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8 octobre 2019 2 08 /10 /octobre /2019 09:09

 « Le nucléaire ne répond à aucun besoin technique ou opérationnel que ses concurrents sobres en carbone ne puissent satisfaire mieux, moins cher et plus rapidement ». Voilà la conclusion sans appel dressée par l’édition 2019 du World Nuclear Industry Status Report (WNISR). Plus coûteuse que les énergies renouvelables, la construction d’un nouveau réacteur dure en moyenne 10 ans : trop long pour sauver le climat ! Par Bernard Deboyser le 2 octobre 2019 pour Révolution énergétique. Lire aussi Aux Lilas, les citoyens s’unissent pour produire de l’électricité verte, Comment l’Europe profite à bas prix du soleil marocain et Les financements verts cachent un mouvement mondial de libéralisation des marchés de l’énergie.

Trop cher et trop lent, le nucléaire ne sauvera pas le climat

Aujourd’hui la production d’électricité par les installations solaires et les parcs éoliens concurrence efficacement les centrales nucléaires existantes, y compris en termes de coûts, et leur capacité de production augmente plus rapidement que celles de toutes les autres filières, peut-on lire dans les 323 pages de l’édition 2019 du World Nuclear Industry Status. Cette étude indépendante menée par 8 experts interdisciplinaires de 6 pays, dont 4 professeurs d’université, a été coordonnée par Mycle Schneider, un consultant français spécialisé dans les domaines de l’énergie et de la politique nucléaire. Entre 1998 et 2010, il a conseillé le ministère de l’Environnement allemand, le cabinet du ministre français de l’Environnement et celui du ministre belge de l’Énergie et du Développement Durable.

Il y a aujourd’hui 417 réacteurs nucléaires dans le monde. Bien que leur nombre ait légèrement augmenté au cours des dernières années, il est significativement inférieur au pic de 438 enregistré en 2002.

Mais les réacteurs entrés récemment en service étant plus puissants, la capacité nucléaire installée sur la planète n’a jamais été aussi élevée qu’aujourd’hui : 370 GWe, une puissance légèrement supérieure au maximum précédent de 367 en 2006.
Toutefois la construction de nouvelles centrales s’essouffle visiblement. Alors qu’en 2010 (l’année précédant Fukushima), 15 chantiers étaient lancés, il n’y en a eu que 5 en 2018 et, jusqu’à aujourd’hui, un seul en 2019.
Actuellement 46 réacteurs sont en construction dans le monde, mais ils étaient 68 en 2013 et 234 en 1979. Même en Chine
, pays qui investit le plus dans le nucléaire, aucun nouveau projet n’a vu le jour depuis 2016.
Conséquence de tout cela : l’âge moyen du parc mondial de réacteurs nucléaires dépasse maintenant pour la première fois les 30 ans.

Trop cher et trop lent, le nucléaire ne sauvera pas le climat

Heurs et malheur de l’EPR français

Problème : les chantiers de construction de nouveaux réacteurs sont de plus en plus long, 10 ans en moyenne selon le WNISR, et leur coût s’envole. L’exemple du seul réacteur actuellement en construction en France, celui de l’EPR de Flamanville [1] est significatif. Commencé en 2007, le chantier n’est toujours pas terminé, 12 ans plus tard. De retards en déboires nombreux et divers, sa mise en service prévue au départ en 2012, est actuellement programmée à fin 2022, soit après 10 ans de retard, au moins. Son coût, établi initialement à 3 milliards d’euros a déjà plus que triplé, la dernière estimation étant de 10,5 milliards. Mais le prix pour EDF pourrait s’élever au final à 15 milliards selon certains experts.

Un autre EPR de fabrication française se construit à Olkiluoto, en Finlande, et cela ne se passe pas beaucoup mieux. Débuté en septembre 2005 pour une mise en service initialement prévue à mi-2009, les travaux, s’éternisent aussi. Aujourd’hui, l’exploitant TVO estime ne pas pouvoir disposer de l’installation avant mi-2020. Vous comptez bien : plus de 10 ans de retard également. Côté coût, le montant forfaitaire de 3 milliards d’euros initialement convenu par contrat a explosé lui aussi suite aux indemnités de retard exigées par TVO. Le constructeur, Areva, étant une entreprise détenue majoritairement par l’État et par le Commissariat à l’énergie atomique (un établissement public), une grande partie des surcoûts liés à ces retards sera donc à la charge du contribuable français.

Enfin, EDF a prévenu récemment que son énorme chantier de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point en Angleterre devrait coûter 3,3 milliards d’euros plus cher que prévu, alors qu’en 2017 le groupe français avait déjà annoncé s’attendre à un surcoût de 1,7 milliard d’euros. Quant au retard, évalué en 2017 à 15 mois pour le premier réacteur et 9 mois pour le second, Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, avoue aujourd’hui qu’il « s’est accentué ». « Il ne faut pas se voiler la face, la filière nucléaire française vit des moments difficiles parce que les problèmes dans la réalisation des chantiers s’accentuent » a-t-il encore admis ce 24 septembre.

> Des dérapages en termes de coût et de durée jugés inacceptables par Bruno Le Maire, ministre de l’Économie. « Le nucléaire ne doit pas être un État dans l’État » s’est-il exclamé lors d’une récente intervention sur RTL. Révélant avoir demandé un audit « totalement indépendant », il a prévenu que les conclusions du rapport pourront avoir des conséquences « à tous les étages », y compris chez EDF.

L’électricité verte se développe 25 fois plus vite que le nucléaire

Pendant ce temps, les nouvelles installations solaires et éoliennes accroissent leurs capacités de production plus rapidement que tout autre type d’énergie. Au cours de la dernière décennie, les coûts actualisés d’une unité de production électrique ont baissé de 88% pour le solaire et de 69% pour l’éolien, alors qu’ils ont augmenté, en moyenne de 23% pour le nucléaire, révèle le rapport du WNISR. Ces dernières années, la poussée des coûts de sécurité dans le nucléaire a contribué à creuser l’écart. Par MWh produit sur la durée de vie d’une installation, le coût total (construction + exploitation) du solaire photovoltaïque varie entre 33 et 40 €/MWh et celui de l’éolien entre 26 et 51 €. Pour le nucléaire, la fourchette est de 102 à 172 € soit, en moyenne, 3 à 4 fois plus cher que les renouvelables. Désormais, dans de nombreuses régions de la planète, le coût de celles-ci passe même sous celui du charbon et du gaz naturel, affirme le rapport.

Les investissements reflètent cette évolution. Aux États-Unis, la capacité de production d’énergie verte augmentera de 45 GW au cours des trois prochaines années, tandis que le nucléaire et le charbon perdront 24 GW. En 2018, la Chine qui reste le constructeur nucléaire le plus actif au monde, a investi 91 milliards de dollars dans les énergies renouvelables, mais seulement 6,5 milliards dans l’atome. Pékin, a étoffé son parc nucléaire de près de 40 réacteurs au cours de la dernière décennie, mais sa production nucléaire est inférieure d’un tiers à sa production éolienne. Bien que plusieurs nouvelles centrales soient en construction, aucun nouveau projet n’a vu le jour dans l’empire du milieu depuis 2016.

En conséquence, depuis 2000, les capacités de production d’électricité verte se développent 25 fois plus vite que le nucléaire. Sur cette période, elles se sont accrues de 547 gigawatts pour l’éolien et de 487 GW pour le solaire contre seulement 41 GW pour le nucléaire.

Les capacités de production d’électricité verte se développent 25 fois plus vite que le nucléaire

Les capacités de production d’électricité verte se développent 25 fois plus vite que le nucléaire

Rien qu’en 2018 un record de 165 gigawatts de nouvelles capacités renouvelables ont été connectées au réseau électrique mondial, pour seulement 9 gigawatts de puissance nucléaire supplémentaire. En termes de quantité d’électricité générée, celle de l’éolien s’est accru de 29% en 2018, du solaire de 13%, et celle du nucléaire de … 2.4%. En comparaison de la situation au début de la décennie, les renouvelables (hydroélectricité non comprise) génèrent un supplément mondial annuel de 1.900 TWh (térawattsheures), dépassant le charbon et le gaz, alors que le nucléaire produit moins malgré l’augmentation de la puissance installée. La faute à la vétusté grandissante du parc de centrales dont les pannes sont plus fréquentes et les périodes d’entretien ou de rénovation plus longues. En Belgique, par exemple, le taux de disponibilité du parc nucléaire n’a pas dépassé les 50 % en 2018 et pendant toute une période, un seul réacteur sur les 7 était opérationnel.

