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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 11:13

Par Rémi Barroux le 27 avril 2016 pour Le Monde sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/04/27/conference-environnementale-le-gouvernement-sans-ambition-sur-l-ecologie_4909483_3244.html

Le premier ministre, Manuel Valls, lors de la conférence de clôture de la quatrième et dernière conférence environnementale du quinquennat de François Hollande, mardi 26 avril 2016 à Paris. PHILIPPE LOPEZ / AFP

Ils n’ont pas vécu la même rencontre. D’un côté, les associations de défense de l’environnement ont été déçues par l’absence d’annonces de la quatrième et dernière conférence environnementale du quinquennat de François Hollande, qui s’est tenue lundi 25 et mardi 26 avril. Et par le manque de perspectives pour les douze mois à venir avant la présidentielle. Elles ont aussi regretté un bilan en demi-teinte, pointant quelques avancées mais aussi de nombreuses « incertitudes » et « incohérences ».

De l’autre, la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, le chef de l’Etat et le premier ministre ont célébré, dans leurs discours, l’œuvre écologique du gouvernement, égrenant de nombreuses mesures prises, Manuel Valls allant même jusqu’à déclarer, lors de la clôture de la conférence, mardi, être « fier d’être à la tête du gouvernement sans doute le plus écologiste qui ait jamais existé ».

Le premier ministre, comme François Hollande, qui a ouvert lundi matin la quatrième conférence environnementale, ont joué « Hé oh l’écologie ! » – en référence au mouvement Hé oh la gauche ! lancé par Stéphane Le Foll –, insistant sur un bilan environnemental positif, en avançant notamment la carte de la COP21 et du succès de l’accord de Paris signé par 174 pays le 22 avril à New York.

« Pas l’heure du bilan »

Ségolène Royal, qui recevait la conférence dans ses murs de l’hôtel de Roquelaure, a eu beau vanter l’excellent travail effectué durant deux jours par tous les acteurs de la politique environnementale, associations, syndicats, organisations professionnelles, élus et une douzaine de ministres, les représentants d’ONG, nombreux, n’ont pas caché leur déception.

« Il n’y a pas d’engagement concret, on est déjà dans le service après-vente alors qu’il reste à organiser la politique environnementale. Il y a encore douze mois de travail pour le gouvernement le plus écologiste », a ironisé le sénateur écologiste (Loire-Atlantique) Ronan Dantec. Rejoint par Denis Voisin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot : « Ce n’était pas l’heure du bilan, les grands chantiers n’ont pas abouti. »

L’annonce par le chef de l’État de la mise en place en France, dès 2017, d’un « prix plancher du carbone » pour la production d’électricité à base d’énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole) a plutôt été bien accueillie. Mais ce dispositif qui vise à encourager la sortie du charbon, et qui devrait être intégré dans le projet de loi de finances ou la loi de finances rectificatives, doit encore être précisé. Pour le Réseau Action Climat (RAC), « le signal prix carbone a bien été présent dans les discours du gouvernement, mais la fiscalité n’a toujours pas été mise au diapason de la transition énergétique ».

Alors que la loi de transition énergétique d’août 2015 a été maintes fois citée dans les discours de MM. Hollande et Valls comme une « grande loi du quinquennat », que les objectifs sur les énergies renouvelables ont été réaffirmés, c’est l’impression d’un « flou maintenu » qui a prévalu pour les associations : « Pas de vision globale entre énergies renouvelables, nucléaire et efficacité énergétique alors que les trois éléments doivent se combiner », ainsi que l’a souligné Lorelei Limousin (RAC).

François Hollande a bien redit sa volonté de publier avant la fin 2016 le décret mettant fin à l’autorisation d’exploitation de la centrale nucléaire alsacienne de Fessenheim. Il a également reprécisé que la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui doit mettre en musique les objectifs de la loi de transition énergétique, serait « soumise à consultation d’ici au 1er juillet », pour être adoptée à l’automne. Quant à la décision finale du nombre de réacteurs à fermer, en fonction du volume de production souhaité, elle sera prise en 2019, c’est-à-dire par le prochain gouvernement.

De fait, si la loi de transition énergétique a bien été votée, de nombreux décrets d’application manquent encore. Selon un dernier pointage effectué par le ministère de l’environnement, lundi, sur la centaine de décrets qui regroupent les 164 mesures de la loi, seulement un tiers (35 décrets) ont d’ores et déjà été publiés. Un autre tiers est étudié par le Conseil d’Etat, et le reste doit être signé par les ministres concernés ou encore en phase de consultation obligatoire ou de concertation avec les parties prenantes. La quasi-totalité des textes réglementaires de cette loi devraient être publiés dans les prochains mois, assure le ministère.

Goût d’inachevé

« La loi de transition énergétique ne sera mise en œuvre concrètement que quelques mois avant la fin de la présidence de François Hollande ; que de temps perdu », regrette Pascal Canfin. L’ancien ministre délégué au développement et actuel directeur du WWF France estime qu’il fallait au contraire accélérer au lendemain de la COP21. « Le premier ministre suggère la mise à l’étude d’une nouvelle loi d’orientation sur la mobilité intérieure [pour remplacer la loi d’orientation des transports intérieurs, qui date de 1982], mais on sait qu’à un an de l’élection présidentielle elle n’a aucune chance de voir le jour », déplore M. Canfin.

Trop tard, pas assez vite, la politique environnementale du gouvernement laisse un goût d’inachevé à de nombreux conférenciers. « La qualité de l’air ne s’améliore pas, le transport routier progresse, l’utilisation des pesticides aussi, et on nous dit que le gouvernement est très écologiste », pointe Benoît Hartmann, porte-parole de France Nature Environnement. Tenus à l’écart de l’Élysée par la police alors qu’ils étaient invités à assister au discours de M. Hollande, certains représentants d’associations d’opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes se sont satisfaits de voir que ce dossier avait été évoqué à plusieurs reprises lors de la conférence. Laurence Monnoyer-Smith, commissaire générale au développement durable et maîtresse d’œuvre de la conférence, a même évoqué « l’émotion de certaines ONG » sur cette question. Le premier ministre a, lui, rappelé qu’il y aurait une consultation le 26 juin et que le gouvernement tirerait les conclusions du résultat du scrutin. Mais pour les ONG présentes, cet aéroport va à l’encontre des objectifs de la COP21. « Notre-Dame-des-Landes décrédibilise toute l’action du gouvernement en matière écologique », résume Ronan Dantec.

Une feuille de route regroupant les propositions de la conférence, élaborée par le gouvernement et discutée par le Conseil national de la transition écologique, sera publiée en juin. Pour achever le travail engagé plus que pour ouvrir de nouvelles perspectives.

Pour mémoire : Les trois précédentes conférences environnementales

  • En 2012, la première conférence environnementale s’ouvre dans un climat relativement optimiste. Elle accouche de cinq grands chantiers : la transition énergétique, embryon de la future loi adoptée en juillet 2015 ; une Agence nationale de la biodiversité, qui sera intégrée au projet de loi sur la biodiversité, en cours de discussion ; une diminution des risques sanitaires environnementaux, qui aboutira notamment à l’interdiction du bisphénol A dans les contenants alimentaires en janvier 2015 ; la fiscalité environnementale ; et la simplification du droit de l’environnement.
  • En 2013, la deuxième conférence environnementale s’attaque aux chantiers de l’économie circulaire (recyclage, valorisation des déchets...) ; de la transition énergétique et de ses emplois ; de la politique de l’eau ; de la biodiversité marine ; et de l’éducation à l’environnement. Les ONG commencent à déchanter : « La seule bonne nouvelle, c’est l’objectif de diviser par deux la consommation d’énergie d’ici 2050, estime la fédération France nature environnement. Pour le reste, il y a peu de nouvelles décisions (...), pas d’annonce concrète pour mettre en œuvre les objectifs fixés l’an dernier. »
  • En 2014, la troisième rencontre est boudée ou critiquée par les principaux acteurs environnementaux, qui réclament de « réelles avancées », et dénoncent une « organisation extrêmement chaotique ». Trois thèmes sont au menu : le climat et la biodiversité, un an avant la conférence des Nations unies sur le climat à Paris ; les transports et mobilités durables, avec l’idée d’accélérer la sortie du diesel ; et l’environnement et la santé (pesticides et perturbateurs endocriniens).
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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 16:42
Commémoration de Tchernobyl à Paris
Commémoration de Tchernobyl à Paris

Quand il eut passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre.

