public, constate que l’agriculture industrielle produit près de 30 % des particules fines. Et l’on décide de faire un cadeau de plus à la FNSEA.

Cadeau de trop ?

M. Macron, qui vient d’en appeler, dans son discours du 13 avril, à la Révolution française et au Conseil national de la résistance, a-t-il bien besoin d’un procès retentissant pour mise en danger de la vie d’autrui? Responsables en ces temps de drame, nous ne le souhaitons pas. Alors, il faut changer de cap et rappeler, par exemple à Didier Guillaume, ministre de l’agriculture, qu’il n’est pas au service d’un lobby, mais de la société tout entière. Conscients de défendre l’intérêt général et la santé publique, nous demandons l’ouverture d’une enquête indépendante, sous la conduite de l’Inserm et avec contrôle parlementaire. Et dans l’attente de ses résultats, un moratoire sur les épandages de pesticides près des habitations est une nécessité sanitaire et morale.

Fabrice Nicolino est président du mouvement Nous voulons des coquelicots. François de Beaulieu, Mathieu Chastagnol, Françoise Fontaine, Eric Feraille, Marianne Frisch, Franck Laval, Emmanuelle Mercier et Franck-Olivier Torro sont membres du mouvement.

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14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 12:34

Voilà les premières propositions des écologistes face à la crise, élaborées lors de notre dernier conseil fédéral en visioconférence dédié à la question. Prenez connaissance, faites circuler ces propositions et proposez de les enrichir à l'aide de cette plateforme de mobilisation  !

Face à la pandémie planétaire : une indispensable solidarité, l'urgence de changer de modèle

Retrouvez les propositions des écologistes adoptées en conseil fédéral le 4 avril 2020.

Nos pensées vont en premier lieu en soutien aux malades et aux proches des victimes, ainsi qu'à tout le personnel médical.
Mais demain se décide aujourd’hui. 
L’enjeu, pour les écologistes est immense. Il s’agit de démontrer que le coronavirus n’est pas qu’une crise sanitaire, mais qu’il est le nom du dérèglement du monde. Cette "relance" qui se prépare doit être l’occasion de revoir l’échelle des valeurs qui structurent nos sociétés. Plutôt que les premiers de cordée, les "premiers de corvée" qui font que notre pays tient debout.
Pour nous il s’agit évidemment de concilier justice sociale et transition écologique.
Comment, pendant cette crise, garantir la protection du plus grand nombre et la viabilité du monde?
Et comment faire de cette période un levier pour accélérer la transition écologique de nos sociétés et faire naître une nouvelle donne mondiale fondée sur la solidarité et la coopération ?

Face à la pandémie planétaire : 45 propositions des écologistes solidaires et vigilants

Avec ce corpus programmatique, nous pouvons engager la discussion avec associations et syndicats ainsi qu’avec la convention citoyenne pour le climat (cf Cinquante propositions de la convention citoyenne pour « porter l’espoir d’un nouveau modèle de société »).
Nous proposerons ensuite à l’exécutif d’accepter que le monde d’après ne descende pas de Jupiter, mais plutôt qu’il monte de la société, des forces associatives, syndicales et politiques. Comme dans les années 30 aux États Unis, notre société a besoin d’une nouvelle donne, un véritable green new deal.
Dans l'attente, prenons soin de nous aujourd’hui pour, demain, continuer à sauver la planète.

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3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 12:50

La lutte contre les zoonoses, ces maladies transmissibles entre humains et animaux, impose de combiner santé humaine et santé animale, soulignent trois chercheurs en économie et en écologie animale dans la tribune ci-dessous. En complément, le médecin François Olivennes et le chef cuisinier Bruno Verjus dénoncent un « syndrome Wuhan » dans la décision « inepte » sur le plan épidémique, même si depuis assouplie, de fermer les marchés alimentaires. Publiées le 31 mars 2020. Lire aussi D'où viennent les coronavirus..., Mal manger tue davantage que le tabacLe « régime de santé planétaire » ? Des protéines végétales et un steak par semaine ! et Cantines scolaires : deux fois trop de viande dans les assiettes.

c alnas.fr, Comment du singe et du crocodile se retrouvent au menu de plusieurs commerces parisiens, mars 2020

c alnas.fr, Comment du singe et du crocodile se retrouvent au menu de plusieurs commerces parisiens, mars 2020

L’émergence rapide et brutale du Covid-19 devra nous conduire à redéfinir nos politiques de santé publique. Si l’heure est à soigner et réparer les dégâts causés par ce nouveau virus, il sera primordial à terme de diminuer les risques d’émergence de telles maladies et de chercher à prévenir plutôt que guérir.

Ces politiques de prévention devront tirer les leçons de l’apparition et de la gestion des épidémies récentes, à commencer par le Covid-19, mais également des grippes aviaires et porcines, qui sévissent très régulièrement. Ces actions devront s’appuyer sur un discours de vérité scientifique, détaché des intérêts économiques de court terme, et prendre en considération le rôle de la consommation de viande et de l’élevage intensif dans ces nouvelles épidémies.

60 % des maladies infectieuses

Les zoonoses, ces maladies transmissibles entre humains et animaux, représentent à l’échelle mondiale 60 % des maladies infectieuses et sont responsables de 2,5 milliards de cas de maladie chez les humains tous les ans dans le monde. Trois quarts des nouveaux agents pathogènes détectés ces dernières décennies sont d’origine animale.

Le phénomène n’est pas nouveau : la grippe espagnole de 1918, une des maladies les plus meurtrières de l’histoire de l’humanité, trouvait déjà ses origines chez les oiseaux. D’autres maladies infectieuses bien connues, comme la variole, la rougeole, la coqueluche ou les oreillons, proviendraient probablement des animaux domestiques.

Parmi les grandes épidémies qui nous ont frappés depuis la fin du XXe siècle, plusieurs proviennent de l’exploitation d’animaux dans les élevages : la maladie de Creutzfeldt-Jakob liée à la consommation de viande bovine (« vache folle », 1986), le virus Nipah originellement transmis par les chauves-souris et démultiplié par les élevages de porcs (1998), les multiples épisodes de grippe d’origine aviaire (H5N1, 1997 et 2004 ; H7N9, 2016), ou encore la grippe d’origine porcine (H1N1, 2009). Plusieurs épidémies ont également pour origine probable la consommation d’animaux sauvages, à l’instar du Covid-19 (pangolin ou chauve-souris), Ebola (viande de brousse ou chauve-souris) et le sida (viande de singes).

Notre consommation élevée de produits d’origine animale joue également un rôle indirect dans l’émergence de zoonoses. En effet, l’alimentation carnée nécessite davantage de surfaces agricoles qu’une alimentation végétale, si bien qu’elle contribue à la déforestation et réduit ainsi la surface disponible pour les espèces sauvages. Par la chasse et la transformation des habitats naturels, les humains et leur cheptel viennent au contact des animaux sauvages et de leur cortège d’agents pathogènes.

Spirale infernale

Face au lourd tribut humain associé à ces maladies et aux pertes économiques colossales qu’elles occasionnent, il faut s’interroger sur l’évolution de nos systèmes de production alimentaire. Les élevages intensifs favorisent en effet la transmission des virus. Dans le cas des poulets de chair par exemple, la promiscuité des animaux dans les bâtiments est très élevée, de l’ordre de 20 poulets par mètre carré.

De plus, leur faible diversité génétique liée au processus de sélection mondialisée d’animaux standardisés à croissance rapide favorise la transmission au sein et entre des élevages. L’intensité des flux et la dimension planétaire des mouvements d’animaux domestiques et des produits carnés au sein des filières commerciales internationales favorisent elles aussi la dispersion des agents pathogènes.

Ces épisodes répétés de zoonoses montrent que les futures politiques sanitaires devront nécessairement combiner santés humaine et animale selon l’approche « une seule santé » (« One Health »). Cette gestion nécessite beaucoup de moyens, qui sont largement supportés par la collectivité, à l’image de l’indemnisation des éleveurs pour compenser leurs pertes économiques. Pourtant, cette gestion semble bien insuffisante si l’on en juge par la multiplication récente des épidémies.

Au contraire, nos sociétés sont entraînées dans une spirale infernale. Alors que des animaux d’élevage toujours plus nombreux sont enfermés dans des bâtiments, le danger de propagation des virus est tel qu’il conduit souvent à un abattage préventif massif dès qu’un risque survient. En 2016, la Corée a ainsi abattu plus d’une dizaine de millions de volailles de manière préventive pour contenir la grippe aviaire.

