Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bienvenu.e

  • : Les Lilas Ecologie : Blog des militants et élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas et du Pré Saint-Gervais
  • : Culture, information, réflexion de l'écologie politique par les militants et les élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas, du Pré Saint-Gervais, d'Est Ensemble
  • Contact

Recherche

Nous contacter ...

S'abonner à la Lettre d'information ...

C'est dans la colonne de droite tout en bas...

24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 11:38

Soixante-dix ans après l’introduction dans l’industrie des composés fluoroalkyliques, dits PFAS, dénoncée par Dark waters de Todd Haynes, l’exposition de la population européenne excède largement le seuil fixé par l’agence de sécurité des aliments. D’après l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et Stéphane Foucart pour Le Monde le 24 septembre 2020. Lire aussi Tous les Français et surtout les enfants sont imprégnés par les perturbateurs endocriniens « du quotidien », Les pesticides perturbateurs endocriniens présents dans les eaux de surface en FranceDes pesticides et des perturbateurs endocriniens dans notre alimentation et Le rapport-choc de l’IGAS sur les perturbateurs endocriniens interrogent l’inaction des pouvoirs publics.

Dark waters ... 70 ans après, les composants perfluorés empoisonnent toujours notre environnement

Utilisés depuis plus les années 1950, notamment pour la fabrication du téflon (le célèbre revêtement de poêles anti-adhésif) par le géant de la chimie DuPont, les PFAS sont demeurés sous le radar des pouvoirs publics jusque dans les années 1990. C’est l’action en justice d’un groupe de riverains américains, contaminés par les effluents d’une usine du groupe de chimie DuPont, qui a mis en lumière, dès 1998, l’ampleur du scandale – une histoire fidèlement racontée dans le dernier film de Todd Haynes, Dark Waters. En particulier, le travail de l’avocat à l’origine de l’affaire, Robert Bilott, a montré que DuPont connaissait depuis des décennies les risques sanitaires présentés par les PFAS mais a continué à produire ces substances, tout en dissimulant leurs dangers.

Bien que parfaitement inconnus du grand public, les composés fluoroalkyliques (dits PFAS, pour « substances per- et polyfluoroalkyliques ») posent des risques sanitaires pour de larges franges de la population européenne. C’est le sens de l’expertise rendue vendredi 18 septembre par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), l’agence chargée d’évaluer les substances entrant dans la chaîne alimentaire. A la lumière des données les plus récentes, l’EFSA a réévalué le seuil d’exposition acceptable aux quatre PFAS les plus courants (PFOA, PFOS, PFNA et PFHxS) et fixe cette limite d’exposition à 0,63 milliardième de gramme par kilo de poids corporel et par jour (ng/kg/j).

Extrêmement bas, ce seuil tolérable atteste de la capacité de ces perturbateurs endocriniens suspectés à produire des effets délétères à des niveaux d’exposition très faibles. Selon l’agence basée à Parme (Italie), l’exposition moyenne d’une large part de la population européenne à ces substances – en particulier les enfants – excède souvent largement, voire très largement, ce seuil de référence. Une situation jugée « inquiétante » par l’agence, pourtant peu suspecte d’alarmisme. Par rapport à l’évaluation qu’elle avait conduite en 2008, l’EFSA a dû diviser le seuil d’exposition tolérable aux PFAS par plus de 2500, pour tenir compte de nouvelles études, toujours plus préoccupantes.

Les PFAS sont un groupe de substances de synthèse parées de propriétés physico-chimiques particulières (imperméabilisation, isolation électrique, etc.). Elles sont utilisées depuis des décennies par une variété de secteurs industriels : revêtements antiadhérents d’ustensiles de cuisine, matériaux d’emballage des aliments, textiles, automobile, électronique, mousses anti-incendie, etc. Par le biais de rejets industriels, du ruissellement de décharges, de la pollution des sols et des nappes phréatiques, ces substances ont progressivement imprégné l’environnement. Elles se stockent et persistent dans la chaîne alimentaire, achevant leur destin dans l’assiette des consommateurs – et in fine dans leurs organismes. Où, de surcroît, elles s’accumulent en raison de leur forte persistance. Toute la population occidentale est, à divers degrés, concernée.

Les effets avérés et suspectés des PFAS sur la santé

Les effets avérés et suspectés des PFAS sur la santé

« Les enfants sont le groupe de population le plus exposé »

Selon l’EFSA, les principales sources d’exposition à ces produits sont « l’eau potable, le poisson, les fruits, les œufs ou les produits à base d’œuf ». Les aliments les plus fortement contaminés sont la viande de gibier et certains produits de la mer. Selon les experts commis par l’agence européenne, « les enfants sont le groupe de population le plus exposé, et l’exposition pendant la grossesse et l’allaitement est le principal contributeur à l’apport en PFAS chez les nourrissons ».

L’EFSA a évalué l’exposition moyenne de la population européenne à ces substances à partir des mesures de la contamination d’un grand échantillon d’aliments commercialisés dans l’Union européenne. Selon les méthodes d’évaluation, les experts ont considéré une fourchette basse et une fourchette haute. Dans tous les cas, le seuil d’exposition tolérable est largement excédé pour les enfants et les nourrissons : de 0,85 à 6,5 ng/kg/j pour la fourchette basse, et de 38,6 à 112,1 ng/kg/j, pour la fourchette haute. Dans l’hypothèse la plus optimiste, les enfants peuvent donc être exposés à ces quatre PFAS jusqu’à 10 fois le seuil tolérable d’exposition et dans le pire des cas, jusqu’à près de 180 fois ce seuil.

Pour les adolescents, adultes et personnes âgées, les niveaux d’exposition sont environ deux fois inférieurs mais soulèvent néanmoins aussi une « inquiétude sanitaire », selon l’EFSA. D’autant que ces estimations sont limitées aux aliments bruts et ne tiennent pas compte d’autres sources d’exposition – matériaux au contact des aliments, contamination de l’air intérieur, etc.

Les effets sanitaires des PFAS sont très divers. Celui détecté aux plus faibles niveaux d’exposition est un effet immunitaire (une réponse vaccinale atténuée) chez les enfants exposés. Plusieurs études épidémiologiques publiées ces dernières années et rassemblées par l’agence européenne indiquent une association entre l’exposition aux PFAS et l’élévation du taux de cholestérol, le diabète et l’obésité, des troubles hépatiques, un faible poids à la naissance pour les bébés exposés in utero, ou encore une réduction des hormones thyroïdiennes.

Ce dernier effet pourrait d’ailleurs augurer d’un impact sur le neurodéveloppement des enfants ayant été exposés in utero ou dans la période périnatale, et l’EFSA recommande la poursuite des travaux sur ce sujet. D’autres dégâts possibles, comme l’altération du développement de la glande mammaire, ont été relevés sur des animaux de laboratoires. Tous les modes d’action de ces produits – les mécanismes biologiques par lesquels ils génèrent la variété de ces dégâts – ne sont pas encore élucidés.

Selon les données présentées par l’EFSA, l’exposition à deux PFAS – le PFOA et le PFOS – est en baisse depuis le tournant du siècle. Mais d’autres perfluorés sont, au contraire, de plus en plus présents, tandis que pour la majeure part d’entre eux, aucune tendance claire, ni à la hausse, ni à la baisse, ne peut être identifiée.

Dark waters ... 70 ans après, les composants perfluorés empoisonnent toujours notre environnement

« Plus de 4 000 produits dans cette famille »

« Il est très important que nous puissions poursuivre nos travaux sur l’alimentation des Français, en particulier pour mieux caractériser leurs expositions à ces produits : les dernières études que nous avons conduites sur le sujet reposent sur des données qui ont plus de dix ans, explique Matthieu Schuler, directeur de l’évaluation des risques de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Les niveaux d’exposition tolérable établis par l’EFSA, très bas, doivent nous conduire à trouver les moyens de limiter les expositions, en particulier chez les enfants. »

Quant aux restrictions d’usage de ces produits, c’est un casse-tête réglementaire. « Il existe plus de 4 000 produits dans cette famille et les plus problématiques sont déjà soumis à des restrictions dans le cadre de la directive européenne sur les produits chimiques, explique M. Schuler. D’autres sont inscrits dans la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants » – du nom de ce traité international qui bannit les substances dangereuses capables de s’accumuler dans l’environnement et la chaîne alimentaire, comme le DDT, le chlordécone, les polychlorobiphényles (PCB), etc. « Plusieurs agences sanitaires européennes travaillent à trouver un cadre réglementaire susceptible d’encadrer ces produits en procédant par groupe de substances en particulier compte tenu de leur persistance dans l’environnement », ajoute M. Schuler.

Partager cet article

Repost0
6 juillet 2020 1 06 /07 /juillet /2020 14:34

Les résultats de la première campagne nationale de mesure des pesticides dans l’air relèvent la présence du glyphosate et même de produits interdits. D'après Stéphane Mandard pour Le Monde le 02 juillet 2020. Lire aussi Des dizaines de pesticides dans l’air que nous respirons et Lancement d'une pétition européenne pour interdire les pesticides de synthèse.

32 pesticides cancérogènes identifiés dans l'air

Les pesticides ne se retrouvent pas seulement dans l’eau ou les aliments, ils polluent aussi l’air que l’on respire. Mais s’il existe des limites à ne pas dépasser dans l’eau et l’alimentation, ils ne font pas l’objet d’une surveillance réglementaire dans l’air et donc de normes. Afin de mieux évaluer l’exposition de la population française et définir enfin une stratégie nationale de surveillance des pesticides dans l’atmosphère, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) et le réseau des Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (MASQUA) fédéré par Atmo France se sont associés pour mener la première Campagne nationale exploratoire des pesticides (CNEP).

Les résultats ont été publiés jeudi 2 juillet. Au total, 75 substances différentes ont été mises en évidence, dont 32 sont jugées « prioritaires » par l’Anses en raison de leurs effets potentiellement cancérogènes ou perturbateurs endocriniens. Parmi les produits les plus fréquemment retrouvés figurent le glyphosate, le folpel (plus connue comme « le fongicide de la vigne ») ou encore le lindane, un insecticide pourtant interdit depuis 1998.

