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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 14:52
Une abeille à Netanya le 13 mars 2016. JACK GUEZ / AFP

Une abeille à Netanya le 13 mars 2016. JACK GUEZ / AFP

Par Audrey Garric et Martine Valo pour Le Monde le 18 mars 2016

Cela aura été l’un des débats les plus intenses et les plus polémiques du projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, examiné du 15 au 17 mars à l’Assemblée nationale en deuxième lecture. Au terme de deux heures de discussion, les députés ont finalement adopté, par 30 voix contre 28, l’article 51 sur les néonicotinoïdes, une famille de pesticides reconnus nocifs pour les abeilles et les insectes pollinisateurs et, plus généralement, pour l’environnement et la santé.

Le texte interdit l’utilisation de ces molécules à partir du 1er septembre 2018 sur l’ensemble des cultures, « y compris les semences traitées avec ces produits ». Il prévoit également qu’un arrêté ministériel définisse, après avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), des « solutions de substitution » à ces substances.

La version de l’article est issue d’un amendement du président de la commission du développement durable de l’Assemblée, Jean-Paul Chanteguet (PS). « Le législateur doit prendre ses responsabilités en interdisant l’utilisation de ces molécules, tout en permettant à la profession agricole de s’adapter », plaide le parlementaire dans son exposé des motifs. Face à la position de plusieurs députés centristes et de droite, préoccupés par les conséquences pour les agriculteurs, et de la secrétaire d’Etat chargée de la biodiversité, Barbara Pompili, qui a plaidé pour « des solutions responsables, qui puissent s’appliquer », le député a fait le choix d’un compromis. La version précédente du texte, adoptée en commission le 9 mars, prévoyait en effet une entrée en vigueur plus rapide de l’interdiction, à partir du 1er janvier 2017.

« On renverse la mécanique : l’interdiction des néonicotinoïdes devient la règle et leur utilisation l’exception, contrairement à aujourd’hui », se félicite la députée (PS) Delphine Batho, qui regrette toutefois le report à 2018. Surtout, la mesure doit encore être confirmée en deuxième lecture au Sénat, normalement avant l’été.

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 19:54

Un appel de plusieurs maires européens, dont Anne Hidalgo, demandant aux Etats-membres de l'UE de revenir sur l'autorisation donnée aux constructeurs de dépasser les normes relatives aux émissions de NOX, associé à une pétition adressée à la Commission européenne et aux gouvernements nationaux européens, que je vous invite à signer sur https://www.change.org/p/pollution-de-l-air-la-sant%C3%A9-des-citoyens-avant-celle-des-lobbys-industriels-cities4climate?lang=fr

Alors que 80% de la population européenne vivra bientôt en ville et que les pics de pollution, principalement dus aux émissions polluantes des véhicules automobiles, rythment nos vies quotidiennes et sont responsables de drames sanitaires, les villes assument avec volontarisme leur rôle au service de la santé publique et du Climat. C’est la raison pour laquelle 1000 maires du monde entier ont pris l’engagement solennel à Paris, lors de la COP21, de réduire le niveau de pollution dans nos villes.

Pour tenir cet engagement majeur, nous avons besoin d’une règlementation européenne ambitieuse et courageuse.

Nous avons besoin que des règles justes s’appliquent dans toute l’Europe aux acteurs privés, notamment aux industries automobiles, dans la mesure où l’Organisation Mondiale de la Santé a signalé que les émissions polluantes issues des moteurs sont responsables de 75000 morts prématurées en Europe, chaque année.

En octobre dernier, un comité technique rassemblant des experts des États-membres a décidé d’autoriser les constructeurs automobiles à dépasser les limites d’émissions fixées par la législation européenne. Cette décision, si elle était mise en œuvre, permettrait aux nouveaux véhicules diesel de dépasser de 110% les seuils d’émissions des oxydes d’azote (NOx) ! En février 2016, le Parlement européen a malheureusement décidé de soutenir cette politique qui représente une véritable menace pour les habitants de nos villes.

Si cette décision est appliquée, la qualité de l’air dans nos villes ne sera pas conforme aux normes européennes.

Comment protéger notre santé si l’Union européenne valide un permis de polluer au détriment de la santé publique ? Que doivent comprendre les parents dont les enfants souffrent de problèmes respiratoires aigus, les personnes âgées et les plus fragiles? Doivent-ils comprendre que leur gouvernement a préféré la santé de l’industrie automobile à la leur ?

Nous considérons que cette décision est injuste et erronée. Car comment peut-on instaurer des seuils d’émissions et valider leur violation? Il n’est pas concevable d’imposer aux autorités publiques de respecter des normes de pollution de l’air tout en donnant le feu vert à l’industrie automobile pour les violer.

70% des émissions mondiales de gaz à effet de serre proviennent des villes. Le succès de la mise en œuvre de l’Accord de Paris qui a été négocié avec tellement d’habilité en décembre, dépend maintenant des mesures prises par les villes. Les villes sont prêtes à assumer cette responsabilité, et les villes membres du Cities 40 (C40) ont déjà mis en œuvre plus de 10.000 actions en faveur du Climat, depuis 2009. Mais à présent, nous avons besoin du soutien des responsables politiques à tous les niveaux.

Nous demandons donc aux gouvernements européens, d’user de tous les moyens juridiques et politiques en leur pouvoir, afin de garantir que les normes de pollution de l’air en Europe soient appliquées dans toutes les industries. Notre santé en dépend.

Premiers signataires :

Anne Hidalgo, Maire de Paris
Eberhard van der Laan, Maire d'Amsterdam
Yorgos Kaminis, Maire d’Athènes
Ada Colau, Maire de Barcelone
Yvan Mayeur, Maire de Bruxelles
Ioan-Razvan Sava, Maire de Bucarest
István Tarlós, Maire de Budapest
Frank Jensen, Maire de Copenhague
Alexiei Dingli, Maire de La Valette
Fernando Medina, Maire de Lisbonne
Manuela Carmena, Maire de Madrid
Giuliano Pisapia, Maire de Milan
Constantinos Yiorkadjis, Maire de Nicosie
Raymond Johansen, Maire d'Oslo
Nils Ušakovs, Maire de Riga
Ahmed Aboutaleb, Maire de Rotterdam
Yordanka Fandakova, Maire de Sofia
Karin Wanngård, Maire de Stockholm
Hanna Gronkiewicz-Waltz, Maire de Varsovie
Michael Häupl, Maire de Vienne

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 17:37

Pour sortir de la crise, il est nécessaire de renouveler les modes de production agricole en privilégiant les biopesticides et les engrais organiques. Prendre un tel virage profiterait d'abord aux agriculteurs

Par Jacques Caplat et Pierre Rabhi

Depuis plusieurs semaines, nous sentons les soubresauts de ce que les médias ont coutume d'appeler une " crise agricole ". Depuis des décennies, nous sommes nombreux à tenter d'alerter l'opinion publique et nos élus sur cet enjeu.

