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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 16:44

Attardons nous sur les pratiques commerciales plus que douteuses de Veolia et Suez. Cette plongée en eau trouble vous laissera un puissant goût de corruption dans la bouche, avec de fortes saveurs de pot-de-vin et un bon parfum de conflit d'intérêt. Car, pour obtenir de nouveaux marchés, rien de tel qu'un bon arrosage d'élus. Comme à Montpellier en 1996, où 1,2 million d'euros ont été versés en «cadeaux» à différents décideurs politiques (le directeur adjoint de Veolia a d'ailleurs été condamné). Ou bien à Grenoble en 1989, où le maire A.Carignon avait cédé à Suez le service de l'eau en échange de 2 millions d'euros (voyages, financement de campagne, croisières, appartement). La Cour des comptes de PACA s'est aussi émue des nombreux voyages offerts à des élus ou des cadres de collectivités territoriales.

Mais pour s'assurer la complaisance de grosses pointures politiques, rien ne vaut de les embaucher à prix d'or. Villepin s'est ainsi retrouvé «conseiller international» chez Veolia, Besson, directeur général de la Fondation Vivendi (Veolia) ; et bien d'autres. Idéal pour faire voter des lois favorables à son expansion.

Et n'oublions pas les syndicats qui sont priés de dire amen à toutes les magouilles contre quelques primes, comme pour les CGTistes de chez Veolia*.Vivifiante cette petite plongée, n'est ce pas ?!

* sources « water makes money »

Benjamin Simonet

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 16:39

Depuis 50 ans dans le monde, la consommation de viande par habitant a quasiment doublé, passant de 20 kg par an à près de 40. Dans le même temps, la population est passée de 3 à 7 milliards.

Or d’ici 2050, ces deux données vont encore progresser. 9 milliards d’habitants sont ainsi prévus en 2050. Jusqu’où va aller la consommation individuelle ?  

La production de viande, à l’échelle de la planète, pose un problème majeur de disponibilités en terres agricoles. Il faut en effet 7 calories végétales pour produire 1 calorie animale - d’où un besoin considérable en terres agricoles pour nourrir les cheptels. Celui des pays occidentaux consomme trois fois plus d’aliments que les humains d’Afrique sub-saharienne ! Seule une modification des comportements  alimentaires permettra de résoudre l’équation mondiale. La responsabilité des différentes régions du monde n’est pas la même. L’occident mange trop et trop de viande. On y  consomme par an et par habitant 4000 kilocalories. En Asie… 2800. Pire, une partie de l’écart s’explique non par un excès alimentaire (nous serions alors tous obèses) mais par le gâchis.

Mais surtout, 60 % des protéines que l’occidental consomme viennent des bestiaux et non des végétaux. On pourrait, sans souci de santé, passer des 1200 kilo cal. animales consommées par habitant et par an, à 500.

Prenons maintenant le cas des pays émergents. Les couches moyennes de ces pays augmentent certes leur consommation de viande : elle a triplé depuis 50 ans. Mais elle n’atteint toujours que 32 kg/hab/an contre les 80 kg de l’OCDE ! La course à l’abime ne vient pas d'eux.

Un dernier calcul : si l’OCDE (1,2 mld d’habitants), divisait par deux sa ration animale, on réduirait la consommation glo-bale de 48 millions de tonnes. Le consommateur des pays émergents (2/3 de la population mondiale) pourrait augmenter sa propre consommation de 10 kg/an. Les deux populations convergeraient alors vers une quarantaine de kg. Égalité utopique ? Au nom de quoi serait-elle refusée ?

Grindorge

 

 

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 16:21

Les repas des cantines sont encadrés par des textes réglementaires. Ceux d'octobre 2011 imposent – si on les suit à la lettre, ce qui reste discutable - des produits d’origine animale dans le plat principal de tous les repas.

Chaque repas doit en effet comporter «une entrée, un plat protidique, sa garniture, un produit laitier et dessert». Le plat protidique est défini comme un "plat principal à base de viandes, de poissons, œufs, abats ou fromages", ce qui exclut de fait ceux à base de protéines végétales.

Ces règles découlent du Programme National Nutrition Santé (PNNS), qui recommande de la viande, du poisson ou des œufs, «une à deux fois par jour». Or ces messages ne sont pas scientifiques mais le produit d’interventions des industriels agro-alimentaires et d’experts non consensuels.

Les «recommandations nutritionnelles journalières» imposent des normes assez arbitraires, stabilisées par les nutritionnistes à partir de données très souvent datées et reposant sur peu d’enquêtes épidémiologiques. Elles devraient être comprises comme des repères, et non des règles absolues.

 

Le PNNS est d’autant moins scientifique qu’il est établi sous la pression des acteurs économiques. Le Ministère de la Santé peut résister dans certains domaines mais perdre ou renoncer dans d’autres.  Le PNNS est un point d’appui  pour les analyses sur les graisses et le sucre que les industriels agro-alimentaires essaient à toute force de remettre en cause. En revanche, il est totalement perméable au lobby de la viande, en particulier celui du boeuf.

 

L'argument mis en avant est notamment celui du fer. Mais s’il est vrai que des carences en fer sont graves chez les enfants et affectent les femmes du fait des pertes de sang, qui sait que le corps d'un homme adulte recycle en permanence le fer qu'il contient et ne nécessite donc pas d’apport supplémentaire ? 

Les règles scolaires nationales sont outrancières. Elles sont d’ailleurs spécifiques à la France. Il serait nécessaire d’éduquer les enfants à des modes d’alimentation moins «viandards». Un repas végétarien par semaine serait une façon de prendre conscience que le «repas français» peut évoluer vers moins d’impact environnemental.  

« Pour les épidémiologistes et les nutritionnistes, il n'y a pas de consensus sur une typologie des régimes au sens strict. Il semble impossible de définir un régime favorable à la santé fondé sur une liste d'aliments, même si des recommandations peuvent  être faites en matière de frugalité, d'équilibre nutritionnel et de moindre consommation  de protéines animales du fait des indices convergents les désignant comme facteurs favorisant les pathologies non transmissibles » ( A. Soyeux INRA-2010).