Les prélèvements ont été réalisés entre juin 2018 et juin 2019 sur 50 sites répartis sur l’ensemble du territoire (métropole, départements et régions d’outre-mer) et prenant en compte les différents types de zones d’habitation (50 % de sites urbains-périurbains et 50 % de sites ruraux) et de productions agricoles : grandes cultures (26 %), viticulture (18 %), arboriculture (20 %), maraîchage (10 %), élevage (6 %). La grande majorité des capteurs étaient toutefois placés à plus de 150-200 mètres de la première parcelle, ce qui exclut les riverains des exploitations agricoles, les premiers exposés, de cette photographie. Une autre étude conduite avec Santé publique France, baptisée PestiRiv, vise à évaluer l’exposition des riverains des zones viticoles.

« Evaluer rapidement la situation du lindane »

Environ 100 000 données ont été analysées. A partir de cette base, l’Anses a établi « une première interprétation sanitaire », qui ne se veut pas une évaluation des risques. Cette analyse ne « met pas en évidence, au vu des connaissances actuelles, une problématique sanitaire forte associée à l’exposition de la population générale via l’air extérieur, hors source d’émission de proximité », tient à rassurer d’emblée l’agence. Une assertion qui fait tousser parmi ses partenaires. L’Anses identifie toutefois trente-deux substances prioritaires pour lesquelles « des investigations approfondies sont nécessaires ».

Sur ces trente-deux pesticides, neuf sont interdits. Pour l’Anses, la priorité est d’« évaluer rapidement la situation du lindane ». L’agence considère cet insecticide comme « une des substances les plus dangereuses (avec des effets cancérogènes, et/ou reprotoxiques et/ou perturbateurs endocriniens avérés) ». Malgré son interdiction en agriculture depuis 1998 (et dans les préparations antipoux ou antipuces depuis 2006), le lindane est la substance la plus retrouvée : il a été détecté dans 80 % des échantillons (dont 98 % en métropole).

Pour l’Anses, il s’agit désormais de chercher à identifier les motifs de sa persistance dans l’environnement puis à estimer les expositions cumulées par les différentes voies (respiratoire, alimentaire, cutanée) et milieux d’expositions (air extérieur et air intérieur…). L’agence indique qu’elle poursuivra un « travail analogue » pour les huit autres substances interdites (Epoxiconazole, Fénarimol, Iprodione, Linuron, Pentachlorophénol, Chlorothalonil, Chlorpyriphos-éthyl et Oxadiazon).

 « L’Anses enfonce des portes ouvertes, commente un expert proche du dossier. C’est facile de s’attaquer à des produits déjà interdits mais quid de tous les autres, qui sont encore largement utilisés ? » Une interrogation qui vaut en premier lieu pour le glyphosate. Classé cancérogène probable, le très décrié herbicide de Bayer est la troisième substance la plus retrouvée (56 % des échantillons). Il fait partie des neuf substances « fréquemment quantifiées », c’est-à-dire identifié dans au moins 20 % des échantillons, selon la classification retenue par l’Ineris. Certes, parmi ces neuf pesticides, le glyphosate est celui qui présente les concentrations moyennes annuelles les plus faibles (0,04 ng/m3) quand les autres sont supérieures à 0,12 ng/m3. Mais elles ne sont guère plus faibles que pour le lindane (0,06 ng/m3).

« Accélérer sur une surveillance réglementaire pérenne »

Quid également du folpel ? Utilisé contre le mildiou, « le fongicide de la vigne » est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique probable par l’Organisation mondiale de la santé. De toutes les substances mesurées en métropole, le folpel est le pesticide qui présente les niveaux de concentration les plus élevés (1,03 ng/m3 en moyenne annuelle), derrière le prosulfocarbe (2,61 ng/m3), un herbicide.

Et les moyennes annuelles nationales donnent une indication qui peut être trompeuse. Elles cachent des différences locales et des variations saisonnières importantes. Ainsi, la concentration moyenne annuelle en folpel atteint 3 ng/m3, en zone viticole. Des concentrations qui peuvent dépasser les 100 ng/m3 hebdomadaires pendant les périodes de traitement de la vigne entre juin et septembre. On retrouve les mêmes pics avec le prosulfocarbe et les grandes cultures d’octobre à décembre et d’avril à juin.

Il n’empêche, pour l’Anses, « un travail complémentaire d’expertise » est encore nécessaire pour toutes ces autres substances « prioritaires ». « A un moment donné, il faudra quand même accélérer sur une surveillance réglementaire pérenne des pesticides dans l’air avec des valeurs sanitaires de référence, s’impatiente Emmanuelle Drab-Sommesous, directrice déléguée d’Atmo Grand-Est et référente pesticides pour Atmo France. Cela fait vingt ans que l’on fait des mesures. »

Sans attendre, les associations de surveillance de la qualité de l’air recommandent la multiplication des sites de mesure afin de produire une « information locale,
fiable et représentative »,
indispensable dans un contexte parfois tendu ; la mise en place d’une plate-forme nationale d’enregistrement des produits phytopharmaceutiques pour centraliser aussi bien les achats de pesticides que leur utilisation ou encore la prise en compte du suivi des pesticides dans l’air dans les politiques de santé environnementale.

Partager cet article

Repost0
21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 09:04

À mesure que l’espace urbain évolue, les jungles urbaines d’aujourd’hui sont de plus en plus entrecroisées avec la végétation. Pourtant, “verdir” la ville ne suffit plus pour réparer les déséquilibres flagrants de la relation entre les Hommes et le monde naturel. Joëlle Zask explore la manière selon laquelle l’agriculture urbaine offre une forme de citoyenneté fondée sur l’autogouvernement. L’agriculture urbaine restaure par la même occasion une relation à la terre vouée à la régénération perpétuelle plutôt qu’à l’exploitation mutuelle et destructrice. Publié le 24 octobre 2019 sur le Green European Journal. Lire aussi Jouir des biens communs sans posséderFace aux méga-feux, la forêt, un commun à préserver et Réorienter notre économie vers des alimentations moins risquées pour la santé.

Sous les pavés, le potager

L’inscription « sous les pavés le potager » est apparue très ponctuellement Place de la République à Paris, durant les Nuits debouts en avril 2016, sur les dalles qui avaient été ôtées par un manifestant pour créer un jardinet et qui ont été sur le champ repositionnées par les services municipaux. Cette expression, bien que reprise depuis, n’a pas eu la postérité de cette autre qu’elle imite : « Sous les pavés la plage ». Il s’agissait alors, en mai 1968, d’un slogan inventé par un ouvrier qui s’était répandu quand les manifestants avaient constaté que les pavés qu’ils extrayaient pour faire des projectiles et des barricades étaient posés sur le sable. Il avait été précédé d’un autre slogan : « Il y a de l’herbe sous les pavés ». Mais ce dernier n’avait pas été adopté, d’une part parce que le mot « herbe » évoquait une drogue bien connue mais mal vue et, surtout, parce que, contrairement au sable qui est un matériau de construction, l’herbe résonnait comme une bizarrerie peu crédible et un peu surréaliste dans le contexte de la ville.

Une ville plus verte pour des citoyens plus écologiques ?

« Sous les pavés le potager » est désormais beaucoup plus dans l’ère du temps. Les jardins ont acquis un droit de cité qu’ils n’avaient pas en 68. Potagers, plantations en tout genre, herbes folles, se développent le long des rues, dans les parcs et les cours, au pied des arbres, sur les toits, aux abords des villes, etc. En revanche, il ne semble pas que la transformation de la ville se soit accompagnée d’une transformation corrélative des conceptions de la citoyenneté. S’il y a de plus en plus de vert dans notre environnement urbain, il n’y en a quasiment pas dans la personne du citoyen, étymologiquement l’habitant de la cité, confondue avec la ville. Or « verdir » la citoyenneté n’est pas accessoire ; c’est d’une part une condition de l’émergence d’un écosystème complet qui oppose une alternative au système urbain minéral, colonisant l’extérieur dont il dépend matériellement. D’autre part, c’est aussi un geste nécessaire afin de favoriser l’action pour le climat et contre les activités qui déséquilibrent les rapports entre les êtres humains et la nature.

« Sous les pavés le potager » n’est certainement pas un fait. La valeur du slogan est programmatique. Il offre l’occasion d’avancer l’hypothèse suivant laquelle les rapports sociaux dans lesquels intervient une considération pour la nature et les êtres naturels sont d’une qualité supérieure à l’idéal que représente la classique assemblée du peuple siégeant dans l’espace évidé d’une agora quelconque, et faisant un « usage public de sa raison » (1). Ainsi défini, le citoyen est l’élément central d’une conception logocentrique et désincarnée des pratiques politiques. Je voudrais lui opposer  un citoyen-environnementaliste dont les relations avec autrui sont à la fois situées et productrices, ou protectrices, d’un monde commun concret, incluant un territoire, un habitat, un paysage, une économie, une ressource : la nourriture.

Le bien être à la ville

« Le potager sous les pavés » exprime le lien nécessaire entre la ville et la nature, à tous les sens du terme. Dans la tradition antique, avec laquelle nous aurions avantage à renouer, la culture de la terre, la jouissance esthétique, et la production de la subsistance n’étaient pas séparées. La cité, au sens qu’Aristote donnait à ce terme, par Aristote, était en effet (malgré les limites connues que constitue l’omniprésence économique et sociale de l’esclavage) une communauté qualifiée d’heureuse parce qu’autarcique ou, plutôt indépendante. La liberté du citoyen et l’égalité auraient été lettre morte si la cité, c’est-à-dire la communauté de ses habitants, n’avait pas été à même de se relier à la nature pour en tirer des enseignements partageables et produire la subsistance nécessaire (2). Demeter était déesse de l’agriculture et des civilisations, y compris dans leur raffinement ultime, indissociablement.