Parce que les contacts avec l’extérieur représentent les principaux risques de contamination, les élevages confinent toujours davantage les animaux avec des mesures de précaution de plus en plus drastiques. Pour minimiser les risques de contact, les animaux sauvages sont éliminés en cas de danger de contamination ; c’est le cas par exemple en Europe des sangliers potentiellement porteurs de la grippe porcine.

Agir en amont

Par ailleurs, l’usage de médicaments vétérinaires peut conduire à l’effondrement des populations d’animaux sauvages ; ainsi, le Diclofenac utilisé pour traiter les bovins en Inde aurait décimé plus de 95 % des vautours, générant par un effet de cascade une épidémie de rage.

S’il est difficile, voire illusoire, d’empêcher les animaux de développer des maladies transmissibles aux humains, de contrôler leur apparition et de gérer les conséquences sanitaires et économiques, un des moyens les plus efficaces pour diminuer les risques d’épidémie consiste à agir en amont, c’est-à-dire à diminuer le nombre d’animaux potentiellement infectés auxquels nous nous exposons.

La préservation des habitats naturels, la diminution de la consommation carnée, la réduction de la taille des élevages intensifs et l’arrêt de la commercialisation (légale ou non) de la viande d’animaux sauvages constitueraient autant de mesures cohérentes et efficaces pour les politiques de santé publique de demain (« une seule santé »).

La réduction des risques d’épidémies mondiales viendrait ainsi s’ajouter à la longue liste de bénéfices associés à la végétalisation de l’alimentation mis en évidence ces dernières années dans les publications scientifiques : diminution des émissions de gaz à effet de serre et de la déforestation, baisse de la consommation d’eau, d’antibiotiques et des pollutions agricoles locales (par exemple : algues vertes), et réduction des maladies non transmissibles, comme le cancer, le diabète et les maladies cardio-vasculaires.

Il est important de tirer les leçons de cette crise pour réorienter notre économie vers des alimentations moins risquées pour la santé et plus respectueuses de l’environnement et des animaux.

Romain Espinosa (Chercheur en économie au CNRS, CREM), Nicolas Gaidet (Chercheur en écologie animale au Cirad, UPR Green) et Nicolas Treich (Toulouse School of Economics et Inrae)

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« Le risque de transmission du virus est bien plus important au supermarché qu'au marché »

La décision de fermer les marchés alimentaires est une ineptie à plus d’un titre. Elle revient à fermer les yeux sur la modernité écologique de ce tissu vivant de l’alimentation rurale et urbaine que constituent ces marchés ouverts et couverts.

Il y a dans cette décision comme un syndrome de Wuhan ; tout serait parti des marchés chinois, il s’agirait donc de condamner les marchés français, sans aucune autre forme de procès.

Sur le plan fonctionnel et médical, de nombreux maires ont organisé le fonctionnement de leurs marchés de façon remarquable, en respectant scrupuleusement les règles sanitaires.

Tout d’abord en limitant le nombre de personnes admises dans l’enceinte du marché. Une seule entrée quand il y a une sortie, des agents municipaux ou des policiers qui s’assurent que le nombre de personnes total respecte un nombre faible défini à l’avance. La file d’attente à l’extérieur optimise la distanciation entre personnes à l’aide d’un marquage au sol. A l’intérieur, il y a un sens de circulation unique, dans un seul sens. Pas de retour en arrière possible. Les personnes ne se croisent pas.

Les commerçants s’assurent devant chaque stand que leurs clients suivent les règles de bon sens pour éviter la transmission : distance entre les clients, ne pas toucher aux produits, amener son propre sac pour éviter de manipuler des sacs en plastique ou en papier. Paiements si possible en carte sans contact. Pas d’échange de billets ou de pièces dès que c’est possible.

Les gens se croisent, discutent

Beaucoup de commerçants portent des gants, qu’ils savent devoir changer après chaque client. Quand on se rend dans les marchés organisés de la sorte, il semble que la transmission du virus soit quasi impossible. De plus, les commerçants sont là pour contrôler l’ensemble. Les clients ne sont pas libres de faire ce qu’ils veulent et ils peuvent être rappelés à l’ordre s’ils s’écartent des règles barrières.

Au supermarché, c’est tout l’inverse. En général, pas de limite de nombre de personnes dans le magasin. Dans les rayons, les gens se croisent, discutent entre eux, manipulent autant qu’ils le veulent les produits. Ce n’est qu’en faisant la queue à la caisse que la distance de sécurité est à peu près respectée, et encore.

Sur le plan sanitaire, il semble évident que le risque de transmission du virus est bien plus important au supermarché qu’au marché, d’autant que l’air conditionné qui y circule ne bénéficie sans doute pas de mesures de contrôles et de filtrages efficaces et garanties. Qui a circulé en TGV ou en avion ne s’interroge plus sur l’efficacité des climatisations pour la propagation des virus grippaux.

Plus grave encore, comment peut-on prendre la décision de couler tous nos producteurs, éleveurs, maraîchers, charcutiers, fromagers, bouchers des campagnes ? Attachés pour la plupart à la qualité de leurs produits, constamment mis à mal par la grande distribution et qui se voient réduits à jeter la majorité de leur production… n’ayant d’autre alternative que de maigres ventes « à la ferme ».

Lobbying actif

Se rajoute le problème de nombreuses personnes âgées qui ne vont pas au supermarché – parce qu’elles n’ont pas de voiture – et qui n’ont plus accès aux petites épiceries de campagne, presque toutes disparues du fait de ces hégémoniques centres commerciaux situés à l’extérieur des villes.

Sur le plan épidémique, cette décision est inepte, sur le plan éthique elle est choquante. Comment en est-on arrivé là ? On peut se demander si ce n’est pas un lobbying actif de cette grande distribution qui a tué nos marchés. Un scandale sanitaire et gastronomique. Cette agro-industrie, celle qui tue sans témoins, aidée en cela de sa martingale gagnante pour assaisonnement : un cocktail sel/sucre aux effets cardiovasculaire désastreux, sorte de serial killer que jamais l’on ne démasquera. Ce monde industriel fossoyeur du vivant qui commercialise des produits morts en boîtes ou en sachets avant de nous y condamner nous-même.

Cette épidémie et son confinement doivent nous interroger et surtout nous conduire à trouver les bonnes réponses. Ces réponses sont celles d’un monde vivant, réactif, capable encore de mithridatisation, où les échanges entre êtres humains ne sont pas confinés à subir les lois du commerce de masse, mais au contraire à se réapproprier en conscience les espaces du vivant et promouvoir un monde (d’après) aux énergies déconfinées.

Nous demandons aux préfets, qui ont le droit de donner des dérogations, qu’ils le fassent après s’être assurés que les règles de bonnes pratiques sont mises en place. Il en va de la survie de nos agriculteurs, de nos commerçants. Il en va du bonheur de nos aïeux et de tout le monde. Dans cette période noire nous revendiquons le droit de manger bien, pour se remonter le moral et sa santé immunitaire. Nous revendiquons le droit de cuisiner des produits vivants, frais, offrant de grandes qualités organoleptiques et la traçabilité d’un producteur engagé, pérenne et heureux.

Professeur François Olivennes, gynécologue obstétricien à Paris ; Bruno Verjus, chef du restaurant « Table » (une étoile Michelin), dans le 12e arrondissement de Paris.

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1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 09:25

Les épandages agricoles ont été à l’origine de pics de pollution en Île-de-France et dans le Grand-Est ce week-end. Un collectif appelle l’État à les « limiter drastiquement ». D’après Stéphane Mandard le 30 mars pour Le Monde. Lire aussi Des dizaines de pesticides dans l’air que nous respirons, La première conférence mondiale sur la pollution de l'air s'est ouverte à Genève et La bataille de l’ammoniac.

Pollution de l’air le 28 mars 2020, station de Bobigny, Airparif.

Pollution de l’air le 28 mars 2020, station de Bobigny, Airparif.

Le week-end dernier, un premier épisode de pollution printanier a été constaté en plusieurs points du territoire, notamment en Île-de-France et dans le Grand-Est, les deux régions les plus touchées par la propagation de l’épidémie de Covid-19. Car, si les mesures de confinement ont permis de réduire la pollution liée au trafic routier avec une chute spectaculaire des émissions d’oxydes d’azote, elles n’ont pas eu d’effet sur les niveaux de particules fines, les plus dangereuses pour la santé, car elles pénètrent profondément dans les voies respiratoires. Ces niveaux ont même augmenté au cours de la semaine à la faveur des conditions météorologiques (ensoleillement et absence de vent) pour dépasser, samedi 28 mars, les limites légales, dans l’agglomération parisienne, le Bas-Rhin ou le Haut-Rhin.

