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19 décembre 2019 4 19 /12 /décembre /2019 13:36

Entre 40 et 90 substances, dont certaines sont interdites depuis plusieurs années, sont retrouvées chaque année dans l’air en France. D’après Airparif et Stéphane Mandard le 18 décembre 2019 pour Le Monde. Lire aussi Lancement d'une pétition européenne pour interdire les pesticides de synthèse,  Des résidus de pesticides dans les 3/4 des fruits et 43% des légumes non bio et Les pesticides perturbateurs endocriniens présents dans les eaux de surface en France.

Des dizaines de pesticides dans l’air que nous respirons

L’air que respirent les Français n’est pas seulement chargé en particules fines et gaz toxiques issus des activités industrielles, du trafic automobile ou du chauffage. Il est également pollué par une multitude de pesticides utilisés principalement en agriculture.

Pour en mesurer l’ampleur, Le Monde a consulté la base de données Phytatmo rendue publique, mercredi 18 décembre, par Atmo France, la fédération des Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (Aasqa). Elle compile pour la première fois quinze ans de mesures de pesticides dans l’air. Entre 40 et 90 substances actives différentes (herbicides, fongicides, insecticides) sont détectées et quantifiées annuellement à l’échelle nationale. Pire, certaines sont interdites depuis plusieurs années.

Les concentrations détectées sont très variables, de l’ordre du nanogramme par mètre cube. A la différence des particules fines ou du dioxyde d’azote émis par les véhicules diesel, les pesticides ne font pas l’objet d’une surveillance réglementaire dans l’air. Il existe seulement des limites à ne pas dépasser dans l’eau et l’alimentation.

Pourtant, lors des traitements, mais aussi sur des durées plus longues, les produits phytosanitaires peuvent être transférés dans l’atmosphère par le vent, par érosion éolienne ou des sols ou encore par volatilisation.

« Jusqu’aux années 2000, on pensait qu’il n’y avait pas de pesticides dans l’air, donc on ne s’y intéressait pas », commente Emmanuelle Drab-Sommesous, référente pesticides à Atmo France. A l’instar d’Atmo Grand-Est – dont elle est la directrice – ou Nouvelle-Aquitaine, certaines associations régionales ont commencé à les surveiller en 2002, quand d’autres, comme Qualitair Corse, ne s’y sont mis qu’en 2016.

Cancérogène, mutagène et reprotoxique probable

La base Phytatmo https://atmo-france.org/wp-content/uploads/2019/12/pesticides_2002_2017-1.xlsx recense les mesures réalisées par l’ensemble des Aasqa entre 2002 et 2017. Au total, 321 substances actives ont été recherchées et 6 837 prélèvements effectués sur 176 sites permanents ou mobiles répartis en zone rurale ou urbaine.

Atmo France a analysé les résultats des sites permanents sur la période 2015-2017. Ils permettent de dégager les dix pesticides les plus présents dans l’air au niveau national. On y trouve quatre herbicides (pendiméthaline, triallate, s-métolachlore, prosulfocarbe et diméthénamide) utilisés principalement sur les céréales, trois fongicides (chlorothalonil, folpel, cymoxanil) et deux insecticides (lindane et chlorpyriphos-éthyl).

Certains sont bien connus. Ainsi du folpel. Utilisé contre le mildiou, « le fongicide de la vigne » est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique probable par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon la dernière étude d’Atmo Nouvelle-Aquitaine, publiée en août, la concentration en folpel a même augmenté en 2018 pour atteindre une moyenne hebdomadaire de 11 nanogrammes par mètre cube (pour une limite de détection à 0,24 ng/m3) dans le Médoc, haut lieu de la viticulture française, mais aussi à Bordeaux (2 ng/m3). La preuve, selon l’observatoire, d’un « transfert des molécules par l’air depuis les surfaces agricoles vers les zones urbaines ».

Le chlorpyriphos fait, lui, partie des molécules longtemps passées sous les radars des autorités sanitaires malgré une accumulation d’études démontrant ses effets toxiques sur le développement du cerveau des enfants. Il est utilisé massivement en pulvérisation sur les cultures pour éliminer les pucerons ou les chenilles, et l’Union européenne (UE) vient de voter son interdiction à partir du 31 janvier 2020.

Le lindane, interdit depuis… 1998

Plus surprenant, la présence dans ce « Top 10 » du lindane. Classé cancérogène pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), cet insecticide est en effet interdit en agriculture depuis 1998 (et dans les préparations antipoux ou antipuces depuis 2006). A la différence d’autres pesticides dont on retrouve des pics de concentration en fonction des types de cultures et des périodes d’épandage, le lindane est identifié dans la plupart des régions et à chaque fois dans une majorité de prélèvements. Et ce, y compris dans de grandes agglomérations.

C’est le cas de Lille. En 2017, le lindane était encore la huitième molécule la plus fortement retrouvée avec une concentration annuelle, certes faible, de 0,06 ng/m3, juste derrière le chlorpyriphos (0,07 ng/m3), avec un pic à 0,28 ng/m3 en juin. Le lindane n’était plus retrouvé dans l’agglomération en 2008 et en 2009, avant de réapparaître en 2010 et d’être détecté dans la quasi-totalité des prélèvements et de la période de mesure en 2017.

Le lindane n’est pas la seule substance prohibée à laquelle sont exposés les Lillois. Le tolylfluanide, un fongicide interdit depuis 2008, et la diphénylamine (utilisé notamment pour ses propriétés fongicides sur les denrées entreposées comme les pommes et les poires), proscrite depuis 2011, ont également été détectés. En Ile-de-France, quatre herbicides interdits, dont l’atrazine (un perturbateur endocrinien), ont aussi été identifiés lors de la dernière campagne de mesures, menée en 2013-2014.

Trois hypothèses sont avancées pour expliquer la présence de ces pesticides malgré leur interdiction : la permanence de pratiques agricoles illégales, un usage par des particuliers et la persistance de ces molécules dans l’environnement. Cette dernière explication a la faveur de la directrice d’Atmo Grand-Est, Emmanuelle Drab-Sommesous : « Le fait qu’un produit comme le lindane soit encore retrouvé de manière récurrente, mais à des concentrations faibles, montre que sa durée de vie est très longue, qu’il imprègne les sols et peut être remis en suspension, notamment en période de sécheresse. »

Des dizaines de pesticides dans l’air que nous respirons

Changer de paradigme

De manière globale, les concentrations de pesticides dans l’air sont très liées aux conditions météorologiques (elles augmentent avec les fortes chaleurs). Elles varient aussi en fonction de la saison et des périodes de traitements.

Ainsi les concentrations en fongicides et insecticides sont plus élevées à la fin du printemps et durant l’été dans les régions viticoles, alors que les pics d’herbicides interviennent en automne dans les zones de grandes cultures céréalières. A cette saisonnalité répond une variabilité spatiale avec des zones rurales plus proches des surfaces agricoles, logiquement davantage exposées que les grandes agglomérations.

« Aujourd’hui, en matière de pollution de l’air, on s’intéresse surtout aux villes avec principalement la problématique du trafic automobile, observe Mme Drab-Sommesous. Il faut changer de paradigme pour intégrer les territoires ruraux et y développer des sites de mesures permanents. » Elle soutient la création d’une plate-forme nationale centralisant les achats et les usages des pesticides afin d’identifier les zones prioritaires où déployer ces sites. Atmo France préconise également d’incorporer les pesticides aux polluants qui font l’objet d’un suivi réglementaire et donc de limites d’exposition.

A plus court terme, le gouvernement doit publier dans les prochains jours l’arrêté fixant une distance minimale entre zones d’épandage et habitations. Trois, cinq ou dix mètres : les propositions soutenues par les ministères de l’agriculture et de la transition écologique ne suffiront pas à tenir les pesticides à distance de l’air que respirent les Français.

Le glyphosate, le grand absent

Dans la liste des pesticides les plus retrouvés dans l’air que respirent les Français, une substance brille par son absence : le glyphosate. Le célèbre herbicide de Monsanto (racheté par Bayer) au cœur de toutes les polémiques et dont Emmanuel Macron s’était engagé à « en sortir dans les trois ans » avant de se raviser, n’apparaît pas, ou très rarement dans la base de données Phytatmo – qui regroupent quinze ans d’analyses de l’air entre 2002 et 2017 – malgré son usage massif. La raison est simple : il n’a quasiment pas été recherché en raison du coût de sa détection. A la différence des autres pesticides qui peuvent être identifiés avec le même protocole, il nécessite une technique analytique qui lui est propre. Parmi les associations de surveillance de la qualité de l’air, seule celle de la région PACA a recherché le glyphosate, entre 2014 et 2016. Elle en a retrouvé « très rarement ». Première hypothèse : la molécule étant très soluble dans l’eau, les transferts dans l’air serait limité. Pour combler cette lacune, une campagne nationale de mesure des pesticides dans l’air a été lancée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire. Les résultats devraient être connus mi-2020.

