Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bienvenu.e

  • : Les Lilas Ecologie : Blog des militants et élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas et du Pré Saint-Gervais
  • : Culture, information, réflexion de l'écologie politique par les militants et les élus Europe Ecologie Les Verts des Lilas, du Pré Saint-Gervais, d'Est Ensemble
  • Contact

Recherche

Nous contacter ...

S'abonner à la Lettre d'information ...

C'est dans la colonne de droite tout en bas...

13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 12:56

Deux ans après la promulgation de la loi EGAlim[1], un collectif de 28 syndicats et associations publie un bilan dont le constat d’échec est sans appel : la quasi-totalité des indicateurs est au rouge et des reculs sont à noter. Presque aucune des ambitions et bonnes intentions déclarées en grande pompe n’ont été suivies d’effet. Par le Réseau Action Climat le 3 novembre 2020. Lire aussi Sans répondre à la crise sanitaire, la loi Alimentation permet à l’industrie agroalimentaire d’augmenter ses prix et Les états généraux de l’alimentation déçoivent les paysans et les écologistes.

Bilan des États Généraux de l’Alimentation, 2 ans après, la loi EGAlim définitivement à l’abandon

Deux ans après la promulgation de la loi EGAlim[1], un collectif de 28 syndicats et associations publie un bilan dont le constat d’échec est sans appel : la quasi-totalité des indicateurs est au rouge et des reculs sont à noter. Presque aucune des ambitions et bonnes intentions déclarées en grande pompe n’ont été suivies d’effet.

Cette note d’analyse dresse le bilan des États Généraux de l’Alimentation et de la loi EGAlim et prend acte de leur enterrement. Avec lui, ce sont aussi les principales ambitions du quinquennat pour la transition sociale et écologique du système agroalimentaire qui sont à la dérive. Les 28 organisations dénoncent :

  • Le revenu paysan n’est pas revalorisé, les profits de l’industrie et de la distribution continuent d’augmenter, les prix au consommateur aussi.
  • Les négociations commerciales ne sont pas plus encadrées qu’avant et subissent même des tensions croissantes.
  • Les ambitions en matière de réduction de pesticides ont été revues à la baisse, avec un recul notable : le retour des néonicotinoïdes.
  • La protection des riverains contre les pesticides n’a pas avancé, l’Etat se défausse en livrant cette protection au rapport de forces sur les territoires.
  • Les objectifs d’au moins 20 % de bio dans la restauration collective et de 15 % de surface en agriculture biologique en 2022 ne pourront être atteints faute de moyens suffisants. Nous n’en sommes respectivement qu’à 4,5% et 8,5 %.
  • Aucune transition des modes d’élevage, intégrant notamment une meilleure prise en compte du bien-être animal, n’a été sérieusement amorcée au sein des filières.
  • Enfin, la loi a laissé de côté de nombreuses questions pour lesquelles tous les indicateurs sont au rouge : climat, solidarité internationale, biodiversité, nutrition et alimentation.

Il y a un an, les mêmes organisations [2] alertaient déjà sur le manque de volonté et de moyens pour assurer la mise en œuvre d’une loi EGAlim déjà peu ambitieuse [3]. Là où nous attendions des amorces de transition, nous constatons au mieux des statuts quo, au pire de nouveaux reculs comme sur les néonicotinoïdes. Là où les réformes engagées devaient permettre de revaloriser le revenu des paysans, celui-ci continue à se dégrader au profit de l’agro-industrie. Là où des objectifs intéressants étaient fixés pour la restauration collective, ils paraissent aujourd’hui hors d’atteinte tant les collectivités sont livrées à elles-mêmes.

Or la dégradation du contexte social et environnemental se poursuit : la consommation de pesticides ne recule pas, le nombre de paysan·ne·s diminue, la biodiversité continue de s’effondrer, l’insécurité alimentaire explose en France et partout dans le monde…

D’autres leviers auraient permis de corriger le tir : projet de loi de finances, projet de loi de financement de la sécurité sociale, plan de relance, mise en œuvre des 149 mesures de la Convention citoyenne pour le climat, etc. Mais tout indique, à ce stade, que le gouvernement confortera l’immobilisme qui prévaut depuis le discours de Rungis de 2018. La position de la France dans le cadre de la réforme de la PAC et notamment le Plan Stratégique National reste un des derniers leviers les plus structurants de ce quinquennat pour agir en faveur d’une transition agroécologique. Et le plan de relance français dans son volet agricole ne doit pas, lui, aller à son encontre.

·  [1] La loi pour l’Équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine, durable et accessible à tous.

·  [2] Plateforme Citoyenne pour une transition agricole et alimentaire : Attac, CCFD-Terre Solidaire, CFSI, CIWF France, Commerce Équitable France, Confédération paysanne, Foodwatch France, Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, Fédération Nationale d’Agriculture Biologique, France Nature Environnement, Eau et Rivières de Bretagne, Générations Futures, Greenpeace France, Miramap, Nature et Progrès, Réseau Action Climat, Secours Catholique, Caritas France, SOL (Alternatives Agroécologiques et Solidaires), Terre & Humanisme, UFC-Que Choisir, Union Nationale de l’Apiculture Française, Welfarm, WWF.

Bilan des états généraux de l’alimentation, 2 ans après, la loi EGAlim définitivement à l’abandon

Décryptage du 30 octobre 2019 de la loi EGAlim

Partager cet article
Repost0
5 novembre 2020 4 05 /11 /novembre /2020 16:58

De plus en plus de nouvelles maladies infectieuses émergent, principalement à cause de la destruction des écosystèmes. Prévenir leur apparition serait la seule solution durable, selon un nouveau rapport international qui juge le coût de la prévention cent fois moindre que celui de l’inaction. D’après la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) et Clémentine Thiberge pour Le Monde le 29 octobre 2020. Lire aussi « Nous dépendons fondamentalement de la diversité du vivant ».

Prélèvement nasal sur un pangolin, à la China Biodiversity Conservation and Green Development Foundation, dans le Zhejiang, en juin 2020. AP

Prélèvement nasal sur un pangolin, à la China Biodiversity Conservation and Green Development Foundation, dans le Zhejiang, en juin 2020. AP

« Dans les décennies à venir, les pandémies vont être plus nombreuses, plus meurtrières, se propageront plus rapidement et feront plus de dégâts à l’économie mondiale ; à moins qu’il n’y ait un changement radical dans l’approche globale de la lutte contre les maladies infectieuses. » Voici l’alerte lancée par Peter Daszak, chercheur en zoologie et coauteur d’un rapport sur les pandémies publiées le jeudi 29 octobre par la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).

Ce groupe d’experts a réuni en début d’année vingt-deux scientifiques internationaux pour répondre à deux questions : comment les pandémies émergent-elles ? Et peut-on les prévenir ? « Habituellement ce type de rapport prend plusieurs années, explique Anne Larigauderie, secrétaire exécutive de l’IPBES. Nous l’avons sorti très rapidement car il était nécessaire d’avoir à disposition une évaluation du savoir scientifique sur le lien entre pandémies et biodiversité. »
Les auteurs ont analysé et synthétisé environ 700 références scientifiques. « On a beaucoup d’informations sur les pandémies d’un point de vue social, médical, explique Peter Daszak. Et on en a également beaucoup sur la perte de biodiversité, il était important de relier les deux pour répondre à la question : pourquoi les pandémies se produisent-elles ? »

IPBES - Rapport sur les pandémies, résumé en français.

« Une pandémie tous les dix ans »

Selon le rapport, 70 % des maladies émergentes (Ebola, Zika) et la quasi-totalité des pandémies connues (VIH, Covid-19) sont des zoonoses – c’est-à-dire qu’elles sont causées par des virus d’origine animale. Les principaux porteurs sont les mammifères – chauves-souris, rongeurs, primates, bétail – et les oiseaux. Mais bien que les pandémies trouvent leurs origines dans des microbes portés par des animaux, ce sont bien les activités humaines qui amplifient le phénomène. « Il n’y a pas de grand mystère sur la cause de la pandémie de Covid-19, ou de toute pandémie moderne, explique Peter Daszak. Les mêmes activités humaines qui sont à l’origine du changement climatique et de la perte de biodiversité entraînent également des risques sanitaires par leur impact sur notre environnement. L’expansion et l’intensification de l’agriculture, le commerce, la production et la consommation non durables perturbent la nature et augmentent les contacts entre la faune, le bétail, les agents pathogènes et les humains. C’est la voie vers les pandémies. »

Ces maladies émergent à un rythme de plus en plus soutenu. Selon le rapport, il existerait environ 1,7 million de virus non découverts chez les animaux, et 540 000 à 850 000 d’entre eux pourraient potentiellement infecter les humains. « D’ici peu, nous pourrions avoir une pandémie tous les dix ans, alerte Peter Daszak. Les gérer comme nous le faisons avec le coronavirus n’est pas une solution durable. Sinon, tous les pays pourraient connaître une récession économique continue. » Alors quelles sont les solutions pour réduire les risques de pandémies ? « Notre approche actuelle n’est pas la bonne, insiste le chercheur britannique. Nous espérons toujours contenir et contrôler les maladies après leur apparition grâce aux vaccins et aux thérapies. Mais échapper à l’ère des pandémies implique de laisser une place plus grande à la prévention qu’à la réaction. »