Outre le chauffage résidentiel au bois, cet épisode de pollution se caractérise par « une part importante de particules secondaires formées à partir d’ammoniac et d’oxydes d’azote, l’ammoniac étant issu majoritairement des épandages de fertilisants », rappelle Atmo Grand-Est, l’organisme chargé de la surveillance de la pollution de l’air dans la région. Le processus chimique est bien connu : lors des épandages agricoles, le gaz ammoniac (NH3), en passant dans l’atmosphère, réagit avec les oxydes d’azote (NOx) – issus du trafic routier ou de l’activité industrielle – pour former des particules de nitrate d’ammonium et de sulfate d’ammonium. Ces particules peuvent voyager sur plusieurs kilomètres, d’où les pics de pollution constatés dans des grandes agglomérations, comme Paris, Strasbourg ou Mulhouse.

Les zones touchées par ces pics sont aussi celles qui paient le plus lourd tribut au coronavirus. Dans une note diffusée vendredi 27 mars, Atmo France, qui regroupe l’ensemble des organismes de surveillance de la qualité de l’air, conclut qu’« une exposition chronique à la pollution de l’air est un facteur aggravant des impacts sanitaires lors de la contagion par le Covid-19 ».

Une semaine plus tôt, plusieurs médecins et chercheurs, tous spécialistes de la pollution de l’air, avaient donné l’alerte. Dans un courrier, adressé le 21 mars à l’ensemble des préfets, le collectif Air-Santé-Climat interpellait l’Etat sur « la nécessité de limiter drastiquement les épandages agricoles, afin de tout mettre en œuvre pour limiter la propagation du virus ».

Membre du collectif et directrice du département d’épidémiologie des maladies allergiques et respiratoires de l’Inserm, Isabella Annesi-Maesano détaille le mécanisme : « La pollution abîme les muqueuses des voies respiratoires et du poumon, ce qui fait pénétrer plus facilement les virus et, par agrégation, les particules fines et ultrafines véhiculent les virus au fond des voies aériennes. » En 2003, une étude, publiée dans la revue scientifique de santé publique Environmental Health, a analysé le lien entre la pollution de l’air et les cas létaux de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS ; causé par le SARS-CoV) en Chine. Elle montrait que les patients contaminés vivant dans des régions modérément polluées avaient 84 % plus de risques de mourir que les patients de régions peu polluées. De même, les patients vivant dans des zones fortement polluées avaient deux fois plus de risques de mourir du SRAS que ceux des régions peu polluées.

L’hypothèse du transport du virus dans l’air via les particules

Une étude italienne, publiée le 17 mars, par la Société italienne de médecine environnementale, va plus loin. En se basant sur la corrélation entre les niveaux de pollution élevés, constatés en Lombardie, et le nombre important de victimes du coronavirus, elle suggère que les particules fines pourraient aussi contribuer à la propagation du Covid-19 en le transportant dans l’air. Les spécialistes italiens des aérosols ont pris leurs distances avec ces résultats, estimant que le lien de causalité restait à prouver « au moyen d’enquêtes approfondies ».

Une autre étude, publiée également le 17 mars, dans le New England Journal of Medicine, montre pour sa part que le coronavirus pourrait persister dans l’air pendant trois heures. Mais l’article ne mentionne pas le rôle des particules fines ni la charge virale, c’est-à-dire à partir de quelle dose le virus serait infectant via les aérosols. Dans un avis rendu le même jour, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) rappelle que « la présence d’un virus dans l’air ne signifie pas qu’il est infectieux ni qu’il y a une transmission respiratoire de type “air” ». Pour le HCSP, « il n’existe pas d’études prouvant une transmission interhumaine du virus par des aérosols sur de longues distances. Néanmoins, s’il existe, ce mode de transmission n’est pas le mode de transmission majoritaire ».

Même prudence à l’Organisation mondiale de santé (OMS). « Le fait que les particules fines puissent servir de vecteur à la propagation du coronavirus reste une hypothèse, commente Maria Neira, la directrice du département santé publique et environnement. Et il va falloir plusieurs mois pour la confirmer ou l’infirmer, car la propagation du virus dépend d’une multitude de paramètres comme les conditions météorologiques, la démographie ou les mesures de confinement prises par les pays. » Plusieurs équipes commencent à travailler sur le sujet, à l’OMS, au service européen de surveillance de l’atmosphère Copernicus ou encore parmi les épidémiologistes de la London School of Hygiene & Tropical Medicine. « Nous cherchons à étendre notre réseau de collaboration avec les équipes de recherche médicales qui souhaiteraient tester des hypothèses quant au transport et à la survie du virus dans l’air », indique le directeur de Copernicus, Vincent-Henri Peuch.

Principe de précaution

En attendant, le collectif Air-Santé-Climat en appelle « au principe de précaution », afin de limiter les émissions de particules fines liées aux épandages dont la saison débute. « Si on ne limite pas rapidement les épandages, cela risque d’annihiler l’effet des mesures de confinement qui ont permis de réduire la pollution liée au trafic routier », avertit Thomas Bourdrel, radiologue à Strasbourg à l’origine du collectif. Il rappelle que des solutions techniques d’enfouissement dans le sol permettent de réduire considérablement les émissions d’ammoniac dans l’air.

Parmi les rares préfets qui ont répondu au courrier des médecins, celui de Vendée a fait savoir que « l’alerte » avait été « signalée à la région et au niveau national », « une position nationale étant nécessaire sur un sujet aussi important ».

De son côté, le Syndicat des exploitants agricoles du Finistère juge, dans un communiqué, « difficilement acceptable, au vu du contexte particulier du Covid-19, que les agriculteurs plébiscités par l’ensemble de la population pour assurer leur approvisionnement alimentaire, soient ainsi montrés du doigt et empêchés de réaliser les travaux agricoles nécessaires à leur acte de production ».

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31 mars 2020 2 31 /03 /mars /2020 09:21

Pour la première fois depuis les années 1980, le développement du solaire pourrait reculer en 2020. D'après Nabil Wakim le 25 mars 2020 pour Le Monde. Lire aussi L’accord qui protège les pollueurs, Pourquoi ne pas investir dans des usines photovoltaïques plutôt que dans de nouveaux EPR ?,                              Trop cher et trop lent, le nucléaire ne sauvera pas le climat et                        Aux Lilas, les citoyens s’unissent pour produire de l’électricité verte.

Les 117 panneaux photovoltaïques posés par la Coopérative Electrons solaires sur l'école Waldeck-Rousseau aux Lilas produiront l'équivalent de la consommation de 12 foyers.

Les 117 panneaux photovoltaïques posés par la Coopérative Electrons solaires sur l'école Waldeck-Rousseau aux Lilas produiront l'équivalent de la consommation de 12 foyers.

Le développement des énergies renouvelables dans le monde était déjà insuffisant pour faire face aux enjeux du changement climatique. La pandémie due au coronavirus vient compliquer plus encore la situation. Le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol, a sonné l’alerte dès le 14 mars. « Alors que les gouvernements répondent aux différentes crises en cours, ils ne doivent pas perdre de vue l’un des défis majeurs de notre temps : la transition vers des énergies propres », a-t-il expliqué dans une tribune publiée sur LinkedIn.

« Le coronavirus est une crise internationale sans précédent (…), mais, même si ses effets seront sévères, ils seront probablement temporaires. La menace posée par le changement climatique, qui nous impose de réduire de manière significative nos émissions de gaz à effet de serre dès cette décennie, va, elle, rester intacte », ajoute M. Birol.

Or une grande partie de la lutte contre le changement climatique repose sur deux leviers : la baisse de la consommation au niveau mondial et le développement d’énergies qui n’émettent pas de CO2 dans l’atmosphère. Au premier rang de ces dernières : l’éolien, le solaire et les batteries, dont les coûts ont diminué très fortement ces dernières années.

Forte baisse de la consommation d’énergie

Le ralentissement de l’économie mondiale entraîne déjà une forte baisse de la consommation d’énergie, qui va temporairement réduire les émissions de CO2. Mais elle devrait s’accompagner également de la baisse du développement des énergies renouvelables.

Selon une première comptabilité réalisée dès la mi-mars par Bloomberg New Energy and Finance (BNEF), les nouvelles installations de panneaux solaires devraient reculer en 2020, pour la première fois depuis les années 1980. Les analystes de BNEF prévoyaient pour cette année des nouvelles capacités situées entre 121 et 152 gigawatts, elles devraient être autour de 108 à 143 gigawatts.