L’énergie nucléaire s’avère la plus chère et la plus lente

Tous ces chiffres sont extraits de l’édition 2019 du World Nuclear Industry Status Report dont son coordinateur, Mycle Schneider, a déclaré lors de la présentation du rapport aux médias il y a quelques jours à Budapest : « Il n’y a aucun doute : le taux de renouvellement des centrales nucléaires est trop lent pour garantir la survie de la technologie. Le monde assiste à l’agonie lente de l’industrie de l’atome ». Pour le climat, le prolongement de la durée de vie des vieux réacteurs en service n’est pas une option non plus, estime-t-il. Leurs coûts opérationnels excèdent celui des installations de production d’énergie renouvelable dont intermittence peut être compensée par des solutions de stockage ou de production pilotables comme l’hydraulique, la géothermie ou les centrales à biomasse. Et dont les coûts baissent eux aussi, constamment.
Le constat de Mycle Schneider est sans appel : « Vous ne pouvez dépenser un dollar, un euro, un yuan ou un rouble qu’une seule fois. L’urgence climatique est telle que les investissements doivent être consacrés aux solutions énergétiques les plus efficaces, les plus économiques et les plus rapides ». La durée moyenne de construction des réacteurs à l’échelle mondiale est d’un peu moins de dix ans, rappelle Schneider. Un délai trop long qui a des conséquences majeures en termes de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, dans la mesure où il implique une prolongation de la durée de vie des centrales thermiques. « L’énergie nucléaire s’avère la plus chère et la plus lente », conclut-il. « Elle ne pourra pas sauver le climat ».

L’Ademe aussi condamne le nucléaire pour raison économique

Les conclusions du WNISR confortent celles d’une autre étude révélée fin 2018 en France par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Souhaitant éclairer le gouvernement au moment où s’ouvrait la consultation sur la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), cet institut scientifique publique établit dans son étude que « le développement d’une filière EPR ne serait pas compétitif pour le système électrique français d’un point de vue économique ». Selon le rapport de l’Ademe intitulé « Vers un mix électrique 100% renouvelable en 2050 », la construction d’un seul réacteur supplémentaire de nouvelle génération en 2030 nécessiterait 4 à 6 milliards d’euros de soutien public en raison de ses coûts trop élevés. En revanche, atteindre 95% d’électricité renouvelable en 2060 est soutenable pour le réseau et permettrait de réduire les coûts de l’électricité pour le contribuable.

Bernard Deboyser est ingénieur polytechnicien et consultant en énergie et mobilité durable. Passionné par les énergies renouvelables depuis plus de 30 ans il développe des projets éoliens et photovoltaïques dans le cadre d'une coopérative citoyenne dont il est un des fondateurs et l'administrateur-délégué www.hesbenergie.be

Lire Le rapport du WNISR et L’étude de l’Ademe      

[1] EPR : European Pressurized water Reactor ou Réacteur Européen à eau Pressurisée. Conçu par Framatome (une filiale d’EDF) et Siemens, ce réacteur de 3e génération (la technologie la plus récente de réacteurs nucléaires) est censé offrir une puissance et une sûreté améliorées.

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4 octobre 2019 5 04 /10 /octobre /2019 09:02

La famille des pesticides SDHI est-elle dangereuse au point de devoir être retirés du marché ? L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a-t-elle laissé passer des produits susceptibles de déclencher un scandale sanitaire ? C’est ce qu’affirme l’ouvrage de Fabrice Nicolino Le crime est presque parfait, paru en ce début septembre. Personnage central de l’ouvrage de Fabrice Nicolino, Pierre Rustin, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et responsable d’une équipe de recherche à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), est le scientifique qui a donné l’alerte sur les SDHI. Propos recueillis par Marie Astier pour Reporterre. Lire aussi Le 4 octobre, les SDHI sont nos ennemis ! et Les SDHI, ces pesticides qui alarment les scientifiques.                                    Venez manifester avec nous devant la mairie des Lilas ce vendredi 4 octobre à 18h30.

L’Anses n’a pas pris la mesure du drame des SDHI

Reporterre : Quel est votre domaine de recherche ?

Pierre Rustin : Avec mes collègues, nous travaillons depuis plus de 30 ans sur les maladies mitochondriales [1], c’est-à-dire des maladies liées à des anomalies de la respiration des cellules. Ces maladies concernent possiblement tous les organes, seuls ou en association. Elles interviennent à tous les âges de la vie. Chez le jeune enfant, le fonctionnement du cerveau, du cœur ou des muscles est souvent concerné, chez les personnes âgées ce sont des maladies de type Parkinson ou Alzheimer. En plus de ces maladies, connues depuis peut-être 40 ans, s’ajoutent depuis les années 2000 des cancers.

Nous nous sommes intéressés aux facteurs de l’environnement qui pouvaient intervenir dans le déclenchement ou l’évolution de ces maladies. En faisant des recherches bibliographiques, nous sommes tombés sur le fait que l’on utilisait des pesticides SDHI en agriculture. Or, les SDHI inhibent la SDH (la succinate déshydrogénase), qui est une des enzymes importantes dans la respiration cellulaire.

Vous avez contacté l’Anses pour l’avertir du danger sanitaire…

En fait, nous lui avons posé cinq questions scientifiques majeures auxquelles nous n’avons toujours pas obtenu de réponse.

La première question est liée au fait que les SDHI tuent l’enzyme chez toutes les espèces biologiques que l’on connaît. En matière de conséquence environnementale, c’est le pire que l’on puisse envisager pour un pesticide : aucune spécificité entre les espèces.

La deuxième question, c’est que nous avons découvert que les SDHI de nouvelle génération ne bloquent pas seulement la SDH mais bloquent aussi d’autres éléments dans les mitochondries, ce qui veut dire qu’il n’y a pas non plus de spécificité de cible et que les conséquences attendues de l’usage de ces nouveaux SDHI sont encore pires.

Le troisième élément, c’est que les tests réglementaires actuels ne sont valables ni au niveau cellulaire — ils ne permettent pas de voir si une substance va bloquer le fonctionnement des mitochondries — ni au niveau des animaux utilisés comme modèles pour tester la toxicité des SDHI. Les rongeurs ne présentent pas du tout une susceptibilité aux mêmes cancers que ceux observés chez les humains.

Le quatrième point, c’est que d’autres produits qui, comme les SDHI, touchaient la respiration cellulaire [2], ont dû être retirés parce qu’ils causaient chez l’homme la maladie de Parkinson. Et là encore, ni les tests réglementaires ni nos autorités sanitaires ne décelaient de danger…

Le cinquième point est que l’utilisation en préventif de ces molécules SDHI, comme d’autres pesticides, est totalement inadmissible. On ne donnera pas des antibiotiques à son bébé en prévision d’une éventuelle infection. C’est pourtant ce que l’on fait en agriculture. C’est inadmissible et absurde parce que chez les champignons comme chez les bactéries, cette pratique est sans doute la meilleure façon d’induire l’apparition de résistances. Un phénomène constaté dès maintenant pour les SDHI.

Nous leur avons posé ces cinq questions simples mais cruciales, mais pour chacune, nous n’avons pas reçu de réponse.

Aviez-vous déjà eu affaire à l’Anses ?

Jamais, nous sommes tombés des nues. Très franchement, nous nous sommes quasiment disputés avec mes collègues parce que, naïvement, j’étais convaincu qu’en recevant notre coup de téléphone, l’Anses allait prendre instantanément la mesure du drame possible. Mes collègues m’ont dit : « Ce n’est pas comme cela que ça se passe ! » Elles avaient raison.

Nous avons été obligés de publier la tribune dans Libération pour que — comme l’Anses ose le dire — ils « s’autosaisissent ».

Roger Genet, directeur général de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), le 23 septembre, sur France Info

Roger Genet, directeur général de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), le 23 septembre, sur France Info

Vous vous êtes alors retrouvé dans une bataille médiatique ?

À notre corps défendant ! Parce que la toxicité des pesticides n’est vraiment pas notre domaine de recherche. Mais pour des raisons morales, il n’est pas possible de ne rien dire, de ne rien faire.

Quand j’entends le ministre de l’Agriculture dire, qu’en accord avec l’Anses et les scientifiques, « cinq mètres d’écartement entre les traitements et les maisons, c’est bien », cela me fait bondir ! Comme sur bien des problèmes de pesticides, le ministre se trompe. Concernant l’espace de cinq mètres, cela a un côté ridicule, soit les pesticides doivent être proscrits, soit non. Tout le monde sait que les pesticides sont partout dans l’air, dans l’alimentation, les rivières. Cette discussion est absurde, il est urgent de sortir des pesticides.

Le directeur de l’Anses, Roger Genet, et son directeur du pôle sciences, Gérard Lasfargue, ont été ces derniers temps très présents dans les médias, pour répondre à votre alerte, à l’ouvrage de Fabrice Nicolino, et rassurer sur les pesticides SDHI…

Mais jamais ils ne s’adressent à notre équipe. L’Anses ne répond pas à mes méls, à mes lettres. Cette agence est complètement discréditée à mes yeux, ils ne font pas leur boulot. Ce n’est pourtant pas à nous de démontrer que ces pesticides sont dangereux.

Sur les SDHI, l’Anses a constitué un comité d’experts de gens sur le sujet, qui n’ont en aucune façon répondu à nos cinq points. Nous le leur avons dit, reprécisé, nous n’avons jamais obtenu de réponse. Je ne vois pas ce que l’on peut faire de plus.

L’Anses vous reproche de ne pas donner de preuve de la toxicité des pesticides SDHI sur l’homme.