Nous faisons mine de découvrir aujourd'hui que les agriculteurs disparaissent de nos champs, remplacés par la mécanisation et les pesticides. Qu'ils sont bien souvent surendettés et étranglés par des grandes surfaces qui leur imposent des prix de vente parfois en dessous de leurs prix de revient. Qu'un grand nombre d'entre eux travaillent dix-sept heures par jour sans pouvoir décemment vivre du fruit de leur labeur. Qu'une certaine logique d'industrialisation forcée les a conduits à user d'une batterie de produits toxiques (dont ils sont d'ailleurs les premières victimes) qui polluent l'air, l'eau, font disparaître insectes et oiseaux… Que l'utilisation abusive d'engrais de synthèse et la généralisation des monocultures appauvrissent les sols et contribuent grandement au dérèglement climatique. Mais cette situation n'est pas nouvelle et il est devenu plus qu'urgent d'y trouver une issue.

Or, nous connaissons une voie. Capable de régénérer nos écosystèmes, tout en produisant en quantité et en permettant aux paysans de vivre -décemment de leur métier : l'agro-écologie. Mais qu'entendons-nous par ce mot ? Récemment, Nicolas Sarkozy le tournait en dérision, réduisait sa définition à " une expression bizarre, (…) obsession pour la destruction de notre puissance agricole qui serait remplacée par la possibilité donnée aux bobos d'aller faire leurs courses à la ferme dans le cadre des circuits courts ".

Comme toujours, la manipulation politicienne a quelque chose de désespérant. Alors non, l'agroécologie n'a rien de bizarre. Elle ne prône pas la destruction du monde paysan, elle est exactement l'inverse.

Réinvestir les campagnes

L'agroécologie considère que la pratique agricole ne doit pas se cantonner à une technique, mais envisager l'ensemble du milieu dans lequel elle s'inscrit avec une véritable écologie. La pratique agroécologique a le pouvoir de refertiliser les sols, de lutter contre la désertification, de préserver la biodiversité (dont les -semences), d'optimiser l'usage de l'eau. Elle est une alternative peu coûteuse et adaptée aux populations les plus démunies en France comme ailleurs.

Par la revalorisation des ressources naturelles et locales, elle libère le paysan de la dépendance des intrants chimiques et des transports générateurs de tant de pollutions et responsables d'une véritable chorégraphie de l'absurde, où des denrées anonymes parcourent chaque jour des milliers de kilomètres ! Enfin, elle permet de produire une alimentation de qualité, garante de bonne santé pour la terre, pour ses habitants et pour ceux à venir. Et de nombreuses études internationales confirment désormais que ses rendements sont largement aussi bons que ceux de l'agriculture chimique.

Faire de l'agroécologie et de la culture biologique un mot d'ordre planétaire ne serait pas un retour en -arrière comme certains le disent et n'en déplaise à M. Chatel qui espère, quant à lui, que le parti Les Républicains soit celui des gaz de schiste, des OGM et des biotechs, comme il l'a affirmé le 14 février lors d'un conseil national.

Utiliser la détresse du monde paysan français comme outil de dénigrement et de clivage est ubuesque et tend à falsifier la réalité.

L'objectif est d'aider les agriculteurs à réinvestir les campagnes, de leur permettre de vivre de leur métier et d'assurer une production aussi importante en qualité qu'en quantité. La logique actuelle réduit chaque jour le nombre de paysans et ne cesse de les étrangler, tout en détruisant l'environnement. Or, cette situation bénéficie essentiellement aux grandes surfaces et aux multinationales de l'agroalimentaire.

Prôner les " circuits courts " (la relation directe entre producteur et consommateur) est le meilleur moyen de court-circuiter cette logique et de redonner le pouvoir aux agriculteurs et aux citoyens. Sans compter que la relocalisation d'une grande partie de notre alimentation permettrait de créer plusieurs centaines de milliers d'emplois.

Aujourd'hui, les Français confirment leur confiance dans une agriculture et une alimentation citoyennes. En effet, 65 % des Français ont consommé régulièrement bio en 2015 (contre 37 % en 2003). Le marché du bio représente 5,5 milliards d'euros (en hausse de 10 % par rapport à 2014) et plus de 1,31 million d'hectares de terres sont cultivées en agriculture biologique en France (plus 17 % par rapport à 2014). L'in-térêt des multinationales et de la grande distribution pour la production bio est bien la preuve de son intérêt économique et de sa santé financière. L'évolution vers le bio doit être soutenue et accompagnée de façon lisible, stable et pérenne, afin d'aider les agriculteurs à massivement changer de pratiques sans retomber dans la dépendance aux diktats spéculatifs du " marché ", fût-il bio.

De nombreux paysans se tournent vers l'agroécologie et donc vers des pratiques respectueuses de leur environnement, de leur santé et de celle de leurs " clients ". Aller acheter ses produits à la ferme n'est pas une lubie mais un acte positif et dynamique : ce peut être le choix de soutenir l'agriculteur de son village par solidarité, de se soucier de transmettre aux générations à venir une terre en meilleur état, de lutter contre l'élevage concentrationnaire qui produit de la souffrance animale et donc des viandes à peine comestibles. Caricaturer ces démarches dans un discours aussi méprisant qu'ignorant est une offense à l'agriculture et aux paysans qui tiennent une place primordiale dans notre organisation humaine.

L'agroécologie est un art de vivre sur notre planète, une alternative qui doit se partager au-delà des cultures et des frontières car elle est la solution pour un humanisme véritable.

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16 mars 2016 3 16 /03 /mars /2016 11:53

Le ministre de l'agriculture incite les députés, dans une lettre, à ne pas voter l'interdiction des néonicotinoïdes

par Audrey Garric, et Martine Valo pour Le Monde le mercredi 16 mars 2016.

C'est un nouveau signe de l'âpre bataille qui se joue, dans les sphères politiques et scientifiques, sur le dossier des pesticides. Du mardi 15 au jeudi 17 mars, l'Assemblée nationale examine en deuxième lecture le projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, qui comporte un article consacré aux néonicotinoïdes. Cette famille d'insecticides est reconnue nocive pour les insectes pollinisateurs et, plus généralement, pour l'environnement et la santé. Le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, a mis tout son poids dans la balance.

Mais à la différence de la quinzaine d'organisations d'apiculteurs et de défenseurs de la biodiversité qui ont appelé à un rassemblement devant le Palais-Bourbon mardi matin, ce n'est pas pour convaincre les parlementaires d'en finir avec ces " insecticides tueurs d'abeilles ", comme les qualifient les ONG. Au contraire, le ministre s'est adressé aux députés lundi, dans une lettre argumentée, pour les inciter à ne pas se prononcer en faveur d'une interdiction simple et totale. La missive, datée du 11 mars et que Le Monde s'est procurée, s'apparente à un procédé pour le moins inhabituel.

La disposition sur les néonicotinoïdes, qui s'inscrit dans l'article 51 du projet de loi, a connu nombre de tribulations avant d'être finalement réintroduite par la commission du développement durable de l'Assemblée le 9 mars, à l'initiative d'une soixantaine de députés écologistes et socialistes. Le texte indique que l'utilisation de l'ensemble de cette famille d'insecticides sera interdite à partir du 1er janvier 2017, pour tous les usages et toutes les cultures, y compris les semences enrobées avec ces produits.