Une grande majorité des panneaux photovoltaïques sont fabriqués en Chine et en Asie du Sud-Est, où l’activité a été ralentie fortement ces derniers mois à cause de la pandémie et des mesures de confinement. Désormais, la situation s’améliore en Chine, mais la crise économique touche désormais l’Europe et les États-Unis. Or ces derniers sont parmi les marchés les plus dynamiques en termes d’installations de parcs solaires. « Les usines chinoises redémarrent, la pression sur l’offre de composants et équipements-clés devrait donc s’alléger, estiment Jenny Chase et Tom Harries, de BNEF. [Mais] nous sommes plus préoccupés par la demande. »

« Une crise significative » aux États-Unis

Ils notent également que pour les panneaux solaires comme pour les batteries, la situation a mis en lumière « le besoin de diversifier la chaîne d’approvisionnement et renforcé l’idée qu’il fallait localiser des usines en Asie, en Europe et aux États-Unis ». Du côté de la demande de batteries, BNEF entrevoit une baisse de 4 % à 12 % sur l’année 2020 par rapport à ce qui était envisagé. En cause notamment, une forte contraction du marché de l’automobile.

Aux États-Unis, où le solaire s’est rapidement déployé ces dernières années, le secteur voit venir « une crise significative », s’inquiète Abigail Ross Hopper, présidente de la Solar Energy Industries Association. Les questions se posent aussi pour l’éolien, soulignent les acteurs de la filière. WindEurope, qui représente les intérêts des professionnels du secteur à Bruxelles, estime qu’il est « trop tôt pour analyser l’impact du Covid-19 », mais se prépare à un coup d’arrêt important.

Prix en forte baisse

Selon une étude du cabinet Wood Mackenzie, publiée mardi 24 mars, les nouvelles installations pourraient décliner de près de 5 gigawatts, une baisse de près de 7 % au niveau mondial. Là aussi, il s’agirait d’une première.

L’incidence dans la chaîne d’approvisionnement se fait déjà sentir, souligne Giles Dickson, le PDG de WindEurope. « Nous sommes susceptibles de voir des délais dans le développement de nouvelles fermes éoliennes », estime-t-il, appelant les gouvernements à être flexibles sur l’application des règles relatives aux appels d’offres.

D’autant que le prix des énergies fossiles, qu’il s’agisse du pétrole, du gaz ou du charbon, est en forte baisse. A la sortie de la crise sanitaire, de nombreux gouvernements pourraient être tentés de diminuer leur soutien aux énergies renouvelables et de se tourner vers des énergies plus traditionnelles, mais fortement émettrices de CO2.

 

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27 mars 2020 5 27 /03 /mars /2020 09:04

Même au XXIe siècle, les vieux remèdes apparaissent aux yeux des autorités chinoises comme le meilleur moyen de lutter contre l’épidémie due au coronavirus. Des centaines de millions de personnes subiraient des restrictions dans leurs déplacements. N’est-il pas temps de se demander pourquoi les pandémies se succèdent à un rythme de plus en plus soutenu ? Un excellent article de Sonia Shah  intitulé Contre les pandémies, l'écologie pour Le Monde Diplomatique de Mars 2020. Lire aussi Dérèglement climatique : quels effets sur notre santé ? et En Russie, le réchauffement fait renaître l’anthrax.

Quelques cercles - Kandinsky

Quelques cercles - Kandinsky

Serait-ce un pangolin ? Une chauve-souris ? Ou même un serpent, comme on a pu l’entendre un temps avant que cela ne soit démenti ? C’est à qui sera le premier à incriminer l’animal sauvage à l’origine de ce coronavirus, officiellement appelé Covid-19, dont le piège s’est refermé sur plusieurs centaines de millions de personnes, placées en quarantaine ou retranchées derrière des cordons sanitaires en Chine et dans d’autres pays. S’il est primordial d’élucider ce mystère, de elles spéculations nous empêchent de voir que notre vulnérabilité croissante face aux pandémies a une cause plus profonde : la destruction accélérée des habitats.

Depuis 1940, des centaines de microbes pathogènes sont apparus ou réapparus dans des régions où, parfois, ils n’avaient jamais été observés auparavant. C’est le cas du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), d’Ebola en Afrique de l’Ouest, ou encore de Zika sur le continent américain. La majorité d’entre eux (60 %) sont d’origine animale. Certains proviennent d’animaux domestiques ou d’élevage, mais la plupart (plus des deux tiers) sont issus d’animaux sauvages.

Or ces derniers n’y sont pour rien. En dépit des articles qui, photographies à l’appui, désignent la faune sauvage comme le point de départ d’épidémies dévastatrices (1), il est faux de croire que ces animaux sont particulièrement infestés d’agents pathogènes mortels prêts à nous contaminer. En réalité, la plus grande partie de leurs microbes vivent en eux sans leur faire aucun mal. Le problème est ailleurs : avec la déforestation, l’urbanisation et l’industrialisation effrénées, nous avons offert à ces microbes des moyens d’arriver jusqu’au corps humain et de s’adapter.

La destruction des habitats menace d’extinction quantité d’espèces (2), parmi lesquelles des plantes médicinales et des animaux sur lesquels notre pharmacopée a toujours reposé. Quant à celles qui survivent, elles n’ont d’autre choix que de se rabattre sur les portions d’habitat réduites que leur laissent les implantations humaines. Il en résulte une probabilité accrue de contacts proches et répétés avec l’homme, lesquels permettent aux microbes de passer dans notre corps, où, de bénins, ils deviennent des agents pathogènes meurtriers.

Ebola l’illustre bien. Une étude menée en 2017 a révélé que les apparitions du virus, dont la source a été localisée chez diverses espèces de chauves-souris, sont plus fréquentes dans les zones d’Afrique centrale et de l’Ouest qui ont récemment subi des déforestations. Lorsqu’on abat leurs forêts, on contraint les chauves-souris à aller se percher sur les arbres de nos jardins et de nos fermes. Dès lors, il est facile d’imaginer la suite : un humain ingère de la salive de chauve-souris en mordant dans un fruit qui en est couvert, ou, en tentant de chasser et de tuer cette visiteuse importune, s’expose aux microbes qui ont trouvé refuge dans ses tissus. C’est ainsi qu’une multitude de virus dont les chauves-souris sont porteuses, mais qui restent chez elles inoffensifs, parviennent à pénétrer des populations humaines — citons par exemple Ebola, mais aussi Nipah (notamment en Malaisie ou au Bangladesh) ou Marburg (singulièrement en Afrique de l’Est). Ce phénomène est qualifié de « passage de la barrière d’espèce ». Pour peu qu’il se produise fréquemment, il peut permettre aux microbes issus des animaux de s’adapter à nos organismes et d’évoluer au point de devenir pathogènes.

Il en va de même des maladies transmises par les moustiques, puisque un lien a été établi entre la survenue d’épidémies et la déforestation (3) — à ceci près qu’il s’agit moins ici de la perte des habitats que de leur transformation. Avec les arbres disparaissent la couche de feuilles mortes et les racines. L’eau et les sédiments ruissellent plus facilement sur ce sol dépouillé et désormais baigné de soleil, formant des flaques favorables à la reproduction des moustiques porteurs du paludisme. Selon une étude menée dans douze pays, les espèces de moustiques vecteurs d’agents pathogènes humains sont deux fois plus nombreuses dans les zones déboisées que dans les forêts restées intactes.

Dangers de l’élevage industriel

La destruction des habitats agit également en modifiant les effectifs de diverses espèces, ce qui peut accroître le risque de propagation d’un agent pathogène. Un exemple : le virus du Nil occidental, transporté par les oiseaux migrateurs. En Amérique du Nord, les populations d’oiseaux ont chuté de plus de 25 % ces cinquante dernières années sous l’effet de la perte des habitats et d’autres destructions (4). Mais toutes les espèces ne sont pas touchées de la même façon. Des oiseaux dits spécialistes (d’un habitat), comme les pics et les rallidés, ont été frappés plus durement que des généralistes comme les rouges-gorges et les corbeaux. Si les premiers sont de piètres vecteurs du virus du Nil occidental, les seconds, eux, en sont d’excellents. D’où une forte présence du virus parmi les oiseaux domestiques de la région, et une probabilité croissante de voir un moustique piquer un oiseau infecté, puis un humain (5).