Imiter les cellules antiterroristes

Le chercheur préconise une approche à l’égard des pandémies similaire à celle des cellules antiterroristes. « Il faut faire exactement le même travail, explique-t-il. C’est-à-dire surveiller constamment, écouter les rumeurs de maladies émergentes locales pour pouvoir, dès le début d’une épidémie, la contrôler et l’enrayer. Aujourd’hui, nous ne faisons qu’attendre que les épidémies se développent et circulent. » Les programmes de lutte contre les pandémies agissent souvent dans le cadre de mesures d’urgence. Alors que celles-ci, dans un cercle vicieux, peuvent avoir des négatifs sur la biodiversité, par exemple l’abattage d’animaux ou la diffusion d’insecticides. « Il faut faire attention à ne pas faire passer le mauvais message, explique Peter Daszak. Les virus proviennent de la faune sauvage, beaucoup de maladies sont transmises par les chauves-souris, aussi certaines personnes pensent que la solution serait de les éradiquer. Mais si l’on enlève une espèce, une autre viendra prendre sa place. »

Les chercheurs sont unanimes : il est indispensable de changer radicalement de mode de consommation et d’exploitation. « Il faut réduire la consommation non durable de produits provenant des zones réservoirs de maladies émergentes, ainsi que celle, excessive, de produits issus de l’élevage », soutient Peter Daszak. Serge Morand, chercheur en écologie au CNRS, confirme : « Il faut vraiment remettre l’agriculture au centre des problèmes, et par conséquent au centre des solutions. » Selon le rapport de l’IPBES, le risque de pandémie peut être considérablement réduit en freinant la perte de biodiversité – qu’elle découle du commerce d’animaux sauvages ou de l’agriculture intensive – et en s’efforçant de conserver des habitats naturels propices.

Taxes sur la consommation de viande

Et pour convaincre du bénéfice des approches préventives, les chercheurs mettent en avant les avantages économiques. Le coût de l’inaction en matière de pandémie serait ainsi cent fois plus élevé que le coût de la prévention. Selon leurs calculs, les pandémies et autres zoonoses émergentes coûtent plus de mille milliards de dollars (857 milliards d’euros) de dommages économiques par an. Ils estiment à l’inverse que les stratégies de prévention basées sur la réduction du commerce des espèces sauvages, le changement d’utilisation des terres et une surveillance accrue, coûteraient entre 40 et 58 milliards de dollars par an. A titre d’exemple, les dépenses liées au Covid-19 ont été estimées entre 8 000 et 16 000 milliards de dollars entre le début de l’épidémie et juillet 2020 et pourraient s’élever à 16 000 milliards de dollars rien qu’aux Etats-Unis d’ici à 2021.

Les chercheurs s’agacent du manque d’actions politiques en réponse à leur diagnostic. « Ce rapport, très bien rédigé, est très important, mais le constat qu’il fait l’a déjà été il y a des années, souligne Serge Morand. En 1968 déjà, l’Unesco faisait le rapprochement entre destruction de la biodiversité et pandémie. Maintenant, il faut aller au-delà des constats, il faut aller plus loin ! » Le rapport propose des options politiques qui contribueraient à lutter contre le risque sanitaire : lancer un conseil intergouvernemental sur la prévention des pandémies afin de fournir aux décideurs les meilleures données scientifiques sur les maladies émergentes, prédire les zones à haut risque, évaluer l’impact économique des pandémies potentielles ; rédiger des accords internationaux fixant des objectifs contraignants ; inclure des taxes sur la consommation de viande et la production animale ; renforcer l’application des lois sur le trafic d’espèces sauvages. « Le Covid-19 a mis en évidence l’importance de la science et de l’expertise, soutient Anne Larigauderie. Nous espérons que ce rapport offrira aux décideurs de nouvelles perspectives sur la réduction du risque de pandémie et les options de prévention. »

Partager cet article
Repost0
3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 16:35

Une étude internationale évalue à 15 % la part de décès dus au nouveau coronavirus liée à l’exposition aux particules fines. D’après Stéphane Mandard le 3 novembre pour Le Monde. Lire aussi La pollution de l’air est un « facteur aggravant » des impacts du Covid­19 et La première conférence mondiale sur la pollution de l'air s'est ouverte à Genève.

La mauvaise qualité de l’air est un facteur supplémentaire de décès du Covid-19

Respirer un air de mauvaise qualité accroît le risque de mourir du Covid-19. Telle est la conclusion d’une étude internationale parue fin octobre dans la revue Cardiovascular Research. Selon les estimations des chercheurs, environ 15 % des décès dans le monde dus au Covid-19 pourraient être attribués à une exposition à long terme à la pollution de l’air. Une proportion qui monte à 27 % dans les régions les plus polluées de la planète, comme l’Asie de l’Est. Elle s’élèverait à 18 % en France, juste en dessous de la moyenne européenne, estimée à environ 19 %.

Dans une démarche inédite, les scientifiques ont cherché à évaluer la part de la mortalité due au Covid-19 attribuable à une exposition à long terme aux particules fines (PM2,5, de diamètre inférieur à 2,5 micromètres), les plus dangereuses pour la santé car elles pénètrent profondément dans l’organisme. « Le nombre de décès dus au Covid-19 augmentant de façon continue, il n’est pas possible de déterminer le nombre exact ou définitif de décès par Covid-19 par pays pouvant être attribués à la pollution de l’air », précise Jos Lelieveld, de l’Institut Max-Planck de chimie à Mayence (Allemagne) et auteur principal de l’étude.

Les résultats se fondent sur des données épidémiologiques collectées jusqu’à la troisième semaine de juin, dans le cadre d’études scientifiques menées aux Etats-Unis, en Chine et en Italie. Pour construire leur modèle de calcul, les chercheurs les ont combinées avec les données sur l’exposition des populations aux PM2,5 issues des observations satellitaires et des réseaux de surveillance de la qualité de l’air dans les villes.

Même s’ils n’en écartent pas la possibilité, les auteurs ne vont pas jusqu’à établir une relation de cause à effet directe entre pollution de l’air et mortalité due au Covid-19. Ils concluent qu’elle est « un facteur important » et « aggravant » de comorbidité. La littérature scientifique a déjà établi de façon solide le lien entre particules fines et décès par maladie respiratoire, accident vasculaire cérébral ou infarctus.

La France, mauvaise élève

« Lorsque les gens inhalent de l’air pollué, les PM2,5 migrent des poumons vers le sang et les vaisseaux sanguins. Cela endommage l’endothélium, la paroi interne des artères. Le coronavirus pénètre également par les poumons, causant des dommages similaires aux vaisseaux sanguins, décrit Thomas Münzel (université Johannes-Gutenberg, Mayence), coauteur de l’étude. Si vous avez déjà une maladie cardiaque, par exemple, la pollution de l’air et l’infection par le coronavirus causeront des problèmes pouvant entraîner des crises cardiaques, une insuffisance cardiaque et un accident vasculaire cérébral. »

La pollution de l’air aurait deux autres effets, relève l’étude. Elle favoriserait l’émergence de foyers épidémiques, en prolongeant la durée de vie du virus dans les aérosols. Elle augmenterait l’activité d’un récepteur, appelé ACE2, situé à la surface des cellules et connu pour être impliqué dans la manière dont le Covid-19 infecte les patients. « Il y a coup double, commente le professeur Munzel. La pollution de l’air endommage les poumons et augmente l’activité de l’ACE2, ce qui conduit à une meilleure absorption du virus ».

Santé publique France (SPF) considère la pollution de l’air comme « un facteur de risque aggravant ». L’organisme doit lancer prochainement une étude sur « le lien entre exposition à long terme aux particules fines et le risque de décès et d’hospitalisations pour Covid-19 ». Au moment du déconfinement, SPF rappelait que « la reprise des activités ne [devait] pas se faire au détriment de la qualité de l’air, déterminant majeur de la santé ». Dans une étude publiée en mars, les professeurs Lelieveld et Munzel avaient revu très significativement à la hausse la mortalité globale due à la pollution de l’air. Selon leurs calculs, elle serait ainsi responsable chaque année, en France, d’environ 67 000 morts. Beaucoup plus que l’estimation de 48 000 morts retenue depuis quelques années par SPF.

Mauvaise élève, la France a de nouveau été renvoyée devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) par la Commission, vendredi 30 octobre, pour avoir exposé les Parisiens et les Martiniquais à des niveaux de particules fines supérieurs aux normes légales depuis plus de douze ans. En octobre 2019, la CJUE avait condamné la France pour des dépassements répétés au dioxyde d’azote, un gaz toxique émis principalement par le trafic routier, dans une dizaine d’agglomérations.

Partager cet article
Repost0
16 octobre 2020 5 16 /10 /octobre /2020 15:58

L’Autorité de sûreté nucléaire affirme qu’il ne sera pas possible de valoriser l’ensemble des 318 000 tonnes d’uranium appauvri entreposées en France. D'après l'Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) et Perrine Mouterde pour Le Monde, octobre 2020. Lire aussi Seul 1% du combustible nucléaire français est recyclé, Trop cher et trop lent, le nucléaire ne sauvera pas le climat, Ces déchets nucléaires près de chez vous, L’enfouissement des déchets radioactifs n’est pas la seule solution, selon un rapport de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire et Ils disent non au lave-linge du nucléaire.