On devrait tout d’abord parler de la toxicité peu discutable des pesticides, parmi lesquels les SDHI, démontrée en laboratoire et désormais constatée sur l’environnement. Mais, si l’on ne s’intéresse qu’aux seuls effets chez l’homme, l’effet attendu est l’apparition ou l’accélération de maladies neurologiques, du type maladie de Parkinson. Or, une incidence accrue de cette maladie est justement observée dans les cohortes d’agriculteurs, et cela dans les délais attendus.

Par ailleurs, vous écrivez dans une lettre ouverte à l’Anses qu’elle vous a demandé de montrer l’effet des SDHI sur l’enzyme des mammifères. Or, ceci est fait depuis 1976 ?

Absolument. Une recherche menée il y a plus de 40 ans par les spécialistes mondiaux de l’époque montre l’effet de la carboxine, l’ancêtre de tous les SDHI. Déjà, ils concluaient que c’était et que ce serait une folie complète d’utiliser ce type de molécules.

C’est une folie que de chercher à bloquer la respiration cellulaire en visant des étapes clefs, parfaitement conservées dans l’évolution, depuis les microorganismes jusqu’à l’être humain. Au départ, nous n’avons même pas pensé à publier ces observations : les revues scientifiques n’aiment pas republier des choses connues depuis… 40 ans. Quand l’Anses nous a dit que l’on n’amenait rien de nouveau, ils avaient raison d’une certaine façon.

Quelles recherches avez-vous menées sur l’effet des SDHI ?

Paule Bénit, dans notre équipe, a notamment étudié l’action des SDHI de dernière génération. Elle l’a fait dans des conditions qui font que l’on voit l’effet des SDHI, alors que les tests réglementaires ne le permettent pas. Elle montre que des cellules humaines normales meurent en présence d’une faible concentration de SDHI, et que les cellules de patients Alzheimer meurent plus vite. Comme ce sont des maladies où les mitochondries ne marchent déjà pas bien, quand l’on ajoute des inhibiteurs touchant les mitochondries, on a une mort cellulaire encore plus rapide. L’article scientifique exposant cette recherche va être publié dans les semaines qui viennent.

Vous étiez-vous intéressé aux pesticides auparavant ?

Pas vraiment. De fait, nous sommes entrés dans le sujet différemment de toxicologues, à partir de nos études sur des maladies humaines, ce qui d’une certaine manière nous a protégés de la chape de plomb qui pèse sur une partie de la toxicologie.

Pour les SDHI, depuis 1976, les toxicologues auraient dû dire stop. Depuis des années, il était possible de savoir à partir de la littérature scientifique accessible, que les tests réglementaires n’étaient pas valables. C’était leur boulot de monter au créneau et le dire haut et fort.

Pour vous quelle est l’étape suivante ?

Que l’on arrête d’utiliser les SDHI. Il n’y a pas besoin d’étude supplémentaire. Si usage il doit y avoir, alors il faudrait revoir complètement la façon de les utiliser, c’est-à-dire au moins en finir avec les épandages préventifs, qui sont des folies, que cela soit à 5 mètres ou plus.

D’autant que beaucoup de ces molécules n’ont pas prouvé leur efficacité. Je vous engage à essayer de connaître l’effet sur le rendement de ces SDHI. Ni la FNSEA [le syndicat agricole majoritaire], ni les industriels, ni l’Anses n’ont été capables de nous donner des chiffres sur l’effet sur le rendement de ces molécules. Le bénéfice-risque n’est donc même pas connu.

Et que pensent l’Inserm et le CNRS, vos employeurs, de tout cela ?

Avec leur accord, nous pouvons librement parler.

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2 octobre 2019 3 02 /10 /octobre /2019 10:59

En 1770, la première grande pollution industrielle chimique en France avait eu lieu à 500 mètres du site de Lubrizol. L’inspection des établissements dangereux, comme Lubrizol à Rouen, s’est « singulièrement assouplie » pour éviter de trop contraindre les propriétaires d’usine. Un héritage des siècles passés et de l’industrialisation à tout crin. Une tribune de Thomas Le Roux, historien, parue dans Le Monde le 2 octobre 2019. Chercheur au CNRS, Thomas Le Roux est auteur, avec François Jarrige, de « La Contamination du monde. Une histoire des pollutions à l’âge industriel » (Seuil, 2017). Lire aussi La toxicité du Roundup connue de Monsanto depuis au moins 18 ans et Amiante : un permis de tuer pour les industriels

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L’usine Lubrizol en feu, à Rouen le 26 septembre, vue d’un drone. (©SDIS 76)

L’usine Lubrizol en feu, à Rouen le 26 septembre, vue d’un drone. (©SDIS 76)

C’est à 500 mètres de l’actuelle usine Lubrizol de Rouen qu’eut lieu la première grande pollution industrielle chimique en France, au cours des années 1770, dans le quartier Saint-Sever, sur la rive gauche : les fumées corrosives d’une fabrique d’acide sulfurique détruisirent la végétation alentour et on les soupçonna de menacer la santé publique. Malédiction sur le site ou simple coïncidence ? Ni l’un ni l’autre : mais c’est au miroir du passé que l’on peut mieux comprendre comment le risque industriel et les pollutions sont encadrés aujourd’hui.

Le procès instruit en 1772-1774 après la mise en cause de la fabrique d’acide, a en effet produit un basculement dans l’ordre des régulations environnementales, un vrai changement de paradigme lourd de conséquences.

Une mise en lumière du processus historique aide à répondre à un panache de questions, telles que : « Seveso, quèsaco ? », « Une usine dangereuse dans la ville, est-ce possible ? », « Tire-t-on les leçons d’une catastrophe industrielle ? » Ou encore : « l’industriel : responsable, pas coupable ? »

Les directives européennes Seveso

L’usine d’additifs pour essence et lubrifiants Lubrizol est classée « Seveso – seuil haut ». Elle est donc parfaitement connue des autorités de régulation, à savoir l’Inspection des établissements classés, qui dépend du ministère de la transition écologique et solidaire, et qui a un rôle préventif et de surveillance.

Le classement Seveso découle d’une harmonisation européenne des règles de droit des différents Etats régissant les industries les plus dangereuses. Il tire son nom de celui de la ville de Lombardie où, en juillet 1976, l’usine chimique Icmesa laisse s’échapper un nuage toxique de dioxine qui contamine les environs. Pour prévenir ce type d’accident, trois directives européennes Seveso sont successivement adoptées en 1982, 1996 et 2012 (entrée en vigueur en 2015). Une telle exposition des faits pourrait laisser penser que, tirant les leçons de l’expérience (un accident), les autorités réagissent et fondent un droit protecteur, sans cesse amélioré. Il n’en est rien.

D’une part parce qu’avant la mise en place des directives Seveso, les Etats avaient déjà leur propre réglementation, parfois plus sévère. D’autre part parce que les centrales nucléaires, par exemple, y échappent. Enfin, parce que l’on peut douter de l’efficacité du dispositif.

En matière d’industrie dangereuse, l’accident n’est pas exceptionnel, c’est la norme. Les accidents dans les établissements classés français sont passés de 827 en 2016 à 978 en 2017, et 1 112 en 2018 et près de la moitié d’entre eux laissent s’échapper dans l’environnement des substances dangereuses. Les établissements Seveso contribuent sensiblement à cette progression : pour 15 % en 2016, 22 % en 2017 et 25 % en 2018.

Relâchement dans la régulation depuis la directive Seveso 3 de 2012 ? Remontons quelques années plus en amont, car, au nom d’une simplification des règles administratives, l’inspection des établissements dangereux s’est singulièrement assouplie pour moins contraindre les industriels.

Ainsi, depuis 2010, la nouvelle procédure de « l’enregistrement » a fait baisser significativement le nombre des usines devant se plier aux procédures d’autorisation de fonctionnement. Et cela malgré le souvenir, pas si lointain, de l’explosion mortelle d’AZF à Toulouse en 2001.

Cette procédure a accouché du dispositif des PPRT – plans de prévention des risques technologiques (2003), dans le but de réduire la proximité des installations classées avec les habitations, et dans lesquels, par un curieux renversement de perspective, il est prévu d’exproprier non pas l’industriel source de danger mais le résident qui a eu l’imprudence de venir habiter trop près ou la malchance de voir s’installer une usine près de chez lui. Chacun appréciera.

Comment comprendre que près de quarante ans après la première directive Seveso, la coexistence des habitations et des industries dangereuses soit encore possible ? C’est que ces directives reprennent l’esprit de législations nationales déjà existantes dont le but est, depuis le XIXe siècle, d’encourager l’industrialisation, quitte à sacrifier des zones au nom de l’utilité publique.

Revenons au procès de l’usine d’acide sulfurique de Rouen et son verdict par un arrêt du Conseil du roi, où l’affaire a été renvoyée, en 1774 : à l’encontre de la jurisprudence établie depuis des siècles et qui visait à protéger la santé publique en supprimant toute nuisance de voisinage, il est décidé, après moult débats entre les ministres, que l’usine peut continuer à fabriquer son acide, défense faite au voisinage de gêner son fonctionnement. L’acide sulfurique est alors un nouveau produit, puissant, innovant et indispensable au décollage des industries textile et métallurgique, moteurs de l’industrialisation.