Même phénomène s’agissant des maladies véhiculées par les tiques. En grignotant petit à petit les forêts du Nord-Est américain, le développement urbain chasse des animaux comme les opossums, qui contribuent à réguler les populations de tiques, tout en laissant prospérer des espèces bien moins efficaces sur ce plan, comme la souris à pattes blanches et le cerf. Résultat : les maladies transmises par les tiques se répandent plus facilement. Parmi elles, la maladie de Lyme, qui a fait sa première apparition aux États-Unis en 1975. Au cours des vingt dernières années, sept nouveaux agents pathogènes portés par les tiques ont été identifiés (6).

Les risques d’émergence de maladies ne sont pas accentués seulement par la perte des habitats, mais aussi par la façon dont on les remplace. Pour assouvir son appétit carnivore, l’homme a rasé une surface équivalant à celle du continent africain (7) afin de nourrir et d’élever des bêtes destinées à l’abattage. Certaines d’entre elles empruntent ensuite les voies du commerce illégal ou sont vendues sur des marchés d’animaux vivants (wet markets). Là, des espèces qui ne se seraient sans doute jamais croisées dans la nature se retrouvent encagées côte à côte, et les microbes peuvent allègrement passer de l’une à l’autre. Ce type de développement, qui a déjà engendré en 2002-2003 le coronavirus responsable de l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), est peut-être à l’origine du coronavirus inconnu qui nous assiège aujourd’hui.

Mais bien plus nombreux sont les animaux qui évoluent au sein de notre système d’élevage industriel. Des centaines de milliers de bêtes entassées les unes sur les autres en attendant d’être conduites à l’abattoir : voilà des conditions idéales pour que les microbes se muent en agents pathogènes mortels. Par exemple, les virus de la grippe aviaire, hébergés par le gibier d’eau, font des ravages dans les fermes remplies de poulets en captivité, où ils mutent et deviennent plus virulents — un processus si prévisible qu’il peut être reproduit en laboratoire. L’une de leurs souches, le H5N1, est transmissible à l’homme et tue plus de la moitié des individus infectés. En 2014, en Amérique du Nord, il a fallu abattre des dizaines de millions de volailles pour enrayer la propagation d’une autre de ces souches (8).

Les montagnes de déjections produites par notre bétail offrent aux microbes d’origine animale d’autres occasions d’infecter les populations. Comme il y a infiniment plus de déchets que ne peuvent en absorber les terres agricoles sous forme d’engrais, ils finissent souvent par être stockés dans des fosses non étanches — un havre rêvé pour la bactérie Escherichia coli. Plus de la moitié des animaux enfermés dans les parcs d’engraissement américains en sont porteurs, mais elle y demeure inoffensive (9). Chez les humains, en revanche, E. coli provoque des diarrhées sanglantes, de la fièvre, et peut entraîner des insuffisances rénales aiguës. Et comme il n’est pas rare que les déjections animales se déversent dans notre eau potable et nos aliments, 90 000 Américains sont contaminés chaque année.
Bien que ce phénomène de mutation des microbes animaux en agents pathogènes humains s’accélère, il n’est pas nouveau. Son apparition date de la révolution néolithique, quand l’être humain a commencé à détruire les habitats sauvages pour étendre les terres cultivées et à domestiquer les animaux pour en faire des bêtes de somme. En échange, les animaux nous ont offert quelques cadeaux empoisonnés : nous devons la rougeole et la tuberculose aux vaches, la coqueluche aux cochons, la grippe aux canards.

Le processus s’est poursuivi pendant l’expansion coloniale européenne. Au Congo, les voies ferrées et les villes construites par les colons belges ont permis à un lentivirus hébergé par les macaques de la région de parfaire son adaptation au corps humain. Au Bengale, les Britanniques ont empiété sur l’immense zone humide des Sundarbans pour développer la riziculture, exposant les habitants aux bactéries aquatiques présentes dans ces eaux saumâtres. Les pandémies causées par ces intrusions coloniales restent d’actualité. Le lentivirus du macaque est devenu le VIH. La bactérie aquatique des Sundarbans, désormais connue sous le nom de choléra, a déjà provoqué sept pandémies à ce jour, l’épidémie la plus récente étant survenue en Haïti.

Heureusement, dans la mesure où nous n’avons pas été des victimes passives de ce processus, nous pouvons aussi faire beaucoup pour réduire les risques d’émergence de ces microbes. Nous pouvons protéger les habitats sauvages pour faire en sorte que les animaux gardent leurs microbes au lieu de nous les transmettre, comme s’y efforce notamment le mouvement One Health (10).

Nous pouvons mettre en place une surveillance étroite des milieux dans lesquels les microbes des animaux sont le plus susceptibles de se muer en agents pathogènes humains, en tentant d’éliminer ceux qui montrent des velléités d’adaptation à notre organisme avant qu’ils ne déclenchent des épidémies. C’est précisément ce à quoi s’attellent depuis dix ans les chercheurs du programme Predict, financé par l’Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid). Ils ont déjà identifié plus de neuf cents nouveaux virus liés à l’extension de l’empreinte humaine sur la planète, parmi lesquels des souches jusqu’alors inconnues de coronavirus comparables à celui du SRAS (11).
Aujourd’hui, une nouvelle pandémie nous guette, et pas seulement à cause du Covid-19. Aux États-Unis, les efforts de l’administration Trump pour affranchir les industries extractives et l’ensemble des activités industrielles de toute réglementation ne pourront manquer d’aggraver la perte des habitats, favorisant le transfert microbien des animaux aux humains. Dans le même temps, le gouvernement américain compromet nos chances de repérer le prochain microbe avant qu’il ne se propage : en octobre 2019, il a décidé de mettre un terme au programme Predict. Enfin, début février 2020, il a annoncé sa volonté de réduire de 53 % sa contribution au budget de l’Organisation mondiale de la santé.

Comme l’a déclaré l’épidémiologiste Larry Brilliant, « les émergences de virus sont inévitables, pas les épidémies ». Toutefois, nous ne serons épargnés par ces dernières qu’à condition de mettre autant de détermination à changer de politique que nous en avons mis à perturber la nature et la vie animale.

Sonia Shah

Journaliste. Auteure de Pandemic : Tracking Contagions, From Cholera to Ebola and Beyond, Sarah Crichton Books, New York, 2016, et de The Next Great Migration : The Beauty and Terror of Life on the Move, Bloomsbury Publishing, Londres, à paraître en juin 2020. Ce texte a été publié dans The Nation.

(1) Kai Kupferschmidt, « This bat species may be the source of the Ebola epidemic that killed more than 11,000 people in West Africa », Science Magazine, Washington, DC - Cambridge, 24 janvier 2019.
(2) Jonathan Watts, « Habitat loss threatens all our futures, world leaders warned », The Guardian, Londres, 17 novembre 2018.
(3) Katarina Zimmer, « Deforestation tied to changes in disease dynamics », The Scientist, New York, 29 janvier 2019.
(4) Carl Zimmer, « Birds are vanishing from North America », The New York Times, 19 septembre 2019.
(5) BirdLife International, « Diversity of birds buffer against West Nile virus », ScienceDaily, 6 mars 2009.
(6) « Lyme and other tickborne diseases increasing », Centers for Disease Control and Prevention, 22 avril 2019.
(7) George Monbiot, « There’s a population crisis all right. But probably not the one you think », The Guardian, 19 novembre 2015.
(8) « What you get when you mix chickens, China and climate change », The New York Times, 5 février 2016. En France, la grippe aviaire a touché les élevages durant l’hiver 2015-2016, et le ministère de l’agriculture estime qu’un risque existe cet hiver pour les volatiles en provenance de Pologne.
(9) Cristina Venegas-Vargas et al., « Factors associated with Shiga toxin-producing Escherichia coli shedding by dairy and beef cattle », Applied and Environmental Microbiology, vol. 82, n° 16, Washington, DC, août 2016.
(10) Predict Consortium, « One Health in action », EcoHealth Alliance, New York, octobre 2016.
(11) « What we’ve found », One Health Institute.

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23 décembre 2019 1 23 /12 /décembre /2019 17:11

A partir du 1er janvier 2020, les agriculteurs ne pourront plus utiliser de pesticides à moins de trois, cinq, dix et vingt mètres des habitations. Des distances insuffisamment protectrices pour les ONG. D’après Stéphane Mandard le 20 décembre 2019 pour Le Monde. Lire aussi Des dizaines de pesticides dans l’air que nous respirons, Lancement d'une pétition européenne pour interdire les pesticides de synthèse et Le Conseil d’Etat annule en partie l’arrêté « pesticides », jugé insuffisamment protecteur de la santé et de l’environnement.

afp.com/Philippe Huguen

afp.com/Philippe Huguen

Ce sera donc trois mètres, cinq mètres, dix mètres, voire très exceptionnellement vingt mètres. Le gouvernement a fini par trancher. Et, sans surprise, il a campé sur ses positions. A partir du 1er janvier 2020, les agriculteurs devront respecter une distance minimale dite de sécurité entre les zones d’épandage de pesticides et les habitations, a annoncé l’exécutif, vendredi 20 décembre. Elle variera en fonction du type de culture et de la dangerosité des produits utilisés.

