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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 17:14

Ils assument utiliser des huiles essentielles pour guérir leur bétail, alors que c’est souvent illégal. Ce « manifeste des éleveurs hors-la-loi » est un acte fort pour ouvrir le débat. Par Émilie Torgemen pour Le Parisien le 15 octobre 2019.  Lire aussi Progression record du bio dans l’agriculture française, Cantines scolaires : deux fois trop de viande dans les assiettes et Florence Burgat : « L’institution de l’alimentation carnée reflète un désir très profond de l’humanité ».

Hercé (Mayenne), ce mardi. Eric et Patricia Guihery, éleveurs de vaches, utilisent des huiles essentielles «pour les bobos du quotidien». LP/François Lepage

Hercé (Mayenne), ce mardi. Eric et Patricia Guihery, éleveurs de vaches, utilisent des huiles essentielles «pour les bobos du quotidien». LP/François Lepage

 « Les antibiotiques ne marchent plus, on va tranquillement mais sûrement dans le mur », commence Eric Guihery, qui soigne ses 70 vaches laitières avec des plantes même si c'est illégal. Avec 1051 autres agriculteurs, dont beaucoup estampillés bio comme lui, cet éleveur de Mayenne a signé de son nom un manifeste des éleveurs hors-la-loi (lire ci-dessous).

En fait, tout médicament pour les animaux comme pour les humains doit subir une batterie de tests pour obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM). Or, très peu d'huiles essentielles ont passé cette épreuve parce que les tests coûtent cher et qu'ils sont plus complexes pour ces plantes qui combinent plusieurs molécules que pour des médicaments chimiques.

Les éleveurs esquivent en inscrivant dans leur « cahier d'élevage », qui est ensuite mis à disposition de toute inspection, « usage aromatique » ou « complément alimentaire ».

« Réglementation hypocrite »

Pour le vétérinaire Michel Bouy du cabinet Antikor dans la Drôme qui prescrit aussi phytothérapie et aromathérapie, « la réglementation est paradoxale et hypocrite, le même flacon sera interdit s'il y est inscrit traitement et autorisé si l'on indique parfum ». Le praticien est lui-même passé devant la chambre de discipline de l'ordre des vétérinaires.

Pour bichonner poules, brebis ou vaches, l'usage des médecines « alternatives » n'est pas une pratique marginale. Selon l'Institut technique de l'agriculture biologique (Itab), en bio ils sont 70 à 80 % à utiliser ces thérapies sous le manteau. Dans l'élevage conventionnel, la demande est grandissante.

« Soigner ses bêtes avec des plantes, c'est entrer en résistance », grogne Eric Guihery qui, cette fois, veut sortir du bois. Sur son exploitation, il utilise des huiles essentielles en continu pour les bobos du quotidien. « De l'extrait de géranium sur les inflammations des pis ; de l'hélichryse italienne contre les saignements. Évidemment en cas de maladies sévères, on passe aux antibiotiques », précise son épouse Patricia, soucieuse de ne pas passer pour une extrémiste.

« Naturel ne veut pas dire anodin »

L'Etat a déjà lancé deux plans Ecoantibio pour réduire la consommation antibiotique dans les élevages (2012-2017) puis (2017-2021). Le cahier des charges européen pour l'élevage bio préconise de favoriser les « produits phytothérapeutiques, homéopathiques » plutôt que les médicaments chimiques.

« On ne peut pas, d'une part, réclamer qu'on lutte contre l'antibio résistance vétérinaire et, d'autre part, nous interdire des remèdes qui ont fait leurs preuves pendant des générations », s'agace Eric Darley, éleveur de la Drôme qui accompagne, lui, ses brebis avec des plantes. « C'est un savoir issu de la tradition, des remèdes de bona fama, du latin de bonne réputation, et non de bonnes femmes comme c'est souvent traduit », insiste-t-il.

Dans l'administration, on met en garde contre les visions trop simplistes. « Ce n'est pas parce qu'un produit est naturel qu'il est anodin, met en garde Jean-Pierre Orand, le directeur de l'Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV). L'huile essentielle de basilic, par exemple, est un génotoxique reconnu (NDLR : produits qui peuvent affecter l'ADN et être à l'origine de déficiences et ou des cancers transmis aux descendants). »

La demande est « notée »

Avant d'autoriser ces traitements alternatifs, il faut notamment établir des « limites maximale de résidus », soit vérifier que des molécules potentiellement dangereuses ne restent pas dans la viande ou le lait qui seront ensuite consommés par des humains.

« Mais pour certaines plantes comme le pissenlit et l'ail qui rentrent de toute façon dans l'appareil digestif des animaux qui broutent, les contrôles sont absurdes », pointe le vétérinaire Michel Bouy. Il propose une liste de 323 plantes peu préoccupantes, car l'usage par des générations de ses remèdes a déjà fait la preuve de leur innocuité.

« Nous avons noté la demande de nombreux agriculteurs mais nous n'avons pas encore trouvé la méthodologie idéale », glisse le directeur de l'agence du médicament vétérinaire.

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Le manifeste des 1052 éleveurs et éleveuses hors-la-loi

Nous, éleveurs bovins, caprins, ovins, porcins, équins, de volailles, apiculteurs ; Que nous soyons en agriculture biologique ou en conventionnel, en montagne ou en plaine, nous utilisons des plantes pour prévenir les maladies et pour les soins à nos animaux. Nous privilégions l’usage des plantes, plutôt que des antibiotiques ou tout autre produit chimique de synthèse.

Et nous sommes dans l’illégalité !

En valorisant un savoir-faire traditionnel basé sur la nature, en protégeant ainsi nos animaux et nos concitoyens de l’antibiorésistance, en préservant l’eau de contaminations par des médicaments chimiques de synthèse, nous sommes hors-la-loi. L’usage généralisé des antibiotiques pose aujourd’hui un problème de santé publique. Chaque année, en France, plus de 150 000 patients développent une infection liée à une bactérie multi-résistante, et plus de 12 500 personnes en meurent.

Face à cette urgence, il est incohérent que l’usage des plantes en élevage se voie imposer un tel carcan réglementaire. En effet, aujourd’hui, pour pouvoir utiliser des plantes en élevage, elles doivent disposer d’une autorisation de mise sur le marché (AMM), comme les médicaments, et être prescrites par un vétérinaire. Or, très peu de médicaments à base de plantes disposent de cette AMM, procédure lourde et inadaptée. Au mieux, nous avons le droit d’utiliser des préparations sur prescription d’un vétérinaire, lorsque aucun autre médicament n’est disponible !

Impossible donc, pour nous, d’utiliser des orties, du romarin, du pissenlit, de la lavande… pour les soins à nos troupeaux. La loi nous contraint à leur préférer des produits antibiotiques, anti-inflammatoires ou anti-parasitaires issus de la chimie de synthèse !

Parce que nous voulons continuer à nous former.

Parce que nous voulons expérimenter, échanger et débattre librement sur ces pratiques avec nos collègues.

Parce que nous ne voulons plus être hors-la-loi !

L’Etat doit en urgence définir un cadre réglementaire spécifique pour pouvoir utiliser les plantes en élevage et mettre un terme à cette situation.

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