Karl Dreyer dans Vampyr

Hier, lundi 25 avril 2016, à partir de 19h, nous étions près d’une centaine réunis devant lInstitut de France, au no 23 quai de Conti dans le 6e arrondissement de Paris. Arrivant par le Pont des Arts, on voyait d’abord une multitude de petites virgules argentées se découpant sur la façade de l'ancien bâtiment du collège des Quatre-Nations : c’était la performance participative proposée par Elena Costelian, des ballons argentés sur lesquels chacun écrivait ses vœux de libération de l’énergie nucléaire pour notre civilisation.

  Le rassemblement était organisé par Michèle Rivasi, députée européenne EELV.

 

 

 

 

 

 

 

Celle-ci a raconté sa découverte des effets du nuage radioactif de Tchernobyl et des ravages sur la santé des habitants du Sud de la France, qui l’ont conduite à initier la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité. La CRIIRAD est née en mai 1986, au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, à l’initiative d’un groupe de citoyens révoltés par les mensonges officiels et qui souhaitaient connaître la vérité sur la contamination réelle du territoire français, en créant un (le seul ?) organisme réellement indépendant des pouvoirs nucléaires.

30 ans après la catastrophe, ce rassemblement citoyen, qui accueillait aussi d’autres élus EELV, comme Karima Delli, députée européenne et plusieurs conseiller-ère-s de Paris, s’est terminé par une traversée symbolique du Pont des Arts vers un monde sans nucléaire.

Commémoration de Tchernobyl à Paris
Commémoration de Tchernobyl à Paris
Commémoration de Tchernobyl à Paris

Michèle Rivasi et Karima Delli participent à la transformation de CENTRALES NUCLEAIRES en LES CANCERS ET LA RUINE !

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 13:51

Par Stéphane Foucart le 22 avril 2016 pour Le Monde sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/04/22/pesticides-bruxelles-va-proposer-une-reautorisation-du-glyphosate-pour-dix-ans_4907043_3244.html

Pulvérisation de pesticides à Vimy, près de Lens, en juin 2014. DENIS CHARLET / AFP

La Commission européenne devrait proposer d’autoriser de nouveau le glyphosate pour dix ans. C’est en tout cas le sens d’un projet de règlement d’exécution, dont Le Monde a obtenu copie, qui sera soumis au vote des Etats membres les 18 et 19 mai. A Bruxelles, on ne souhaite pas commenter cette version de travail, mais on précise que « les discussions se poursuivent avec les Etats membres pour parvenir à une proposition qui sera adoptée à une majorité qualifiée ». Les 7 et 8 mars, une proposition de réautorisation de quinze ans n’avait pas été votée en comité, faute d’une telle majorité.

La France en particulier s’y était opposée. Contacté par Le Monde, l’entourage de la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, confirme que « Paris restera opposé à une remise en selle du glyphosate pour dix ans ».

L’homologation du glyphosate – le pesticide le plus utilisé au monde, le plus fréquemment retrouvé dans l’environnement et la molécule active du célèbre désherbant Roundup – arrive à son terme le 30 juin et la question de sa réautorisation est au centre d’une vive polémique. En mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) – l’agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) chargée d’évaluer et d’inventorier les causes de cancer – a en effet classé la substance comme « cancérogène probable » pour les humains. Le processus européen de réévaluation de la molécule était alors en cours et s’est achevé en octobre de la même année, concluant au contraire que le potentiel cancérogène de la molécule était « improbable ».

Aucune restriction d’usage

L’affaire est au centre d’une attention médiatique et politique considérable. Le 13 avril et pour la première fois de son histoire, le Parlement européen s’est autosaisi d’une question aussi technique que l’homologation d’une molécule phytosanitaire. Il a voté en séance plénière une résolution demandant une réautorisation de la substance restreinte à sept ans et assortie de nombreuses restrictions (interdiction d’utilisation par les particuliers et les collectivités, restriction de certains usages agricoles, etc.).

Au contraire, le projet de règlement d’exécution consulté par Le Monde n’intègre aucune de ces restrictions. Il précise que certains coformulants – des substances qui renforcent l’efficacité du glyphosate – dits « POE-tallowamines » seront interdits, et qu’une liste de ces adjuvants dangereux devra être établie par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) en coopération avec les Etats membres et la Commission.

Perturbateurs endocriniens

« Le projet est une vaste plaisanterie sur tous les plans, tempête la députée européenne Michèle Rivasi (EELV). Ce projet persiste et signe, à ne pas seulement autoriser le glyphosate comme herbicide mais aussi à traiter les plantes avant la récolte pour accélérer le processus de maturation. » Cet usage, qui consiste à appliquer le produit sur les cultures qui seront consommées, est celui qui expose le plus la population. La résolution adoptée par les eurodéputés avait jugé « inacceptable, tant pour la protection de la santé humaine que de l’environnement, de recourir à un herbicide non sélectif à de telles fins ».

« La Commission demande aux entreprises qui vendent des produits à base de glyphosate d’apporter les données qui prouvent que cette substance n’est pas un perturbateur endocrinien : c’est un non-sens total, fustige Mme Rivasi. La Commission et les Etats membres sont prêts à réapprouver cette substance sans savoir si elle est un perturbateur endocrinien et en faisant confiance aux industriels pour leur apporter des éléments objectifs, mais seulement après la décision de renouvellement ! »

De leur côté, les industriels commercialisant des pesticides à base de glyphosate contestent le classement du produit par le CIRC comme « cancérogène probable » et assurent que cette substance est l’herbicide au meilleur profil toxicologique actuellement disponible.

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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 11:32

Par Martine Orange le 23 avril 2016 pour Médiapart sur https://www.mediapart.fr/journal/economie/230416/francois-hollande-reprend-la-main-sur-edf?onglet=full

Le conseil d’administration d’EDF du 22 avril a fait deux victimes : Emmanuel Macron, qui voit ses prises de position contredites par l’arbitrage de l’Élysée, et le président d’EDF, plus fragilisé que jamais. En imposant le report de la décision sur le dossier d’Hinkley Point, François Hollande envoie un signal d’apaisement aux syndicats et aux salariés. Mais cela fait-il une stratégie pour l’électricien public ?

Faut-il y voir un des premiers effets du divorce en train de se consommer sous nos yeux entre François Hollande et Emmanuel Macron ? Le dossier EDF, considéré jusque-là comme l’apanage du ministre de l’économie, semble bien être remonté à l’Élysée et permet de rappeler certaines choses. En novembre 2014, le président de la République avait déjà utilisé l’entreprise publique pour rappeler à l’ordre Manuel Valls, tenté de marcher sur les plates-bandes présidentielles : il avait nommé Jean-Bernard Lévy à la tête de l’électricien public, en mettant le premier ministre, qui prônait la reconduction d’Henri Proglio, devant le fait accompli. Aujourd’hui, François Hollande paraît se saisir à nouveau d’EDF pour remettre à sa place Emmanuel Macron : toutes les récentes prises de position du ministre de l’économie sur le sujet sont contredites par les mesures arrêtées par le gouvernement, et adoptées lors du conseil d’administration de l’électricien public du 22 avril.

Ainsi, lors de son voyage à Londres la semaine dernière, Emmanuel Macron avait répété que la décision sur le lancement d’Hinkley Point était « imminente ». Une question de jours, de quelques semaines au plus. Cela justifiait, aux yeux du ministre, de passer outre les procédures normales de consultation des organes sociaux. À l’issue du conseil d’administration, le président d’EDF a au contraire confirmé que le projet de construction de deux EPR en Grande-Bretagne serait bien soumis à l’examen du comité central d’entreprise – une décision qui ne semble pas seulement avoir été dictée pour répondre aux mises en demeure des organisations syndicales. Elle a, en tout cas, un effet immédiat : l’examen du projet d’Hinkley Point par les instances représentatives va prendre des semaines, peut-être des mois. Le vote sur le dossier est donc tout sauf « imminent ».

