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  • : Les Lilas Ecologie : Blog des militants et élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas et du Pré Saint-Gervais
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C'est dans la colonne de droite tout en bas...

3 juin 2020 3 03 /06 /juin /2020 15:44
Les Lilas Écologie fusionne pour le second tour des élections municipales

Plus de 3 mois se seront écoulés entre le 1er et le 2nd tour des élections municipales. 

Malgré une très forte abstention, près de 19% des lilasiens ont choisi de nous faire confiance pour porter un vrai projet écologique pour notre ville. Nous pouvons nous réjouir de ce très bon score, après celui déjà obtenu lors des élections européennes. L’écologie s’est imposée, en tant que principe et en tant que programme, comme centrale pour construire le monde de demain, et vous avez été beaucoup à illustrer cette nécessité. Aussi, notre premier message est un message de remerciement à tous les Lilasiens qui ont fait le choix de l’écologie.

La crise sanitaire que nous venons de vivre, et ses conséquences économiques et sociales que nous anticipons, illustre l’urgence de modifier en profondeur, radicalement, nos modes de vies. Mais surtout, cette crise rappelle combien les questions écologiques et environnementales sont aussi sanitaires et sociales.

Soyons lucides : nous ne sommes pas près de tourner la page de cette crise, car d’autres vont suivre, de natures variées et dont les effets se feront sentir durement : canicules, pollutions, virus, etc.. Il faut nous y préparer, réussir à minimiser leurs effets, et surtout réparer leurs causes. Proposer à notre mesure, sur notre territoire, un monde décent, mesuré et vivable.

Avant même l’arrivée du COVID, c’était déjà le sens de notre candidature. Une candidature de projets avec pour ambition de préparer notre ville à affronter ces enjeux : 

  • Améliorer la qualité alimentaire de la restauration municipale avec la relocalisation d’une cuisine centrale aux Lilas, 
  • Donner la priorité absolue à la réduction de notre empreinte carbone, par le recours large aux mobilités douces et à la réduction de la place de la voiture en ville, par la production d’énergies renouvelables (solaire et géothermique) mais également en réduisant notre consommation.
  • Renforcer les solidarités, les services publics locaux ; impulser des propositions audacieuses, communalistes (comme la création d’une régie de l’eau) afin d'accroître  notre capacité de résilience.

La campagne électorale a eu lieu et plus de deux électeurs sur cinq ont choisi la liste rassemblant plusieurs partis de gauche et menée par Lionel Benharous. 

Notre liste Les Lilas Écologie, écologiste et citoyenne, construite autours de projets, de propositions concrètes et d’une motivation collective à vouloir les mettre en œuvre, a rassemblé près d’un électeur sur cinq. 

Lionel Benharous est venu vers nous dès le soir du 1er tour pour nous proposer d’allier nos énergies. Sa conviction était que sa majorité gagnerait à s’enrichir de notre ambition, de nos projets, de nos profils. Nous avons étudié cette offre et considéré que l’état d’urgence écologique dans lequel nous sommes nous engage ; nous avons donc oeuvré pour une fusion des deux listes, sur la base d’un programme partagé et d’une représentation proportionnelle aux voix portées par les lilasien.ne.s sur les deux listes. 

Au terme de son troisième mandat aux Lilas et face aux dérèglements du monde, l'équipe municipale en place ressent le besoin de s’ouvrir à de nouvelles idées, d’élargir sa base militante. Au-delà des frontières municipales, en France et en Europe, se construisent des alliances à gauche sur la base des constats et des solutions portés par les écologistes. Face au dérèglements multiples dans lesquels nous sommes, nous devons, à chaque échelle, porter une vision de réparation du monde. L’urgence nous impose de créer des espaces communs. Nous avons donc accepté d’en débattre avec Lionel Benharous et son équipe.

Malgré son refus de nous donner une représentation proportionnelle aux voix des lilasien.ne.s dans la nouvelle majorité se constituant, nous avons considéré qu’un accord de mandature bénéficiant d’un large soutien, incluant nos propositions pour mieux vivre aux Lilas et s’adapter au dérèglement climatique, était ce que nous devions accepter.

Il ne s’agit pas de renier le constat fait pendant la campagne : l'action municipale doit aller plus loin en matière d’écologie et il devient urgent de changer notre rapport au monde, de revoir la manière de faire de la politique. Mais nous pensons que notre responsabilité, pendant les six prochaines années est de contribuer à faire en sorte que nos idées existent et se traduisent, dans les vies des habitant.e.s de notre territoire.

Le contrat de mandature que nous construisons entre les deux listes devrait nous permettre, si les électeurs lilasiens nous font confiance, d’impulser ce changement dont nous sommes porteurs et d’obtenir des résultats. Sur les mobilités, sur l’urbanisme, sur l’alimentation ou sur la participation citoyenne, nous regardons dans la même direction ; sur d’autres sujets où nos regards divergent, il nous faudra incarner la voix écologiste et nous assurer d’être entendu-e-s. Notre ambition est haute, charge à nous de convaincre qu’elle est au bon niveau et réaliste.

Voilà pourquoi, le 28 juin prochain, nous nous présenterons au sein d’une liste fusionnée portant une ambition écologique, sociale et solidaire pour Les Lilas.

