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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 16:53

Voila le tract que nous diffusons ce week-end.

Il s'accompagne de la publication d'un dossier Gestion des déchets, dans la colonne de droite de ce blog, composé de fiches pédagogiques plus détaillées sur La collecte des déchetsLa méthanisation, Le BiogazLe compost , Le Tri Mécano-Biologique (TMB) .

Bonne lecture.

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 10:57

Lors de la Conférence environnementale des 14 et 15 septembre 2012, concernant les hydrocarbures non conventionnels – surtout gaz de schiste en France, mais aussi huiles de schistes majoritairement présentes dans le bassin parisien, le Président a été clair : « la fracturation hydraulique, seule technique aujourd’hui connue, n’est pas exempte de risques lourds pour la santé et l’environnement ». Il a donc annoncé sa volonté de suspendre toutes les explorations/exploitations des gaz et huiles de schiste jusqu’au terme de son quinquennat – un moratoire de 5 ans donc - et que sept permis de recherche d’hydrocarbures encore à l’étude seraient rejetés.
Malgré ces nouvelles, une semaine plus tard, la mobilisation en France a été bonne pour  la journée d’action mondiale contre la fracturation hydraulique le samedi 22 septembre, avec une manifestation d’environ 500 personnes
à Tournan en Seine-et-Marne , en présence de nombreux élus de divers partis.

 

Tournan2_0087.jpg

Faisons un point sur les demandes de permis en cours, et les concessions déjà accordées, ce qui s’avère difficile, tant les informations sont peu claires et se contredisent parfois. Vous pouvez toujours voir la carte des départements français concernés par la recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux : http://www.developpement-durable.gouv.fr/-Permis-de-recherche-carte-des-.html.

Dans la règlementation française régit par le code minier, un permis est “accordé” pour de la recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux  sur un périmètre minier. La recherche d’hydrocarbures peut concerner  plusieurs couches géologiques qui  peuvent abriter  à différentes profondeurs des réservoirs dits “conventionnels” et des gaz ou huiles “non conventionnels” emprisonnés dans la roche mère.

La fracturation est la seule technique qui permet d’extraire ces gaz et huiles de roche mère. Il existe plusieurs techniques de fracturation : hydraulique, thermique, au gel, à la mousse etc… Mais souvenez-vous, http://leslilasecologie.over-blog.com/article-la-fracturation-hydraulique-est-la-cause-de-seismes-109965406.html, le lien a été formellement établi entre fracturation et répliques sismiques ou tremblements de terre.

 

Concernant les permis de recherche en hydrocarbures, il apparaitrait après un laborieux décompte (entre les permis “abrogés” le 3 octobre 2011,  les nouveaux  ”accordés”  le 22 janvier 2012, ceux sur lesquels les pétitionnaires se sont “désistés”) que ce ne sont pas moins de 36 permis qui pourraient être concernés par de la recherche de grande profondeur, gaz et huiles de roche mère, (par fracturation ?).

Ces 36 permis concerneraient selon leur géologie de la recherche de gaz ou d’huiles ou les deux :  6 permis de gaz de roche-mère, 4 permis de gaz de houille,  4 mixtes gaz et huiles de roches mères, et 22 d’huiles de roche-mère.

En sachant que ce chiffre peut varier au gré des dates de validité des permis et de leur renouvellement ou non. Un permis est accordé pour 5 ans renouvellable deux fois (Cf l’annexe 3 du rapport d’avril 2011 du CGIET (et le décret du 22 janvier , attribution de 12 nouveaux Permis).

 

Voici les principaux détails concernant les sept demandes de permis de recherche d’hydrocarbures que le gouvernement a décidé vendredi 15 septembre, de rejeter, parce qu’il considère qu’elles visent les gaz de schiste.
- Beaumont-de-Lomagne: la demande de recherche de gaz portait sur une zone de 10.405 km2, s’étendant sur 7 départements (Lot-et-Garonne, Dordogne, Lot, Tarn-et-Garonne, Haute-Garonne, Ariège, Gers). Elle avait été déposée par BNK France, filiale de l’américain BNK Petroleum.
- Brignoles: la demande de recherche de gaz sur une zone de 6.785 km2 qui s’étend sur 4 départements (Var, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône et Vaucluse, d’après le demandeur) avait été déposée par l’américain Schuepbach.
- Cahors: la demande de recherche de gaz sur 5.710 km2, sur 4 départements (Aveyron, Dorgogne, Lot et Tarn et Garonne), émanait de 3Legs Oil&Gas, une société de l’île de Man.
- Lyon-Annecy: la demande de recherche de pétrole et de gaz portait sur 3.800 km2, répartis sur 5 départements (Savoie, Haute-Savoie, Ain, Isère, Rhône), et avait été effectuée par Schuepbach.
- Montélimar (extension): la demande de recherche de gaz émanait du géant pétrolier français Total. Elle concernait 1.859 km2 situés sur trois départements (Drôme, Var, Gard).
- Montfalcon: la demande visait à rechercher du gaz sur une superficie de 5.792 km2, dans cinq départements (Savoie, Isère, Drôme, Ardèche et Rhône), et avait été déposée par BNK France.
- Valence: la demande visait du pétrole et du gaz, sur une zone de 5.801 km2 à cheval sur cinq départements (Rhône, Isère, Savoie, Drôme, Ardèche), et avait été déposée par 3Legs Oil & Gas.
(©AFP / 14 septembre 2012 15h09)

 

 On compte également plus de 90 ( ?) concessions (productions d’hydrocarbures) en France.

Quant aux permis de recherche déjà accordés, au 1er janvier 2012, 64 étaient en validité. Nicolas Sarkozy en abroge 3 (Nant, Montélimar et Villeneuve de Berg), ce qui en laisse 61 permis, dont la documentation peut être consultée sur http://www.nongazdeschiste.fr/index.php/savoir-lessentiel/173-les-permis/64-liste-des-permisexclusifs-de-recherches-dhydrocarbures-liquides-ou-gazeux-titres-miniers-dexploration. Ils sont toujours en cours de validité.

Pour ce qui concerne le bassin parisien[i], il n’y a pas de gaz de schiste, mais du pétrole de schiste (huile de roche mère), Les territoires menacés par l’exploration de l’huile de roche mère sont concernés par :
o des permis de recherche accordés par M. Borloo en 2009 et pour lesquels des demandes de travaux ont été accordées par la préfecture (par exemple le permis de Château Thierry et les demandes de travaux accordées à Doue),
o 12 nouvelles demandes de permis en cours d'instruction, dont celui de Chevry, qui menace de nombreuses villes de Seine Saint-Denis, Seine-et-Marne, Val de Marne…
o des concessions d'exploitation accordées il y a longtemps et sur lesquels les compagnies peuvent faire des recherches. Certaines d'entre elles ont déjà demandé et obtenu des autorisations de travaux portant sur des forages profonds (3000 mètres) et horizontaux dont la cible est clairement la roche mère. C’est probablement là que le danger est le plus immédiat (exemple de la concession de Nonville).

 

Plusieurs zones d'ombres persistent et inquiètent les populations concernées sur leurs territoires :

- L’administration française dispose t-elle  des moyens suffisants pour assurer le contrôle et la surveillance des travaux de forages et d'explorations d’hydrocarbures sur les périmètres miniers accordés et sur les concessions existantes ?

- La loi du 13 juillet 2011 n’a pas définit la fracturation hydraulique qu’elle interdisait.