Les populations doivent s’adapter

La décision du Conseil crée une brèche inédite dans la régulation des pollutions et risques industriels ; elle est à l’origine d’un bras de fer de plusieurs décennies entre industrialistes (acception large incluant les industriels, de nombreux scientifiques et la plupart des administrateurs de l’Etat) et défenseurs d’une jurisprudence rétive aux activités de production polluantes (voisins, agriculteurs, polices et justices locales).

La Révolution française et l’Empire napoléonien scellent finalement le nouveau pacte entre l’industrie et l’environnement, dans un contexte de guerre et de mobilisation de masse. La période voit une libéralisation considérable des contraintes juridiques environnementales.

En 1810, au plus fort de l’Empire, une loi sur les industries polluantes (la première du monde) se surimpose au droit commun et y déroge. Elle instaure un régime administratif industrialiste, qui est copié immédiatement sur tout le continent, puis adapté outre-Manche et outre Atlantique à la fin du XIXe siècle.

Les réformes ultérieures de la loi (en 1917 et en 1976 en France), y compris celle de Seveso, n’y changent rien : c’est aux populations de s’acclimater à l’industrie et son cortège de risques et de pollution, au nom de l’utilité publique, l’industrialisation étant assimilée au bien général. Plutôt que d’interdire un produit, on commence à définir une acceptabilité par la dose et les seuils. D’où la banalité de la proximité des usines dangereuses avec des zones habitées depuis deux cents ans.

Surtout, en conséquence de la loi de 1810 et du contrôle administratif, l’industriel échappe à la sphère pénale en cas de pollution : déjà responsable sans être coupable. Les seuls recours judiciaires possibles sont civils, pour déterminer des indemnités pour dommages matériels. Encore aujourd’hui, les poursuites pénales sont extrêmement rares, et les condamnations très faibles, l’exemple de l’entreprise Lubrizol venant confirmer cette règle, avec sa condamnation pour un rejet de gaz toxique, en 2013, à 4 000 euros d’amende – soit une broutille pour une entreprise de cette taille.

Autre leçon des régulations post-1810 : leur insistance sur l’amélioration technique, censée rendre, toujours à court terme, l’industrie inoffensive. La récurrence de l’argumentation, décennie après décennie, laisse rêveur au regard de la progression parallèle de la pollution au niveau mondial. Si la pression du risque industriel est partiellement contenue en Europe depuis les années 1970, c’est en grande partie la conséquence des délocalisations principalement en Asie, où les dégradations environnementales sont devenues démesurées.

La régulation des risques et des pollutions ne protège donc pas assez les populations, parce qu’elle protège avant tout l’industrie et ses produits, dont l’utilité sociale et l’influence sur la santé sont insuffisamment questionnées. Les garde-fous actuels (dispositifs techniques, surveillance administrative, réparation et remédiation, délocalisations) ont pour but de rendre acceptables les contaminations et les risques ; ils confirment une dynamique historique tragique dont l’accident de l’entreprise Lubrizol n’est que l’arbre qui cache la forêt dense de pollutions toujours plus chroniques, massives et insidieuses.

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1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 21:55

Le vendredi 4 octobre à 18H30, les signataires de l’Appel à la résistance pour l'interdiction de tous les pesticides Nous voulons des Coquelicots se retrouvent à nouveau devant les mairies de leurs villes et villages. 421 événements sont annoncés pour le 4 octobre ! Lire aussi  Les SDHI, ces pesticides qui alarment les scientifiques  et Nous voulons des coquelicots...

Le 4 octobre, les SDHI sont nos ennemis !

Pour le premier anniversaire de notre beau mouvement des Coquelicots, nous avons décidé de passer à la confrontation. Avec le système infernal et criminel qui autorise l’empoisonnement de tous.

Car il y a du nouveau, avec ce sigle que tout le monde va découvrir : SDHI. Ces nouveaux pesticides sont partout en France, et représentent un danger inouï. Ils sont pourtant soutenus et même félicités par nos autorités d’État, ainsi que le raconte un livre explosif qui parait le 11 septembre.

Notre agence de sécurité sanitaire, l’Anses, est partie prenante du lobby des pesticides et démontre d’une manière éclatante qu’elle ne protège ni les humains ni les écosystèmes. La situation est si grave qu’elle remet en cause le contrat social qui lie nos vies et nos institutions.

Bien sûr, le mouvement des Coquelicots est, reste et restera non-violent et démocratique. Mais cela n’empêche pas la révolte, la saine révolte contre un ordre qui n’est plus respectable. Nous découvrirons ensemble, au fil des semaines, quelles actions peuvent être menées. Sachez que le petit groupe d’origine a des idées précises, qui en étonneront plus d’un. En voici une première, à découvrir ici.

Il va de soi que chacun peut proposer sa propre partition, éventuellement meilleure que nos propositions. Retenez que la deuxième année des Coquelicots doit montrer sa force sur le terrain. Les rassemblements devant les mairies doivent être maintenus et amplifiés, mais ouvrez grand vos oreilles, et préparez-vous à l’action. C’est le moment.

L'association Nous voulons des coquelicots

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28 septembre 2019 6 28 /09 /septembre /2019 09:09

La première centrale solaire citoyenne d’Ile-de-France voit le jour, avec l’appui de la ville et de plusieurs autres collectivités. Un article que j'aurai dû partager plus tôt sur ce blog, par Claude Guedon le 10 septembre pour Le Parisien. Lire aussi Un coup de pouce Vert pour les Electrons solaires ! et rejoignez les énergies citoyennes locales sur http://electrons-solaires93.org/Cooperative.html !

Les Lilas, le 5 septembre. La coopérative Electrons solaires cofondée par Pierre Stoeber a financé la première installation citoyenne d’Ile-de-France de panneaux photovoltaïques, sur le toit d’une école aux Lilas. LP/Claire Guédon

Les Lilas, le 5 septembre. La coopérative Electrons solaires cofondée par Pierre Stoeber a financé la première installation citoyenne d’Ile-de-France de panneaux photovoltaïques, sur le toit d’une école aux Lilas. LP/Claire Guédon

« Une aventure humaine. » Loin d'être galvaudée, l'expression que choisit Pierre Stoeber, cofondateur de la coopérative des Electrons solaires, au cœur du territoire d'Est Ensemble résume le chemin accompli ces trois dernières années. La poignée d'habitants convaincus du départ forme aujourd'hui une force de frappe de 120 sociétaires qui ont financé la pose de 117 panneaux photovoltaïques sur la toiture de l'école Waldeck-Rousseau, aux Lilas.

L'installation proprement dite qui s'est élevée à 75 000 € s'est déroulée au mois d'août. Une petite réception des travaux était organisée la semaine passée, pour inaugurer ce qui constitue la « première centrale solaire citoyenne d'Ile-de-France », comme le souligne Pierre Stoeber.

Sept coopératives en Ile-de-France

A sa connaissance, sept coopératives se sont montées en l'espace d'un an en région parisienne dont Plaine Energie citoyenne au nord-ouest de Seine-Saint-Denis. Parmi les projets avancés, figurent ceux d'EnerCit'IF, à qui la mairie de Paris a accordé au printemps 2019, le droit d'occuper le domaine public pour construire les neuf premières centrales solaires citoyennes de la capitale.

« Ça bouillonne depuis un an ou deux en Ile-de-France. On voit des habitants qui ont envie de se mettre ensemble, pour accompagner un projet d'énergie renouvelable », confirme Julien Courtel, d'Enercoop. Ce fournisseur d'électricité verte, qui compte 80 000 clients, travaille déjà avec 250 producteurs (centrales hydrauliques et installations éoliennes et photovoltaïques).

Une partie des 117 panneaux photovoltaïques posés sur le toit d’une école aux Lilas. LP/Claire Guédon

Une partie des 117 panneaux photovoltaïques posés sur le toit d’une école aux Lilas. LP/Claire Guédon

L'équipement de l'école des Lilas qui couvre une surface de 200 m2 produira l'équivalent de la consommation annuelle de douze à quinze foyers. Alors, évidemment, énoncée ainsi, la démarche pourrait paraître anecdotique. En réalité, elle a valeur d'exemple. « Notre but est d'amorcer la transition énergétique et de pousser les autres, à la faire. En tant que citoyen, on ne peut pas tout mais on montre que c'est possible », détaille Pierre Stoeber.

« Prise de conscience »

Et ça fonctionne : les villes des Lilas, du Pré Saint-Gervais, de Romainville, Pantin (et bientôt celle de Montreuil) ainsi qu'Est Ensemble sont devenus sociétaires de la coopérative. Chaque part est fixée à 100 €. « En moyenne, un sociétaire prend 4,5 parts », précise Pierre Stoeber.

« C'est une convergence de volontés, résume le maire socialiste des Lilas, Daniel Guiraud. On amorce une prise de conscience, pour encourager les copropriétés et les pavillons à poser des panneaux photovoltaïques et permettre l'augmentation du solaire dans le mix énergétique. »

Financé par la coopérative, l'investissement est assuré à 20 % en fonds propres, 30 % en emprunts et le reste en subventions. Un bail de trente ans a été passé avec la ville des Lilas qui en a profité pour coupler la rénovation de la toiture de l'école Waldeck-Rousseau aux travaux de pose des panneaux photovoltaïques.