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10 décembre 2019 2 10 /12 /décembre /2019 18:02

D’ici à fin 2020, l’Anses va retirer de la vente plus de la moitié des produits contenant cette molécule controversée. Les fabricants des formules rejetées n’ont pas fourni les données expérimentales suffisantes pour exclure un risque génotoxique. D’après Alexandra Chagnon pour l’Humanité et Stéphane Foucart pour Le Monde le 9 décembre 2019. Lire aussi Les pesticides perturbateurs endocriniens présents dans les eaux de surface en FranceLancement d'une pétition européenne pour interdire les pesticides de synthèse et Glyphosate, un herbicide dans nos assiettes.

La décision de l’Anses vient bousculer le débat. J.-F. Monier/AFP

La décision de l’Anses vient bousculer le débat. J.-F. Monier/AFP

La France parviendra-t-elle à sortir un jour du glyphosate ? En dépit des annonces du gouvernement qui reste flou quant aux délais – il est tantôt question de 2021, tantôt de 2023 –, et surtout des millions d’euros mis sur la table depuis une décennie, l’agriculture française est toujours aussi accro à ce pesticide. Mais, alors qu’un rapport parlementaire, rendu public il y a un mois, prédisait une issue compliquée à l’abandon de cette molécule controversée – à charge, il estime que la sortie du glyphosate est impossible pour tous les usages –, l’Anses vient bousculer le débat. Hier, l’Agence nationale de sécurité sanitaire a annoncé le retrait de 36 des 69 pesticides à base de glyphosate actuellement sur le marché français. « Ce qui représente près des trois quarts des tonnages de produits utilisés en 2018 », selon l’agence.

« Trente-six de ces produits vont être retirés du marché et ne pourront plus être utilisés à compter de fin 2020, en raison de l’insuffisance ou de l’absence de données scientifiques permettant d’écarter tout risque génotoxique (susceptible d’endommager l’ADN et de provoquer des mutations génétiques – NDLR) », indique encore l’agence dans un communiqué. C’est à la suite de la réapprobation pour cinq ans de la substance herbicide par l’Union européenne, en 2017, que l’Anses a engagé un réexamen de la totalité des autorisations de mise sur le marché des produits à base de glyphosate commercialisés en France et lancé « une évaluation comparative avec les alternatives disponibles ».

Quatre nouveaux produits également refusés

Cependant, elle a pris cette décision sans attendre la fin du processus en cours. Et, pour des raisons identiques, quatre des onze nouvelles demandes d’autorisation déposées depuis janvier 2018 viennent également d’être refusées. Argument avancé : « Les données fournies par les industriels ne permettent pas de statuer sur leur éventuelle génotoxicité. » « Seuls les produits à base de glyphosate répondant aux critères d’efficacité et de sécurité définis au niveau européen pour les usages revendiqués, et ne pouvant pas être substitués de façon satisfaisante, bénéficieront in fine de l’accès au marché français », précise l’Anses, qui finalisera l’ensemble du processus d’évaluation « d’ici le 31 décembre 2020 ».

Cette décision de retraits d’autorisations de mises sur le marché (AMM) « confirme que l’innocuité des herbicides à base de glyphosate est un mythe », a aussitôt réagi François Veillerette, directeur de Générations futures, ONG qui milite pour l’interdiction des pesticides. Et de rappeler que « 70 % des études universitaires (indépendantes de l’industrie) prises en compte par l’expertise du Centre international de recherche sur le cancer (Circ) mettent en évidence cette génotoxicité » ! « Nous espérons maintenant, insiste-t-il, que l’Anses prenne en compte l’ensemble de cette littérature scientifique disponible pour refuser les autres demandes de mise sur le marché d’herbicides à base de glyphosate qu’elle doit encore examiner. »

Sachant que le cas du glyphosate n’est pas le seul problème. C’est, en matière de pesticides, l’arbre qui cache la forêt ! Raison de plus, estiment de plus en plus d’acteurs, et notamment la Confédération paysanne, pour changer de modèle agricole. « L’interdiction de cette substance et d’autres à venir appelle à une transformation économique et politique du modèle agricole. Ces interdictions doivent s’inscrire dans un projet global de sortie des pesticides », martèle le syndicat. À bon entendeur…

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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 09:02

La France doit quitter le Traité sur la charte de l’énergie, car il est une arme entre les mains des multinationales pour ralentir ou bloquer des politiques climatiques ambitieuses. Par Maxime Combes, économiste, porte-parole d'Attac, le 20 novembre 2019 pour Politis. Lire aussi Alerte de l'ONU : après une décennie perdue pour le climat, les États s’éloignent toujours plus de leurs promesses de réduction des gaz à effet de serre, La France continue à soutenir les énergies fossiles alors que le monde prévoit d’en produire 120 % en trop et COP 21 + 3 ans : les banques françaises toujours au charbon.

L'entreprise candienne Vermilion a contraint la france à reculer sur le projet de loi sur les hydrocarbures en la menaçant de poursuites.

L'entreprise candienne Vermilion a contraint la france à reculer sur le projet de loi sur les hydrocarbures en la menaçant de poursuites.

Longtemps resté dans l’oubli, le Traité de la charte de l’énergie (1), regroupant plus d’une cinquantaine d’États (de l’Europe occidentale au Japon en passant par l’Asie centrale), est aujourd’hui utilisé par les multinationales de l’énergie pour attaquer les pouvoirs publics lorsque ces derniers prennent des mesures en matière de transition énergétique qui contreviennent à leurs intérêts. Ainsi, parmi des dizaines de cas, l’entreprise suédoise Vattenfall poursuit l’Allemagne pour sa décision d’abandonner le nucléaire ; l’entreprise allemande Uniper attaque les Pays-Bas pour leur décision de fermer des centrales à charbon ; l’entreprise britannique Rockhopper s’en prend à l’Italie à la suite de son moratoire sur les forages offshore.

De « l’Affaire du siècle » aux mises en demeure de Total, une grande attention a récemment été portée sur les actions entreprises par des ONG, des citoyens ou même des collectivités territoriales pour obtenir devant la justice des décisions favorables concernant le climat : il s’agit de mobiliser les embryons de droit international et national sur les enjeux climatiques pour obliger les entreprises et les États à faire plus en matière de lutte contre les dérèglements climatiques. Une moindre attention est portée aux outils de droit dont disposent les multinationales pour dissuader et sanctionner les États ainsi que les collectivités territoriales.

Le cas hollandais est emblématique. On se souvient de la décision de justice condamnant l’État à faire davantage en matière climatique après une action menée par l’ONG Urgenda au nom de 886 citoyens (2). Cette décision a accéléré le débat sur la sortie du charbon, ce qui reste le moyen le plus rapide pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, après Uniper, déjà cité, ce sont coup sur coup les entreprises allemande et suédoise RWE et Vattenfall qui annoncent vouloir poursuivre les Pays-Bas en cas de vote d’une loi qui planifie la fermeture de centrales à charbon et prévoie d’interdire l’utilisation du charbon pour la production électrique d’ici à 2030. Elles s’estiment victimes d’une expropriation indirecte et de pertes de profits.

Une étude (3) a documenté l’utilisation du Traité de la charte de l’énergie par les multinationales de l’énergie qui réclament des sommes faramineuses aux États. Si elles ne sortent pas gagnantes à chaque fois, elles peuvent faire pression sur les pouvoirs publics pour retarder ou amoindrir la portée des lois de transition énergétique. C’est ce qui est advenu en France lors de l’examen de la loi Hulot sur les hydrocarbures : il a été montré (4) que l’entreprise canadienne Vermilion a menacé le gouvernement de poursuites après une première mouture du projet de loi assez ambitieuse. Résultat : Nicolas Hulot et le gouvernement ont fait machine arrière, protégeant ainsi les droits acquis des industriels.

Cette confrontation entre un droit du climat encore incomplet et peu contraignant et un droit de l’investissement robuste et contraignant ne fait sans doute que commencer. La transformation des soubassements énergétiques de notre formidable machine à réchauffer la planète qu’est l’économie mondiale doit nécessairement conduire à revoir fortement à la baisse la durée de vie des infrastructures pétrolières, gazières et charbonnières. Les entreprises privées, qui en sont le plus souvent propriétaires, ne vont pas s’abstenir de faire valoir leurs droits devant ces outils de justice parallèle (les mécanismes d’arbitrage entre États et entreprises : ISDS, ICS, etc.) auxquels les pouvoirs publics leur ont donné accès.