Malgré l'annonce du gouvernement, des compagnies gazières et pétrolières s'installent sur des permis accordés et des concessions existantes. Dans l'Aisne, la Marne et la Seine-et-Marne, le permis de Château Thierry : http://nofrackingfrance.fr/administratif/61-permis/permis-de-chateau-thierry. En Seine-et-Marne, le permis de Champrose : http://nofrackingfrance.fr/administratif/61-permis/permis-de-champrose-77; les concessions déjà existantes : Champotran, Donnemarie, Malnoue, Concession de Nesles, Chaunoy.

Ils préparent leur arrivée dans le Gard et le sud de l’Ardèche, avec le permis du Bassin d’Alès, mais aussi dans l’Ain et le Jura, permis des Moussières, en Aquitaine, permis de Claraq…

(à suivre)



[i]  du point de vue géologique, le bassin parisien est une zone d’environ 110 000 km carrés (chiffre retenu par l’Amicale des Foreurs). Cette zone est constituée de plusieurs régions : l’Île-de-France, la Picardie, la Champagne Ardennes, le Centre, la Basse et la Haute, l’Yonne et la Sarthe.

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 15:47

En une semaine, c’est successivement le Japon puis le Québec qui faisait l’actualité nucléaire.

 Le gouvernement japonais a annoncé, vendredi 14 septembre, l'arrêt progressif de la production nucléaire sur trente ans, dix-huit mois après l'accident de Fukushima qui a provoqué une catastrophe sans précédent dans le monde depuis Tchernobyl, il y a vingt-cinq ans.
Le Japon devient ainsi le troisième pays, après l'Allemagne et la Suisse, à faire part de son intention de stopper ses réacteurs depuis l'accident du 11 mars 2011 à Fukushima Daiichi (220 km au nord-est de Tokyo). L'énergie nucléaire représentait près de 30 % de la consommation de courant au Japon avant cette accident, consécutif à un puissant séisme et au passage d'un tsunami géant sur la région.
Elle ne compte toutefois que pour une très faible part à l'heure actuelle, seuls deux réacteurs étant actuellement en opération, dans le centre du Japon. Les autres sont arrêtés, soit à cause d'un séisme soit en raison des mesures de sécurité supplémentaires exigées par les autorités après l'accident.

 Trois principes pour y parvenir : ne plus construire de centrale nucléaire, arrêter les réacteurs existants après quarante ans d'activité et n'accepter le redémarrage des tranches suspendues qu'après des examens de sécurité menés par une autorité ad hoc.

 

Le lendemain, jeudi 20 septembre, c’est le nouveau gouvernement québécois qui a annoncé la fermeture de … l’unique centrale nucléaire de la province (ainsi que le moratoire sur l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste !).

Ouverte en 1983 et arrêtée depuis la fin juillet en raison d’une panne, la centrale de Gentilly 2 devait être rénovée pour pouvoir poursuivre son activité. Le remplacement de son réacteur avait été évalué en 2008 à 1,9 Milliard de $.

 

Des mesures de bon sens dont notre nouveau gouvernement pourrait s’inspirer…

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 09:26

Que l'on parle de la technologie massivement utilisée aujourd'hui, la fracturation hydraulique, ou de celles encore à l'état de recherche ou en développement, toutes les technologies pour rechercher ou exploiter les gaz et huiles de schiste utilisent la fracturation. Voila une avancée dans la connaissance des dégâts environnementaux causés par l'exploitation des gaz et huiles de schiste, actuellement recherchés dans le sous-sol d'une dizaine de villes de Seine Saint-Denis (cf nos articles précédents). Un article de No Fracking France.

Une autorité réglementaire de Colombie Britannique fait lien entre fracturation hydraulique et tremblements de terre

Les conséquences environnementales et géologiques de l’injection de fluides aux fins de la fracturation hydraulique suscitent de nombreuses inquiétudes. La fracturation hydraulique permet de mettre en valeur des gisements de gaz de schiste, de méthane de houille et d’autres hydrocarbures qui étaient auparavant inexploitables. Les inquiétudes portent souvent sur la provenance de l’eau utilisée pour la fracturation hydraulique (ce processus nécessite souvent l’utilisation de dizaines de milliers de mètres cubes d’eau par puits) et sur les possibilités de contamination liées à l’utilisation et à l’élimination du fluide de fracturation. Cependant, la possibilité que la fracturation hydraulique cause des séismes suscite également des inquiétudes.
Le 30 août 2012, la Oil and Gas Commission de la Colombie-Britannique (la « Commission ») a publié un rapport qui conclut que les activités de fracturation hydraulique menées à proximité de failles préexistantes ont causé des centaines de séismes de faible magnitude dans le bassin de Horn River, dans le nord-est de la Colombie-Britannique. Le bassin de Horn River est l’un des principaux gisements de gaz de schiste en Colombie-Britannique. La conclusion de la Commission est fondée sur une étude sismologique (relevés sismographiques des tremblements de terre causés principalement par des mouvements de failles) menée entre avril 2009 et décembre 2011 dans le secteur de Horn River.

Contexte

La fracturation hydraulique est le processus qui consiste à créer des fissures (fractures) dans des formations géologiques souterraines pour créer des voies à partir desquelles les hydrocarbures, notamment le gaz de schiste, peuvent renflouer vers des puits de forage. Dans le cas des schistes gazéifères, un mélange d’eau, de sable et d’autres additifs chimiques est injecté à haute pression dans le puits de forage pour fracturer les schistes. Les fractures demeurent ouvertes grâce au sable (l’agent de soutènement) et elles servent de voie de refoulement du gaz de schiste vers le puits de forage.
La fracturation de la roche par l’injection de fluides hydrauliques crée des milliers de microséismes (d’une magnitude comprise entre -3,0 et 0,5 ML sur l’échelle de Richter). Ces microséismes n’ont pas été abordés dans le rapport de la Commission, qui a porté essentiellement sur les séismes d’une magnitude supérieure à 1,0 ML.

Conclusions de la Commission

Selon la Base Nationale de Données Sismologiques du Canada, aucune activité sismique n’avait été détectée dans le bassin de Horn River avant 2009. Cependant, entre avril 2009 et décembre 2011, 272 séismes de faible amplitude (magnitude comprise entre 1,0 ML et 3,8 ML) ont été attribués à des déplacements le long de failles existantes causés par les activités de fracturation hydraulique. La Commission a utilisé les critères de sismicité induite de Davis et Frolich (moment, emplacement, pression des fluides, etc.) pour relier ces événements à la fracturation hydraulique. Il faut noter que les puits de refoulement ont été éliminés comme source possible de sismicité étant donné que les quatre puits de refoulement qui se trouvaient dans le secteur visé par l’étude injectaient les fluides récupérés dans une formation située à plus de 1800 mètres au-dessus des formations du Groupe de Horn River.
La Commission a noté que les phénomènes sismiques d’une magnitude inférieure à 4,0 ML sont considérés comme mineurs et que, parmi les séismes enregistrés, un seul a été déclaré « ressenti » à la surface de la terre. En effet, le 19 mai 2011, un séisme d’une magnitude de 3,8 ML a été ressenti par des travailleurs se trouvant dans un rayon de 10 km de l’épicentre. Aucune blessure ni aucun dommage aux structures de surface n’a été déclaré relativement à ce séisme ou aux autres séismes étudiés par la Commission.
En plus de conclure que ces séismes étaient causés par la fracturation hydraulique, la Commission a conclu que les fractures résultant des activités de fracturation hydraulique étaient confinées aux schistes gazéifères de Horn River. La Commission n’a décelé aucune incidence sur les aquifères peu profonds ou sur l’environnement.