La centrale nucléaire de Cruas (Ardèche), en novembre 2019. Jusqu’en 2013, EDF a réutilisé des stocks d’uranium pour l’alimenter en combustible. JEFF PACHOUD/AFP

La centrale nucléaire de Cruas (Ardèche), en novembre 2019. Jusqu’en 2013, EDF a réutilisé des stocks d’uranium pour l’alimenter en combustible. JEFF PACHOUD/AFP

Il y a davantage de déchets nucléaires en France que ceux qui figurent actuellement dans l’inventaire officiel. C’est en tout cas l’une des conclusions formulées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dans un avis rendu public jeudi 8 octobre et passé relativement inaperçu. Elle y affirme qu’une part significative de ce qui était jusqu’à présent considéré comme de la matière radioactive destinée à être réutilisée pour produire de l’électricité correspond en réalité à des déchets radioactifs, qu’il va falloir gérer et stocker. Une orientation à contre-courant de la doctrine défendue depuis des années par la filière nucléaire française.

Cet avis fait suite au débat public sur le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR), dont la cinquième édition est en cours d’élaboration. Actuellement, la loi prévoit qu’un déchet radioactif est un résidu ultime qui ne peut plus être utilisé, tandis qu’une matière radioactive est potentiellement recyclable.

Dans ce document, le gendarme du nucléaire affirme qu’une matière peut être considérée comme valorisable à condition que l’existence d’une filière industrielle soit réaliste dans un horizon d’une trentaine d’années. « Si une substance est qualifiée de matière, les industriels ne vont pas travailler en vue de disposer d’une filière sûre de gestion en tant que déchet, ce qui va poser problème si in fine cette substance n’est pas utilisée », souligne Christophe Kassiotis, directeur des déchets, des installations de recherche et du cycle à l’ASN.

« L’Autorité de sûreté apporte une réponse à ce questionnement autour de la classification en matière ou en déchet en précisant ce qu’il faut entendre par la notion de “réutilisation envisageable”, ajoute Igor Le Bars, directeur de l’expertise de sûreté à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Elle introduit une notion de capacité industrielle et de temporalité. »

318 000 tonnes de métaux lourds

C’est à propos de l’uranium appauvri, issu du processus d’enrichissement de l’uranium naturel nécessaire à la fabrication du combustible utilisé dans les réacteurs, que l’ASN est la plus catégorique. Fin 2018, les stocks s’élevaient à 318 000 tonnes de métal lourd, entreposées dans les installations d’Orano (ex-Areva), à Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne), et au Tricastin (Drôme). Or la part de cet uranium appauvri utilisée pour la fabrication de nouveaux combustibles MOX (composés de plutonium et d’uranium appauvri) représente moins de 2 % de l’accroissement annuel des stocks.

Depuis 2019, la France a également discrètement mis fin aux recherches sur Astrid, un réacteur de quatrième génération qui aurait pu permettre d’utiliser une partie des matières radioactives, dont l’uranium appauvri, comme combustible. 

Le gendarme du nucléaire juge donc que la consommation de l’ensemble des quantités existantes est « irréaliste » avec les filières de valorisation envisagées à l’échelle du siècle. « L’ASN estime indispensable qu’une quantité substantielle d’uranium appauvri soit requalifiée, dès à présent, en déchet radioactif », souligne-t-il. « Cet avis représente une brèche considérable dans la construction théorique qui prévaut en France depuis les années 1970, selon laquelle tout matériau contenant de l’uranium et du plutonium sera valorisable à terme dans le cycle du combustible »,souligne l’expert critique du nucléaire Yves Marignac.

Orano affirme toutefois être en désaccord avec l’ASN et rejette une requalification en déchet de l’uranium appauvri. Le groupe assure que celui-ci peut être enrichi une seconde fois, ce qui lui confère de la valeur.

« Le choix de réenrichir de l’uranium appauvri se fait en fonction du coût de l’uranium naturel, explique Jean-Michel Romary, directeur maîtrise d’ouvrage démantèlement et déchets chez Orano. Pour l’instant celui-ci est assez bas, mais, si le cours continue à monter, il pourrait devenir rentable de réenrichir cet uranium à partir de 2025-2026. » L’entreprise insiste aussi sur le fait que ces stocks, qui représentent des « ressources naturelles exploitables en France », constituent une garantie d’approvisionnement pour les centrales d’EDF.

En dernier lieu, c’est le gouvernement qui peut décider de requalifier, ou non, l’uranium appauvri en déchet.

Alerte sur l’utilisation du plutonium

L’ASN s’est aussi penchée sur d’autres substances impliquées dans le cycle du combustible. La France est l’un des seuls pays au monde à retraiter ses combustibles usés : ce processus permet de séparer le plutonium (1 %) de l’uranium de retraitement (95 %) et des matières fissiles, considérées comme des déchets ultimes (4 %).

Fin 2018, les stocks d’uranium de retraitement étaient de 31 500 tonnes. Jusqu’à 2013, EDF en a récupéré une partie pour fabriquer du combustible neuf qui était utilisé dans les réacteurs de la centrale de Cruas (Ardèche). Aujourd’hui, l’électricien prévoit de reprendre le chargement de ces combustibles dans ses réacteurs de 900 mégawatts (MW) à partir de 2023 et de l’étendre à des réacteurs de 1 300 MW à partir de 2027.

« EDF nous a présenté une stratégie qui conduit à éliminer en une génération cet uranium de retraitement mais cela pose beaucoup de questions, notamment techniques, explique M. Kassiotis. Il va falloir que l’exploitant propose des jalons pour la mise en œuvre réelle de ce plan. » L’ASN souligne notamment que l’arrêt de réacteurs d’EDF d’ici à 2035, prévu par la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), aura un impact sur la production et la consommation d’uranium de retraitement. Elle appelle EDF et Orano à mettre en place un échéancier concernant la réduction des stocks et envisage une « éventuelle requalification »d’une partie de l’uranium de retraitement en déchet.

A propos du plutonium, l’Autorité de sûreté pointe, là aussi, l’impact de la PPE. Le plutonium est utilisé pour fabriquer du combustible MOX, qui peut être chargé dans vingt-deux réacteurs de 900 MW. Or ces réacteurs, les plus anciens du parc, seront les premiers à être arrêtés. EDF prévoit de « moxer » des réacteurs de 1 300 MW mais seulement à l’horizon 2032. D’ici là, le stock de plutonium, une substance particulièrement sensible, risque d’augmenter.

Des dysfonctionnements récents de l’usine Melox (Gard) ont en outre déjà conduit à une hausse très importante de ce stock (10,5 %) entre 2018 et 2019, pour atteindre près de 75 tonnes. « On alerte sur le fait que retraiter les combustibles usés pour obtenir du plutonium n’a de sens que si ce plutonium est réellement utilisé dans les réacteurs », résume M. Kassiotis.

L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) est appelée par l’ASN à poursuivre les études de faisabilité concernant le stockage de l’uranium appauvri et de retraitement. Selon des analyses lancées en 2017, ces deux substances, si elles étaient requalifiées, pourraient être considérées comme des déchets de « faible activité à vie longue » – c’est-à-dire peu radioactifs mais sur une période pouvant aller jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’années – et pouvant relever d’un stockage à faible profondeur. La question de l’endroit où elles seraient stockées se poserait aussi. Fin 2018, 1,64 million de mètres cubes de déchets étaient gérés ou destinés à être pris en charge par l’Andra.

Partager cet article
Repost0
24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 11:38

Soixante-dix ans après l’introduction dans l’industrie des composés fluoroalkyliques, dits PFAS, dénoncée par Dark waters de Todd Haynes, l’exposition de la population européenne excède largement le seuil fixé par l’agence de sécurité des aliments. D’après l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et Stéphane Foucart pour Le Monde le 24 septembre 2020. Lire aussi Tous les Français et surtout les enfants sont imprégnés par les perturbateurs endocriniens « du quotidien », Les pesticides perturbateurs endocriniens présents dans les eaux de surface en FranceDes pesticides et des perturbateurs endocriniens dans notre alimentation et Le rapport-choc de l’IGAS sur les perturbateurs endocriniens interrogent l’inaction des pouvoirs publics.

Dark waters ... 70 ans après, les composants perfluorés empoisonnent toujours notre environnement

Utilisés depuis plus les années 1950, notamment pour la fabrication du téflon (le célèbre revêtement de poêles anti-adhésif) par le géant de la chimie DuPont, les PFAS sont demeurés sous le radar des pouvoirs publics jusque dans les années 1990. C’est l’action en justice d’un groupe de riverains américains, contaminés par les effluents d’une usine du groupe de chimie DuPont, qui a mis en lumière, dès 1998, l’ampleur du scandale – une histoire fidèlement racontée dans le dernier film de Todd Haynes, Dark Waters. En particulier, le travail de l’avocat à l’origine de l’affaire, Robert Bilott, a montré que DuPont connaissait depuis des décennies les risques sanitaires présentés par les PFAS mais a continué à produire ces substances, tout en dissimulant leurs dangers.

Bien que parfaitement inconnus du grand public, les composés fluoroalkyliques (dits PFAS, pour « substances per- et polyfluoroalkyliques ») posent des risques sanitaires pour de larges franges de la population européenne. C’est le sens de l’expertise rendue vendredi 18 septembre par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), l’agence chargée d’évaluer les substances entrant dans la chaîne alimentaire. A la lumière des données les plus récentes, l’EFSA a réévalué le seuil d’exposition acceptable aux quatre PFAS les plus courants (PFOA, PFOS, PFNA et PFHxS) et fixe cette limite d’exposition à 0,63 milliardième de gramme par kilo de poids corporel et par jour (ng/kg/j).