Le gouvernement d’Édouard Philippe était sous pression. Le Conseil d’État lui avait donné jusqu’au 31 décembre pour publier un nouvel arrêté. Le 26 juin, la plus haute autorité administrative avait annulé le texte précédent, estimant qu’il n’était pas suffisamment protecteur.

Le nouvel arrêté sera publié dans les prochains jours. Le gouvernement met en avant une « distance incompressible » de vingt mètres pour « les produits les plus dangereux ». Par « produits les plus dangereux », il entend ceux dont « la toxicité est quasi avérée pour l’homme », comme les substances classées dans la catégorie cancérogène, mutagène et reprotoxique (CMR) avérée pour l’homme. Cette limite de vingt mètres ne concernera qu’une infime partie des pesticides utilisés en France puisque, selon les estimations du ministère de l’agriculture, seul 0,3 % des produits phytosanitaires consommés chaque année entrent dans cette catégorie. Exit le célèbre glyphosate ou les SDHI (fongicides) aux effets néfastes pourtant scientifiquement documentés.

Des distances « très insuffisantes » pour protéger la santé

Pour les 99,7 % autres pesticides non jugés comme « les plus dangereux », la distance retenue varie en fonction du type de culture : dix mètres pour les cultures hautes (vignes ou arbres fruitiers), cinq mètres pour les cultures dites « basses » comme les céréales et les salades. Le décret, qui sera publié en même temps que l’arrêté, prévoit même la possibilité de réduire cette « zone tampon » dans le cadre de « chartes d’engagement » validées au niveau départemental entre agriculteurs, riverains et élus : cinq mètres pour l’arboriculture et trois mètres pour les vignes et les autres cultures, à la condition d’avoir recours aux « matériels de pulvérisation les plus performants sur le plan environnemental ».

« Avec ce dispositif, la France devient l’un des premiers pays européens à se doter d’un cadre national pour la protection des riverains des cultures agricoles », se félicite la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne. La Slovénie et certains Länder allemands font figure de pionniers.

Pour les associations de défense de l’environnement, ces distances sont au contraire « très insuffisantes pour protéger la santé des populations ». A l’instar des maires qui ont multiplié les arrêtés antipesticides depuis l’été, les ONG prônaient des « zones tampons » d’au moins 150 mètres. « Les distances soi-disant de sécurité retenues sont inconséquentes, réagit François Veillerette, le directeur de Générations futures, l’association qui avait saisi le Conseil d’Etat pour contester le précédent arrêté régissant l’usage des pesticides. Dix mètres ou rien, cela s’avère identique. Il y a là un mépris flagrant des familles exposées et qui ne peuvent se protéger des dangers des pesticides. » De son côté, la FNSEA, le principal syndicat agricole, se garde de tout triomphalisme : « Ce n’est pas une victoire », déclare son secrétaire général adjoint, Eric Thirouin.

Pour justifier les distances retenues, le gouvernement dit s’en être tenu à « la ligne de la science ». Il s’en remet à un avis rendu par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) du 14 juin. Or, dans cet avis, l’Anses elle-même reconnaît des limites. Celui-ci s’appuie sur un document guide de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) de 2014, qui repose sur des données issues d’études effectuées dans les années 1980 et concernant seulement l’exposition de personnes résidant à des distances de trois mètres, cinq mètres et dix mètres, mais pas au-delà.

« Des positions très antagonistes »

Les associations reprochent également au gouvernement de ne pas avoir tenu compte de la consultation publique qu’il avait ouverte en septembre. Organisée sur le site du ministère de la transition écologique et solidaire, celle-ci avait enregistré une participation record avec plus de 53 000 contributions en moins d’un mois. La Fondation Nicolas Hulot, France Nature Environnement, Générations futures, Association santé environnement France et Alerte des médecins sur les pesticides avaient écrit au premier ministre, le 11 décembre, pour lui demander de publier « de toute urgence » les résultats de cette consultation. En vain.

Une « synthèse » devait initialement être communiquée fin octobre. Elle sera finalement publiée en même temps que l’arrêté, indique-t-on de source gouvernementale. « Cette consultation a montré que nous étions face à un sujet peu consensuel avec des positions très antagonistes, avec d’un côté des inquiétudes chez les riverains quant à leur santé et de l’autre des craintes quant aux impacts sur le monde agricole, résume-t-on au ministère de la transition écologique et solidaire. Nous avons fixé un cadre pour une bonne cohabitation entre les agriculteurs et les riverains qui passe par un dialogue au niveau local. »

Au ministère de l’agriculture, on assure avoir tenu compte des avis émis lors de la consultation publique : « Nous avons décidé de doubler la distance pour les produits les plus dangereux, par principe de précaution maximale. » Une assertion qui irrite François Veillerette. « Les pressions de la FNSEA allant bon train, il y avait fort à craindre que les textes réglementaires qui seraient proposés ne seraient pas la hauteur et nous n’avons pas été déçus, commente M. Veillerette. Mais nous n’allons pas en rester là. » Générations futures, qui avait obtenu l’annulation de l’arrêté précédent, envisage désormais un nouveau recours devant le Conseil d’État.

Un fonds pour une meilleure pulvérisation

Le gouvernement indique que les distances minimales entre zones d’épandage et habitations pourront être réduites à cinq mètres voire trois mètres si les agriculteurs utilisent les matériels de pulvérisation les plus performants sur le plan environnemental. Pour les inciter, il annonce la mise en place, au printemps 2020, d’un appel de fonds doté de 25 millions d’euros. Il sera consacré en priorité aux filières viticoles, arboricoles et maraîchères. Au ministère de l’agriculture, on rappelle qu’une buse antidérive peut coûter jusque 40 000 euros. « Plutôt qu’aider aux investissements sur les pulvérisateurs, le gouvernement devrait donner les moyens aux paysans d’assurer une transition agroécologique des systèmes de production, réagit la Confédération paysanne. La meilleure manière de protéger la santé des paysans et de la population en général est de permettre au monde agricole de s’affranchir des pesticides. »

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19 décembre 2019 4 19 /12 /décembre /2019 13:36

Entre 40 et 90 substances, dont certaines sont interdites depuis plusieurs années, sont retrouvées chaque année dans l’air en France. D’après Airparif et Stéphane Mandard le 18 décembre 2019 pour Le Monde. Lire aussi Lancement d'une pétition européenne pour interdire les pesticides de synthèse,  Des résidus de pesticides dans les 3/4 des fruits et 43% des légumes non bio et Les pesticides perturbateurs endocriniens présents dans les eaux de surface en France.

Des dizaines de pesticides dans l’air que nous respirons

L’air que respirent les Français n’est pas seulement chargé en particules fines et gaz toxiques issus des activités industrielles, du trafic automobile ou du chauffage. Il est également pollué par une multitude de pesticides utilisés principalement en agriculture.

Pour en mesurer l’ampleur, Le Monde a consulté la base de données Phytatmo rendue publique, mercredi 18 décembre, par Atmo France, la fédération des Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (Aasqa). Elle compile pour la première fois quinze ans de mesures de pesticides dans l’air. Entre 40 et 90 substances actives différentes (herbicides, fongicides, insecticides) sont détectées et quantifiées annuellement à l’échelle nationale. Pire, certaines sont interdites depuis plusieurs années.

Les concentrations détectées sont très variables, de l’ordre du nanogramme par mètre cube. A la différence des particules fines ou du dioxyde d’azote émis par les véhicules diesel, les pesticides ne font pas l’objet d’une surveillance réglementaire dans l’air. Il existe seulement des limites à ne pas dépasser dans l’eau et l’alimentation.

Pourtant, lors des traitements, mais aussi sur des durées plus longues, les produits phytosanitaires peuvent être transférés dans l’atmosphère par le vent, par érosion éolienne ou des sols ou encore par volatilisation.

« Jusqu’aux années 2000, on pensait qu’il n’y avait pas de pesticides dans l’air, donc on ne s’y intéressait pas », commente Emmanuelle Drab-Sommesous, référente pesticides à Atmo France. A l’instar d’Atmo Grand-Est – dont elle est la directrice – ou Nouvelle-Aquitaine, certaines associations régionales ont commencé à les surveiller en 2002, quand d’autres, comme Qualitair Corse, ne s’y sont mis qu’en 2016.