De même, le ministre de l’économie avait annoncé, mardi, qu’il n’était plus certain qu’EDF « ait besoin d’être recapitalisé », comme il l’avait évoqué auparavant. Le fait que l’État renonce pour les deux années à venir à se faire payer ses dividendes en numéraire et prenne en contrepartie des actions devait suffire, selon lui. Dans la soirée de vendredi, un communiqué du ministère des finances annonçait qu’EDF préparait une augmentation de capital de 4 milliards d’euros d’ici à la présentation des résultats de 2016. « L’État y souscrira à hauteur de 3 milliards d’euros », est-il précisé dans le communiqué. Soit l’exact inverse de la ligne indiquée par Emmanuel Macron trois jours avant.

Afin de donner le sentiment que les difficultés d’EDF sont traitées à fond, le ministère des finances indique la ligne à suivre. Au vu de la situation financière dégradée de l’entreprise publique, il attend que les efforts soient « partagés » par tous. En clair, les salariés sont priés d’accepter des mesures de rigueur. Selon les chiffres donnés par la direction d’EDF à l’issue du conseil d’administration, le programme d’économie sera renforcé, passant de 700 millions à un milliard d’euros dans l’année. De plus, Bercy confirme que l’ouverture du capital de RTE (les réseaux de transport d’électricité), évoquée depuis des années, sera préparée d’ici à la fin de l’année.

L’arbitrage rendu lors de ce conseil d’administration est essentiellement politique. En acceptant de soumettre le projet d’Hinkley Point aux instances représentatives, le gouvernement fait une concession importante aux syndicats et aux salariés d’EDF. Il espère ainsi déminer un sujet devenu explosif dans l'entreprise publique. Avec ce report imposé par la consultation des organismes sociaux, l’ensemble du projet de construction de deux EPR en Grande-Bretagne prend du plomb dans l’aile. Le gouvernement britannique n’a pas caché, ces dernières semaines, qu’il avait besoin d’une réponse rapide d’EDF et du gouvernement français sur le sujet. « D’ici le 15 mai », avait même précisé le secrétaire britannique à l’énergie devant les parlementaires. D’où la volonté initiale de précipiter les choses du côté d’EDF et de passer outre le CCE.

Mais depuis, le nombre de sceptiques et de contestataires face à ce projet, qualifié « d’éléphant blanc », ne cesse de grossir – de l’autre côté de la Manche également. Et plus le temps passe, plus l’opposition risque de se renforcer. Tout se met en place pour qu’Hinkley Point prenne le chemin d’un enterrement de première classe. Mais cet arbitrage habile suffira-t-il pour calmer une contestation interne qui n’a cessé de se développer ces dernières semaines ? Les mesures annoncées peuvent-elles être tenues pour une stratégie à long terme, susceptible de rassurer un groupe déstabilisé, inquiet de l’absence de vision de la part de ses dirigeants et du gouvernement ?

Victime collatérale

La nouvelle ligne imposée par le gouvernement fait apparaître déjà une victime collatérale : Jean-Bernard Lévy. Au sein d’EDF, comme à l’extérieur, personne n’a jamais compris sa nomination – suggérée à l’époque par Emmanuel Macron, selon des sources proches du dossier. Hormis sa disponibilité, il n’avait comme référence que la présidence de Vivendi, après la chute de Jean-Marie Messier. Dix ans marqués par une stratégie inconsistante, des achats à contretemps, un surendettement, achevés par une vente par appartements. Sa présidence s’est clôturée sur une éviction brutale, Jean-René Fourtou finissant par confier les clés de l’ensemble à Vincent Bolloré.

Sa première année à la tête d’EDF n’a guère convaincu. La greffe n’a pas pris. « Au cours des premières semaines, Jean-Bernard Lévy avait des questions. Maintenant, il n’a que des réponses », raconte un cadre dirigeant pour résumer une présidence isolée, autoritaire et centralisatrice. Sa politique court-termiste – « Au-delà de dix-huit mois, plus rien ne semble exister », dit la syndicaliste de Sud Anne Debregeas – et sa ligne gestionnaire sans inspiration ne semblent pas à la hauteur, aux yeux de beaucoup, des défis que le groupe doit relever. En dix-huit mois, il a réussi à faire l’unanimité syndicale contre lui.

La volte-face du gouvernement sur Hinkley Point, sujet sur lequel Jean-Bernard Lévy affichait une inflexibilité sans faille, le fragilise un peu plus. Elle souligne en creux que toutes les objections exprimées par le directeur financier d’EDF, Thomas Piquemal, au moment de sa démission, avaient sans doute leur raison d’être, renforçant son image au sein de l’entreprise de celui qui défend l’intérêt du groupe. À rebours, le président d’EDF n’en apparaît que plus faible : son rôle risque d'être réduit à porter la voix de son maître du moment. Après avoir suivi sans discuter la ligne fixée par Emmanuel Macron, il soutient sans broncher l’arbitrage inverse de l’Élysée.

Pour le gouvernement, il est sans doute plus facile d’avoir un président d’un groupe public aussi puissant qu’EDF « aux ordres », qui se donne pour unique mission de suivre la feuille de route qu’il lui donne. Mais l’intérêt de cette docilité a des limites. Au moment où le monde de l’énergie connaît des ruptures historiques – changement climatique, effondrement sans précédent de toutes les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), montée en puissance des énergies renouvelables – le gouvernement, qui affiche la volonté politique de mener à bien la transition énergétique, a besoin d’interlocuteurs experts, et parfois indociles, pour discuter ses orientations, lui en suggérer d’autres, l’aider à tracer des voies d’avenir. Dans ces temps compliqués, le pilotage d’EDF requiert une connaissance des métiers, du monde de l’énergie, une stratégie, une vision qui n’obéissent pas seulement aux modes financières du moment. Jean-Bernard Lévy n’en a pas fait la démonstration jusqu’à présent.

Comment imaginer alors que le président d’EDF puisse impulser la nouvelle ligne fixée par le gouvernement ? D’abord, est-il vraiment assuré de toucher les 3 milliards d’euros d’augmentation de capital promis par le gouvernement ? « Je ne sais pas où Bercy va trouver l’argent. Et ces dernières semaines, il a déjà commencé à faire le tour des banquiers pour les tester sur l’idée d’une augmentation de capital d’EDF, l’accueil a été plus que mitigé », rapporte un proche du pouvoir.

Le nouveau point de contestation entre les salariés et le président d’EDF semble en tout cas déjà tracé : l’ouverture annoncée du capital de RTE. Depuis des mois, les syndicats ont prévenu que toute séparation des activités historiques d’EDF serait considérée comme un casus belli. Pour eux mais aussi pour nombre d’ingénieurs du groupe, les réseaux de transport sont un actif essentiel stratégique du système électrique français, la « colonne vertébrale » de la France électrique.

De plus, ces réseaux sont un actif de valeur, une rente. « Mais une rente publique qui est redistribuée à tous les Français par les prix de l’électricité », nuance un cadre dirigeant du groupe. « Vendre RTE serait une erreur encore plus fondamentale que la vente des autoroutes. On sait ce qu’il est advenu des concessions autoroutières : un enrichissement sans cause des sociétés concessionnaires que le gouvernement ne semble même pas vouloir encadrer », rajoute un familier du dossier.

Céder au privé des actifs stratégiques, rentables, pour assurer les fins de mois : le modèle est éprouvé. Des membres du gouvernement et des experts disent qu’il n’y a pas le choix : EDF est endetté et doit bien se séparer d’actifs pour se désendetter et faire face à ses besoins futurs. Mais pourquoi RTE ? Pourquoi ne pas céder plutôt des filiales étrangères ?