Sander & Armonia sur www.les-lilas-ecologie.org

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13 janvier 2020 1 13 /01 /janvier /2020 12:58

Le temps de la campagne électorale municipale jusqu'en mars 2020, ce blog est suspendu. Suivez-nous désormais sur Les Lilas Ecologie https://les-lilas-ecologie.org, site de campagne Les Lilas Ecologie. N'hésitez pas à nous faire signe à contact@les-lilas-ecologie.org.

Les Lilas écologie - en campagne pour gagner

Lors des élections municipales de mars prochain, les écologistes seront présents aux Lilas sur une liste autonome écologiste et citoyenne.
Nos couleurs sont limpides, et elles sont vertes ! L’écologie ne peut plus être un thème parmi d’autres dans un programme municipal et nous ne laisserons à personne le soin de se déclarer ”écologiste” par opportunisme électoral.
Il est temps que notre ville prenne le tournant du 21e siècle en matière d’écologie. Notre candidature n’est pas une candidature de témoignage mais bien celle d’un renouveau des méthodes et des idées : une candidature pour gagner et agir.

Vous êtes prêts, nous aussi !

La ville des Lilas doit, demain, montrer qu’elle a su a  ticiper l’évolution des mobilités et notamment la place du vélo dans notre quotidien ; proposer une alimentation saine et raisonnée à ses enfants ; concilier le besoin en logements sociaux avec plus de nature ; prendre le chemin de la transition énergétique, tant pour ses bâtiments municipaux et ses écoles, que pour les constructions nouvelles.
Vous nous avez déjà fait confiance aux élections européennes quand les listes écologistes aux Lilas ont totalisé 28%. Dans deux mois, nous pouvons aller plus loin et faire des Lilas une ville écologique aux portes de Paris.

Cette chance, ne la laissons pas passer ! Rejoignez-nous...

Les Lilas écologie - en campagne pour gagner
Les Lilas écologie - en campagne pour gagner

Notez deux réunions publiques à venir - détails ci-dessous :

" Alimentation et cantines scolaires " mercredi 15 janvier à 19h30 au "Petit Bonheur", 184 rue de Paris, Les Lilas.

" Logement et nature en ville " mardi 28 janvier à 19h30 à la Mairie des Lilas.

 

Notez deux réunions publiques à venir...

Les Lilas écologie - en campagne pour gagner
Les Lilas écologie - en campagne pour gagner

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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 20:01

Demain matin, nous profiterons du traditionnel marché dominical des Lilas pour nous lancer officiellement en campagne...

Les Lilas Ecologie en campagne
Les Lilas Ecologie en campagne

Nous y serons pour partager notre ambition de faire des Lilas une ville sereine et respirable, résiliente et dynamique.

Et parce que nous sommes convaincu.e.s qu’au delà de cette ambition il nous faut proposer pour discuter, nous présenterons la première de nos propositions pour cette campagne : l’aménagement de la Rue de Paris et du Boulevard de la Liberté.

A demain sur le marché, nous y serons plus tôt qu’à nos habitudes !

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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 17:18
Merci aux 1779 Lilasiennes et Lilasiens qui ont voté " Pour le climat, tout doit changer ! "

Merci

aux 1779 Lilasiennes et Lilasiens, et en particulier aux jeunes générations, qui ont choisi de voter pour la liste Pour le climat, tout doit changer !

Ensemble, le 26 mai 2019, nous avons rassemblé 24,45 % des voix sur notre ville, plaçant Europe Ecologie en tête aux Lilas, et Les Lilas en tête de l’Île-de-France comme le plus fort pourcentage de suffrages exprimés pour notre liste Pour le climat, tout doit changer !

Merci d’avoir cru avec nous que l’échelon européen est le seul auquel il est possible, sous la pression des citoyens, de mener une action efficace contre le dérèglement climatique. Douze député.e.s écologistes ont été élu.e.s en France et mettront tout en œuvre pour faire appliquer Pour le climat, tout doit changer ! : adopter un traité environnemental européen contre l’acceptation du productivisme et la valorisation de la consommation comme moyen d’émancipation, contre le capitalisme néo-libéral, anti-social et anti-écologiste.

Oui, Europe Ecologie Les Verts veut « Changer le système, pas le climat ! », la politique, nos vies. C’est ce à quoi nous participons aux Lilas depuis longtemps, pour une écologie politique du quotidien, qui préserve notre environnement, la santé des lilasiennes et des lilasiens et développe les communs aux Lilas : un air non pollué et une eau en régie publique, une alimentation bio et accessible à toutes les bourses, une mobilité douce et partagée, une énergie renouvelable locale, un poumon vert à la Corniche des Forts, une qualité de vie pour toutes et tous.

Europe Ecologie Les Verts ne prétend pas avoir le monopole des préoccupations écologiques, et aux Lilas, nous saluons d’abord la jeunesse mobilisée pour le climat tous les vendredis, et singulièrement le 24 mai, mais aussi toutes les électrices et les électeurs d’Urgence écologie, du Parti animaliste, de Genération.s, de La France Insoumise, de Envie d’Europe écologique et sociale… tous adeptes d’un mieux vivre ensemble – à l’opposé des 9,1% qui ont donné leurs suffrages au Rassemblement national aux Lilas. Ensemble, nous pouvons construire pour nos concitoyens une réponse locale à l’urgence écologique et sociale, contre la privatisation des services publics pour mettre Les Lilas en commun.