Grindorge

 

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 16:16

Nous sortons ce week-end le 14ème no d'Écolo !, votre journal local préféré, qui se penche sur le thème brûlant de la viande, dernier scandale d’une industrie agro-alimentaire qui trompe le consommateur en remplaçant le bœuf par du cheval. Dans une société guidée par une économie sans règle si ce n'est celle du profit à tout prix, les victimes sont à chaque fois les mêmes : les citoyens et l'environnement. Les citoyens qui, dès l'école, sont incités à manger un maximum de viande industrielle bourrée d'antibiotiques ; avec une agence de santé européenne qui oublie la vache folle sous le poids des lobbys et autorise à nouveau les farines animales pour nourrir les poissons. L'environnement enfin, car pour nourrir autant d'animaux, il faut de gigantesques quantités d'eau (25 000 litres pour produire 100g de bœuf !), et toujours plus de terres prises aux forêts : côté réchauffement climatique, la production de viande génère 18% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit plus que les transports (13,5%). Il est donc grand temps de revoir nos habitudes alimentaires, d'autant que derrière nous, les pays émergents augmentent, eux aussi, leur consommation de viande. Pensons global, agissons local ! Nous demandons que la possibilité de vrais repas végétariens à la cantine soit inclue dans le prochain marché de la restauration scolaire de la ville dès la prochaine rentrée.

Benjamin Simonet

 

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 14:34

L’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire chiffre à 430 milliards d’euros le coût d’un sinistre majeur sur un réacteur standard du parc hexagonal.

 

Golfech-centrale-nucleaire.jpg

La centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne), en novembre 2012. AFP/ERIC CABANIS

 

" Sous-estimer le coût d'un accident conduit à sous-estimer la valeur de la prévention." Alors qu'est engagé le débat national sur la transition énergétique, c'est le message qu'a voulu faire passer l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) en présentant, les 6 et 7 février à Cadarache (Bouches-du-Rhône), une étude choc sur l'impact économique d'un accident nucléaire en France.

Un "accident majeur", du type de ceux de Tchernobyl en 1986 (Ukraine) ou de Fukushima (Japon) en 2011, sur un réacteur standard de 900 mégawatts – l'essentiel du parc hexagonal – coûterait au pays la somme astronomique de 430 milliards d'euros. Plus de 20 % de son produit intérieur brut (PIB).

Jamais ce calcul n'avait été effectué. L'économiste Patrick Momal – qui a travaillé six ans à la Banque mondiale – a pris comme scénario une fusion du coeur du réacteur provoquant des "rejets massifs" de particules radioactives dans l'environnement. Il en a évalué le préjudice à l'aune des leçons tirées de cataclysmes naturels (tsunami de 2004 en Indonésie, ouragan Katrina de 2005) ou de crises sanitaires (vache folle, fièvre aphteuse, SRAS).

La perte du réacteur lui-même ne représente que 2 % de la facture. Près de 40 % sont imputables aux conséquences radiologiques : territoires contaminés sur 1 500 km2, évacuation de 100 000 personnes. Aux conséquences sanitaires s'ajoutent les pertes sèches pour l'agriculture. Dans une même proportion interviennent les "coûts d'image" : chute du tourisme mondial dont la France est la première destination, boycottage des produits alimentaires, même exempts de tout becquerel.

RECOURIR, À MARCHE FORCÉE, À D'AUTRES ÉNERGIES

Entre enfin en jeu, pour 21 %, un "effet parc" : le choc dans l'opinion serait tel que l'hypothèse "la plus probable" est une réduction de dix ans de la durée d'exploitation de toutes les centrales, ce qui obligerait à recourir, à marche forcée, à d'autres énergies : le gaz d'abord, puis les renouvelables. Au-delà des frontières, "l'Europe occidentale serait affectée par une catastrophe d'une telle ampleur".

En comparaison, un "accident grave" – fusion du coeur avec des rejets radioactifs en partie contrôlés – coûterait "seulement" 120 milliards d'euros, le sol n'étant contaminé qu'aux abords immédiats du site et l'évacuation touchant 3 500 personnes. Il s'agit là, pour M. Momal, d'une "crise économique nationale" mais qui resterait "gérable". Les dommages sont d'un tout autre ordre de grandeur que ceux du naufrage de l'Erika en 1999, ou de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse en 2001, évalués à 2 milliards d'euros.

Ces chiffres ne sont qu'une moyenne. Ils pourraient être deux fois inférieurs – ou deux fois supérieurs – en fonction des conditions météorologiques, des vents poussant plus ou moins loin les panaches radioactifs, ou de la densité de population. Un accident grave à la centrale de Dampierre (Loiret) ne forcerait à évacuer que 34 000 personnes, alors qu'à celle du Bugey (Ain), il ferait 163 000 "réfugiés radiologiques". Un chiffrage précis doit être fait cette année pour chacune des 19 centrales françaises.

Pour tempérer ce tableau apocalyptique, l'IRSN met en avant "les probabilités très faibles de tels événements". Faibles mais pas nulles : 1 sur 10 000 par an pour un accident grave, 1 sur 100 000 par an pour un accident majeur. "Le risque zéro n'existe pas, même si l'objectif est d'y parvenir", martèle le patron de l'Institut, Jacques Repussard.

"L'ÉCONOMIE EST UN ÉLÉMENT FONDAMENTAL DE LA SÛRETÉ"

Le but de cette étude, dit-il, n'est pas de brandir "un épouvantail", mais de faire comprendre que "l'économie est un élément fondamental de la sûreté". Et que l'importance de la prévention doit être évaluée en conséquence. Ainsi des mesures de renforcement des réacteurs que l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a imposées à EDF, à la suite de Fukushima, et qui sont estimées à quelque 10 milliards d'euros. Un investissement considérable dans l'absolu, mais minime au regard des risques potentiels évités. De même, l'IRSN juge "prioritaire la préparation à la gestion de tels événements et de leurs conséquences post-accidentelles".

La recherche a bien sûr un rôle à jouer. La France est le seul pays à avoir mené, dans le réacteur expérimental Phébus de Cadarache, des essais réels reproduisant une fusion du coeur, pour étudier les risques de relâchement de substances radioactives dans l'environnement. Ce qui a donné à l'IRSN une expertise mondiale sur l'accident de Fukushima, où les coeurs de trois réacteurs ont fondu en totalité ou en partie. Au cours de ces essais, elle a constaté que "la fusion est intervenue à des températures de 400 à 600 oC plus faibles qu'attendu, ce qui a conduit à des dégradations plus précoces et plus importantes que ne le prédisaient les logiciels".