Autres conclusions semblables

Le rapport de la Commission renvoie à deux rapports publics portant sur des évènements de sismicité induite à d’autres endroits.
À Blackpool, en Angleterre, 50 séismes ont été attribués à la fracturation hydraulique. Le séisme le plus important, qui s’est produit 10 heures après l’obturation du puits, a été attribué au rayonnement d’un front de pression à partir du point d’injection hydraulique. Les auteurs de l’étude (de Pater et Baisch) ont conclu que la magnitude des séismes pourrait être atténuée en réinjectant rapidement les fluides après les traitements et en réduisant le volume de traitement.
L’autre cas récemment documenté de sismicité induite s’est produit à Garvin County, en Oklahoma. Dans ce cas, 50 séismes ont également été enregistrés. Ces séismes ont débuté sept heures après le début des activités de fracturation hydraulique. Bien que les séismes naturels soient très fréquents en Oklahoma, il a été prouvé que ces séismes avaient une origine unique différente de celle des tremblements de terre naturels. L’auteur (Holland) a conclu que le moment où ces événements sont survenus suggère un lien possible avec la fracturation hydraulique, bien qu’il n’ait pas déclaré que la fracturation était la cause de la sismicité.

Recommandations de la Commission

Se fondant sur les conclusions de son enquête, la Commission a émis plusieurs recommandations qui visent notamment à :
1.         Exiger la présentation de rapports de microsismicité pour identifier les formations géologiques, notamment les failles, pouvant causer un risque accru de sismicité induite de magnitude supérieure à 2,0 ML. Ces rapports pourraient également confirmer que la fracturation est confinée à la zone ciblée par les exploitants. La Commission précisera ces exigences en travaillant conjointement avec des intervenants et d’autres organismes de réglementation à l’extérieur de la Colombie-Britannique;
2.         Établir un processus de notification et de consultation entre l’exploitant et la Commission. Si des séismes sont détectés par le Réseau national sismographique canadien (RNSC) ou par les sismographes de l’exploitant, la Commission et l’exploitant pourraient entreprendre une étude afin de déterminer si des mesures d’atténuation sont nécessaires (p. ex., un ordre de suspension);
3.         Examiner les données géologiques et sismiques pour repérer des failles préexistantes. Si une sismicité induite est détectée, les puits de forage subséquents pourraient éviter la faille active ou d’autres procédures d’atténuation pourraient être mises en œuvre (p. ex. annulation des travaux de fracturation prévus à proximité de la faille active).
4.         Étudier l’effet des paramètres de fracturation hydraulique sur la sismicité.  La Commission poursuit son analyse des données de fracturation hydraulique pour tenter d’identifier des corrélations (p. ex. au niveau des débits de pompage ou des volumes d’injection);
5.         Moderniser et améliorer le réseau sismographique et les procédures de surveillance de la Colombie-Britannique. La Commission a conclu que le réseau actuel ne permettait pas d’identifier de façon fiable les séismes de faible intensité. Par exemple, le réseau actuel n’a pas permis de détecter 15 des 19 séismes d’une magnitude comprise entre 2,0 ML et 3,0 ML survenus dans le secteur Etscho du bassin de Horn River. Si ces séismes ont été repérés, c’est parce que des sismographes plus sensibles avaient été installés temporairement aux fins de l’étude menée par la Commission.
La Commission et l’Université de Colombie-Britannique mènent conjointement des travaux en vue de recueillir des données permettant de prévoir l’emplacement et la magnitude de phénomènes sismiques qui découlent de la fracturation hydraulique dans le nord-est de la Colombie-Britannique. Ces données permettront de prévoir, de détecter et d’atténuer plus efficacement ces événements.

Renseignements additionnels

Des renseignements additionnels sur l’enquête de la Commission figurent dans le rapport complet (« Investigation of Observed Sismicité in the Horn River Basin »), lequel est disponible sur le site Web de la Commission à l’adresse suivante : http://www.bcogc.ca/document.aspx?documentID=1270&type=.pdf (disponible en anglais seulement)
Sources:
Bulletin Énergie 5 septembre 2012 (CA)
http://www.fasken.com/fr/fr/commission_finds_fracking_caused_seismic_events/
Calgary Herald (CA) 7 septembre 2012  (en Anglais)
http://www.calgaryherald.com/business/energy-resources/regulator+says+fracking+causes+minor/7202367/story.html


Rappel

 

Le 22 septembre prochain, le Global Frackdown day sera la journée d’action mondiale contre la fracturation hydraulique, technique nécessaire pour extraire gaz et huiles de schiste. Près de chez nous, un rassemblement contre les forages non conventionnels est prévu en Seine & Marne, à Tournan-en-Brie(77220) à 14h30, parc de Combreux - RER E.

Il y aura aussi une action symbolique le même jour à Paris: l'inauguration du premier derrick intra-muros. 11h30 place du Trocadéro Paris.

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 18:46

La réunion annoncée du Collectif de soutien à la Maternité des Lilas a eu lieu le lundi 3 septembre 2012, dans la salle de réunion de la Maternité des Lilas. Un rappel chronologique des discussions entre les Diaconesses La Croix Saint-Simon et la Maternité des Lilas a précédé la présentation du protocole d’accord signé le 19 juillet 2012 entre les deux parties.

Après 2 graves alertes sur la pérennité de la Maternité dans les 2 dernières années, ce protocole inscrit l'orthogénie et la planification familiale de façon officielle dans le projet médical de la Maternité des Lilas.

L'association « Naissance » qui dirigeait la Maternité sera dissoute dans une nouvelle association du même nom, aux pouvoirs répartis ainsi : sur un total de 11 voix, 4 voix pour l'ex-association Naissance, 1 voix pour la ville des Lilas, et 6 voix pour les Diaconesses L.C.S.-S., qui versent 800 000 € (NB : budget annuel 10 Mns €, avec prévisions à 15 Mns € et près de 200 salariés dans la nouvelle maternité).

Et toutes les décisions importantes telles que modification du projet médical, fusion, cession de soins... ne seront adoptées qu'à une majorité qualifiée des 2/3, soit 8 voix sur 11.
Quant au
calendrier prévisionnel des travaux de reconstruction, 2 accords bancaires sur 3 sont encore en constitution. Après conclusion, ils seront garantis au maximum légal de 50 % par les collectivités territoriales, Ville des Lilas, Conseil Général de Seine-Saint-Denis, et, si possible, Communauté d'Agglomération Est Ensemble, et votées dans leurs Conseils respectifs.

Alors seulement aura lieu la signature avec Effage de l'acquisition du terrain, précédant 2 mois de préparation, et enfin le début des travaux, en janvier 2013 au plus tôt – coût prévisionnel 24 Mns €.

De bonnes nouvelles qui seront diffusées auprès des lilasiennes et des lilasiens lors du forum des associations de la ville des Lilas, samedi 8 septembre et dimanche 9 le matin.

Et le 19 septembre, la salle des mariages de la Mairie des Lilas accueillera la dissolution de l'ancienne association et la création de la nouvelle, avant un pot offert par une municipalité toujours active dans la résolution heureuse de ce combat !

                                                                          Pierre Stoeber

 

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 09:28

Personne ou presque ne le dit : au cœur de la centrale japonaise dort une "bombe" dont les effets, en cas de nouveau séisme, seraient dévastateurs. De notre envoyé spécial au Japon.
C'est une petite piscine - et un désastre planétaire en puissance. Un cube en béton de onze mètres de profondeur, rempli d'eau et bourré de combustibles nucléaires usagés : 264 tonnes de barres très radioactives ! Depuis un an et demi, ce bassin dit de "désactivation" repose à trente mètres du sol sur le bâtiment ébranlé du réacteur numéro 4 de la centrale de
Fukushima-Daiichi. Il n'est plus protégé ni par un toit solide ni par des murs, mais par une simple bâche de plastique blanche.