Le Traité de la charte de l’énergie fonctionne donc à la fois comme une arme de dissuasion massive à disposition des multinationales de l’énergie pour ralentir ou bloquer des politiques de transition énergétique et comme un outil de sanction financière envers les États lorsqu’ils décident néanmoins de mener des politiques climatiques plus ambitieuses. De ce fait, ce traité protège les pollueurs. On peut même calculer qu’il garantit l’émission de cinq fois plus de gaz à effet de serre que ne le permettrait le budget carbone européen s’il était respecté (5).

C’est la raison pour laquelle une vingtaine d’organisations de la société civile en Europe, parmi lesquelles l’Aitec, Attac France, les Amis de la Terre France ou le CCFD-Terre solidaire, ont appelé les États membres de l’Union européenne à quitter le Traité de la charte de l’énergie (5). Alors que la COP 25 a été transférée à Madrid, l’UE et les États européens, à commencer par la France et Emmanuel Macron, feraient bien de suivre ce conseil plutôt que nous entraîner droit dans le mur.

(1) Le Traité sur la charte de l’énergie, appelé aussi Charte énergétique européenne, a été signé en 1994 et est entré en vigueur en 1998. (2) « Pays-Bas : l’État condamné pour ses gaz à effet de serre », Politis, n° 1525, 31 octobre 2018.

(3) Résumé du rapport « Un traité pour les gouverner tous », Corporate Europe Observatory (CEO) et Transnational Institute (TNI), juin 2018.

(4) « Loi Hulot : nouvelles révélations sur le lobbying au sommet de l’État », Observatoire des multinationales, 30 août 2018.

(5) « The Energy Charter Treaty (ECT). Assessing its geopolitical, climate and financial impacts », septembre 2019, disponible sur www.openexp.eu

(6) « Lettre ouverte de la société civile sur le Traité sur la charte de l’énergie », 23 septembre 2019, www.collectifstoptafta.org

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29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 09:24

Le ministère doit rendre public le nombre d'établissements potentiellement dangereux. La santé des enseignants et des élèves est en jeu, s'alarment des associations et syndicats. Tribune collective d’un collectif de syndicats et d'associations publiée le 25 novembre 2019 dans Libération. Lire aussi Amiante : un permis de tuer pour les industriels.

Opération de désamiantage dans une école à Nantes en 1996. Reuters

Opération de désamiantage dans une école à Nantes en 1996. Reuters

En juin 2019, Santé publique France a publié des chiffres inédits sur les cas de mésothéliomes pleuraux, ces cancers spécifiquement liés à l’amiante, dans l’Education nationale. Sur la base de ce rapport, on estime qu’en vingt ans, au moins 410 agents et professeurs de l’Education nationale ont perdu la vie en raison d’une exposition à l’amiante dans un établissement scolaire (1). Après le diagnostic d’un mésothéliome, l’espérance de vie moyenne est réduite à douze mois. Ces chiffres, déjà très inquiétants, ne répertorient pas les autres cancers liés à l’amiante et ne concernent que les personnels. Et qu’en est-il pour les élèves, exposés au même risque ?

Face à ces constats alarmants, nous réclamons un plan d’action contre l’amiante dans l’Education nationale, et souhaitons rencontrer le ministre de l’Education nationale afin d’anticiper les situations de blocage et de prévenir les risques d’exposition à l’amiante et leurs effets pour les élèves et les personnels. Ces dernières années, plusieurs écoles se sont retrouvées face au même scénario : des enseignants, des parents, soutenus par des associations et des organisations syndicales, ont alerté les responsables de l’Education nationale. Ils se heurtent systématiquement à l’inertie du ministère. Les personnels qui exercent leur droit de retrait font face à des pressions de leur hiérarchie dans des situations où le danger est pourtant manifeste.

De l’invisibilisation des risques

Le manque d’informations fiables, la communication souvent désastreuse des collectivités territoriales et des rectorats inquiètent la communauté éducative. La disparition programmée des CHSCT, les menaces pesant sur l’Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement (ONS) concourent à l’invisibilisation des risques et des atteintes à la santé.

Interrogé à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, a annoncé la constitution d’une cellule sur le bâti, sans donner d’informations sur son fonctionnement, sa constitution, son périmètre d’action ou son financement. En précisant cependant que l’entretien des établissements scolaires est de la responsabilité des collectivités locales. Mais la santé, la sécurité des élèves et des personnels sont du ressort de votre ministère. Pour quelles raisons n’est-il pas en mesure de rendre public le nombre d’établissements concernés et potentiellement dangereux ? Comment se fait-il que la loi ne soit pas respectée dans de nombreux établissements scolaires ? Pourquoi ne pas informer les parents, qui confient chaque jour leurs enfants à l’institution ? Monsieur le ministre, combien faudra-t-il de morts et de malades supplémentaires, avant que le problème soit réellement pris en compte et élevé au rang de priorité nationale ?

Du non-respect de la loi

Depuis plus de vingt ans, la réglementation amiante n’est pas respectée. Il est temps d’agir. Nous réclamons la transparence. Nous exigeons que toutes les mesures soient prises afin de protéger la santé des enfants et des personnels. Nous réclamons la constitution d’une base de données consultable par tous, afin d’établir un état des lieux exhaustif de la présence d’amiante dans les établissements scolaires. Nous réclamons la réalisation et la mise à jour des dossiers techniques amiante (DTA), conformément à la réglementation. Nous réclamons le repérage systématique avant travaux, y compris pour les travaux de maintenance. Nous réclamons également des mesures d’urgence qui concernent la formation des agents de maintenance et d’entretien (2), de l’ensemble des personnels, ainsi que l’information des usagers. Nous exigeons que chaque agent concerné dispose d’une fiche d’exposition au risque amiante.

Alors que les dernières décennies ont été émaillées de combats emblématiques contre l’amiante, et que l’incurie institutionnelle nous coûte toujours plus de 3 000 morts par an, personne ne devrait plus risquer sa vie en étudiant ou en travaillant dans les écoles.

(1) Santé Publique France/Programme national de surveillance du mésothéliome pleural (PNSM) : vingt années de surveillance (1998-2017) des cas de mésothéliome, de leurs expositions et des processus d’indemnisation.

(2) Conformément aux travaux de sous-section 4 de l’article 1 de l’arrêté du 23 février 2012.

Signataires : FCPE, Ferc CGT, FSU, SUD Education Union syndicale Solidaires, UNL Andeva (Association nationale de défense des victimes de l’amiante), AVA (Association nationale des victimes de l’amiante et autres polluants), Association Henri Pézerat, Ban Asbestos France, CAAJ (Comité anti-amiante Jussieu), UAE (Urgence amiante écoles), USB (Urgence santé Brassens), Avalé 13 (Association des victimes de l’amiante dans les locaux de l’éducation des Bouches-du-Rhône).

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28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 09:23

Obtenir l’interdiction des pesticides de synthèse dans l’Union européenne d’ici quinze ans est-il possible ? C’est l’objectif que se sont fixées 90 organisations européennes, qui ont lancé une initiative citoyenne européenne, pour récolter un million de signatures à déposer sur le bureau de la Commission européenne.

En France, Nous voulons des coquelicots se rassemblera vendredi 6 décembre - ici devant la mairie des Lilas à 18h30. D’après AFP le 25 novembre 2019. Lire aussi Les SDHI, ces pesticides qui alarment les scientifiques, Le Conseil d’Etat annule en partie l’arrêté « pesticides », jugé insuffisamment protecteur de la santé et de l’environnement, Des résidus de pesticides dans les 3/4 des fruits et 43% des légumes non bio, Les pesticides perturbateurs endocriniens présents dans les eaux de surface en France et Les cours d'eau européens gravement pollués par des produits agricoles interdits.

Actuellement, chaque État de l'UE peut instaurer un programme de réduction des pesticides (photo d'illustration). | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Actuellement, chaque État de l'UE peut instaurer un programme de réduction des pesticides (photo d'illustration). | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Interdire les pesticides de synthèse dans l’Union européenne d’ici à 15 ans : c’est l’objectif d’une Initiative citoyenne européenne (ICE) lancée lundi, qui espère récolter plus d’un million de signatures pour contraindre la Commission européenne à ouvrir le débat.

Cette initiative a été lancée par sept citoyens de l’Union européenne, vivant en Italie, en Roumanie, en France, en Autriche, en Allemagne, en Belgique et en Grèce, selon une présentation de l’ONG française Générations futures. Leur demande a été validée par la Commission européenne.

55 000 signatures nécessaires en France

Les ICE sont un outil de participation citoyenne qui permet de saisir la Commission sur des sujets d’initiative populaire. Une ICE, lancée en 2017, a déjà conduit la Commission européenne à revoir sa législation sur le glyphosate, herbicide controversé. Cette nouvelle récolte de signatures se déroulera jusqu'au 30 septembre 2020 - cliquez sur ce lien vers le site de Générations futures pour la France. « Obtenir que les pays se mettent d’accord pour l’interdiction des pesticides en 15 ans, c’est plutôt ambitieux », reconnaît Nadine Lauverjat, coordinatrice de Générations Futures. Mais pour elle, il faut « sortir d’un système agricole à bout ».