Autre enseignement : le comportement de l'iode est "plus complexe qu'attendu". Une observation cruciale, puisque l'iode 131 est le radioélément le plus pénalisant dans les premiers jours d'un accident. Or, les réacteurs actuels ne sont équipés d'aucun filtre pour l'iode gazeux, et les recherches en cours doivent aider à y remédier.

Reste que la prise en compte du facteur économique dans le débat sur l'avenir de l'atome doit encore progresser, y compris au sein de l'IRSN qui, sur 1 700 agents, ne compte que... deux économistes.

(Pierre Le Hir, Le Monde, samedi 9 février)

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 13:17

 LE MONDE, 02.02.2013 - http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/02/02/la-politique-de-l-eau-dans-la-tempete_1826214_3244.html

Le ménage a été fait discrètement. Mais cela ne devrait pas suffire à étouffer le scandale qui frappe l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques (Onema), un établissement public sous la tutelle du ministère de l'écologie, bras armé de la politique publique de l'eau en France. L'agence en gère les données statistiques, cruciales pour juger de la qualité de notre ressource hydrique.

L'Onema est sous le feu de vives critiques dans le rapport annuel de la Cour des comptes, qui sera rendu public le 12 février. Les conclusions des sages de la Rue Cambon s'appuient largement sur un "Relevé d'observations provisoires" daté de juillet 2012 dont Le Monde a pu prendre connaissance.

Lancé le 8 septembre 2011, le contrôle de la Cour met en évidence de lourds dysfonctionnements internes : "absence de fiabilité des comptes", "un budget mal maîtrisé sans procédure formalisée d'engagement de la dépense", "une gestion des systèmes d'information défaillante", "des sous-traitances non déclarées", etc.

Etablissement public administratif national, l'Onema relève du champ d'application du code des marchés publics "mais, lit-on dans le rapport provisoire de la Cour, les carences de l'archivage des dossiers de marchés ne permettent pas un bon suivi. (...) Il en est résulté que les dossiers étaient très incomplets et divers documents n'ont pu être produits (bons de commande)". En 2012, l'Onema comptait 900 agents et disposait d'un budget de 110 millions d'euros.

L'établissement, dont le siège social est à Vincennes (Val-de-Marne), est aussi visé par une plainte contre X déposée le 4 juillet 2012 au parquet de Créteil par le Syndicat national de l'environnement (SNE-FSU), représenté au sein de l'Onema.

"IRRÉGULARITÉS CONSTITUTIVES D'INFRACTIONS PÉNALES"

Les accusations portées et signées par Jean-Luc Ciulkiewicz, secrétaire général du SNE-FSU, sont lourdes : "Le SNE-FSU a été alerté par des agents de l'Onema de l'existence de graves irrégularités dans le fonctionnement de cet établissement public, constitutives d'infractions pénales. Ces agents ont remis des documents établissant de manière précise des fraudes dans la passation et l'exécution des marchés publics, notamment des fausses facturations, conflits d'intérêts, délits de favoritisme, sous-traitances non déclarées, faux et usages de faux." "En outre, écrit M. Ciulkiewicz, des agents nous ont alertés de l'urgence de la situation en raison de la disparition de pièces de procédure de marchés publics demandées par la Cour des comptes dans le cadre du contrôle qu'elle exerce au sein de l'établissement."

Le procureur de Créteil a lancé une enquête préliminaire, confiée aux policiers de la brigade de répression de la délinquance économique.

Le 11 octobre 2012, la ministre de l'écologie, Delphine Batho, informée quelques jours plus tôt de la gravité de la situation dans l'établissement public, reçoit une dizaine de salariés de l'Onema – non syndiqués pour la majorité –, ainsi que le secrétaire général du SNE-FSU. Ils lui remettent une lettre signée de quinze agents du siège, certains toujours en poste, d'autres ayant récemment quitté l'établissement, mais tous dans des services clés (exécution budgétaire et des marchés publics, achats, développement informatique, etc.).

Les signataires alertent sur les pressions – "pratiques managériales brutales", "climat de terreur" – dont le personnel fait l'objet : "Il est demandé aux agents, de plus en plus fréquemment, de faire des actes ou des contrats illégaux. (...) Ils sont perdus et ne savent plus comment réagir."

Quinze jours plus tard, par arrêté du ministère de l'écologie, Patrick Lavarde, directeur général de l'Onema depuis sa création, en 2007, est remplacé par Elisabeth Dupont-Kerlan, ingénieure générale des ponts, des eaux et des forêts. M. Lavarde est nommé chargé de mission au Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD), organisme sous l'autorité du ministère de l'écologie. Il n'a pas répondu à nos sollicitations.

Le 21 novembre 2012, en conseil des ministres, il est aussi mis fin aux fonctions d'Odile Gauthier, directrice de l'eau et de la biodiversité (DEB), présidente du conseil d'administration de l'Onema, où elle n'a toujours pas été remplacée. Nommée à la direction générale du Conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres, Mme Gauthier ne souhaite pas s'exprimer sur ses fonctions antérieures. Et d'autres mutations sont en cours.

Comment expliquer tous ces dysfonctionnements ? Au-delà des responsabilités individuelles de tel ou tel acteur, que la justice pointera peut-être, l'affaire de l'Onema traduit, pour reprendre les termes d'un haut fonctionnaire, "un bordel incroyable" au sein de l'Etat. "Ce qui frappe, réagit Delphine Batho, c'est le caractère récurrent des dérives constatées, cette situation incroyable qui a perduré."


"ASSEZ DE PIÈCES AU DOSSIER POUR SAISIR UN JUGE D'INSTRUCTION"

La genèse de l'Onema n'est certainement pas étrangère à toute l'histoire. L'organisme est créé par la loi sur l'eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006, pour succéder au Conseil supérieur de la pêche, usé et en difficulté financière. En réalité, il s'agit de mettre la France à l'heure de la gestion durable de l'eau, comme l'y engage la directive-cadre européenne du 23 octobre 2000. Mais le décret d'application du 25 mars 2007 – signé par Nelly Olin, ministre de l'écologie du gouvernement Villepin – qui entérine la création de l'Onema, définit mal les rôles entre la direction de l'eau du ministère de l'écologie et son agence sous tutelle. La présidence du conseil d'administration revient ainsi... au directeur de l'eau, donc à la tutelle !