Ce scénario d'apocalypse obsède la plupart des chercheurs 

Les risques d'une telle situation sont incommensurables. Si, à la suite d'un typhon (dont la saison commence fin août) ou d'un nouveau tremblement de terre, la piscine venait à se vider ou à s'écrouler, la catastrophe qui en résulterait serait probablement sans précédent dans l'histoire de l'humanité. La mise à l'air libre de ces 264 tonnes de combustibles nucléaires pourrait dégager dans l'atmosphère dix fois plus de radioactivité que l'accident de Tchernobyl, si ce n'est davantage. Ce serait, disent certains, la fin du Japon moderne et, en tout cas, une calamité pour l'ensemble de l'hémisphère Nord qui deviendrait gravement et durablement contaminé.
Sensationnalisme ? Délire catastrophiste de militants antinucléaires ? Malheureusement, non. Ce scénario d'apocalypse obsède la plupart des chercheurs sérieux qui ont étudié le dossier. Jusqu'en septembre dernier, le professeur Koichi Kitazawa présidait la prestigieuse Agence japonaise pour les Sciences et la Technologie (JST), qui n'est pas, loin s'en faut, une antichambre de Greenpeace. Cette année, il a dirigé une grande commission d'enquête sur l'accident nucléaire de mars 2011. "Après avoir écouté des centaines de témoins, ma conviction est faite, raconte cet universitaire respecté. A la centrale de Fukushima, le pire est peut-être à venir. A cause de la piscine du réacteur 4, un nouvel accident peut se produire n'importe quand, qui menacerait la survie même de mon pays." Et le scientifique ajoute : "Je prie pour que, dans les semaines à venir, une violente tornade saisonnière ne s'abatte pas sur la centrale."

Haut responsable du département de l'Energie sous Bill Clinton, Robert Alvarez a été l'un des premiers à tirer la sonnette d'alarme. Il confirme : "Si un tremblement de terre ou tout autre événement venait à affecter cette piscine, il pourrait en résulter un incendie radiologique catastrophique, avec près de dix fois la quantité de césium 137 qui s'est propagée à la suite de l'accident de Tchernobyl." Notons que les explosions à la centrale de Fukushima n'ont libéré qu'un sixième de ce césium émis à Tchernobyl. Autrement dit, la chute de cette piscine, qui selon l'expression du physicien français Jean-Louis Basdevant, semble être maintenue en hauteur par les seules "forces de l'esprit", pourrait être soixante fois plus grave que la catastrophe de mars 2011. Cette dernière ayant provoqué l'évacuation permanente de 160 000 personnes dans un rayon de vingt kilomètres autour du site atomique, on peine à imaginer ce que "soixante fois plus grave" veut dire.

Une radioactivité équivalente à 5 000 fois la bombe nucléaire de Hiroshima!

Un professeur à l'Institut de Recherche nucléaire universitaire de Kyoto, Hiraoki Koide, propose, lui, une comparaison plus effrayante encore, surtout pour les Japonais. "Si le bassin du réacteur numéro 4 devait s'effondrer, assure-t-il, les émissions de matière radioactive seraient énormes : une estimation prudente donne une radioactivité équivalente à 5 000 fois la bombe nucléaire de Hiroshima." A notre connaissance, personne ne l'a contredit. [...]
(D'après Le Nouvel Observateur du 23/08)

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 10:56

Du Collectif de Soutien à la Maternité des Lilas :

En cet été pluvieux, nous avons l’immense satisfaction de vous annoncer que le soleil a brillé sur la Maternité des Lilas.

Après plus d’un an de lutte pour sauvegarder la pérennité d’un lieu indispensable à l’offre de soins sur le territoire de santé tant pour la naissance que pour l’orthogénie, le 19 juillet 2012, un protocole d’accord a été finalisé avec le groupe hospitalier les Diaconesses Croix-Saint Simon selon des modalités qui répondent à nos principales revendications et permettent le déblocage du projet par l’ARS ouvrant ainsi la voie au début des travaux de reconstruction de l’établissement aux Lilas avant la fin de l’année 2012.
Nous sommes maintenant certains que la Maternité des Lilas vivra et ce grâce à la mobilisation du personnel, du collectif des usagers, des élus de la municipalité des Lilas, des personnalités politiques et de la société civile, des associations, des syndicats, des médias.

Une réunion d'information du Collectif de Soutien à la Maternité des Lilas aura lieu le lundi 3 septembre 2012 à 18h30, dans la salle de réunion de la Maternité des Lilas.

A l'ordre du jour,

1. Présentation du protocole d’accord entre les CA des Diaconesses La Croix Saint-Simon et de la Maternité des Lilas
2. Calendrier prévisionnel des travaux de reconstruction
3. Préparation du forum des associations de la ville des Lilas
4. Vos  questions et suggestions



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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 18:31

Alors que les intentions du gouvernement autour des hydrocarbures non conventionnels restent ambiguës, concernant notamment la réforme du code minier, une journée mondiale d'opposition à la fracturation a été décidée en juin dernier au Sommet des peuples à Rio de Janeiro. Le 22 septembre prochain, le Global Frackdown day sera une journée d’action mondiale contre la fracturation hydraulique, technique nécessaire pour extraire gaz et huiles de schiste.

Pierre Stoeber


Les dégâts du progrès

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Par Noël Mamère, député EELV de Gironde.

 

« Les dégâts du progrès ». C’est le titre que la CFDT avait choisi dans les années 1970 pour montrer les limites d’une conception du progrès fondée sur le productivisme et la croyance quasi religieuse dans les vertus de la technique. En ce sens, elle ne faisait que reprendre les analyses prémonitoires de Jacques Ellul dans La technique ou l’enjeu du siècle, datant de… 1953. Un demi siècle plus tard, force est de constater que cette conception archaïque du progrès, appliquée à un monde aux ressources limitées et vivant largement au dessus de ses moyens, est encore dominante chez nos élites bien pensantes, politiques, scientifiques et faiseuses d’opinion.

Les derniers exemples en date nous viennent du journal Le Monde, à coup de reportages et d’éditoriaux consacrés à l’exploitation des gaz de schiste. Le sujet est hautement emblématique pour tous ceux qui se battent sur cette planète pour un changement de nos modes de vie et de nos modes de production et qui réclament la fin de notre dépendance au pétrole, conventionnel ou pas.

L’un de ces articles, daté du 18 juillet dernier, intitulé Les nouvelles frontières de l’Amérique, présente les gaz de schiste comme la « révolution » industrielle du XXIe siècle, censée défaire les Etats-Unis de leur dépendance aux pays pétroliers du Golfe et assurer leur prééminence sur le monde. L’autre, daté du 26 juillet dernier, nous conduit à Fort Worth, au Texas, redevenu l’eldorado de l’Amérique grâce à cette nouvelle manne pétrolière… Il prolonge un éditorial étonnant – le deuxième consacré à ce sujet – intitulé N’enterrons pas le débat sur les gaz du schiste, rédigé de telle manière qu’on est ne peut être ni vraiment pour ni farouchement contre !

Il faut attendre le 27 juillet pour découvrir un article plus critique, révélant que le professeur de l’université d’Austin (Texas) qui avait minimisé l’impact de l’exploitation des gaz de schiste sur l’environnement et la santé, est en fait « membre du conseil de direction et actionnaire de PXP, une société de forage spécialisée dans les gaz de roche » ! Il a fallu toute l’opiniâtreté d’une ONG environnementale pour débusquer cette vérité peu reluisante que l’administration américaine s’employait à dissimuler. De l’amiante aux OGM, des pesticides au médiator, nous ne sommes pas surpris de ces connivences entre scientifiques vénaux et industriels prêts à tout pour augmenter leurs profits, y compris en saccageant notre fragile planète.