Cancérogène, mutagène et reprotoxique probable

La base Phytatmo https://atmo-france.org/wp-content/uploads/2019/12/pesticides_2002_2017-1.xlsx recense les mesures réalisées par l’ensemble des Aasqa entre 2002 et 2017. Au total, 321 substances actives ont été recherchées et 6 837 prélèvements effectués sur 176 sites permanents ou mobiles répartis en zone rurale ou urbaine.

Atmo France a analysé les résultats des sites permanents sur la période 2015-2017. Ils permettent de dégager les dix pesticides les plus présents dans l’air au niveau national. On y trouve quatre herbicides (pendiméthaline, triallate, s-métolachlore, prosulfocarbe et diméthénamide) utilisés principalement sur les céréales, trois fongicides (chlorothalonil, folpel, cymoxanil) et deux insecticides (lindane et chlorpyriphos-éthyl).

Certains sont bien connus. Ainsi du folpel. Utilisé contre le mildiou, « le fongicide de la vigne » est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique probable par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon la dernière étude d’Atmo Nouvelle-Aquitaine, publiée en août, la concentration en folpel a même augmenté en 2018 pour atteindre une moyenne hebdomadaire de 11 nanogrammes par mètre cube (pour une limite de détection à 0,24 ng/m3) dans le Médoc, haut lieu de la viticulture française, mais aussi à Bordeaux (2 ng/m3). La preuve, selon l’observatoire, d’un « transfert des molécules par l’air depuis les surfaces agricoles vers les zones urbaines ».

Le chlorpyriphos fait, lui, partie des molécules longtemps passées sous les radars des autorités sanitaires malgré une accumulation d’études démontrant ses effets toxiques sur le développement du cerveau des enfants. Il est utilisé massivement en pulvérisation sur les cultures pour éliminer les pucerons ou les chenilles, et l’Union européenne (UE) vient de voter son interdiction à partir du 31 janvier 2020.

Le lindane, interdit depuis… 1998

Plus surprenant, la présence dans ce « Top 10 » du lindane. Classé cancérogène pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), cet insecticide est en effet interdit en agriculture depuis 1998 (et dans les préparations antipoux ou antipuces depuis 2006). A la différence d’autres pesticides dont on retrouve des pics de concentration en fonction des types de cultures et des périodes d’épandage, le lindane est identifié dans la plupart des régions et à chaque fois dans une majorité de prélèvements. Et ce, y compris dans de grandes agglomérations.

C’est le cas de Lille. En 2017, le lindane était encore la huitième molécule la plus fortement retrouvée avec une concentration annuelle, certes faible, de 0,06 ng/m3, juste derrière le chlorpyriphos (0,07 ng/m3), avec un pic à 0,28 ng/m3 en juin. Le lindane n’était plus retrouvé dans l’agglomération en 2008 et en 2009, avant de réapparaître en 2010 et d’être détecté dans la quasi-totalité des prélèvements et de la période de mesure en 2017.

Le lindane n’est pas la seule substance prohibée à laquelle sont exposés les Lillois. Le tolylfluanide, un fongicide interdit depuis 2008, et la diphénylamine (utilisé notamment pour ses propriétés fongicides sur les denrées entreposées comme les pommes et les poires), proscrite depuis 2011, ont également été détectés. En Ile-de-France, quatre herbicides interdits, dont l’atrazine (un perturbateur endocrinien), ont aussi été identifiés lors de la dernière campagne de mesures, menée en 2013-2014.

Trois hypothèses sont avancées pour expliquer la présence de ces pesticides malgré leur interdiction : la permanence de pratiques agricoles illégales, un usage par des particuliers et la persistance de ces molécules dans l’environnement. Cette dernière explication a la faveur de la directrice d’Atmo Grand-Est, Emmanuelle Drab-Sommesous : « Le fait qu’un produit comme le lindane soit encore retrouvé de manière récurrente, mais à des concentrations faibles, montre que sa durée de vie est très longue, qu’il imprègne les sols et peut être remis en suspension, notamment en période de sécheresse. »

Des dizaines de pesticides dans l’air que nous respirons

Changer de paradigme

De manière globale, les concentrations de pesticides dans l’air sont très liées aux conditions météorologiques (elles augmentent avec les fortes chaleurs). Elles varient aussi en fonction de la saison et des périodes de traitements.

Ainsi les concentrations en fongicides et insecticides sont plus élevées à la fin du printemps et durant l’été dans les régions viticoles, alors que les pics d’herbicides interviennent en automne dans les zones de grandes cultures céréalières. A cette saisonnalité répond une variabilité spatiale avec des zones rurales plus proches des surfaces agricoles, logiquement davantage exposées que les grandes agglomérations.

« Aujourd’hui, en matière de pollution de l’air, on s’intéresse surtout aux villes avec principalement la problématique du trafic automobile, observe Mme Drab-Sommesous. Il faut changer de paradigme pour intégrer les territoires ruraux et y développer des sites de mesures permanents. » Elle soutient la création d’une plate-forme nationale centralisant les achats et les usages des pesticides afin d’identifier les zones prioritaires où déployer ces sites. Atmo France préconise également d’incorporer les pesticides aux polluants qui font l’objet d’un suivi réglementaire et donc de limites d’exposition.

A plus court terme, le gouvernement doit publier dans les prochains jours l’arrêté fixant une distance minimale entre zones d’épandage et habitations. Trois, cinq ou dix mètres : les propositions soutenues par les ministères de l’agriculture et de la transition écologique ne suffiront pas à tenir les pesticides à distance de l’air que respirent les Français.

Le glyphosate, le grand absent

Dans la liste des pesticides les plus retrouvés dans l’air que respirent les Français, une substance brille par son absence : le glyphosate. Le célèbre herbicide de Monsanto (racheté par Bayer) au cœur de toutes les polémiques et dont Emmanuel Macron s’était engagé à « en sortir dans les trois ans » avant de se raviser, n’apparaît pas, ou très rarement dans la base de données Phytatmo – qui regroupent quinze ans d’analyses de l’air entre 2002 et 2017 – malgré son usage massif. La raison est simple : il n’a quasiment pas été recherché en raison du coût de sa détection. A la différence des autres pesticides qui peuvent être identifiés avec le même protocole, il nécessite une technique analytique qui lui est propre. Parmi les associations de surveillance de la qualité de l’air, seule celle de la région PACA a recherché le glyphosate, entre 2014 et 2016. Elle en a retrouvé « très rarement ». Première hypothèse : la molécule étant très soluble dans l’eau, les transferts dans l’air serait limité. Pour combler cette lacune, une campagne nationale de mesure des pesticides dans l’air a été lancée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire. Les résultats devraient être connus mi-2020.

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10 décembre 2019 2 10 /12 /décembre /2019 18:02

D’ici à fin 2020, l’Anses va retirer de la vente plus de la moitié des produits contenant cette molécule controversée. Les fabricants des formules rejetées n’ont pas fourni les données expérimentales suffisantes pour exclure un risque génotoxique. D’après Alexandra Chagnon pour l’Humanité et Stéphane Foucart pour Le Monde le 9 décembre 2019. Lire aussi Les pesticides perturbateurs endocriniens présents dans les eaux de surface en FranceLancement d'une pétition européenne pour interdire les pesticides de synthèse et Glyphosate, un herbicide dans nos assiettes.

La décision de l’Anses vient bousculer le débat. J.-F. Monier/AFP

La décision de l’Anses vient bousculer le débat. J.-F. Monier/AFP

La France parviendra-t-elle à sortir un jour du glyphosate ? En dépit des annonces du gouvernement qui reste flou quant aux délais – il est tantôt question de 2021, tantôt de 2023 –, et surtout des millions d’euros mis sur la table depuis une décennie, l’agriculture française est toujours aussi accro à ce pesticide. Mais, alors qu’un rapport parlementaire, rendu public il y a un mois, prédisait une issue compliquée à l’abandon de cette molécule controversée – à charge, il estime que la sortie du glyphosate est impossible pour tous les usages –, l’Anses vient bousculer le débat. Hier, l’Agence nationale de sécurité sanitaire a annoncé le retrait de 36 des 69 pesticides à base de glyphosate actuellement sur le marché français. « Ce qui représente près des trois quarts des tonnages de produits utilisés en 2018 », selon l’agence.