Extrêmement bas, ce seuil tolérable atteste de la capacité de ces perturbateurs endocriniens suspectés à produire des effets délétères à des niveaux d’exposition très faibles. Selon l’agence basée à Parme (Italie), l’exposition moyenne d’une large part de la population européenne à ces substances – en particulier les enfants – excède souvent largement, voire très largement, ce seuil de référence. Une situation jugée « inquiétante » par l’agence, pourtant peu suspecte d’alarmisme. Par rapport à l’évaluation qu’elle avait conduite en 2008, l’EFSA a dû diviser le seuil d’exposition tolérable aux PFAS par plus de 2500, pour tenir compte de nouvelles études, toujours plus préoccupantes.

Les PFAS sont un groupe de substances de synthèse parées de propriétés physico-chimiques particulières (imperméabilisation, isolation électrique, etc.). Elles sont utilisées depuis des décennies par une variété de secteurs industriels : revêtements antiadhérents d’ustensiles de cuisine, matériaux d’emballage des aliments, textiles, automobile, électronique, mousses anti-incendie, etc. Par le biais de rejets industriels, du ruissellement de décharges, de la pollution des sols et des nappes phréatiques, ces substances ont progressivement imprégné l’environnement. Elles se stockent et persistent dans la chaîne alimentaire, achevant leur destin dans l’assiette des consommateurs – et in fine dans leurs organismes. Où, de surcroît, elles s’accumulent en raison de leur forte persistance. Toute la population occidentale est, à divers degrés, concernée.

Les effets avérés et suspectés des PFAS sur la santé

Les effets avérés et suspectés des PFAS sur la santé

« Les enfants sont le groupe de population le plus exposé »

Selon l’EFSA, les principales sources d’exposition à ces produits sont « l’eau potable, le poisson, les fruits, les œufs ou les produits à base d’œuf ». Les aliments les plus fortement contaminés sont la viande de gibier et certains produits de la mer. Selon les experts commis par l’agence européenne, « les enfants sont le groupe de population le plus exposé, et l’exposition pendant la grossesse et l’allaitement est le principal contributeur à l’apport en PFAS chez les nourrissons ».

L’EFSA a évalué l’exposition moyenne de la population européenne à ces substances à partir des mesures de la contamination d’un grand échantillon d’aliments commercialisés dans l’Union européenne. Selon les méthodes d’évaluation, les experts ont considéré une fourchette basse et une fourchette haute. Dans tous les cas, le seuil d’exposition tolérable est largement excédé pour les enfants et les nourrissons : de 0,85 à 6,5 ng/kg/j pour la fourchette basse, et de 38,6 à 112,1 ng/kg/j, pour la fourchette haute. Dans l’hypothèse la plus optimiste, les enfants peuvent donc être exposés à ces quatre PFAS jusqu’à 10 fois le seuil tolérable d’exposition et dans le pire des cas, jusqu’à près de 180 fois ce seuil.

Pour les adolescents, adultes et personnes âgées, les niveaux d’exposition sont environ deux fois inférieurs mais soulèvent néanmoins aussi une « inquiétude sanitaire », selon l’EFSA. D’autant que ces estimations sont limitées aux aliments bruts et ne tiennent pas compte d’autres sources d’exposition – matériaux au contact des aliments, contamination de l’air intérieur, etc.

Les effets sanitaires des PFAS sont très divers. Celui détecté aux plus faibles niveaux d’exposition est un effet immunitaire (une réponse vaccinale atténuée) chez les enfants exposés. Plusieurs études épidémiologiques publiées ces dernières années et rassemblées par l’agence européenne indiquent une association entre l’exposition aux PFAS et l’élévation du taux de cholestérol, le diabète et l’obésité, des troubles hépatiques, un faible poids à la naissance pour les bébés exposés in utero, ou encore une réduction des hormones thyroïdiennes.

Ce dernier effet pourrait d’ailleurs augurer d’un impact sur le neurodéveloppement des enfants ayant été exposés in utero ou dans la période périnatale, et l’EFSA recommande la poursuite des travaux sur ce sujet. D’autres dégâts possibles, comme l’altération du développement de la glande mammaire, ont été relevés sur des animaux de laboratoires. Tous les modes d’action de ces produits – les mécanismes biologiques par lesquels ils génèrent la variété de ces dégâts – ne sont pas encore élucidés.

Selon les données présentées par l’EFSA, l’exposition à deux PFAS – le PFOA et le PFOS – est en baisse depuis le tournant du siècle. Mais d’autres perfluorés sont, au contraire, de plus en plus présents, tandis que pour la majeure part d’entre eux, aucune tendance claire, ni à la hausse, ni à la baisse, ne peut être identifiée.

Dark waters ... 70 ans après, les composants perfluorés empoisonnent toujours notre environnement

« Plus de 4 000 produits dans cette famille »

« Il est très important que nous puissions poursuivre nos travaux sur l’alimentation des Français, en particulier pour mieux caractériser leurs expositions à ces produits : les dernières études que nous avons conduites sur le sujet reposent sur des données qui ont plus de dix ans, explique Matthieu Schuler, directeur de l’évaluation des risques de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Les niveaux d’exposition tolérable établis par l’EFSA, très bas, doivent nous conduire à trouver les moyens de limiter les expositions, en particulier chez les enfants. »

Quant aux restrictions d’usage de ces produits, c’est un casse-tête réglementaire. « Il existe plus de 4 000 produits dans cette famille et les plus problématiques sont déjà soumis à des restrictions dans le cadre de la directive européenne sur les produits chimiques, explique M. Schuler. D’autres sont inscrits dans la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants » – du nom de ce traité international qui bannit les substances dangereuses capables de s’accumuler dans l’environnement et la chaîne alimentaire, comme le DDT, le chlordécone, les polychlorobiphényles (PCB), etc. « Plusieurs agences sanitaires européennes travaillent à trouver un cadre réglementaire susceptible d’encadrer ces produits en procédant par groupe de substances en particulier compte tenu de leur persistance dans l’environnement », ajoute M. Schuler.

Partager cet article
Repost0
6 juillet 2020 1 06 /07 /juillet /2020 14:34

Les résultats de la première campagne nationale de mesure des pesticides dans l’air relèvent la présence du glyphosate et même de produits interdits. D'après Stéphane Mandard pour Le Monde le 02 juillet 2020. Lire aussi Des dizaines de pesticides dans l’air que nous respirons et Lancement d'une pétition européenne pour interdire les pesticides de synthèse.

32 pesticides cancérogènes identifiés dans l'air

Les pesticides ne se retrouvent pas seulement dans l’eau ou les aliments, ils polluent aussi l’air que l’on respire. Mais s’il existe des limites à ne pas dépasser dans l’eau et l’alimentation, ils ne font pas l’objet d’une surveillance réglementaire dans l’air et donc de normes. Afin de mieux évaluer l’exposition de la population française et définir enfin une stratégie nationale de surveillance des pesticides dans l’atmosphère, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) et le réseau des Associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (MASQUA) fédéré par Atmo France se sont associés pour mener la première Campagne nationale exploratoire des pesticides (CNEP).

Les résultats ont été publiés jeudi 2 juillet. Au total, 75 substances différentes ont été mises en évidence, dont 32 sont jugées « prioritaires » par l’Anses en raison de leurs effets potentiellement cancérogènes ou perturbateurs endocriniens. Parmi les produits les plus fréquemment retrouvés figurent le glyphosate, le folpel (plus connue comme « le fongicide de la vigne ») ou encore le lindane, un insecticide pourtant interdit depuis 1998.

Les prélèvements ont été réalisés entre juin 2018 et juin 2019 sur 50 sites répartis sur l’ensemble du territoire (métropole, départements et régions d’outre-mer) et prenant en compte les différents types de zones d’habitation (50 % de sites urbains-périurbains et 50 % de sites ruraux) et de productions agricoles : grandes cultures (26 %), viticulture (18 %), arboriculture (20 %), maraîchage (10 %), élevage (6 %). La grande majorité des capteurs étaient toutefois placés à plus de 150-200 mètres de la première parcelle, ce qui exclut les riverains des exploitations agricoles, les premiers exposés, de cette photographie. Une autre étude conduite avec Santé publique France, baptisée PestiRiv, vise à évaluer l’exposition des riverains des zones viticoles.

« Evaluer rapidement la situation du lindane »

Environ 100 000 données ont été analysées. A partir de cette base, l’Anses a établi « une première interprétation sanitaire », qui ne se veut pas une évaluation des risques. Cette analyse ne « met pas en évidence, au vu des connaissances actuelles, une problématique sanitaire forte associée à l’exposition de la population générale via l’air extérieur, hors source d’émission de proximité », tient à rassurer d’emblée l’agence. Une assertion qui fait tousser parmi ses partenaires. L’Anses identifie toutefois trente-deux substances prioritaires pour lesquelles « des investigations approfondies sont nécessaires ».

Sur ces trente-deux pesticides, neuf sont interdits. Pour l’Anses, la priorité est d’« évaluer rapidement la situation du lindane ». L’agence considère cet insecticide comme « une des substances les plus dangereuses (avec des effets cancérogènes, et/ou reprotoxiques et/ou perturbateurs endocriniens avérés) ». Malgré son interdiction en agriculture depuis 1998 (et dans les préparations antipoux ou antipuces depuis 2006), le lindane est la substance la plus retrouvée : il a été détecté dans 80 % des échantillons (dont 98 % en métropole).