Et de fait, la cité grecque, y compris l’agora, ne formait pas l’univers minéral que nous imaginons classiquement. L’agora, ou la place du marché, était ouverte à tous, ombragée par de vastes platanes (platanes et places viennent de la même racine) reliés naturellement à l’eau, en relation avec la nature environnante (3). On peut même dire que la cité conçue comme une communauté libre et indépendante avait des caractéristiques parfaitement contraires à celles qui ont été ensuite conférées à la Cité idéale, par exemple à celle que représente le célèbre panneau d’Urbino (4). Depuis la Renaissance, de Thomas More à Claude Nicolas Ledoux, de Charles Fourier à Jean-Baptiste André Godin, d’Henri Ford et sa Fordlandia en plein cœur de l’Amazonie à Lecorbusier, etc., ces cités idéales sont devenues des villes planifiées et aménagées conformément à des principes censés exprimer les besoins humains fondamentaux sans jamais que les habitants soient consultés, associés et responsabilisés quant aux conditions de leur propre habitation. Elles évoquent ces villes idéales construites dans les airs dont se moquait déjà Aristophane dans Les Oiseaux.

L’exclusion de la nature hors de la ville intégralement minérale conduit à fossiliser la citoyenneté. Le « droit à la ville » n’en fait pas partie. La ville privée de cité peut bien être fonctionnelle, utile, spécialisée, dédiée, elle n’en est pas pour autant propice au « bien vivre ».

La politique du jardin partagé

« Sous les pavés le potager » indique également, de manière métaphorique, que ce dont la ville est faite, ses matériaux de base, ne sont pas seulement le sable qui sert à faire du mortier et du béton mais un terrain partagé en lots de terre dans lesquels poussent des légumes et des fruits. Au citoyen défini par sa raison critique et sa position hors sol se substitue alors une configuration dans laquelle produire la nourriture est intégré dans la vie ordinaire. Comme l’affirment jusqu’à aujourd’hui les paysans traditionnels et les urbains qui cultivaient un jardin, l’accès à un lopin de terre, loin d’être contraire à la condition humaine, en est un aspect fondamental. C’est cet accès, appelé aussi « droit de cultiver » qui est la garantie la plus ferme de l’égalité et de la liberté comprise comme indépendance.

De la Guerre des paysans en Allemagne entre 1524 à 1526 (également appelée « Soulèvement de l’homme ordinaire » ou de « l’homme commun ») aux mouvements politiques actuels des paysans sans terre, se décline et s’illustre de la part des personnes engagées l’importance de l’union entre les activités discursives et les activités productives.  A défaut d’une telle union, il est inévitable que se développent l’esclavage, le travail mercenaire, l’exploitation, la dépendance, mais aussi les monocultures toujours plus rentables, les cadences infernales, les intrants en tout genre, la dégradation des sols, etc. Avec la revendication d’un accès à la terre, y compris au sens écologique que confère à cette expression le « verdissement » des villes, l’union sociale cesse d’être idéalement formées de citoyens de nulle part, égaux car sans différence, neutres et objectifs. Elle concerne désormais des citoyens qui font des choses ensemble et considèrent que produire leur moyen d’existence est nécessaire à une vie sociale démocratiquement organisée.

Avec le jardin partagé, qui est d’ailleurs dans les faits un endroit où se rassemblent des gens aimant causer et socialiser, on passe du concept essentialisé, voire sacralisé, « Le politique », à la notion ouverte et dynamique qui a pour nom « la politique ». Au lieu d’être confinée et séparée du reste du monde, comme l’est la ville traditionnelle située derrière sa muraille, la politique peut sans risque de perversion être associée à chaque activité dans laquelle se joue une forme ou une autre d’autogouvernement.

Sous les pavés, le potager

Le potager sous les pavés : une école de l’autogouvernement

Or « le potager sous les pavés » est une école de l’autogouvernement. Jardiner signifie en effet conduire mon expérience de manière à l’adapter au terrain et, en même temps, à mes besoins. La connaissance du lopin suppose celle de la nature environnante, de la géographie, de la météo, du régime hydrique, de l’histoire. Comme le pensait Geddes, la bonne ville et la vie authentiquement humaine suppose une observation qui va du point de vue panoramique au détail infime (5). C’est ainsi qu’apparaît cet ancêtre de la notion d’écosystème, le « génie du lieu ».

Il est fréquent que les paysans rappellent que la nature est leur maître. Ils ne peuvent faire ce que bon leur semble. Comme l’écrivait Turner au sujet de la « wilderness » américaine, l’environnement n’est pas quelque chose avec quoi on puisse signer un contrat (6). Mais le paysan, celui que dépeint avec admiration Emerson par exemple, s’il sert la terre, ne lui obéit pas (7). Au contraire, il dialogue avec elle et transforme le paysage, œuvrant pour les générations futures.

Or au sens pragmatiste, l’expérience est constitutive de l’individualité. Elle est en effet véritable si le sujet de l’expérience apprend des changements qu’il provoque dans la situation qu’il est celle de son action. Cela implique qu’il transforme activement cette situation et observe les effets dont il est l’origine, puis se situe par rapport à eux, pour les rejeter, les valider ou les transformer en moyen pour une expérience ultérieure. La grammaire de la culture de la terre est celle de l’expérience. Le paysan, à la fois cultivateur qui produit la subsistance et jardinier qui entretient la nature, pratique une forme d’autogouvernement extrapolable à bien d’autres occasions.

Une solution terre à terre

« Sous les pavés le potager » dénote finalement une dimension de soin, de gardiennage, de culture. En ce qui concerne la forêt et la nature, on sait avec de plus en plus de lucidité que les paysages sont en partie façonnés par des êtres humains qui, depuis des temps immémoriaux, les organisent et les administrent de manière à les préserver. Ainsi que les aborigènes d’Australie qui ont pour philosophie le country cleaning, ils se savent partie prenante de la nature et gardien de sa régénération perpétuelle. Comme en ce qui concerne Adam à Éden, cultiver le jardin et le garder se révèlent deux aspects d’une même activité.

Or, comme nous l’avions signalé, les sociétés organisées de manière à assurer diligemment le couplage entre cultiver et préserver la nature en veillant à sa régénération perpétuelle présentent des qualités spirituelles et matérielles spécifiques. Par contraste avec celles qui exploitent la nature afin de la dominer et l’éloignent au profit d’une prétendue spiritualité supérieure, elles revêtent des qualités indispensables au développement de l’individualité de tous aussi bien qu’au maintien des communs. Comme l’avait pressenti Thomas Jefferson, grand partisan d’une démocratie agraire et ennemi du latifundisme, des planteurs de coton et de tabac, et aussi du physiocratisme qui était déjà pleinement extractiviste, l’exploitation de la nature et celle des êtres humains sont les deux facettes d’une même réalité.

Ainsi, verdir la citoyenneté en y intégrant le souci du country cleaning, la création et le soin des espaces communs, le gardiennage de l’environnement partagé, de manière à préserver les conditions et les occasions de l’expérience de tous et, ainsi, distribuer les opportunités d’individuation, de contributions, d’exploration, qui font le sens de la vie, à tous les membres de la communauté, se révèle une solution « écosystémique » qui, loin d’être utopique, est à la portée de chacun. En témoignent clairement un bon nombre  d’actions relevant du mouvement Occupy ou Reclaim the street, l’installation de noyaux villageois au centre des places urbaines occupées ou la création par les habitants de jardins partagés, d’un mobilier urbain convivial ou d’un plan de rénovation urbaine à l’échelle d’un quartier. En définitive, ce que nous apprend l’inscription « sous les pavés le potager », c’est que l’autogouvernement, à l’inverse d’un rêve inaccessible ou une utopie lointaine, est précisément sous nos pieds. A nous de le mettre sous notre nez. 

1.  Cette expression est présente chez Kant dans Réponse à la question : qu’est ce que l’Aufklärung ? (Beantwortung der Frage : Was ist Aufklärung?, 1784. Elle est reprise par Habermas dansJürgen Habermas, L’Espace public : archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise (1962), Payot, Paris, 1997. L’  « usage public de la raison » est le propre de la « sphère publique bourgeoise » qui s’instaure face au gouvernement pour le surveiller et le critiquer. Elle est constituée d’un public raisonnant et « éclairé ». 

2. Aristote, La Politique, Livre III, Traduction de P. Pellegrin,  GF, 1993. 

3.  Sur ce point et la question du jardin partagé, je me permets de référer à mon ouvrage La démocratie aux champs, Paris, La Découverte, (Coll. « Les Empêcheurs de penser en rond »), 2016. Et concernant la conception géométrique et minérale de la place publique, voir J. Zask Quand la place devient publique, Lormont, Le Bord de l’Eau Éditions, (Coll. « Les Voies du politique »), 2018.

4.  Le panneau de bois de La Città ideale dit Panneau d’Urbino (239,5 x 67,5 cm), se trouve à la Galerie nationale des Marches et fut réalisé entre 1480-1510. Il fait partie d’un ensemble de trois dont les deux autres, qui datent de la même période, sont La Veduta di città ideale dite « de Baltimore » et La Veduta di città ideale dite « de Berlin ».

5.  de Biase, Alessia, Albert Levy, et María A. Castrillo Romón. « Éditorial. Patrick Geddes en héritage », Espaces et sociétés, vol. 167, no. 4, 2016, pp. 7-25. Ce numéro est entièrement consacré à Sir Patrick Geddes. 

6.  Frederick Jackson Turner, “The Significance of the Frontier in American History “, 1893,  A paper read at the meeting of the American Historical Association in Chicago, 12 July 1893, during the World Columbian Exposition. 