   Merci !

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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 17:53

Dimanche, les Européens éliront leurs 705 représentants au sein de l’Union. Mais, quel est le rôle des eurodéputés, notamment en matière écologique ? D'après Politis et Reporterre. Lire aussi « L’écologie doit être au cœur de toute décision » : 77 organisations appellent à une grève mondiale pour le climat le 24 mai, Votez pour le climat ! et Qu'est-ce qu'on attend pour tout changer ?

Le Parlement européen est utile à l’écologie ... malgré les lobbies !

Dimanche, les Européens éliront leurs 705 représentants au sein de l’Union. Mais, quel est le rôle des eurodéputés, notamment en matière écologique ? Reporterre aide à y voir plus clair dans cette terre de lobbies, de jeux politiques et de pouvoir.

Que vous vous promeniez dans une zone Natura 2000 ou que vous achetiez un véhicule moins polluant qu’auparavant, c’est grâce à l’Union européenne. Les limites de pollution aux particules fines, la protection des cours d’eau ou de certaines espèces d’oiseaux, c’est encore l’Europe. « Plus de 80 % des dispositions du Code de l’environnement viennent de directives ou de règlements européens », souligne l’avocat Arnaud Gossement, spécialiste du sujet.

« Sur l’écologie et le climat, tout se joue à Bruxelles [à la fois le siège de la Commission européenne et là où se tiennent les commissions et les séances additionnelles du Parlement européen] », confirme Karima Delli, eurodéputée écologiste et candidate aux élections du 26 mai. L’environnement fait en effet partie des « compétences partagées » : l’Union européenne est prioritaire sur les États pour légiférer. Ainsi, « depuis l’adoption de la directive Oiseaux en 1979, le droit de l’environnement a pris une place de plus en plus importante au sein de l’Union européenne, précise Arnaud Gossement. C’est un des domaines où l’on prend le plus de directives ». Et, qui dit directives, dit eurodéputés. Le Parlement européen partage en effet le pouvoir législatif avec le Conseil européen, réunissant les gouvernements des États membres. Pour le meilleur, et pour le pire : « L’autorisation du glyphosate, le paquet ferroviaire ou les traités de libre-échange sont dans les compétences des parlementaires européens », rappelait Manon Aubry, tête de liste des « insoumis » aux élections européennes. À bien des égards, le libéralisme de l’Union européenne paraît effectivement contradictoire avec l’urgence écologique.

Malgré tout, la plupart des acteurs s’accordent à le dire : « Sans le Parlement européen, nous n’aurions pas de progression du droit de l’environnement », dit Me Gossement. « C’est une institution qui tient tête aux États, et qui est très souvent bien plus progressiste que le Conseil ou la Commission sur les questions écologiques », confirme Neil Makaroff, du Réseau Action Climat (RAC).

« Très souvent, on a une bonne proposition des parlementaires, mais elle est amoindrie ou même vidée de sa substance par le Conseil » 

L’exemple de la pêche électrique, dont l’interdiction d’ici 2021 a été obtenue au début de cette année, est éclairant. « Au départ, la Commission européenne, qui est à l’initiative des directives, avait proposé un texte qui étendait les possibilités de la pêche électrique », raconte Frédéric Manach, de l’ONG Bloom. Avec l’appui de plusieurs eurodéputés, dont Yannick Jadot (EELV) et Younous Omarjee (France insoumise), Bloom est parvenu à convaincre une majorité de parlementaires, dans tous les groupes politiques. « Ils ont amendé le texte et voté massivement, en janvier 2018, pour l’interdiction de cette pratique », poursuit M. Manach. Il a ensuite fallu se battre contre le Conseil, plutôt favorable à l’électrocution des poissons, au sein du « trilogue » : quand les deux institutions législatives ne sont pas d’accord sur un texte, elles négocient un accord, sous la houlette de la Commission européenne — soit un « trilogue », regroupant Conseil, Commission et Parlement européens.

« Les Pays-Bas, pro-pêche électrique, avaient mis en place une force diplomatique pour convaincre les autres États de rejeter la position du Parlement, se rappelle M. Manach. Et le problème est que le Conseil a un poids plus important, il dispose d’une capacité de négociation plus forte. » Le Parlement a finalement emporté le bras de fer. Mais ce n’est pas toujours le cas, tant s’en faut. « Très souvent, on a une bonne proposition des parlementaires, mais elle est amoindrie ou même vidée de sa substance par le Conseil », résume M. Manach. Le projet de redevance pour les poids lourds, porté par des députés, dont Mme Delli, est ainsi pour le moment bloqué par les représentants des gouvernements. Idem pour le glyphosate, dont la réautorisation pour cinq ans a été permise par une décision de l’Allemagne.

