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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 09:05
Des environnementalistes brandissent des maquettes de papillons géants à côté d'un immense spray de désherbant au glyphosate devant la porte de Brandebourg à Berlin, le 8 février 2017 ( dpa/AFP/Archives / Britta Pedersen )

Des environnementalistes brandissent des maquettes de papillons géants à côté d'un immense spray de désherbant au glyphosate devant la porte de Brandebourg à Berlin, le 8 février 2017 ( dpa/AFP/Archives / Britta Pedersen )

Jamais avare de surprises, le feuilleton scientifico-réglementaire du glyphosate continue : le ministère de la transition écologique et solidaire a indiqué à l'Agence France-Presse que Paris s'opposerait à la proposition de la Commission européenne de remettre en selle pour dix ans l'herbicide controversé, " en raison des incertitudes qui demeurent sur sa dangerosité ".

Un vote des États membres, en comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale, est prévu avant la fin de l'année et l'expiration de l'autorisation du pesticide sur le Vieux Continent. " La Commission ne cherchera pas à réautoriser le glyphosate sans une majorité qualifiée des États membres - obtenue avec le soutien de 55  % des États membres représentant 65  % de la population de l'Union - ", fait-on valoir à Bruxelles. Aucune date n'a été arrêtée pour le vote et les discussions se poursuivent.

Débuté il y a plus de quatre ans, le processus de réhomologation de l'herbicide – principe actif du désherbant Roundup et substance phytosanitaire la plus utilisée en Europe et dans le monde – a déraillé en mars  2015 avec le classement du glyphosate dans la catégorie " cancérogène probable " pour l'homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l'agence de l'Organisation mondiale de la santé chargée d'inventorier les causes de la maladie. L'agence onusienne prenait ainsi le contre-pied des évaluations diligentées par l'Europe.

Expertises irréconciliables

Devant ces divergences d'expertises, les États membres ne se sont pas accordés. En  2016, la France et Malte avaient ainsi voté contre la réautorisation du produit, tandis que sept autres pays – dont l'Allemagne et l'Italie – s'étaient abstenus. À l'été 2016, une réautorisation provisoire de 18 mois, jusqu'à fin 2017, avait été accordée au produit phare de Monsanto, le temps de trancher le débat scientifique.

Mais, depuis, ce débat a viré à la controverse, et la controverse à la polémique. Les expertises demeurent irréconciliables : selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA), le glyphosate n'est pas cancérogène. Le CIRC, lui, maintient sa classification. Plusieurs scientifiques du monde académique lui ont apporté leur soutien, dénonçant la trop grande confiance des agences européennes dans les analyses de données fournies par la plate-forme des agrochimistes commercialisant des produits à base de glyphosate.

En mai, le toxicologue américain Chris Portier protestait dans une lettre à Jean-Claude Juncker, le président de l'exécutif européen : " Autant l'EFSA que l'ECHA ont échoué à identifier tous les cas statistiquement significatifs d'augmentation d'incidence de tumeurs, dans les études menées sur les rongeurs. " Deux mois plus tard, l'ONG Global 2000 rendait public un rapport du toxicologue allemand Peter Clausing, accusant les agences européennes d'avoir enfreint leurs propres règles de travail dans leurs expertises.

Depuis plus de deux ans, l'affaire mobilise une énorme attention médiatique. En février, des ONG ont lancé une " initiative citoyenne européenne " (ICE) contre le renouvellement du produit. Cette démarche, prévue par la réglementation européenne, doit réunir au moins un million de signatures – contrôlées par les instances de l'Union – pour être prise en compte par Bruxelles. En moins de six mois, les ONG coalisées en avaient collecté 1,3  million.

L'annonce du ministère de la transition écologique et solidaire a été saluée par les associations de défense de l'environnement. Mais elle est fustigée par la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), qui estime dans un communiqué du 30  août que " l'utilisation raisonnable du glyphosate " est nécessaire au développement " des bonnes pratiques agricoles parmi lesquelles l'agroécologie, l'agroforesterie ou l'agriculture de conservation ". Selon la FNSEA, " tant que des solutions alternatives ne sont pas accessibles, la suppression du glyphosate balayerait d'un revers de main les efforts entrepris de longue date par les agriculteurs français, leurs outils de recherche et de développement, et toute une filière de progrès acteur-clé de la transition écologique que la société appelle de ses vœux ".

Pour l'industrie agrochimique, les enjeux industriels sont considérables. Une interdiction du glyphosate en Europe risquerait de faire boule de neige et remettrait en cause le modèle économique de Monsanto, notamment fondé sur la vente liée du glyphosate et des cultures transgéniques qui le tolèrent. Cette fragilisation de l'activité du géant américain des semences et des pesticides pourrait peser in fine sur Bayer, le géant allemand de la chimie et de la pharmacie, qui a mis près de 60  milliards d'euros sur la table pour acquérir la firme de Saint-Louis.

La Commission européenne a d'ailleurs dit, fin août, qu'elle lançait " une enquête approfondie " sur cette fusion, craignant une situation de monopole. Le feuilleton du glyphosate se poursuit et son scénario est voué à devenir toujours plus compliqué.

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