 7. Ralph Waldo Emerson, The Works of Ralph Waldo Emerson, in 12 vols. Fireside Edition, Boston and New York, 1909, Vol. 7, Chap. 4, « Farming » [En ligne]http://oll.libertyfund.org/title/86/104482

8.  Marcia Langton, “Burning questions: emerging environmental issues for indigenous peoples in northern Australia, Darwin, Northern Territory University, Centre for Indigenous Natural and Cultural Resource Man- agement”, 1998

9.  Sur les diverses branches de l’agrarisme américain et la position de Jefferson, voir Thomas P. Govan, « Agrarian and Agrarianism: A Study in the Use and Abuse of Words », The Journal of Southern History, Vol. 30, No. 1, 1964. Il en est largement question dans La Démocratie aux champs, op. cit.

Partager cet article

Repost0
4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 11:15

En croisant à la fois les données sur la mortalité due au virus, les modalités de contrôle choisies par les gouvernements et le respect de l’Etat de droit, le sociologue Sebastian Roché conclut que la France privilégie une approche punitive. Sebastian Roché, sociologue, spécialiste des questions de police et de sécurité, directeur de recherche au CNRS, auteur de De la police en démocratie, a fait paraître cette tribune dans Le Monde le 3 juin 2020. Lire aussi Avec les écoféminismes, se projeter autrement dans l'après-Covid et StopCovid : notre santé est primordiale, nos libertés ne le sont pas moins.

L'interdiction - Gilbert Garcin (21 juin 1929-17 avril 2020)

L'interdiction - Gilbert Garcin (21 juin 1929-17 avril 2020)

Face à la pandémie du coronavirus, les gouvernements de l’Union européenne (UE) ont réagi, certains avec plus de vigueur que d’autres. Tous ont juré que les mesures prises étaient dictées par des considérations de santé. Ainsi, le 16 mars, Emmanuel Macron, répétant « nous sommes en guerre », a plaidé que des « dispositions fermes » avaient été prises par le gouvernement « sur la base de recommandations scientifiques avec un seul objectif : nous protéger face à la propagation du virus ». La France d’Emmanuel Macron n’est certes pas la Hongrie du premier ministre Viktor Orban, mais ce dernier avait, lui aussi, déclaré, le 27 mars : « Ceci est une situation de guerre », avant d’annoncer, le 3 avril, qu’il lui fallait « gouverner par décret pour bloquer la diffusion du virus ».

La « profondeur du contrôle »

Pourtant, tous les dirigeants ne tiennent pas le même langage. Alors, qu’a fait au juste la classe dirigeante européenne ? Pour le comprendre, nous avons examiné les informations mises à disposition par les Etats et les agences de santé, qui permettent de vérifier si la rigueur affichée par les gouvernements de l’UE correspond bien à la gravité de la situation sanitaire. Le nombre de décès liés au virus, une fois rapporté à la population, donne une idée de la pression de la maladie (pour 100 000 habitants à la date du 25 avril). Certes, les limites en sont connues, mais ce sont les meilleures données disponibles.

Puis, nous avons construit un indice de la sévérité du contrôle. Cet indice intègre toute une série d’éléments : le fait de recourir à l’armée (hors action humanitaire), de créer des dispositifs de déclaration des sorties, d’étendre les types de personnels habilités à les contrôler (en plus de la police et de l’armée) ; d’instaurer des couvre-feux ; de donner à la police les pouvoirs pour punir nos comportements, comme de vérifier le port d’une attestation ou la « première nécessité » des achats réalisés, ou encore d’entrer à votre domicile de manière aléatoire pour vérifier si vous êtes bien confinés (comme en Pologne). Prises toutes ensemble, ces informations nous renseignent sur la « profondeur du contrôle » de nos mouvements imposé par l’Etat : mobilisation des moyens humains, pouvoir de contrainte, et sanctions.

En rapprochant le taux de décès et la profondeur du contrôle, on remarque deux choses. D’abord, la diversité de la rigueur : si les gouvernants veulent tous le bien de leur peuple, ils ne partagent pas la même notion du bien. Certains ne jugent pas nécessaire de contrôler beaucoup, d’autres si. Ainsi, le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, explique : « Je ne veux pas agir comme si j’étais le boss. » En conséquence : pas d’attestation de sortie, ni de militaires dans les rues ni de verbalisations en masse. Ensuite, on voit que les décisions de contrôler et punir ne semblent guère dictées par la sévérité de l’épidémie.

On trouve des réponses au style militaro-policier plus affirmé parmi les pays les plus touchés (France, Italie, Espagne, qui comptent 33 à 47 décès pour 100 000 habitants), mais aussi parmi les moins affectés (Bulgarie, Pologne, Roumanie, avec moins de 1,2 décès pour 100 000). Plus étrange encore, dans l’entre-deux, on trouve un groupe de pays où aucun gouvernement n’adopte cette approche punitive (par exemple, la Norvège, le Danemark, l’Irlande ou l’Allemagne, dont on se souvient que le président rejette la métaphore de la guerre contre le virus). Si l’ampleur des décès joue un rôle dans la sévérité du contrôle des citoyens, il est manifeste qu’elle ne suffit pas à l’expliquer.

Faiblesse démocratique

Mais alors, qu’est-ce qui motive les Etats à contrôler en profondeur ? Le contrôle est caractérisé par le caractère exceptionnel des moyens mis en œuvre pour appliquer les restrictions, elles-mêmes exorbitantes des règles communes. C’est pourquoi la faiblesse démocratique en est une explication fort plausible. Lorsqu’on rapproche l’indice du « contrôle en profondeur » et le « score d’état de droit » tel qu’il ressort des calculs du très sérieux World Justice Project, il apparaît que les gouvernements qui contrôlent le plus sont ceux où la démocratie est la moins bien garantie.

Le score d’Etat de droit varie entre 0,5 (Hongrie, Bulgarie) et 0,92 (Irlande, Danemark), dans l’UE. Les pays qui obtiennent moins de 0,79, le score du Royaume-Uni, sont les plus autoritaires. Parmi ces derniers se trouve la Roumanie, où l’armée fait des contrôles dans la rue et où se pratique un couvre-feu national. La Hongrie l’a instauré aussi, et permet même aux autorités locales de le renforcer. La Grèce y a également recours, et oblige à détenir une attestation de sortie par SMS. En Bulgarie, en plus de tout cela, la police peut désormais accéder aux métadonnées de communication des individus. La Pologne combine couvre-feu des mineurs non accompagnés, contrôles par l’armée et visites aléatoires de police au domicile pour vérifier le confinement.

Les gouvernants de pays « moyennement démocratiques » et un peu mieux notés (Italie, Espagne et France) recourent à l’armée avec des modalités différentes. En France, on retrouve l’armée (le dispositif « Sentinelle », qui ne fait pas de contrôle), des couvre-feux dans des dizaines de municipalités mais pas au plan national, des attestations de sortie et des contrôles par millions. Par contraste, parmi les pays dont la démocratie est forte (note supérieure à 0,79), aucun ne voit son exécutif s’engager dans une telle voie. L’explication est simple : plus un État se garde de ses citoyens, plus il est prompt à les surveiller.

Si presque tous les gouvernements de l’UE ont pris des mesures exceptionnelles, la manière de les appliquer diffère grandement. Notre premier ministre, en dépit d’une évolution du vocabulaire depuis le conseil des ministres du 2 mai, où il a privilégié les termes « responsabilité » et « confiance », n’a pas pour autant renoncé à l’approche punitive. A la sortie de ce même conseil, M. Castaner annonçait que divers personnels non policiers allaient permettre d’étendre plus encore les contrôles. A la veille du dernier week-end de mai, concernant la « règle des 100 km », il précisait qu’il y aurait « encore des contrôles ». L’État se méfie des citoyens. Avec 20 millions de contrôles et un million d’amendes début mai, la Française est championne d’Europe. Comme les plus mauvais élèves de l’UE, notre exécutif survalorise la surveillance et la punition aux dépens de l’aide aux personnes éprouvées par l’épidémie. Presque autant que ces régimes, l’État français affiche fièrement sa défiance.

Partager cet article

Repost0
8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 12:23

Planet of the Humans (« Planète des humains ») déboulonne le mythe des énergies vertes, et montre que « la seule énergie propre, c’est de consommer moins d’énergie ». Un docu­men­taire proposé par le site partage-le.com disponible gratuitement en ligne, en version sous-titrée en français du film docu­men­taire dont Michael Moore est le produc­teur exécu­tif, Ozzie Zehner un copro­duc­teur, et Jeff Gibs copro­duc­teur et réali­sa­teur.

Partager cet article

Repost0
28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 08:00

StopCovid n'a l'air de rien, et l'application est d'une utilité plus que douteuse. Elle n'en porte pas moins atteinte à nos libertés. Il est des engrenages où il ne faut pas mettre le doigt. Par Esther Benbassa, sénatrice EELV, le 27 avril 2020.

StopCovid : notre santé est primordiale, nos libertés ne le sont pas moins
StopCovid. Le mot a tout d’une injonction. D’aucuns voudraient le faire passer pour le nom du sésame capable de nous sortir d’un confinement anxiogène tout en nous promettant des jours meilleurs. Il ne désigne en fait qu’une application de plus à installer sur son smartphone. Et dont le but est de tracer anonymement les contacts entre personnes saines et personnes infectées, d’anticiper et de contrôler les risques de contamination, et par là de juguler la circulation du virus.

Cette application n’est pas encore prête, mais suscite déjà maintes interrogations sur son efficacité et sur les dangers qu’elle fait peser sur les libertés publiques dans un pays comme le nôtre, dont le goût prononcé pour les états d’urgence n’est plus à démontrer, alors que chez nombre de nos voisins, par exemple en Allemagne, on est loin d’être aussi prompt à s’y lancer même en période de pandémie. 

Un penchant bien français pour les états d'urgence

Rappelons que plusieurs des mesures prises sous l’état d’urgence décrété à la suite des attentats terroristes de 2015 ont été par la suite intégrées dans notre droit commun. Cette pérennisation pourrait bien concerner aussi StopCovid. D’où le débat qu’il suscite dans la sphère politique et dans le monde associatif. Au point que les chefs des partis d’opposition ont demandé avec insistance au Premier ministre un débat à ce sujet au Parlement, suivi d’un vote.