Cette gouvernance "consanguine" a-t-elle pesé ? La solidarité entre membres d'une même famille, celle de l'eau, a-t-elle incité certains à se taire ? Comment expliquer, par exemple, que, comme l'affirme un ancien membre du cabinet de Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie de Nicolas Sarkozy, "aucun message d'alerte sur l'Onema n'ait été transmis" à celle-ci ? Pourtant coups de semonce il y eut. Le 31 mai 2010, une note interne – signée de Sophie Vacher, responsable de la mission juridique de l'Onema, et de Séverin Dodo, responsable du service des marchés publics – à l'attention de M. Lavarde recense les "irrégularités constitutives d'infractions pénales concernant la passation et l'exécution des marchés informatiques" de l'établissement public. Edifiant.

De même, pourquoi les avis du contrôle financier et budgétaire exercé par le ministère de l'économie – ce qui est la règle dans le cadre d'un établissement public – n'ont-ils pas été suivis d'effet ?

Et maintenant ? Un décret du ministère de l'écologie est en préparation pour que la présidence du conseil d'administration de l'Onema ne soit plus assurée par la tutelle. L'agence va aussi recevoir son nouveau contrat d'objectifs 2013-2018, "qui prendra évidemment en compte les recommandations formulées par la Cour des comptes", insiste la nouvelle directrice de l'organisme, Elisabeth Dupont-Kerlan.

Dans son rapport final, la Cour ne demanderait pas de poursuites disciplinaires. Mais, pour Jérôme Karsenti, avocat du SNE-FSU, pas question que l'affaire s'arrête là : "Si le parquet de Créteil ne stimule pas l'enquête de la BRDE, j'ai assez de pièces au dossier pour saisir un juge d'instruction."

En tout état de cause, la Commission européenne, qui estime les efforts de la France en matière de qualité de l'eau assez insuffisants pour la condamner d'ici quelques semaines, ne devrait pas perdre une miette de ce scandale. Bruxelles pourrait en effet s'interroger sur la pertinence des informations transmises par la France.

                                                               Marie-Béatrice Baudet et Martine Valo

Note de la rédaction : Il est question d’une amende de 1,5 milliards d’€ !

 

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 13:17

 Trois nouvelles récentes à mettre en écho :

Tous d’abord, un nouvel élément qui confirme les Wikileaks d’il y a un an sur la bulle boursière du schiste comparable à la bulle internet du début des années 2000, cet article paru le 30 Janvier 2013 sur Bilan, la revue suisse de l’économie.

  Gaz de schiste : L’affaire Chesapeake fait exploser la bulle.

Par Fabrice  Delaye :  La démission du patron du leader des gaz de schiste aux États-Unis augure un nouveau scandale à Wall Street.  

 

Gaz de schiste 

En quelques années, Aubrey McClendon avait fait de son entreprise Chesapeake le numéro deux du gaz naturel aux Etats-Unis. L’entreprise est, en effet,  pionnière dans l’exploitation de la fracturation hydraulique, cette technologie baptisée « fracking » qui permet d’extraire les gaz contenus dans les couches de schiste.

Mais pour atteindre ce rang, Chesapeake a aussi acheté d’énormes quantités de licences (sur plus de 6 millions d’hectares de terrains) afin de pouvoir forer vers ces gisements de gaz. Comme elle n’avait pas l’argent pour y parvenir, elle s’est tournée vers Wall Street. Là, des firmes comme Jefferies et Barclays, inondées de liquidités par la Réserve Fédérale, vont, au travers de divers montages comme la vente à terme de future production, prêter à Chesapeake jusqu’à 16,1 milliards de dollars lors de la dernière mesure officielle en septembre.

Après trois trimestres consécutifs de pertes totalisant plus d’un milliard de dollars, c’est probablement davantage aujourd’hui. C’est ce qui a conduit les actionnaires actifs de l’entreprise comme Carl Icahn à obtenir, ce mardi, le départ d’Aubrey McClendon au premier avril. Toutefois,  cette démission n’est pas la fin de l’histoire.

Du conflit d’intérêt au scandale

Les premiers succès de Chesapeake ont abouti à la formation d’une bulle dans le secteur des gaz de schiste. Le boom du «fracking » a conduit à des surcapacités qui ont fait chuter les prix du gaz de 16 à 2 dollars le million de BTU (British Thermal Unit) entre 2006 et 2012. Or, les forages pour les gaz de schiste ne sont rentables qu’à partir de quatre dollars dans le meilleur des cas et plutôt sept en moyenne. En Pennsylvanie comme dans l’Oklahoma, des milliers de forages ne produisent ainsi pas depuis des mois alors que les licences d’exploitation doivent être payées. Et, l’espoir d’une remontée des cours  pour cause de froid hivernal s’est envolé avec des température au-dessus de la moyenne dans le nord-est américain. Si bien que le contrat à terme de mars est scotché à 3,28 dollars.

Comme si cela ne suffisait pas, il est aussi apparu à la faveur de la fronde des actionnaires contre Aubrey McClendon que ce dernier avait pris à titre personnel des participations de 2,5% dans chaque puits opéré par Chesapeake. Il a lui-même emprunté plus d’un milliard de dollars à EIG Global Energy pour ces opérations qui ouvrent la question du conflit d’intérêt. 

Ce qui pourrait donc être un nouveau scandale à Wall Street n’en est peut-être qu’au début de ses rebondissements. La démission d’Aubrey McClendon de la direction générale de Chesapeake a permis au titre, qui a perdu 43% l’an dernier, de se reprendre de 10% hier. Toutefois, rien n’est en réalité réglé. A moins que les Etats-Unis ne se mettent à exporter leur gaz de schiste pour faire remonter les cours, cette affaire ressemble avant tout à l’ouverture d’une nouvelle boîte de Pandore boursière.

 

Au même moment, en France :

Les parlementaires étudieront les alternatives à la fracturation hydraulique

Extrait de http://www.smartplanet.fr/smart-people/gaz-de-schiste-les-parlementaires-etudieront-les-alternatives-a-la-fracturation-hydraulique-21425/

L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques va consacrer un rapport aux « techniques alternatives à la fracturation hydraulique ». Le PDG de Total et le ministre en charge de l’Industrie, Arnaud Montebourg, ont déjà manifesté leur intérêt pour les gaz de schiste.