Car la question est bien celle-ci : au nom de notre voracité et de notre addiction au pétrole, sommes-nous prêts à assumer devant les générations futures la destruction massive de notre environnement et tous les dégâts collatéraux qu’elle induit en termes de santé, de modes de vie, de production de gaz à effet de serre ? Quand la planète est à bout, doit-on s’obstiner à défendre une idée du « progrès » qui peut être criminelle ou proposer un autre modèle de société, sobre, juste, solidaire, plus humain ?

Que serait un « débat » sur l’exploitation des gaz de schiste, comme le propose l’éditorialiste du Monde, si ce n’est cautionner une logique infernale inscrivant le destin de nos sociétés dans la dépendance à l’or noir? Comme s’il n’existait pas d’autres voies.

Après tout, quand l’humanité est passée de l’âge de pierre à l’âge de fer, ce n’est pas par manque de pierres, mais parce que son mode de vie avait évolué. La question qui se pose aujourd’hui n’est pas de savoir si nous manquons ou pas de réserves pétrolières, mais de sortir de cette dépendance qui ne cesse d’accumuler les dégâts environnementaux et humains. Savoir que notre sous-sol possède d’énormes réserves de gaz de roche ne doit donc pas nous obliger à les exploiter, quels que soient les progrès techniques. Ce n’est pas la technique qui doit s’imposer aux sociétés humaines, mais l’homme qui doit en garder la maîtrise. A défaut, il choisit la « servitude volontaire » (La Boëtie) ou se trouve condamné à la « honte prométhéenne », autre nom donné à la fuite en avant et au délire de puissance par le philosophe allemand Günther Anders. En ce sens, l’éditorial du Monde est fondé à dire qu’il s’agit d’un problème moral, philosophique et politique.

Mais les écologistes ont démontré à maintes reprises que les pétroliers, les semenciers, l’agro-industrie, les lobbies de la chimie, de la pharmacie ou du nucléaire, se fichent comme d’une guigne de ces questions. Ils les considèrent, au mieux comme secondaires, au pire comme nuisibles et leurs moyens de pression sur les politiques sont, pour l’heure, plus efficaces que les mobilisations citoyennes. Il suffit pour s’en convaincre de considérer le combat de la société civile japonaise contre le nucléaire. Jamais il n’avait pris une telle ampleur, pourtant Tepco et le gouvernement continuent à mentir et rouvrent des centrales sur des failles sismiques très actives.

Quoi qu’en pensent nos élites et de nombreux politiciens conservateurs – il n’en manque pas à gauche sur ces sujets – le « progrès » n’est plus dans les vieux pots des Trente Glorieuses ni de l’ère de l’opulence. Nous sommes à la fin d’un cycle dont nous mesurons aujourd’hui les limites. Il est temps de changer le logiciel et d’affirmer haut et fort que gaz de schiste et autres ressources fossiles ne seront pas les « nouvelles frontières » de notre monde en mutation.

(finalement paru dans Le Monde du mercredi 8 août 2012 ;-)

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 15:46

Il est aujourd'hui certain que la croissance (sous-entendu, ne l'oublions pas, croissance du PIB) espérée par le gouvernement, sera encore très faible cette année, voire globalement inexistante sur les 5 ans à venir.

Pour alimenter notre réflexion sur les liens entre croissances économique et énergétique, voilà un texte d'une actualité confondante, La crise de l’énergie. C'est en fait le premier chapitre d'un livre d'Ivan Illich, Énergie et équité, extrêmement lucide sur les liens entre pouvoir et énergie dans une France pré-nucléaire, livre que je vous recommande pour cet été ;-) 

Ivan Illich, né le 4 septembre 1926 à Vienne en Autriche, est un penseur de l'écologie politique et une figure importante de la critique de la société industrielle dont les théories étaient très discutées dans les années soixante-dix, puis qui furent laissées de côté pendant les quelques trente ans qui ont précédé sa mort le 2 décembre 2002 à Brême en Allemagne.

Jugez-en par vous-même !  

Pierre Stoeber

 

ÉNERGIE ET EQUITÉ par Ivan Illich, 1973 (texte intégral en français)

Ce texte a une histoire. Une première rédaction en français, établie avec l’aide de Luce Giard et de Vincent Bardet, parut dans le Monde en trois livraisons (mai 1973). Développée et remaniée, elle fut l’objet d’une première édition. Sur cette trame, complétée et enrichie de travaux conduits au Cidoc de Cuernavaca, fut éta­blie une version anglaise plus longue et plus détaillée qui engendra ensuite, par le même processus, une nouvelle version en allemand.

Cette seconde édition en français a été traduite de l’allemand, puis collationnée avec les précédentes ver­sions française et anglaise. On espère ainsi ne pas avoir privilégié ces enrichissements successifs aux dépens de la précision ou de la cohérence de l’argumentation.

On a par ailleurs fait suivre ce texte d’une annexe rédigée par Jean-Pierre Dupuy. Elle donne les résultats d’un calcul dont le principe est exposé clans ce livre, et qui porte sur ce que l’on a appelé la « vitesse généralisée » de l’automobiliste français. - L’éditeur

 

CHAPITRE I : La crise de l’énergie

Aujourd’hui il est devenu inévitable de parler d’une crise de l’énergie qui nous menace. Cet euphémisme cache une contradiction et consacre une illusion. Il masque la contradiction inhérente au fait de vouloir atteindre à la fois un état social fondé sur l’équitéet un niveau toujours plus élevé de croissance industrielle. Il consacre l’illusion que la machine peut absolument remplacer l’homme. Pour élucider cette con­tradiction et démasquer cette illusion, il faut recon­sidérer la réalité que dissimulent les lamentations sur la crise : en fait, l’utilisation de hauts quanta d’énergiea des effets aussi destructeurs pour la structure sociale que pour le milieu physique. Un tel emploi de l’énergie viole la société et détruit la nature.

Les avocats de la crise de l’énergie défendent et répandent une singulière image de l’homme. D’après leur conception, l’homme doit se soumettre à une continuelle dépendance à l’égard d’esclaves produc­teurs d’énergie qu’il lui faut à grand-peine apprendre à dominer. Car, à moins d’employer des prisonniers pour ce faire, l’homme a besoin de moteurs auxiliaires pour exécuter la plus grande partie de son propre travail. Ainsi le bien-être d’une société devrait se mesurer au nombre de tels esclaves que chaque citoyen sait commander. Cette conviction est commune aux idéologies opposées qui sont en vogue à présent. Mais sa justesse est mise en doute par l’inéquité, les tourments et l’impuissance partout manifestes, dès lors que cest hordes voraces d’esclaves dépassent d’un certain degré le nombre des hommes. Les propagandistes de la crise de l’énergie soulignent le problème de la pénurie de nourriture pour ces esclaves. Moi, je me demande si des hommes libres ont vraiment besoin de tels esclaves.

Les politiques de l’énergie qui seront appliquées dans les dix prochaines années décideront de la marge de liberté dont jouira une société en l’an 2000. Une politique de basse consommation d’énergie permet une grande variété de modes de vie et de cultures. La technique moderne peut être économe en matière d’énergie, elle laisse la porte ouverte à différentes options politiques. Si, au contraire, une société se prononce pour une forte consommation d’énergie, alors elle sera obligatoirement dominée dans sa structure par la technocratie et, sous l’étiquette capitaliste ou socialiste, cela deviendra pareillement intolérable.