Quatre nouveaux toits en 2020

En 2020, quatre nouveaux projets d'Electrons solaires vont pousser sur les toits du collège Jean-Zay (500 m2), à Bondy, d'un immeuble de logements sociaux, à Montreuil et de deux écoles à Pantin et Bagnolet.

L'objectif est de revendre l'énergie renouvelable à Enercoop. « Nous allons soutenir 18 projets citoyens en Ile-de-France portés par trois collectifs : Electrons solaires, EnerCit'IF et Sud Paris Soleil, précise Julien Courtel, d'Enercoop. Notre idée est de leur acheter l'électricité à un tarif légèrement bonifié et nous nous engageons auprès d'eux sur vingt ans, afin de leur assurer un modèle économique stable », poursuit-il.

Deux décennies, c'est effectivement la durée estimée pour « rentabiliser les installations », indique Pierre Stoeber. « J'essaie de faire de l'écologie par des actes. On crée quelque chose qui va vivre sa vie. C'est une très grande satisfaction. »

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21 septembre 2019 6 21 /09 /septembre /2019 09:02
Sur le quai du RER B à la station Saint-Michel, à Paris, le 25 juillet 2015. (PAUL-MARIE GUYON / CITIZENSIDE.COM / AFP)

Sur le quai du RER B à la station Saint-Michel, à Paris, le 25 juillet 2015. (PAUL-MARIE GUYON / CITIZENSIDE.COM / AFP)

« Trois cents bouches du métro rejettent des particules fines à des niveaux de danger exceptionnels », déclarait au Monde Anne Hidalgo, lundi 16 septembre, avant la publication d’une cartographie inédite révélant les zones les plus polluées de la capitale. Une équipe du CNRS, épaulée par l’association Respire, a mesuré en juin ces particules fines dans le métro et dans le RER avec un appareil de haute précision (LOAC). Les résultats, diffusés mercredi 18, sont sans appel : « L’air est nettement plus pollué en particules fines dans le métro que dans l’air ambiant extérieur. »

A la station du RER A, gare de Lyon, les concentrations de PM10 (inférieurs à 10 micromètres), les particules les plus grossières, ont atteint jusqu’à dix fois celles mesurées à la surface : 300 microgrammes par mètre cube (µg/m3) contre 30 µg/m3 à l’extérieur. L’écart est également important pour les PM2,5 (inférieurs à 2,5 µm) : 50 µg/m3 versus 15 µg/m3. Mais les résultats sont encore plus impressionnants lorsque l’on s’intéresse aux particules ultrafines (PUF), d’un diamètre inférieur à 0,1 µm, que ni les appareils de surveillance mis en place par la RATP sur son réseau ni ceux d’Airparif ne mesurent, en l’absence de normes.

« Un niveau jamais atteint en extérieur »

La concentration en PUF a atteint en juin environ 300 µg/m3, gare de Lyon. « Un niveau jamais atteint en extérieur, où on reste en général en dessous de 10 µg/m3 », souligne Jean-Baptiste Renard, du Laboratoire de physique et chimie de l’environnement et de l’espace du CNRS, qui a conduit ce projet. Les mesures en concentration ne rendant qu’imparfaitement compte de la pollution lorsqu’il s’agit de particules aussi fines, il faut aussi les dénombrer. Et, sur le quai du RER A, les scientifiques en ont compté beaucoup : entre 300 millions et 800 millions de particules par mètre cube. Soit 10 fois plus qu’à l’extérieur. Des niveaux similaires ont été relevés sur les quais de la ligne 4 du métro, à la station Châtelet.

Des mesures ont également été faites à la station Cité et dans une rame de la ligne 10 entre Odéon et Gare d’Austerlitz. Les niveaux de pollution constatés à l’intérieur de la rame sont inférieurs à ceux mesurés dans les couloirs. Et sur les quais, c’est en tête que les pics ont été mesurés. Conseil d’Olivier Blond, le président de Respire : « N’attendez pas votre RER près de l’entrée du tunnel ! »

Pour le spécialiste de la pollution de l’air, il s’agit d’« en finir avec l’omerta ». « Tout le monde sait que le métro est pollué, mais rien ne changera tant que la RATP refusera de reconnaître la gravité du problème. Les mesures que nous avons effectuées, c’est la régie qui aurait dû les faire depuis longtemps. » A la RATP, on fait valoir que des mesures de qualité de l’air sont pratiquées « depuis vingt ans » et mises à disposition du public depuis 2018, que 56 millions d’euros auront été investis entre 2016 et 2020 pour renouveler les systèmes de ventilation, ou encore qu’une expérimentation est en cours pour « capter les particules métalliques au freinage », considérées comme la principale source de pollution.

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20 septembre 2019 5 20 /09 /septembre /2019 09:13

L’étude menée à Paris, Berlin, Madrid, Londres… révèle des niveaux de pollution de l’air intérieur loin des normes sanitaires. D’après Alliance pour la santé et l’environnement (HEAL) et Stéphane Mandard pour Le Monde le 18 septembre 2019. Lire aussi La première conférence mondiale sur la pollution de l'air s'est ouverte à Genève, Pollution de l’air : le match du siècle , Paris, encore loin des villes européennes modèles pour la pollution de l’air et la mobilité, La pollution de l’air tue 7 millions de personnes dans le monde chaque année et Médecins et associations unissent leurs voix pour rappeler l’urgence d’agir face à la pollution de l’air.

Les écoles cernées par la pollution dans six capitales européennes

La pollution de l’air ne s’arrête pas aux portes des écoles, ni à celles des salles de classe. Telle est la conclusion d’une étude menée par l’ONG européenne Alliance pour la santé et l’environnement (HEAL) dans six capitales en proie à des problèmes récurrents de qualité de l’air : Paris, Londres, Berlin, Madrid, Sofia et Varsovie.

Trois polluants (dioxyde d’azote, particules fines et dioxyde de carbone) ont été mesurés entre mars et mai dans cinquante établissements. Les résultats ont été publiés mercredi 18 septembre. Ils font apparaître des tendances alarmantes communes à toutes les villes.

Du dioxyde d’azote (NO2), gaz toxique émis principalement par le trafic routier et en particulier les véhicules diesels, a été détecté à l’intérieur de toutes les salles de classe dans l’ensemble des écoles et parfois à des niveaux importants.

Les concentrations en particules fines (PM 2,5, inférieurs à 2,5 micromètres de diamètre) dépassent souvent la norme de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui est de 10 microgrammes par mètre cube (µg/m3) en moyenne annuelle. La plupart des salles de cours présentent des niveaux de dioxyde de carbone (CO2) supérieurs au seuil recommandé de 1 000 particules par million (ppm).

Record dans une école parisienne

Les écoles cernées par la pollution dans six capitales européennes

Les résultats concernant le NO2 sont éloquents. Dans certaines classes, les concentrations frôlent les limites européennes en vigueur pour l’air extérieur (40 µg/m3 en moyenne annuelle). Ainsi, 35 µg/m3 ont été relevés dans une école de Madrid.

Dans d’autres établissements, les concentrations retrouvées à l’intérieur des salles dépassent même les niveaux mesurés en extérieur, à l’entrée de ces écoles : 30 µg/m3 versus 22 et 23 versus 16 pour deux écoles de Sofia, 13 versus 6 pour un établissement berlinois. Et, dans de nombreux cas, les niveaux mesurés à l’entrée des écoles oscillent entre 35 et 43 µg/m3, le record revenant à une école maternelle parisienne avec un taux de 52 µg/m3, soit largement au-delà de la limite légale européenne.

« L’objectif de notre travail n’était pas de comparer les villes entre elles, mais de mobiliser les décideurs locaux à travers l’Union européenne autour d’un défi de santé publique récurrent. A savoir que, pour garantir la qualité de l’air intérieur dans les écoles – là où respirent les membres d’une catégorie particulièrement vulnérable de la population –, il est indispensable de réduire la pollution extérieure », commente Sophie Perroud, de HEAL, qui regroupe plus de 70 organisations spécialisées dans les questions de santé-environnement.

A Paris, la campagne de mesures a été pilotée par France Nature Environnement (FNE). Elle complète les données publiées en mars par l’association Respire indiquant que les niveaux de pollution aux abords des établissements scolaires dépassent souvent les normes sanitaires. Six écoles maternelles et primaires représentant près de 1 000 élèves ont accepté de participer à l’étude. Choisies de façon à obtenir des profils différents (proximité avec un axe urbain, quartier…), elles ont préféré garder l’anonymat.

Mauvaise ventilation

Quatre écoles présentent des concentrations de CO2 « très supérieures aux niveaux recommandés » (entre 1 062 et 1 525 ppm), indiquant une mauvaise ventilation, pourtant indispensable pour la santé et la concentration des enfants. Les niveaux de particules fines PM 2,5, les plus dangereuses car elles pénètrent profondément dans l’organisme, dépassent la norme de l’OMS dans quatre d’entre elles, et de plus du double pour trois écoles (avec 20, 23 et 25 µg/m3).