Le bâtiment Louise-Weiss, siège du Parlement européen à Strasbourg (Bas-Rhin)

Le bâtiment Louise-Weiss, siège du Parlement européen à Strasbourg (Bas-Rhin)

Autre exemple, la directive sur les énergies renouvelables, adoptée en novembre 2018, est moins ambitieuse qu’espéré : « On n’est pas allé aussi loin que ce qu’on aurait pu et dû, affirme Neil Makaroff. Une part de 32 % dans le mix énergétique, ça reste faible. » À qui la faute ? « Beaucoup de pays, ceux d’Europe de l’Est mais également l’Allemagne, et même la France, se sont montrés très réticents ».

La Commission peut aussi jouer la frileuse. C’est ce qui s’est passé sur la réduction des émissions de CO2 pour les véhicules. Les eurodéputés portaient une proposition de baisse de 40 % des émissions d’ici à 2030. Un objectif décevant par rapport aux évaluations de plusieurs instituts, préconisant une diminution de 70 % d’ici à 2030 pour respecter l’Accord de Paris. Mais le Parlement allait plus loin que la position de la Commission européenne, qui proposait une baisse de 30 % en 2030, et que le Conseil, d’accord pour un timide - 35 %. En définitive, les parties se sont accordées sur un objectif de - 37,5 % à horizon 2030. « Heureusement qu’il y avait le Parlement européen pour rectifier le tir, insiste Karima Delli. Nous avons dû batailler dur, contre la Commission et contre le lobby automobile. »

« À Bruxelles, tous les lobbyistes sont déclarés dans un registre, on sait ce qu’ils font et qui ils rencontrent » 

Le poids de ces groupes d’intérêts, notamment au sein de la Commission, explique en partie l’insuffisance des ambitions environnementales. « Certains textes de la Commission sont purement et simplement formulés par les industriels, dit Frédéric Manach. Pour 30.000 fonctionnaires à Bruxelles, il y a 30.000 lobbyistes. » Difficile pour les ONG de lutter à armes égales contre Bayer-Monsanto ou Volkswagen. « Bloom est absent de la Commission, car nous n’avons pas les moyens humains et financiers d’assurer une présence à l’année, et nous préférons nous concentrer sur l’information des parlementaires », indique M. Manach. Même son de cloche du côté du Réseau Action Climat, qui envoie deux représentants, dont Neil Makaroff, à Bruxelles, « quand certaines entreprises automobiles peuvent en envoyer quarante », selon le chargé de mission. Valentine Tessier, avocate en droit de l’environnement, constate cependant de nettes améliorations : « Ont été mis en place les Green10, qui rassemblent les 10 plus grandes ONG à vocation environnementale, afin d’aider les institutions européennes dans l’élaboration des politiques publiques, explique-t-elle. Ainsi, les lobbies environnementaux sont également très présents à Bruxelles, ils permettent d’apporter un équilibre dans la défense de l’intérêt général. »

Le siège de la Commission européenne, à Bruxelles

Le siège de la Commission européenne, à Bruxelles

Arnaud Gossement préfère lui aussi voir le verre à moitié plein : « Je rêverais que la France se dote des mêmes règles de contrôle et de transparence que l’UE, dit-il. À Bruxelles, tous les lobbyistes sont déclarés dans un registre, on sait ce qu’ils font et qui ils rencontrent. Alors, oui, ça sort dans les médias, mais c’est une bonne nouvelle, ça permet d’impulser une résistance. » Un contre-pouvoir qui peut venir de mobilisations citoyennes — comme sur le climat —, d’ONG environnementales, qui mènent ainsi des campagnes de contre-lobbying et de contre-expertise, mais aussi, d’après l’avocat, des parlementaires eux-mêmes : « Les eurodéputés sont souvent à la manœuvre pour dénoncer les pressions de groupes économiques », fait observer Arnaud Gossement.

Le Parlement n’est pas non plus tout vert dans cette histoire. Nombre de députés adoptent des positions anti-environnementales, comme l’a montré notamment l’Observatoire des élus pour le climat, porté par le RAC. « Les partis de droite et d’extrême droite, et dans une moindre mesure les centristes du Modem ou d’En marche, se sont majoritairement opposés aux mesures de transition écologique les plus ambitieuses », constate M. Makaroff. Un frein que déplorait Yannick Jadot dans un entretien à Reporterre il y a quelques semaines : « Les majorités qui mettent en place des politiques publiques sont libérales et conservatrices, expliquait-il. Le Parlement aurait pu voter contre le Ceta [le traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne]. Il suffisait d’un vote ! Malheureusement, les socialistes ont rejoint les libéraux et les conservateurs en faveur du Ceta. » D’après la tête de liste des écologistes français, « le Parlement pèse ainsi beaucoup moins dans les institutions européennes que ce que lui donnent ses compétences. Il pourrait par exemple rejeter le budget. » L’intérêt général s’empêtre ainsi dans des jeux politiques et de pouvoir.

