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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 10:46

La Société générale renonce à financer le projet de mégacentrale à charbon indonésienne Tanjung Jati B 2. Le Crédit agricole s'y accroche. Par Marie-Noëlle Bertrand pour l’Humanité le 5 janvier 2016 - une bonne nouvelle pour commencer l'année, que nous vous souhaitons plus écolo que 2016 !

CIREBON 2, SUR L'ÎLE DE JAVA, COMPTE AU NOMBRE DES CENTRALES À CHARBON DANS LESQUELLES LE CRÉDIT AGRICOLE ENTEND TOUJOURS INVESTIR. PHOTO ACHMAD IBRAHIM/AP

CIREBON 2, SUR L'ÎLE DE JAVA, COMPTE AU NOMBRE DES CENTRALES À CHARBON DANS LESQUELLES LE CRÉDIT AGRICOLE ENTEND TOUJOURS INVESTIR. PHOTO ACHMAD IBRAHIM/AP

On aurait pu faire démarrer l'histoire en 2014, avec la bataille remportée contre le projet Alpha Coal, gigantesque complexe charbonnier envisagé en Australie. Mais ce serait nous faire voyager trop loin dans le temps et à travers les mers. La nouvelle dont il est question présentement a été validée ce 1er janvier. Et si, comme l'autre, elle s'est gagnée en France et aura un impact mondial, elle touche cette fois l'Indonésie. Après plusieurs mois de flottement, la Société générale, un pilier de l'investissement bancaire français, a officiellement confirmé son retrait du projet Tanjung Jati B 2, mégacentrale à charbon installée sur l'île de Java dont on vise le doublement de la capacité de production. Impliquant une hausse des émissions de CO2 de l'usine, l'ambition est dénoncée par les défenseurs du climat. La Société générale aura mis le temps avant de renoncer à y placer ses billes. Pour tout dire, la pression militante qui aura consisté à lui rappeler les engagements qu'elle avait pris du temps où les projecteurs de la COP21 nimbaient de vert son enseigne rouge et noire ne semble pas étrangère à sa décision.

« Répondre à l'intérêt général et non à une opportunité médiatique »

Tout commence, en fait, en mai 2015, rappelle Lucie Pinson, chargée de campagne sur les finances privées aux Amis de la Terre. « En amont de la conférence sur le climat, nous avions lancé un appel aux banques françaises, pour qu'elles s'engagent à ne plus financer le charbon », énergie entre toutes la plus émettrice de gaz à effet de serre. Aucune ne le signera. Mais à la veille du rendez-vous international, elles concéderont un geste. « La Société générale et le Crédit agricole, notamment, s'engageront à ne plus financer de nouveaux projets de centrales dans les pays riches », reprend Lucie Pinson. Un petit pas ­ il couvre au mieux 6,5 % du marché mondial du charbon au regard des projets annoncés depuis 2010. « Mais il nous offrait un argument de masse », poursuit la chargée de campagne de l'ONG. Si les banques françaises cherchaient sincèrement à répondre à l'intérêt général et non à une opportunité médiatique, où était la cohérence à ne se retirer des projets de centrales que dans les pays du Nord ? Ceux du Sud affectent tout autant le climat... » Mieux encore : dans le feu de la COP21, les banques françaises s'engagent, face aux États, à mener des politiques compatibles avec l'engagement de limiter le réchauffement « bien en deçà de 2 °C ». Or, le développement de nouvelles infrastructures charbonnières ne l'est pas. Le parc des centrales déjà en activité excéderait, à lui seul, de 150 % le quota d'émissions admises pour respecter cet objectif.

Mais, en janvier 2016, patatras ! Les ONG découvrent que deux établissements sont prêts à investir dans le projet Tanjung Jati B 2. Profitant d'un désistement de BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole ont rejoint le groupe de ses financeurs. Pour défendre leur démarche, elles font valoir la haute technologie dont bénéficie la centrale, déclarée « propre », et les besoins énergétiques de l'Indonésie.

Java, pourtant, est déjà électrifiée à 80 %, rétorquent les ONG franco-indonésiennes, et si les besoins énergétiques y demeurent réels, les énergies renouvelables semblent à même d'y répondre. Mais la Chine a réduit sa consommation de charbon, et avec elle ses importations : l'Indonésie, premier exportateur mondial du minerai, a besoin de lui trouver un débouché. Une perspective économique qui ne passe pas inaperçue. En janvier 2016, toujours, le Crédit agricole engage, en sus, des études de financement pour une autre centrale javanaise, Cirebon 2, supportée par une entreprise japonaise, comptant elle-même au nombre de ses clients.

Les Amis de la Terre, épaulés de Greenpeace Indonésie et d'Oxfam, rencontreront les deux banques, squatteront leurs assemblées générales, publieront des rapports. Elles déploieront même une banderole de 20 mètres depuis le premier étage de la tour Eiffel. C'est à l'approche de la COP22, en décembre, qu'elles marqueront leur plus gros point. Elles ont, dans leurs tiroirs, une ultime expertise portant sur le respect des engagements pris un an plus tôt par les banques françaises. « Natexis s'était déjà officiellement dégagée de tout nouveau projet, BNP Paribas n'en soutenait pas... Société générale et Crédit agricole apparaissaient comme les mauvaises élèves. » Avant de dégainer l'étude, elles préviennent les deux banques. À la veille de sa publication, chacune sort un communiqué : elles s'engagent à ne plus financer aucun nouveau projet dont les contrats n'auront pas été finalisés au 1er janvier 2017. Or ceux de Tanjung Jati B 2 sont encore à l'étude.

La pression militante n'est pas étrangère à la décision finale de la Société générale.

À la date indiquée, la Société générale y a donc définitivement renoncé, comme elle avait renoncé, deux ans plus tôt, à être la banque-conseil du projet Alpha Coal, objet d'une forte opposition de la société civile. Le Crédit agricole n'a pas eu la même lecture. Prenant pour engagement non résiliable les études de financement préalables, la banque maintient, pour l'heure, ses engagements dans Tanjung Jati B 2 autant que dans Cirebon 2. La bataille des ONG n'est donc pas close, ni en France, ni en Indonésie. Ni ailleurs : 1 400 nouvelles centrales sont en projet de par le monde. Leur finalisation induirait un dépassement de 400 % du budget carbone toléré par l'objectif des 2 °C.

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