Les résultats sont particulièrement préoccupants pour une école primaire du centre de Paris. Située à proximité d’un grand boulevard, elle cumule niveaux très élevés de CO2 (1 525 ppm) et de NO2 (52 µg/m3 à l’entrée de l’école, 27 µg/m3 en salle).

« La circulation routière et les chantiers de construction constituant la principale source de pollution de l’air extérieur, les écoles ont besoin que les maires agissent en vue de trouver des solutions permettant de la réduire, commente Alain Chabrolle, vice-président de FNE. Paris est en train de mettre en place quelques mesures, mais il est possible de faire davantage, en particulier autour des écoles avec, par exemple, des limitations de vitesse plus strictes, des zones à faibles émissions ou des zones à péage urbain. »

FNE et HEAL réclament aussi un « meilleur contrôle » et « des amendes plus dissuasives pour le non-respect de la vignette Crit’Air », qui interdit aux véhicules les plus polluants (Crit’Air 5 et 4) de circuler dans Paris en semaine. Les ONG plaident également pour un « renforcement du contrôle réglementaire et scientifique citoyen de la qualité de l’air dans les écoles ». Annoncé par la mairie avant l’été, le déploiement de 150 capteurs dans une cinquantaine d’établissements jugés prioritaires doit s’intensifier à partir du 20 septembre.

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18 septembre 2019 3 18 /09 /septembre /2019 12:09

Une équipe scientifique a détecté des substances chimiques toxiques dans trois objets en plastique de consommation courante sur quatre. D’après Environmental Science and Technology et Stéphane Horel pour Le Monde.                           Lire aussi Le bisphénol S, substitut du bisphénol A, est un perturbateur endocrinien aussi dangereux, Les microplastiques polluent jusque dans les montagnes, Seule la plasticité pourra nous sauver des plastiques et Nous mangeons du plastique.

Une étude passe au crible la toxicité des plastiques d’usage quotidien

Pots de yaourt, couvercles de tasse à café ou flacons de shampooing : la majorité (74 %) des produits en plastique testés par un groupe de chercheurs basé en Allemagne (Université Goethe et Institut pour la recherche sociale et écologique de Francfort) étaient toxiques. Si elle ne concerne que trente-quatre produits, l’étude, publiée dans la revue Environmental Science and Technology mardi 17 septembre, est cependant la plus complète à ce jour. L’objectif du groupe de recherche, dénommé PlastX, était de tester in vitro des produits de consommation courante constitués de huit différents types de plastiques : polychlorure de vinyle (PVC), polystyrène (PS), polypropylène (PP), etc.

Les objets n’ont pas été choisis au hasard, mais sélectionnés en fonction de l’importance de leur part dans les déchets municipaux. Outre ceux déjà cités, éponges de bain pour enfants, tampons à récurer la vaisselle, sets de table ou encore sachets de bonbons ont été taillés en pièces puis passés au crible d’une batterie de tests. Le tout a été reproduit trois fois, si bien que l’ensemble de ces opérations fastidieuses a pris dix-huit mois.

Les chercheurs ont pu observer que ces plastiques déploient tout un éventail de toxicité. Six produits sur dix induisent une toxicité dite de référence ; quatre sur dix provoquent un stress oxydatif, à l’origine d’inflammations potentiellement nocives pour l’organisme ; trois sur dix sont toxiques pour les cellules ; trois sur dix également indiquent une perturbation endocrinienne, certains imitant les œstrogènes, d’autres bloquant les hormones sexuelles masculines.

Ces résultats, dans leur ensemble, n’ont pas surpris l’équipe, mais ont suscité une grande frustration. « Il est impossible de dire quels produits sont sûrs et lesquels ne le sont pas », regrette Martin Wagner, l’un des auteurs, biologiste spécialiste de l’impact des plastiques sur l’environnement et la santé. Sur quatre pots de yaourt par exemple, la moitié présentait une toxicité, l’autre, aucune. « Ce qui est frustrant pour nous mais aussi pour le public, car les gens ne peuvent pas savoir lesquels acheter. »

Leurs analyses, en revanche, permettent de désigner les plastiques renfermant un potentiel toxique plus important que les autres. C’est le cas du PVC (code 3 dans le triangle d’identification) et du polyuréthane (code 7, avec les autres types de plastique) – qui peut se présenter sous la forme de mousse dans les éponges ou les sets de table. « C’était attendu pour le PVC,explique Martin Wagner, qui contient beaucoup d’additifs. » Agents ignifuges, antioxydants, pigments, etc. : des composés issus de la pétrochimie sont intégrés aux plastiques lors de leur fabrication. Certains phtalates, par exemple, des plastifiants sont toxiques pour la reproduction et perturbateurs endocriniens.

Véritable « boîte noire »

Bien moins attendu, en revanche, le plastique biodégradable, l’acide polylactique (PLA), figure aussi parmi les plus toxiques. « Nous devons sortir des matières fossiles, mais il faudrait choisir des produits chimiques sûrs dès le départ », commente le chercheur. Le groupe PlastX a d’ailleurs décidé de tester ces bioplastiques en plus grand nombre. A l’inverse, le polytéréphtalate d’éthylène (PET, qui ne contient pas de phtalates contrairement à ce que son nom évoque) et le polyéthylène haute densité (HDPE) ne contiennent que très peu, voire pas du tout, de substances toxiques. Des produits plus sûrs existent donc sur le marché…

Tous ces tests ont été réalisés in vitrosur des bactéries ou des cellules. « Ce n’est pas parce qu’une substance tue des bactéries qu’elle tue les humains, explique Martin Wagner, mais le résultat de cette batterie de tests constitue « un bon indicateur de la présence d’un produit chimique ayant un potentiel toxique » et représente une première étape avant des études plus poussées.

Contrairement aux produits qu’ils contiennent ou constituent, les plastiques ne sont pas vendus avec la liste de leurs ingrédients, et leur composition en soi est une véritable « boîte noire ». Pas moins de 4 000 substances sont employées rien que pour la fabrication des plastiques destinés au contact alimentaire.

Or, parmi les 1 400 produits chimiques détectés dans leur petit échantillon, les chercheurs de PlastX ne sont parvenus à en identifier que 260. Et il leur reste impossible de désigner ceux qui provoquent une toxicité. Ce « challenge scientifique »,insiste Martin Wagner, ne fait que renforcer l’importance des études sur les « effets cocktail » des substances constituant les objets du monde moderne.

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15 septembre 2019 7 15 /09 /septembre /2019 09:09

Greenpeace a évalué les gaz à effet de serre émis au cours de leur cycle de vie par les véhicules des douze principaux constructeurs mondiaux. Les voitures vendues en 2018 laisseront une empreinte carbone de 4,8 gigatonnes de CO2. D’après Greenpeace et Stéphane Mandard pour Le Monde le 10 septembre. Lire aussi Contre la pollution de l’air aux particules ultrafines, la réduction du trafic automobile est nécessaire, La pollution diesel coûte plus de 50 milliards de frais de santé par an aux Européens« Une civilisation durable ne peut pas être une civilisation de la voiture » et Diesel : les constructeurs automobiles continuent d’enfumer nos villes.

Greenpeace indique que la «la part de marché des SUV, trop polluants, a quadruplé au cours des dix dernières années en Europe». LP/Philippe Lavieille

Greenpeace indique que la «la part de marché des SUV, trop polluants, a quadruplé au cours des dix dernières années en Europe». LP/Philippe Lavieille

Le chiffre ne manquera pas d’alimenter les discussions dans les travées du Salon de Francfort, la grand-messe de l’automobile qui s’ouvre mardi 10 septembre. Il devrait aussi être brandi en France, sur les bancs de l’Assemblée nationale, où doit être discutée cette semaine la loi sur les mobilités. Et pour cause, il est faramineux : 4,8 gigatonnes. C’est la quantité de dioxyde de carbone (CO2) que vont émettre les voitures vendues dans le monde en 2018 au cours de leur cycle de vie, selon un rapport inédit de Greenpeace auquel Le Monde a eu accès. C’est davantage que les émissions annuelles de gaz à effet de serre (GES) de tous les pays de l’Union européenne (UE), estimée à 4,1 gigatonnes d’équivalent CO2.

Pour établir ce chiffre, l’ONG a évalué l’empreinte carbone des 12 premiers constructeurs mondiaux sur les cinq principaux marchés : Etats-Unis, UE, Chine, Japon et Corée du Sud. La palme du plus gros pollueur revient sans surprise au leader mondial Volkswagen, avec 582 millions de tonnes d’équivalent CO2 émis par ses 10,8 millions de véhicules vendus en 2018. Il est suivi de près par le groupe Renault-Nissan (577 millions de tonnes). Le japonais Toyota complète le podium, avec un total de 562 millions de tonnes. Des émissions de GES bien supérieures à celles d’un pays comme l’Australie (533 millions de tonnes en 2018). Avec 878 millions de tonnes, l’empreinte carbone des trois marques allemandes (Volkswagen, Daimler et BMW) dépasse celle de l’Allemagne (866 millions de tonnes).