Pour l’Anses, il s’agit désormais de chercher à identifier les motifs de sa persistance dans l’environnement puis à estimer les expositions cumulées par les différentes voies (respiratoire, alimentaire, cutanée) et milieux d’expositions (air extérieur et air intérieur…). L’agence indique qu’elle poursuivra un « travail analogue » pour les huit autres substances interdites (Epoxiconazole, Fénarimol, Iprodione, Linuron, Pentachlorophénol, Chlorothalonil, Chlorpyriphos-éthyl et Oxadiazon).

 « L’Anses enfonce des portes ouvertes, commente un expert proche du dossier. C’est facile de s’attaquer à des produits déjà interdits mais quid de tous les autres, qui sont encore largement utilisés ? » Une interrogation qui vaut en premier lieu pour le glyphosate. Classé cancérogène probable, le très décrié herbicide de Bayer est la troisième substance la plus retrouvée (56 % des échantillons). Il fait partie des neuf substances « fréquemment quantifiées », c’est-à-dire identifié dans au moins 20 % des échantillons, selon la classification retenue par l’Ineris. Certes, parmi ces neuf pesticides, le glyphosate est celui qui présente les concentrations moyennes annuelles les plus faibles (0,04 ng/m3) quand les autres sont supérieures à 0,12 ng/m3. Mais elles ne sont guère plus faibles que pour le lindane (0,06 ng/m3).

« Accélérer sur une surveillance réglementaire pérenne »

Quid également du folpel ? Utilisé contre le mildiou, « le fongicide de la vigne » est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique probable par l’Organisation mondiale de la santé. De toutes les substances mesurées en métropole, le folpel est le pesticide qui présente les niveaux de concentration les plus élevés (1,03 ng/m3 en moyenne annuelle), derrière le prosulfocarbe (2,61 ng/m3), un herbicide.

Et les moyennes annuelles nationales donnent une indication qui peut être trompeuse. Elles cachent des différences locales et des variations saisonnières importantes. Ainsi, la concentration moyenne annuelle en folpel atteint 3 ng/m3, en zone viticole. Des concentrations qui peuvent dépasser les 100 ng/m3 hebdomadaires pendant les périodes de traitement de la vigne entre juin et septembre. On retrouve les mêmes pics avec le prosulfocarbe et les grandes cultures d’octobre à décembre et d’avril à juin.

Il n’empêche, pour l’Anses, « un travail complémentaire d’expertise » est encore nécessaire pour toutes ces autres substances « prioritaires ». « A un moment donné, il faudra quand même accélérer sur une surveillance réglementaire pérenne des pesticides dans l’air avec des valeurs sanitaires de référence, s’impatiente Emmanuelle Drab-Sommesous, directrice déléguée d’Atmo Grand-Est et référente pesticides pour Atmo France. Cela fait vingt ans que l’on fait des mesures. »

Sans attendre, les associations de surveillance de la qualité de l’air recommandent la multiplication des sites de mesure afin de produire une « information locale,
fiable et représentative »,
indispensable dans un contexte parfois tendu ; la mise en place d’une plate-forme nationale d’enregistrement des produits phytopharmaceutiques pour centraliser aussi bien les achats de pesticides que leur utilisation ou encore la prise en compte du suivi des pesticides dans l’air dans les politiques de santé environnementale.

Partager cet article
Repost0
21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 09:04

À mesure que l’espace urbain évolue, les jungles urbaines d’aujourd’hui sont de plus en plus entrecroisées avec la végétation. Pourtant, “verdir” la ville ne suffit plus pour réparer les déséquilibres flagrants de la relation entre les Hommes et le monde naturel. Joëlle Zask explore la manière selon laquelle l’agriculture urbaine offre une forme de citoyenneté fondée sur l’autogouvernement. L’agriculture urbaine restaure par la même occasion une relation à la terre vouée à la régénération perpétuelle plutôt qu’à l’exploitation mutuelle et destructrice. Publié le 24 octobre 2019 sur le Green European Journal. Lire aussi Jouir des biens communs sans posséderFace aux méga-feux, la forêt, un commun à préserver et Réorienter notre économie vers des alimentations moins risquées pour la santé.

Sous les pavés, le potager

L’inscription « sous les pavés le potager » est apparue très ponctuellement Place de la République à Paris, durant les Nuits debouts en avril 2016, sur les dalles qui avaient été ôtées par un manifestant pour créer un jardinet et qui ont été sur le champ repositionnées par les services municipaux. Cette expression, bien que reprise depuis, n’a pas eu la postérité de cette autre qu’elle imite : « Sous les pavés la plage ». Il s’agissait alors, en mai 1968, d’un slogan inventé par un ouvrier qui s’était répandu quand les manifestants avaient constaté que les pavés qu’ils extrayaient pour faire des projectiles et des barricades étaient posés sur le sable. Il avait été précédé d’un autre slogan : « Il y a de l’herbe sous les pavés ». Mais ce dernier n’avait pas été adopté, d’une part parce que le mot « herbe » évoquait une drogue bien connue mais mal vue et, surtout, parce que, contrairement au sable qui est un matériau de construction, l’herbe résonnait comme une bizarrerie peu crédible et un peu surréaliste dans le contexte de la ville.

Une ville plus verte pour des citoyens plus écologiques ?

« Sous les pavés le potager » est désormais beaucoup plus dans l’ère du temps. Les jardins ont acquis un droit de cité qu’ils n’avaient pas en 68. Potagers, plantations en tout genre, herbes folles, se développent le long des rues, dans les parcs et les cours, au pied des arbres, sur les toits, aux abords des villes, etc. En revanche, il ne semble pas que la transformation de la ville se soit accompagnée d’une transformation corrélative des conceptions de la citoyenneté. S’il y a de plus en plus de vert dans notre environnement urbain, il n’y en a quasiment pas dans la personne du citoyen, étymologiquement l’habitant de la cité, confondue avec la ville. Or « verdir » la citoyenneté n’est pas accessoire ; c’est d’une part une condition de l’émergence d’un écosystème complet qui oppose une alternative au système urbain minéral, colonisant l’extérieur dont il dépend matériellement. D’autre part, c’est aussi un geste nécessaire afin de favoriser l’action pour le climat et contre les activités qui déséquilibrent les rapports entre les êtres humains et la nature.

« Sous les pavés le potager » n’est certainement pas un fait. La valeur du slogan est programmatique. Il offre l’occasion d’avancer l’hypothèse suivant laquelle les rapports sociaux dans lesquels intervient une considération pour la nature et les êtres naturels sont d’une qualité supérieure à l’idéal que représente la classique assemblée du peuple siégeant dans l’espace évidé d’une agora quelconque, et faisant un « usage public de sa raison » (1). Ainsi défini, le citoyen est l’élément central d’une conception logocentrique et désincarnée des pratiques politiques. Je voudrais lui opposer  un citoyen-environnementaliste dont les relations avec autrui sont à la fois situées et productrices, ou protectrices, d’un monde commun concret, incluant un territoire, un habitat, un paysage, une économie, une ressource : la nourriture.

Le bien être à la ville

« Le potager sous les pavés » exprime le lien nécessaire entre la ville et la nature, à tous les sens du terme. Dans la tradition antique, avec laquelle nous aurions avantage à renouer, la culture de la terre, la jouissance esthétique, et la production de la subsistance n’étaient pas séparées. La cité, au sens qu’Aristote donnait à ce terme, par Aristote, était en effet (malgré les limites connues que constitue l’omniprésence économique et sociale de l’esclavage) une communauté qualifiée d’heureuse parce qu’autarcique ou, plutôt indépendante. La liberté du citoyen et l’égalité auraient été lettre morte si la cité, c’est-à-dire la communauté de ses habitants, n’avait pas été à même de se relier à la nature pour en tirer des enseignements partageables et produire la subsistance nécessaire (2). Demeter était déesse de l’agriculture et des civilisations, y compris dans leur raffinement ultime, indissociablement.

Et de fait, la cité grecque, y compris l’agora, ne formait pas l’univers minéral que nous imaginons classiquement. L’agora, ou la place du marché, était ouverte à tous, ombragée par de vastes platanes (platanes et places viennent de la même racine) reliés naturellement à l’eau, en relation avec la nature environnante (3). On peut même dire que la cité conçue comme une communauté libre et indépendante avait des caractéristiques parfaitement contraires à celles qui ont été ensuite conférées à la Cité idéale, par exemple à celle que représente le célèbre panneau d’Urbino (4). Depuis la Renaissance, de Thomas More à Claude Nicolas Ledoux, de Charles Fourier à Jean-Baptiste André Godin, d’Henri Ford et sa Fordlandia en plein cœur de l’Amazonie à Lecorbusier, etc., ces cités idéales sont devenues des villes planifiées et aménagées conformément à des principes censés exprimer les besoins humains fondamentaux sans jamais que les habitants soient consultés, associés et responsabilisés quant aux conditions de leur propre habitation. Elles évoquent ces villes idéales construites dans les airs dont se moquait déjà Aristophane dans Les Oiseaux.

L’exclusion de la nature hors de la ville intégralement minérale conduit à fossiliser la citoyenneté. Le « droit à la ville » n’en fait pas partie. La ville privée de cité peut bien être fonctionnelle, utile, spécialisée, dédiée, elle n’en est pas pour autant propice au « bien vivre ».