La cession de RTE, sous ses airs de solution « raisonnable, de saine gestion », est en réalité une facilité à courte vue, qui risque au contraire d’aggraver la situation financière d’EDF. Dans les résultats courants de l’entreprise, ces dernières années, les rentrées de RTE sont les seules ressources stables du groupe, face à l’effondrement des prix de marché de gros de l’électricité, qui représente désormais 70 % des ventes électriques du groupe. Sauf à ce que le gouvernement réduise drastiquement, voire supprime, les prix garantis de rachat des renouvelables, EDF, en perdant cette ressource, risque de s’enfoncer encore un peu plus dans la crise financière, et de voir disparaître toute possibilité d’évolution dans la transition énergétique.

Est-ce cela, la vision stratégique de l’énergie du gouvernement : qu’EDF devienne à terme la structure de défaisance du nucléaire, payée par les contribuables, pendant que toutes les activités rentables auraient été démantelées et remises aux mains du privé ? C’est en tout cas ce que redoutent les salariés et qui alimente leur rébellion depuis des semaines. Et il faudra certainement plus qu’un tour politique pour les calmer, désormais.

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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 11:13

Aujourd'hui à New York, les chefs d’États et de gouvernement signent l'accord de Paris de la COP21. L'occasion de relancer l'idée d'une Organisation Mondiale de l'Environnement, comme indiquée dans la tribune ci-dessous et publiée ce jour par Libération, par Olivier de Schutter Ex-rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l'alimentation et professeur à l’Université catholique de Louvain, Philippe Lamberts Coprésident du groupe des Verts-ALE au Parlement européen, Benjamin Joyeux écologiste européen, fondateur de l’association pour la promotion de l’Organisation mondiale de l’environnement (L’APOME), Vandana Shiva écologiste et féministe indienne, le 21 avril 2016.

Un iceberg flottant dans l'Antarctique le 2 mars 2016. Cette région sauvage est menacée par le réchauffement climatique Photo EITAN ABRAMOVICH. AFP

Les grandes entreprises mondiales du pétrole offshore se sont encore réunies début avril pour s’accorder sur leur stratégie mondiale afin de pouvoir creuser toujours plus profond dans les océans à la recherche d’hydrocarbures. États et multinationales sont d’accord: l’accord de Paris marque un beau moment de communication solennelle mais nullement une date historique mondiale pour sauver notre climat.

Ce vendredi 22 avril à New York, sur invitation du Secrétaire Général des Nations unies Ban Ki Moon, se déroule la cérémonie de signature de l’accord de Paris, en présence de chefs d’État et de gouvernement du monde entier. Un peu plus de quatre mois après la conclusion de la COP 21 en grande pompe au Bourget, ce rendez-vous doit marquer la première étape du processus de ratification. La communauté internationale exprimera à nouveau sa volonté de poursuivre «l’action menée pour limiter l’élévation des températures à 1,5°C». L’accord de Paris impose à l’ensemble des pays de revoir à la hausse leurs objectifs climatiques.

Mais du papier au réel, il y a un fossé: à cette heure, sur le terrain absolument rien ne change. Deux exemples illustrent tristement ce constat: en plein scandale du dieselgate, les autorités françaises ont fait pression sur Bruxelles pour faire baisser les seuils d’émission de pollution de l’air, c’est-à-dire changer les règles plutôt que punir la triche, dans l’intérêt des constructeurs automobiles et non du climat et de la santé des Européens. Plus récemment, les grandes entreprises mondiales du pétrole offshore se sont retrouvées à Pau du 5 au 7 avril pour se mettre d’accord sur leur stratégie mondiale afin de pouvoir continuer à creuser toujours plus profond dans les océans à la recherche d’hydrocarbures.

États et multinationales sont d’accord: l’accord de Paris marque un beau moment de communication solennelle mais nullement une date historique mondiale pour commencer enfin à changer de modèle pour sauver notre climat. Chaque minute qui passe, la possibilité de limiter l’élévation des températures à 1,5°C s’éloigne malgré toutes les belles promesses. Comme un fumeur qui en fume toujours une dernière avant d’arrêter malgré les alertes sur sa santé, le système économique mondial continue sa course aveugle et mortifère à la croissance et au productivisme en contradiction totale avec les objectifs de la COP21. Les négociations du Traité transatlantique pour augmenter les échanges commerciaux entre l’Union européenne et les États-Unis symbolisent à quel point la recherche du profit l’emporte sur le souci de sauvegarder la planète, notre climat et le sort des générations futures.

Il est temps de siffler la fin de la récréation. Si l’on ne peut compter ni sur les États agissant isolément, ni sur les grandes entreprises, il faut se doter d’un gendarme international aux pouvoirs contraignants et à la légitimité indiscutable, susceptible de mettre en œuvre tant les objectifs de la COP21 que les plus de 300 conventions et traités internationaux de droit de l’environnement. On ne manque pas d’engagements solennels en la matière. Mais cessons enfin de prendre les mots pour la chose: ces engagements demeurent largement inappliqués car leurs objectifs sont vus comme non prioritaires par rapport aux chiffres de la croissance, du PIB et de la balance du commerce extérieur.

Nous appelons donc à la relance de l’Organisation Mondiale de l’Environnement. Cette belle idée, portée par des ONG et des associations écologistes durant les années 2000, reprise ensuite par des chefs d’État même en France, a finalement été balayée par la crise économique mondiale à partir de 2008 et abandonnée par manque de courage politique. Pourtant, si cette OME existait pour rappeler aux autres institutions internationales, aux États et aux grandes entreprises leurs devoirs et leurs obligations en matière de climat et d’environnement, elle pourrait grandement aider à faire passer un message tout simple: en l’état actuel de notre planète, la bonne marche des affaires et la croissance des profits de l’actionnariat ne peuvent plus constituer la priorité absolue primant sur la sauvegarde même de la vie sur Terre.

A l’instar de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui depuis plus de vingt ans encourage la réduction progressive des droits de douane grâce à la clause de «la nation la plus favorisée», nous avons besoin d’une OME qui pourrait imposer le respect d’une clause de «la nation à l’environnement le plus favorisé», pour que l’État signataire le plus exemplaire en matière de protection environnementale et d’atténuation du changement climatique impose progressivement à tous ses partenaires de s’aligner sur les critères les plus exigeants en la matière. Il s’agirait de subordonner l’accès aux marchés au respect, par les partenaires commerciaux de l’État en question, de standards jugés équivalents. C’est une forme d’incitation à une course vers le mieux-disant. C’est une telle liaison entre commerce et environnement qui a permis par exemple au protocole de Montréal, adopté en 1987, d’amener à l’abandon progressif des CFC, ces gaz responsables de la destruction de la couche d’ozone dans l’atmosphère.

Nous ne fétichisons pas particulièrement les institutions internationales et nous savons les limites des solutions imposées d’en haut. Cependant, la mise sur pied de mécanismes contraignants, introduisant davantage de cohérence dans la gouvernance mondiale constituerait sans conteste un progrès.

Si nous voulons vraiment mettre en œuvre les objectifs de la COP21 et faire enfin primer le droit de l’environnement sur le droit des affaires, il faut se doter d’une Organisation Mondiale de l’Environnement. Le programme des Nations Unies pour l’environnement existe déjà. Il ne reste plus qu’à le transformer pour lui donner enfin les pouvoirs et la légitimité de son rôle et de ses objectifs. Le temps presse.

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 17:13
#HappyBirthdayTchernobyl lundi 25 avril

Le 26 avril 1986 à Tchernobyl en Ukraine, l’augmentation incontrôlée de la puissance du réacteur n°4 de la centrale Lénine, conduit à la fusion du cœur, provoquant une explosion libérant d’énormes quantités d’éléments radioactifs. Ce tragique accident nucléaire mobilise des milliers de « liquidateurs », « chair à neutrons » sacrifiés pour tenter d’éteindre l’incendie et provoque le déplacement de plus de 250 000 personnes.

L’ONU considère que ce sont 9 millions d'adultes et plus de 2 millions d'enfants qui souffrent des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.

L’Académie des sciences de New York dans un récent rapport estime que 985 000 personnes sont décédées suite à la catastrophe de Tchernobyl.