Initialement, seul un débat était prévu. Le vote finalement accepté sera purement indicatif. De surcroît, pour parer à toute division gênante, y compris au sein de la majorité gouvernementale, à la dernière minute on l’a inséré dans un package : celui des mesures de « déconfinement » que le Premier Ministre exposera le 28 avril l’Assemblée. Le traçage, sujet hautement inflammable, devenant ainsi une mesure parmi d’autres. Il en sera de même, la semaine du 4 avril, au Sénat.

L’utilisation de cette application aurait justifié le vote d’une loi, mais on a pu s’en passer pour une raison toute simple : le cadre juridique en matière de traçage est respecté, il n’est pas interdit, en la circonstance, de procéder à une collecte de données individuelles, l’article 9 du Règlement général sur la protection des données (RGPD) l’autorisant lorsque le traitement en est nécessaire pour des motifs d’intérêt public dans le domaine de la santé publique. De même que l’article 15 de la directive européenne e-Privacy de 2002. Une loi spécifique aurait pourtant permis un suivi du recours à cette application plus strict que celui que propose Cédric O, secrétaire d'État chargé du Numérique, et aidé à parer à d’éventuelles dérives – telle, justement, la pérennisation de cette mesure.

Une efficacité douteuse sur le plan sanitaire, un danger pour nos libertés

Le gouvernement cherche à rassurer en arguant du fait que l’application n’utilise pas la géolocalisation mais plutôt le Bluetooth, moins invasif, qu’a priori elle ne centralise pas les informations sur une base de données, que celles-ci seront supprimées de toute façon tous les 21 jours, que l’application sera installée sur la base du consentement, et que l’anonymat sera garanti.

Pour la présidente de la Commission nationale informatique et Libertés (CNIL) StopCovid n’en présente pas moins un risque d’« atteinte forte » aux libertés. En fait, elle demande que le dispositif reste proportionné en privilégiant les solutions les moins invasives, et temporaire, pendant la seule durée nécessaire au traitement de la crise sanitaire. Elle demande la suppression régulière des données afin qu’aucune collecte ou fichage ne soient réalisés, la possibilité, pour le citoyen, de désactiver l’application à sa guise, des dispositions l’empêchant d’être discriminatoire – dans le cas, par exemple, où un employeur n’autoriserait ses salariés de reprendre le travail après le déconfinement qu’à la condition de télécharger l’application.

En période de crise sanitaire, la notion de consentement est par ailleurs plus que sujette à caution. Il ne faut pas sous-estimer ici le poids des attentes et des craintes de la collectivité au point de se transformer en pression morale sur ceux qui n’auraient pas spontanément opté pour le chargement de cette application. On peut facilement imaginer aussi, dans ce contexte, un développement de la délation.

On soutient que les Français seraient tous disposés à utiliser StopCovid. Mais doit-on oublier que seuls 39% d’entre eux accordent leur confiance au gouvernement ? Et sait-on seulement si ce système, qui n’est toujours pas au point, serait efficace ? Une chose, au moins, est certaine : il ne remplacera jamais le respect des gestes barrière, le port du masque et les tests. Et son utilisation à Singapour n’y a pas empêché une nouvelle vague de contamination et un reconfinement le 7 avril. Qui, enfin, pourrait faire fi de la fracture numérique qui handicape notre pays ? Les zones blanches y sont nombreuses. Les personnes les plus vulnérables comme les seniors sont 44% à avoir un téléphone mobile, alors qu’il faudrait plus de la moitié de la population télécharge l’application pour qu’elle joue son rôle. Et l’on n’oubliera pas les questions techniques importantes posées par la variété des modèles de smartphone…

Un paravent pour le gouvernement ?

Après tout, c’est au gouvernement que revient la gestion de cette crise sanitaire. Ce sont les choix austéritaires et libéraux successifs en matière de santé publique dans notre pays qui ont mis nos hôpitaux dans l’état où nous les voyons. Ce sont les choix économiques de nos dirigeants qui ont fragilisé notre industrie. Nous sommes dépendants, entre autres de la Chine, pour ces masques qui n’arrivent pas, pour ces tests qui ne sont pas prêts, pour ces respirateurs qui ne sont pas à la norme. À quoi il faut ajouter le manque de médicaments, de blouses pour le personnel hospitalier ou de gel hydroalcoolique en quantité suffisante…

Cette pandémie a été affrontée dans la confusion, avec des contradictions en série, et pas mal d’amateurisme. Pour le déconfinement du 11 mai, la communication aura de nouveau primé sur la rigueur, et les mesures annoncées sont de nouveau illisibles. StopCovid deviendrait-il un paravent pour le gouvernement ? Ce dernier chercherait-il à se mettre en retrait en transférant aux citoyens la responsabilité d’une deuxième vague ? En présentant ce dispositif comme un moyen de prévention crucial, l’exécutif se prépare-t-il insidieusement, en cas de nouveau pic, à en rendre coupables les citoyens qui n’auraient pas téléchargé l’application ou l’auraient mal utilisé ? Il faut espérer que non.

StopCovid est une « forme de bracelet électronique », un autre confinement ayant ses propres règles, en fait « une détention globale de tous les Français » à la merci d’une cyber-techno-police. En avons-nous vraiment besoin ? Au sein de l’Union européenne, les pratiques liberticides se développent. Songeons ainsi à l’application qui, en Pologne, depuis le début de la pandémie, sert à vérifier le respect de la quarantaine stricte pour les personnes rentrant de l’étranger. Il est des engrenages où il ne faut pas mettre le doigt. Une fois qu’une liberté est mise en cause, rien n’empêche que toutes le soient progressivement. Notre santé est primordiale. Nos libertés ne le sont pas moins.

Partager cet article

Repost0
24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 09:08

Le Covid-19 peut voyager sur des microparticules, dont celles de pesticides, affirment le mouvement Nous voulons des coquelicots, opposé aux produits phytopharmaceutiques, et son président, Fabrice Nicolino. Une raison supplémentaire, selon eux, de décréter un moratoire sur leur épandage. Une tribune parue le 19 avril 2020 dans Le Monde. Lire aussi Lancement d'une pétition européenne pour interdire les pesticides de synthèse, L’Anses n’a pas pris la mesure du drame des SDHI et Les SDHI, ces pesticides qui alarment les scientifiques.

Riss

Riss

Il y a un mystère des pesticides, et il est bien gardé. Mais ce n’est pas un mystère pour qui sait dépouiller des centaines de textes dispersés aux quatre vents que personne ne trouve intérêt à rassembler. Les pesticides de l’agriculture industrielle jouent-ils un rôle important dans la propagation du coronavirus? Tristement, mais certainement, la réponse est oui.

Il faut commencer par le commencement. Les particules fines contenues dans l’air que les Français respirent affaiblissent les défenses immunitaires, aggravent la situation des insuffisants respiratoires, des malades cardiaques, et tuent. En France, la pollution de l’air – et au tout premier rang les particules fines – conduit à la mort 48 000 personnes par an, selon l’étude de Santé publique France de 2016.

Or il apparaît que la terrible pandémie due au coronavirus peut être aggravée, notamment par propagation, au travers de nuages de particules fines. Ces dernières sont souvent connues sous leur acronyme anglais PM10 et PM2,5 –initiales qui signifient «particulate matter»– en fonction de leur diamètre. Les PM10 mesurent 10 micromètres, soit 10 millionièmes de mètre – et les PM2,5 quatre fois moins que les PM10. Plus ces particules sont fines, plus elles sont transportées par le vent et plus longtemps elles restent dans l’atmosphère.

Une étude chinoise de 2003 a montré que la pollution de l’air rendait le SRAS bien plus létal. On doit y ajouter deux travaux récents – une publication italienne et une autre américaine – qui montrent des liens puissants entre la concentration de particules fines dans l’air et la propagation du coronavirus. Ou son aggravation. Par ailleurs, 11 chercheurs américains, dont 4 des fameux Centers for Disease Control and Prevention, ont signé, en mars, un article sur la possible diffusion aérienne du virus. Que contiennent ces particules fines? Entre autres, la trace des activités humaines: cuisine et chauffage, transports, rejets industriels, mais sans oublier l’agriculture. Autant de véhicules pour le coronavirus.

Dérive et vaporisation

Tous les spécialistes de la question savent que deux phénomènes interviennent, qui se conjuguent. Le premier s’appelle dérive, et le second vaporisation. Dans l’exemple des pesticides, des microgouttelettes, de la taille des particules fines, sont poussées par le vent, loin de leur cible première. Et une partie notable devient une vapeur si légère qu’elle est reprise par les nuages et transportée jusque dans le cœur des villes, ce qu’attestent d’innombrables enquêtes officielles. Dans certains cas extrêmes, plus de 90 % du produit n’atteint pas sa cible. Les scientifiques de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) ont, de leur côté, constaté des pertes de 15% à 40% dans les traitements sur la vigne. La moyenne généralement retenue est comprise entre 30% et 50%. Qu’en est-il alors des nanoparticules, massivement utilisées par l’industrie des pesticides dans la discrétion la plus totale? A cette échelle 1.000 fois plus petite que celle des particules fines, plus aucune barrière biologique, pas même celle des cellules, ne demeure intacte.

On s’étonnera moins, dans ces conditions, de l’appel publié en ligne de scientifiques menés par la directrice de recherche Inserm Isabella Annesi-Maesano, pour lesquels «le printemps est la période d’épandage agricole, grand pourvoyeur de particules fines. En effet, lors des épandages, le gaz ammoniac (NH3) va, en passant dans l’atmosphère, réagir avec les oxydes d’azote (NOx) pour former des particules de nitrate d’ammonium et de sulfate d’ammonium». Fort logiquement, ces chercheurs appellent «les préfets à prendre des mesures urgentes visant à limiter drastiquement les émissions liées aux épandages agricoles (restriction, technique d’enfouissement de l’engrais) afin de tout mettre en œuvre pour limiter la propagation du virus».