Fiat Chrystler, champion des émissions par véhicule

Si on rapporte cette empreinte par véhicule, c’est cette fois la firme italo-américaine Fiat Chrysler qui occupe la tête du classement, avec 63,1 tonnes de GES en moyenne par voiture vendue, devant les américains Ford (61,4 tonnes) et General Motors (61,3 tonnes).

Pour mesurer cette empreinte, Greenpeace a cherché à évaluer l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre que vont émettre tout au long de leur cycle de vie (de la production au recyclage et pas seulement à l’échappement) les voitures que commercialise un constructeur au cours d’une année. Une gageure. Le calcul des valeurs des émissions de CO2 à l’échappement se fonde sur des cycles d’essais standardisés que les constructeurs sont dans l’obligation de suivre pour certifier chaque modèle, mais qui sous-estiment les niveaux d’émissions en conditions réelles de conduite. Aussi l’ONG a appliqué un facteur de correction issu des travaux de l’Agence internationale de l’énergie. Elle a opté pour 200 000 km comme « durée de vie » moyenne pour un véhicule.

Les données étant encore plus éparses concernant les émissions dues à la production et à la fin de vie (et au recyclage) des voitures, les experts de Greenpeace ont retenu respectivement 6,5 et 2,7 tonnes d’équivalent CO2 pour ces deux phases du cycle de vie. Pour être tout à fait complets, ils ont également tenté de prendre en compte les émissions en « amont » liées au carburant : extraction, raffinage, transport et distribution.

« L’urgence climatique est chaque jour plus palpable. Pourtant l’industrie automobile continue de conduire le climat droit dans le mur », commente Sarah Fayolle, spécialiste transport pour Greenpeace France.

La bataille des émissions de CO2 des voitures est d’autant plus capitale que le secteur du transport est le premier émetteur de GES au niveau européen. Et le trafic automobile représente à lui seul environ 12 % des émissions générées par les pays de l’UE. Or, si depuis 1990 l’UE a réussi à réduire ses émissions de 23 %, celles liées au transport routier ont crû d’environ 20 %.

Fin de vente des essences et diesel d’ici à 2025

La loi sur les mobilités, concoctée par la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, lorsqu’elle occupait encore le portefeuille des transports, prévoit la fin de la vente des véhicules à moteur thermiques (essence et diesel) en 2040. Beaucoup trop tard pour les écologistes. « Les constructeurs automobiles devraient planifier de toute urgence la fin des véhicules carburant au pétrole : pour limiter la hausse globale des températures à 1,5 °C, les dernières voitures essence, diesel ou hybride devront être vendues en Europe d’ici à 2028 », estime Sarah Fayolle, en se référant à une étude réalisée par le Centre aérospatial allemand.

Souvent présentées comme l’option la plus efficace (car moins onéreuse que les modèles tout-électrique) pour réduire les émissions du parc automobile, les hybrides, dont les ventes sont soutenues en France par la fameuse prime à la conversion, ne constituent pas des solutions pérennes. Utilisant une double technologie (combustion et électricité), ils peuvent produire d’importantes émissions de CO2, notamment s’ils ne fonctionnent pas de manière optimale, soit essentiellement sur des trajets courts.

Mais, pour Greenpeace, l’absence de progrès du secteur automobile dans la réduction des GES incombe surtout à la mode des SUV, ces grosses berlines aux faux airs de 4 × 4. Plus lourds et moins aérodynamiques, ils enregistrent des émissions de CO2 bien supérieures aux autres modèles. En Europe, leur part de marché a plus que quadruplé, pour passer de 8 %, en 2008, à 32 %, dix ans plus tard.

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A Paris, même les diesels les plus récents           dépassent largement les normes de pollution

Une étude inédite a permis de mesurer les émissions réelles des voitures et des deux-roues. Les nouveaux diesels aggravent les pics de pollution à l’ozone l’été.

Les voitures à moteur diesel, même les plus récentes, continuent à émettre des oxydes d’azote (NOx), gaz très toxique rendu célèbre par le scandale du « dieselgate », à des niveaux très supérieurs aux normes d’homologation et aux véhicules essence. Telle est l’une des principales conclusions d’une étude inédite à laquelle Le Monde a eu accès et dont les résultats devaient être présentés mardi 10 septembre.

Entre le 18 juin et le 16 juillet 2018, une campagne de collecte de données sans précédent a été menée dans les rues de Paris dans le cadre du projet TRUE (The Real Urban Emissions Initiative). Pilotée par le Conseil international pour un transport propre (ICCT), l’organisation non gouvernementale à l’origine de la révélation du « dieselgate », elle a permis d’obtenir une photographie précise de la réalité de la pollution automobile dans la capitale à partir des mesures effectuées sur près de 180 000 véhicules en circulation.

En utilisant des portiques équipés de lasers, les experts de l’ICCT ont pu analyser précisément la composition et la concentration des gaz et particules sortis directement des pots d’échappement. Sans possibilité de fraude, contrairement aux tests qui sont pratiqués en laboratoire lors de l’homologation des véhicules.

Premier enseignement, la majorité des véhicules qui sillonnent les rues de la capitale sont encore des diesels (64 %) et récents (28 % sont des Euro 6, immatriculés après 2014). Or, révèle l’étude, les Euro 6 diesel émettent six fois plus de NOx que la norme d’homologation (80 milligrammes par kilomètre) et 4,8 fois plus que les Euro 6 essence.

« Pas adapté à la ville »

« Cette étude nous montre une nouvelle fois que le diesel n’est pas adapté à la ville et que les émissions réelles des véhicules sont très différentes de celles annoncées par les constructeurs », commente Christophe Najdovski, adjoint à la Mairie de Paris chargé des transports. « Elle nous conforte dans notre opposition au projet du ministère de l’économie de requalifier les diesels les plus récents en Crit’Air 1 [catégorie aujourd’hui réservée aux essences les plus performantes et aux hybrides], poursuit l’élu écologiste. Il n’y a pas de diesel propre. »

Les diesels Euro 6 bénéficient pourtant de la vignette Crit’Air 2, c’est-à-dire qu’ils ne seront pas interdits à Paris avant le bannissement de tous les diesels en 2024 et qu’ils peuvent circuler même en cas de pic de pollution, le nouveau principe de circulation différenciée entrée en vigueur cet été ne s’appliquant qu’aux véhicules les plus anciens (Crit’Air 4 et 5).

Autre découverte majeure de la campagne menée par l’ICCT : au-delà de 30 °C de température extérieure, les diesels Euro 6 recrachent de 20 % à 30 % de plus de NOx qu’entre 20 °C et 30 °C. Or les NOx contribuent à la formation d’ozone lors des vagues de chaleur. « Ces résultats démontrent que les diesels mêmes récents viennent aggraver les épisodes de pollution à l’ozone auxquels nous avons été confrontés cet été et qui vont se reproduire. Aussi, tous les diesels devraient être interdits de circulation pendant les pics », considère M. Najdovski.

Dernier résultat marquant de l’étude : la pollution des deux-roues, jusqu’ici mal documentée. Les mesures de l’ICCT montrent que les motos et scooters, très présents à Paris, recrachent jusqu’à six fois plus de NOx et onze fois plus de monoxyde de carbone (CO) que les voitures essence les plus récentes. Très toxique pour l’homme, le CO est aussi un précurseur de la formation d’ozone et contribue, à l’instar des NOx, aux pics de pollution l’été.

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14 septembre 2019 6 14 /09 /septembre /2019 12:49

Ils sont massivement utilisés dans l’agriculture depuis les années 2000, et on en retrouve partout, jusque dans nos assiettes. Selon un groupe de spécialistes, qui réclament leur suspension, les fongicides SDHI présentent un risque important pour la santé. Et la Consultation publique sur les pesticides lancée par le gouvernement concernant la distance minimale entre les habitations et les zones d’épandage est hypocrite - seuls les commentaires sur 5 ou 10 m sont possibles. D’après Émilie Torgemen pour Le Parisien, Fabrice Nicolino et https://nousvoulonsdescoquelicots.org/, 6 au 12 septembre 2019. Lire aussi Fongicides SDHi : vers un nouveau scandale sanitaire ?

Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne), en 2018. Parmi les fongicides SDHI, on compte notamment le Boscalid, vaporisé sur les champs de blé, d’orge et les vergers. (Illustration.) AFP/Rémy Gabalda

Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne), en 2018. Parmi les fongicides SDHI, on compte notamment le Boscalid, vaporisé sur les champs de blé, d’orge et les vergers. (Illustration.) AFP/Rémy Gabalda

Fraises, salades, pommes, blé, gazons des terrains de sport… « Personne ne les connaît, ils sont pourtant épandus partout ! » s'alarme Fabrice Nicolino, qui publiera jeudi 12 septembre une enquête très fouillée sur les SDHI : « Le Crime est presque parfait » (Ed. Les liens qui libèrent, 224p., 20 euros). Cette famille de fongicides est au cœur d'une guerre de tranchées entre scientifiques et experts des autorités sanitaires.

Pourquoi ? Côté pile, les SDHI s'attaquent à la succinate déshydrogénasse, enzyme qui participe à la chaîne respiratoire des champignons, et permettent ainsi de détruire ces nuisibles qui attaquent les récoltes. Mais côté face, selon plusieurs chercheurs, ils peuvent de la même manière bloquer le système respiratoire des animaux et des êtres humains.