30 ans après, malgré la multiplication des cancers, des maladies de la thyroïde et des malformations congénitales, l’opacité et la désinformation continuent et le réacteur éventré demeure plus que jamais une menace avec un sarcophage qui souffre de plaies béantes.

En France, des milliers de personnes ont également été victimes de l’accident (le nuage ne s’est pas arrêté à la frontière) sans aucune reconnaissance des pouvoirs publics et l’Etat ne reconnaît toujours pas avoir menti au mépris de la protection sanitaire des populations. Comme nous le recommande nos voisins européens, il est urgent d’arrêter les centrales nuclé­aires les plus anciennes (Fessenheim, Bugey et Tricastin) et d’abandonner les chantiers de l’EPR et d’ITER. Or, le gouvernement a décidé en début d’année de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires, faisant ainsi courir encore plus de risques aux Européens et retardant le développement des filières d’énergies renouvelables et de la maîtrise de la demande énergétique.

Extrait de la Supplication de Svetlana Alexievitch, prix Noble de littVETLANA ALEXIEVITCH 

« Je ne sais pas de quoi parler... De la mort ou de l'amour ? Ou c'est égal... De quoi ?Nous étions jeunes mariés. Dans la rue, nous nous tenions encore par la main, même si nous allions au magasin... Je lui disais : "Je t'aime." Mais je ne savais pas encore à quel point je l'aimais... Je n'avais pas idée... Nous vivions au foyer de la caserne des sapeurs-pompiers où il travaillait. Au premier étage. Avec trois autres jeunes familles. Nous partagions une cuisine commune. Et les véhicules étaient garés en bas, au rez-de-chaussée. Les véhicules rouges des pompiers. C'était son travail. Je savais toujours où il était, ce qui lui arrivait. Au milieu de la nuit, j'ai entendu un bruit. J'ai regardé par la fenêtre. Il m'a aperçue : "Ferme les lucarnes et recouche-toi. Il y a un incendie à la centrale. Je serai vite de retour."

Je n'ai pas vu l'explosion. Rien que la flamme. Tout semblait luire... Tout le ciel... Une flamme haute. De la suie. Une horrible chaleur. Et il ne revenait toujours pas. La suie provenait du bitume qui brûlait. Le toit de la centrale était recouvert de bitume. Plus tard, il se souviendrait qu'ils marchaient dessus comme sur de la poix. Ils étouffaient la flamme. Ils balançaient en bas, avec leurs pieds, le graphite brûlant... Ils étaient partis comme ils étaient, en chemise, sans leurs tenues en prélart. Personne ne les avait prévenus. On les avait appelés comme pour un incendie ordinaire... »

Happy Birthday Tchernobyl! est une performance participative proposée par Elena Costelian qui aura lieu le 25 avril 2016, veille de la date anniversaire des 30 ans de l’une des plus graves catastrophes nucléaires modernes.

RASSEMBLEMENT DE COMMEMORATION  Hommage aux victimes de TCHERNOBYL 

LUNDI 25 AVRIL 2016 à 19h à Paris  Quai de Conti à hauteur du Pont des Arts (devant l'Institut de France).

Venez rendre hommage aux victimes de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, participez à la performance collective de l'artiste Elena Costelian et passons ensemble le pont de la transition vers un monde sans nucléaire. Pour que le nuage-mirage nucléaire se dissipe à jamais.

  • venir avec un œillet et une bougie à cette cérémonie d’hommage.

Seront présents :

Yves Lenoir (président de l’association "Enfants de Tchernobyl Belarus")

Roland Desbordes (président de la CRIIRAD)

Nadezda Kutepova (réfugiée politique en France, défenseure des victimes du nucléaire en Russie)

Denis Fauconnier (médecin corse ayant révélé l’explosion des maladies de la thyroïde après Tchernobyl)

Corine Lepage (ancienne Ministre de l’Environnement)

Marie-Odile Bertella-Geffroy (ex magistrate coordinatrice du Pôle santé à Paris qui a eu à traiter les dossiers de victimes de Tchernobyl)

Michèle Rivasi (députée européenne EELV)

Julien Bayou (porte-parole d'EELV)

Noël Mamère (député écologiste) -sous réserve-

Edgar Morin -sous réserve-

Les associations et ONG (Greenpeace, Alternatiba, FNE, Réseau action Climat, réseau pour la Transition énergétique, Réseau sortir du nucléaire, Les Amis de la Terre, associations des malades de la thyroïde, Enfants de Tchernobyl, associations de la diaspora russe et ukrainienne…) sont conviées également.

Des interventions artistiques et des prises de parole rythmeront notre rassemblement.

Un grand rassemblement citoyen viendra ponctuer la fin de la performance participative, qui aura lieu Quai de Conti au niveau du Pont des Arts (Rive gauche) à 18H30.

Durant la journée du 25.04.2016, le public est invité à partir de 11H, Quai de Conti au niveau du pont des Arts, à inscrire sur des ballons nuage, un souvenir marquant de l’évènement survenu le 26 avril 1986 ainsi qu’un souhait pour la planète de demain. Plus de 500 ballons-nuages seront mis à disposition du public et serviront à créer une chaine de solidarité anti-nucléaire.

Le rassemblement se clôturera par la traversée du Pont des Arts avec ces mêmes ballons symbolisant la transition d’une société sans nucléaire. À cette occasion seront présents Corine Lepage, Yves Lenoir et de nombreux autres artistes interviendront (fanfare des Beaux-Arts, chanteuse d'art lyrique, lectures...)

La catastrophe nucléaire de Tchernobyl aura marqué le XXème siècle et restera à tout jamais inscrite dans la mémoire collective comme un évènement traumatique. La performance vise à transformer ce souvenir en un message positif pour la planète de demain : un monde vert sans nucléaire !

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 12:57

Par Pierre Le Hir pour Le Monde le 13 avril 2016

« C’est un tabou qui tombe », se félicitait la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, lors de l’examen parlementaire du projet de loi de transition énergétique pour la croissance verte, promulguée en août 2015. Elle parlait de la toute-puissance de la filière nucléaire dans le modèle énergétique français, qu’aucun gouvernement n’avait osé écorner. Dans son article 1er, la loi prévoit en effet de « réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % [contre 77 % en 2014] à l’horizon 2025 ».
Un engagement solennel pris par François Hollande avant son élection. « Vous êtes pour le tout-nucléaire, vous en avez parfaitement le droit ; certains sont pour la sortie du nucléaire, ils en ont le droit aussi. Moi, je suis pour une position équilibrée parce que je pense que c’est la plus intelligente », avait-il lancé à Nicolas Sarkozy lors du débat télévisé de l’entre-deux tours de la présidentielle, en 2012.
Mais les tabous ont la vie dure. Au pied du mur, le gouvernement tergiverse. Suscitant l’incompréhension et la défiance des associations environnementales, qui l’accusent de renoncer à une vraie transition énergétique.
Avec sa loi de croissance verte, la France s’est pourtant fixé un cap ambitieux : quatre fois moins d’émissions de gaz à effet de serre en 2050 par rapport à 1990, deux fois moins d’énergie consommée au milieu du siècle, moins 30 % de fossiles en 2030 et 32 % de renouvelables à la même échéance. Le tout assorti, donc, d’une réduction d’un tiers du poids de l’atome, en 2025, dans le bouquet électrique. Ces objectifs, complémentaires, doivent être mis en musique par une programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), dont la loi précise que, « fixée par décret, elle établit les priorités d’action des pouvoirs publics ». La première PPE devrait couvrir deux périodes, 2016-2018 et 2019-2023.
Or, huit mois après l’adoption de ce texte, dont le chef de l’Etat avait fait l’un des « grands chantiers du quinquennat », force est de s’interroger sur les « priorités d’action » de l’exécutif. La PPE était attendue fin 2015. Repoussée de mois en mois, elle devait être présentée, début mars, à un comité de suivi, lequel a été ajourné sine die. Et voici que Mme Royal vient de décider de soumettre au Conseil supérieur de l’énergie, vendredi 15 avril, un « arrêté relatif à la programmation des capacités de production d’énergie renouvelable » qui fait l’impasse sur le nucléaire.