Neurotoxicité prouvée

C'est peu dire que cette version du texte suscite débats et tensions entre les parlementaires et au sein du gouvernement. Pas moins de 45 amendements ont été déposés depuis une semaine en faveur de la suppression ou de la modification de l'article. Le vote en séance plénière est loin d'être acquis. Si l'Assemblée avait déjà adopté en première lecture, en mars 2015, une interdiction des néonicotinoïdes, l'amendement avait été introduit à la surprise générale, de sorte que tous les députés n'étaient pas présents.

Les sénateurs sont ensuite revenus sur cette mesure, en janvier. Ils lui ont préféré une proposition bien plus floue : ils souhaitaient s'en remettre au ministère de l'agriculture pour déterminer, plus tard, leurs « conditions d'utilisation » en tenant compte des « conséquences sur la production agricole ». Depuis, 224 députés et 64 sénateurs ont rallié l'appel en faveur d'une interdiction totale, déposé en juin 2015 par trois députés socialistes, Delphine Batho, Gérard Bapt et Jean-Paul Chanteguet.

Dans sa lettre de près de quatre pages, Stéphane Le Foll défend longuement sa propre " action volontariste " contre les néonicotinoïdes. Il reconnaît la neurotoxicité, prouvée, des sept molécules de cette catégorie de pesticides qui donnent lieu à la commercialisation d'une centaine de produits aux appellations différentes, largement utilisés dans l'Union européenne (UE). Mais s'empresse de donner des gages : " Je suis favorable à réduire encore le risque d'exposition des colonies [d'abeilles] ", écrit-il.

Pour autant, l'action de son ministère vis-à-vis de ces produits chimiques « ne peut se faire en créant des distorsions entre les agriculteurs français et le reste des agriculteurs européens », assure-t-il. La position des représentants du monde agricole transparaît là jusque dans le vocabulaire employé par le ministre, soucieux de préserver les paysans, particulièrement en cette nouvelle période de crise. Conclusion : la politique française « doit se conduire au bon niveau, au niveau européen ».

En mai 2013, M. Le Foll avait demandé et obtenu une suspension des néonicotinoïdes durant deux ans, le temps que l'UE en évalue à nouveau les effets sur la biodiversité. Mais cette interdiction n'est que très partielle : non seulement elle ne porte que sur trois substances – le thiaméthoxame, la clothianidine et l'imidaclopride –, mais elle ne concerne que certaines cultures. Des céréales d'hiver, des arbres fruitiers, des légumes, de la vigne, des rosiers et plantes d'intérieur continuent à être traités… Il existe bien certaines limites, en fonction des périodes de floraison, seulement les études scientifiques ont désormais montré à quel point les néonicotinoïdes persistent longtemps dans l'environnement. Ils peuvent se retrouver dans les sols, voire dans les fleurs sauvages autour des parcelles cultivées, deux ans après leur première utilisation.

Vis-à-vis de Bruxelles, Paris alterne exigences fortes et manque de soutien sur ce dossier. Stéphane Le Foll continue de demander publiquement à la Commission européenne de faire procéder à des évaluations supplémentaires sur la toxicité de ces substances qui déstabilisent les abeilles, les privant notamment de leurs points de repère.

Secret absolu

Mais contrairement à Ségolène Royal, son homologue à l'environnement, qui veut élargir les restrictions européennes, et à la Commission, qui voudrait elle-même édicter des règles plus sévères pour l'homologation de ces produits, le ministre ne se montre pas pressé de prendre des décisions radicales dans les campagnes françaises tant que les Vingt-Huit ne seront pas prêts à basculer tous ensemble dans l'aprèsnéonicotinoïdes.

En attendant, rien n'est dit des quantités de néonicotinoïdes vendues en France. M. Le Foll indique simplement qu'elles ont baissé de " 3 % à 4 % en moyenne " entre 2011 et 2014.

Quels sont les tonnages ? Qu'en est-il de l'évolution entre 2013 et 2014, une année où l'usage des pesticides a fait un bond inédit de plus de 9 % en France ? Ces données continuent de relever du secret absolu.

Malgré l'échec reconnu du plan Ecophyto, destiné à réduire de 50 % d'ici à 2025 l'utilisation des produits phytosanitaires, Stéphane Le Foll se veut convaincant. « La solution qui consisterait à interdire tous les usages de produits contenant des néonicotinoïdes en France pourrait se traduire, en fait, par un recul dans la politique que mène le gouvernement pour protéger pollinisateurs, domestiques et sauvages », argumente-t-il. Car il faudrait alors avoir recours à « des voies alternatives qui ne présentent aucune garantie supplémentaire pour les pollinisateurs, bien au contraire ».

La coalition d'apiculteurs et d'ONG qui manifestait devant l'Assemblée nationale s'inscrit en faux contre cet argument issu des rangs de l'agriculture. " Il n'existe pas de famille de pesticides plus toxiques pour les abeilles en exposition chronique que les néonicotinoïdes ", rétorquent en chœur les opposants aux néo-nicotinoïdes.

" Je ne peux pas me résoudre à –reporter l'interdiction des pesticides néonicotinoïdes dont on connaît les effets dévastateurs, abonde la députée écologiste Laurence Abeille (EELV, Val-de-Marne). Le ministre se dit convaincu de la nécessité de transformer l'agriculture ; l'action parlementaire sur ce sujet peut, à mon avis, lui manifester un soutien déterminant pour contrebalancer le poids du lobby de l'agrochimie. "

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 20:19

Du mardi 5 au jeudi 7 avril 2016, doit avoir lieu à Pau (64) le sommet MCE Deepwater Development qui rassemblera les décideurs stratégiques des marchés du gaz et du pétrole en eaux profondes : bref, une véritable « COP21 des fossoyeurs du climat ».

Accueillis par Total, s’y retrouveront des hauts responsables de Total, Shell, Exxon, Repsol, BP etc. et les différents opérateurs de l’exploration, du forage et de l’exploitation en eaux profondes du pétrole et du gaz. [1] L’objectif déclaré est de « mettre les principales compagnies pétrolières et gazières opérant en mer autour de la table pour discuter du futur de cette industrie et trouver des solutions communes à la baisse des cours du pétrole et du gaz ». [2]

Il s’agira de « mettre en commun toutes les compétences permettant la réduction des coûts et l’augmentation de l’exploitation du pétrole et du gaz […], de développer les champs en eaux profondes et se servir de MCE Deepwater Development 2016 comme un moyen de se connecter avec les spécialistes industriels et les compagnies qui pourraient nous proposer, ainsi qu’à nos collaborateurs, des moyens d’arriver à des résultats concrets ». Il s’agit « d’organiser un événement central, basé en Europe, et entièrement dédié à l’avancement de l’exploration et de la production globale ». [3]

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UN CRIME CLIMATIQUE AVEC PREMEDITATION !