Certes, on parle là d’engrais, mais les pesticides jouent très exactement le même rôle, ce que personne pour le moment ne dit. Personne, sauf l’Inrae, une nouvelle fois, qui note explicitement, dans des documents officiels datant de l’été 2019 : «Les activités agricoles sont responsables de 28% des émissions françaises de particules de diamètre inférieur à 10 micromètres, comme les composés azotés ou les pesticides.» Et le texte ajoute que l’agriculture émet plus de particules fines que l’ensemble des transports, d’un côté, et les activités industrielles, de l’autre.

Les mots de l’Inrae sont décisifs, car ils montrent précisément que les pesticides, tout comme les engrais et les lisiers, sont des particules fines.

Double peine

Toutes ces pratiques agricoles forment des nuées qui se combinent avec d’autres venues des villes pour former de vastes ensembles de pollution de l’air. C’est exactement ce qui s’est passé fin mars en Bretagne, avec un sévère épisode de particules fines circulant de Brest à Saint-Malo.

Dans ces conditions, que fait le gouvernement? Rien. Pour de nombreuses raisons politiques et historiques, l’agriculture industrielle semble intouchable. Ainsi que son plus illustre représentant, la FNSEA. D’un côté, les discours officiels affirment que la santé publique prime. Et de l’autre, on confine de nombreuses familles avec enfants tout près d’épandages de lisier, d’engrais azotés et de pesticides. Ce qu’on doit appeler une double peine.

Pis. On se souvient comment, début janvier 2020, l’éléphant a accouché d’une souris. A la suite d’arrêtés antipesticides pris par des maires, dont celui de Langouët, Daniel Cueff, nos autorités ont alors imposé des zones de non-traitement (ZNT) de pesticides, dont la plupart s’arrêtaient à cinq mètres des habitations. Une distance qui paraissait une simple plaisanterie, de très mauvais goût.

Mais c’était encore trop pour la FNSEA, qui n’a cessé de réclamer un assouplissement du dispositif, et l’a obtenu. Le 30 mars, en effet, le ministère de l’agriculture a accordé une dérogation, faisant passer la ZNT de cinq à trois mètres dans les départements où une «concertation aura été lancée».

Nous en sommes là. De solides éléments scientifiques nous assurent que les particules fines aggravent la pandémie en cours. L’Inrae, institut public, constate que l’agriculture industrielle produit près de 30 % des particules fines. Et l’on décide de faire un cadeau de plus à la FNSEA.

Cadeau de trop ?

M. Macron, qui vient d’en appeler, dans son discours du 13 avril, à la Révolution française et au Conseil national de la résistance, a-t-il bien besoin d’un procès retentissant pour mise en danger de la vie d’autrui? Responsables en ces temps de drame, nous ne le souhaitons pas. Alors, il faut changer de cap et rappeler, par exemple à Didier Guillaume, ministre de l’agriculture, qu’il n’est pas au service d’un lobby, mais de la société tout entière. Conscients de défendre l’intérêt général et la santé publique, nous demandons l’ouverture d’une enquête indépendante, sous la conduite de l’Inserm et avec contrôle parlementaire. Et dans l’attente de ses résultats, un moratoire sur les épandages de pesticides près des habitations est une nécessité sanitaire et morale.

Fabrice Nicolino est président du mouvement Nous voulons des coquelicots. François de Beaulieu, Mathieu Chastagnol, Françoise Fontaine, Eric Feraille, Marianne Frisch, Franck Laval, Emmanuelle Mercier et Franck-Olivier Torro sont membres du mouvement.

Partager cet article

Repost0
14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 12:34

Voilà les premières propositions des écologistes face à la crise, élaborées lors de notre dernier conseil fédéral en visioconférence dédié à la question. Prenez connaissance, faites circuler ces propositions et proposez de les enrichir à l'aide de cette plateforme de mobilisation  !

Face à la pandémie planétaire : une indispensable solidarité, l'urgence de changer de modèle

Retrouvez les propositions des écologistes adoptées en conseil fédéral le 4 avril 2020.

Nos pensées vont en premier lieu en soutien aux malades et aux proches des victimes, ainsi qu'à tout le personnel médical.
Mais demain se décide aujourd’hui. 
L’enjeu, pour les écologistes est immense. Il s’agit de démontrer que le coronavirus n’est pas qu’une crise sanitaire, mais qu’il est le nom du dérèglement du monde. Cette "relance" qui se prépare doit être l’occasion de revoir l’échelle des valeurs qui structurent nos sociétés. Plutôt que les premiers de cordée, les "premiers de corvée" qui font que notre pays tient debout.
Pour nous il s’agit évidemment de concilier justice sociale et transition écologique.
Comment, pendant cette crise, garantir la protection du plus grand nombre et la viabilité du monde?
Et comment faire de cette période un levier pour accélérer la transition écologique de nos sociétés et faire naître une nouvelle donne mondiale fondée sur la solidarité et la coopération ?

Face à la pandémie planétaire : 45 propositions des écologistes solidaires et vigilants

Avec ce corpus programmatique, nous pouvons engager la discussion avec associations et syndicats ainsi qu’avec la convention citoyenne pour le climat (cf Cinquante propositions de la convention citoyenne pour « porter l’espoir d’un nouveau modèle de société »).
Nous proposerons ensuite à l’exécutif d’accepter que le monde d’après ne descende pas de Jupiter, mais plutôt qu’il monte de la société, des forces associatives, syndicales et politiques. Comme dans les années 30 aux États Unis, notre société a besoin d’une nouvelle donne, un véritable green new deal.
Dans l'attente, prenons soin de nous aujourd’hui pour, demain, continuer à sauver la planète.

Partager cet article

Repost0
3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 12:50

La lutte contre les zoonoses, ces maladies transmissibles entre humains et animaux, impose de combiner santé humaine et santé animale, soulignent trois chercheurs en économie et en écologie animale dans la tribune ci-dessous. En complément, le médecin François Olivennes et le chef cuisinier Bruno Verjus dénoncent un « syndrome Wuhan » dans la décision « inepte » sur le plan épidémique, même si depuis assouplie, de fermer les marchés alimentaires. Publiées le 31 mars 2020. Lire aussi D'où viennent les coronavirus..., Mal manger tue davantage que le tabacLe « régime de santé planétaire » ? Des protéines végétales et un steak par semaine ! et Cantines scolaires : deux fois trop de viande dans les assiettes.

c alnas.fr, Comment du singe et du crocodile se retrouvent au menu de plusieurs commerces parisiens, mars 2020

c alnas.fr, Comment du singe et du crocodile se retrouvent au menu de plusieurs commerces parisiens, mars 2020

L’émergence rapide et brutale du Covid-19 devra nous conduire à redéfinir nos politiques de santé publique. Si l’heure est à soigner et réparer les dégâts causés par ce nouveau virus, il sera primordial à terme de diminuer les risques d’émergence de telles maladies et de chercher à prévenir plutôt que guérir.

Ces politiques de prévention devront tirer les leçons de l’apparition et de la gestion des épidémies récentes, à commencer par le Covid-19, mais également des grippes aviaires et porcines, qui sévissent très régulièrement. Ces actions devront s’appuyer sur un discours de vérité scientifique, détaché des intérêts économiques de court terme, et prendre en considération le rôle de la consommation de viande et de l’élevage intensif dans ces nouvelles épidémies.

60 % des maladies infectieuses

Les zoonoses, ces maladies transmissibles entre humains et animaux, représentent à l’échelle mondiale 60 % des maladies infectieuses et sont responsables de 2,5 milliards de cas de maladie chez les humains tous les ans dans le monde. Trois quarts des nouveaux agents pathogènes détectés ces dernières décennies sont d’origine animale.

Le phénomène n’est pas nouveau : la grippe espagnole de 1918, une des maladies les plus meurtrières de l’histoire de l’humanité, trouvait déjà ses origines chez les oiseaux. D’autres maladies infectieuses bien connues, comme la variole, la rougeole, la coqueluche ou les oreillons, proviendraient probablement des animaux domestiques.

Parmi les grandes épidémies qui nous ont frappés depuis la fin du XXe siècle, plusieurs proviennent de l’exploitation d’animaux dans les élevages : la maladie de Creutzfeldt-Jakob liée à la consommation de viande bovine (« vache folle », 1986), le virus Nipah originellement transmis par les chauves-souris et démultiplié par les élevages de porcs (1998), les multiples épisodes de grippe d’origine aviaire (H5N1, 1997 et 2004 ; H7N9, 2016), ou encore la grippe d’origine porcine (H1N1, 2009). Plusieurs épidémies ont également pour origine probable la consommation d’animaux sauvages, à l’instar du Covid-19 (pangolin ou chauve-souris), Ebola (viande de brousse ou chauve-souris) et le sida (viande de singes).

Notre consommation élevée de produits d’origine animale joue également un rôle indirect dans l’émergence de zoonoses. En effet, l’alimentation carnée nécessite davantage de surfaces agricoles qu’une alimentation végétale, si bien qu’elle contribue à la déforestation et réduit ainsi la surface disponible pour les espèces sauvages. Par la chasse et la transformation des habitats naturels, les humains et leur cheptel viennent au contact des animaux sauvages et de leur cortège d’agents pathogènes.

Spirale infernale

Face au lourd tribut humain associé à ces maladies et aux pertes économiques colossales qu’elles occasionnent, il faut s’interroger sur l’évolution de nos systèmes de production alimentaire. Les élevages intensifs favorisent en effet la transmission des virus. Dans le cas des poulets de chair par exemple, la promiscuité des animaux dans les bâtiments est très élevée, de l’ordre de 20 poulets par mètre carré.

De plus, leur faible diversité génétique liée au processus de sélection mondialisée d’animaux standardisés à croissance rapide favorise la transmission au sein et entre des élevages. L’intensité des flux et la dimension planétaire des mouvements d’animaux domestiques et des produits carnés au sein des filières commerciales internationales favorisent elles aussi la dispersion des agents pathogènes.