La centrale de Cattenom (Moselle)

Sécuriser les énergies renouvelables

« J’ai choisi de procéder en deux temps, en avançant d’abord sur les renouvelables, explique au Monde la ministre. C’est une façon de sécuriser leur développement, en le rendant indépendant du volet nucléaire, plus compliqué à traiter et conflictuel. Les filières renouvelables ont besoin de visibilité.. Si leur sort était lié à celui du nucléaire, les professionnels pourraient craindre que tout soit remis en cause en cas d’alternance politique. » En procédant de la sorte, elle va pouvoir « lancer les appels d’offres pour les différentes filières, fixer les tarifs de rachat de l’électricité et accélérer la transition énergétique ». L’éolien terrestre doit monter fortement en puissance, en passant d’une capacité installée de 9,3 gigawatts (GW) en 2014 à 22 ou 23 GW en 2023, de même que le solaire photovoltaïque, qui doit grimper de 5,4 GW à 18 ou 22 GW.
Ce mécanisme à double détente pose toutefois deux problèmes. D’abord, il s’affranchit pour l’instant de la PPE, c’est-à-dire du fil rouge de la loi. L’arrêté ministériel sur les renouvelables, sur lequel le Conseil supérieur de l’énergie doit rendre un avis d’ici à la fin avril, pour une publication au Journal officiel en mai, va simplement modifier les programmations pluriannuelles des investissements (PPI) de production d’électricité et de chaleur de 2009. Un dispositif qui, comme son nom l’indique, ne porte que sur les investissements et non pas sur l’ensemble de la politique énergétique.
Ensuite, passer sous silence la question du nucléaire a pour conséquence, aux yeux des ONG, de fragiliser les filières alternatives, au contraire de ce qu’avance la ministre. « On ne peut pas sécuriser les renouvelables sans garantir, dans le même temps, qu’on va leur faire de la place sur le marché et sur le réseau, analyse Cyrille Cormier, chargé des questions énergétiques à Greenpeace. La France et l’Europe sont en surcapacité de production électrique, si bien que ces filières ne pourront pas progresser sans une baisse effective du nucléaire, donc sans fermeture de réacteurs. » Les atermoiements du gouvernement s’expliquent, selon lui, par « une difficulté à choisir entre la transition énergétique et l’exportation du nucléaire français, qui nécessite de conserver une vitrine nationale, un parc, des équipes et un savoir-faire ».

« Commencer par les renouvelables ne doit pas servir de prétexte pour enterrer le volet nucléaire. Sur ce point, les ONG ont raison », concède Mme Royal, qui « espère rendre publique rapidement » une PPE complète, sans plus de précision sur le calendrier. « Il y aura des réacteurs prolongés et des réacteurs fermés, sous le contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) », annonce-t-elle simplement. Une autre option permettrait même de réduire le poids de l’atome sans toucher au parc installé, en « diminuant la production des centrales ». Mais, précise la ministre, aucun arbitrage ne sera rendu avant 2019 : « C’est dans la seconde période de la PPE, entre 2019 et 2023, qu’il va falloir prendre des décisions, avec l’ASN. »

Ségolène Royal marche sur un prototype de route solaire à Marseille le 21 mars 2016

L’exécutif se défausse sur les gouvernements futurs

De fait, la série des quatrièmes visites décennales – les inspections approfondies qui décideront de l’aptitude des chaudières nucléaires à rester en activité au-delà de quarante ans – ne débutera qu’en 2019, avec l’unité de Tricastin 1 (Drôme et Vaucluse).
Pour autant, la Cour des comptes estime, dans son dernier rapport annuel, que baisser la part de l’atome à 50 % du bouquet électrique revient à arrêter « de 17 à 20 réacteurs » sur les 58 que compte l’Hexagone. Ce qui, en bonne programmation, exigerait de planifier et d’étaler les fermetures. Au lieu de quoi l’exécutif se défausse, de facto, sur les gouvernements futurs. Le seul acte posé au cours du quinquennat sera un décret, « avant l’été » promet Mme Royal, abrogeant l’autorisation de fonctionnement de Fessenheim, même si la centrale alsacienne ne s’arrêtera que fin 2018, lors de la mise en service prévue de l’EPR de Flamanville (Manche).
Cette dérobade n’étonne guère Hervé Mariton, député (Les Républicains) de la Drôme et co-auteur d’un rapport sur le coût de la fermeture anticipée des réacteurs nucléaires. « Depuis le début, on nage en pleine hypocrisie avec une loi de transition énergétique qui est perçue par beaucoup parlementaires, membres du gouvernement, industriels comme n’ayant pas vocation à être appliquée, commente-t-il. La preuve en est qu’EDF ou Areva n’intègrent pas d’évolution majeure du parc nucléaire dans leurs calculs financiers. On est dans un jeu de rôles, de feinte systématique du gouvernement. Sur le nucléaire, la transition énergétique réside dans la PPE, le reste n’est que du baratin. » Tout aussi sévère, l’ex-ministre de l’environnement Corinne Lepage, présidente du mouvement Le Rassemblement Citoyen-Cap 21, juge que « sur le nucléaire, le bilan de Mme Royal est égal à zéro ».
A quelques jours de la cérémonie de signature, le 22 avril à New York, de l’accord de Paris sur le climat, pour lequel la France veut s’afficher en moteur de la transition énergétique, les associations environnementales s’étranglent. « Signer l’accord de Paris sans avoir rendu publique une PPE qui transcrive les objectifs de la loi serait comme faire un chèque en bois. Le gouvernement ne peut pas se permettre de rester dans un flou qui pénalise les filières d’avenir, que ce soit l’efficacité énergétique ou les énergies renouvelables », estime Anne Bringault, du Réseau action climat et du Réseau pour la transition énergétique.
France nature environnement exprime elle aussi son inquiétude : « Si la France veut tenir à l’international son rang acquis avec l’accord de Paris, cela passe nécessairement par la mise en œuvre de la loi de transition énergétique et l’exemplarité de l’État », prévient son président, Denis L’Hostis. Ajoutant : « Aujourd’hui, nous pouvons en douter. »

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 19:12
L'île d'El Hierro aux Canaries bataille pour une énergie 100% verte à base de vent et d'eau

Valverde (Espagne), le 13 avril 2016, AFP/http://www.romandie.com/news/Lile-dEl-Hierro-aux-Canaries-bataille-pour-une-energie-100-verte-a-base-de-vent-et-/694089.rom

El Hierro, petite île de l'Atlantique au large de l'Afrique, dans l'archipel des Canaries, se bat depuis deux ans pour devenir autosuffisante en électricité verte produite grâce au vent et à l'eau, un défi qui intéresse des chercheurs du monde entier.
Réserve de la biosphère de l'Unesco, El Hierro est le plus petit îlot de l'archipel espagnol, un territoire volcanique de 269 km2 aux falaises écorchées où alternent pinèdes et champs d'ananas. On y fait aussi du vin et l'endroit est un paradis pour les randonneurs et les amateurs de plongée sous-marine en raison d'un climat subtropical et d'une faune très riche.
Mais si la date du 15 février est à marquer d'une pierre blanche pour cet île isolée, difficilement accessible avec sa piste d'aéroport coincée entre mer et montagne, c'est parce que sa centrale hydro-éolienne a produit pendant plus de 24 heures toute l'électricité nécessaire aux 7.000 habitants, une première.
Depuis son inauguration en juin 2014, la centrale de Gorona del Viento a évité le rejet d'environ 9.000 tonnes de CO2 dans l'atmosphère. Elle associe cinq éoliennes plantées sur une colline, d'une capacité totale de 11,5 MW, et deux bassins de rétention d'eau séparés par 650 mètres de dénivelé, avec des turbines hydrauliques d'une puissance de 11,32 MW.
Quand le vent tombe, l'eau est relâchée du bassin supérieur vers le bassin inférieur et les turbines prennent le relais. La centrale assure aussi le fonctionnement des usines de dessalement d'eau de mer, vitales sur une île.
Cette combinaison unique de l'éolien et de l'hydraulique est très prometteuse car elle offre une solution au problème de l'intermittence des énergies renouvelables, commente Joëlle Noailly, de l'Institut de hautes études internationales et du développement de Genève.
D'autres îles européennes comme Samso au Danemark ou Eigg en Ecosse tentent elles aussi le pari d'une énergie 100% renouvelable, mais leurs installations ne combinent pas l'éolien et l'hydraulique.
Et tandis que Samso a pu être approvisionnée en électricité depuis le continent par un câble sous-marin, l'île d'El Hierro, beaucoup plus éloignée en mer, rêve depuis trente ans de s'affranchir de sa dépendance au diesel, apporté par bateau depuis l'île Tenerife à près de 300 km de là, après un long voyage dans l'Atlantique.
« Avoir une souveraineté énergétique absolue (...) dans un territoire isolé est essentiel », commente Tomas Padron, ex-président du cabildo - l'autorité insulaire - et père du projet.