En France, il faudra récolter au moins 55 000 signatures pour cette ICE. Un appel, « Nous voulons des coquelicots », pour l’interdiction des pesticides de synthèse a recueilli près de 979 000 signatures. Le gouvernement français s’est déjà engagé à sortir de l’essentiel des usages du glyphosate au 1er janvier 2021, et de tous les usages début 2023.

Des programmes de réduction des pesticides possibles

Les ONG soutenant cette démarche demandent précisément « l’interdiction progressive des pesticides de synthèse dans l’agriculture européenne à hauteur de 80 % d’ici 2030, en priorisant les pesticides les plus toxiques, afin de devenir un territoire 'zéro-pesticide' au plus tard en 2035 », selon le dossier de presse.

Elles préconisent de « donner priorité aux exploitations agricoles de petite taille, diversifiées et ayant des pratiques durables » et de « restaurer la biodiversité » dans les zones agricoles, alors que la situation est catastrophique, avec une disparition massive des insectes et de leurs prédateurs (oiseaux, hérissons, lézards, amphibiens).

Actuellement, chaque État de l’UE peut instaurer un programme de réduction des pesticides. En France, deux plans successifs en ce sens ont échoué. Une nouvelle mouture prévoit de réduire de 50 % l’utilisation des produits phytopharmaceutiques d’ici 2025.

Pour Nadine Lauverjat, l’exemple français des 3 000 fermes Dephy engagées dans des pratiques économes en pesticides montre que c’est possible.

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26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 09:37

La goélette scientifique Tara a sillonné neuf cours d’eau européens pour y étudier la pollution aux microplastiques. Le chercheur Jean-François Ghiglione évoque les premières conclusions de la mission. Propos recueillis par Martine Valo le 23 novembre 2019 pour Le Monde. Lire aussi Les microplastiques polluent jusque dans les montagnes, Nous mangeons du plastique et Les océans pollués par des particules invisibles de plastique.

Jean-François Ghiglione, directeur scientifique de Tara Océan – Mission Microplastiques 2019, lors d'une mission en 2014.

Jean-François Ghiglione, directeur scientifique de Tara Océan – Mission Microplastiques 2019, lors d'une mission en 2014.

Jean-François Ghiglione est directeur de recherche CNRS au Laboratoire d’océanographie microbienne (Lomic) de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales) et directeur scientifique de la mission de recherche « Microplastiques 2019 ». Cette campagne de six mois, mise en place par la Fondation Tara Océan, s’achève avec le retour de la goélette dans son port de Lorient, dans le Morbihan, samedi 23 novembre.

Quelles premières conclusions peut-on tirer de cette vaste récolte d’échantillons dans neuf fleuves d’Europe ?

La première observation, c’est que le plastique est omniprésent dans tous les fleuves où nous avons fait escale avec la goélette Tara. En fait, 100 % de nos 2 700 échantillons, tous collectés selon le même protocole dans nos 45 stations de prélèvement d’eau, contiennent des microplastiques, c’est-à-dire des particules inférieures à 5 millimètres. C’est vrai en Méditerranée, comme nous l’avions constaté en 2014 lors d’une de nos précédentes expéditions, c’est vrai aussi dans les estuaires de la Tamise, de l’Elbe, du Rhin, de la Seine, de l’Ebre, du Rhône, du Tibre, de la Garonne et de la Loire.

Jusqu’à présent, on pensait que les cours d’eau charriaient des macrodéchets – une bouteille, un sac –, d’une durée de vie longue, de 100 ans à 400 ans, qui se dégradaient ensuite en mer sous l’effet du soleil et des vagues. Ce n’est pas le cas.

La plupart des plastiques que nous avons récoltés sont déjà fragmentés lorsqu’ils atteignent la côte. C’est une mauvaise nouvelle : cela signifie que la lutte contre le plastique en mer se passe forcément à terre puisqu’il est impossible d’en « nettoyer » les fleuves comme les océans. Prétendre le contraire revient à diffuser un mauvais message. On peut tout au plus récupérer quelques déchets dans l’eau moyennant beaucoup d’argent, c’est tout. Contre ces fragments minuscules, le seul moyen est de couper le robinet à la source.

La goélette Tara au large de Lorient, en octobre 2018. Thierry Creux/PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP

La goélette Tara au large de Lorient, en octobre 2018. Thierry Creux/PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP

Quels types de plastique avez-vous collectés ?

Dix-sept laboratoires de recherche, soit quarante-six scientifiques – chimistes, océanographes, physiciens, biologistes – sont impliqués dans cette mission et sont déjà à l’œuvre pour exploiter toutes ces « pièces à conviction ». Nous attendons des résultats d’analyses qui nous permettront de préciser leur nature : polyéthylène, polypropylène, polystyrène ou autres, ainsi que leurs provenances : emballages, gobelets, bouchons, fragments issus du secteur du bâtiment, de pneus, fibres de vêtements, microbilles utilisées en cosmétique ou dans les dentifrices…

Cette quantification est importante car elle permettra d’améliorer les modèles statistiques qui évaluent les grands flux des plastiques. Ceux-ci estiment aujourd’hui que 10 % du contenu de nos poubelles finissent en mer. Selon nos premières observations, ils mériteraient d’être corrigés en prenant en compte des données de terrain de chaque fleuve, qui sont encore trop parcellaires. Or ces estimations sont déterminantes pour éclairer les législateurs sur la réduction, le recyclage et globalement le traitement des déchets.

Est-ce que l’on constate des différences entre l’amont et l’aval des grandes villes d’estuaires où vous avez travaillé ?

Pas vraiment. La pollution est donc émise ailleurs, sans doute dans d’autres villes le long du fleuve, voire dans tout le bassin-versant. Cependant, nous avons aussi systématiquement échantillonné les berges des estuaires. Celles du Tibre, en Italie, apparaissent clairement comme les plus fournies en macrodéchets, on marchait dessus. Les abords de Londres sont bien chargés aussi, comme les rives de la Seine.

« 49° 26’ 11.8” N 0° 10’ 47.2” E Seine ». Ce diptyque, issu du travail « L’Europe en plastiques », montre des échantillons de plastique collectés sur les berges de la Seine, en aval de Rouen. SAMUEL BOLLENDORFF
« 49° 26’ 11.8” N 0° 10’ 47.2” E Seine ». Ce diptyque, issu du travail « L’Europe en plastiques », montre des échantillons de plastique collectés sur les berges de la Seine, en aval de Rouen. SAMUEL BOLLENDORFF

« 49° 26’ 11.8” N 0° 10’ 47.2” E Seine ». Ce diptyque, issu du travail « L’Europe en plastiques », montre des échantillons de plastique collectés sur les berges de la Seine, en aval de Rouen. SAMUEL BOLLENDORFF

Confirmez-vous que les particules de microplastique sont de véritables « éponges à polluants » ?

En effet, elles se dispersent comme autant de minuscules radeaux transportant quantité de contaminants hydrophobes : gouttelettes d’hydrocarbures, traces de métaux lourds, de pesticides, des DDT, PCB. Les animaux marins, les oiseaux vont les ingérer. Des polluants biologiques vont aussi s’y accrocher. Il s’agit de micro-organismes si abondants et si différents de l’environnement naturel qu’on leur a donné le nom de « plastisphère ». Cela pose toute une série de questions.

Sont-ils pathogènes non seulement pour les animaux comme cela a déjà été montré, mais aussi pour les humains ? Que nous apprennent-ils sur le phénomène des espèces invasives ? En 2011, après le tsunami qui a frappé le Japon, certains organismes ont été retrouvés de l’autre côté de l’océan, sur la côte canadienne, après avoir traversé la soupe de microplastique du gyre [tourbillon d’eau océanique formé de courants marins] du Pacifique Nord. Ils ont donc survécu à des conditions variées et sont parvenus à s’installer dans un nouvel environnement, au risque de perturber durablement les écosystèmes qu’ils colonisent.

Est-ce que ces organismes se cachent sous le biofilm composé de plein de bactéries qui prend place sur les particules à la dérive ? Comme ils se trouvent dans des conditions différentes de leurs milieux naturels, développent-ils des capacités particulières ? Les espèces sont-elles en compétition ? S’envoient-elles des antibiotiques ? Nous travaillons sur ce thème avec une entreprise de biotechnologie qui recherche, notamment, des molécules antifouling [biocides contre les organismes aquatiques].

Enfin, existe-t-il des bactéries de la « plastisphère » capables de biodégrader le plastique ? Nous pensons depuis longtemps que sa fragmentation dans l’eau est aussi due à un phénomène de ce type. Pour être fixés sur ce point, nous avons utilisé des filets manta aux mailles extrêmement fines afin d’étudier les débris les plus petits, donc les plus vieux.