Le 12 décembre 2015, la COP21 se terminait sur l’adoption par tous les Etats du monde d’un Accord de Paris s’engageant à contenir le réchauffement climatique au dessous de +2°C à l’horizon 2100, voire au dessous de +1,5°C. Michael Greenstone, ancien chef économiste de la Maison Blanche, affirme que si nous brûlons toutes les réserves d’énergie fossile, le réchauffement monterait à +9°C, ce qui serait un génocide climatique. [4]

Comment accepter que les industries du pétrole et du gaz se réunissent pour voir comment malgré tout continuer à explorer et exploiter de nouvelles réserves de pétrole et de gaz ? 4 mois à peine après la COP21, les stratégies que ces  « responsables » veulent définir à Pau nous mènent droit à l’emballement irréversible et incontrôlable du climat. Il s’agit là d’un crime avec préméditation, nous devons les en empêcher !

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LE SOMMET MCEDD NE DOIT PAS AVOIR LIEU !

Le mouvement Action Non-Violente COP21 appelle tous les défenseurs du climat et des océans à se préparer à se rendre à Pau du 5 au 7 avril prochain, pour empêcher physiquement la tenue du sommet MCEDD.

Nous appelons à le faire dans un esprit 100 % non-violent, en assumant clairement et publiquement cet acte massif et déterminé de désobéissance civile. Nous demandons donc à tous ceux et celles qui se joindront à nous de le faire à visage découvert, dans le respect de l’intégrité des personnes que nous aurons en face de nous et dans le respect des règles d’actions que nous définirons collectivement. Nous multiplierons les actions et mobilisations de masse pendant les trois jours de ce sommet dans le but d’en empêcher sa tenue ou son bon déroulement. Un camp climat sera organisé à Pau du samedi 2 avril au mardi 5 avril et offrira de multiples formations à la lutte contre le changement climatique, ainsi qu’à l’action non-violente.

Les objectifs de la COP21 resteront lettre morte si les citoyens ne s’impliquent pas de manière décisive pour empêcher l’extraction et la combustion des énergies fossiles à l’origine de 80 % des émissions de CO2 mondiales, responsables du changement climatique.

Le sort de cette bataille décisive pour l’humanité est dans les mains de notre génératio !

ANV-COP21

[1] http://mcedd.com/advisory-board/

[2] et [3] Toutes les citations sont des traductions des lettres et dossiers d’invitation (rédigés en anglais) au Sommet MCE Deepwater Development.

[4] Article d’Isabelle Hanne et Coralie Schaub, « Fossiles, dix raisons de sevrer la planète »,Libération, 08/09/2015.

Pour soutenir financièrement la mobilisation [http://www.bizimugi.eu/mce]

> Pour s'informer [http://anv-cop21.org/1282-2/]

> Pour s'inscrire [bit.ly/1SZW0Nm]

> Pour relayer avec les outils (affiches, flyers, visuels etc.) [bit.ly/1ninVdf]

Evénement Facebook [https://www.facebook.com/events/758182447615715/]
Twitter
#StopMCEDD #Keepitintheground #SerialKillerDuClimat

A l'appel d'Action non-violente COP21, La Coordination des Alternatiba, Les Amis de la Terre- France, Attac-France, Bizi !, Le Village Emmaüs Lescar-Pau, Nation Ocean, 350.org.

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 19:55

par David Cormand, Jean Desessard, Elise Lowy, secrétaires nationaux d'Europe Ecologie Les Verts, 11 mars 2016.

Le nucléaire s'est toujours appuyé sur deux mythes fondateurs. 

Le mythe d'une énergie sûre, d'abord. L'accident de Tchernobyl en 1986 et la catastrophe de Fukushima, dont nous commémorons les cinq ans, sont deux exemples parmi d'autres du danger que fait courir le nucléaire aux populations. Des risques encore en cours : certaines zones seront en quarantaine pour les prochaines milliers d'années, sans parler des déversements toxiques quotidiens aux larges du Japon menaçant l'écosystème.  

Les accidents répétés à Fessenheim -centrale bâtie sur la plus grande nappe phréatique d'Europe- nous menacent directement. Pour le président de l'Autorité de Sûreté Nucléaire, un accident grave de type Fukushima est aujourd'hui possible en France.  

Le mythe d'une énergie bon marché, ensuite. Les coûts continuent d'exploser et la mystification éclate au grand jour. Comme les difficultés financières "du fleuron" Areva l'ont montré, le nucléaire menace aujourd'hui directement la survie d'EDF. La cour des comptes estime à 100 milliards d'euros les coûts de maintenance des 58 réacteurs d'ici 2030 ; un coût à minima, à moins de rogner sur la sécurité des Français. Thomas Piquemal, directeur financier d'EDF, a choisi de claquer la porte de son employeur plutôt que d'avaliser les investissements de l'entreprise dans deux EPR en Grande-Bretagne. Chacun connaît l'ampleur du fiasco de l'EPR de Flamanville, dépassant déjà les 10 milliards alors qu'il était initialement évalué à 3,5 milliards, ce à quoi s'ajoutent les malfaçons, à l'image de sa cuve.  

La nécessaire transition énergétique implique de dessiner un nouveau modèle. Le pragmatisme et le réalisme économique aussi. Prolonger la durée de vie de nos centrales serait un acharnement thérapeutique pour l'un des derniers vestiges productivistes du XXe siècle. Les systèmes énergétiques du XXIe siècle seront construits par la sobriété et l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables, ce qui permettra de créer des dizaines de milliers d'emplois.  

Il est temps de faire le choix de l'avenir.

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10 mars 2016 4 10 /03 /mars /2016 13:53

Par Martine Valo pour Le Monde le 9 février 2016

Selon le ministère de l'agriculture, l'achat de produits               phytosanitaires a bondi de 9,4 % entre 2013 et 2014

Des pesticides en doses toujours plus massives dans les campagnes françaises : voilà ce que révèlent les statistiques que le ministère de l’agriculture a rendues publiques mardi 8 mars. Présentées en périodes lissées de trois ans afin d’intégrer les variations climatiques, elles dessinent une tendance moyenne à la hausse de 5,8 % entre 2011 et 2014. Mais si l’on s’en tient au tout dernier bilan, 2014 apparaît comme la deuxième année noire consécutive. La consommation de produits phytosanitaires dans le secteur agricole a bondi de 9,4 % par rapport à 2013, qui avait déjà connu une augmentation de 9 %. Et encore, ces données n’intègrent pas les produits néonicotinoïdes qui enrobent directement les semences.

Quant aux volumes bruts des ventes (en tonnes), le constat est plus sévère encore : les agriculteurs ont acheté 16 % de produits phytosanitaires en plus en 2014. Parmi ces derniers, ceux qui utilisent des molécules suspectées d’être cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction humaine, accusent une hausse de 13 % à 22 % selon l’indicateur retenu.

De leur côté, jardiniers amateurs et gestionnaires d’espaces verts semblaient avoir adopté une attitude plus soucieuse de l’environnement en réduisant leurs recours aux pesticides de 2,2 % en moyenne triennale, jusqu’à ce qu’une rechute ne fasse de nouveau grimper leur bilan de 10 % en 2014. Ils devront les abandonner définitivement au 1er janvier 2017.