La politique du jardin partagé

« Sous les pavés le potager » indique également, de manière métaphorique, que ce dont la ville est faite, ses matériaux de base, ne sont pas seulement le sable qui sert à faire du mortier et du béton mais un terrain partagé en lots de terre dans lesquels poussent des légumes et des fruits. Au citoyen défini par sa raison critique et sa position hors sol se substitue alors une configuration dans laquelle produire la nourriture est intégré dans la vie ordinaire. Comme l’affirment jusqu’à aujourd’hui les paysans traditionnels et les urbains qui cultivaient un jardin, l’accès à un lopin de terre, loin d’être contraire à la condition humaine, en est un aspect fondamental. C’est cet accès, appelé aussi « droit de cultiver » qui est la garantie la plus ferme de l’égalité et de la liberté comprise comme indépendance.

De la Guerre des paysans en Allemagne entre 1524 à 1526 (également appelée « Soulèvement de l’homme ordinaire » ou de « l’homme commun ») aux mouvements politiques actuels des paysans sans terre, se décline et s’illustre de la part des personnes engagées l’importance de l’union entre les activités discursives et les activités productives.  A défaut d’une telle union, il est inévitable que se développent l’esclavage, le travail mercenaire, l’exploitation, la dépendance, mais aussi les monocultures toujours plus rentables, les cadences infernales, les intrants en tout genre, la dégradation des sols, etc. Avec la revendication d’un accès à la terre, y compris au sens écologique que confère à cette expression le « verdissement » des villes, l’union sociale cesse d’être idéalement formées de citoyens de nulle part, égaux car sans différence, neutres et objectifs. Elle concerne désormais des citoyens qui font des choses ensemble et considèrent que produire leur moyen d’existence est nécessaire à une vie sociale démocratiquement organisée.

Avec le jardin partagé, qui est d’ailleurs dans les faits un endroit où se rassemblent des gens aimant causer et socialiser, on passe du concept essentialisé, voire sacralisé, « Le politique », à la notion ouverte et dynamique qui a pour nom « la politique ». Au lieu d’être confinée et séparée du reste du monde, comme l’est la ville traditionnelle située derrière sa muraille, la politique peut sans risque de perversion être associée à chaque activité dans laquelle se joue une forme ou une autre d’autogouvernement.

Sous les pavés, le potager

Le potager sous les pavés : une école de l’autogouvernement

Or « le potager sous les pavés » est une école de l’autogouvernement. Jardiner signifie en effet conduire mon expérience de manière à l’adapter au terrain et, en même temps, à mes besoins. La connaissance du lopin suppose celle de la nature environnante, de la géographie, de la météo, du régime hydrique, de l’histoire. Comme le pensait Geddes, la bonne ville et la vie authentiquement humaine suppose une observation qui va du point de vue panoramique au détail infime (5). C’est ainsi qu’apparaît cet ancêtre de la notion d’écosystème, le « génie du lieu ».

Il est fréquent que les paysans rappellent que la nature est leur maître. Ils ne peuvent faire ce que bon leur semble. Comme l’écrivait Turner au sujet de la « wilderness » américaine, l’environnement n’est pas quelque chose avec quoi on puisse signer un contrat (6). Mais le paysan, celui que dépeint avec admiration Emerson par exemple, s’il sert la terre, ne lui obéit pas (7). Au contraire, il dialogue avec elle et transforme le paysage, œuvrant pour les générations futures.

Or au sens pragmatiste, l’expérience est constitutive de l’individualité. Elle est en effet véritable si le sujet de l’expérience apprend des changements qu’il provoque dans la situation qu’il est celle de son action. Cela implique qu’il transforme activement cette situation et observe les effets dont il est l’origine, puis se situe par rapport à eux, pour les rejeter, les valider ou les transformer en moyen pour une expérience ultérieure. La grammaire de la culture de la terre est celle de l’expérience. Le paysan, à la fois cultivateur qui produit la subsistance et jardinier qui entretient la nature, pratique une forme d’autogouvernement extrapolable à bien d’autres occasions.

Une solution terre à terre

« Sous les pavés le potager » dénote finalement une dimension de soin, de gardiennage, de culture. En ce qui concerne la forêt et la nature, on sait avec de plus en plus de lucidité que les paysages sont en partie façonnés par des êtres humains qui, depuis des temps immémoriaux, les organisent et les administrent de manière à les préserver. Ainsi que les aborigènes d’Australie qui ont pour philosophie le country cleaning, ils se savent partie prenante de la nature et gardien de sa régénération perpétuelle. Comme en ce qui concerne Adam à Éden, cultiver le jardin et le garder se révèlent deux aspects d’une même activité.

Or, comme nous l’avions signalé, les sociétés organisées de manière à assurer diligemment le couplage entre cultiver et préserver la nature en veillant à sa régénération perpétuelle présentent des qualités spirituelles et matérielles spécifiques. Par contraste avec celles qui exploitent la nature afin de la dominer et l’éloignent au profit d’une prétendue spiritualité supérieure, elles revêtent des qualités indispensables au développement de l’individualité de tous aussi bien qu’au maintien des communs. Comme l’avait pressenti Thomas Jefferson, grand partisan d’une démocratie agraire et ennemi du latifundisme, des planteurs de coton et de tabac, et aussi du physiocratisme qui était déjà pleinement extractiviste, l’exploitation de la nature et celle des êtres humains sont les deux facettes d’une même réalité.

Ainsi, verdir la citoyenneté en y intégrant le souci du country cleaning, la création et le soin des espaces communs, le gardiennage de l’environnement partagé, de manière à préserver les conditions et les occasions de l’expérience de tous et, ainsi, distribuer les opportunités d’individuation, de contributions, d’exploration, qui font le sens de la vie, à tous les membres de la communauté, se révèle une solution « écosystémique » qui, loin d’être utopique, est à la portée de chacun. En témoignent clairement un bon nombre  d’actions relevant du mouvement Occupy ou Reclaim the street, l’installation de noyaux villageois au centre des places urbaines occupées ou la création par les habitants de jardins partagés, d’un mobilier urbain convivial ou d’un plan de rénovation urbaine à l’échelle d’un quartier. En définitive, ce que nous apprend l’inscription « sous les pavés le potager », c’est que l’autogouvernement, à l’inverse d’un rêve inaccessible ou une utopie lointaine, est précisément sous nos pieds. A nous de le mettre sous notre nez. 

1.  Cette expression est présente chez Kant dans Réponse à la question : qu’est ce que l’Aufklärung ? (Beantwortung der Frage : Was ist Aufklärung?, 1784. Elle est reprise par Habermas dansJürgen Habermas, L’Espace public : archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise (1962), Payot, Paris, 1997. L’  « usage public de la raison » est le propre de la « sphère publique bourgeoise » qui s’instaure face au gouvernement pour le surveiller et le critiquer. Elle est constituée d’un public raisonnant et « éclairé ». 

2. Aristote, La Politique, Livre III, Traduction de P. Pellegrin,  GF, 1993. 

3.  Sur ce point et la question du jardin partagé, je me permets de référer à mon ouvrage La démocratie aux champs, Paris, La Découverte, (Coll. « Les Empêcheurs de penser en rond »), 2016. Et concernant la conception géométrique et minérale de la place publique, voir J. Zask Quand la place devient publique, Lormont, Le Bord de l’Eau Éditions, (Coll. « Les Voies du politique »), 2018.

4.  Le panneau de bois de La Città ideale dit Panneau d’Urbino (239,5 x 67,5 cm), se trouve à la Galerie nationale des Marches et fut réalisé entre 1480-1510. Il fait partie d’un ensemble de trois dont les deux autres, qui datent de la même période, sont La Veduta di città ideale dite « de Baltimore » et La Veduta di città ideale dite « de Berlin ».

5.  de Biase, Alessia, Albert Levy, et María A. Castrillo Romón. « Éditorial. Patrick Geddes en héritage », Espaces et sociétés, vol. 167, no. 4, 2016, pp. 7-25. Ce numéro est entièrement consacré à Sir Patrick Geddes. 

6.  Frederick Jackson Turner, “The Significance of the Frontier in American History “, 1893,  A paper read at the meeting of the American Historical Association in Chicago, 12 July 1893, during the World Columbian Exposition. 

 7. Ralph Waldo Emerson, The Works of Ralph Waldo Emerson, in 12 vols. Fireside Edition, Boston and New York, 1909, Vol. 7, Chap. 4, « Farming » [En ligne]http://oll.libertyfund.org/title/86/104482

8.  Marcia Langton, “Burning questions: emerging environmental issues for indigenous peoples in northern Australia, Darwin, Northern Territory University, Centre for Indigenous Natural and Cultural Resource Man- agement”, 1998

9.  Sur les diverses branches de l’agrarisme américain et la position de Jefferson, voir Thomas P. Govan, « Agrarian and Agrarianism: A Study in the Use and Abuse of Words », The Journal of Southern History, Vol. 30, No. 1, 1964. Il en est largement question dans La Démocratie aux champs, op. cit.

Partager cet article
Repost0
4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 11:15

En croisant à la fois les données sur la mortalité due au virus, les modalités de contrôle choisies par les gouvernements et le respect de l’Etat de droit, le sociologue Sebastian Roché conclut que la France privilégie une approche punitive. Sebastian Roché, sociologue, spécialiste des questions de police et de sécurité, directeur de recherche au CNRS, auteur de De la police en démocratie, a fait paraître cette tribune dans Le Monde le 3 juin 2020. Lire aussi Avec les écoféminismes, se projeter autrement dans l'après-Covid et StopCovid : notre santé est primordiale, nos libertés ne le sont pas moins.