Convaincre
Lors de la mise en service de Gorona del Viento, l'ambition était de couvrir 100% de la demande d'électricité en quelques mois. Plus long à réaliser que prévu. Aujourd'hui, la moyenne est d'environ 50% et la centrale sort de la phase de rodage, admet son PDG Juan Pedro Sanchez.
Une belle performance en seulement deux ans, juge-t-on à Bruxelles: l'expérience est positive et prometteuse, estime Ioannis Kougias, scientifique du Centre de recherche de la Commission européenne, alors que l'objectif européen est de parvenir à avoir 20% d'énergies propres d'ici 2020 dans l'UE.
Des difficultés restent à surmonter à El Hierro. Il faut convaincre REE, le gestionnaire du réseau électrique qu'il peut fonctionner avec 100% d'énergie verte sur de longues périodes, alors que sa priorité est qu'il n'y ait pas de panne, relève le PDG Juan Pedro Sanchez.
Il faudrait aussi augmenter la capacité des réservoirs d'eau pour pouvoir produire de l'électricité verte sans interruption toute l'année, dit-il. Or les installations ont coûté 80 millions d'euros et la construction d'un nouveau bassin n'est pas prévue pour l'instant.

Modèle viable
Le projet n'en suscite pas moins un énorme intérêt, surtout dans les îles. Leurs 600 millions d'habitants dans le monde, selon l'ONU, sont directement menacés par le réchauffement climatique, en partie provoqué par l'utilisation des énergies fossiles.
Des représentants des Seychelles, d'Indonésie, du Japon ou encore d'Aruba aux Caraïbes ont déjà visité El Hierro.
Mais pas seulement. Venu de San Francisco aux Etats-Unis, Xavier Verdaguer fait partie d'une groupe d'une dizaine de jeunes entrepreneurs très attentifs aux explications du guide. Ils prennent en photos des tuyaux, des turbines, des réservoirs d'eau à flanc de colline... On voit comment fonctionne un projet novateur, s'enthousiasme ce quadragénaire.
Pour Emmanuelle Taïbi, de l'Agence internationale pour les énergies renouvelables, le modèle est viable et peut être copié à condition d'avoir du vent et une colline ou une falaise pour le dénivelé.
« La Gorona a déjà permis d'économiser 2.850 tonnes de fioul, selon l'entreprise d'électricité Endesa, co-actionnaire de la centrale avec l'autorité insulaire. Soit 1,2 million d'euros qui serviront à financer d'autres projets sur l'île », assure la présidente du cabildo Belén Allende.
Les retombées financières pour la population sont pour l'instant peu visibles. La facture d'électricité est restée la même, déplore Claudia Barrera, une secrétaire au chômage de 32 ans, pendant son petit-déjeuner dans une cafétéria du bourg de Valverde.

Attirer scientifiques et touristes
El Hierro, peu visitée, veut profiter de son image d'île cultivant l'énergie 100% renouvelable pour attirer scientifiques et touristes. Depuis le début des travaux de la centrale en 2009, plus de mille personnes par an ont visité l'installation.
Ce sont autant de gens qui mangent, louent une voiture, un appartement ou une chambre (...), tout cela génère de la richesse, bienvenue quand le taux de chômage sur l'archipel avoisine les 27%, se réjouit Amos Lutzardo, président du centre d'initiatives et de tourisme.
A long terme, le cabildo rêve d'une île propre, grâce à un parc automobile tout électrique d'ici 2020, de l'agriculture biologique, son usine de biodiesel déjà ouverte et une gestion plus intelligente de la consommation d'électricité.
La Gorona, c'est la colonne vertébrale de notre modèle de viabilité, assure la présidente de l'autorité insulaire.

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 09:37

Groundbreaking Study Confirms Link Between Fracking and Earthquakes par Steve Horn le 30 mars 2016 pour Ecowatch http://ecowatch.com/2016/03/30/link-fracking-earthquakes/ traduit par Maureen Johnson

Dans une étude révolutionnaire publiée mardi dans Seismological Research Letters, on a, pour la première fois, démontré un lien entre la fracturation hydraulique pour extraire le pétrole et le gaz, et les séismes.

Le rapport, intitulé Hydraulic Fracturing and Seismicity in the Western Canada Sedimentary Basin, confirme que la technique de forages horizontaux (qui, en fait, crée un mini-séisme souterrain pour ouvrir des fissures permettant l’extraction de pétrole et de gaz ) est responsable de séismes bien au-delà de ce qui est déjà  reconnu dans la littérature scientifique.

Nous savions déjà que l’injection des eaux usées de la fracturation dans des puits souterrains peut provoquer des séismes. Mais désormais, ce ne sont pas seulement les puits d’injection, mais le processus de fracking lui-même qui peut être lié à la sismicité.

L’étude se concentre sur une région du Canada connue sous le nom de Bassin Sédimentaire du Canada Occidental, l’un des plus importants bassins de schistes et l’une des régions les plus importantes de production de  pétrole et de gaz « tight ».  On expliquait dans le communiqué de presse que les chercheurs « ont comparé le rapport entre 12 289 puits fracturés et 1 236 puits d’injection des eaux usées de la fracturation et des séismes d’une magnitude de 3 ou plus dans une zone de 454 000 kms carrés près de la frontière entre l’Alberta et la British Colombia, entre 1985 et 2015. » Ils ont « trouvé 39 puits fracturés (0,3 % de la totalité des puits fracturés étudiés) et 17 puits d’injection des eaux usées (1% des puits d’injection étudiés) qui pourraient être liés à des séismes de magnitude 3 ou plus. » 

Atkinson et ses collègues reconnaissent volontiers dans l’étude que cela peut sembler un pourcentage assez petit. Mais ils écrivent aussi que cela pourrait présager des incidents plus graves à l’avenir au fur et à mesure que de plus en plus de puits sont fracturés dans la région.

« Il est important de reconnaître qu’il  n’y a sismicité associée que pour un petit pourcentage des opérations de fracturation hydraulique, » ont-ils écrit, avant de citer un autre article écrit en 2015 par Gail Atkinson, auteur principal, professeur des sciences de la terre à l’Université de Western Ontario,  et des collègues, sur les impacts de la sismicité provoquée.  « Cependant, vu le fait que des milliers de tels puits sont forés chaque année dans le Bassin Sédimentaire du Canada Occidental, la possibilité de dangers futurs est importante, surtout si de multiples opérations ont lieu tout près d’infrastructures cruciales. »

Dans le Bassin Sédimentaire du Canada Occidental, on utilise moins d’eau pendant les opérations de fracturation que dans les endroits comme la Mecque actuelle des séismes dus au fracking, l’Oklahoma. Dans l’étude, les auteurs concluent également que le nombre énorme d’incidents dus aux eaux usées aux USA cache peut-être l’impact que le fracturation a eu sur la séismicité provoquée au centre du pays, qui nécessite des investigations scientifiques supplémentaires.