Ces épisodes répétés de zoonoses montrent que les futures politiques sanitaires devront nécessairement combiner santés humaine et animale selon l’approche « une seule santé » (« One Health »). Cette gestion nécessite beaucoup de moyens, qui sont largement supportés par la collectivité, à l’image de l’indemnisation des éleveurs pour compenser leurs pertes économiques. Pourtant, cette gestion semble bien insuffisante si l’on en juge par la multiplication récente des épidémies.

Au contraire, nos sociétés sont entraînées dans une spirale infernale. Alors que des animaux d’élevage toujours plus nombreux sont enfermés dans des bâtiments, le danger de propagation des virus est tel qu’il conduit souvent à un abattage préventif massif dès qu’un risque survient. En 2016, la Corée a ainsi abattu plus d’une dizaine de millions de volailles de manière préventive pour contenir la grippe aviaire.

Parce que les contacts avec l’extérieur représentent les principaux risques de contamination, les élevages confinent toujours davantage les animaux avec des mesures de précaution de plus en plus drastiques. Pour minimiser les risques de contact, les animaux sauvages sont éliminés en cas de danger de contamination ; c’est le cas par exemple en Europe des sangliers potentiellement porteurs de la grippe porcine.

Agir en amont

Par ailleurs, l’usage de médicaments vétérinaires peut conduire à l’effondrement des populations d’animaux sauvages ; ainsi, le Diclofenac utilisé pour traiter les bovins en Inde aurait décimé plus de 95 % des vautours, générant par un effet de cascade une épidémie de rage.

S’il est difficile, voire illusoire, d’empêcher les animaux de développer des maladies transmissibles aux humains, de contrôler leur apparition et de gérer les conséquences sanitaires et économiques, un des moyens les plus efficaces pour diminuer les risques d’épidémie consiste à agir en amont, c’est-à-dire à diminuer le nombre d’animaux potentiellement infectés auxquels nous nous exposons.

La préservation des habitats naturels, la diminution de la consommation carnée, la réduction de la taille des élevages intensifs et l’arrêt de la commercialisation (légale ou non) de la viande d’animaux sauvages constitueraient autant de mesures cohérentes et efficaces pour les politiques de santé publique de demain (« une seule santé »).

La réduction des risques d’épidémies mondiales viendrait ainsi s’ajouter à la longue liste de bénéfices associés à la végétalisation de l’alimentation mis en évidence ces dernières années dans les publications scientifiques : diminution des émissions de gaz à effet de serre et de la déforestation, baisse de la consommation d’eau, d’antibiotiques et des pollutions agricoles locales (par exemple : algues vertes), et réduction des maladies non transmissibles, comme le cancer, le diabète et les maladies cardio-vasculaires.

Il est important de tirer les leçons de cette crise pour réorienter notre économie vers des alimentations moins risquées pour la santé et plus respectueuses de l’environnement et des animaux.

Romain Espinosa (Chercheur en économie au CNRS, CREM), Nicolas Gaidet (Chercheur en écologie animale au Cirad, UPR Green) et Nicolas Treich (Toulouse School of Economics et Inrae)

---------------------------

« Le risque de transmission du virus est bien plus important au supermarché qu'au marché »

La décision de fermer les marchés alimentaires est une ineptie à plus d’un titre. Elle revient à fermer les yeux sur la modernité écologique de ce tissu vivant de l’alimentation rurale et urbaine que constituent ces marchés ouverts et couverts.

Il y a dans cette décision comme un syndrome de Wuhan ; tout serait parti des marchés chinois, il s’agirait donc de condamner les marchés français, sans aucune autre forme de procès.

Sur le plan fonctionnel et médical, de nombreux maires ont organisé le fonctionnement de leurs marchés de façon remarquable, en respectant scrupuleusement les règles sanitaires.

Tout d’abord en limitant le nombre de personnes admises dans l’enceinte du marché. Une seule entrée quand il y a une sortie, des agents municipaux ou des policiers qui s’assurent que le nombre de personnes total respecte un nombre faible défini à l’avance. La file d’attente à l’extérieur optimise la distanciation entre personnes à l’aide d’un marquage au sol. A l’intérieur, il y a un sens de circulation unique, dans un seul sens. Pas de retour en arrière possible. Les personnes ne se croisent pas.

Les commerçants s’assurent devant chaque stand que leurs clients suivent les règles de bon sens pour éviter la transmission : distance entre les clients, ne pas toucher aux produits, amener son propre sac pour éviter de manipuler des sacs en plastique ou en papier. Paiements si possible en carte sans contact. Pas d’échange de billets ou de pièces dès que c’est possible.

Les gens se croisent, discutent

Beaucoup de commerçants portent des gants, qu’ils savent devoir changer après chaque client. Quand on se rend dans les marchés organisés de la sorte, il semble que la transmission du virus soit quasi impossible. De plus, les commerçants sont là pour contrôler l’ensemble. Les clients ne sont pas libres de faire ce qu’ils veulent et ils peuvent être rappelés à l’ordre s’ils s’écartent des règles barrières.

Au supermarché, c’est tout l’inverse. En général, pas de limite de nombre de personnes dans le magasin. Dans les rayons, les gens se croisent, discutent entre eux, manipulent autant qu’ils le veulent les produits. Ce n’est qu’en faisant la queue à la caisse que la distance de sécurité est à peu près respectée, et encore.

Sur le plan sanitaire, il semble évident que le risque de transmission du virus est bien plus important au supermarché qu’au marché, d’autant que l’air conditionné qui y circule ne bénéficie sans doute pas de mesures de contrôles et de filtrages efficaces et garanties. Qui a circulé en TGV ou en avion ne s’interroge plus sur l’efficacité des climatisations pour la propagation des virus grippaux.

Plus grave encore, comment peut-on prendre la décision de couler tous nos producteurs, éleveurs, maraîchers, charcutiers, fromagers, bouchers des campagnes ? Attachés pour la plupart à la qualité de leurs produits, constamment mis à mal par la grande distribution et qui se voient réduits à jeter la majorité de leur production… n’ayant d’autre alternative que de maigres ventes « à la ferme ».

Lobbying actif

Se rajoute le problème de nombreuses personnes âgées qui ne vont pas au supermarché – parce qu’elles n’ont pas de voiture – et qui n’ont plus accès aux petites épiceries de campagne, presque toutes disparues du fait de ces hégémoniques centres commerciaux situés à l’extérieur des villes.

Sur le plan épidémique, cette décision est inepte, sur le plan éthique elle est choquante. Comment en est-on arrivé là ? On peut se demander si ce n’est pas un lobbying actif de cette grande distribution qui a tué nos marchés. Un scandale sanitaire et gastronomique. Cette agro-industrie, celle qui tue sans témoins, aidée en cela de sa martingale gagnante pour assaisonnement : un cocktail sel/sucre aux effets cardiovasculaire désastreux, sorte de serial killer que jamais l’on ne démasquera. Ce monde industriel fossoyeur du vivant qui commercialise des produits morts en boîtes ou en sachets avant de nous y condamner nous-même.

Cette épidémie et son confinement doivent nous interroger et surtout nous conduire à trouver les bonnes réponses. Ces réponses sont celles d’un monde vivant, réactif, capable encore de mithridatisation, où les échanges entre êtres humains ne sont pas confinés à subir les lois du commerce de masse, mais au contraire à se réapproprier en conscience les espaces du vivant et promouvoir un monde (d’après) aux énergies déconfinées.

Nous demandons aux préfets, qui ont le droit de donner des dérogations, qu’ils le fassent après s’être assurés que les règles de bonnes pratiques sont mises en place. Il en va de la survie de nos agriculteurs, de nos commerçants. Il en va du bonheur de nos aïeux et de tout le monde. Dans cette période noire nous revendiquons le droit de manger bien, pour se remonter le moral et sa santé immunitaire. Nous revendiquons le droit de cuisiner des produits vivants, frais, offrant de grandes qualités organoleptiques et la traçabilité d’un producteur engagé, pérenne et heureux.

Professeur François Olivennes, gynécologue obstétricien à Paris ; Bruno Verjus, chef du restaurant « Table » (une étoile Michelin), dans le 12e arrondissement de Paris.

Partager cet article

Repost0
1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 09:25

Les épandages agricoles ont été à l’origine de pics de pollution en Île-de-France et dans le Grand-Est ce week-end. Un collectif appelle l’État à les « limiter drastiquement ». D’après Stéphane Mandard le 30 mars pour Le Monde. Lire aussi Des dizaines de pesticides dans l’air que nous respirons, La première conférence mondiale sur la pollution de l'air s'est ouverte à Genève et La bataille de l’ammoniac.

Pollution de l’air le 28 mars 2020, station de Bobigny, Airparif.

Pollution de l’air le 28 mars 2020, station de Bobigny, Airparif.

Le week-end dernier, un premier épisode de pollution printanier a été constaté en plusieurs points du territoire, notamment en Île-de-France et dans le Grand-Est, les deux régions les plus touchées par la propagation de l’épidémie de Covid-19. Car, si les mesures de confinement ont permis de réduire la pollution liée au trafic routier avec une chute spectaculaire des émissions d’oxydes d’azote, elles n’ont pas eu d’effet sur les niveaux de particules fines, les plus dangereuses pour la santé, car elles pénètrent profondément dans les voies respiratoires. Ces niveaux ont même augmenté au cours de la semaine à la faveur des conditions météorologiques (ensoleillement et absence de vent) pour dépasser, samedi 28 mars, les limites légales, dans l’agglomération parisienne, le Bas-Rhin ou le Haut-Rhin.

Outre le chauffage résidentiel au bois, cet épisode de pollution se caractérise par « une part importante de particules secondaires formées à partir d’ammoniac et d’oxydes d’azote, l’ammoniac étant issu majoritairement des épandages de fertilisants », rappelle Atmo Grand-Est, l’organisme chargé de la surveillance de la pollution de l’air dans la région. Le processus chimique est bien connu : lors des épandages agricoles, le gaz ammoniac (NH3), en passant dans l’atmosphère, réagit avec les oxydes d’azote (NOx) – issus du trafic routier ou de l’activité industrielle – pour former des particules de nitrate d’ammonium et de sulfate d’ammonium. Ces particules peuvent voyager sur plusieurs kilomètres, d’où les pics de pollution constatés dans des grandes agglomérations, comme Paris, Strasbourg ou Mulhouse.