L'interdiction - Gilbert Garcin (21 juin 1929-17 avril 2020)

L'interdiction - Gilbert Garcin (21 juin 1929-17 avril 2020)

Face à la pandémie du coronavirus, les gouvernements de l’Union européenne (UE) ont réagi, certains avec plus de vigueur que d’autres. Tous ont juré que les mesures prises étaient dictées par des considérations de santé. Ainsi, le 16 mars, Emmanuel Macron, répétant « nous sommes en guerre », a plaidé que des « dispositions fermes » avaient été prises par le gouvernement « sur la base de recommandations scientifiques avec un seul objectif : nous protéger face à la propagation du virus ». La France d’Emmanuel Macron n’est certes pas la Hongrie du premier ministre Viktor Orban, mais ce dernier avait, lui aussi, déclaré, le 27 mars : « Ceci est une situation de guerre », avant d’annoncer, le 3 avril, qu’il lui fallait « gouverner par décret pour bloquer la diffusion du virus ».

La « profondeur du contrôle »

Pourtant, tous les dirigeants ne tiennent pas le même langage. Alors, qu’a fait au juste la classe dirigeante européenne ? Pour le comprendre, nous avons examiné les informations mises à disposition par les Etats et les agences de santé, qui permettent de vérifier si la rigueur affichée par les gouvernements de l’UE correspond bien à la gravité de la situation sanitaire. Le nombre de décès liés au virus, une fois rapporté à la population, donne une idée de la pression de la maladie (pour 100 000 habitants à la date du 25 avril). Certes, les limites en sont connues, mais ce sont les meilleures données disponibles.

Puis, nous avons construit un indice de la sévérité du contrôle. Cet indice intègre toute une série d’éléments : le fait de recourir à l’armée (hors action humanitaire), de créer des dispositifs de déclaration des sorties, d’étendre les types de personnels habilités à les contrôler (en plus de la police et de l’armée) ; d’instaurer des couvre-feux ; de donner à la police les pouvoirs pour punir nos comportements, comme de vérifier le port d’une attestation ou la « première nécessité » des achats réalisés, ou encore d’entrer à votre domicile de manière aléatoire pour vérifier si vous êtes bien confinés (comme en Pologne). Prises toutes ensemble, ces informations nous renseignent sur la « profondeur du contrôle » de nos mouvements imposé par l’Etat : mobilisation des moyens humains, pouvoir de contrainte, et sanctions.

En rapprochant le taux de décès et la profondeur du contrôle, on remarque deux choses. D’abord, la diversité de la rigueur : si les gouvernants veulent tous le bien de leur peuple, ils ne partagent pas la même notion du bien. Certains ne jugent pas nécessaire de contrôler beaucoup, d’autres si. Ainsi, le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, explique : « Je ne veux pas agir comme si j’étais le boss. » En conséquence : pas d’attestation de sortie, ni de militaires dans les rues ni de verbalisations en masse. Ensuite, on voit que les décisions de contrôler et punir ne semblent guère dictées par la sévérité de l’épidémie.

On trouve des réponses au style militaro-policier plus affirmé parmi les pays les plus touchés (France, Italie, Espagne, qui comptent 33 à 47 décès pour 100 000 habitants), mais aussi parmi les moins affectés (Bulgarie, Pologne, Roumanie, avec moins de 1,2 décès pour 100 000). Plus étrange encore, dans l’entre-deux, on trouve un groupe de pays où aucun gouvernement n’adopte cette approche punitive (par exemple, la Norvège, le Danemark, l’Irlande ou l’Allemagne, dont on se souvient que le président rejette la métaphore de la guerre contre le virus). Si l’ampleur des décès joue un rôle dans la sévérité du contrôle des citoyens, il est manifeste qu’elle ne suffit pas à l’expliquer.

Faiblesse démocratique

Mais alors, qu’est-ce qui motive les Etats à contrôler en profondeur ? Le contrôle est caractérisé par le caractère exceptionnel des moyens mis en œuvre pour appliquer les restrictions, elles-mêmes exorbitantes des règles communes. C’est pourquoi la faiblesse démocratique en est une explication fort plausible. Lorsqu’on rapproche l’indice du « contrôle en profondeur » et le « score d’état de droit » tel qu’il ressort des calculs du très sérieux World Justice Project, il apparaît que les gouvernements qui contrôlent le plus sont ceux où la démocratie est la moins bien garantie.

Le score d’Etat de droit varie entre 0,5 (Hongrie, Bulgarie) et 0,92 (Irlande, Danemark), dans l’UE. Les pays qui obtiennent moins de 0,79, le score du Royaume-Uni, sont les plus autoritaires. Parmi ces derniers se trouve la Roumanie, où l’armée fait des contrôles dans la rue et où se pratique un couvre-feu national. La Hongrie l’a instauré aussi, et permet même aux autorités locales de le renforcer. La Grèce y a également recours, et oblige à détenir une attestation de sortie par SMS. En Bulgarie, en plus de tout cela, la police peut désormais accéder aux métadonnées de communication des individus. La Pologne combine couvre-feu des mineurs non accompagnés, contrôles par l’armée et visites aléatoires de police au domicile pour vérifier le confinement.

Les gouvernants de pays « moyennement démocratiques » et un peu mieux notés (Italie, Espagne et France) recourent à l’armée avec des modalités différentes. En France, on retrouve l’armée (le dispositif « Sentinelle », qui ne fait pas de contrôle), des couvre-feux dans des dizaines de municipalités mais pas au plan national, des attestations de sortie et des contrôles par millions. Par contraste, parmi les pays dont la démocratie est forte (note supérieure à 0,79), aucun ne voit son exécutif s’engager dans une telle voie. L’explication est simple : plus un État se garde de ses citoyens, plus il est prompt à les surveiller.

Si presque tous les gouvernements de l’UE ont pris des mesures exceptionnelles, la manière de les appliquer diffère grandement. Notre premier ministre, en dépit d’une évolution du vocabulaire depuis le conseil des ministres du 2 mai, où il a privilégié les termes « responsabilité » et « confiance », n’a pas pour autant renoncé à l’approche punitive. A la sortie de ce même conseil, M. Castaner annonçait que divers personnels non policiers allaient permettre d’étendre plus encore les contrôles. A la veille du dernier week-end de mai, concernant la « règle des 100 km », il précisait qu’il y aurait « encore des contrôles ». L’État se méfie des citoyens. Avec 20 millions de contrôles et un million d’amendes début mai, la Française est championne d’Europe. Comme les plus mauvais élèves de l’UE, notre exécutif survalorise la surveillance et la punition aux dépens de l’aide aux personnes éprouvées par l’épidémie. Presque autant que ces régimes, l’État français affiche fièrement sa défiance.

Partager cet article
Repost0
8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 12:23

Planet of the Humans (« Planète des humains ») déboulonne le mythe des énergies vertes, et montre que « la seule énergie propre, c’est de consommer moins d’énergie ». Un docu­men­taire proposé par le site partage-le.com disponible gratuitement en ligne, en version sous-titrée en français du film docu­men­taire dont Michael Moore est le produc­teur exécu­tif, Ozzie Zehner un copro­duc­teur, et Jeff Gibs copro­duc­teur et réali­sa­teur.

Partager cet article
Repost0
28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 08:00

StopCovid n'a l'air de rien, et l'application est d'une utilité plus que douteuse. Elle n'en porte pas moins atteinte à nos libertés. Il est des engrenages où il ne faut pas mettre le doigt. Par Esther Benbassa, sénatrice EELV, le 27 avril 2020.

StopCovid : notre santé est primordiale, nos libertés ne le sont pas moins
StopCovid. Le mot a tout d’une injonction. D’aucuns voudraient le faire passer pour le nom du sésame capable de nous sortir d’un confinement anxiogène tout en nous promettant des jours meilleurs. Il ne désigne en fait qu’une application de plus à installer sur son smartphone. Et dont le but est de tracer anonymement les contacts entre personnes saines et personnes infectées, d’anticiper et de contrôler les risques de contamination, et par là de juguler la circulation du virus.

Cette application n’est pas encore prête, mais suscite déjà maintes interrogations sur son efficacité et sur les dangers qu’elle fait peser sur les libertés publiques dans un pays comme le nôtre, dont le goût prononcé pour les états d’urgence n’est plus à démontrer, alors que chez nombre de nos voisins, par exemple en Allemagne, on est loin d’être aussi prompt à s’y lancer même en période de pandémie. 

Un penchant bien français pour les états d'urgence

Rappelons que plusieurs des mesures prises sous l’état d’urgence décrété à la suite des attentats terroristes de 2015 ont été par la suite intégrées dans notre droit commun. Cette pérennisation pourrait bien concerner aussi StopCovid. D’où le débat qu’il suscite dans la sphère politique et dans le monde associatif. Au point que les chefs des partis d’opposition ont demandé avec insistance au Premier ministre un débat à ce sujet au Parlement, suivi d’un vote.

Initialement, seul un débat était prévu. Le vote finalement accepté sera purement indicatif. De surcroît, pour parer à toute division gênante, y compris au sein de la majorité gouvernementale, à la dernière minute on l’a inséré dans un package : celui des mesures de « déconfinement » que le Premier Ministre exposera le 28 avril l’Assemblée. Le traçage, sujet hautement inflammable, devenant ainsi une mesure parmi d’autres. Il en sera de même, la semaine du 4 avril, au Sénat.