Les députés et sénateurs de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) annoncent avoir adopté « l’étude de faisabilité d’un rapport consacré aux techniques alternatives à la fracturation hydraulique pour l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels ». Ce travail a été réalisé par le député (PS) Christian Bataille et le sénateur (UMP) Jean-Claude Lenoir.

Le communiqué de l’Office déclare :   

« La fracturation hydraulique, interdite par la loi du 13 juillet 2011 pour l’exploration et l’exploitation des mines d’hydrocarbures, est une technique ancienne qui évolue aujourd’hui rapidement sous l’effet de considérations environnementales de plus en plus partagées. Des voies d’amélioration de cette technique existent, dans le sens d’une moindre consommation d’eau et d’une moindre utilisation de produits chimiques.

Parmi les autres techniques susceptibles d’être employées, la stimulation au propane, déjà pratiquée en Amérique du Nord, mérite l’examen. D’autres technologies sont envisagées en recherche et susceptibles d’aboutir à des applications d’ici à une dizaine d’années. »

Les parlementaires de l’OPECST proposent comme calendrier :  

- Février-mai 2013: réalisation d’auditions par les rapporteurs (pouvoirs publics, entreprises, associations environnementales), consultation des partenaires sociaux

- Avril 2013: audition ouverte à la presse

- Printemps 2013: examen par l’Office d’un rapport d’étape

- Juin à septembre 2013: déplacements à l’étranger

- Automne 2013: examen par l’Office du rapport final.

Le PDG de Total et Arnaud Montebourg intéressés par les gaz de schiste

Il y a quelques semaines, Christophe de Margerie, le PDG de Total, était interviewé par Le Monde et estimait que « si l’on exploitait le gaz de schiste français – ce qui serait bon pour l’économie et pour la sécurité de notre approvisionnement – le prix serait déterminé par le marché du gaz européen, donc pas forcément à des prix aussi bas » [qu'aux Etats-Unis].

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg avait quant à lui déclaré fin novembre, devant l’Union française de l’électricité (UFE) :  « Nous n’acceptons pas la fracturation hydraulique mais nous travaillons à imaginer une nouvelle génération de technologies propres qui permettraient d’extraire sans abîmer. »  « Ce gaz (…) mieux vaut le produire si nous l’avons plutôt que l’importer », estimant que le gaz pourrait jouer un rôle important dans la transition énergétique.

Il y a quelques jours, Le Monde citait « l’entourage d’Arnaud Montebourg » où l’on déclare:

« Le développement du gaz de houille n’a rien de rédhibitoire. Son exploitation va permettre de réduire la facture énergétique française, et donc d’augmenter nos marges de manoeuvre budgétaire afin d’investir davantage dans le solaire et l’éolien. »

Comme pour le nucléaire, le ministre en charge de l’industrie a pour le moins changé d’avis par rapport à ses positions de candidat à la primaire socialiste fin 2011. Il qualifiait alors le gaz de schiste de « fausse bonne idée » et affirmait que « l’indépendance énergétique ne doit pas se faire au prix de catastrophes environnementales ».

 

 

Enfin la réaction proposée par France Nature Environnement...

France Nature Environnement (FNE) a publié dans la foulée un communiqué. La fédération d’associations de défense de l’environnement « tient à rappeler que, quelle que soit la technique, il s’agit de rendre poreux un milieu, la roche mère, qui ne l’est pas, ce qui présente des risques avéré de pollution des milieux et des nappes phréatiques et de l’atmosphère. Par ailleurs, au-delà du débat sur la technique d’extraction, il s’agit encore d’extraire des énergies fossiles qui contribueraient au réchauffement climatique déjà hors de contrôle. »

Bien que la loi de juillet 2011 ait interdit la fracturation hydraulique, les pétroliers

et certains économistes continuent à s'intéresser au bassin parisien et aux couches

géologiques contenant le pétrole de schiste. Tous les départements d'Ile-de-France

(sauf Paris) sont concernés.

Pour faire le point sur la situation actuelle et à venir, IDFE vous invite

le samedi 16 février 2013, à une journée de formation gratuite (de 10h à17 h) sur le

thème :


Pétrole de schiste en Ile-de-France : intérêt ? Risques ?

dans les locaux de l’association Bruitparif, 9, impasse Milord, 75018 Paris, Métro

ligne 13, Porte de Saint-Ouen

Elle s'adresse aux membres des associations de protection de la nature et de

l'environnement d'Ile-de-France.

Programme :
Accueil à partir de 9h30

10h–10h30 : Ghislain de Marsilly, géologue spécialisé en hydrologie :

Présentation des couches profondes du sous-sol du bassin parisien susceptible

de contenirdes hydrocarbures, les différents types d'hydrocarbures

non-conventionnels du BP et leurslocalisations dans les couches profondes.

Les risques éventuels de contamination de l'eau.

10h30–11h : Réponses aux questions

11h–11h30 : Bruno Courme, directeur général Total Gas Shale Europe :

La consommation de pétrole en France, l’évolution des ressources en

hydrocarbures conventionnels du Bassin Parisien, les réserves prouvées,

probables et possibles en hydrocarbures non conventionnels, quelles techniques

disponibles actuellement ? A l’étude ?

11h30–12H00 : Réponses aux questions

12h-13h30 : Pause déjeuner dans les restaurants à proximité

13h30-14h00 : Benjamin Dessus, économiste (président de l’association Global

Chance) :

Exploiter les hydrocarbures de schiste en France, quel coût économique et

environnemental ? S’en passer, comment ?

14h–14h30 : Réponses aux questions

14h30–15h : 

La réglementation actuelle, les évolutions du futur nouveau code minier.

Quid des permis derecherche et des forages en cours ?

15h-16h : Réponses aux questions

Fin de la formation

16h15-17h : Les associations membres d’IDFE sont invitées à réfléchir ensuite

ensemble envue de préparer une motion sur le sujet : "pétrole de schiste en

Ile-de-France".