« Les parlementaires peuvent orienter les enveloppes vers la transition écologique » 

Reste qu’une des principales raisons pour lesquelles la cause écologique ne progresse pas assez vite n’est pas à chercher du côté de l’Union européenne, mais des États eux-mêmes. « Pour s’appliquer dans un État membre, une directive doit être transposée en droit national, à travers l’adoption d’une loi ou d’un décret, explique Arnaud Gossement. Or, certains pays, la France en tête, ont tendance à attendre le dernier moment. » Ainsi, la directive Habitats de 1992, qui a notamment instauré les réserves Natura 2000, a mis une dizaine d’années à être appliquée, mais de manière incomplète. « Face à l’opposition d’une partie du monde rural, les gouvernements successifs ont préféré différer, explique Simon Jolivet, maître de conférence en droit public. Il leur semblait plus facile politiquement d’accuser Bruxelles et de montrer leurs muscles. » Les pays peuvent être condamnés, y compris avec des sanctions financières, en cas de non-transposition ou de mauvaise transposition. Ainsi la France a été maintes fois mise en cause par la justice européenne : récemment, c’est sur les biocarburants, l’efficacité énergétique, et la qualité de l’air que nous avons été épinglés. Mais « ce mécanisme reste peu efficace, constate Lucas Globensky dans une note rédigée pour La Fabrique écologique, car trop long, avec des États membres trop peu mis en cause et des sanctions trop rares ».

Selon lui, les pays traîneraient des pieds à cause, entre autres, d’un manque de financements, les fonds européens étant limités. « La France touche en moyenne un total d’environ 2,8 milliards d’euros de fonds européens pour l’environnement, dit Lucas Globensky, alors que pour mener à bien la transition énergétique, il faudrait entre 45 et 60 milliards d’euros d’investissement chaque année. » Conclusion : il faudrait plus d’argent, donc plus de recettes. Même si les questions fiscales demeurent le pré carré des États membres, Neil Makaroff attend beaucoup des futurs eurodéputés : « Des discussions sont actuellement en cours sur la répartition des 1.200 milliards d’euros de budget pour la période 2021-2027, dit-il. Les parlementaires peuvent orienter les enveloppes vers la transition écologique. »

L’hémicycle du bâtiment Paul-Henri Spaak, lieu de travail du Parlement européen à Bruxelles

L’hémicycle du bâtiment Paul-Henri Spaak, lieu de travail du Parlement européen à Bruxelles

Autre enjeu essentiel auquel devront se confronter les futurs élus, la réforme de la politique agricole commune (PAC). « L’UE a jusqu’ici été très lente pour modifier son approche vers une agriculture plus écologique », dit Lucas Globensky. « Les neuf milliards d’euros d’argent public qui tombent en France tous les ans doivent servir à soutenir ceux qui ont fait la conversion au bio et surtout à aider tous les autres à se convertir », soutenait également M. Jadot.

Outre le pouvoir législatif et budgétaire, les députés peuvent mener des commissions d’enquête comme celle sur le Diesel Gate ou l’évaluation des pesticides. Ils sont également d’intéressants pourvoyeurs de fonds pour leurs partis nationaux. Ceux-ci récupèrent chaque année une part des 30 millions d’euros distribués par le Parlement européen aux différents groupes. Les parlementaires reversent également une part de leur indemnité (6.600 euros net par mois) à leur mouvement politique.

In fine, la balance écologique pencherait donc plutôt du côté du Parlement européen. Tout en admettant un certain nombre de limites, Neil Makaroff veut y croire : « Pour gagner la bataille climatique, ce n’est pas à 65 millions de Français qu’on y parviendra, mais à 500 millions d’Européens », dit-il. « L’Europe permet à de nombreux pays d’aller plus loin dans leurs ambitions écologiques, souligne aussi Lucas Globensky. Même si cela paraît insuffisant, la Pologne n’aurait jamais fait de telles avancées, par exemple sur la préservation de la forêt primaire de Bialowieza. »

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20 mai 2019 1 20 /05 /mai /2019 21:54
Votez pour le climat !

Sommaire :

LE 26 MAI, FAITES LA DIFFÉRENCE, VOTEZ POUR LE CLIMAT

CES ÉLU.E.S QUI SE BATTENT POUR NOS DROITS

MARIE TOUSSAINT : “La génération Climat peut sauver le monde.”

ENSEMBLE NOUS POUVONS TOUT CHANGER

CINQ ANS POUR SAUVER LE CLIMAT

INTERVIEW : questions à Petra de Sutter

TRIBUNE : la parole à Marie Desplechin

YANNICK JADOT, DÉPUTÉ DE COMBAT5(S) !

Bonne lecture

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20 mai 2019 1 20 /05 /mai /2019 12:13

Rejoignez-nous mardi 21 mai 2019 au Cirque d’Hiver à Paris pour le grand meeting de clôture de la campagne européenne ! Notre liste Europe Écologie menée par Yannick Jadot y présentera son programme pour changer l’Europe et sauver le climat en présence de nos candidat.es et de nos nombreux soutiens ! Lire aussi Qu'est-ce qu'on attend pour tout changer ?, Yannick Jadot : « Oui, je suis anticapitaliste », Qu'est-ce qu'on attend pour remettre la finance à sa place ?, J’veux du bonheur ! et Sauver le climat ? Pourquoi tout doit changer.