Aujourd’hui encore, la plupart des sociétés — surtout celles qui sont pauvres — sont libres d’orienter leur politique de l’énergie dans l’une de ces trois directions : elles peuvent lier leur prospérité à une forte consommation d’énergie par tête, ou à un haut rendement de la transformation de l’énergie, ou encore à la moindre utilisation possible d’énergie mécanique. La première exigerait, au profit de l’industrie, une gestion serrée des approvisionnements en carburants rares et destructeurs. La seconde placerait au premier plan la réorganisation de l’industrie, dans un souci d’économie thermodynamique. Ces deux voies appellent aussi d’énormes dépenses publiques pour renforcer le contrôle social et réaliser une immense réorganisation de l’infrastructure. Toutes deux réitèrent l’intérêt de Hobbes, elles rationalisent l’institution d’un Léviathan appuyé sur les ordinateurs. Toutes deux sont à présent l’objet de vastes discussions. Car le dirigisme rigoureux, comme le métro-express à pilotage automatique, sont des ornements bourgeois qui permettent de substituer l’exploitation écologique une exploitation sociale et psychologique.

Or la troisième possibilité, la plus neuve, est à peine considérée : on prend encore pour une utopie la conjonction d’une maîtrise optimale de la nature et d’une puissance mécanique limitée. Certes, on commence à accepter une limitation écologique du maximum d’énergie consommée par personne, en y voyant une condition de survie, mais on ne reconnaît pas dans le minimum d’énergie acceptable un fondement nécessaire à tout ordre social qui soit à la fois justifiable scientifiquement et juste politiquement. Plus que la soif de carburant, c’est l’abondance d’énergie qui mené a l’exploitation. Pour que les rapports sociaux soient placés sous le signe de l’équité, il faut qu’une société limite d’elle-même la consommation d’énergie de ses plus puissants citoyens. La première condition en est une technique économe en énergie, même si celle-ci ne peut garantir le règne de l’équité. De plus, cette troisième possibilité est la seule qui s’offre à toutes les nations : aujourd’hui, aucun pays ne manque de matières premières ou de connaissances nécessaires pour réaliser une telle politique en moins d’une génération. La démocratie de participation suppose une technique de faible consommation éner­gétique et, réciproquement, seule une volonté poli­tique de décentralisation peut créer les conditions d’une technique rationnelle.

On néglige en général le fait que l’équité et l’énergie ne peuvent augmenter en harmonie l’une avec l’autre que jusqu’à un certain point. En deçà d’un seuil déterminé d’énergie par tête, les moteurs améliorent les conditions du progrès social. Au-delà de ce seuil, la consommation d’énergie augmente aux dépens de l’équité. Plus l’énergie abonde, plus le contrôle de cette énergie est mal réparti. Il ne s’agit pas ici d’une limitation de la capacité technique à mieux répartir ce contrôle de l’énergie, mais de limites inscrites dans les dimensions du corps humain, les rythmes sociaux et l’espace vital.

On croit souvent trouver un remède universel à ces maux dans l’hypothèse de carburants non polluants et disponibles en abondance, mais c’est là retourner au sophisme politique qui imagine pouvoir accorder, dans certaines conditions politiques, le règne d’une équité et d’une consommation d’énergie également illimitées. On confond bien-être et abondance énergétique, telle que l’énergie nucléaire la promet pour 1990. Si nous acceptons cette vue illusoire, alors nous tendrons à négliger toute limitation énergétique socialement motivée et à nous laisser aveugler par des considérations écologiques : nous accorderons à l’écologiste que l’emploi de forces d’origine non physiologique pollue l’environnement, et nous ne verrons pas qu’au-delà d’un certain seuil, les forces mécaniques corrompent le milieu social. Le seuil de la désintégration sociale due aux grandes quantités d’énergie est indépendant du seuil auquel la trans­formation de l’énergie se retourne en destruction physique. Ce seuil, exprimé en kwh ou en calories, est sans doute peu élevé. Le concept de quantad’énergie socialement critiques doit d’abord être élucidé en théorie avant qu’on puisse discuter la question politique de la consommation d’énergie à laquelle une société doit limiter ses membres.

Dans des travaux antérieurs, j’ai montré qu’au-delà d’une certaine valeur du PNB, les frais du contrôle social croissent plus vite que ledit PNB et deviennent l’activité institutionnelle qui détermine toute l’économie. La thérapie que dispensent éducateurs, psychia­tres et travailleurs sociaux, doit venir s’ajouter aux programmes établis par les planificateurs, les ges­tionnaires et les directeurs de vente, et compléter l’action des services de renseignements, de l’armée et de la police. Mon analyse de l’industrie scolaire avait pour objet de le prouver dans un domaine res­treint. Ici je voudrais avancer une raison de ce que plus d’énergie consommée demande plus de domination sur autrui. Je prétends qu au-delà d’un niveau critique de consommation d’énergie par tête, dans toute société, le système politique et le contexte culturel doivent dépérir. Dès que le quantumcritique d’énergie consommée par personne est dépassé, aux garanties légales qui protégeaient les initiatives indivi­duelles concrètes on substitue une éducation qui sert les visées abstraites d’une technocratie. Ce quantummarque la limite où l’ordre légal et l’organisation politique doivent s’effondrer, où la structure technique des moyens de production fait violence à la structure sociale.

Même si on découvrait une source d’énergie pro­pré et abondante, la consommation massive d’énergie aurait toujours sur le corps, social le même effet que l’intoxication par une drogue physiquement inof­fensive, mais psychiquement asservissante. Un peuple peut choisir entre la méthadone et une désintoxication volontaire dans la solitude, entre le maintien de l’intoxication et une victoire douloureuse sur le manque, mais nulle société ne peut s’appuyer là­-dessus pour que ses membres sachent en même temps agir de façon autonome et dépendre d’une consommation énergétique toujours en hausse. A mon avis, dès que le rapport entre force mécanique et énergie métabolique dépasse un seuil fixe déterminable, le règne de la technocratie s’instaure. L’ordre de grandeur où ce seuil se place est large­ment indépendant du niveau technique atteint, pour­tant dans les pays assez riches et très riches sa seule existence semble reléguée au point aveugle de l’ima­gination sociale.

Comme les États-Unis, le Mexique a dépassé ce seuil critique; dans les deux cas, tout input supplémentaire d’énergie ne fait qu'augmenter l’inégalité, l’inefficacité et l’impuissance. Bien que le revenu par habitant atteigne dans le premier pays 5 000 dollars et dans le second 500 dollars, les énormes intérêts investis dans l’infrastructure industrielle les poussent tous deux à accroître encore leur consommation d’énergie. Les idéologues américains ou mexicains donnent à leur insatisfaction le nom de crise de l’énergie, et les deux pays s’aveuglent pareillement sur le fait que ce n’est pas la pénurie de carburants, ni l’utilisation gaspilleuse, irrationnelle et nuisible à l’environnement de l’énergie disponible qui mena­cent la société, mais bien plutôt les efforts de l’indus­trie pour gaver la société de quantad’énergie qui inévitablement dégradent, dépouillent et frustrent la plupart des gens. Un peuple peut être suralimenté par la surpuissance de ses outils tout aussi bien que par la survaleur calorique de sa nourriture, mais il s’avouera plus difficilement la sursaturation énergé­tique que la nécessité de changer de régime alimentaire.