Merci de vous inscrire sur idfe.formation@gmail.com

 

Benoit Hartmann porte-parole de FNE, commente: « Récupérons déjà les gaz

gaspillés par torchage, méthanisons nos eaux usées, mettons en place une vraie

sobriété de notre société et réservons ce pétrole immature aux générations

suivantes. »

 

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 14:35

 

Le projet d'usine de méthanisation du SYCTOM à Romainville a suscité de nombreuses controverses et oppositions au cours de ces derniers mois et le SYCTOM a diffusé fin décembre un communiqué annonçant son intention de réorienter son projet. Nous nous en félicitons.

Nous avons déjà exprimé dans ces colonnes et ailleurs notre position : oui à la méthanisation et au principe du traitement des déchets sur notre territoire, comme la loi nous en fait obligation. Non au projet tel qu'il était présenté par le SYCTOM. Attachés à une politique ambitieuse de prévention, de traitement et de valorisation des déchets, nous avons ainsi remis en cause le manque de modularité à la baisse d'une usine dont nous craignions la tendance à attirer des volumes croissants de déchets à traiter. Nous avons aussi rappelé la nécessité d'instaurer un tri préalable des bio-déchets en amont de l'usine, ainsi qu'une ligne de traitement séparée pour ceux-ci dans un projet révisé.

   Les militants d' EELV du 93 et plus particulièrement ceux du territoire d' Est ensemble ont ainsi travaillé plusieurs mois pour élaborer une position équilibrée et réaliste sur le traitement des déchets que nous produisons. Le détail de notre position est disponible entre autres sur le blog des Lilas ( leslilasecologie.over-blog.com - avis sur le projet de Romainville ).

   Après un débat parfois tendu, au cours de réunions publiques rassemblant de nombreux habitants,  et à travers la production de contributions par de nombreux acteurs locaux, les élus d' Est Ensemble  ont émis un avis défavorable au projet en l'état, mais ont ajouté de nombreuses propositions d'amélioration.  Un grand nombre de ces propositions s'inspiraient de l'avis déposé par  EELV 93 auprès du garant du débat, ainsi que des démarches de la municipalité de Romainville.

   La résolution du SYCTOM laisse une large place à la plupart de ces propositions.

Toutefois il met aussi les collectivités locales devant leur responsabilité : mettre en oeuvre une véritable politique de prévention et de collecte séparée des déchets. Ceci ne pourra se faire qu'avec la participation active de tous les habitants de notre territoire. C'est pourquoi c'est bien maintenant que tout commence.

   Les intentions affichées par tous de réduire la production de déchets et d'adopter une attitude responsable dans le tri et le recyclage devront se concrétiser sur le terrain. Ce sera la responsabilité de vos élus, mais aussi celle de chacun d'entre nous. Ce peut être une formidable occasion de mobiliser les énergies, de créer des « ressourceries de quartier », de créer des composts collectifs  en bas d'immeuble, d'imaginer autrement notre rapport aux déchets que nous produisons. Un chantier créateur d'emplois et de liens sociaux ! Relevons nos manches...

Marie-Geneviève Lentaigne

ANNEXE:

 

QUELQUES UNES DES PROPOSITIONS D'EELV 93 ACCEPTEES PAR LE SYCTOM

 Sur la taille et la modularité de l'usine :

EELV 93 demandait « l'installation de digesteurs de plus faible tonnage pour une meilleure maîtrise des process » ainsi que des « scenarii de modularité de l'usine » à la baisse pour tenir compte de la diminution  à venir des OMR (ordures ménagères).

=> le SYCTOM s'engage à réduire le dimensionnement de l'usine et notamment le nombre de digesteurs, qui pourrait passer de six à quatre.

 Sur la conformité aux arrêtés « méthanisation » du 10 novembre 2009 :

EELV souhaitait que les contraintes de cet arrêté en termes de sécurité soient respectées dans le projet de Romainville, bien que le SYCTOM n'y soit pas légalement tenu, son projet étant antérieur.

=> le SYCTOM qui s'y était déjà engagé l'a reconfirmé.

 Sur la mise en place de lignes de traitement séparées pour les bio déchets :

EELV soutient la mise en place de collecte sélective des bio-déchets, inexistante aujourd'hui, Et demandait que dès le démarrage de l'usine, une ligne de traitement séparé des biodéchets soit installée afin de garantir la qualité du compost destiné à nos agriculteurs.

=> le SYCTOM a intégré cette demande en contrepartie de l'engagement des collectivités à instaurer cette collecte sélective et à mener des campagnes d'information auprès des habitants de notre territoire.

 Sur la concertation et la transparence autour du projet :

EELV souhaitait qu'un comité de suivi, associant des représentants du personnel, des habitants,des associations et des élus, soit mis en place.

=> le SYCTOM propose le maintien du Comité de pilotage actuel et la « constitution d'une Commission de Suivi du Site, présidée par le Préfet et associant l'Etat, les riverains, élus, associations et salariés du centre. »
(in  écolo ! n° 13 )

 

 

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 14:22

Dans la rubrique Les gros mensonges des multinationales de l'eau, voila l'article paru dans  écolo ! n° 13 :

L'eau des Lilasiens et des Gervaisiens est facturée par Veolia 59% plus cher que la moyenne en France*. Là où un foyer aurait dépensé 400€ par an pour s'approvisionner en eau, chez nous ce même foyer paiera 640€ pour la même quantité et le même service. En ces temps de crise, est-ce acceptable ?

Ces prix exorbitants sont aussi dus au gaspillage chronique de l'eau. Selon une enquête du Journal du Dimanche, 2 milliards d'euros d'eau sont perdus chaque année en France du fait de canalisations mal entretenues. Les taux de perte sont de 3 à 12% pour les régies publiques et de 25% pour le privé. Mais pourquoi Véolia investirait dans des tuyaux puisque le traitement de l'eau en amont nous est de toute façon facturé ?!

Ce grand gaspillage est inadmissible puisqu'il s'agit là d'une ressource précieuse qui a tendance a se raréfier du fait du réchauffement climatique. Suez aimerait nous rassurer en nous promettant des solutions rayonnantes d'avenir fondées sur le sacro-saint « progrès technologique ». Par exemple, pomper l'eau des fleuves et l'injecter directement dans les nappes phréatiques après traitements*. Le gros problème c'est que l'eau des fleuves contient de fortes concentrations en pesticides, en métaux lourds, en résidus de médicaments qui ne peuvent être éliminés à 100%. Pas grave, ils trouveront autre chose. Grâce aux multinationale de l'eau, vous pouvez continuer à boire sur vos deux oreilles !