Ils expliquaient : «  Il est possible qu’une fraction plus importante, que l’on ne reconnaît aujourd’hui, des séismes provoqués aux USA est lié à la fracturation hydraulique, mais il se peut que leur nature soit masquée par des incidents plus nombreux dus à l’injection des eaux usées. »

L’une de leurs découvertes les plus importantes semble être le lien indiscutable trouvé par les chercheurs entre la fracturation et des séismes dans la région, plutôt que le nombre de séismes pur et simple. Ils ont également découvert qu’il n’avait pas de lien entre la quantité de liquide pompée dans le sol pendant la fracturation et la magnitude du séisme.

Dans un communiqué de presse, Atkinson déclarait :  « Plus de 60% de ces séismes est lié à la fracturation hydraulique, environ 30-35% est causé par les puits d’injection et seul 5 à 10% des séismes a une origine tectonique naturelle. »  et  « S’il n’existe pas de lien entre la magnitude maximale  et l’injection des liquides de fracturation, alors il est possible que l’on puisse déclencher des incidents plus importants si les pressions liquides arrivent jusqu’à une faille assez stressée. »

Alors, quel est, d’après l’étude,  le message le plus important ? Bien sûr,  c’est une demande pour plus d’investigation, mais en attendant, ils demandent aussi une politique publique plus réfléchie qui avance.

En conclusion, ils écrivent :  « On a prêté moins d’attention à la nature du danger que présente la fracturation hydraulique qu’à celui que présente la façon dont on se débarrasse des eaux usées, mais il est clair qu’il est important d’y prêter attention et sur le plan régional et sur le plan mondial. Il faut évaluer très attentivement la probabilité de séismes destructeurs et de leurs conséquences possibles quand on programme des opérations de fracturation hydraulique dans cette région. »

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 16:42

Le Monde.fr avec AFP, le 29 mars 2016

La carte de l'USGS, qui indique tous les séismes, naturels et résultant de la fracturation, survenus entre 1980 et 2015 dont la magnitude était égale ou supérieure à 2,5 sur l’échelle ouverte de Richter.

Environ sept millions de personnes vivent dans des régions du centre et de l’est des États-Unis où la fracturation hydraulique peut causer des secousses telluriques risquant d’endommager les constructions, selon un rapport de l’Institut américain de géophysique (USGS – United States Geological Survey) publié lundi 28 mars. L’Oklahoma, le Kansas, le Texas, le Colorado, le Nouveau-Mexique et l’Arkansas sont, dans l’ordre, les plus exposés. L’Oklahoma et le Texas abritent la population la plus importante exposée à ce risque.

Dans certains endroits, des destructions peuvent être provoquées à la fois par des séismes naturels et par des activités de fracturation. Cette technique consiste à extraire pétrole et gaz naturel par injection d’eau à haute pression dans des puits très profonds, sous les nappes phréatiques. Dans ces régions, le risque de tremblement de terre toutes causes confondues est similaire à celui de séisme naturel en Californie – qui est très élevé.

« Secousses puissantes »

« Le fait d’inclure les secousses telluriques résultant d’activités humaines a fortement accru dans notre évaluation le risque dans plusieurs parties des États-Unis », a souligné Mark Petersen, responsable de la cartographie sismique à l’USGS. C’est la première fois que l’USGS publie une carte des risques sismiques résultant de la fracturation hydraulique. Auparavant, seuls les risques de tremblement de terre naturel étaient concernés par ses prévisions.

Lire aussi :   Primaires américaines : le gaz de schiste, fracture entre Bernie Sanders et Hillary Clinton

« Au cours des cinq dernières années, l’USGS a rapporté des secousses puissantes et des dégâts dans des endroits situés dans les six États les plus à risques, et ces tremblements de terre ont résulté pour la plupart d’activités de fracturation », a précisé Mark Petersen. Les scientifiques ont identifié 21 endroits ayant connu ces dernières années un accroissement des séismes provoqués par la fracturation.

Leur carte montre tous les séismes, naturels et résultants de la fracturation, survenus entre 1980 et 2015 dans le centre et l’est des États-Unis, et dont la magnitude était égale ou supérieure à 2,5 sur l’échelle ouverte de Richter.

Lire aussi :   Le gaz de schiste américain débarque en Europe

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Il faut stopper EuropaCity - marche citoyenne de Gonesse à Matignon 4 et 5 octobre

Aux Lilas, les citoyens s’unissent pour produire de l’électricité verte

Les promoteurs, les arbres et la cité - lettre ouverte à BNP Paribas

Toxic Tour de Pantin à Romainville dimanche 16 juin 2019

Une Biorégion Ile-de-France résiliente en 2050

Merci aux 1779 Lilasiennes et Lilasiens qui ont voté " Pour le climat, tout doit changer ! "

Pollution de l’air dans les écoles et crèches franciliennes

Volonté politique de créer une régie publique de l’eau à Est Ensemble, mythe ou réalité ?

À la base … un revenu ?

Balade naturaliste Parcs de la Corniche des Forts et abords de la forêt de Romainville le 9 mars 2019 à 11h

La forêt de Romainville, un enjeu écologique et politique

La Forêt passe à l'attaque !

Plâtre et béton sur la Corniche

Agir ensemble pour les Coquelicots le 7 décembre

Marche pour le climat, Défendons la forêt de la Corniche des Forts

Destruction des océans, sur-pêche, pêche électrique... avec Bloom mardi 20 novembre

À Romainville, les habitants défendent une forêt sauvage contre une base de loisirs régionale

Marches pour le climat et la biodiversité 13 et 14 octobre

Les amis des coquelicots étaient bienvenus...

Amis des coquelicots, agissons ensemble vendredi 5 octobre à 18H30

La forêt urbaine de la Corniche des Forts - une chance unique à nos portes

Mobilisation citoyenne à la marche pour le climat samedi 8 septembre à Paris

Un coup de pouce Vert pour les Électrons solaires ! 

Le collectif Eau publique des Lilas invite au dialogue le 21 mars

Entre le nucléaire et la bougie, il y a l’intelligence - du 10 au 18 mars aux Lilas

En Ile de France, les énergies renouvelables citoyennes ont le vent en poupe...

Le Syctom a organisé une concertation réservée aux sachants – et après ?

Une enquête publique sur le PLU des Lilas… qui change la donne !

Une victoire pour l'eau publique en Île-de-France

L’eau publique, c’est maintenant !

L’Ouest de la Seine Saint-Denis se mobilise pour la création d’un service public de l’eau

Romainville : le Syctom lance une concertation préalable pour la modernisation du centre de transfert et de tri des déchets

Que sont ces CSR - Combustibles Solides de Récupération - qu’on veut brûler à Romainville ?

Ces parents qui mijotent une cantine publique

De nouvelles préconisations nutritionnelles... Pas d'usine, on cuisine !

À Romainville contre l’incinération

Une victoire de l'engagement citoyen aux cantines rebelles du 10 novembre

Derniers échos de la révision du PLU des Lilas

Les Sans Radio retrouvent les ondes

Europacity : le débat public se conclut sur des positions inconciliables

Le parc (George-Valbon La Courneuve) debout !

Grand Paris : non à la logique financière

Pour une gestion publique, démocratique et écologique de l'eau

Le revenu de base ? Débat mardi 14 juin 20h

C'était la Grande Parade Métèque 2016...

La nature : une solution au changement climatique en Île-de-France

Participer à la Grande Parade Métèque samedi 28 mai 2016

PLU des lilas: enfin un diagnostic et état initial de l'environnement ... à compléter

Avec la loi « Travail », où irait-on ? Débattons-en mercredi 30 mars

Réduire la place de la voiture des actes pas des paroles

La COP 21 aux Lilas

La nature est un champ de bataille

Alternatiba et le Ruban pour le climat des Lilas à la République

Un compost de quartier aux Lilas

Devoir d'asile : de l'Etat jusqu'aux Lilas

Un ruban pour le climat aux Lilas

Six propositions vertes pour une révision du PLU véritablement utile

La Grande Parade Métèque samedi 30 mai

Fête de la transition énergetique et citoyenne le 9 mai aux Lilas