35 traitements sur les pommes ... Pouvoir de l’agrochimie

« Les résultats ne sont pas bons », commente-t-on sobrement dans l’entourage du ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll. Un constat qui a fait consensus autour de la table du Comité national d’orientation et de suivi du plan Ecophyto, qui réunit des représentants du ministère, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), les chambres d’agriculture, des associations écologistes. Lancé dans la foulée du Grenelle de l’environnement, en 2009, ce programme d’actions, essentiellement fondé sur la pédagogie, avait dans un premier temps pour ambition de réduire de moitié l’usage des herbicides, fongicides et insecticides d’ici à 2018, afin de « concilier performances écologiques et économiques tout en préservant la santé publique ». Le deuxième volet, Ecophyto 2, qui doit démarrer au printemps, a gardé l’objectif des 50 %, mais, plus réaliste, l’a repoussé à 2025.

Son budget, basé sur la taxe pour pollutions diffuses, passe à 71 millions d’euros pour 2016, alors qu’il s’élevait à une quarantaine de millions par an jusqu’à présent. Ce programme n’a-t-il pourtant pas fait la preuve de son inefficacité ? Le ministère répond que l’hiver doux et le printemps calamiteux n’ont pas aidé, que les Drosophila suzukii, des mouches qui s’attaquent aux fruits, se sont montrées particulièrement pugnaces. Et les prix bas des céréales ont été contrariants, car ils ont incité les producteurs à ne prendre aucun risque sur leurs récoltes et donc à les protéger par tous les moyens chimiques. On pourrait ajouter le poids des habitudes, le pouvoir de conviction des firmes de l’agrochimie et la capacité de pression des grandes coopératives, qui exigent de leurs adhérents un certain nombre de pulvérisations sur leurs futures récoltes, tout en leur vendant les produits à épandre.

En France, le nombre de traitements est de l’ordre de 2,7 sur les choux-fleurs, 8,5 pour les cerises, 10 sur les melons, 12 pour la tomate, 19 dans la viticulture, 35 sur les pommes. Mais les rendements ne progressent pas pour autant : céréales, oléagineux, poires, pommes, betteraves sont moins productifs qu’en 2009. Qu’importe, premier producteur en Europe, le pays reste le deuxième consommateur de produits phytosanitaires derrière l’Espagne. L’environnement en porte les traces. En 2013, 92 % des 2 950 points de surveillance de la qualité de l’eau laissaient apparaître au moins un pesticide ; et même dix substances actives au moins dans la majorité des cas.

Stéphane Le Foll, qui ne manque pas une occasion de défendre en public l’agro-écologie contre les dégâts de l’agriculture intensive, semble prêcher dans le désert. Quant aux parlementaires, ils ont beau multiplier les missions d’étude et les alertes, ils ne semblent pas plus entendus. Pourtant, Dominique Potier (PS), député de Meurthe-et-Moselle, agriculteur bio, qui siège au Comité de suivi d’Ecophyto, ne se laisse pas gagner par le découragement.

Réseaux de pionniers bio

Au contraire, lui qui a rendu un rapport au premier ministre sur les pesticides fin 2014, voit dans ce sombre bilan la « confirmation qu’Ecophyto doit passer à la vitesse supérieure ». « Personne ne dénigre ce qui a déjà été fait, assure-t-il. Ceux qui ont été accompagnés dans leur changement de pratiques et qui ont réussi à réduire leur consommation de 20 %, voire 40 %, sans faire baisser leurs revenus, ceux-là vont nous aider. Je sens chez eux une forme de fierté qui doit devenir contagieuse ! »

Son optimisme s’explique par les scores remarquables des 1 900 fermes qui se sont engagées dans le réseau Dephy, mis en place à partir de 2012 dans le cadre d’Ecophyto, pour expérimenter des modèles de production inspirés de l’agro-écologie et diffuser la bonne parole. En deux ans, ces exploitations ont réduit leur recours aux pesticides : les grandes cultures de 10 %, l’arboriculture et la viticulture de 12 %, les légumes de 15 %, la canne à sucre de 22 % et l’horticulture de 38 % !

Ecophyto 2 devrait donc s’attacher à étoffer ce réseau de pionniers, le faire passer à 3 000 exploitations, puis à 30 000 et même à « 300 000 ou 400 000 agriculteurs qui vont se convaincre mutuellement », pronostique-t-on au ministère. En attendant, la culture bio a progressé de 5,4 % en 2014, puis de 11,8 % en 2015 pour atteindre un peu plus de 4 % de la surface agricole nationale.

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 09:35

EDF a surpayé British Energy. Mais pour ne pas avoir à avouer au moins 7 milliards d’euros de dépréciations d'actifs, le groupe continue sa fuite en avant avec le projet d’Hinkley Point.

« Hinkley Point, c’est la chronique d’une catastrophe annoncée. Pourtant, ils vont y aller, ne serait-ce que pour ne pas avouer les erreurs passées », confie un responsable du groupe, abattu par ce qui se précise. Plus que la défense du nucléaire, un élément, selon lui, compte beaucoup dans les décisions à venir de la direction d’EDF pour lancer coûte que coûte la construction de l’EPR : le groupe s’est déjà bien trop engagé en Grande-Bretagne. Revenir en arrière l’obligerait à reconnaître une ardoise très lourde et difficilement justifiable.

Pour comprendre ces explications, il faut revenir au départ de l’aventure britannique d’EDF, quand le groupe lance une OPA sur British Energy début 2008. À l’époque, le gouvernement britannique a décidé de vendre la participation de 35,2 % qu’il détient encore dans le groupe d’électricité. Plusieurs concurrents européens, comme l’allemand E.ON ou l’espagnol Iberdrola, se mettent sur les rangs puis font demi-tour. « Les conditions financières ne sont pas réunies pour reprendre British Energy », expliquent-ils alors.

Seul Pierre Gadonneix, alors président d'EDF, continue de se dire intéressé et paraît prêt à y mettre le prix. Alors que les responsables de l’électricien allemand RWE n’ont été autorisés par leur conseil qu'à présenter une offre limitée de 2,5 milliards d’euros pour le rachat de la participation du gouvernement britannique, estimant que le groupe dans sa totalité ne valait pas plus de 8,5 milliards d’euros, le président d’EDF ne semble pas du tout préoccupé par ces considérations, pas plus d’ailleurs que par l’envolée du cours en Bourse, depuis que le gouvernement britannique a annoncé son engagement. Un grand classique en France, décidément. 

En juin 2008, Pierre Gadonneix fait donc une offre très généreuse, tenant compte de l’envolée boursière : 15,1 milliards d’euros pour racheter l’ensemble de British Energy. C’est déjà plus de 40 % de ce que l’électricien valait, avant la spéculation boursière. Mais cela ne semble pas suffisant pour la direction de l’électricien britannique, qui rejette l’offre. Plutôt que de renoncer, la direction d’EDF décide de surenchérir, alors qu’elle est toute seule sur les rangs ! En septembre 2008, le groupe public, étendard du nucléaire français, présente donc une nouvelle offre de 15,8 milliards d’euros. En six mois, grâce au jeu boursier britannique, British Energy a doublé sa valeur, alors que tous s’accordent pour dire que le groupe est en mauvaise santé financière et boursière.