« Conséquences potentiellement catastrophiques »

« C'est une folie que d'utiliser massivement ce produit. Nous avons testé ces inhibiteurs en laboratoire, ils tuent aussi bien l'enzyme du ver de terre, de l'abeille que de l'homme avec des conséquences potentiellement catastrophiques », affirme Pierre Rustin, chercheur à l'Inserm.

Ce spécialiste mondialement reconnu a découvert par hasard que les agriculteurs utilisaient massivement ces produits potentiellement très toxiques. « On en relargue des centaines de tonnes dans la nature », se désole le scientifique, qui a aussitôt contacté les autorités sanitaires. Une alerte restée sans réponse pendant des mois.

Alors, aux côtés de huit autres chercheurs -cancérologues, médecins, toxicologues-, Pierre Rustin a publié une tribune appelant à « suspendre l'utilisation tant qu'une estimation des dangers et des risques n'aura pas été réalisée par des organismes publics indépendants ». On soupçonne la SDHI d'entraîner de graves encéphalopathies et d'être à l'origine de cancers.

Des évaluations vont être lancées

En réponse, l'ANSES, l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, a publié un rapport en janvier qui conclut que l'alerte n'est pas fondée et qu'il n'y a pas lieu d'interdire ces produits. « Le rapport était d'une indigence incroyable, regrette Pierre Rustin. Il évoque par exemple l'effet dose de ces produits chimiques. Or, dans les maladies mitochondriales ( NDLR : pathologie en rapport avec la chaîne respiratoire ), on ne connaît pas grand-chose mais l'on sait que ce n'est pas la quantité de produit qui crée le problème. »

Les neuf spécialistes travaillent aujourd'hui d'arrache-pied pour publier dans des revues scientifiques des preuves de la dangerosité scientifique des SDHI. Contactée, l'Anses renvoie de son côté vers le point publié cet été sur son site. Ce communiqué rappelait d'une part qu'« à ce jour, aucun nouvel élément n'est venu confirmer l'existence d'une alerte sanitaire », tout en précisant que l'agence qui ne clôt pas ce dossier et va lancer des projets de recherche pour vérifier la dangerosité de ces pesticides.

Quels sont les noms de ces fongicides ?

Il y a le Boscalid, commercialisé par BASF et « vaporisé » sur le blé, l’orge, les vergers. Il y a aussi l’Exteris stressgard spécialiste des gazons de foot, ou encore l’Isopyrazam de Syngenta, entre autres pour protéger les bananes d’un terrible champignon. Sous ces noms commerciaux, onze substances actives de la famille des inhibiteurs de la succinate déshydrogénase (SDHI) sont autorisées en France.

Controversés, ces pesticides luttent contre certains champignons et moisissures qui attaquent les cultures. Ces fongicides ont été utilisés entre les années 1960 et les années 1990, mais c’est surtout depuis les années 2000 que les SDHI font leur grand retour. La plupart ont été autorisées en 2013 en France.

Ils sont depuis omniprésents dans le traitement des récoltes, parfois utilisés en enrobage directement sur les semences. Jusqu’à 80 % des champs de blé sont traités avec des SDHI. Le Boscalid est selon les ONG, le pesticide qui laisse le plus de traces dans nos assiettes.

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Il faut cesser cette folie

Les SDHI, ces pesticides qui alarment les scientifiques

Dans son nouveau livre d'enquête qui est sorti le 12 septembre, « Le Crime est presque parfait » (Ed. Les liens qui libèrent, 224p., 20 euros), Fabrice Nicolino s'est penché sur les très controversés fongicides SDHI. L'auteur de « Nous voulons des coquelicots », qui avait initié le mouvement anti-pesticides des coquelicots, réclame avec sa faconde un moratoire immédiat sur ces fongicides.

Pourquoi ? Côté pile, les SDHI s'attaquent à la succinate déshydrogénasse, enzyme qui participe à la chaîne respiratoire des champignons, et permettent ainsi de détruire ces nuisibles qui attaquent les récoltes. Mais côté face, selon plusieurs chercheurs, ils peuvent de la même manière bloquer le système respiratoire des animaux et des êtres humains.

Dans votre ouvrage, vous semblez accuser l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation, de l'environnement et du travail) d'avoir délibérément négligé l'alerte de grands chercheurs ?

Fabrice Nicolino : Bien sûr. L'Anses est l'organisme qui donne les autorisations de mise sur le marché pour les pesticides et qui doit ensuite en être le juge. De qui se moque-t-on? Cette agence a démontré que, même secoué par d'éminents scientifiques, elle ne peut pas fournir une expertise indépendante. Après la première alerte de Pierre Rustin (NDLR : ce chercheur à l'Inserm a publié une tribune appelant à « suspendre l'utilisation tant qu'une estimation des dangers et des risques n'aura pas été réalisée par des organismes publics indépendants » ), qui aurait dû stopper la diffusion le temps d'avoir des études indépendantes, l'agence a fait le mort près de neuf mois.

Le problème n'est-il pas simplement celui des tests réglementaires moins performants que la recherche fondamentale ?

Non. Les autorités sont désormais trop liées aux industries. Chaque année, elles publient des notes pour vanter ce type de fongicides et dire comment épandre ces produits potentiellement toxiques. Est-ce le rôle de l'Anses qui vit de l'argent public et promet de protéger la société? Poser la question, c'est y répondre. Le problème est que cette famille de fongicide est un nouvel Eldorado. On estime que son chiffre d'affaires mondial de 2 milliards d'euros va encore augmenter.

Que réclamez-vous ?

Moi, je me contente de répéter la demande légitime de scientifiques reconnus. Ils estiment que les SDHI représentent un danger colossal, qu'il faut stopper l'utilisation immédiatement. De mon point de vue, rien ne changera sans une mobilisation massive de la société. Il faut cesser cette folie avant que les SDHI ne deviennent le nouveau scandale sanitaire, comme la chlordécone dans les Antilles (un insecticide cancérigène utilisé dans les bananeraies) ou le DDT (interdit depuis trente ans mais dont on trouve encore des traces).

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5 ou 10 mètres des habitations ? Vous vous        foutez de nous !
Les SDHI, ces pesticides qui alarment les scientifiques

Le gouvernement organise depuis le lundi 9 septembre une consultation publique sur les conditions d’épandage des pesticides, à laquelle chacun est invité à donner son avis. Cette consultation publique est une farce, car le résultat en est d’ores et déjà annoncé: à partir de 2020, il faudra respecter une distance de 5 à 10 mètres entre les traitements chimiques et les habitations.

Ni 5 mètres, ni 10 mètres

Une telle décision est une insulte à la science et à notre santé, car les pesticides ne respectent pas les décrets. Ils voyagent sur des kilomètres, rejoignent les cours d’eau, montent dans l’air et les nuages, atteignent facilement le cœur des villes et jusqu’aux foetus. Ils saturent l’air et polluent les pluies. Le lobby des pesticides vient de montrer une nouvelle fois sa puissance. La seule solution scientifiquement fondée, comme le réclame le mouvement des Coquelicots depuis un an: la fin de tous les pesticides de synthèse.

Le gouvernement regarde ailleurs

Des maladies en pagaille. Une nature qui disparait silencieusement. Un monde agricole au désespoir. Une autonomie alimentaire qui n’est plus qu’un rêve… Si près de neuf Français sur dix sont pour la fin des pesticides en cinq ans, c’est qu’ils ont compris que ces poisons sont une impasse mortelle. Pour tous. Mais il n’y a pire sourd que celui qui a intérêt à ne pas entendre et l’incroyable scandale des pesticides montre le gouffre qui s’agrandit chaque jour entre dirigeants et dirigés. La démocratie, ce n’est pas cela. Un élu de la République n’est pas au service des intérêts privés. Il doit d’abord et avant tout protéger la population dont il a la charge. Et il ne le fait pas. C’est très grave.

A quoi joue l’ANSES?

Pour préparer son décret-scélérat, le gouvernement et son ministère de l’Agriculture s’appuient sur des recommandations de l’ANSES, notre agence publique sanitaire. Entre 5 et 10 mètres, donc. Mais nous n’avons plus aucune confiance en elle. L’affaire des SDHI https://www.youtube.com/watch?v=dDjHyukzu-k&t=22s – une nouvelle classe de fongicides toxiques pour la santé – montre qu’elle a partie liée avec l’industrie des pesticides (1). Car malgré des alertes lancées par des scientifiques indépendants, elle laisse ce redoutable poison être épandu dans toute la France. Cette agence, celle-là même qui donne les autorisations de mise sur le marché (AMM) de ces poisons peut-elle sérieusement nous protéger contre ses propres décisions? Cela ne peut plus durer. Cette consultation publique est une honte pour notre République.

Plus que jamais, l’Appel des coquelicots, qui exige la fin de tous les pesticides de synthèse, est la seule issue!

(1) Un livre paru ce 12 septembre 2019 raconte cette affaire: «Le crime est presque parfait, l’enquête-choc sur les pesticides et les SDHI» (LLL), par Fabrice Nicolino, fondateur de Nous voulons des coquelicots.

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