Meeting Europe Ecologie le 21 mai au Cirque d'Hiver

Nous avons l'opportunité de montrer aux Européen.ne.s que l'écologie est l'alternative à un duel stérile entre nationalismes et libéralisme, qu'elle est la voie de l'émancipation et du mieux vivre pour toutes et tous. Je vous invite donc chaleureusement à venir en nombre au meeting de notre fin de campagne le 21 mai au Cirque d'Hiver à Paris (en vous inscrivant gratuitement ici : https://www.facebook.com/events/343727253228561/), non pas parce que cet événement sera la clôture d'une séquence mais bel et bien le début d'une grande aventure européenne que nous souhaitons victorieuse pour l'écologie. 

Notre liste est une équipe de combat, une fierté collective. Le 21 et le 26 mai, soyons fier.e.s ensemble ! 

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18 mai 2019 6 18 /05 /mai /2019 09:03

Sauver l’Europe pour sauver le climat ! Qu’attendent les dirigeants européens pour prendre à bras le corps le problème le plus urgent de notre temps ? Voici le programme d'actions de la liste Europe Ecologie conduite par Yannick Jadot pour les élections européennes. Lire aussi Yannick Jadot : « Oui, je suis anticapitaliste », Qu'est-ce qu'on attend pour remettre la finance à sa place ?, J’veux du bonheur ! et Sauver le climat ? Pourquoi tout doit changer.

Qu'est-ce qu'on attend pour tout changer ?

La planète brûle et L’Europe se meurt. Voilà pourquoi les élections européennes à venir ne seront pas des élections comme les autres. Nous avons le choix entre le sursaut ou la catastrophe, entre la solidarité ou la montée de la haine, entre l’invention d’une nouvelle manière de vivre ensemble ou la continuation des égoïsmes qui nous conduisent vers l’abîme, entre l’écologie ou la barbarie. L’histoire est en marche. Nous sommes convaincu-e-s qu’elle n’appartient pas à des élites dépassées, ridiculement conservatrices et dangereusement obsédées par le pouvoir de l’argent. 

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15 mai 2019 3 15 /05 /mai /2019 09:08

Capitalisme, défections des écologistes pour En marche, relations avec la France insoumise, programme pour l’Europe… la tête de liste d'Europe Ecologie-Les Verts aux élections européennes du 24 mai répond sans détour à nos questions. Entretien avec Yannick Jadot par Marie Astier et Hervé Kempf le 14 mai 2019 pour Reporterre ! Lire aussi Qu'est-ce qu'on attend pour remettre la finance à sa place ?, J’veux du bonheur ! et Sauver le climat ? Pourquoi tout doit changer.

Yannick Jadot a rencontré Reporterre

Yannick Jadot a rencontré Reporterre

Reporterre — Quel est l’objectif d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) pour ces élections européennes ? 10 %, 15 % des voix ?

Yannick Jadot — Mon objectif est que l’écologie renoue avec ses meilleurs scores. Je veux mettre l’écologie au cœur du paysage politique européen et français. Parce que si on est convaincu du risque de chaos climatique et d’anéantissement de la biodiversité, si on voit la dislocation accélérée de l’Union européenne, les extrêmes droites qui montent partout, la guerre de tous contre tous que le modèle libéral a instaurée, il faut proposer une alternative au modèle libéral qui soit un modèle de coopération, de bienveillance et de solidarité.

Et donc votre objectif ?

J’ai toujours dit 15 %.

C’est un objectif plutôt élevé, vu les sondages…

Il y a dix ans, trois semaines avant qu’on fasse 16 %, on était à 8 % dans les sondages. Là, on voit bien que la campagne électorale démarre seulement. Les électrices et les électeurs, pour beaucoup, n’ont pas encore décidé de leur vote. Cela va se jouer dans les dix derniers jours

Il y a dix ans, Daniel Cohn-Bendit dirigeait la liste des Verts. Il y a deux semaines, il a signé
une tribune appelant à voter Macron et la République en marche (LREM), et avec des mots durs à l’égard d’EELV. Comment avez-vous vécu cette tribune de Daniel Cohn-Bendit ?

Beaucoup d’écologistes se sont perdus depuis quelques années. Certains sont allés avec sincérité chez Emmanuel Macron, à En marche, pour essayer d’écologiser ce parti. Finalement, c’est Nicolas Hulot qui a tiré le meilleur bilan de l’écologie sous Emmanuel Macron en disant que c’était une mystification ! En Marche a aujourd’hui dans sa liste aux élections européennes des pro-glyphosate, des anti-glyphosate ; des prochasse, des antichasse ; des pro-accord de libre-échange, des anti-accord de libre-échange ; des pronucléaire, des antinucléaire. Et, depuis deux ans, systématiquement, le président Macron a arbitré pour le glyphosate, pour le nucléaire, pour les accords de libre-échange, pour la chasse ! Donc, ces écologistes se sont perdus. Ils se sont entichés d’un président incontestablement intelligent mais qui semble totalement prisonnier des lobbies du vieux monde.

Daniel Cohn-Bendit, Jean-Paul Besset, Pascal Canfin, Pascal Durand, François de Rugy, Barbara Pompili… Comment expliquez-vous qu’il y ait tant de personnalités d’EELV qui passent chez LREM ?

Nous avons un système électoral extrêmement préjudiciable aux formations politiques petites et moyennes. Il y a des gens — comme de Rugy — qui ont considéré à un moment donné qu’il fallait aller avec les socialistes quand c’étaient eux qui tenaient le manche. Puis, ils se sont aperçus que les socialistes ne tenaient plus le manche, mais Macron, et ils ont continué leur dérive vers le pouvoir.