 Benjamin Simonet

* sources « water makes money » et le JDD

                                                                                                                   

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 09:59

Lors de son bureau du 19 décembre 2012, le Syctom, Syndicat métropolitain des ordures ménagères, a pris la décision exposée ci-dessous, accompagnée de ce commentaire dans le communiqué de presse : «  Ces évolutions et ces réorientations, qui répondent totalement aux demandes d’Est Ensemble, mais qui tiennent compte aussi d’avis complémentaires comme ceux de Romainville ou du groupe EELV93, ont été saluées unanimement . » Comparez avec notre avis, sur Avis du groupe EELV 93 sur le projet du SYCTOM à Romainville, réunion du 4 décembre 2012  , vous verrez que toutes nos propositions ont été reprises. Reste à travailler à la collecte sélective des bio-déchets, et à la réduction de nos ordures ménagères non triées dans nos villes !

 

" Résolution sur le projet de centre de traitement par tri-méthanisation à Romainville-Bobigny  

 

Le moratoire engagé le 1er février 2012 a permis un temps d’échanges, de débats et d’appropriation collective des enjeux du traitement des déchets ménagers en zone urbaine, qui se sera finalement déployé sur toute l’année 2012. Sous l’égide d’un garant indépendant mandaté par Est-Ensemble, accompagné d’un comité de pilotage pluraliste, deux audits ont été réalisés et rendus public. Deux réunions publiques de restitution de ces audits ont été organisées. Il est regrettable qu’elles aient été préemptées par un groupe de perturbateurs qui s’est violemment opposé à toute expression contraire à la leur.

Dans ce contexte sous pression, l’ADEME et la région Ile-de-France ont tenu à renouveler et à confirmer leur soutien au projet du Syctom. GrDF a de son côté fait savoir tout son intérêt pour le biogaz issu de ce projet, confirmant ainsi la faisabilité locale d’une injection du biogaz produit dans son réseau.

Le conseil de la communauté d’agglomération Est-Ensemble a adopté un avis le 11 décembre, assorti de 10 demandes complémentaires adressées au Syctom et de trois engagements pris dans le cadre de sa compétence « collecte » :

- favoriser la réduction des déchets à la source,

- favoriser l’amélioration du tri et du recyclage,

- développer les filières de recyclage des déchets.

 

Cet avis ouvre ainsi la voie à un projet renouvelé :

- En considération de la volonté partagée par tous les élus d’Est Ensemble et du Syctom de créer les conditions de la fin du transfert actuel par camions de 350 000t/an de déchets ménagers vers l’enfouissement et l’incinération hors territoire, en infraction avec les obligations légales qui s’imposent à tous et en contradiction avec tous les engagements environnementaux publics ;

- En considération des engagements d’Est Ensemble sur des objectifs ambitieux de prévention et de recyclage ;

- Le Syctom, en retour, s’engage à intégrer l’ensemble des demandes formulées par Est-Ensemble, permettant de renforcer la sécurité, d’améliorer l’intégration urbaine et les performances environnementales dans le cadre d’un projet renouvelé par les alternatives ainsi introduites.

 

« Intégrer l’ensemble des recommandations faites par les cabinets EREP et INERIS »   

o Une sécurité maximum pour le centre

 Deux modifications au niveau des digesteurs (descendre au niveau du sol la canalisation de collecte de biogaz issu des digesteurs, pose d’écrans thermiques sur le toit des digesteurs à la sortie de la conduite de biogaz), l’ajout d’un mur de protection le long du digesteur positionné au plus près des constructions riveraines, ainsi que l’ajout d’une sonde à oxygène sur chaque digesteur détectant toute entrée d’air, permettront de prévenir les risques identifiés par INERIS.

Ces mesures seront présentées aux services de l’Etat afin d’être intégrées dans l’autorisation d’exploiter et de ramener la matrice des risques revue par INERIS à son niveau initial.

 

o Garantir la bonne exploitation du centre

Les mesures suivantes sont issues des rapports INERIS et EREP et permettent de garantir le bon fonctionnement du centre en exploitation :

 mise en oeuvre d’un contrôle continu de l’exploitant au travers d’une présence permanente des équipes du Syctom sur le site ;

 organisation des contrôles inopinés du centre sous l’égide d’une Commission de Suivi du Site, par des laboratoires indépendants, en plus des contrôles réglementaires ;

 liaison permanente des sas à ouverture et fermeture rapide au poste de pilotage du centre pour détecter tout dysfonctionnement éventuel afin de garantir une fermeture en continu des accès ;

 montée en charge maîtrisée des digesteurs un par un ;

 surveillance en continu des digesteurs (qualité des matières organiques en amont, pression, niveau de matière…) ;

 double accès aux digesteurs permettant leur entretien ;

 mise en place de panneaux photovoltaïques ;

 vérification auprès des services de l’Etat et de secours de l’analyse de l’INERIS sur l’absence d’effets toxiques des fumées en cas d’incendie)

 

o Garantir l’absence de nuisances olfactives

 mise en oeuvre d’un Plan de prévention des odeurs comprenant :

 Les solutions techniques et d’exploitation : système de traitement de l’air vicié par lavage, biofiltration, mise en dépression du bâtiment, ajout au projet d’un étage de traitement au charbon actif, contrôle et suivi des paramètres du compost sec transporté en conteneur étanche ;

 Un dispositif de suivi environnemental permettant d’identifier et de prévenir les événements et de mettre en place immédiatement des mesures correctrices : inspecteurs «odeurs», jury de nez, procédure de gestion des plaintes, campagne de suivi et de modélisation de l’impact, désignation de riverains volontaires sentinelles.

 

« Etudier les solutions techniques à apporter à la problématique des odeurs et à cette fin la possibilité de mise en sous-sol de la zone de décharge et de tri dans le respect des conditions de travail des salariés »  

Il sera procédé à une vérification approfondie de la pertinence du positionnement des différentes installations en fonction de leurs émissions d’odeurs, et en regard de la circulation de l’air à l’intérieur du bâtiment et de l’orientation de l’air vicié vers le dispositif de traitement, (en particulier les tunnels de compostage fermés et le stockage des conteneurs, la fosse à ordures ménagères, les pompes d’introduction de la fraction fermentescible dans les digesteurs, le dispositif de déshydratation mécanique du digestat, les 3 biofiltres, la cuve de stockage des jus et la base des digesteurs).