Mais la réalité des comptes s’impose, malgré tout. Pour ne pas avoir à inscrire une trop grande survaleur (goodwill) dans son bilan – aveu des folies financières et autres –, la direction d’EDF annonce tout de suite qu’elle va construire deux EPR sur les sites de British Energy, ce qui va donner de la valeur à l’ensemble du groupe britannique à l’avenir, explique-t-elle. Dans son rapport annuel de 2008, le groupe annonce ainsi la construction à venir de ces deux EPR, pour un coût estimé à l’époque à 4 milliards d’euros chacun. La facture de l’EPR de Flamanville a déjà dépassé les 10 milliards d’euros.

Grâce à cette annonce, la survaleur sur l’acquisition de British Energy est diminuée. EDF doit tout de même inscrire au bilan d’entrée du groupe britannique dans ses comptes, début 2009, un goodwill de 5,75 milliards d’euros. Depuis, comme le redoutaient les opposants à cette acquisition à l’époque, la situation n’a cessé de se dégrader. Des centrales et des sites de production vieillissants ont dû être dépréciés. Les activités britanniques affichent désormais une survaleur de 9,1 milliards d’euros, représentant à elle seule 90 % des survaleurs du groupe. Quant au résultat, il est en perte de plus de 200 millions d’euros en 2015. Une affaire, décidément, ce rachat britannique. 

Mais EDF, fortement incité par son responsable en Grande-Bretagne, Vincent de Rivaz, ne veut pas se dédire. Renoncer à construire un ou deux EPR obligerait alors à déprécier la valeur de British Energy et à annuler au moins les 5,7 milliards d’euros de survaleurs inscrits dans ses comptes. De plus, il lui faudrait aussi passer en pertes les dépenses qui ont été engagées pour lancer le projet d’EPR. Celles-ci dépasseraient déjà le milliard d'euros. Bref, toute marche arrière obligerait à inscrire au moins 7 milliards d’euros de dépréciations dans ses comptes. Un luxe que la direction d’EDF estime ne pas pouvoir se permettre.

Alors, plutôt que de reconnaître l’erreur passée, la direction d’EDF préfère continuer sa fuite en avant et s’engager pour un projet d’au moins 25 milliards d’euros, jugé dangereux par tous. Dans son dernier rapport, la Cour des comptes rappelait l’urgence d'en finir avec l'impunité des dirigeants et de « renforcer les dispositifs de sanction pénale et pécuniaire tant pour les dirigeants que pour les membres de conseils d’administration pour les cas de prise de risque inconsidérée ayant entraîné des pertes ». Cette règle pourrait peut-être s'appliquer aux dirigeants d'EDF ?

En complément, cet article du Monde du 6 mars 2016

Le directeur financier d’EDF démissionne sur fond de désaccord autour du projet d’Hinkley Point

Le directeur financier d’EDF, Thomas Piquemal, a présenté sa démission au PDG du groupe en raison d’un désaccord sur la faisabilité du projet controversé de construction de deux réacteurs à Hinkley Point, en Angleterre, a annoncé lundi 7 mars l’énergéticien, confirmant une information de l’agence Bloomberg. « Le directeur financier a présenté sa démission la semaine dernière à Jean-Bernard Lévy [PDG d’EDF] en raison d’un désaccord sur Hinkley Point », a-t-on évoqué, dimanche soir, dans l’entourage de l’entreprise. Le groupe a annoncé la nomination pour le remplacer « à titre provisoire » de Xavier Girre, jusqu’ici directeur financier pour la France de l’électricien.

Cela faisait des semaines que le directeur financier d’EDF tirait la sonnette d’alarme sur les risques du projet de construction de deux réacteurs EPR sur le site britannique. Le désaccord porte moins sur le principe même de la participation d’EDF à la relance du nucléaire au Royaume-Uni que « sur la faisabilité à court terme » de ce projet colossal au moment où l’effondrement des prix de l’électricité sur le marché européen fragilise le groupe.

Il a dû annoncer, mardi 16 février, un résultat 2015 en net repli (à 1,2 milliard d’euros) en raison d’importantes provisions et de dépréciations d’actifs. Et après le retrait d’Areva (concepteur de l’EPR) l’an dernier, le groupe devra consolider dans ses comptes un projet à 24 milliards d’euros — dont 16 milliards à la charge d’EDF et 8 milliards financés par China General Nuclear (CGN).

Les syndicats craignent que le coût de la construction des deux réacteurs EPR ne menace l’existence d’EDF et demandent le report du projet, après la signature, en octobre 2015, d’un accord commercial avec l’entreprise publique chinoise CGN, qui doit supporter un tiers du financement.

Après la démission de Thomas Piquemal, Jean-Bernard Lévy a expliqué à l’agence de presse Reuters que le groupe envisage toujours d’investir dans ces deux réacteurs nucléaires à Hinkley Point « dans les meilleures conditions financières pour le groupe ».

Un projet « qui sera très rentable sur les trente années à venir » pour lequel l’Etat français a renouvellé, lundi, son soutien, à la direction du groupe, a déclaré le ministre de l’économie, Emmanuel Macron, ajoutant confirmer sa « pleine confiance » à Jean-Bernard Lévy.

Un « pilier » de la relation entre Paris et Londres

Lors de la publication des résultats annuels d’EDF à la mi-février, le PDG, Jean-Bernard Lévy, avait assuré que cette décision finale était « très proche ».

La France et la Grande-Bretagne ont réaffirmé jeudi leur attachement au projet, qualifié de « pilier » de leur relation bilatérale. « Ce projet stratégique majeur constituera un élément-clé de la politique énergétique britannique, en offrant à l’horizon 2025 la garantie d’une électricité sûre, compétitive et sobre en carbone », ont écrit les deux pays dans un document diffusé à l’issue d’un sommet franco-britannique à Amiens.

Deux jours auparavant, le ministre français de l’économie, Emmanuel Macron, était déjà monté au front pour défendre la construction des deux EPR, la qualifiant de « très bon investissement » pour l’électricien français.

Après l’annonce de la démission du directeur financier, le titre d’EDF plongeait lundi matin à la Bourse de Paris. À 9 h 6, la valeur perdait 8,13 % à 9,97 euros.

 

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 10:36

par Marie Astier le 1er mars 2016 pour http://www.reporterre.net/Les-riverains-des-cultures-sont-lourdement-exposes-aux-pesticides

Une étude réalisée et publiée par Générations futures aujourd'hui montre que les riverains des grandes cultures, vignes et vergers, sont soumis aux dangers des pesticides dans leur propre maison. Et notamment des perturbateurs endocriniens.
Avant, leur maison dans les plaines vertes de la Normandie était entourée de prairies. Mais en 2009, elles ont été converties en champs. « On en a subi les conséquences », raconte Vessela Renaud. « La maison est cernée », explique-t-elle à Reporterre au téléphone. Les cultures arrivent à la lisière de son jardin, et poussent également en face, de l’autre côté de la route.
Dès que pointe la belle saison, avec son mari, David, ils comptent : l’épandeur passe en moyenne dix fois dans l’année. « Désormais, quand le tracteur arrive, les enfants savent qu’il faut rentrer. On ferme les fenêtres et on reste dedans, ou on va ailleurs », raconte le père. Une fois, un matin, sa femme n’a pas fait attention, elle a respiré des vapeurs alors qu’elle buvait son café sur la terrasse : « J’ai eu des vertiges et des nausées pendant un mois », se rappelle-t-elle.