Je sais tout ce que ce pays et l’écologie doivent à tous les militants qui, eux, n’ont pas fait ce voyage. Si nous n’avons pas d’OGM dans notre pays, c’est parce qu’il y a des militants écologistes qui sont allés arracher des OGM. Pareil pour les gaz de schiste.

« Ceux qui ont tenté – parfois avec courage – comme Nicolas Hulot ou Matthieu Orphelin de mettre « les mains dans le cambouis » de ce gouvernement l’ont finalement fui. »

« Ceux qui ont tenté – parfois avec courage – comme Nicolas Hulot ou Matthieu Orphelin de mettre « les mains dans le cambouis » de ce gouvernement l’ont finalement fui. »

Mais Pascal Canfin et Pascal Durand ont été militants écologistes et maintenant ils sont à La République en marche.

Pascal Durand sait combien En marche, en défendant les pires pratiques de chasse, ne correspond pas à ses convictions. Quant à Pascal Canfin, il a dit qu’il avait obtenu des assurances du président. Je ne sais pas lesquelles. Je crois qu’ils font le pari de faire évoluer cette majorité. Ceux qui ont tenté — parfois avec courage — comme Nicolas Hulot ou Matthieu Orphelin de mettre « les mains dans le cambouis » de ce gouvernement l’ont finalement fui.

Quel pont idéologique y a-t-il entre EELV et LREM ?

Il y a chez les écologistes l’idée qu’on ne peut pas attendre des alternances politiques pour transformer la société. L’urgence écologique ne peut pas attendre. Et il y en a toujours qui pensent que seuls — y compris dans un milieu hostile —, ils peuvent transformer les choses. Moi, je n’ai jamais été qu’écologiste toute ma vie. Et j’ai une très belle liste de gens convaincus. Pour eux, il n’y a pas de débat. Il faut transformer le modèle de développement, sortir du capitalisme financier, combattre ce libéralisme prédateur. Il n’y a pas de compromis avec la technocratie et le libéralisme d’En marche.

Dans son discours au dernier congrès d’Europe Écologie-Les Verts David Cormand a parlé de « ni droite ni gauche » [en mars 2019]. Cela pourrait-il expliquer ces départs d’EELV vers En marche ?

Avec David Cormand, on n’a jamais dit « ni droite ni gauche ». Nous n’avons jamais fait de compromis avec le productivisme de droite mais, aujourd’hui, l’écologie doit aussi s’affranchir du productivisme de gauche. Quand on fait campagne contre le Lyon-Turin, les retenues d’eau en Poitou-Charentes et dans tout le sud-ouest pour irriguer le maïs, contre tous les grands détournements autoroutiers de Rouen, de Strasbourg, de Beynac, contre EuropaCity, on est obligé de constater que, trop souvent, les socialistes sont alliés avec la droite, avec les libéraux, sur tous ces grands projets qui détruisent l’environnement.

Reconnaissez avec moi que le quinquennat Sarkozy, de droite, le quinquennat Hollande, qui se revendique de gauche, le quinquennat Macron, qui se revendique et de droite et de gauche, c’est la même obsession du nucléaire, les mêmes contraintes sur le renouvelable, les mêmes sous-investissements dans l’isolation des logements, la même augmentation des pesticides et la même inaction contre la pollution de l’air.

Donc, nous devons dépasser un clivage qui a totalement ignoré la question de l’environnement.

Vous voulez que l’écologie devienne l’idée dominante. Pourquoi avoir refusé l’alliance avec d’autres formations à gauche qui la défendent dans leur programme ?

L’élection européenne est une élection proportionnelle à un tour. Prenons deux mouvements politiques qui, je crois sincèrement, abordent la question écologique : les écologistes, évidemment, et la France insoumise. Imaginez qu’on aille aux élections ensemble. Vous pensez vraiment qu’il y a une partie des écologistes qui vont voter s’il y a la France insoumise, et vous pensez vraiment qu’il y a une partie de la France insoumise qui va voter si la France insoumise se met avec les écologistes ? Eh bien, non. La réalité, c’est que, si on se met ensemble, on ne fera pas 1 + 1 = 2,5. On fera 1 + 1 = 1,5. Et, donc, moins de députés au Parlement européen.

Pourquoi est-ce la première élection européenne où on nous parle de l’union de la gauche ? Parce que le Parti socialiste a explosé, du fait de ses contradictions, notamment face au libéralisme. La liste officielle, on ne sait pas si elle va faire 5 %. La liste socialiste dissidente de Hamon, on ne sait pas si elle va faire 3 %. Ils utilisent l’écologie comme un prétexte, parce que, franchement, sur le terrain, on ne les voit pas beaucoup ! Le groupe socialiste au Parlement européen a voté pour que le nucléaire soit reconnu comme une énergie verte. C’est une aberration absolue !

J’ai dit non à des unions de façades. On m’a proposé d’être la tête de liste d’un grand rassemblement avec Hamon, avec le PS, j’ai dit non. Je veux regarder les électeurs droit dans les yeux. Je ne veux pas faire des alliances à Paris puis des choses différentes à Strasbourg.