Cette exploration de la « plastisphère » donnera-t-elle lieu à des publications scientifiques ?

A partir de janvier, le Genoscope-CEA va commencer à effectuer un séquençage de l’ADN des organismes vivants qui colonisent les particules de plastique. A la fin 2020, ces travaux iront grossir la base de données de Tara qui est l’une des plus importantes au monde sur la vie planctonique et qui fait référence. Nous pensons que nous serons en mesure d’ajouter six milliards de séquences d’ADN des organismes impactés par ces polluants, selon les mêmes protocoles.

En couplant ces données avec les analyses chimiques et physiques, nous espérons publier, d’ici deux ans, trois ou quatre études pluridisciplinaires dans les grandes revues scientifiques internationales.

A la fin de vos travaux, en saura-t-on davantage sur ce que nous ingérons comme plastique ?

Dans les neuf fleuves observés, nous avons immergé cinq morceaux de plastique neufs de compositions différentes. Au bout d’un mois, dans les trois premiers fleuves dont nous avons commencé à exploiter les résultats, ces éléments, neutres au départ, étaient devenus toxiques tant ils avaient accumulé de contaminants. Un chimiste qui a travaillé sur ces dispositifs expérimentaux a même trouvé des molécules qui ne ressemblent à rien de connu…

En parallèle, nous avons placé dans ces nasses des moules qui nous renseigneront sur la quantité de particules absorbées et sur la contamination par les additifs. Ces produits qui entrent dans la composition des plastiques sont souvent des perturbateurs endocriniens (bisphénol A, phtalates). Avec la base de données, nous en saurons plus sur les pollutions accumulées dans la chaîne alimentaire via les microplastiques. Nous avons choisi d’utiliser ces mollusques, car il s’agit d’animaux bio-indicateurs, qui filtrent vingt-cinq litres d’eau par jour et parce que nous les mangeons en entier à la différence d’un poisson par exemple, dont nous ôtons l’estomac. Lorsque nous consommons une portion de moules, nous pouvons ingérer jusqu’à 300 particules de plastique.

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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 11:42

Le fort tremblement de terre survenu lundi 11 novembre dans le sud-est de la France interroge la communauté scientifique. Une carrière de l’entreprise Lafarge exploitée à proximité de l’épicentre intrigue les chercheurs : pourrait-elle l’avoir influencé ou déclenché ? Le CNRS a décidé d’enquêter. Si cette hypothèse n’est pas établie, l’activité humaine a déjà provoqué des séismes, en France comme à l’étranger. D’après Pauline de Deus pour l’Humanité et Nicolas Berrod pour Le Parisien. Lire aussi Les « richesses de la nature » sont devenues « ressources extractives » : imposons la transparence dans les industries minières ! et Des tremblements de terre provoqués par les humains.

Un habitant constate les dégâts causés par le séisme, au Teil (Ardèche), le 12 novembre 2019.  AFP/Jeff Pachoud

Un habitant constate les dégâts causés par le séisme, au Teil (Ardèche), le 12 novembre 2019. AFP/Jeff Pachoud

L’homme peut-il déclencher un tremblement de terre ? Au sein de la communauté scientifique, cette question n’en est plus vraiment une. À l’étranger, il existe au moins 15 cas de séismes liés à des carrières et des mines à ciel ouvert. Et cela, sans compter les autres activités humaines (exploitation d’hydrocarbures, mise en eau de grands barrages, etc.) Dans le cas du séisme intervenu aux alentours de Montélimar, dans la Drôme et l'Ardèche, la question a immédiatement été posée. Il faut dire que son intensité, estimée à 5,4 sur l’échelle de Richter, est particulièrement rare en France. Au Teil, commune où est localisé l’épicentre, c’était la toute première fois que les habitants sentaient la terre remuer, lundi 11 novembre. Quelques secondes auront suffi pour blesser quatre personnes et rendre des centaines de bâtiments inhabitables. Au total, près 1 400 personnes doivent être relogées.

Des tirs de mines réguliers

Hormis sa force, l’autre caractéristique de ce séisme est sa faible profondeur. Alors que les tremblements de terre de cette magnitude interviennent généralement à une dizaine de kilomètres de la surface, celui-ci s’est produit à moins de 3 kilomètres et a atteint la surface. Difficile de connaître la localisation précise de l’épicentre, mais une chose est sûre : la carrière de calcaire exploitée par LafargeHolcim est située au-dessus de la faille qui a rompu. A-t-elle pu influencer le déroulement de ce séisme, voire même le déclencher ? Ce sont les questions auxquelles cherchent à répondre une quinzaine de chercheurs du CNRS et d’autres organismes et universités partenaires.

Cette carrière dite de la montagne Saint-Victor est bien connue en Ardèche. C’est là, entre la commune du Teil et celle de Viviers, que les frères Pavin de Lafarge, Léon et Édouard, ont débuté une activité industrielle à partir de 1833. Aujourd’hui, la carrière est toujours active. Le groupe Lafarge, fusionné en 2015 avec son concurrent Holcim, en est l’exploitant et continue de se développer sur son territoire historique. En 2018, un arrêté préfectoral a permis à la cimenterie de poursuivre son activité pour une durée de trente ans et même d’étendre sa zone d’exploitation à 13 hectares supplémentaires – 170 hectares au total. Ce document précise que la production moyenne de la carrière est de 1,4 million de tonnes de calcaire par an, avec, au maximum, 3 100 tonnes par jour.

Pour casser la roche et en extraire du calcaire, des tirs de mines ont lieu régulièrement. Au Teil, dans le quartier Frayol, proche de la carrière, les habitants ont l’habitude d’entendre les explosions. Quand la terre a tremblé, c’est à ça qu’ils ont immédiatement pensé : « Comme si tout un stock avait explosé », raconte un couple. Mais, d’après Christophe Voisin, sismologue à l’Institut des sciences de la terre (ISTerre) et membre du groupe de recherche du CNRS, plusieurs autres pistes sont suivies, dont celle de l’impact d’une extraction superficielle (à 30 mètres de profondeur) mais intensive sur la faille et sur le déroulement du séisme lui-même.

Quels sont les éléments qui accréditent cette piste ?

Une équipe de chercheurs, composée notamment de sismologues et d'un représentant de l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), s'est rendue sur place. Comme l'a révélé Le Point jeudi 14 novembre, ces experts n'excluent pas que la carrière soit liée à ce tremblement de terre. « Rien n'est établi, mais c'est quelque chose qui nous intéresse », nous confirme Bertrand Delouis, sismologue au laboratoire Géoazur et qui dirige cette « cellule post-sismique ».

Extraire de la roche dans une carrière allège ce qui se trouve au-dessus de la surface, et cela fragilise les sous-sols. Pour illustrer ce phénomène, Florent Brenguier, de l'Institut des sciences de la Terre (ISTerre) de Grenoble, prend l'exemple d'une table qu'on cherche à bouger. « Plus la charge sur la table est importante, plus c'est compliqué de la déplacer », souligne-t-il.

Les experts analysent « plusieurs critères » pour établir un éventuel lien entre la carrière et le séisme, explique Jean Schmittbuhl, directeur de recherche au CNRS et membre du Réseau National de surveillance sismique (RéNaSS). « Il y a la distance avec une activité humaine, la sismicité naturelle dans la zone, la profondeur du séisme, etc », énumère le sismologue.

Chose intrigante : le séisme en Ardèche s'est produit à faible profondeur, entre 1 et 3 km, et la faille est visible à la surface. Les images satellites ont montré que la carrière est située au-dessus de la rupture. Un groupe de scientifiques mandaté par le CNRS va évaluer la probabilité que l'activité de la carrière soit à l'origine du déclenchement du séisme.

Mais attention : même si l'exploration de la carrière est en cause, elle ne serait pas la seule responsable. Cette région de la vallée du Rhône est, en effet, connue pour sa sismicité naturelle importante. « Sans cette carrière, le séisme de lundi aurait de toute façon eu lieu, mais sans doute beaucoup plus tard, par exemple dans 1000 ans », souligne Florent Brenguier. Plutôt que « causé par », on parlerait plutôt d'un séisme « déclenché par » la carrière.

Le lien entre le séisme et l'exploitation d'une carrière étudié de près en Ardèche

De son côté, le directeur général adjoint de l'IRSN en charge du pôle santé environnement, Jean-Christophe Gariel, nous indique suivre très attentivement l'avancée de ces études. Il faut dire que plusieurs centrales nucléaires sont présentes dans la zone. « Si on me dit du jour au lendemain qu'on va faire de l'exploitation de gaz de schiste ou construire une carrière à côté d'une centrale nucléaire, et que ça conduira à de la sismicité induite, ça change beaucoup de choses », souligne le responsable, qui attend, « calmement », de « récupérer toutes les informations » concernant le tremblement de terre dans l'Ardèche.