Amélie est moins optimiste. « J’ai participé à cette étude pour avoir des chiffres et amorcer la discussion avec notre voisin. Mais c’est le maire du village… Quand il nous a vu arriver, il nous a fait comprendre qu’il n’était pas question d’aborder cette question des pesticides. Donc, pour l’instant, parler n’a pas été possible », regrette-t-elle.

L’association Générations futures compte de son côté utiliser ce rapport pour influencer la position de la France au niveau européen. En 2009, l’Union européenne a adopté un règlement qui exclut a priori les pesticides perturbateurs endocriniens ayant un effet nocif sur les humains. « Le problème est qu’il faut définir les critères qui permettent de définir ce qu’est un perturbateur endocrinien, explique François Veillerette. Or, on attend encore la définition. Les lobbys retardent l’application de ce règlement et proposent des critères qui n’aboutiraient qu’à retirer deux substances du marché ! Nous plaidons pour des critères qui en excluraient une trentaine. » Les associations de protection de l’environnement sont donc très vigilantes, et tentent d’inciter la France à prendre position pour une définition efficace.

« La société civile ne peut pas laisser faire ces lobbys », soutient David Renaud. Et il croit, qu’enfin, la prise de conscience est là : « Il y a dix ans, quand on disait aux enfants de rentrer quand ils épandaient, les voisins se moquaient ouvertement de nous. Aujourd’hui, ils font pareil. »

 
 

 

Epandage de pesticides en bordure du jardin de Mme Vessela Renaud

Chez Amélie (le prénom a été changé), ce sont des vignes qui se plantaient quand elle a emménagé dans sa maison de la campagne lyonnaise. « Et en face, on avait une prairie, qui est devenue un champ l’été dernier », déplore-t-elle. « À partir de mars et jusqu’à octobre, le tracteur passe tous les dix à douze jours. On a planté une haie pour tenter de se protéger, on évite de sortir quand ils épandent, j’ai arrêté d’étendre mon linge dehors, je ne fais plus de potager. En période de traitement, mon chat sens parfois très fort, alors il ne rentre plus dans la maison car on fait attention pour les enfants », énumère-t-elle. Elle envisage de déménager.

Ces deux foyers font partie des vingt-deux familles riveraines de champs, vignes ou vergers qui ont accepté de participer à la dernière étude de l’association Générations futures, publiée ce mardi 1er mars. Après avoir testé notre alimentation, les cheveux des enfants ou ceux de femmes en âge d’avoir des enfants, l’association s’intéresse, dans ce sixième volet de son étude Exppert, aux riverains de zones agricoles, afin de savoir s’ils « sont exposés en permanence et jusque dans leur habitation aux pesticides », explique le rapport dévoilé ce matin.

Des poussières ont été prélevées à l’intérieur des habitations, puis analysées. 8 à 30 pesticides différents ont pu être identifiés dans chaque maison. La poussière de celles proches de grandes cultures (céréales, maïs, colza, par exemple) présentaient en moyenne 14,37 pesticides. On arrive à 23,8 pesticides pour les vergers et 26 pour les vignes. « Les résultats montrent des différences nettes selon l’environnement, estime François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures. On constate que les échantillons prélevés dans les zones de pomiculture et de vigne présentent plus de pesticides que ceux prélevés près des grandes cultures : c’est cohérent avec le nombre de traitements pour chacune de ces productions. »

François Veillerette : « Il y a davantage de pesticides près des vergers et des vignes. »

Surtout, l’association s’est intéressée aux pesticides dit perturbateurs endocriniens. Risques de cancers (testicules, prostate ou sein), troubles du développement (malformations, autisme) et de la reproduction (baisse de la fertilité), les conséquences sur la santé de ces substances sont de mieux en mieux documentées. Les nourrissons et jeunes enfants, les femmes enceintes ou les adolescents sont les plus vulnérables. Les analyses ont montré que plus de 60 % des pesticides identifiés étaient des perturbateurs endocriniens potentiels. Si l’on s’intéresse aux quantités retrouvées pour chaque pesticide, le chiffre grimpe à 98 % de la masse totale.

Difficile de dire combien de riverains de zones de cultures sont concernés dans toute la France, le porte-parole avance une estimation au doigt mouillé : « Je dirais un million d’habitants si l’on prend une zone de cent mètres autour des habitations. Cela fait en tout cas forcément beaucoup de monde. »

Pour compléter les prélèvements de juillet, l’association a demandé à cinq familles de répéter l’analyse en janvier : au cœur de l’hiver, il n’y a plus de traitements… Donc plus de pesticides ? Pas tout à fait, la concentration diminue de 30 % à 95 %, mais il reste toujours entre 14 et 30 pesticides recensés dans chaque prélèvement. Un résultat « rassurant – la concentration diminue réellement – mais qui reste inquiétant car la présence de ces résidus semble demeurer toute l’année », estime le rapport.

Plus généralement, « cela confirme que l’ensemble des zones habitées proches des cultures sont à risques, estime François Veillerette. En plus, il s’agit de poussières, donc les enfants sont particulièrement exposés, et il y a de nombreux pesticides différents donc il y a un risque d’effet cocktail [mélangées, l’effet des substances peut être démultiplié]. Cela montre qu’il faut changer les pratiques agricoles, arrêter de pulvériser à côté des habitations et, pourquoi pas, privilégier le bio dans les zones habitées ? »

En Normandie, David et Vessela Renaud ne blâment pas pour autant leur voisin agriculteur : « Il nous a expliqué qu’il ne choisit ni le prix qu’il paye pour les produits qu’il utilise ni celui auquel il vend les siens. Il travaille à perte. Il est entre le marteau et l’enclume. Pour moi, ceux qui achètent de l’alimentation pas chère sans savoir d’où elle vient sont plus responsables que cet agriculteur. »

Quand les pesticides sont répandus dans le champ voisin, oubliez les activités extérieures
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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 09:00

 

 

le 25 févr. 2016 par Benjamin Dessus sur son Blog sur Mediapart.

 

Il sera toujours temps, passé 2018, d’expliquer au prochain président de la République que le maintien du couperet des 50% n’est pas possible, bien malgré EDF, dans une période si difficile pour le portefeuille des consommateurs. Et on pourra toujours spéculer sur le coût réel de démantèlement d’une centrale nucléaire puisqu’on en aura soigneusement évité l’expérience….

Le propos tenu dans les échos du 19 février [1] par Stéphane Feutry, délégué à l’état-major à la Direction de la production nucléaire d’EDFselon lequel «  le parc nucléaire a toujours su faire de la modulation, mais ce qui change avec l’intermittence des énergies solaire et éolienne, c’est que nous avons besoin de faire varier davantage de réacteurs en même temps » vient éclairer très utilement l’une des déclarations de son président qui a particulièrement retenu l’attention deux jours plus tôt : « Notre parc, disait il, doit continuer de fonctionner au niveau actuel. La puissance globale de 63 gigawatts [2] est un plafond, mais aussi un plancher » [3].