« Trente-six de ces produits vont être retirés du marché et ne pourront plus être utilisés à compter de fin 2020, en raison de l’insuffisance ou de l’absence de données scientifiques permettant d’écarter tout risque génotoxique (susceptible d’endommager l’ADN et de provoquer des mutations génétiques – NDLR) », indique encore l’agence dans un communiqué. C’est à la suite de la réapprobation pour cinq ans de la substance herbicide par l’Union européenne, en 2017, que l’Anses a engagé un réexamen de la totalité des autorisations de mise sur le marché des produits à base de glyphosate commercialisés en France et lancé « une évaluation comparative avec les alternatives disponibles ».

Quatre nouveaux produits également refusés

Cependant, elle a pris cette décision sans attendre la fin du processus en cours. Et, pour des raisons identiques, quatre des onze nouvelles demandes d’autorisation déposées depuis janvier 2018 viennent également d’être refusées. Argument avancé : « Les données fournies par les industriels ne permettent pas de statuer sur leur éventuelle génotoxicité. » « Seuls les produits à base de glyphosate répondant aux critères d’efficacité et de sécurité définis au niveau européen pour les usages revendiqués, et ne pouvant pas être substitués de façon satisfaisante, bénéficieront in fine de l’accès au marché français », précise l’Anses, qui finalisera l’ensemble du processus d’évaluation « d’ici le 31 décembre 2020 ».

Cette décision de retraits d’autorisations de mises sur le marché (AMM) « confirme que l’innocuité des herbicides à base de glyphosate est un mythe », a aussitôt réagi François Veillerette, directeur de Générations futures, ONG qui milite pour l’interdiction des pesticides. Et de rappeler que « 70 % des études universitaires (indépendantes de l’industrie) prises en compte par l’expertise du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) mettent en évidence cette génotoxicité » ! « Nous espérons maintenant, insiste-t-il, que l’Anses prenne en compte l’ensemble de cette littérature scientifique disponible pour refuser les autres demandes de mise sur le marché d’herbicides à base de glyphosate qu’elle doit encore examiner. »

Sachant que le cas du glyphosate n’est pas le seul problème. C’est, en matière de pesticides, l’arbre qui cache la forêt ! Raison de plus, estiment de plus en plus d’acteurs, et notamment la Confédération paysanne, pour changer de modèle agricole. « L’interdiction de cette substance et d’autres à venir appelle à une transformation économique et politique du modèle agricole. Ces interdictions doivent s’inscrire dans un projet global de sortie des pesticides », martèle le syndicat. À bon entendeur…

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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 09:02

La France doit quitter le Traité sur la charte de l’énergie, car il est une arme entre les mains des multinationales pour ralentir ou bloquer des politiques climatiques ambitieuses. Par Maxime Combes, économiste, porte-parole d'Attac, le 20 novembre 2019 pour Politis. Lire aussi Alerte de l'ONU : après une décennie perdue pour le climat, les États s’éloignent toujours plus de leurs promesses de réduction des gaz à effet de serre, La France continue à soutenir les énergies fossiles alors que le monde prévoit d’en produire 120 % en trop et COP 21 + 3 ans : les banques françaises toujours au charbon.

L'entreprise candienne Vermilion a contraint la france à reculer sur le projet de loi sur les hydrocarbures en la menaçant de poursuites.

L'entreprise candienne Vermilion a contraint la france à reculer sur le projet de loi sur les hydrocarbures en la menaçant de poursuites.

Longtemps resté dans l’oubli, le Traité de la charte de l’énergie (1), regroupant plus d’une cinquantaine d’États (de l’Europe occidentale au Japon en passant par l’Asie centrale), est aujourd’hui utilisé par les multinationales de l’énergie pour attaquer les pouvoirs publics lorsque ces derniers prennent des mesures en matière de transition énergétique qui contreviennent à leurs intérêts. Ainsi, parmi des dizaines de cas, l’entreprise suédoise Vattenfall poursuit l’Allemagne pour sa décision d’abandonner le nucléaire ; l’entreprise allemande Uniper attaque les Pays-Bas pour leur décision de fermer des centrales à charbon ; l’entreprise britannique Rockhopper s’en prend à l’Italie à la suite de son moratoire sur les forages offshore.

De « l’Affaire du siècle » aux mises en demeure de Total, une grande attention a récemment été portée sur les actions entreprises par des ONG, des citoyens ou même des collectivités territoriales pour obtenir devant la justice des décisions favorables concernant le climat : il s’agit de mobiliser les embryons de droit international et national sur les enjeux climatiques pour obliger les entreprises et les États à faire plus en matière de lutte contre les dérèglements climatiques. Une moindre attention est portée aux outils de droit dont disposent les multinationales pour dissuader et sanctionner les États ainsi que les collectivités territoriales.

Le cas hollandais est emblématique. On se souvient de la décision de justice condamnant l’État à faire davantage en matière climatique après une action menée par l’ONG Urgenda au nom de 886 citoyens (2). Cette décision a accéléré le débat sur la sortie du charbon, ce qui reste le moyen le plus rapide pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, après Uniper, déjà cité, ce sont coup sur coup les entreprises allemande et suédoise RWE et Vattenfall qui annoncent vouloir poursuivre les Pays-Bas en cas de vote d’une loi qui planifie la fermeture de centrales à charbon et prévoie d’interdire l’utilisation du charbon pour la production électrique d’ici à 2030. Elles s’estiment victimes d’une expropriation indirecte et de pertes de profits.

Une étude (3) a documenté l’utilisation du Traité de la charte de l’énergie par les multinationales de l’énergie qui réclament des sommes faramineuses aux États. Si elles ne sortent pas gagnantes à chaque fois, elles peuvent faire pression sur les pouvoirs publics pour retarder ou amoindrir la portée des lois de transition énergétique. C’est ce qui est advenu en France lors de l’examen de la loi Hulot sur les hydrocarbures : il a été montré (4) que l’entreprise canadienne Vermilion a menacé le gouvernement de poursuites après une première mouture du projet de loi assez ambitieuse. Résultat : Nicolas Hulot et le gouvernement ont fait machine arrière, protégeant ainsi les droits acquis des industriels.

Cette confrontation entre un droit du climat encore incomplet et peu contraignant et un droit de l’investissement robuste et contraignant ne fait sans doute que commencer. La transformation des soubassements énergétiques de notre formidable machine à réchauffer la planète qu’est l’économie mondiale doit nécessairement conduire à revoir fortement à la baisse la durée de vie des infrastructures pétrolières, gazières et charbonnières. Les entreprises privées, qui en sont le plus souvent propriétaires, ne vont pas s’abstenir de faire valoir leurs droits devant ces outils de justice parallèle (les mécanismes d’arbitrage entre États et entreprises : ISDS, ICS, etc.) auxquels les pouvoirs publics leur ont donné accès.

Le Traité de la charte de l’énergie fonctionne donc à la fois comme une arme de dissuasion massive à disposition des multinationales de l’énergie pour ralentir ou bloquer des politiques de transition énergétique et comme un outil de sanction financière envers les États lorsqu’ils décident néanmoins de mener des politiques climatiques plus ambitieuses. De ce fait, ce traité protège les pollueurs. On peut même calculer qu’il garantit l’émission de cinq fois plus de gaz à effet de serre que ne le permettrait le budget carbone européen s’il était respecté (5).

C’est la raison pour laquelle une vingtaine d’organisations de la société civile en Europe, parmi lesquelles l’Aitec, Attac France, les Amis de la Terre France ou le CCFD-Terre solidaire, ont appelé les États membres de l’Union européenne à quitter le Traité de la charte de l’énergie (5). Alors que la COP 25 a été transférée à Madrid, l’UE et les États européens, à commencer par la France et Emmanuel Macron, feraient bien de suivre ce conseil plutôt que nous entraîner droit dans le mur.

(1) Le Traité sur la charte de l’énergie, appelé aussi Charte énergétique européenne, a été signé en 1994 et est entré en vigueur en 1998. (2) « Pays-Bas : l’État condamné pour ses gaz à effet de serre », Politis, n° 1525, 31 octobre 2018.

(3) Résumé du rapport « Un traité pour les gouverner tous », Corporate Europe Observatory (CEO) et Transnational Institute (TNI), juin 2018.

(4) « Loi Hulot : nouvelles révélations sur le lobbying au sommet de l’État », Observatoire des multinationales, 30 août 2018.

(5) « The Energy Charter Treaty (ECT). Assessing its geopolitical, climate and financial impacts », septembre 2019, disponible sur www.openexp.eu

(6) « Lettre ouverte de la société civile sur le Traité sur la charte de l’énergie », 23 septembre 2019, www.collectifstoptafta.org

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