Les zones touchées par ces pics sont aussi celles qui paient le plus lourd tribut au coronavirus. Dans une note diffusée vendredi 27 mars, Atmo France, qui regroupe l’ensemble des organismes de surveillance de la qualité de l’air, conclut qu’« une exposition chronique à la pollution de l’air est un facteur aggravant des impacts sanitaires lors de la contagion par le Covid-19 ».

Une semaine plus tôt, plusieurs médecins et chercheurs, tous spécialistes de la pollution de l’air, avaient donné l’alerte. Dans un courrier, adressé le 21 mars à l’ensemble des préfets, le collectif Air-Santé-Climat interpellait l’Etat sur « la nécessité de limiter drastiquement les épandages agricoles, afin de tout mettre en œuvre pour limiter la propagation du virus ».

Membre du collectif et directrice du département d’épidémiologie des maladies allergiques et respiratoires de l’Inserm, Isabella Annesi-Maesano détaille le mécanisme : « La pollution abîme les muqueuses des voies respiratoires et du poumon, ce qui fait pénétrer plus facilement les virus et, par agrégation, les particules fines et ultrafines véhiculent les virus au fond des voies aériennes. » En 2003, une étude, publiée dans la revue scientifique de santé publique Environmental Health, a analysé le lien entre la pollution de l’air et les cas létaux de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS ; causé par le SARS-CoV) en Chine. Elle montrait que les patients contaminés vivant dans des régions modérément polluées avaient 84 % plus de risques de mourir que les patients de régions peu polluées. De même, les patients vivant dans des zones fortement polluées avaient deux fois plus de risques de mourir du SRAS que ceux des régions peu polluées.

L’hypothèse du transport du virus dans l’air via les particules

Une étude italienne, publiée le 17 mars, par la Société italienne de médecine environnementale, va plus loin. En se basant sur la corrélation entre les niveaux de pollution élevés, constatés en Lombardie, et le nombre important de victimes du coronavirus, elle suggère que les particules fines pourraient aussi contribuer à la propagation du Covid-19 en le transportant dans l’air. Les spécialistes italiens des aérosols ont pris leurs distances avec ces résultats, estimant que le lien de causalité restait à prouver « au moyen d’enquêtes approfondies ».

Une autre étude, publiée également le 17 mars, dans le New England Journal of Medicine, montre pour sa part que le coronavirus pourrait persister dans l’air pendant trois heures. Mais l’article ne mentionne pas le rôle des particules fines ni la charge virale, c’est-à-dire à partir de quelle dose le virus serait infectant via les aérosols. Dans un avis rendu le même jour, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) rappelle que « la présence d’un virus dans l’air ne signifie pas qu’il est infectieux ni qu’il y a une transmission respiratoire de type “air” ». Pour le HCSP, « il n’existe pas d’études prouvant une transmission interhumaine du virus par des aérosols sur de longues distances. Néanmoins, s’il existe, ce mode de transmission n’est pas le mode de transmission majoritaire ».

Même prudence à l’Organisation mondiale de santé (OMS). « Le fait que les particules fines puissent servir de vecteur à la propagation du coronavirus reste une hypothèse, commente Maria Neira, la directrice du département santé publique et environnement. Et il va falloir plusieurs mois pour la confirmer ou l’infirmer, car la propagation du virus dépend d’une multitude de paramètres comme les conditions météorologiques, la démographie ou les mesures de confinement prises par les pays. » Plusieurs équipes commencent à travailler sur le sujet, à l’OMS, au service européen de surveillance de l’atmosphère Copernicus ou encore parmi les épidémiologistes de la London School of Hygiene & Tropical Medicine. « Nous cherchons à étendre notre réseau de collaboration avec les équipes de recherche médicales qui souhaiteraient tester des hypothèses quant au transport et à la survie du virus dans l’air », indique le directeur de Copernicus, Vincent-Henri Peuch.

Principe de précaution

En attendant, le collectif Air-Santé-Climat en appelle « au principe de précaution », afin de limiter les émissions de particules fines liées aux épandages dont la saison débute. « Si on ne limite pas rapidement les épandages, cela risque d’annihiler l’effet des mesures de confinement qui ont permis de réduire la pollution liée au trafic routier », avertit Thomas Bourdrel, radiologue à Strasbourg à l’origine du collectif. Il rappelle que des solutions techniques d’enfouissement dans le sol permettent de réduire considérablement les émissions d’ammoniac dans l’air.

Parmi les rares préfets qui ont répondu au courrier des médecins, celui de Vendée a fait savoir que « l’alerte » avait été « signalée à la région et au niveau national », « une position nationale étant nécessaire sur un sujet aussi important ».

De son côté, le Syndicat des exploitants agricoles du Finistère juge, dans un communiqué, « difficilement acceptable, au vu du contexte particulier du Covid-19, que les agriculteurs plébiscités par l’ensemble de la population pour assurer leur approvisionnement alimentaire, soient ainsi montrés du doigt et empêchés de réaliser les travaux agricoles nécessaires à leur acte de production ».

Partager cet article

Repost0

L'écologie aux Lilas et au Pré ...

Les Lilas Ecologie en campagne

Le gouvernement abandonne Europacity, pas l’artificialisation des terres agricoles

Il faut stopper EuropaCity - marche citoyenne de Gonesse à Matignon 4 et 5 octobre

Aux Lilas, les citoyens s’unissent pour produire de l’électricité verte

Les promoteurs, les arbres et la cité - lettre ouverte à BNP Paribas

Toxic Tour de Pantin à Romainville dimanche 16 juin 2019

Une Biorégion Ile-de-France résiliente en 2050

Merci aux 1779 Lilasiennes et Lilasiens qui ont voté " Pour le climat, tout doit changer ! "

Pollution de l’air dans les écoles et crèches franciliennes

Volonté politique de créer une régie publique de l’eau à Est Ensemble, mythe ou réalité ?

À la base … un revenu ?

Balade naturaliste Parcs de la Corniche des Forts et abords de la forêt de Romainville le 9 mars 2019 à 11h

La forêt de Romainville, un enjeu écologique et politique

La Forêt passe à l'attaque !

Plâtre et béton sur la Corniche

Agir ensemble pour les Coquelicots le 7 décembre

Marche pour le climat, Défendons la forêt de la Corniche des Forts

Destruction des océans, sur-pêche, pêche électrique... avec Bloom mardi 20 novembre

À Romainville, les habitants défendent une forêt sauvage contre une base de loisirs régionale

Marches pour le climat et la biodiversité 13 et 14 octobre

Les amis des coquelicots étaient bienvenus...

Amis des coquelicots, agissons ensemble vendredi 5 octobre à 18H30

La forêt urbaine de la Corniche des Forts - une chance unique à nos portes

Mobilisation citoyenne à la marche pour le climat samedi 8 septembre à Paris

Un coup de pouce Vert pour les Électrons solaires ! 

Le collectif Eau publique des Lilas invite au dialogue le 21 mars

Entre le nucléaire et la bougie, il y a l’intelligence - du 10 au 18 mars aux Lilas

En Ile de France, les énergies renouvelables citoyennes ont le vent en poupe...

Le Syctom a organisé une concertation réservée aux sachants – et après ?

Une enquête publique sur le PLU des Lilas… qui change la donne !

Une victoire pour l'eau publique en Île-de-France

L’eau publique, c’est maintenant !

L’Ouest de la Seine Saint-Denis se mobilise pour la création d’un service public de l’eau

Romainville : le Syctom lance une concertation préalable pour la modernisation du centre de transfert et de tri des déchets

Que sont ces CSR - Combustibles Solides de Récupération - qu’on veut brûler à Romainville ?

Ces parents qui mijotent une cantine publique

De nouvelles préconisations nutritionnelles... Pas d'usine, on cuisine !

À Romainville contre l’incinération

Une victoire de l'engagement citoyen aux cantines rebelles du 10 novembre

Derniers échos de la révision du PLU des Lilas

Les Sans Radio retrouvent les ondes

Europacity : le débat public se conclut sur des positions inconciliables

Le parc (George-Valbon La Courneuve) debout !

Grand Paris : non à la logique financière

Pour une gestion publique, démocratique et écologique de l'eau

Le revenu de base ? Débat mardi 14 juin 20h

C'était la Grande Parade Métèque 2016...

La nature : une solution au changement climatique en Île-de-France

Participer à la Grande Parade Métèque samedi 28 mai 2016

PLU des lilas: enfin un diagnostic et état initial de l'environnement ... à compléter

Avec la loi « Travail », où irait-on ? Débattons-en mercredi 30 mars

Réduire la place de la voiture des actes pas des paroles

La COP 21 aux Lilas

La nature est un champ de bataille

Alternatiba et le Ruban pour le climat des Lilas à la République

Un compost de quartier aux Lilas

Devoir d'asile : de l'Etat jusqu'aux Lilas

Un ruban pour le climat aux Lilas

Six propositions vertes pour une révision du PLU véritablement utile

La Grande Parade Métèque samedi 30 mai

Fête de la transition énergetique et citoyenne le 9 mai aux Lilas

Des défenseurs de la Maternité des Lilas s'enchaînent devant le ministère de la santé

Romainville n'aura pas d'usine de méthanisation

Journal n°2 de Les Lilas Autrement (décembre 2014)

écolo ! n°19 : le téléphérique un GPII

écolo ! n°18

Gaz de schiste : du mirage économique au cauchemar écologique ?

Journée de la transition le 27 septembre aux Lilas

écolo ! n°17 : un nouveau modèle énergetique français

écolo ! n°16 : TAFTA ou TIPP, le traité de libre-échange transatlantique signerait la fin du projet