La quantité d’énergie consommée par tête qui représente un seuil critique pour une société, se place dans un ordre de grandeur que peu de nations, sauf la Chine de la révolution culturelle, ont pris en considération. Cet ordre de grandeur dépasse largement le nombre de kwh dont disposent déjà les quatre cinquièmes de l’humanité, et il reste très inférieur à l’énergie totale que commande le conduc­teur d’une petite voiture de tourisme. Ce chiffre apparaît, aux yeux du sur-consommateur comme a ceux du sous-consommateur, comme dépourvu de sens. Pour les anciens élèves de n’importe quel collège, prétendre limiter le niveau d’énergie revient à détruire l’un des fondements de leur conception du monde. Pour la majorité des Latino-Américains, atteindre ce même niveau d’énergie signifie accéder au monde du moteur. Les uns et les autres n’y parviennent que diffi­cilement. Pour les primitifs, l’abolition de l’esclavage est subordonnée à l’introduction d’une technique moderne appropriée; pour les pays riches, le seul moyen d’éviter une exploitation encore plus dure consiste à reconnaître l’existence d’un seuil de consommation d’énergie, au-delà duquel la technique dictera ses exigences à la société. En matière biolo­gique comme en matière sociale, on peut digérer un apport calorique tant qu’il reste dans la marge étroite qui sépare assez de trop.

La soi-disant crise de l’énergie est un concept politiquement ambigu. Déterminer la juste quantité d’énergie à employer et la façon adéquate de contrôler cette même énergie, c’est se placer à la croisée des chemins. A gauche, peut-être un déblocage et une reconstruction politique d’où naîtrait une économie post-industrielle fondée sur le travail personnel, une basse consommation d’énergie et la réalisation concrète de l’equité. A droite, le souci hystérique de nourrir la machine redouble l’escalade de la crois­sance solidaire de l’institution et du capital et n’offre pas d’autre avenir qu’une apocalypse hyper-indus­trielle. Choisir la première voie, c’est retenir le postulat suivant : quand la dépense d’énergie par tête dépasse un certain seuil critique, l’énergie échappe au contrôle politique. Que des planificateurs désireux de maintenir la production industrielle à son maxi­mum promulguent une limitation écologique à la consommation d’énergie ne suffira pas à éviter l’effondrement social. Des pays riches comme les États-Unis, le Japon ou la France ne verront pas le jour de l’asphyxie sous leurs propres déchets, simplement parce qu’ils seront déjà morts dans un coma énergétique. A l’inverse, des pays comme l’Inde, la Birmanie ou, pour un temps encore, la Chine sont assez musclés pour savoir s’arrêter juste avant le collapsus. Ils pourraient dès à présent décider de maintenir leur consommation d’énergie au-dessous de ce seuil que les riches devront aussi respecter pour survivre.

Choisir un type d’économie consommant un mini­mum d’énergie demande aux pauvres de renoncer à leurs lointaines espérances et aux riches de recon­naître que la somme de leurs intérêts économiques n’est qu’une longue chaîne d’obligations. Tous devraient refuser cette image fatale de l’homme en esclavagiste qu’installe aujourd’hui la faim, entre­tenue par les idéologies, d’une quantité croissante d’énergie. Dans les pays où le développement indus­triel a fait naître l’abondance, la crainte de la crise de l’énergie suffit à augmenter les impôts bientôt nécessaires pour que des méthodes industrielles nou­velles, plus propres et davantage encore porteuses de mort remplacent celles qu’a rendues désuètes une surexpansion dépourvue d’efficacité. Aux leaders des peuples que ce même proces d’industrialisation a dépossédés, la crise de l’énergie sert d’alibi pour centraliser la production, la pollution et le pouvoir de contrôle, pour chercher, dans un sursaut désespéré, à égaler les pays mieux pourvus de moteurs. Main­tenant les pays riches exportent leur crise et prêchent aux petits et aux pauvres le nouvel évangile du culte puritain de l’énergie. En semant dans le tiers monde la nouvelle thèse de l’industrialisation économe en énergie, on apporte plus de maux aux pauvres qu’on ne leur en enlève, on leur refile les produits coûteux d’usines déjà démodées. Dès qu’un pays pauvre accepte la doctrine que plus d’énergie bien gérée four­nira toujours plus de biens à plus de gens, il est aspiré dans la course à l’esclavage par l’augmentation de la production industrielle. Quand les pauvres accep­tent de moderniser leur pauvreté en devenant dépen­dants de l’énergie, ils renoncent définitivement à la possibilité d’une technique libératrice et d’une poli­tique de participation : à leur place, ils acceptent un maximum de consommation énergétique et un maxi­mum de contrôle social sous la forme de l’éducation moderne.

A la paralysie de la société moderne, on donne le nom de crise de l’énergie; on ne peut la vaincre en augmentant l’input d’énergie. Pour la résoudre, il faut d’abord écarter l’illusion que notre prospérité dépend du nombre d’esclaves fournisseurs d’énergie dont nous disposons. A cet effet, il faut déterminer le seuil au-delà duquel l’énergie corrompt, et unir toute la communauté dans un procès politique qui atteigne ce savoir et fonde sur lui une auto-limitation. Parce que ce genre de recherche va à l’opposé des travaux actuels des experts comme des institutions, je lui donne le nom de contre-recherche. Elle compte trois étapes. D’abord la nécessité de limiter la consom­mation d’énergie par tête doit être reconnue comme un impératif théorique et social. Ensuite il faut déter­miner l’intervalle de variation où se situent ces grandeurs critiques. Enfin chaque société doit fixer le degré d’injustice, de destruction et d’endoctrine­ment que ses membres sont prêts à accepter pour le plaisir d’idolâtrer les machines puissantes et de se plier docilement aux injonctions des experts.

La nécessité de conduire une recherche politique sur la consommation d’énergie socialement optimale peut être illustrée sur l’exemple de la circulation. D’après Herendeen, les États-Unis dépensent 42 % de leur énergie totale pour les voitures : pour les fabriquer, les entretenir, chercher une place où les garer, faire un trajet ou entrer en collision. La plus large part de cette énergie est utilisée au transport des personnes. Dans cette seule intention, 250 millions d’Américains dépensent plus de carburant que n’en consomment, tous ensemble, les 1 300 millions de Chinois et d’Indiens. Presque toute cette énergie est brûlée en une immense danse d’imploration, pour se concilier les bienfaits de l’accélération mangeuse-de­-temps. Les pays pauvres dépensent moins d’énergie par personne, mais au Mexique ou au Pérou on consacre à la circulation une plus grande part de l’énergie totale qu’aux États-Unis, et cela pour le seul profit d’une plus faible minorité de la population. Le volume de cette activité la rend commode et signifi­cative pour que soit démontrée, sur l’exemple du transport des personnes, l’existence de quantad’éner­gie socialement critiques.

Dans la circulation, l’énergie dépensée pendant un certain temps se transforme en vitesse. Aussi le quantumcritique prend ici la forme d’une limite de vitesse. Chaque fois que cette limite a été dépassée, on a vu s’établir le même processus de dégradation sociale sous l’effet de hauts quantad’énergie. Au XIXesiècle, en Occident, dès qu’un moyen de trans­port public a pu franchir plus de 25 kilomètres à l’heure, il a fait augmenter les prix, le manque d’es­pace et de temps. Le transport motorisé s’est assuré le monopole des déplacements et il a figé la mobilité personnelle. Dans tous les pays occidentaux, durant les cinquante années qui ont suivi la construction du premier chemin de fer, la distance moyenne parcourue annuellement par un passager (quel que soit le mode de transport utilisé) a presque été multipliée par cent. Quand ils produisent plus d’une certaine proportion d’énergie, les transformateurs mécaniques de carbu­rants minéraux interdisent aux hommes d’utiliser leur énergie métabolique et les transforment en consommateurs esclaves des moyens de transport. Cet effet de la vitesse sur l’autonomie de l’homme n’est affecté que marginalement par les caractéris­tiques techniques des véhicules à moteur ou par l’identité des personnes et des groupes qui détiennent la propriété légale des lignes aériennes, des autobus, des trains et des voitures. Une vitesse élevée est le facteur critique qui fait des transports un instrument d’exploitation sociale. Un véritable choix entre les systèmes politiques et l’établissement de rapports sociaux fondés sur une égale participation n’est possible que là où la vitesse est limitée. Instaurer une démocratie de participation, c’est retenir une technique économe en matière d’énergie. Entre des hommes libres, des rapports sociaux productifs vont à l’allure d’une bicyclette, et pas plus vite.