L’utilisation de cette application aurait justifié le vote d’une loi, mais on a pu s’en passer pour une raison toute simple : le cadre juridique en matière de traçage est respecté, il n’est pas interdit, en la circonstance, de procéder à une collecte de données individuelles, l’article 9 du Règlement général sur la protection des données (RGPD) l’autorisant lorsque le traitement en est nécessaire pour des motifs d’intérêt public dans le domaine de la santé publique. De même que l’article 15 de la directive européenne e-Privacy de 2002. Une loi spécifique aurait pourtant permis un suivi du recours à cette application plus strict que celui que propose Cédric O, secrétaire d'État chargé du Numérique, et aidé à parer à d’éventuelles dérives – telle, justement, la pérennisation de cette mesure.

Une efficacité douteuse sur le plan sanitaire, un danger pour nos libertés

Le gouvernement cherche à rassurer en arguant du fait que l’application n’utilise pas la géolocalisation mais plutôt le Bluetooth, moins invasif, qu’a priori elle ne centralise pas les informations sur une base de données, que celles-ci seront supprimées de toute façon tous les 21 jours, que l’application sera installée sur la base du consentement, et que l’anonymat sera garanti.

Pour la présidente de la Commission nationale informatique et Libertés (CNIL) StopCovid n’en présente pas moins un risque d’« atteinte forte » aux libertés. En fait, elle demande que le dispositif reste proportionné en privilégiant les solutions les moins invasives, et temporaire, pendant la seule durée nécessaire au traitement de la crise sanitaire. Elle demande la suppression régulière des données afin qu’aucune collecte ou fichage ne soient réalisés, la possibilité, pour le citoyen, de désactiver l’application à sa guise, des dispositions l’empêchant d’être discriminatoire – dans le cas, par exemple, où un employeur n’autoriserait ses salariés de reprendre le travail après le déconfinement qu’à la condition de télécharger l’application.

En période de crise sanitaire, la notion de consentement est par ailleurs plus que sujette à caution. Il ne faut pas sous-estimer ici le poids des attentes et des craintes de la collectivité au point de se transformer en pression morale sur ceux qui n’auraient pas spontanément opté pour le chargement de cette application. On peut facilement imaginer aussi, dans ce contexte, un développement de la délation.

On soutient que les Français seraient tous disposés à utiliser StopCovid. Mais doit-on oublier que seuls 39% d’entre eux accordent leur confiance au gouvernement ? Et sait-on seulement si ce système, qui n’est toujours pas au point, serait efficace ? Une chose, au moins, est certaine : il ne remplacera jamais le respect des gestes barrière, le port du masque et les tests. Et son utilisation à Singapour n’y a pas empêché une nouvelle vague de contamination et un reconfinement le 7 avril. Qui, enfin, pourrait faire fi de la fracture numérique qui handicape notre pays ? Les zones blanches y sont nombreuses. Les personnes les plus vulnérables comme les seniors sont 44% à avoir un téléphone mobile, alors qu’il faudrait plus de la moitié de la population télécharge l’application pour qu’elle joue son rôle. Et l’on n’oubliera pas les questions techniques importantes posées par la variété des modèles de smartphone…

Un paravent pour le gouvernement ?

Après tout, c’est au gouvernement que revient la gestion de cette crise sanitaire. Ce sont les choix austéritaires et libéraux successifs en matière de santé publique dans notre pays qui ont mis nos hôpitaux dans l’état où nous les voyons. Ce sont les choix économiques de nos dirigeants qui ont fragilisé notre industrie. Nous sommes dépendants, entre autres de la Chine, pour ces masques qui n’arrivent pas, pour ces tests qui ne sont pas prêts, pour ces respirateurs qui ne sont pas à la norme. À quoi il faut ajouter le manque de médicaments, de blouses pour le personnel hospitalier ou de gel hydroalcoolique en quantité suffisante…

Cette pandémie a été affrontée dans la confusion, avec des contradictions en série, et pas mal d’amateurisme. Pour le déconfinement du 11 mai, la communication aura de nouveau primé sur la rigueur, et les mesures annoncées sont de nouveau illisibles. StopCovid deviendrait-il un paravent pour le gouvernement ? Ce dernier chercherait-il à se mettre en retrait en transférant aux citoyens la responsabilité d’une deuxième vague ? En présentant ce dispositif comme un moyen de prévention crucial, l’exécutif se prépare-t-il insidieusement, en cas de nouveau pic, à en rendre coupables les citoyens qui n’auraient pas téléchargé l’application ou l’auraient mal utilisé ? Il faut espérer que non.

StopCovid est une « forme de bracelet électronique », un autre confinement ayant ses propres règles, en fait « une détention globale de tous les Français » à la merci d’une cyber-techno-police. En avons-nous vraiment besoin ? Au sein de l’Union européenne, les pratiques liberticides se développent. Songeons ainsi à l’application qui, en Pologne, depuis le début de la pandémie, sert à vérifier le respect de la quarantaine stricte pour les personnes rentrant de l’étranger. Il est des engrenages où il ne faut pas mettre le doigt. Une fois qu’une liberté est mise en cause, rien n’empêche que toutes le soient progressivement. Notre santé est primordiale. Nos libertés ne le sont pas moins.

Partager cet article
Repost0

L'écologie aux Lilas et au Pré ...

Pour une restauration scolaire de qualité, durable, équitable, accessible aux Lilas

Les zadistes de Gonesse ont-ils raison de s’opposer à une gare en plein champ ?

Une nouvelle ZAD près de chez vous

Pour le projet CARMA contre la reprise des travaux de la gare "Triangle de Gonesse"

Les Lilas écologie - en campagne pour gagner

Les Lilas Ecologie en campagne

Le gouvernement abandonne Europacity, pas l’artificialisation des terres agricoles

Il faut stopper EuropaCity - marche citoyenne de Gonesse à Matignon 4 et 5 octobre

Aux Lilas, les citoyens s’unissent pour produire de l’électricité verte

Les promoteurs, les arbres et la cité - lettre ouverte à BNP Paribas

Toxic Tour de Pantin à Romainville dimanche 16 juin 2019

Une Biorégion Ile-de-France résiliente en 2050

Merci aux 1779 Lilasiennes et Lilasiens qui ont voté " Pour le climat, tout doit changer ! "

Pollution de l’air dans les écoles et crèches franciliennes

Volonté politique de créer une régie publique de l’eau à Est Ensemble, mythe ou réalité ?

À la base … un revenu ?

Balade naturaliste Parcs de la Corniche des Forts et abords de la forêt de Romainville le 9 mars 2019 à 11h

La forêt de Romainville, un enjeu écologique et politique

La Forêt passe à l'attaque !

Plâtre et béton sur la Corniche

Agir ensemble pour les Coquelicots le 7 décembre

Marche pour le climat, Défendons la forêt de la Corniche des Forts

Destruction des océans, sur-pêche, pêche électrique... avec Bloom mardi 20 novembre

À Romainville, les habitants défendent une forêt sauvage contre une base de loisirs régionale

Marches pour le climat et la biodiversité 13 et 14 octobre

Les amis des coquelicots étaient bienvenus...

Amis des coquelicots, agissons ensemble vendredi 5 octobre à 18H30

La forêt urbaine de la Corniche des Forts - une chance unique à nos portes

Mobilisation citoyenne à la marche pour le climat samedi 8 septembre à Paris

Un coup de pouce Vert pour les Électrons solaires ! 

Le collectif Eau publique des Lilas invite au dialogue le 21 mars

Entre le nucléaire et la bougie, il y a l’intelligence - du 10 au 18 mars aux Lilas

En Ile de France, les énergies renouvelables citoyennes ont le vent en poupe...

Le Syctom a organisé une concertation réservée aux sachants – et après ?

Une enquête publique sur le PLU des Lilas… qui change la donne !

Une victoire pour l'eau publique en Île-de-France

L’eau publique, c’est maintenant !

L’Ouest de la Seine Saint-Denis se mobilise pour la création d’un service public de l’eau

Romainville : le Syctom lance une concertation préalable pour la modernisation du centre de transfert et de tri des déchets

Que sont ces CSR - Combustibles Solides de Récupération - qu’on veut brûler à Romainville ?

Ces parents qui mijotent une cantine publique

De nouvelles préconisations nutritionnelles... Pas d'usine, on cuisine !

À Romainville contre l’incinération

Une victoire de l'engagement citoyen aux cantines rebelles du 10 novembre

Derniers échos de la révision du PLU des Lilas

Les Sans Radio retrouvent les ondes

Europacity : le débat public se conclut sur des positions inconciliables

Le parc (George-Valbon La Courneuve) debout !

Grand Paris : non à la logique financière

Pour une gestion publique, démocratique et écologique de l'eau

Le revenu de base ? Débat mardi 14 juin 20h

C'était la Grande Parade Métèque 2016...

La nature : une solution au changement climatique en Île-de-France

Participer à la Grande Parade Métèque samedi 28 mai 2016

PLU des lilas: enfin un diagnostic et état initial de l'environnement ... à compléter

Avec la loi « Travail », où irait-on ? Débattons-en mercredi 30 mars

Réduire la place de la voiture des actes pas des paroles

La COP 21 aux Lilas

La nature est un champ de bataille

Alternatiba et le Ruban pour le climat des Lilas à la République

Un compost de quartier aux Lilas

Devoir d'asile : de l'Etat jusqu'aux Lilas

Un ruban pour le climat aux Lilas

Six propositions vertes pour une révision du PLU véritablement utile

La Grande Parade Métèque samedi 30 mai

Fête de la transition énergetique et citoyenne le 9 mai aux Lilas