Il sera également vérifié que ces dispositions garantissent des conditions de travail conformes à la réglementation en vigueur et aux recommandations de la CRAMIF pour les salariés du centre en projet, que le CHSCT est associé à l’élaboration du projet

Par ailleurs, les meilleures techniques disponibles pour le traitement des odeurs, notamment par ajout au projet d’un traitement par charbon actif, seront mises en oeuvre dès la mise en service du centre.

 

« Conformité aux arrêtés « méthanisation » mis en application en novembre 2009 »  

Les mesures de conformité aux arrêtés « méthanisation » du 10 novembre 2009 déjà intégrées au projet seront transmises aux services de l’Etat pour vérification et intégration dans l’autorisation d’exploiter.

Il est rappelé que l’habitation la plus proche se situe à 150m des digesteurs et que l’ERP le plus proche se situe à 58m ; cette distance, selon les termes de l’arrêté, ne doit pas être inférieure à 50m.

L’autorisation d’exploiter a d’ores-et-déjà pris en compte l’arrêté compostage du 22 avril 2008.

 

« Réduire le dimensionnement de l’usine »  

Le dimensionnement de l’usine sera réduit, au vu à la fois des perspectives de diminution des déchets dans le cadre des politiques de prévention et d’amélioration du procédé de méthanisation. La réduction des digesteurs du futur centre sera déterminés après une analyse approfondie, avec l’objectif de pouvoir continuer à traiter les déchets produits par le bassin versant et à un coût toujours maîtrisé.

Les communes et collectivités devront dans le même temps accroître leurs efforts en vue de la réduction des déchets à la source, de leur réemploi, et de l’augmentation des ratios de collectes sélectives en vue du recyclage. Le Syctom continuera à mettre à leur disposition les moyens techniques, financiers et de sensibilisation déployés dans son plan « Métropole Prévention Déchets 2010-2014 ».

En outre, le Syctom fixe l’objectif de réduire de 6 à 4 le nombre de digesteurs !(NDLR)

 

 « Favoriser sa modularité dans le temps »  

Il sera veillé à ce que le fonctionnement indépendant des lignes de tri et des digesteurs permette d’adapter le fonctionnement de l’usine à la baisse attendue des déchets dans le temps et à la montée en puissance des collectes séparatives de biodéchets, sans nuire à la qualité de leur traitement. Ainsi, le dimensionnement du projet ne sera un frein ni aux politiques de prévention à long terme, ni au déploiement des collectes de biodéchets.

 

« Intégrer les solutions innovantes développées par l’Institut de Recherche et de Développement de Bondy, associé à une entreprise du parc Biocitech »

Un procédé permettant l’amélioration de la méthanisation sera développé, après expertise scientifique, avec les partenaires locaux investis dans ces recherches, dans les meilleurs délais afin qu’il soit opérationnel dès le démarrage du futur centre.

 

« Mettre en place des lignes de traitement séparées de biodéchets »

Une ligne sera dédiée au traitement des biodéchets, en contrepartie de la mise en oeuvre de collectes sélectives de biodéchets qui devront garantir l’apport d’un minimum de 15 à 20 000t/an de biodéchets dès 2016. Le site évoluera ensuite vers le traitement direct des biodéchets, au fur et à mesure de la montée en puissance des collectes sélectives dans le temps.

 

« Rechercher des solutions pour permettre un accès à tous aux Berges du Canal de l’Ourcq en semaine et le week-end »

Le Syctom se rapprochera du Conseil général de Seine-Saint-Denis, qui a élaboré le Schéma directeur des aménagements portuaires et de loisirs du Canal de l’Ourcq, pour déterminer avec la communauté d’agglomération Est-Ensemble et la commune de Bobigny, les moyens à mettre en oeuvre pour concilier les circulations douces pour les habitants et le transport fluvial, qui permettra l’économie de plus de 13 000 camions par an sur les routes de Seine-Saint-Denis et mettra à disposition des entreprises locales une solution de fret fluvial.

 

« Pérenniser les emplois des salariés du centre actuel et leur permettre d’accéder aux emplois du futur centre »

Le Syctom reste vigilant quant à la qualité du dialogue social. La mise en oeuvre de formations et de requalifications professionnelles valorisantes reçoit d’ores et déjà le soutien des organisations représentatives. La création de 40 emplois pérennes supplémentaires participe également aux bonnes conditions de travail nécessaires à une exploitation de qualité du centre.

 

« Engager la révision du projet dans le cadre d’une démarche de concertation »

Le Syctom propose que le comité de pilotage soit maintenu et participe au suivi du respect des engagements conjoints d’Est-Ensemble et du Syctom pour une meilleure gestion des déchets sur le territoire du projet.

Pour garantir une information transparente sur l’exploitation du futur centre et une surveillance efficace sur les évolutions du projet, le Syctom s’engage à demander à l’Etat la constitution immédiate d’une Commission de Suivi de Site (Nouvelle dénomination des CLIS, commission locale d’information et de surveillance), présidée par le Préfet associant services de l’Etat, riverains, élus, associations et salariés du centre.

Enfin, afin de garantir la qualité et la durabilité de la concertation, le Syctom propose que se substitue aux Chartes de qualité environnementales signées en 2008 avec les communes de Romainville et de Bobigny, une Charte intercommunale de qualité environnementale signée avec Est-Ensemble, dont la bonne exécution sera placée sous le contrôle du comité de pilotage existant, et qui pourra être officialisée dans les meilleurs délais. Un projet en ce sens est adressé ce jour à la communauté d’agglomération Est-Ensemble.

Ces décisions, répondant point par point aux demandes d’Est-Ensemble, seront mises en oeuvre à compter du 1er janvier 2013."

 

Selon le communiqué de presse du Syctom, « ces modifications devraient entrainer un léger surcoût d’exploitation compensé par des économies d’investissements, maintenant l’équilibre économique du projet. Ces modifications devront être finalisées par voie d’avenant début 2013. »

Nous ne manquerons pas de participer à cette « Commission de Suivi de Site » que nous avions demandé !

                                                                         Pierre Stoeber

 

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