Contacté, le groupe Lafarge dit n'être « pas en mesure, en l'état actuel de ses connaissances, de porter un avis sur l'existence d'un lien éventuel entre ses opérations et le séisme ». L'entreprise assure aussi être « en lien avec les scientifiques ». Lafarge est « très coopérative », confirme le groupe de chercheurs qui lui demandent notamment les quantités de pierres retirées.

L'activité humaine a-t-elle déjà causé des séismes en France ?

Oui… mais dans des cas différents de celui d'une carrière. Mardi puis mercredi, deux secousses de magnitude moins élevée (3,1 et 2,6) ont été ressenties dans l'est de la France, notamment à Strasbourg. Le RéNaSS classe sur son site ces séismes comme étant des « événements induits ». Cela signifie que l'origine humaine est l'hypothèse la plus probable à l'heure actuelle, même si, là aussi, des analyses en cours.

Dans cette région, c'est la géothermie qui pourrait être en cause. Car le groupe Fonroche exploite un site à proximité. Pour capter la chaleur souterraine, beaucoup d'eau est injectée à très forte forte puissance dans le sous-sol. « Ça lubrifie les roches, qui glissent plus facilement au niveau des failles, ce qui peut déclencher des séismes », expose Florent Brenguier.

Fonroche s'est défendu dans un communiqué, assurant que son usine était « à l'arrêt depuis le 8 novembre au matin », soit quatre jours avant la secousse. Ce qui ne dédouane pas forcément l'entreprise pour autant. « On a déjà connu dans la région une activité sismique différée de quelques jours, mais d'une magnitude beaucoup plus faible », souligne Jean Schmittbuhl.

Le lien entre le séisme et l'exploitation d'une carrière étudié de près en Ardèche

Le même phénomène peut se produire à proximité des sites d'extraction de gaz ou de pétrole de schiste, qui utilisent la méthode de la fracturation hydraulique. Cette technique, critiquée également pour son impact néfaste sur l'environnement, est interdite en France par la loi du 13 juillet 2011.

Concernant les carrières, il y a régulièrement des « tirs de carrière » qui provoquent des secousses, mais il n'y a pas eu en France de séisme tectonique déclenché à proximité d'un tel site.

Quels sont les précédents dans le monde ?

À l'étranger, on trouve la trace de séismes induits de forte magnitude. En Corée du Sud, les études ont montré que la secousse de magnitude 5,4 en novembre 2017 avait été causée par la géothermie dans la région.

Aux Etats-Unis, « la zone la plus sismique n'est plus la Californie, mais l'Oklahoma, où il y a beaucoup d'exploitation de gaz et de pétrole de schiste », souligne Florent Brenguier.

Concernant l'impact d'une carrière, des précédents existent également, notamment en Pennsylvanie dans les années 1990.

Certains pays ont préféré prendre les devants. Le Royaume-Uni a annoncé début novembre suspendre la fracturation hydraulique pour extraire du gaz en schiste, en raison du risque de séismes. En août dernier, les habitants de la région du Lancashire avaient ressenti une secousse d'une magnitude de 2,9. Le régulateur officiel a établi un lien probable avec un site d'exploitation de gaz de schiste, situé à proximité.

Une causalité difficile à démontrer

Si, après l’enquête scientifique, un lien entre l’activité industrielle et le séisme est avéré, pourrait-il remettre en question l’exploitation d’une cinquantaine de carrières de cimenterie présentes en France ? « Il faut attendre les conclusions du rapport. Mais chaque situation présente ses propres caractéristiques », insiste Christophe Voisin, prudent. À moins de 15 kilomètres de là, toujours au bord du Rhône, une carrière de calcaire, exploitée par le groupe Calcia, est aussi située à proximité de failles. Alors que sa voisine n’est autre que la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, la question du risque mérite d’être posée. Mais la réponse n’est pas si simple. « La sismicité induite (provoqué par l’activité humaine) est une discipline de recherche encore récente, précise le scientifique. Elle va être amenée à se développer. » Le travail du CNRS concernant ce séisme ainsi que sur ceux de Strasbourg – intervenus les 12 et 14 novembre, à quelques kilomètres d’un site de géothermie profonde – pourrait permettre d’en savoir plus sur ces risques et de commencer à s’en prémunir. « Toutefois, les liens de causalité entre rupture sismique et activité industrielle restent difficiles à démontrer », avertit le sismologue.

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24 novembre 2019 7 24 /11 /novembre /2019 14:13

Les projets de nouvelles centrales nucléaires montrent que la prise de conscience du potentiel des énergies renouvelables est encore fragile dans les cercles dirigeants, dénonce le chercheur Daniel Lincot. Tribune publié le 22 novembre 2019 dans Le Monde. Lire aussi Aux Lilas, les citoyens s’unissent pour produire de l’électricité verte  et Les énergies renouvelables stagnent, une mauvaise nouvelle pour le climat.

Alors que se multiplient les appels à la relance d’un programme électronucléaire en France, allant de la construction de nouveaux EPR à la mise en service de mini-réacteurs pour faire face à l’incapacité supposée des énergies renouvelables de répondre efficacement aux enjeux de la transition énergétique, il est utile de rappeler que ces dernières représentent au contraire aujourd’hui un véritable espoir.

Un des premiers savants à avoir pris toute la mesure du potentiel immense de l’énergie solaire pour répondre aux besoins de l’humanité est Augustin Mouchot (1825-1912), professeur de mathématiques au lycée de Tours, qui se lance en 1860 dans la création de machines « suffisamment puissantes transformant la chaleur en énergie mécanique ». Il crée alors des machines à vapeur fonctionnant grâce à la concentration de la lumière solaire, dont le symbole est l’imprimerie solaire présentée à l’Exposition universelle de 1878, pour laquelle il reçoit la médaille d’or et qui suscite une immense ferveur populaire. Il publiera en 1879 un ouvrage visionnaire, intitulé La Chaleur solaire et ses applications industrielles, véritable texte fondateur des applications industrielles de l’énergie solaire.

Il faudra attendre la moitié du XXe siècle pour que les applications industrielles de l’énergie solaire thermique reviennent sur le devant de la scène, en particulier en France, grâce à une personnalité hors du commun, Félix Trombe (1906-1985). C’est à son retour de détention en 1941 (il avait été fait prisonnier le 20 juin 1940) qu’il reprend le concept des fours solaires d’Augustin Mouchot pour atteindre de très hautes températures. Il mène ensuite, dans son laboratoire du CNRS à Meudon, des expériences à plus de 3 000 °C grâce, ironie de l’histoire, à un four utilisant un concentrateur solaire fabriqué à partir d’un ancien miroir de la DCA allemande.

Un grand programme pionnier

Puis, sous la conduite du CNRS, de grands projets sont lancés à partir de 1958 avec la construction, à Odeillo (Pyrénées-Orientales), d’un grand four solaire de 1 MW, qui fut inauguré en 1969. C’était alors la logique des grands projets chers au général de Gaulle, au même titre que le Concorde ou la conquête spatiale. Le programme de solaire thermique connaîtra son apogée avec le premier choc pétrolier, qui verra le lancement, en 1976, du programme Thémis, une centrale visant cette fois à produire de l’électricité, dont la construction fut achevée en 1983 à Targassonne, non loin d’Odeillo, avec le CNRS et EDF. A la pointe des technologies mondiales, le programme fut cependant brutalement arrêté en mai 1986, pour cause de pétrole peu cher et de nucléaire triomphant. On assiste aujourd’hui à son redémarrage au niveau international.

Une autre voie permettant de capter et de transformer directement l’énergie solaire en électricité a été ouverte également au début du XIXe siècle avec la découverte, par Edmond Becquerel (1820-1891), en 1839 au Muséum d’histoire naturelle à Paris, de l’effet photovoltaïque. Ce n’est que plus d’un siècle plus tard, avec la mise au point des premières cellules solaires photovoltaïques efficaces au silicium, en 1954 aux États-Unis, que cette découverte a pris son envol pour la conversion d’énergie. Son utilisation industrielle ne s’est pas fait attendre, dès 1958, avec l’alimentation des premiers satellites en énergie.

La volonté de la France d’être présente dans ce domaine stratégique fit que, dès la fin des années 1950, avec le CNES et le CNRS, le développement d’une industrie photovoltaïque nationale fut une priorité. Les entreprises françaises étaient alors parmi les premières mondiales et le restèrent jusqu’au début des années 2000, avant que n’intervienne le décollage industriel du photovoltaïque terrestre. Le décrochage des ambitions françaises dans ce domaine se situe au début des années 1980, encore une fois en raison de l’écrasante domination du nucléaire. Elles ne renaîtront qu’autour de 2006 avec le Grenelle de l’environnement et la mise en place d’une politique de soutien volontariste par des tarifs d’achat, prolongée aujourd’hui par la loi sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). La France a ainsi commencé à combler son retard dans le domaine.