(… suit un dernier paragraphe qui relie ce chapitre introductif au reste de l'ouvrage)               Ivan Illich, 1973-75

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 16:17

« La technique de forage utilisée par Shell (qui le reconnaît) provoque le rejet de boues de forage toxiques. (...) Les pouvoirs publics doivent exiger la mise en place d’une expertise indépendante ». Par Aline Archimbaud, sénatrice EE-LV de Seine-Saint-Denis, membre de la délégation sénatoriale à l’outre-mer, et Jean-Jacob Bicep, député européen, originaire de Guadeloupe, délégué national d'EE-LV aux régions et collectivités d'outre-mer.


La Guyane possède tous les atouts nécessaires pour devenir un territoire exemplaire en matière de transition énergétique. Mais les décisions prises en faveur de la campagne controversée de forages que Shell s'apprête à y mener nous inquiètent fortement. Les alternatives existent cependant.

La Guyane est un territoire qui présente une concentration exceptionnelle de biodiversité: 5 500 espèces végétales, plus de 600 espèces de poissons et d’amphibiens et 700 espèces d’oiseaux. Sur un hectare de forêt guyanaise, on trouve plus d’espèces de plantes que dans toute l’Europe, et ce département abrite au moins 98 % de la faune vertébrée et 96 % des plantes vasculaires recensées en France. Or, à ce jour, rien ne permet de s'assurer que les conditions de sécurité seront garanties sur le site de l'exploitation offshore de Shell: les forages sont prévus à 150 km des côtes, à une profondeur inédite de 6 000 mètres, et à un endroit où se conjuguent des courants très violents et un risque élevé de sismicité. N'oublions pas que dans des conditions nettement moins risquées, et en dépit des règles de sécurité instaurées sur les plate-formes off-shore, on dénombre une douzaine d’accidents majeurs survenus depuis 1976, qui ont chacun provoqué des dégâts terribles impactant de nombreuses victimes, tant sur le plan environnemental que sur le plan économique et social. Certaines zones ne s'en sont d’ailleurs toujours pas remises, dont le Golfe du Mexique, victime de la terrible catastrophe de la plate-forme Deepwater Horizon qui a fait 11 morts.

Un avis concernant les plate-formes pétrolières et voté en 2012 par le Conseil économique, social et environnemental (Cese) préconise de 
« maîtriser les enjeux de l’exploitation en mettant en œuvre le principe de participation du public tout au long des procédures d’attribution des titres et autorisations, en appliquant ce principe en amont de la prise de décision, lorsque toutes les options sont encore envisageables, en recourant à de la tierce expertise lors des autorisations de travaux (...) ». Or, à notre connaissance, et ce jusqu'à ce jour, aucune expertise indépendante n'a été mise en œuvre, ni de procédure de concertation suffisante avec la population. Rappelons également que la loi Barnier de 1995 a introduit dans la législation française le principe de précaution, qui ne nous semble ici clairement pas pris en compte.

Par ailleurs, et de l’aveu même du président de Shell, les retombées en termes d’emplois locaux en cas d’exploitation seraient minimes. On parle de 25 à 60 emplois créés par les forages exploratoires, et de quelques centaines ensuite, dont on peut redouter que peu de Guyanais en bénéficieront. Il n’est de surcroît absolument pas prévu que les tankers passent par Cayenne, et il ne faut donc pas compter sur un éventuel développement du port ou d’activités liées à la transformation du pétrole sur place. Par ailleurs, on fait miroiter des retombées fiscales... mais les garanties manquent cruellement.

Nous sommes manifestement très loin des principes du développement économique endogène, qui, pour assurer l'avenir du pays, chercherait plutôt à en protéger les ressources halieutiques et les possibilités de projets agro-forestiers, qui représentent les revenus futurs du pays. Alors que le pétrole est clairement une ressource énergétique du passé, à laquelle notre addiction nous pousse à en rechercher toujours plus profond, dans des conditions de plus en plus risquées, la Guyane peut aujourd'hui faire le choix de se tourner vers la production d'énergies renouvelables, pour lesquelles elle présente un fort potentiel (biomasse, solaire, éolien, géothermie, hydraulique, énergie marine), et qui représentent des filières potentiellement riches en emplois locaux.

Enfin, les arrêtés préfectoraux donnant acte de la déclaration de l’ouverture des travaux (pour quatre forages exploratoires et une étude sismique) ont bien été signés le 9 mai. Ils ont été suivis de deux arrêtés dits de prescriptions particulières signés le 20 juin 2012 (voir ici et ici). Il nous paraît inacceptable que ces seconds arrêtés ne conditionnent pas l'autorisation des travaux au non rejet d’hydrocarbures dans la mer. Or la technique de forage utilisée par Shell – qui le reconnaît – provoque le rejet de boues de forage toxiques. C’est contraire au Code de l’environnement (article L218-32). Il était possible, et selon nous indispensable, de conditionner l'autorisation des travaux au respect du Code de l'environnement, ce qui aurait été la moindre des choses!

Les décisions d’intérêt général, mettant en danger ces territoires et des populations, ne peuvent être prises sous l’influence des lobbies privés. Les pouvoirs publics doivent exiger la mise en place d’une expertise indépendante et dans l'attente de ces résultats, il faut qu’une vraie concertation soit menée avec la population, tout en exigeant l’utilisation de techniques de forage non polluantes.

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L’Ouest de la Seine Saint-Denis se mobilise pour la création d’un service public de l’eau

Romainville : le Syctom lance une concertation préalable pour la modernisation du centre de transfert et de tri des déchets

Que sont ces CSR - Combustibles Solides de Récupération - qu’on veut brûler à Romainville ?

Ces parents qui mijotent une cantine publique

De nouvelles préconisations nutritionnelles... Pas d'usine, on cuisine !

À Romainville contre l’incinération

Une victoire de l'engagement citoyen aux cantines rebelles du 10 novembre

Derniers échos de la révision du PLU des Lilas

Les Sans Radio retrouvent les ondes

Europacity : le débat public se conclut sur des positions inconciliables

Le parc (George-Valbon La Courneuve) debout !

Grand Paris : non à la logique financière

Pour une gestion publique, démocratique et écologique de l'eau

Le revenu de base ? Débat mardi 14 juin 20h

C'était la Grande Parade Métèque 2016...

La nature : une solution au changement climatique en Île-de-France

Participer à la Grande Parade Métèque samedi 28 mai 2016

PLU des lilas: enfin un diagnostic et état initial de l'environnement ... à compléter

Avec la loi « Travail », où irait-on ? Débattons-en mercredi 30 mars

Réduire la place de la voiture des actes pas des paroles

La COP 21 aux Lilas

La nature est un champ de bataille

Alternatiba et le Ruban pour le climat des Lilas à la République

Un compost de quartier aux Lilas

Devoir d'asile : de l'Etat jusqu'aux Lilas

Un ruban pour le climat aux Lilas

Six propositions vertes pour une révision du PLU véritablement utile

La Grande Parade Métèque samedi 30 mai

Fête de la transition énergetique et citoyenne le 9 mai aux Lilas