On pouvait en effet légitimement se poser la question de la compatibilité de cette déclaration du président d’EDF avec les prescriptions de la loi sur la transition énergétique : division par deux de la consommation finale d’énergie en 2050, sa chute de 20% en 2030 (et donc une diminution de l’ordre de 15% en 2025), et la limitation à 50% du nucléaire dans la consommation électrique française en 2025.

Comment y parvenir alors que le nucléaire contribue aujourd’hui à plus de 75% de la consommation intérieure française ? Il faudrait en effet une augmentation de cette consommation de 50% en 2025 à laquelle personne ne croit pour y parvenir sans toucher à la production nucléaire actuelle (440 TWh). Elle stagne en effet depuis plusieurs années comme le montre la fig 1 et évoluera, selon RTE, de plus ou moins 0,16%/an en France dans les années qui viennent, malgré les nouveaux usages de l’électricité régulièrement invoqués pour justifier un retour à la hausse [4] ; quant au bilan exportations/importations d’électricité (62 TWh en 2015), il est limité par la capacité des lignes transfrontalières mais aussi par la surcapacité croissante en Europe qui entraîne la chute des prix de gros (de 60 €/MWh en 2012 à 26 €/MWh actuellement ).

fig. 1 : Evolution de la consommation d’électricité en France depuis 2006 (TWh) Source RTE

Il faudrait donc logiquement fermer des réacteurs, une vingtaine selon la Cour des Comptes.

C’est hors de question pour EDF qui propose de maintenir la puissance du parc nucléaire à son niveau actuel et de l’utiliser chaque fois que nécessaire comme roue de secours de l’électricité renouvelable quand celle ci, intermittente vient à manquer. Un prêté pour un rendu, en somme, de ce qui se passe aujourd’hui où notre parc nucléaire, bien incapable de se débrouiller tout seul aux périodes de pointes de consommation électrique appelle les barrages hydroélectriques et les centrales à combustibles fossiles à la rescousse!

Mais pour cela il faut rendre rapidement modulable la production de cet énorme outil qu’est un réacteur nucléaire. EDF le fait déjà à petite échelle et à grand peine depuis plusieurs années sur une partie de son parc. C’est peut-être faisable à plus grande échelle même si c’est très délicat, mais cela contribue à fragiliser les gaines de combustible et la cuve du réacteur soumis à des variations mécaniques et thermiques importantes et beaucoup plus fréquentes qu’en fonctionnement continu. En déclarant que «  moduler la production nucléaire oblige à un peu plus de maintenance, parce que les robinets ou les tuyaux sont un peu plus sollicités. Mais on est dans l’épaisseur du trait » Stéphane Feutray va donc un peu vite, comme s’il s’agissait d’un vulgaire problème de robinets. Il en va en fait de la sûreté de réacteurs vieillissants puisque la moyenne d’âge de 30 d’entre eux atteint 34 ans cette année. Que penserait-on d’un accident majeur survenant « dans l’épaisseur du trait » ?

Et puis, à supposer, ce qui est loin d’être acquis, que cette pratique se généralise sans risque de fausse manœuvre dangereuse ni augmentation des risques d’accident majeur par dégradation accélérée des caractéristiques de résistance de l’installation, reste un  problème économique de taille queBernard Salha le directeur des Etudes et Recherches d‘EDF éclipse en déclarant simplement que « cette manœuvrabilité permet de limiter les pertes de production ».

En effet, si le nucléaire doit satisfaire dans une proportion importante aux besoins complémentaires d’électricité renouvelable au point de ne plus représenter que 50% de la consommation, il ne produira plus, globalement (solde des exportations comprises), que 310 TWh environ [ 5] contre 440 aujourd’hui, une chute de production de plus de 40%. C’est dire que le nombre d’heures moyen d’appel au  parc nucléaire actuellement de 7100 heures/an devra descendre autour de 5000 heures par an.

Cette chute du taux de charge aura des conséquences majeures sur le coût de production nucléaire. Le poids de l’amortissement des investissements initiaux, des investissements de maintenance et des frais fixes d’exploitation (en particulier de personnels), voisin de 90%, rend en effet le coût du MWh extrêmement sensible au taux de charge annuel du parc comme le montre la courbe ci dessous.

 

 

 

Le coût au MWh du parc après « Grand carénage » estimé par la Cour des comptes entre 63 et 70 € sur la base du taux de charge annuel actuel pourrait ainsi subir une augmentation de 35% et atteindre de 85 à 96€.

C’est donc une proposition à la fois très risquée du point vue de la sûreté et désastreuse du point de vue économique que suggère EDF en faisant semblant de croire qu’elle pourra sortir du dilemme de réduction du parc à laquelle elle est confrontée du fait de la loi sur la transition énergétique en venant généreusement au secours des énergies renouvelables intermittentes.

EDF nous a longtemps expliqué, pour justifier l’ampleur de son parc nucléaire, que les énergies renouvelables électriques exigeaient du fait de leur intermittence de se voir adossées de capacités équivalentes d’électricité thermique à combustibles fossiles, ruineuses et très émettrices de gaz à effet de serre. Aujourd’hui que ces énergies deviennent compétitives par rapport au nucléaire, EDF fait le dos rond avec un discours plus conciliant vis-à-vis de ces énergies  et  leur propose même un projet d’alliance présenté comme gagnant–gagnant.

Il sera toujours temps, passé 2018, d’expliquer au prochain président de la République que le maintien du couperet des 50% n’est pas possible, bien malgré EDF, dans une période si difficile pour le portefeuille des consommateurs. Et on pourra toujours spéculer sur le coût réel de démantèlement d’une centrale nucléaire puisqu’on en aura soigneusement évité l’expérience…

 

_____

 

[1] http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/021703800877-lelectricien-fait-de-plus-en-plus-varier-sa-production-nucleaire-1201336.php

[2]indiquée dans la loi de transition énergétique comme un plafond

[3] " L'électricité est la principale solution au problème du climat " le Monde 18 février

[4] En France par exemple, l’introduction de  2 millions de véhicules électriques dans le parc avant 2025, évidemment bien improbable (il n’en existe que 40 000 aujourd’hui) n’entraînerait qu’une augmentation de consommation de 5 ou 6 TWh d’électricité  et celle d’un million de pompes à chaleur en remplacement de  chaudières fioul  (actuellement au nombre de 2,4 millions)  également  improbable avec le prix du fioul actuel une augmentation 6 à 8 TWh, au total moins de 3% de la consommation actuelle.

[5] Dans l’hypothèse d’une consommation intérieure de 500 TWh en 2025, en augmentation de 5% par rapport à 2015.

 

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La COP 21 aux Lilas

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Un compost de quartier aux Lilas

Devoir d'asile : de l'Etat jusqu'aux Lilas

Un ruban pour le climat aux Lilas

Six propositions vertes pour une révision du PLU véritablement utile

La Grande Parade Métèque samedi 30 mai

Fête de la transition énergetique et citoyenne le 9 mai aux Lilas