Des énergies renouvelables compétitives

L’irruption dans le débat de l’hypothèse d’un nouveau programme électronucléaire doit nous alerter car il montre que la prise de conscience du potentiel des énergies renouvelables est encore fragile dans les cercles dirigeants. Les énergies renouvelables, solaires et éoliennes, sont pourtant devenues compétitives, et la sûreté d’un recours massif au nucléaire est remise en cause par les accidents de Tchernobyl et de Fukushima.

Le développement à grande échelle, en particulier du photovoltaïque, inimaginable il y a dix ans, est maintenant enclenché, avec 100 GW installés annuellement, qui pourraient atteindre plusieurs centaines de GW durant la prochaine décennie. Cette croissance est boostée par le prix en sortie d’usine de modules à environ 30 centimes de dollar par watt, conduisant à des prix de vente de 64 euros le MWh en France en moyenne pour le dernier appel d’offres de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), et autour de 20 dollars ou moins dans plusieurs régions du monde. Elle entraîne également un cercle vertueux sur le développement des technologies de stockage, de réseau intelligent et de numérisation.

Pourquoi ne pas décider de mettre en place un programme de création d’usines photovoltaïques en France, comme on parle de construire de nouveaux EPR ? Cela aurait du sens quand on sait qu’une usine de fabrication de panneaux solaires coûte aujourd’hui environ 200 millions d’euros pour une production de 1 GW par an, soit l’équivalent d’une tranche nucléaire, et que, si l’on tient compte de l’équivalence en énergie produite, il faudrait environ 5 GW, soit 1 milliard d’euros. Chaque usine de 5 GW fabriquerait en un an des installations solaires qui pourraient être mises en place en quelques mois et produiraient l’équivalent en énergie d’une tranche de centrale nucléaire. Ne serait-il pas plus judicieux que l’État investisse dans un plan de création de telles usines plutôt que pour de nouveaux EPR ?

Daniel Lincot est directeur de recherche au CNRS. Il a coécrit, avec Wolfgang Palz, Le Triomphe du soleil. L’Énergie du nouveau siècle, en France et dans le monde (à paraître).

 

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21 novembre 2019 4 21 /11 /novembre /2019 09:06

La commission nationale des alertes en santé publique estime qu’un « doute sérieux » existe sur ces fongicides. Par Stéphane Foucart Publié le 19 novembre 2019 dans Le Monde. Lire aussi Fongicides SDHI : « On ne peut se permettre, comme l’Anses, d’attendre la catastrophe » et L’Anses n’a pas pris la mesure du drame des SDHI.

Les fongicides largement utilisés dans l'agriculture sont pointés du doigt par la Commission nationale Déontologie et Alertes en santé publique et environnement. (SEBASTIEN JARRY/MAXPPP)

Les fongicides largement utilisés dans l'agriculture sont pointés du doigt par la Commission nationale Déontologie et Alertes en santé publique et environnement. (SEBASTIEN JARRY/MAXPPP)

La mise en garde des chercheurs relative aux pesticides SDHI (« inhibiteurs de la succinate déshydrogénase ») doit être prise au sérieux. La Commission nationale de la déontologie et des alertes en matière de santé ­publique et d’environnement (cnDAspe), une instance officielle indépendante constituée de 22 experts bénévoles, a publié, mardi 19 novembre, un avis estimant que l’alerte, lancée par une dizaine de scientifiques fin 2017, sur les dangers de cette famille de fongicides, est fondée, étayée par « des données scientifiques de qualité ».

Les informations fournies par les auteurs de l’avertissement, précise l’avis, « posent un doute sérieux sur des dangers qui ne sont actuellement pas pris en compte dans les procédures de toxicologie appliquées selon la réglementation européenne ». Et ce, en dépit des « incertitudes substantielles » qui demeurent sur les risques induits par ces produits dans leurs conditions d’utilisation.

Les données transmises par le biologiste Pierre Rustin (CNRS) et ses collègues viennent par ailleurs d’être publiées dans la revue PLoS One. Elles montrent, sur des cultures cellulaires, que les substances appartenant à la famille des SDHI ne ciblent pas seulement les champignons et les moisissures, mais une diversité d’organismes comme l’abeille domestique, le lombric ou l’être humain. Les scientifiques redoutent que le mécanisme ciblé par ces produits phytosanitaires n’élève les risques de certains cancers et de maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson. Selon les chercheurs, le recul n’est pas suffisant sur les usages actuels de plusieurs de ces produits pour pouvoir se fonder sur des données épidémiologiques relatives aux personnes exposées. Sur les onze substances en question, huit ont été autorisées pour la première fois il y a moins de dix ans.

L’Anses a réagi de manière « réactive et approfondie »

Créée par la loi d’avril 2013 sur la protection des lanceurs d’alerte, la cnDAspe est constituée de 22 membres, nommés pour quatre ans par arrêté ministériel. Y siègent des représentants d’organismes publics de recherche et d’agences sanitaires, des médecins, des juristes, des conseillers d’Etat, etc. Ses avis n’ont pas valeur d’expertise scientifique, mais la commission précise en l’espèce avoir demandé l’appui de deux experts toxicologues membres de son comité spécialisé, le Comité de la prévention et de la précaution (CPP), qui ont estimé fondées les inquiétudes des lanceurs d’alerte.

Ceux-ci n’ont saisi la cnDAspe qu’en avril 2019, après avoir échangé à l’automne 2017 avec l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Cette dernière n’a considéré l’avertissement formellement lancé qu’au mois d’avril 2018, avec la publication d’une tribune dans le quotidien Libération, dans laquelle les chercheurs appelaient à la suspension de l’autorisation des SDHI. L’agence a alors mandaté un groupe d’experts pour plancher sur le sujet. Ce panel a finalement publié son rapport en janvier, estimant que l’alerte n’était pas constituée, mais que des recherches ultérieures devaient être conduites. Mécontents du traitement de leur signalement par l’agence, plusieurs chercheurs du collectif se sont retournés vers la cnDAspe.

La commission estime toutefois, dans son avis, que l’Anses a réagi de manière « réactive et approfondie », notamment en informant ses homologues internationales du signalement des chercheurs français, ainsi qu’en « engageant des financements importants pour améliorer les connaissances sur les dangers identifiés ».

Une alerte dès 2012, selon la députée Delphine Batho

« Nous avons, en outre, demandé au CPP de préparer une méthode de travail à laquelle seront conviés les organismes de recherche et les agences compétentes pour rédiger un avis susceptible d’encadrer la manière dont les autorités sanitaires doivent tenir compte des données scientifiques nouvelles, dès lors qu’elles sont publiées, explique Denis Zmirou-Navier, professeur honoraire de santé publique de l’université de Lorraine et président de la cnDAspe. Cela permettra de faire en sorte que des alertes puissent être traitées sans qu’il soit nécessaire d’attendre que les médias s’en fassent l’écho. »

Les responsables de l’Anses étaient auditionnés sur le sujet, le 6 novembre, par le Groupe d’étude sur la santé environnementale de l’Assemblée nationale. Pour sa coprésidente, Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, l’alerte pourrait en réalité remonter à 2012, au moins pour l’un de ces SDHI, le bixafène. « Des travaux financés par l’Anses ont été publiés en 2012 et montrent que le bixafène est génotoxique [toxique pour l’ADN] in vitro, dit Mme Batho au Monde. Les experts toxicologues disent que ce type de résultat doit être confirmé in vivo : j’ai donc demandé à l’Anses si, depuis sept ans, de tels travaux avaient été entrepris. » L’Anses n’était pas en mesure de répondre mardi 19 au matin.

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9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 09:05

Une étude prouvant la toxicité pour l’homme de ces pesticides massivement utilisés sur les cultures a été publiée jeudi. Pour Pierre Rustin, l’un des auteurs, l’agence de sécurité sanitaire aurait déjà dû les interdire. Propos recueillis par Coralie Schaub pour Libération et CNRS le 7 novembre 2019. Lire aussi L’Anses n’a pas pris la mesure du drame des SDHI, Les SDHI, ces pesticides qui alarment les scientifiques et Fongicides SDHi : vers un nouveau scandale sanitaire ?