 « L’Europe est un espace de confrontation politique où il y a des majorités qui mettent en place des politiques publiques. Or, ces majorités sont libérales et conservatrices. »

« L’Europe est un espace de confrontation politique où il y a des majorités qui mettent en place des politiques publiques. Or, ces majorités sont libérales et conservatrices. »

Après les élections européennes, comment envisagez-vous de retendre la main ou de refaire des alliances ?

Les élections municipales et les élections régionales sont des élections proportionnelles à deux tours. Donc, on construit des coalitions de gouvernements municipaux ou régionaux. Cela se fait sur la base d’un contrat. Tant qu’il est respecté, vous êtes dans la coalition.

Vous dénoncez le libéralisme. Êtes-vous anticapitaliste ?

Je combats le capitalisme financier. Je combats ce libéralisme prédateur sur l’environnement, les femmes, les hommes, les animaux et sur l’économie même. On m’a attaqué parce que j’ai dit que j’étais pour la liberté d’entreprendre, que le marché pouvait exister.

Donc, êtes-vous anticapitaliste ?

Je suis contre ce capitalisme-là. Mais, il n’y en a pas d’autre, d’ailleurs.

Donc, êtes-vous anticapitaliste ?

Oui, on peut dire que je suis anticapitaliste, oui. Mais je suis pour une économie régulée. Les écologistes ont toujours été pour une économie plurielle. Mais, quand un paysan bio vend sa production sur le marché, je préfère cela à ce qu’il le vende dans un sovkhoze.

Aujourd’hui, l’Europe protège-t-elle ou détruit-elle l’environnement ?

L’Europe ne devrait pas être cette petite mondialisation libérale, technocratique, autoritaire. Simplement, l’Europe est un espace de confrontation politique où il y a des majorités qui mettent en place des politiques publiques. Or, ces majorités sont libérales et conservatrices. Le Parlement européen aurait pu voter contre le Ceta [le traité de libre-échange entre le Canada et l’Union européenne]. Il suffisait d’un vote ! Malheureusement, les socialistes ont rejoint les libéraux et les conservateurs pour voter le Ceta.

Et puis, il y a quelques jours, j’étais dans une des réserves de la LPO [Ligue de protection des oiseaux] à Oléron et parce que c’est une zone Natura 2000, parce que c’est le droit européen, il y a certains oiseaux, certaines populations, qui se redéveloppent.

Donc, ce qui est très frustrant dans la situation d’aujourd’hui, c’est qu’à la fois, on a une dégradation environnementale, mais que, en même temps, on a les solutions.

Durant la dernière mandature, quels sont les trois succès que vous pourriez attribuer aux écologistes européens ?

D’abord, autour de la question de la transparence. Nous avons obtenu des commissions d’enquête sur les paradis fiscaux avec Eva Joly, une commission d’enquête sur le diesel avec Karima Delli, et, avec Michèle Rivasi, devant la Cour européenne de justice, la transparence absolue sur toutes les évaluations sur des pesticides et produits chimiques.

Un deuxième succès a été l’interdiction de la pêche en eau profonde et l’interdiction de la pêche électrique.

Pour cela, vous avez dû faire des alliances.

Les écologistes ne gagnent jamais seuls. Personne ne gagne jamais seul. Il n’y a pas un groupe qui soit majoritaire au Parlement européen. Quand vous gagnez un vote, c’est que vous avez obtenu des votes d’autres parlementaires. Mais c’est parce que vous êtes fort dans votre groupe et que votre groupe vous soutient et que vous arrivez à élargir.

Enfin, troisième succès, les lanceurs d’alerte. Quand on a voté, Antoine Delcourt, était à Strasbourg. Il a dit : « C’est le groupe Vert qui, dans le Parlement, et le Parlement dans les institutions, font qu’aujourd’hui on a la réglementation la plus protectrice au monde des lanceurs d’alerte. »

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14 mai 2019 2 14 /05 /mai /2019 09:08

Nos propositions pour l’Élection européenne du 26 mai 2019 - un des sept livrets thématiques tirés du Programme de la Liste Europe Écologie menée par Yannick Jadot. Cf notre site Pour le climat, tout doit changer, et sur ce blog J’veux du bonheur ! et Sauver le climat ? Pourquoi tout doit changer.

Qu'est-ce qu'on attend pour remettre la finance à sa place ?

Le néo-libéralisme des années 1980 a conduit à un vaste mouvement de financiarisation à l’échelle mondiale, soutenu et accompagné par les gouvernements successifs. Ce mouvement a été rendu possible par la répartition inégalitaire des richesses créées entre salarié.e.s et actionnaires, actée par l’ensemble des institutions comme l’unique mode de fonctionnement possible.

Il a pris trois formes : la déréglementation financière, qui a libéralisé et élargi les activités financières des banques, la désintermédiation bancaire qui, en faisant disparaître les intermédiaires financiers, a permis aux entreprises d’accéder directement aux marchés de capitaux et enfin le décloisonnement, qui a mis fin à la segmentation des marchés financiers et favorisé leur interconnexion croissante, accélérant la course aux placements les plus rentables.

Nos propositions :

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