Un agriculteur répand des pesticides sur un champ de pommes de terre, à Godewaersvelde (Nord), en 2012. PHILIPPE HUGUEN / AFP

Un agriculteur répand des pesticides sur un champ de pommes de terre, à Godewaersvelde (Nord), en 2012. PHILIPPE HUGUEN / AFP

C’est désormais gravé dans le marbre d’une prestigieuse revue scientifique : les fongicides inhibiteurs de la succinate déshydrogénase (SDHI) sont bel et bien toxiques pour les cellules humaines. Cela n’a rien d’anecdotique, car cette classe de pesticides destinée à lutter contre les champignons et moisissures, autorisée en Europe depuis la fin des années 2000, est massivement utilisée sur les cultures (blé, avoine, orge, seigle, tournesol, colza, pommiers, amandiers, cerisiers, vigne, asperges, carottes, pommes de terre, fraisiers, laitue…) et donc omniprésente dans les assiettes et boissons. Dans une étude publiée jeudi dans PLOS One, les médecins et chercheurs qui avaient lancé l’alerte en avril 2018 dans Libération sur les risques potentiels pour l’homme et l’environnement persistent et signent. Oui, les SDHI, qui bloquent la respiration des cellules des champignons (en inhibant l’activité de l’enzyme SDH, la succinate déshydrogénase), bloquent aussi celle des cellules du ver de terre, de l’abeille ou de l’être humain. Or chez ce dernier, un dysfonctionnement de la SDH est associé à de graves pathologies. Entretien avec l’un des auteurs, Pierre Rustin, directeur de recherche au CNRS.

Qu’apporte l’étude ?

Elle démontre clairement la toxicité des SDHI pour les cellules humaines. Or, cette toxicité cellulaire est le critère permettant d’établir si une molécule doit être considérée comme toxique ou non. Et si c’est le cas, les autorités sanitaires doivent en théorie prendre des mesures pour l’interdire. Nous montrons aussi que les cellules de patients atteints d’Alzheimer ou de maladies mitochondriales [liées à un trouble de la chaîne respiratoire des mitochondries, des structures intracellulaires responsables de la production énergétique des cellules, ndlr] sont hyper sensibles aux SDHI, donc que cette catégorie de la population est encore plus à risques. Enfin, les SDHI de dernière génération, qui viennent d’arriver sur le marché, ne bloquent pas que l’enzyme SDH mais aussi d’autres éléments dans les mitochondries, ce qui les rend d’autant plus dangereux et toxiques. Au fil de nos découvertes, depuis un an, nous avons transmis ces données en temps réel à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Qui aurait déjà dû réagir.

Qui fabrique ces fongicides et pour quel usage ?

Bayer, BASF, Syngenta, etc : toutes les grandes firmes agrochimiques en produisent et se sont positionnées sur ce marché, qui a l’air d’être intéressant financièrement. Onze molécules sont autorisées en France, à partir desquelles sont fabriqués 152 produits qui contiennent des SDHI. Ils sont utilisés sur toutes les cultures ou presque. On n’a pas besoin d’en mettre d’énormes quantités, car elles sont très résistantes et très toxiques. Les huit SDHI utilisés en France que nous avons testés inhibent tous la SDH, et cela chez les quatre espèces étudiées, bien qu’avec une efficacité variable. L’effet des SDHI n’est pas spécifique à la cible prétendue, il va au-delà, il est général. D’ailleurs, les fabricants le savent, puisqu’ils vendent une partie de ces fongicides pour tuer les nématodes, ces vers blancs qui infestent les terrains de football ou de golf. Cette absence de spécificité est théoriquement une raison de retirer une autorisation de mise sur le marché. L’Anses aurait dû le prendre en compte immédiatement.

Vous montrez aussi que les conditions des tests réglementaires actuels de toxicité sont inadaptées…

Oui. Le glucose présent dans les milieux de culture cellulaire masque totalement un effet délétère très important des SDHI : ils induisent un stress oxydatif dans les cellules humaines, menant à leur mort… Avec ce type de fongicides, on provoque probablement une catastrophe écologique et sanitaire, car ils tuent tout, pas seulement les champignons.

Quelles pathologies cause un dysfonctionnement de la SDH chez l’homme ?

L’altération des mitochondries entraîne une kyrielle de maladies : cardiomyopathies, myopathies, encéphalopathies (maladies du cerveau), maladies oculaires, maladies chez les enfants, Parkinson, Alzheimer… Elles peuvent apparaître à tout âge, affecter tous les organes, s’exprimer différemment d’un individu à l’autre et leur évolution est très imprévisible. Leur délai d’expression peut être de dix, vingt ou trente ans. On ne va donc pas mourir tout de suite si on absorbe des SDHI, mais on risque de développer la maladie de Parkinson cinq, dix ou quinze ans après. Affirmer qu’il n’y a pas de danger est insupportable. On prend un risque monstrueux, le principe de précaution doit s’appliquer. On ne peut se permettre d’attendre la catastrophe comme l’Anses semble le faire !

Vous en voulez beaucoup à l’Anses, qui a ignoré vos premières alertes fin 2017 et se veut rassurante ?

Elle ment par omission. Par exemple, je ne peux pas croire que l’Anses n’ait pas su que dès 1976 des scientifiques ont décrit les SDHI comme étant hyper toxiques pour les mammifères. Quand on met une molécule toxique en circulation, on vérifie ce qui se passe chez l’homme, c’est la base. Une autre chose absolument scandaleuse : ces pesticides sont utilisés de façon préventive. On traite des champs entiers à haute dose, sans savoir si c’est utile ou pas. Personne n’aurait l’idée de traiter son enfant tous les jours avec des antibiotiques ! L’Anses couvre complètement ce type d’usages, c’est incroyable.

Sommes-nous en présence d’un nouveau scandale, type glyphosate ?

Absolument. Mais ici, la situation est beaucoup plus claire et évidente. S’il y a une discussion autour du mécanisme d’action du glyphosate, ce n’est pas le cas pour les SDHI, pour lesquels il n’y a aucune ambiguïté. Si j’étais responsable d’une agence sanitaire et qu’on me livrait les informations que nous publions, j’interdirais les SDHI dans la journée. Chaque jour compte.

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Les fongicides SDHI sont toxiques pour les cellules humaines

http://www.cnrs.fr/fr/les-fongicides-sdhi-sont-toxiques-pour-les-cellules-humaines.

Les mitochondries sont des organelles présentes dans les cellules eucaryotes. Elles contiennent des chaînes respiratoires, cruciales pour la survie des organismes. Sans les mitochondries, impossible d’extraire, en présence d’oxygène, l’énergie contenue dans les aliments pour permettre le fonctionnement des cellules. Chez l’être humain, un disfonctionnement d’une enzyme clé de la chaîne respiratoire, la succinate déshydrogénase (SDH), est associé à de graves pathologies. De nombreux traitements fongicides employés dans les parcelles agricoles ou sur les terrains de sport, agissent en bloquant l’activité de la SDH de champignons parasites, et de ce fait empêchent leur développement. Ces composés, inhibiteurs de la SDH, sont appelés SDHI. Des scientifiques français* viennent de mettre en évidence que huit molécules fongicides SDHI commercialisées en France ne se contentent pas d’inhiber l’activité de la SDH des champignons, mais sont aussi capables de bloquer celle du ver de terre, de l’abeille et de cellules humaines, dans des proportions variables. En effet, l’équipe de recherche dirigée par Pierre Rustin, directeur de recherche émérite du CNRS, a montré que les SDH de 22 espèces différentes étaient très similaires, en particulier dans les zones ciblées par les SDHI. Enfin, les chercheurs et chercheuses ont montré que les conditions des tests réglementaires actuels de toxicité masquent un effet très important des SDHI sur des cellules humaines : les fongicides induisent un stress oxydatif dans ces cellules, menant à leur mort. Cette étude est publiée dans la revue PLOS ONE le 7 novembre 2019.

A et D : cellule humaines (fibroblastes) témoins cultivés pendant dix jours en présence (A) ou en l'absence (D) de glucose, la glutamine étant l'unique source de carbone dans cette dernière condition. B et E : cellules cultivées présence de bixafen 1 µM. Sur l’image E, en absence de glucose, on remarque la présence de nombreuses taches blanches qui indiquent la présence de cellules mortes. C : malgré la présence de bixafen 20 µM, aucun signe de souffrance cellulaire n’a été observé en présence de glucose. F : l’absence de glucose a entraîné une mort cellulaire massive, avec une concentration de bixafen aussi faible que 5 µM.Sur chaque figure, la barre noire représente une échelle de 200 µm.© Benit et al./PLOS ONE/CNRS Photothèque

Bibliographie

Evolutionarily conserved susceptibility of the mitochondrial respiratory chain to SDHI pesticides and its consequence on the impact of SDHIs on human cultured cells. Paule Bénit, Agathe Kahn, Dominique Chrétien, Sylvie Bortoli, Laurence Huc, Manuel Schiff, Anne-Paule Gimenez-Roqueplo, Judith Favier, Pierre Gressens, Malgorzata Rak et Pierre Rustin. PLOS ONE, le 7 novembre 2019. DOI : 10.1371/journal.pone.0224132

* Ont participé à cette étude des scientifiques du CNRS, de l’Inserm, de l’Inra, de l’Université de Paris, de Université Toulouse III - Paul Sabatier et de l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris.

 

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